Kostyum ne geroy

Auteur : Angelscythe

Genre : Sombre, un peu drama, humour (j'espère…) shonen-ai, romance

Couple : Stucky !

Disclaimers : Les personnages appartiennent à euh… Jack Kirby, Joe Simon et peut-être Stan Lee… j'ai bon ? (Et c'est le retour du caméo d'Alexandre Sheperd qui est à moi)

Note : L'idée de base de cette fic m'a été donnée par mon oiseau des îles alias Sailor Sweety !

Note 2 : Les passages en italique/noir sont ceux où Jacques parle français (histoire de ne pas toujours me répéter)

Note 3 : Merci au Mongol pour ses corrections !


PARTIE I

CHAPITRE VI : Dancing Queen (trente ans plus tôt)

Le Colonel Phillips regardait Peggy tirer Bucky sur scène et il entendait les rires se propager. Il baissa les yeux sur ses rapports. Pourtant, les rares faisant compte-rendu de cette affaire. Avec le peu de femmes, c'était important d'encourager les soldats avec même un semblant de femme.

- Mets-y du tien, Barnes. Lui ordonna le Colonel.

Il leva les rapports pour que son subordonné puisse voir au moins le titre. La gorge de Bucky se serra et il lança un coup d'œil à Peggy. Pourquoi ce n'était pas elle qui portait la tenue qui lui aurait été au moins cent fois mieux qu'à lui ? Parce qu'elle était plus forte, parce que son mordant était inébranlable ou tout simplement parce qu'elle, elle ne se battait pas pour rester dans l'armée.

Il voulait vraiment rester ici mais…

Mais c'était sa mission !

Il se souvenait des films de propagandes de Captain America qui passaient en boucle à HYDRA juste parce que Steve avait dit, dans une interview, qu'il était son ami, juste parce que Schmidt pensait pouvoir lui taper sur les nerfs ou peut-être l'aliéné, le faire haïr son meilleur ami ou… ou peu importe. Mais il se souvenait d'avoir regardé le corps du Capitaine mais aussi les belles filles qui virevoltaient autour de lui, lui donnant la haine parce que chacune d'elle pouvait potentiellement voler l'attention et le cœur de Steve.

Il fallait juste.

- C'est bon !

Les têtes se tournèrent vers la personne qui avait crié. Qui d'autre que Captain America et son sens de la justice indéfectible ?

- Ne vous moquez pas de lui alors qu'il veut bien nous distraire et vous remonter le moral. Si vous devez rire, faites-le avec lui.

Il y eut des grognements dans la foule. D'accord, cette tenue sur-mesure allait plutôt bien à Bucky, qui avait reçu une épilation pour que les pans du haut de la robe ne révèlent pas de poils qui en auraient rebutés plus d'un oui, les bas résilles noirs lui faisaient des jambes de rêve même si elles étaient trop musclés pour celles d'une fille, il n'empêchait qu'elles étaient longues et bien galbées évidemment, on se serait attendu à voir quelqu'un d'autre dans une mini-jupe si courte mais joliment coupée… Mais c'était un homme ! On pouvait louer l'effort de Bucky de tenir sur des tels talons mais qui voulait vraiment voir ça ?

Hormis la trentaine… peut-être quarantaine de personnes qui devrait cacher ses penchants. Ou alors ceux qui se laissaient charmer, qui n'étaient pas trop regardant…

- Merci ! Lança Bucky. Captain America est toujours là pour redresser les torts et donner de sa personne. Fit-il d'une voix forte.

Steve fut tout gêné mais pas blessé. Cette fois-ci, « Captain America » n'était pas jeté avec haine ou mépris.

- Est-ce que vous voulez que je vous fasse la chanson de Captain America pour vous remercier ? Je serai seul alors je serai un peu ridicule mais je la connais.

Le Howling Commando, sans Steve qui était trop rouge et Nick qui n'était pas encore à l'aise, éclata de rire et l'applaudit.

Ils n'étaient que quatre mais c'était déjà suffisant pour que des applaudissements s'élèvent petit à petit.

- Agent Carter, dites-moi qu'on peut la mettre sur le tourne-disque ?

- Oui.

Elle fila en coulisse, l'abandonnant seul à la vue des gens. Dès que la musique résonna, il se lança dans la danse qu'il avait trop de fois vue. Tellement qu'il pouvait la reproduire et que ses capacités de soldat lui permettaient de tenir quoiqu'il glissa plusieurs fois sur ses talons et se rattrapa de justice.

Steve entendait ses amis rirent mais, comme il l'avait demandé, avec Bucky, même Nick. Lui, il ne pouvait que détourner le regard. D'abord parce que son meilleur ami l'utilisait comme prétexte pour amuser la galerie tout en ravissant les cœurs de certain et ensuite… parce qu'il était très à l'étroit dans son pantalon.

