Kostyum ne geroy

Auteur : Angelscythe

Genre : Sombre, beaucoup de drama, shonen-ai, romance

Couple : Stucky !

Disclaimers : Les personnages appartiennent à euh… Jack Kirby, Joe Simon et peut-être Stan Lee… j'ai bon ? Les paroles de la chanson ne sont pas de moi… vous savez d'où elle vient. (D'ailleurs merci à mon oiseau des îles de me l'avoir retapée !)

Note : L'idée de base de cette fic m'a été donnée par mon oiseau des îles alias Sailor Sweety !

Note 2 : Merci au Mongol pour les corrections


PARTIE III

CHAPITRE VI : Solitude

Steve regarda sa montre et sursauta lorsqu'il sentit une main sur son épaule. Il rencontra le visage rieur de son meilleur ami.

- Il ne s'est pas passé plus de quinze secondes depuis que tu as regardé l'heure. Ça ne marche pas comme ça pour faire passer le temps.

- Désolé. Dit nerveusement le Capitaine.

- On dirait un papa tout angois… Non, mauvaise métaphore. Ou tu es quelqu'un de très bizarre, Steve Rogers ! Se moqua-t-il.

- Ne parle pas de ça ici, s'il te plaît.

Falcon haussa les épaules mais comprenait. Déjà à cause des années où Captain America avait vécu mais surtout parce qu'il avait grandement conscience qu'il y avait toujours de la discrimination pour les homosexuels. Comme il se faisait insulter de « black », « sale négro », « bamboula » et autres noms d'oiseaux qui lui échappaient.

- Tu as peur à quel sujet, exactement ? Le grand H ou…

- Un peu des deux. Répondit Steve. Je lui ai dit qu'il pouvait fouiller, mais j'ai tout de même caché les informations importantes.

Il se frotta le crâne. Il espérait tellement que Bucky puisse retrouver la mémoire. Pas qu'hier ça n'avait pas été doux et tendre. Sa voix était celle de l'être aimé, sa façon de parler y était proche et quelques mots pouvaient parfois encore plus le ramener. Ils avaient même rit en songeant aux boulettes de papier qu'il mettait dans ses chaussures pour se grandir.

Et comment parler du sentiment indéfectible lorsqu'il s'était finalement endormi dans les bras de son Bucky, de l'homme qu'il aimait, de… son âme sœur.

Se réveiller à son côté, se lever pour lui préparer à manger… tout ça c'était comme si l'appartement dont ils parlaient à l'époque trouvait enfin son but. Mais il manquait des pans de mémoire à Bucky, il mettait toujours un moment à lui répondre et il se remettait régulièrement à l'appeler « Steven Grant Rogers » lorsqu'il ne se mettait pas soudainement à chanter.

L'homme qu'il aimait l'inquiétait. Et il voulait tout faire pour lui. Trouver des informations sur HYDRA était encore plus important à présent. Peut-être que d'une façon ou d'une autre, il pourrait l'aider à redevenir normal…

- Steve ?

La main de Sam se pressa sur l'épaule de son ami.

- On prend une pizza à midi et on rentre manger chez toi. Ok ? Il faut absolument qu'il goûte ça !

- Sam…

- Quoi ? Tu vas pas me tirer une petite larme ?

- Je suis juste content que tu sois mon ami. Et que tu acceptes… ça. Je ne l'ai pas dit à beaucoup de monde… À… Peggy Carter, en fait. Hormis elle, seul le Colonel Chester Phillips le savait mais il l'avait découvert à cause d'un homme qui voulait une chance avec Bucky.

Steve parla encore plus bas. Des gens commençaient à rentrer et certains les saluaient. Surtout Sam qui était un véritable soutien pour eux tous.

- Et toi qui l'as découvert…

- Je comprends, Steve. Mais oublie pas qu'à l'avenir, tu peux tout me dire.

Il lui donna un coup de coude dans le ventre.

- Même tu sais quoi.

Le Capitaine rougit de plus belle.

- On… On ne parle pas de ce genre… de choses. Dit-il nerveusement.

- Je t'adore comme ça.

Son ami lui tapota le dos en souriant.

- Et… n'embête pas… n'embête pas Bucky avec ça… On… On n'a rien fait.

- C'est mignon.

Steve était vraiment gêné de parler de ça avec son ami, encore plus dans ces couloirs. Il finit par grommeler un mot ou deux que Sam ne comprit pas avant de se déplacer vers la salle où il travaillait, discutant avec les gens ayant perdu des amis à la guerre, ayant été déstabilisés, ceux sortis de coma suite à la rage des combats. Des choses qu'il connaissait.

