Kostyum ne geroy
Auteur : Angelscythe
Genre : Sombre, beaucoup de drama, shonen-ai, romance
Couple : Stucky !
Disclaimers : Les personnages appartiennent à euh… Jack Kirby, Joe Simon et peut-être Stan Lee… j'ai bon ? Les quelques paroles de chansons ne sont pas à moi non plus.
Note : L'idée de base de cette fic m'a été donnée par mon oiseau des îles alias Sailor Sweety !
Note 2 : Toujours merci au Mongol pour ses corrections !
PARTIE II
CHAPITRE I : La partie émergée de l'Iceberg
Alexander Pierce referma son téléphone d'un mouvement et baissa le regard vers la forme entre ses jambes. Il appuya sa tête contre le dossier de son sofa et fut ravi que sa femme de ménage ne pointe pas encore son nez inopinément. C'était à croire que c'était son sport préféré. Il lui avait dit un million de fois de ne pas le faire. Elle n'avait toujours pas appris. Elle revenait pour un « oui » ou pour un « non ».
Il l'aurait déjà licenciée si elle n'était pas aussi douée. Il ne restait jamais la moindre trace de quoi que ce soit. Même après ses jeux privés et érotiques.
Mais si elle surgissait pendant…
Il passa ses doigts dans les cheveux noirs de son partenaire ? Chien ? Non, s'il avait un chien, il ne le traiterait assurément pas de la sorte.
Ses doigts s'entortillèrent dans la chevelure sombre alors qu'il observait son téléphone. S'il en croyait ce que Nick Fury lui avait dit, par énigme et mots cryptés, bien sûr, ils avaient déterrés un glaçon, quel mot fallait-il utiliser pour ça ?
Six jours qu'ils s'étaient vu à Roswell pour parler du Puissant Thor, six jours qu'il avait dû supporter les stupidités de Nick qu'il haïssait avec une telle force. Enfin revenu, il avait vraiment besoin de ceci.
Ces lèvres somptueuses, dressées pour de telles prouesses. Mais qu'est-ce que ça lui coûterait ?
Il gémit de plaisir et laissa les problèmes s'effacer dans un concerto de geignements.
µµµ
- À tous les agents, code 13 ! Je répète code 13 !
La voix de Miranda sonna dans les haut-parleurs et Nick Fury leva la tête. Il se leva en se retenant bien de se frotter la tempe. Sérieusement ?! Steve Rogers avait à peine été ramené depuis une journée et ils arrivaient déjà à le perdre. Est-ce que c'était seulement une plaisanterie ?
Mais le ton paniqué de Miranda lui fit savoir que non. Il devait absolument rejoindre le Captain America.
Il traversa donc les bureaux du S.H.I.E.L.D., courut à travers le parking et ouvrit sa voiture dans laquelle il se glissa avant de rouler, s'attachant d'une main. Pas la meilleure chose à faire au risque de perdre un deuxième œil, mais, au moins, ce n'était pas le temps qu'il perdait.
Il fila si rapidement qu'il rejoignit une avenue où les agents s'étaient rassemblés, attirant les regards d'une partie des civils qui se demandaient ce qu'il se passait. Un attentat ? Un criminel ? Un tournage de film ?
- Repos soldats ! Ordonna Nick en ouvrant sa portière.
Il se détacha, sortit et se tint devant ladite voiture, droit comme un I, respirant la classe que les années lui avaient conféré.
Steve se tourna vers lui et il fut frappé par les traits de son visage. Il savait qu'il n'avait pas changé mais c'était tout de même assez saisissant. Steve Rogers comme il l'avait vu soixante-huit années plus tôt, promettant la destruction de HYDRA, la vengeance pour Bucky et…
Eh bien, il avait toujours été persuadé que ce n'était pas pour rien qu'il avait accepté de mourir avec le Walkyrie. Un suicide déguisé pour espérer que Dieu aurait vu la même chose que lors du suicide déguisé de Bucky et qu'ils seraient ensemble. Que ce soit au Paradis ou en Enfer.
- Excusez-nous pour toute cette… mise en scène, Capitaine. Nous voulions vous ménager.
- Est-ce toi ? N… Nick ? Nicholas Fury ?
- Oui, Capitaine Rogers.