Ce n'était pas seulement son Bucky avec qui il n'avait plus rien fait depuis presque six mois et qui lui manquait sur ce plan-là aussi… C'était aussi son Bucky dans une tenue féminine qui faisait mouche. Effroyablement mouche.

Il se rassasiait à chacun de ses gestes, à son immense sourire. À tout ce qui faisait l'homme qu'il aimait. Le seul qui pouvait lui faire oublier les femmes malgré son hétérosexualité.

µµµ

Bucky descendit de la scène sous les applaudissements et les rires. Il soupira de soulagement en se retrouvant enfin seul. Il se dirigea vers le banc qu'on lui avait installé où il y avait toutes ses affaires lorsqu'il entendit du bruit. Il se tourna et eut la surprise de voir arriver le soldat Alexandre Sheperd.

- Sergent…

- Euh… Bonjour. Dit-il. Qu'est-ce qu'il y a ?

Alexandre vérifia que le Colonel était bien absent.

- Dans mon autre division, ils disaient que les personnes comme vous, on pouvait les voir après.

- Je comprends. Mais non, Soldat Sheperd, je ne vais pas vous laisser vous amuser juste parce que… sérieusement, est-ce que c'était un plan depuis le début ? Vous avez parlé de ma prétendue homosexualité et j'en suis là maintenant. Disparaissez avant que je n'arrange pour vous faire… eh bien… expulser de l'armée pour homosexualité.

- Oui… C'était… Pardon, Sergent.

Il fit un garde-à-vous et disparut.

µµµ

Bucky entendit le bruissement du drap d'entrée. Il soupira franchement parce que c'était déjà la dixième fois. À croire que voir un travesti faisait autant sortir les passions des gays que des hétérosexuels. Et s'ils étaient assez discrets, cette fois, ça semblait plutôt toléré.

- Pour la centième fois « non ». Lâcha le Sergent, excédé.

- Je voulais seulement te féliciter, mais je peux y aller.

- Steve. Fit Bucky en regardant par-dessus son épaule.

Il n'avait encore eu le temps que de retirer ses chaussures et ses bas résilles alors il se permit de s'asseoir pour que ses pieds arrêtent de geler.

- Tu sais que je te déteste vraiment.

- Tu me l'as bien rendu. Rit doucement le Capitaine en s'approchant.

Voyant l'énervement et la gêne de son ami, il espérait ardemment que ses passions ne se remarqueraient pas.

- Tu es venu pour me porter sur une moto ?

- Je suis surpris que tu saches ça.

- J'ai vu… les films promotionnels. Répondit Bucky en secouant la tête.

La question brûlait les lèvres de Steve. Pas parce qu'il ignorait la réponse mais parce qu'il souhaitait plus que tout qu'il lui en donne une autre. N'importe laquelle. Même un mensonge.

Il voyait à l'air de son meilleur ami que, s'il le lui signifiait, il lui mentirait. Mais dans les faits, ça voudrait dire qu'il ne pourrait pas être présent pour lui.

Il approcha délicatement la main de l'épaule nue de son compagnon et le vit fixer ses doigts avec méfiance mais ne fit rien pour repousser le contact.

- Est-ce que HYDRA a…

- Non, Steve. HYDRA n'y est pour rien.

Le super soldat baissa les yeux.

- Est-ce que tu veux ou a besoin d'en parler ?

Bucky se mordit la lèvre inférieure avant d'éclater d'un rire forcé.

- Je me sens bien d'en parler alors que je suis travesti, oui.

- C'est quand tu le désires. Souffla le blondinet en montant sa main le long de l'épaule pour effleurer sa gorge.

- Je ne me souviens pas de tout, ni de combien de temps je suis resté là-bas. Lorsqu'on me donne la durée approximative… Un mois.

Bucky se dégagea légèrement avec un rire nerveux.

- Un mois. Souffla-t-il.

Steve bougea sa main, craignant de l'étouffer. Le visage de son meilleur ami se déformait comme il ne l'avait jamais vu.

- J'ai juré que c'était des mois. Des années ! Les tortures se multipliaient. Je ne me souviens pas de la plupart. Ils m'ont empêché de dormir à un moment… Je mangeais à peine à ce moment-là et la seule présence que j'avais c'était eux.

Il s'éloigna de quelques centimètres. Le recul cogna violemment le blondinet qui aurait juste voulut le prendre dans ses bras comme son ami l'avait toujours fait durant leur enfance. Mais il comprit pourquoi lorsque Bucky lui désigna ses jambes. Sans les collants pour les obstruer, il découvrait des blessures multiples, parfois profondes. Y compris des brûlures.

