Kostyum ne geroy

Auteur : Angelscythe

Genre : Sombre, un peu drama, humour (j'espère…) shonen-ai, romance

Couple : Stucky !

Disclaimers : Les personnages appartiennent à euh… Jack Kirby, Joe Simon et peut-être Stan Lee… j'ai bon ?

Note : L'idée de base de cette fic m'a été donnée par mon oiseau des îles alias Sailor Sweety !

Note 2 : Les passages en italique/noir sont ceux où Jacques parle français (histoire de ne pas toujours me répéter)

Note 3 : Merci au Mongol pour ses corrections !


PARTIE I

CHAPITRE VIII : Qui veut la fin…

Trois semaines plus tard

Les tirs ne s'arrêtaient pas. Ils avaient beau réplique, le bouclier de Steve avait beau se dresser pour protéger le Commando, les coups de feu retentissaient continuellement. Peut-être encore plus effroyablement qu'ils ricochaient contre la taule en vibranium. Dire qu'ils n'avaient pas l'habitude serait un mensonge et pourtant, une migraine se profilait. Depuis combien de temps supportaient-ils ce concerto infernal exactement ?

Nick se redressa de derrière son arbre et arma son lance-roquette, grand merci à Howard Stark et ses somptueuses inventions, tirant un énorme missile qui explosa au milieu des hommes d'HYDRA et du National-Socialisme confondu. Des hurlements d'épouvantes et de douleur remplacèrent un moment la pétarade des tirs nourris. Juste un moment. Car elle revint bien trop vite à l'assaut.

- Si on atteignait leur commandant, ce serait déjà fini. Sans lui, ils sombreront. Grogna Dum Dum en essuyant un mélange de sang et de sueur sur son front.

Steve se leva au moment où Nick préparait son missile, il jeta son bouclier qui ricocha, trancha une tête, rebondit contre le mur de pierre et revint vers lui. Pendant que la frayeur, le vent annonciateur de Captain America et le désarroi frappaient les Allemands, Jim tira une salve à la mitrailleuse.

- On doit faire quelque chose. Siffla Gabe en lançant une grenade.

Un courageux courut vers elle et la jeta. Elle explosa en vol, le souffle faisant trembler les arbres. L'un d'eux céda et Jacques bondit de côté, tira dans la masse ennemie et rejoignit Bucky derrière son abri. Ce dernier lui fit un sourire pâle, le visage couvert de suie, se redressa et pressa sa gâchette à répétition.

- J'ai peut-être une idée. Dit Nick.

Il lança un nouveau missile qui explosa en faisant craquer l'installation. Les cris remplirent à nouveau l'endroit.

Mince. Plus que deux munitions…

- Sergent Barnes, vous avez bien pris votre costume de Stevette ?

- Est-ce qu'on peut éviter de parler de ça pendant que j'ai une arme dans la main ? Répondit Bucky. Et j'ai été obligé. Ajouta-t-il dans un grognement.

La base serait déplacée pendant leur mission. Un Agent de confiance devait les rejoindre à un point de rendez-vous précis et ils seraient redirigés. Ainsi, pas de risques de fuite…

Par ailleurs, ils savaient tous que si Bucky avait dû prendre son costume, parce que c'était la seule tenue féminine des environs et qu'elle mettait trop d'émoi chez les soldats, il avait des plans… Steve l'avait entendu parler de dix-sept façons différentes de le détruire, hier, pendant qu'il avait la tête appuyée sur sa poitrine.

- Qu'est-ce que tu veux que je fasse avec ça ?

- On peut supposer qu'eux aussi n'ont plus vu de femmes depuis longtemps. Et même si vous restez très masculin, ils ne feront peut-être pas la différence au début.

- Je porte la bannière étoilée. Répondit Bucky.

Nick se tut. Il connaissait assez le respect pour ne pas continuer sur ce terrain houleux avec son supérieur. Il lança un coup d'œil vers son Capitaine. À moins qu'un plus haut-gradé le soutienne.

Les deux amoureux échangèrent un long regard. Ils avaient juré que leur relation ne les empêcherait pas d'être justes et équitables. Si une décision devait être prise, ce serait sans que les sentiments priment. Hors de question de donner une mission délicate à un autre car il y avait un risque de mort. Surtout si c'était Bucky le plus qualifié.

Là, il y avait un risque de mort, sa jalousie le cognait vivement et il s'inquiéterait indéniablement.

Mais le plan tenait la route.

