Kostyum ne geroy

Auteur : Angelscythe

Genre : Sombre, un peu drama, humour (j'espère…) shonen-ai, romance

Couple : Stucky !

Disclaimers : Les personnages appartiennent à euh… Jack Kirby, Joe Simon et peut-être Stan Lee… j'ai bon ?

Note : L'idée de base de cette fic m'a été donnée par mon oiseau des îles alias Sailor Sweety !

Note 2 : Les passages en italique/noir sont ceux où Jacques parle français (histoire de ne pas toujours me répéter)


PARTIE I

CHAPITRE IV : Engrenage

Steve rentra précipitamment dans sa tente en entendant les vomissements. Ça arrivait régulièrement le matin et le soir… et après les repas. Le blondinet était en colère contre Chester mais il ne pouvait pas lui faire de l'insubordination. Sinon, il l'aurait confronté sinon, il aurait donné l'ordre à Bucky d'arrêter ou il aurait subtilisé ses pilules. N'importe quoi.

- Bucky ?

- J'arrive.

Il s'essuya la bouche et se redressa péniblement, mettant toutes ses forces dans ses jambes. Steve ne manqua pas de voir la douleur sur le visage de son ami malgré l'énorme sourire qu'il lui donnait.

- On doit pouvoir parler au Colonel.

- Tu sais quelles options il nous reste : soit je me fais virer et je t'attends bien sagement à la maison en apprenant à faire des tartes aux pommes soit je démissionne et…

- Tu m'attends bien sagement à la maison en apprenant à faire des tartes aux pommes ? Soupira Steve.

- Non. Je deviens ferrailleur. Rit-il en donnant un coup sur l'épaule de Steve.

Geste qui contribua à lui lancer une nausée dans le ventre et à la retenir en souriant.

Et le pire dans tout cela c'était que le Capitaine ressentait une certaine joie. C'était la première fois que son ami le touchait depuis les trois jours de son effroyable traitement.

- Allez, on doit prévoir la prochaine attaque sur HYDRA. Allons-y.

- Est-ce que tu t'en sens capable ?

- Bien sûr.

Bucky but une gorgée d'eau pour se rincer la bouche puis se dirigea vers la porte en tissu. Il s'arrêta une seconde, se tourna vers lui, lui décochant un sourire puis repartit. Steve le regarda sortir en s'en voulant beaucoup. Après toutes les tortures qu'il avait traversées, son ami n'avait pas le moindre répit et c'était à cause de lui.

Mais ils avaient trop de choses à faire. Une mission les attendait demain… Ils devraient se lever tôt et HYDRA commencerait à disparaître…

Un cri réveilla Steve en sursaut. Il alluma rapidement la lampe à huile, sachant où elle était par habitude. Il vit Bucky lever la main pour lui faire signe alors que la sueur coulait le long de ses joues, de son cou, de ses bras… en fait d'à peu près partout. D'ailleurs, son débardeur blanc était humide.

- C'est moi.

- Bucky…

Steve se leva, se débarrassant de l'affreux couvre-lit bannière étoilée.

- Je peux ? Demanda-t-il d'emblée en s'avançant.

- Oui…

Le blondinet s'assit à côté de lui et passa gentiment un bras autour de ses épaules. Le brun se tendit mais ne le repoussa pas. Il respira toutefois encore plus vite.

- Un cauchemar ?

- Oui… J'espère n'avoir réveillé personne. Sourit-il.

- Ça ira. Tu n'auras pas donné l'alerte juste pour ça. Et tu as le droit de…

- Ça va. Je vais bien. Ce n'était qu'un cauchemar ridicule. Je me faisais dévorer par un requin parce que je ne pouvais pas lui faire de tasse de thé.

Steve rit en lui frottant une épaule. Il pressa un peu son front contre le sien.

- Mais je sais que tu mens. Chuchota-t-il.

- C'est inutile de parler de ça.

- … HYDRA ? Demanda tout de même le Capitaine.

Bucky baissa la tête, pinçant sa lèvre inférieure sous ses dents.

- Pas toujours. Pas seulement…

- Je suis là, Bucky. Peu importe comme tu le désires. Tu n'as même pas besoin d'en parler.

Le brun lui fit un faible sourire. Il avait vraiment du mal à conserver sa joie. Il avait mal aux membres et à la tête, il était encore épuisé et le cauchemar vrillait sa tête sans cesse.

- Les médicaments ne marchent pas bien.

- Pourquoi ?

- À ton avis ? Parce que j'ai envie de t'embrasser. Mon petit Steve devenu Ca…

Il se tut et eut un rire nerveux avant de s'éloigner de lui.

- C'était stupide. On ne devrait pas se rapprocher. J'irais avec Jacques et Gabe lorsqu'on partira en mission.

- Bucky.

- On doit dormir, Steve.

Le blondinet déglutit difficilement mais opina. Il se leva et regarda son ami, toujours en sueur, se pelotonné sous ses couvertures. L'eau le refroidirait fatalement dans cette fraîcheur. Il déploya la bannière étoilée et l'étendit sur Bucky.