- Je ne me souviens pas combien de temps ça faisait. J'ai bien essayé de compter mais à cause d'eux c'était impossible. Je sais juste qu'à un moment…

Le brun lâcha un rire nerveux, les épaules secouées. Il détestait sa faiblesse. Il ne songeait même pas qu'on pourrait l'entendre.

- Je te voyais toi, Steve. Steve. Répéta-t-il en montrant le corps de son ami. Le… vrai Steve. Ajouta-t-il.

L'intéressé resta silencieux, déglutissant difficilement.

- J'avais vraiment besoin de te voir. Même si c'était faux.

Steve s'approcha et tendit la main vers lui. Bucky s'en saisit et la tira pour le faire s'asseoir à son côté puis que le bras passe autour de ses épaules, se rapprochant pour mettre son front contre le sien. Il soupira doucement ce qui chatouilla étrangement le blondinet. Alors il le resserra tendrement contre lui, caressant son dos pour le rassurer.

- Ça paraissait réel. Tellement réel. Et…

Il rit encore, au bord de se briser.

- J'ai parlé. Et… ils voulaient Captain America.

Les yeux de Bucky s'écarquillèrent.

- Encore lui. Chuchota-t-il. Après…

Il traça de rond avec ses doigts.

- Ils les ont passés en boucle. Souffla Steve.

- Oui. Ils voulaient que je donne des informations sur toi. Schmidt était vraiment obsédé par toi. Je suppose que c'est ça d'être le meilleur ami de Captain America.

Le super soldat leva prudemment la main et effleura sa joue de ses doigts. Il sentit la joue presser contre sa paume et la caressa tendrement, le pouce frôlant tendrement son nez.

- L'homme que Steve Rogers aime de tout son cœur.

Un frisson parcourut l'échine de Bucky et il embrassa doucement le Capitaine pour quelques secondes trop courtes au goût de son ami.

- Je n'ai rien dit. Pas même que nous…

Il sourit légèrement.

- Je répétais mon nom, mon matricule. Je n'arrivais plus à prononcer autre chose… Et les films passaient. Et moi… Je ne savais plus. Chuchota-t-il.

- Je suis terriblement désolé de tout ce que je t'ai fait.

- De tout… ce que Captain America m'a fait…

Bucky lui mit la main sur la nuque.

- Quand je te regarde dans les yeux, je vois mon Steve. Et pendant tout ce temps, tout ce que je désirais, c'était te voir.

- Tu as su que c'était moi quand je suis arrivé ?

Le brun opina, frottant son front contre le sien.

- Ton odeur, ta présence, ta voix… Captain America ne pouvait pas te prendre ça et les hallucinations ne pouvaient pas égaler…

Il se tut quelques secondes que Steve laissa à profit pour que le silence flotte, pour simplement caresser la joue et le dos de Bucky.

- Je t'aime depuis toujours, Steve. En tant que meilleur ami, confident, camarade, collègue… et surtout…

Il lui vola un petit baiser.

- Âme sœur.

Il rit légèrement, plus calme, plus détendu.

- Si tu étais une femme, je t'épouserais.

- Si j'étais une femme ? C'est toi qui es habillé en Stevette ! Rit Steve.

- Stevette ?

- C'est une idée de Frenchie.

Bucky plissa les sourcils.

- Avant qu'ils sachent que tu ferais ça. Jura le blondinet en riant.

Il se pencha vers lui et l'embrassa. La main de Bucky se serra sur la nuque de son compagnon mais, lorsqu'il s'éloigna après quelques secondes, le brun chercha ses lèvres et les joignit derechef. Un frisson secoua le corps de son ami, toujours ravi qu'il prenne des initiatives. Il en voulait plus mais il ne pouvait être trop téméraire, redoutant encore de le blesser. Mais il entrouvrit au moins les lèvres, laissant Bucky en faire ce qu'il voulait.

Le brun passa son autre main sur la cuisse de Steve et engouffra sa langue dans sa bouche pour venir titiller sa langue à lui. Les yeux fermés, ils profitaient tous les deux d'un baiser comme ils n'en avaient plus eu depuis…

Tellement longtemps.

Un coin du cerveau de Steve lui criait qu'ils étaient dans une tente installée pour se changer, en plein milieu du campement et que n'importe qui pourrait rentrer. Certes, ça calmerait peut-être les ardeurs de Peggy, à moins qu'elle ne veuille porter une tenue de Stevette à son tour, mais si c'était le Colonel ? Un ami ? N'importe qui ?

Pourtant, son cerveau l'éteignait violemment. C'était Bucky qui était là, se livrant à lui. Ça pouvait tout effacer. Tout. Même la peur tenace que son cher amour soit expédié hors de l'armée.

La main sur son dos descendit doucement le long de sa colonne vertébrale et suivit le tracé de sa cuisse pour se glisser juste sous le bord de la fabrique douce et vaporeuse à la fois.