- Jim. Tu seras le plus discret. Je veux que tu emmènes Bucky derrière les lignes de défense. Je vous interdis de vous faire tuer.

- Oui, Capitaine.

Le Sergent se redressa et regarda le front puis se tourna vers son amant.

- En costume, hein ?

- C'est un bon plan. Reste armé.

Bucky fit un rapide garde-à-vous quoique plus qu'un brin sarcastique. Il fit un petit signe à Jim puis ils partirent en courant vers le bivouac un peu plus loin où ils avaient laissé un blindé et quelques sacs.

De leur côté, les six autres continuèrent de tirer, d'abattre un maximum d'hommes possible. Ils savaient qu'il y avait des ouvertures. Des endroits par où deux personnes, ou une seule, pourraient s'introduire. Surtout si l'attention était concentrée ailleurs.

µµµ

- Ne fais pas cette tête, c'est un ordre de Captain America.

Bucky leva les yeux vers Jim, accroupi sur des talons de cinq centimètres, dans la neige qui harcelait sa peau nue alors qu'il avait l'air… Non. Il faudrait inventer un nom pour le niveau de ridicule qu'il frôlait.

- Oui. Tout ça, c'est de la faute de Captain America. Et de Nick, un peu. Ajouta-t-il avec un rire nerveux. Il faut absolument qu'on rentre. Ou que je rentre. Souffla-t-il.

Jim lui désigna une fenêtre qui était accessible grâce à un amoncellement de neige. Ce n'était pas protégé. Ou, plutôt, ça ne l'était plus depuis qu'un tir de Dum Dum avait abattu l'homme qui gisait encore sur le sol.

- Vas-y. Je te couvre.

Bucky se redressa, ôta ses chaussures qui l'empêcheraient de courir et attendit l'ultime signal pour partir en courant. Il entendit bien quelques coups de feu trop près de lui. Il se hissa sur le cadavre, donna un violemment coup dans le chambranle qui craqua, le poussa et grimpa dans l'infrastructure en se maudissant.

Il pourrait au moins crier, si on s'en prenait à lui, que c'était les ordres. De toute façon, les ordres venant de « l'enfant chéri de l'Amérique » on fermerait les yeux.

Bucky se laissa tomber sur le sol et serra les dents lorsque ses pieds gelés frappèrent la pierre rude. Il souffla un nuage de vapeur opaque puis partit vers les bureaux de commandements. Il savait à quoi ressemblait la plupart des bases et ils avaient reçu des informations d'espions en plus de ce qu'ils avaient rassemblés auprès de Schmidt lui-même.

Alors, il n'avait pas remis ses chaussures pour éviter de faire du bruit.

Mais ces pierres étaient vraiment glacées et ce n'était pas son collant qui le protégerait.

Il faisait attention de bien longer les murs, de vérifier qu'il n'y aurait pas le moindre soldat qui pouvait le repérer… Il entendait les coups de feu à l'extérieur, les injures quelquefois, les cris de douleurs.

C'était ce à quoi il était habitué depuis très longtemps mais il trouvait toujours ça effrayant. D'autant plus lorsque c'était ses amis qui se tenaient là-bas.

Il continua de remonter les couloirs jusqu'à ce qu'il arrive dans l'endroit qu'il recherchait. Bien sûr, il y avait plus de monde ici, des soldats courant par-ci, par-là. Il en vit passer un devant lui, s'arrêter en écarquillant les yeux mais celui-ci fut projeté sur le sol avant qu'il n'ait pu dire quoi que ce soit. L'odeur de fer s'éleva dans les mornes couloirs. Était-ce à cause de son nez ou autre chose ?

Il déglutit difficilement et sortit de derrière le mur, se glissa rapidement vers la porte et suivit le va et vient des soldats pour entrer dans la salle des commandements. Il était idiot. Parfaitement idiot.

- Heinz, ist das dich ? Questionna l'homme en se tournant.

Mais il ne rencontra pas le visage de Heinz. Lui et ses sept autres subordonnés pouvaient voir un Sergent, escarpins accrochés à ses doigts, qui haletait en se tenant contre sa porte.

- Sternenbanner… Wie bist du ?

Bucky pencha légèrement la tête sur le côté. Ça avait dû bon d'avoir été torturé en allemand pendant un mois. On apprenait la langue. Peu compliqué de comprendre « Heinz, c'est toi ? » ou encore « Bannière étoilée… Qui es-tu ? » mais le vocabulaire était peut-être aisé. Ceci expliquait cela.