- Merci. Mais ne te refroidis pas, il n'y a pas de place pour un Capitaine dans mon lit.

Son supérieur eut bien du mal à retenir un « et pour un Steve ? » et il se contenta de se coucher. Il murmura un « je t'aime » dont un grognement fit écho. Est-ce qu'il avait entendu ou…

µµµ

Steve sentait le regard brûlant du Colonel Phillips sur son dos alors qu'il sortait de sa tente, accompagné de Bucky. Le blondinet adressa alors un garde-à-vous à son supérieur qui lui répondit par un geste rapide, les yeux toujours fixés sur eux. Le Sergent attrapa alors ses fioles, en retira trois billes et les avala.

- On dirait presque de l'insurrection. Lança une voix bourrue.

Les deux tournèrent la tête en même temps pour découvrir Dum Dum Dugan. Bucky sourit, posa sa main sur l'épaule de Steve et s'éloigna vers les quatre autres soldats.

Le Capitaine se permit un furtif regard vers son épaule, ravi que son ami ait encore provoqué le contact. C'était toujours ce qu'il attendait, essayant de se retenir au maximum d'aller vers lui. Par ce qui était devenu une nouvelle habitude, même s'il n'arrivait pas à aller contre ses pulsions dès qu'il voyait le sourire du Sergent, mais aussi à cause des médicaments. Il ignorait s'il se sentait mal ou s'il souffrait simplement et, surtout… quand cette horreur ferait effet.

- Vous êtes tous prêt ? Demanda Steve en les rejoignant, non sans un petit hochement de tête vers Dum Dum Dugan qui lui emboîta le pas.

- Prêt, Capitaine. Répondit Jacques, en français bien sûr.

- On est prêt, Captain America. Lui dit Jim en désignant ses compagnons.

Ledit Captain America lança un coup d'œil à Bucky qui sourit en levant les mains.

D'un autre côté, tant que ce n'était pas lui qui l'appelait de la sorte avec ce ton si… si… inqualifiable.

- Allons-y. Décréta alors le supérieur en les emmenant vers l'un des chars qu'on leur avait apprêté.

Ils grimpèrent tous dedans et Jacques se chargea de le commander avec Gabe tandis que Jim faisait des signes de main aux jaloux qui les faisaient avec de grands yeux. Bucky se laissa tomber assis sur le fond du bas de caisse lorsqu'il remarqua que le Colonel continuait de regarder vers eux et qu'il se sentait particulièrement gêné.

Steve remarqua que Peggy lui faisait signe et il y répondit ce qui lui fallut un coup de coude de la part de James Montgomery.

- On dirait que tu as décroché le cœur de quelqu'un.

- Ah oui ? Qui notre Casanova a-t-il charmé ? Questionna Bucky.

- L'agent Carter. Sourit James en descendant auprès de lui.

Steve ferma le tank et l'écoutille avec elle.

- Depuis qu'il est le grand Captain America, il fait chavirer les cœurs. Se moqua le Sergent, pas exactement très gentiment. Je me demande comme ses dames réagiront lorsqu'elles sauront qu'il n'en a jamais embrassé une seule ?

Le blondinet ne savait pas s'il devait être gêné, vexé ou juste charmé par cette jalousie qui vibrait dans la voix de son ami.

- À ton avis ? Elles se battront pour être le premier baiser du Captain America.

Bucky décocha un sourire vers Steve. Disons que sur ce point, elles avaient beaucoup de retard. Steve Rogers et Captain America avaient donnés leur premier baiser à la même personne…

µµµ

Le tank s'arrêta suffisamment loin de la zone d'opération, leur permettant de devenir beaucoup plus mobile et discret. La mission était simple et ils devraient être rentrés au campement dès demain. Il faisait de plus en plus sombre mais ils avaient des lunettes de vision nocturne. Dum Dum Dugan avait d'ailleurs les siennes baisées sur son visage et il observait les environs tandis qu'ils avançaient. Il voyait parfaitement bien, grand merci à Howard Stark et ses somptueuses inventions, et les guidait à voix basse.

Gabe avait les siennes pour le moment où ils se sépareraient mais, pour l'instant, les lunettes remontées sur son front, il faisait confiance à son ami.

Quant à Jim, alors qu'ils évoluaient dans la poudreuse, il devait reconnaître que le peu de clarté avait deux avantages. Le premier étant qu'ils auraient sans nul doute l'effet de surprise. Le deuxième étant que Captain America faisait ses premières armes avec son nouveau costume. Alors oui, son bouclier était magnifique et la tenue en fibre de verre souple le protégeait sans nul doute, grand merci à Howard Stark et ses somptueuses inventions, mais elle avait un petit côté… ridicule quoiqu'elle représentait la bannière étoilée. Bon ! Pas aussi ridicule que la tenue à petites ailes avec des bottes amples rouges mais tout de même.

Il se tenait à l'arrière mais ça ne gênait personne. Certes ils étaient moins forts, moins rapides et moins résistants que Steve Rogers et son sérum mais ils avaient tous prouvés leur valeur. Ils pouvaient se débrouiller sans lui. Et le blondinet le savait bien en jetant des coups d'œil vers Bucky.

