Kostyum ne geroy

Auteur : Angelscythe

Genre : Sombre, un peu drama, humour (j'espère…) shonen-ai, romance

Couple : Stucky !

Disclaimers : Les personnages appartiennent à euh… Jack Kirby, Joe Simon et peut-être Stan Lee… j'ai bon ? (Et c'est le retour du caméo d'Alexandre Sheperd qui est à moi)

Note : L'idée de base de cette fic m'a été donnée par mon oiseau des îles alias Sailor Sweety !


PARTIE I

CHAPITRE III : Entretien

- Ils disent que Captain America a le droit à une tente rien que pour lui. Railla Bucky en jetant ses paquetages sur le lit de camp apprêté à la perpendiculaire de l'autre.

Clinquant comme jamais, il portait la bannière étoilée comme couvre-lit.

- Je ne pouvais pas te laisser avec une dizaine d'hommes. Tu as besoin de repos.

- Alors tu voles à mon secours et tu me fais dormir avec toi.

Bucky leva son regard brûlant vers son meilleur ami. Celui-ci opina légèrement. Avec le nombre d'hommes sauvés, que ce soit dans le 107ème escadron ou quelques autres, ceux appeler en renfort pour pallier à la troupe perdue, ils devaient bien remettre des personnes par-ci, par-là. Triste à dire mais le Sergent en perdait ses avantages.

Secrètement, Steve était bien content que Bucky ne finisse pas avec Hodge. Mais il aurait pu refuser d'être ici. À voir le regard de son ami, il se disait qu'il aurait même dû. S'il devait subir cela à longueur de temps, il… il ne savait pas.

- Je ne te force à rien. Si tu veux aller dans une autre tente, je te laisse y aller.

Le Sergent s'assit sur le lit qui lui était attribué.

- Je sais que ça a été difficile pour toi là-bas. Combien…

- Je ne sais pas. J'ignore combien de temps ça a duré, Steve.

Le blondinet souffla doucement. Il s'approcha, se retenant d'ôter sa veste qui le gênait et s'assit de l'autre côté du lit, laissant un bon mètre entre eux.

- Je préfère quand tu m'appelles Steve.

- Tu ne brûles pas d'envie que tout le monde t'appelle Captain America ?

- Qui est Captain America ?

- Un homme qui a fait beaucoup de bien. Un homme qui a permis à tellement d'armes d'être achetées, qui a libéré tellement d'hommes. Le peuple t'adorait parce que… parce que tu étais l'espoir. Tu es l'espoir. Les gens ne voient pas ce que nous faisons ici, loin de nos patries. Mais avec toi, ils le comprenaient. Dit Bucky. Ton rôle est important.

- Au moins je ne suis pas ferrailleur. Soupira le blondinet.

- Steve…

- Tu as vu ce que j'ai pu faire là-bas ? Tu ne penses pas que je devrais rester ici et combattre avec vous ?

Bucky haussa les épaules.

- S'ils veulent de toi, tu peux rester. Tu es fort… Tu es Captain America.

Steve lâcha un soupir qui poussa son ami à lever les bras.

- Oui. Tu ne veux pas que je t'appelle comme ça.

- Tu n'es pas tout le monde. Dit le blondinet. Tu es mon Bucky.

Celui-ci arma un faible sourire.

- Je peux ?

Le Sergent avisa la distance entre l'un et l'autre, scrutant la place laissée entre eux.

- Oui, vas-y.

Steve se rapprocha de lui.

- Les choses se sont passé un peu étrangement. Je n'ai jamais eu le temps de…

- Rien. Dit le Sergent.

Le blondinet regarda l'espace qui demeurait entre eux. Il était encore trop long à son humble avis.

- Comment les choses vont évoluer ? Est-ce que tu te sens… b…

Il allait dire « bien » mais il se rectifia.

- Mieux ?

Bucky le dévisagea.

- Oui.

- Est-ce que… je ne voudrais pas donner l'impression d'insister.