- Que… Que se passe-t-il ?
Il regarda autour de lui avec nervosité.
- Lorsque le vaisseau s'est crashé, vous avez été projeté dans la glace à une telle vitesse et si violemment que vous avez été congelé.
- Congelé ? Chuchota Steve.
- Durant près de septante ans, Capitaine Rogers.
Le blondinet regarda ses mains.
Il était là ? Il déglutit difficilement.
- Tu te relâches, Nick… Le match à la radio, celui de 41. J'y étais. Avec Bucky… On en avait parlé, lors d'une mission.
- Je me souviens. Je l'avais vu en même temps que vous. Si nous avions su.
Nick se permit un petit rire mais vraiment léger. Parce qu'il était noir, que sa place avait été mauvaise, qu'il n'avait presque rien vu.
- Ce n'est pas moi qui me suis occupé de cela. Mais je voulais pouvoir vous l'annoncer lentement.
- Que s'est-il passé ?
Le directeur du S.H.I.E.L.D. lui fit signe de l'accompagner et eut même la gentillesse de lui ouvrir la voiture. Même si Steve connaissait ce fonctionnement. Le Capitaine avisa ses pieds nus, les remua puis avança pour prendre place dans le siège. Nick jeta un chapelet d'ordres alors que Steve s'attachait nerveusement, ses doigts loupant continuellement le receveur.
- Lorsque Schmidt est tombé, Hitler a perdu son meilleur soutien. Une année et demie plus tard, la guerre s'arrêtait. Les Allemands sont tombés. Aujourd'hui, les relations avec l'Allemagne ne sont pas si catastrophiques. Nous sommes en 2012.
- 2012… Tu as quatre-vingt-six ans.
Il regarda Nick qui en paraissait à peine…
- Cinquante ?
Nick eut un faible sourire puis il se terra à nouveau dans son attitude de glace qui perturbait quelque peu Steve. Ça changeait de l'adolescent jovial et effacé. Mais presque septante ans étaient passés. Que lui était-il arrivé ?
Est-ce que c'est ce qui lui arriverait, lui aussi ? Qu'il serait toujours là dans… Il eut un frisson de dégoût, de désespoir… cent ans ?! Cent ans sans Bucky. Le trou dans son cœur s'étendait encore et encore.
- J'ai nonante-six ans… Qui vit encore ?
Les mots arrachaient la bouche de Rogers, tremblant de rage, de peur…
- Peggy est en vie, mais à l'hôpital. Elle souffre d'Alzheimer, mais elle ne vous a jamais oublié Capitaine.
Steve sourit un peu plus. Son amie était toujours en vie, elle. Mais ça ne devait pas être très agréable. Il devait lui rendre visite…
- Dum Dum Dugan est toujours en vie, il se repose avec une flopée de petits enfants qui accaparent toutes ses vacances. Gabe est toujours là, lui aussi, parti vers la Floride lors d'une mission, il a trouvé une femme qu'il aimait. Nous avons gardé le Howling Commando ensemble avec Jim… Il n'est plus. Il est mort heureux. Frenchie est retourné en France après la victoire. Monty est mort aussi…
- Et Bucky ?
Nick manqua de faire un accident en tournant la tête trop vite. Est-ce qu'il… il avait donc oublié ?
- Capitaine, le Sergent Barnes…
- Avez-vous retrouvé son corps ?
- Jamais, Capitaine. Mais… Il a une tombe si vous souhaitez…
- Oui. Je souhaite m'y recueillir.
- Bien, je vous emmènerai.
- Merci…
Une semaine plus tard
Le Soldat de l'Hiver s'abaissa sur le sommet d'une maison et observa la somptueuse villa, surveillant les fenêtres et les portes. Les vitres étaient grandes et ce n'était pas dur de voir les richesses de l'homme qui se succédaient. Tout était magnifique et une télévision à écran plat, démesurément grande, se dressait devant un chapelet de divans en cuir épais et luisant.
Il sauta sur le sol, traversa une rangée de haies bien taillées, faisant attention de ne pas piétiner les fleurs qui se dressaient fièrement dans le parterre. Il contourna une piscine si propre que c'en était surréaliste et partit vers la porte-vitrée qu'il ouvrit sans soucis. Ses doigts glissèrent vers son revolver.