- Encore des douleurs ?

- Ce n'est rien.

Son ami donna un petit coup sur le puissant revolver qu'il avait contre la poitrine.

- Pas ça qui m'empêchera de tuer du Nazi. Blessé si on peut. Mais…

Il sourit légèrement.

- Tu dis ça parce que je n'aime pas l'idée de tuer des gens quel que soit le camp.

Bucky haussa les épaules en remontant légèrement son col.

- Mais honnêtement…

Le brun fit un pas vers lui. À l'avant les autres ralentissaient et étaient aux aguets alors ils furent tous deux encore plus vigilants et parlèrent encore plus bas.

- Si tu te retrouvais devant Schmidt, tu ne voudrais pas le tuer ?

Steve se rappela immédiatement ce qu'il avait fait à Bucky avec Zola et un frisson de rage et de dégoût lui secoua l'échine. Il se mordit la lèvre inférieure, ouvrit la bouche pour répondre mais se tut au geste de Dum Dum Dugan.

Ils y étaient.

Comme ils savaient ce qu'ils devaient faire, qu'il y avait eu mission d'éclairage et qu'ils étaient parfaitement entraînés, ils s'éloignèrent, grimpant dans les arbres où se cachant derrière les congères.

Il se passa une minute entière avant que le chant d'un rossignol ne s'élève.

À la tombée de la nuit ?

Jacques.

Ils le savaient tous. C'était le signal. Ceux qui n'avaient pas encore leurs lunettes à vision nocturne les rabaissèrent. Hormis le Capitaine dont la vision était prodigieusement augmentée et qui était presque nyctalope. Il avait tout de même sa paire, au cas où. Son regard se rivait sur leurs ennemis.

Un nouveau chant de rossignol et ils virent les Nazis et hommes d'HYDRA s'agiter. Des coups de feu fusèrent. D'abord uniquement de leur côté puis des deux.

Steve jeta son bouclier, protégeant une attaque adressée à James et ricochant contre un arbre pour assommer deux soldats. Lorsqu'il tendit la main pour récupérer son arme, il réalisa qu'il n'y avait pas assez de tirs de leur côté… Il tourna la tête et vit le corps tendu de Bucky, ses mains tremblant tellement que ses rares essais lui faisaient manquer sa cible ou à peine l'effleurer. Et à voir son visage presque verdâtre, il savait que ça signifiait qu'une nausée le secouait.

Il jeta son bouclier qui se figea dans l'arbre juste devant lui, le protégeant d'une rafale de balle.

Sans réfléchir, Steve bondit vers lui, roula sur le sol pour éviter des tirs, dégaina des pistolets pour abattre autant de soldat qu'il pouvait puis bondit au côté d'un Bucky haletant.

- Je gère. Grogna le Sergent.

- Oui. Mais je ne peux pas résister à aider un ami.

Bucky retint la bile qui remontait dans sa gorge alors que Steve arrachait son bouclier à l'arbre et tirait par-dessus lui. Le brun fut obligé de cracher la salive acide qui torturait sa bouche puis il leva son propre arme et tira en rafale sur leurs ennemis, passant au-dessus des projectiles de son ami.

Les hommes d'HYDRA tombèrent petit à petit jusqu'à ce que le chant du rossignol leur annonce la fin de la mission.

- Bucky ? Questionna Steve à voix basse.

- Je vais bien.

- Tu dois arrêter de prendre ces pilules. Elles ne te font que du mal. Un jour tu vas échouer dans une mission.

- Je vais parfaitement bien. Répliqua le Sergent. Et de toute façon, c'est le Colonel qui m'a dit de les prendre.

Il lâcha un rire nerveux.

- Et pour quelle raison ? Tu n'es même pas homosexuel. Tu regardes ces filles qui admirent tant Captain America. Je suis sûr que tu pourrais commencer une magnifique histoire.

- James Buchanan Barnes ! Répliqua Steve en l'attrapant par les épaules.

- Steven Grant Rogers ? Répondit l'autre, les dents serrées et les muscles tendus.

- Je suis ton supérieur et je t'ordonne de cesser de prendre ses pilules.

Le sourire gelé que lui donna le brun secoua le Capitaine qui contrôla sa surprise et son énervement. Pourtant, ses doigts se serraient sur le corps de son ami, l'ayant collé à l'arbre derrière eux.

- Et que m'ordonneras-tu de faire d'autres, Captain America ?

- Je veux seulement ton bien ! Je ne veux pas te voir souffrir. Et s'il te faut des réponses objectives, tourne-toi vers tes autres collègues et demande-leur s'ils pensent comme moi !

Steve sentit la peau de son ami frémir sous ses doigts et il le relâcha un peu brusquement. La tête du Sergent frappa contre le tronc et il frotta son crâne en regardant son ami s'éloigner.

- Que se passe-t-il ? Demanda Jim qui les rejoignaient en courant.

- Vous avez trouvé des données sur d'autres bases d'HYDRA ? Éluda le Capitaine.

Il lança un coup d'œil vers Bucky qui se détachait du tronc et partait rejoindre Falsworth en avalant la bile âcre qu'il refusait de cracher.