Et la main de son aimé glissa sur la sienne. Il se tendit légèrement, sachant qu'il serait repoussé. Il avait été trop loin. Bucky éloignait ses lèvres des siennes et sa respiration s'était accélérée.

- Tu sais que sept hommes sont venus me voir ?

- Là maintenant ? Grogna Steve avec une pointe de jalousie qui fit affreusement plaisir au brun.

Le Sergent opina et sourit de plus belle en voyant la tête de Steve se tourner vers l'entrée. Mais elle revint aussi vite à lui à l'instant où il sentit la main pousser la sienne plus sous le tissu.

- Bucky ?

Celui-ci haussa légèrement les épaules.

- Tu sais que je t'aime. Et moi je sais…

- Que je t'aime. Coupa Steve.

- Aussi. Dit-il en l'embrassant. Mais que ça, c'est le genre de choses qui te plaisent. Les jupes et les bustiers. Pas les travestis.

Une seconde fila sans que rien ne soit lâché, pas même la respiration de Steve.

- J'espère.

Cette fois-ci le blondinet rit avant de se permettre un baiser qui lui fut rendu.

- Ce qui me plaît, c'est Bucky.

Celui-ci sourit et l'embrassa un peu plus. Leurs langues se rencontrèrent à nouveau, se découvrant plus profondément. Mais puisqu'il en avait eu l'autorisation, Steve se permit de glisser sa main plus loin sous la jupe, caressant la cuisse sous ses doigts brûlant et tremblant d'extases.

Le souffle de Bucky s'accéléra et il se raccrocha à son meilleur ami. Néanmoins, il éloigna sa tête de la sienne, la gorge serrée.

- Bucky ?

Le brun lui caressa la joue en souriant légèrement. Il plongea ses yeux dans les siens.

- Ça va, Steve. Je tiens à ce que mon Steve…

Comme il était encore tendu, il se permit de digresser rapidement.

- Je me suis refusé à sept hommes pour toi.

- Bucky.

Steve l'embrassa prudemment mais eut bien conscience de s'éloigner lorsque ses caresses reprirent. Le brun lui sourit et sa main chercha le bouton du pantalon pour le faire sauter.

- Ici ? Tu es sûr ?

Bucky acquiesça, son regard brûlant d'un mélange de détermination et de… Steve n'aurait pas su mettre un mot dessus mais c'était comme s'il avait besoin de se prouver quelque chose. Et il savait tristement ce que c'était. Que ce corps robuste, ce corps plus grand, cette silhouette d'apollon qui faisait enfin tomber les femmes, c'était celle de Steven Grant Rogers et pas de Captain Amercia.

Le Capitaine aurait presque pu croire qu'il souffrait d'un dédoublement de personnalité. Enfin, si le voir comme ça pouvait rassurer Bucky…

Ses doigts se tendirent un peu lorsqu'ils sentirent une blessure juste sous la culotte, jupe courte oblige, qu'il portait. Elle était ample, profonde. Il sentit son ami, son amour, se tendre et il pressa son front contre le sien.

- Je suis…

Bucky secoua la tête et l'embrassa à nouveau. Il baissa la fermeture éclair de son amant, lui sourit et glissa ses doigts sous son slip pour entourer le membre. Le membre qui semblait être devenu plus viril, lui aussi, ou se montait-il la tête à pousser la différence entre Steve et Captain America ? Mais il ne laisserait pas ça l'empêcher de continuer. Parce qu'il voulait que ça se passe comme d'autres fois auparavant et qu'il oublie simplement… tout le reste.

Il laissa Steve faire tomber l'affreuse culotte aux couleurs de l'Amérique, ce n'était pas comme s'il n'allait pas la retirer alors elle pouvait bien gésir au sol. Le Sergent sourit et se rapprocha de lui, grimpant presque sur ses cuisses. Le super soldat sentit la main et l'aine de son amant se presser contre sa virilité qui durcissait à lui faire mal.

Cinq mois.

Il reconnaissait volontiers qu'il le voulait plus qu'un peu. Il glissa ses doigts entre les cuisses de Bucky, le fixant dans les yeux alors qu'il voyait son visage se crisper un peu. Il souffla prudemment et passionnément.

- Je t'aime…

Le brun se pencha vers lui et répondit.

- Je t'aime, Steve Rogers.

Puis l'embrassa.

Ledit Steve Rogers répondit à son baiser et resserra le corps si désirable contre le sien, savourant déjà sa présence et appréciant, peut-être un peu trop, la façon dont Bucky tentait de garder le silence. Juste au cas où quelqu'un passait par-là…

Mais ce qu'il aimait le plus, c'était la façon dont il s'abandonnait simplement à ses bras, même s'il devait ancrer ses yeux dans les siens. Se rassasier aux yeux de Bucky ne l'avait jamais dérangé, au contraire.