- Stevette. Répondit-il en se désignant.

Il jeta un coup d'œil aux soldats qui le fixaient, leurs doigts fermés autour de leurs armes. Le Commandant ne réagissait pas mais il devait avoir pleinement confiance en ses hommes. Lui avait bien donné sa confiance aveugle à Jim…

Bucky s'approcha sans être trop envahissant.

- Sprechen Sie englisch Herr Kommandant(1) ? Questionna-t-il.

Avec un affreux accent, oui. Si affreux que le Commandant plissa les yeux avant d'opiner.

- Und sie(2) ? Demanda-t-il en jetant un coup de menton vers les soldats.

- Vous voulez me dire un secret, Verpassen Sternenbanner ?

Bucky était presque sûr qu'il venait de l'appeler « Mademoiselle bannière étoilée ». Mais vu que tout le monde avait un rire moqueur si ce n'était pas un sourire goguenard, il était presque sûr de ne pas s'être trompé.

- Plus qu'un secret.

- Que fait une Verpassen comme vous par ici ?

Le Commandant entendit les feux nourris et il cracha des ordres en allemand. Un soldat fila à la porte et retranscrit les mêmes directives ce qui créa un tumulte effroyable.

- Je me suis perdu. Sourit-il en faisant un pas vers lui.

Il entendit le bruit d'un revolver qu'on chargeait.

- J'ai entendu parler de vous. Dit-il d'un ton entendu.

L'homme lâcha un toussotement étrange qui saisit Bucky mais lui permit de retomber sur ses pattes alors qu'il s'avançait.

- Alors je vous ai cherché avec des arguments.

- Rauss(3) !

Bucky serra les dents en songeant un violent « merde ».

La porte s'ouvrit et les six soldats sortirent précipitamment. Certains avaient de la sueur qui coulait sur leurs fronts, leurs joues.

- Et que désirez-vous Verpassen Sternenbanner ?

µµµ

- Ça commence à faire longtemps, non ?

Steve remercia Dieu et Falsworth que celui-ci fut le premier à parler. Il ne risquait pas de vendre la mèche en le demandant. Il l'avait déjà fait une fois, trop tôt.

Là, ça commençait à devenir vraiment trop.

Il jeta son bouclier après avoir arrêté une valse de balle. Il vit, du coin de l'œil, Nick mettre des pierres dans le lance-missile. Ce n'était pas aussi performant mais ça faisait tout de même des dégâts.

- Une heure que Jim est revenu. Répondit Dum Dum.

- Il est entré sain et sauf. Si je restais près de lui…

- Oui. Tu as fait ce qu'il fallait.

Steve arma son bouclier.

- On y va. Il ne reste presque plus personne.

Il courut immédiatement vers la foule demeurant là. Une quinzaine de personnes. Mais, avant qu'il n'arrive, trois d'entre eux tombèrent grâce à des tirs alliés. Il virevolta sur lui-même pour arrêter des volées ennemies, bondit en avant, cogna rudement le nez d'un homme et tourna une nouvelle fois pour sectionner une carotide du contour de son bouclier. Oui, il ne voulait toujours pas faire de mort mais il ne comptait pas attendre plus longtemps.

Il en minimisait déjà le nombre.

Des balles fusèrent, il assomma un homme, faucha les jambes d'un autre qui se fracassa face contre terre et courut vers les portes qu'il poussa violemment.

Steve leva son bouclier, protégeant ses amis, surtout lorsqu'il vit une barrière d'hommes dressés vers eux. Ses collègues levèrent leurs armes et quelques coups fusèrent. Certains Allemands et Autrichiens tombaient, le super soldat arrêtait toutes les balles.

Mais l'une d'elle était loin. Et lorsqu'il se jeta dessus, il sut qu'il n'aurait pas dû…

Des coups fusèrent.

C'était fini.

Des plaintes.

Il était toujours debout…

Il redressa la tête et vit le Commandant Johanson tendre son revolver devant lui. Venait-il d'abattre ses hommes ?

Steve comprit que oui dès qu'il remarqua le fusil braqué sur sa tempe, la lame pressée contre son cou. Tellement pressé qu'elle s'enfoncerait sans doute dans sa chair s'il essayait de repousser le bras musclé qui le tenait.

- Mitleid… Mitleid(4) ! Répéta le Commandant.

- Je ne connais pas ce mot. Dit Bucky.

Il leva les yeux vers ses amis qui se tenaient de l'autre côté.