Le Sergent sourit et se pencha vers lui. Son nez effleura le sien puis ses lèvres goûtèrent celles encore rosées de Steve. Il combla la distance, jetant un coup d'œil vers les pans de la tente toujours fermée. Là, il se permit de vraiment l'embrasser, savourant le baiser. Le blondinet se pencha vers lui en retour mais le laissa contrôler le geste d'affection.

Il ne put toutefois se retenir et leva la main pour caresser la joue qui commençait à avoir de la barbe.

Steve s'éloigna toutefois vivement de Bucky, le faisant sursauter, lorsqu'il entendit du bruit à l'extérieur. Juste après, la porte en tissu fut poussée. Le blondinet fit un garde-à-vous, très vite suivi par son ami. Le Colonel Phillips se tenait dans l'embrassure.

- Sergent James Barnes.

- Oui, Colonel ? Questionna-t-il en s'avançant légèrement.

- Veuillez me suivre.

L'intéressé fut bien surpris mais acquiesça. Il lança un bref coup d'œil vers son ami, lui souriant en glissant un discret « à tout à l'heure, Steve ».

Le cœur de Steve aurait volontiers joyeusement battu dans la poitrine du blondinet s'il n'avait pas été troublé par le regard de leur supérieur. Il observa les deux bruns s'éloigner et suivit même le mouvement jusqu'à l'entrée de la tente. Chester emmenait son ami, son petit ami, vers sa tente personnelle. D'ici, il pouvait même les voir s'installer autour d'une table.

- Comment ça va, Sergent ? Demanda le Colonel.

- Mieux depuis que je suis ici. Encore épuisé, reconnut-il, mais je suis prêt à reprendre le combat dès qu'il le faudra.

- Je veux bien le croire. Il paraît que vous avez pu transmettre des informations importantes au Capitaine Steve Rogers.

- Oui. Elles sont sûres. Je les ai entendus de Schmidt lui-même. Lorsqu'ils m'interrogeaient.

- Je vois. Je dois vous poser quelques questions. Dit Chester en prenant un carnet et un stylo.

- Bien sûr, je suis ouvert à toutes les questions si je peux vous aider.

Le Colonel opina.

- Merci de votre coopération. Avez-vous déjà été troublé un garçon ?

Bucky perdit son sourire. Il entendit le bruit du stylo grattant le papier avant de voir l'homme lever le regard vers lui.

- Vous ne voulez pas répondre ?

- J'ai… été choqué. Souffla le Sergent. Est-ce le test psychologique pour débusquer l'homosexualité… Mon Colonel ?

L'homme le fixa sans répondre.

- Je l'ai déjà passé, Mon Colonel…

- Mais je souhaite que vous répondiez. Nous sommes en droit de vous faire passer le test lorsque bon nous semble. Rappela-t-il. Je vous demande donc de répondre à la question en toute honnêteté.

Bucky se passa la langue sur les lèvres. Il n'était pas assez fou pour réellement répondre en toute honnêteté tout de même !

- Non, Mon Colonel.

- Même s'il était très efféminé ?

- Oui, Mon Colonel.

Le Sergent entendit encore le bruit du grattement de papier et il se sentit de plus en plus mal. Il n'était pas sûr, d'un seul coup, qu'il n'était pas mieux dans l'entreprise de l'HYDRA. Quoique ce n'était pas loin de ce qu'il avait subi…

- Quelle serait votre réaction si un garçon vous faisait des avances ?

- Je lui dirais que je ne suis pas intéressé, Mon Colonel. Même s'il est plutôt charmant. Rit-il.

- Ne faites pas trop le malin. Dit Chester en écrivant. Qui regardez-vous le plus dans la rue ?

- Les filles bien évidemment. J'ai eu plusieurs rendez-vous.

Il hésita à dire que le Capitaine Rogers pouvait même corroborer son argument. Mais il redoutait que l'intérêt des gens soient concentrés sur lui.

- Vous êtes à la plage en permission et un garçon s'installe près de vous. Que faites-vous ?

- Pourquoi ça me gênerait, Mon Colonel ? Tout le monde a le droit de s'installer à la plage. Ce serait fourbe de ma part de refuser quelqu'un parce que c'est un homme.