- Langage ! Lança Sam.

- Je n'ai rien dit de mal. Lui répondit Steve avec un sourire.

Son ami leva son pouce puis partit dans son propre secteur. On avait besoin de lui.

µµµ

Steve ouvrit la porte principale de l'immeuble et la tint à Sam qui portait les deux cartons de pizza. Il en avait expressément choisi deux que même son ami n'avait pas encore goûtées. Celle au saumon et celle jambon-œuf. Du pur vingt-et-unième siècle. De quoi mettre en avant les bons points de sa génération et faire saliver son ami. Et peut-être son… le petit copain de son ami !

Ils grimpèrent les escaliers comme d'habitude, saluèrent les voisins qui connaissaient tant le blondinet que Wilson puis arrivèrent enfin au palier du quatrième étage. La porte s'ouvrit justement sur Madame Connely.

- Bonjour. Saluèrent les amis de concert.

- Bonjour. Répondit-elle avec un sourire.

- Je suis là jusque treize heures et demie si vous avez besoin d'aide. Dit immédiatement le Capitaine à sa vieille voisine.

- Toujours aussi adorable. Lui dit-elle.

Elle partit vers l'escalier alors que Sam souriait, retenant un pouffement.

- Arrête. Lui dit le blondinet.

- Excuse-moi, mais je peux jamais m'empêcher de penser que tu as peut-être dragué cette fille un jour. Se moqua-t-il à voix basse.

- Eh bien j'en doute, et tu le sais.

- Oui, oui. Les filles ne voulaient pas de toi. Mais tu as pu la draguer !

Alors que la porte de l'ascenseur se fermait, la vieille femme leur lança :

- Il y a eu beaucoup de bruit dans votre appartement.

Et le sas claqua.

Beaucoup de bruit ? Steve ouvrit immédiatement la porte avec inquiétude. Il trouva des affaires renversées sur le sol, des vêtements éparpillés. Comme si on était venu le cambrioler !

- Bucky ?! Appela-t-il, mort d'inquiétude.

Pas de réponse.

- Bucky ?!

µµµ

Le Soldat de l'Hiver marmonnait en boucle la chanson, serrant sa tête alors qu'il était à genoux. Ses rotules lui faisaient mal à force de son mouvement de balancier. Il tremblait, ses frissons roulant sur son échine.

Captain America…

Il le voyait, il sentait sa main sur son épaule, il…

- Qui vient prouver qu'on peut gagner ?

- Bucky !

Il eut un sursaut en sentant les mains puissantes sur ses épaules. Il tourna la tête vers lui, tremblant d'autant plus, les yeux écarquillés, la gorge sèche.

- Bucky, c'est moi, Steve.

Il lui caressa doucement la joue puis baissa les yeux vers les morceaux de vêtements à prédominantes bleues qui étaient étendus sur le sol.

- Bucky…

Steve resserra ses bras autour de son aimé qu'il pressa contre son torse puis attrapa un bout de la matière en kevlar renforcée, issue des premières inventions de Howard Stark. Il le pressa entre ses doigts.

- Que s'est-il passé ?

Il posa un baiser sur la tempe du brun pour le détendre.

- … C'est Captain America… Il…

Le mercenaire se passa la langue sur les lèvres. Steve fronça les sourcils mais le berça tendrement.

- Il… Il était là. … Dans le placard…

Il trembla en désignant le placard puis désigna les restes du costume.

Le blondinet jeta un coup d'œil vers Sam qui avait posé les pizzas sur la table basse et qui les dévisageait avec stupeur.

- Il a cru…

Le Capitaine aida son compagnon à se lever et vint l'asseoir dans le fauteuil.

- C'est fini, Bucky, c'est fini. Je suis là.

- … Oui. … J'ai…

Le Soldat de l'Hiver déglutit difficilement.

- … J'ai voulu le tuer. Mais… Il… il était… Ce n'était que son costume… Je ne sais pas où il est…

Steve posa un baiser sur son front et le resserra contre lui.

- Tout va bien maintenant.

- Steven Grant…

- Oui. Souffla le super soldat.

- Tu as mis un sacré bordel ici. Dit Sam. C'était pour fuir Captain America ?

Bucky dévisagea Falcon avant d'opiner lentement. Steve ne manqua pas de voir son ami froncer les sourcils.