- Captain America ! Hilfen mir ! Hilfen mir ! Bitte !

Et même si on ne comprenait pas l'allemand, c'était proche de l'anglais. Mais surtout, le ton suppliant ne pouvait qu'être « Aidez-moi ».

Steve dévisagea son meilleur ami et le vit presser sur la gâchette.

- Buck…

Le coup de feu noya la fin du mot, le sang et la cervelle explosa sur le visage de Bucky qui relâcha le corps. Lequel s'effondra à ses pieds. Lorsque la mâchoire foula son escarpin, il serra les dents et commença à donner de violents coups de pieds dans le flanc de l'homme. D'abord éloignés puis de plus en plus rapprochés, lâchant même des exclamations de rages.

Tant que ça sciait Steve. Il tourna la tête vers Nick, lequel courait très vite, lui jeta un ordre puis se précipita vers son meilleur ami. On pouvait les voir. On les jugerait. Mais il le prit dans ses bras.

- Bucky ! Tout va bien maintenant.

L'odeur de sang emplissait les couloirs. Jim et James se dévisagèrent. C'était comme si être dans les couloirs d'HYDRA avaient rappelés à Bucky tout ce qu'il s'était passé dans la base de Schmidt.

- Bucky…

- Captain America…

Il fouilla le visage volontaire presque collé au sien. Ses yeux rencontrèrent ceux bleus et s'y ancrèrent.

- Steve. Souffla celui-ci même.

- Steve…

- Sergent !

Jacques s'approcha.

- Ah… Tout va bien. J'ai récupéré les informations.

Il tira les feuilles qu'il avait glissées entre le tissu rouge et sa poitrine pour les donner à Dernier.

- Il y a d'autres choses je pense. Je l'ai obligé à tuer ses hommes. La voie est libre.

- Très bien. Allez faire les recherches. Demanda Steve. S'il vous plaît.

Il aurait dû les accompagner mais…

Il regarda la brûlure indienne sur le poignet de Bucky. Est-ce que c'était vraiment juste ça ? Une douleur aussi minime lui avait rappelé des choses horribles ? Pourquoi pas ? Le simple nom « Captain America » lui était insupportable à cause d'un mois de torture.

Un mois de torture !

Nick revint en courant. Il tenait un long manteau dans ses bras. Steve le remercia en le récupérant et le mit autour des épaules de Bucky.

- Viens.

Il le guida vers la porte, gêné de le voir sous le choc. Observant les endroits, il eut l'impression de voir que, oui, la base avait l'air d'être comme l'autre. Avec ses murs froids, ses taules, ces mots allemands…

- Tu prendras du repos pendant un moment. Tu ne peux pas immédiatement retourner sur le champ de bataille. Tout ça a été éprouvant pour toi.

- Je peux me battre, Steve !

- Oui. Tu es un soldat fantastique. Lui jura-t-il en le ramenant vers le blindé.

Bucky referma d'instinct les pans du manteau autour de son corps presque dénudé. Le vent le fouettait si impitoyablement.

- On s'est juré d'être toujours droit dans nos jugements. J'avais besoin et envie d'être auprès de toi. Dit Steve. Je n'ai pas agis comme il fallait. Tu avais besoin de repos.

- Je ne veux pas de repos ! Siffla Bucky. Tu sais que je n'en ai pas besoin. Je vais me battre Steve. Et ne t'avise pas de me la jouer Captain America !

- Mais tes réactions…

- Oui. Normales, non ? Ça ne m'empêche pas de faire mes missions.

Bucky se dégagea et partit vers le blindé. Steve sentit son cœur se tordre. Étaient-ils obligés de toujours se disputer ? Était-ce pour ça qu'on interdisait les relations dans l'armée ? C'était forcément pour ça…

- Une dernière chose.

Le cœur du blondinet se serra encore plus si c'était seulement possible. Bucky tourna la tête vers lui, la neige inondant ses pieds.

- Merci pour ton manteau, Steve. Quand arrêteras-tu d'être un joli cœur ?

Et le cœur du super soldat se remit à battre normalement alors qu'il le rejoignait et l'aidait à avancer avec ses maudits talons.


(1) Parlez-vous anglais, Monsieur le Commandant ?

(2) Et eux ?

(3) Dehors !

(4) Pitié

(J'en profite pour m'excuser si mon allemand est pas correct malgré dix années d'allemand, j'ai toujours du mal à faire une phrase correcte en allemand… Un jour j'y arriverai !)