Il ferma derrière lui et s'engagea dans le salon.
- …sement, l'attaque a été arrêtée. Il s'agit de…
Silence. Bruissement de papiers.
- De l'équipe Avengers ! Elle est composée de…
Un vieux reportage sur Iron Man fut lancé à la télévision, superposé avec des déclarations du peuple, des images de la combinaison rouge et or. Le Soldat de l'Hiver eut un sifflement dédaigneux et tourna la tête vers le reste de l'immense salon. La bouteille de Whiskey ouverte près d'un verre indiquait que le propriétaire était bien ici.
Le tueur à gage s'avança et attrapa le petit récipient et l'observa. Un moucheron se noyait dans le fond. C'était passé à côté de la personne qui faisait tout reluire ici parce qu'il était maintenant clair que le propriétaire des lieux n'était plus là.
- Qui par sa force et son courage, sauvera l'Amérique ?
La voix chantante des filles cogna le tympan du Soldat de l'Hiver. Ses doigts tremblèrent sur son arme et il tourna le regard vers le poste. Dessus, on voyait des jolies filles des années quarante, dansant en faisant virevolter leurs magnifiques tenues aux couleurs de l'Amérique.
« Sergent Barnes… »
Cette voix qui résonnait dans son cerveau ?
Non. Il secoua vivement la tête, essayant de remettre ses idées en place. La chanson résonnait dans ses oreilles. Sous ses yeux pétrifiés, il vit une belle brune tournoyer. Mais lorsque son mouvement fut achevé, elle était… était-ce un homme ? Non, ce n'était plus la télévision. Plutôt… Un souvenir ?
Le travesti virevolta en levant les bras. Il le vit tomber au sol, à genoux. C'était à la télévision. N'est-ce pas ?
- Qui donc pendra ces fous qui marchent au pas de l'oie dans Berlin ?
Non… Ce n'était pas la télévision. Tout tournait dans sa tête et il jura un instant porter la même tenue que ces ravissantes jeunes filles. Là, maintenant. Et lorsqu'il releva le regard. Qui était donc cet homme qui se penchait sur lui ?
« Was willst du Verpassen Sternenbanner ? »
Qui était-il ? Pourquoi était-il si… Pourquoi était-il à genoux devant lui. Pourquoi portait-il une robe ? La phrase de l'homme, debout devant lui, résonna. Et puis le bruit. Le bruit d'une…
- Ce ne peut être que le…
Le Soldat de l'Hiver réussit à s'accrocher à la télévision alors qu'ils affichaient l'image du héros.
- Captain…
- … Captain…
- America.
- America.
Ses yeux s'écarquillèrent, son souffle s'accéléra. La musique résonnait dans son crâne alors que la voix pathétique à l'accent allemand soufflait « Sergent Barnes » puis se superposait avec « Was willst du Verpassen Sternenbanner ? » et le nom « Captain America ». Encore. Encore…
Que veux-tu mademoiselle, Bannière Étoilée ?
Cette façon de parler. Pourquoi ?
Son souffle s'accélérait vivement. Ça cognait si violemment dans sa poitrine
- Winter Soldier !
Il cherchait à comprendre tous ces sons qui se mélangeaient et prenait prise sur sa tête comme si elle était dans un étau. Et les images…
Elles venaient de disparaître.
- Winter Soldier !
Pourquoi était-ce éteint ?
Une baffe violente le fit tourner la tête. Il écarquilla les yeux.
- Alexander Goodwin.
- Tu as complété ta mission ?
- Da.
- Pas cette langue. Ordonna Pierce.
- Ja.
Alexander lui saisit le menton.
- Pas. Cette. Langue.
- Oui.
- Bien.
Le secrétaire le relâcha rudement et se dirigea vers son divan. Il voulut s'y laisser tomber mais remarqua son verre de Whiskey. Il râla contre sa femme de ménage puis partit vers l'armoire à verre. Il sentit quelqu'un marcher derrière lui et se tourna vers le Soldat de l'Hiver qui le suivait, tel un automate.
Alexander prit un verre, alla s'asseoir et se versa un verre pendant que le mercenaire le suivait toujours aussi mécaniquement.
- À présent… Je veux mon rapport. Sourit Pierce.