Encore le grattement du papier et le Sergent déglutit difficilement. Il s'en sortait bien, non ?

- Avez-vous déjà fait un rêve mettant en scène une relation homosexuelle ?

Bucky se mordit la lèvre inférieure et secoua vivement la tête. Peut-être un peu trop vivement à voir la façon dont le Colonel Phillips plissait les yeux.

- Non. Jamais. Que des rêves hétérosexuels avec de jolies filles. J'aime beaucoup les rou…

- On vous met au défi d'embrasser un garçon. Coupa Chester.

- J'aime beaucoup les défis. Et je ne vois pas vraiment le problème. Ce n'est qu'un baiser sans conséquence. Ça ne vous est jamais arrivé ?

Il se tendit en entendant que le papier n'était plus gratté mais le bruit recommença. Finalement, Bucky ne savait plus ce qu'il préférait.

- Au lendemain d'une soirée arrosée, vous vous rendez compte que vous avez passé la nuit avec un garçon. Que faites-vous ?

- Je commence par rire. Tout de même, je devais être sacrément éméché, Mon Colonel. Et je jure ne plus jamais toucher un verre d'alcool. Vous me donnez même envie d'arrêter immédiatement.

Il insistait trop…

Il le sentait à la façon dont le Colonel écrivait. Au long silence entre les questions. Il détestait ce test psychologique. C'était déjà le cas la première fois qu'il l'avait passé.

- Et que feriez-vous si une de vos belles rousses fantasmait sur un trio avec vous et un autre garçon ?

- Je trouverais qu'elle a un intérêt sexuel beaucoup plus poussé que je ne le croyais. Rit-il. Tant que je ne dois pas toucher le garçon.

Chester écrivit encore.

- Il me reste une dernière question. Dit le Colonel.

Bucky opina, se montrant ainsi ouvert à y répondre. Comment ça allait se finir ? Il n'arrivait pas à lie ce qu'écrivait son supérieur à cause de la machine à écrire juste devant le papier.

- Savez-vous qu'on vous a vu embrasser le Capitaine Steve Rogers ?

Ne pas lâcher un « à l'instant ? », ne pas se trahir… Bucky calma sa respiration alors que les tortures de HYDRA lui sautaient impitoyablement au visage. Les hallucinations, les questions, les coups, l'impression d'étouffer. Ils n'avaient pas été aussi…

- Sergent Barnes ?

- Qui vous a dit une chose pareille ? Ce n'est que calomnie.

- Le Soldat Sheperd.

- Sans vous manquez de respect, Mon Colonel, vous feriez plus confiance à un Soldat qu'à un Sergent ?

- Deux autres Soldats ont confirmés avoir été vu d'une façon extrêmement proche avec le Capitaine Rogers.

- Je ne suis pas une…

- Qui prendrait le risque de dénigrer le Captain America, l'enfant chéri de l'Amérique ?

- Beaucoup de Monde ! Steve m'a encore raconté comme il s'était fait incendié par les hommes d'ici parce qu'il n'était pas un vrai guerrier.

- Et il a prouvé le contraire. Répondit le Colonel.

Il fixa le Sergent qui ne disait plus un mot.

- Peut-être que c'est faux. Dit Phillips en se levant. Mais c'est peut-être vrai. J'ai plus d'estime pour Rogers que ça, il m'a prouvé sa valeur mais je ne fais ça que parce que ce sont les ordres.

Il s'avança vers le brun qui ne parvenait toujours pas à articuler la moindre défense.

- J'ai ordre de protéger l'enfant chéri de l'Amérique. Et personne ne supportera d'apprendre qu'il est gay.

- Steve n'est pas gay. Protesta Bucky. Vous vous acharnez pour r…

- Je le vois lorsque j'interromps des gens qui sont plus qu'amis. Vous n'aviez pas une relation amicale lorsque je suis arrivé.

- Mon Colonel !

Bucky se leva à son tour.

- Est-ce de l'insubordination ?

- Je veux me battre pour mon pays. Je ne suis pas gay. Je ne fais rien avec Steve Rogers. C'est mon ami depuis toujours.