- On peut parler ?

Wilson se leva, ouvrit les deux cartons de pizza et les désigna au Soldat de l'Hiver.

- Prends une part de chaque, mange. Mets-toi à l'aise.

Le regard du mercenaire se tourna vers les parts et ses mains s'étendirent de concert pour saisir un morceau des deux pizzas. Sam le vit clairement les fixer avant de mettre les morceaux en bouche en même temps. Spectacle qui échappa à Steve, déjà partit dans la cuisine. Entre autre parce qu'il se doutait de la réaction de son compagnon.

- Steve !

- Il a eu peur. Je rangerai tout et… je demanderai à Hill un nouveau costume.

- Que tu ne pourras pas garder ici. Captain America a l'air de le déranger vraiment beaucoup alors qu'il t'adore.

- HYDRA l'a torturé. Ils passaient les clips de propagande en boucle. Ça, des tortures, quelques autres évènements et…

Steve déglutit difficilement parce qu'il n'avait pas la force d'en dire plus. Il revoyait quand il avait libéré Bucky de leurs griffes, il voyait ses crises, ses peurs, ses réactions déraisonnées et il savait qu'il en était la source.

- Tu le vois comme un monstre mais HYDRA…

Sam leva la main.

- Il a un problème, Steve. Je crois qu'il souffre de stress post-traumatique.

- Est-ce que tu dis ça parce que tu travailles avec ce genre de personnes ou…

- Entre autre. Je le vois. Il y a d'autres choses ? N'importe quoi ?

- Il faisait des cauchemars, il évitait le sujet, on se disputait et puis… Il hait profondément Captain America. Il avait l'air de vraiment nous séparer mais ça a l'air pire maintenant. Je ne sais pas ce je dois faire, Sam.

Falcon lui posa la main sur l'épaule.

- Tu ne peux pas lui dire qui tu es. Tu passerais à côté des papouilles. Dit-il avec une once d'humour pour détendre l'atmosphère.

Steve sourit à peine à la pique.

- Je ne peux pas le laisser seul. Si c'est ça… Quand c'était entièrement mon Bucky, le laisser seul était envisageable mais maintenant. J'ai trop peur pour lui. Je ne pensais pas qu'il…

Il se mordit la lèvre inférieure, incapable de s'expliquer exactement.

- C'est normal. Il a beaucoup changé.

- Non… Non, c'est Bucky.

Sam pressa son épaule avec un faible sourire.

- Qu'est-ce que je dois faire ?

- Tu ne peux pas l'emmener à l'extérieur pour quoi que ce soit. Mais tu peux difficilement rester ici à t'occuper de lui. À moins que tu n'aies prévu quelque chose pour te faire de l'argent.

- Apprends-moi. Supplia Steve. Je ne peux et ne veux pas le laisser.

Il regarda vers le salon.

- Je le ferai. Et on s'arrangera pour que je garde l'œil sur lui pendant que tu fais quelques heures. Encouragea Sam.

Il désigna l'encadrement de la porte d'un mouvement de menton.

- Je travaillerai avec lui sans te faire payer un seul centime. Ça lui fera du bien. Tu ne penses pas ?

- J'ai de la chance d'avoir un ami comme toi.

- Je sais. J'ai de la chance aussi. Allez ! Allons rejoindre Bucky avant qu'il n'ait tout dévoré.

Il partit vers le salon sans un mot de plus et se rapprocha du brun à côté duquel il se laissa tomber. Il n'avait pas pris plus de pizza. Steve les rejoignit et hésita une seule seconde avant de s'asseoir de l'autre côté de son petit ami. Le marmonnement qu'il relâchait était clair : la chanson de propagande.

Steve tendit son bras à Bucky qui se pressa immédiatement contre lui. Sa respiration se calma ce qui poussa le blond à oublier légèrement la présence de Sam. Soudainement, ça le gênait moins de s'afficher.

- Tends ta main Steve. Somma Wilson.

Le blond l'eut à peine fait qu'il se retrouva avec une part de pizza en main.

- Merci.

- Tu m'en diras des nouvelles.

- Bien sûr.

Il regarda le chaos qui s'était étendu. Il devrait ranger ça aussi. Se penchant vers l'homme qu'il aimait, il entendit sa voix alors qu'il chantonnait la rengaine. Il l'aimait cette voix. Alors il l'écouta.

Les problèmes pouvaient rester ce qu'ils étaient maintenant : des problèmes.