Le Colonel ne répondit pas.

- Et si c'était Steve qui était gay et qui me forçait la main ? Si vous me viriez et qu'il se tournait vers quelqu'un d'autre, s'il est gay ? Vous savez qu'il ne l'est pas. Et vous savez que je ne le suis pas. Vous entendez des rumeurs et vous sautez dessus. Mon Colonel…

Chester secoua la tête.

- On peut tout passer à Captain America.

- Oui. Souffla Bucky.

Le supérieur secoua la tête et il se tourna vers la tente de Steve. Il le voyait continuer de regarder vers lui. Il fit un geste vers le Capitaine.

- Vous avez subi beaucoup de choses de ce qu'on dit. Des tortures insoutenables. Et vous n'avez rien dit.

- Rien…

Bucky leva le regard vers le blondinet qui s'arrêta près d'eux. Il fit un garde-à-vous au Colonel.

- Monsieur ?

- Vous avez foi en Barnes ? Est-ce un bon élément ?

- Un très bon élément. Un des meilleurs, Monsieur. Je mettrais ma vie entre ses mains.

- En toute amitié. Marmonna Bucky.

Steve jeta un coup d'œil à son ami, surpris.

- Je vous connais Rogers alors je vous dis les choses telles qu'elles sont. On a découvert les sentiments que vous nourrissiez pour le Sergent Barnes.

- Une forte camaraderie, Monsieur. Il est comme mon f…

- Il suffit ! Interrompit Chester. Ne comprenez-vous pas que je vous donne une chance ?

L'homme posa une fiole de bille d'Oscillococcinum(1).

- Nous en avons toujours. Juste au cas où. L'homosexualité est le pire des fléaux… Si vous acceptez de prendre ceci, Barnes… Nous fermerons les yeux.

Bucky se passa la langue sur les lèvres.

- Tu rêvais de devenir un Soldat. Dit-il vers Steve.

- Tu ne vas pas t'infliger ça.

Le Sergent attrapa les billes et en avala trois sans plus attendre sous les yeux du Captain America.

- C'est le mieux pour vous deux. Dit Chester. Si on renvoyait le Sergent à la vie citoyenne parce qu'il est homosexuel…

Il ne termina pas sa phrase parce qu'ils connaissaient tous deux ces conséquences. Aucune rentes pour commencer, une étiquette ensuite et toutes les portes qui se fermaient. Un véritable cauchemar.

- Rompez. Lâcha le Colonel.

Les deux firent un garde-à-vous en même temps puis ils s'éloignèrent vers la tente du Capitaine, Bucky serrant le « produit miracle » dans sa main.

Ils franchirent à peine l'entrée que le Sergent lâcha un rire gelé.

- Ils font ça pour te protéger toi. Tu n'es même pas gay. Tu es juste assez stupide pour m'aimer.

- C'est vrai. Souffla le blondinet en lui prenant le poignet.

- Steve…

L'intéressé le relâcha.

- Désolé.

Bucky se dirigea vers son lit pour s'y asseoir. Il regarda la fiole et se passa la main dans les cheveyx en retenant un grognement. Ses bleus et ses plaies lui faisaient encore mal.

- Je me demande si ça marche vraiment.

- Tu le souhaiterais ?

- Qui ne le souhaiterait pas ? Si je peux cesser de faire honte à ma famille en plus de m'assurer que ton rêve ne s'effondrera pas.

Steve avait envie de souffler « Bucky » ne sachant pas s'il devait être blessé ou ému.

- Tu seras mon ami quoiqu'il arrive. Assura-t-il en levant la fiole.

- Je t'aime.

- Je t'aime aussi, idiot.

- Les gros mots… Soupira Steve.

Bucky embrassa ses doigts et les tendit vers le Capitaine qui se pencha pour poser ses lèvres contre sa peau rêche.

Le dernier geste romantique.

Sans doute.


(1) Préparation homéopathique à base de foie et cœur de canard, entre autre, utilisées dans le traitement de l'homosexualité mais aussi de la grippe.