Bonsoir à tous ! Tout d'abord, je tiens à m'excuser pour cet ENORME retard ! Je n'avais absolument pas prévu de partir en vacances dans un endroit où je n'avais pas accès à internet. Et ensuite, la rentrée est arrivée et ça a été absolument incontrôlable : vous savez, des dizaines de projets à rendre avant la nouvelle année et la fin du troisième semestre, des cours n'en plus dormir, tout ça, tout ça. Je sais que c'est vraiment énervant et ça l'est pour moi aussi, croyez-moi…Mais peu importe le temps qu'il faudra, je n'abandonnerais pas cette fic :)

Donc comme les vacances arrivent, je me suis donnée l'objectif de poster mon troisième chapitre ainsi que mon quatrième pendant les vacances.

Je vous laisse lire ce nouveau chapitre, et n'oubliez pas : dites-moi ce que vous en pensez.

C'est un chapitre qui fait 13 pages Word, je crois que c'est le plus long pour l'instant. J'ai vraiment eu du mal à le terminer celui-là, Mycroft me pose quelques problèmes xD

Disclaimer: Seule l'histoire m'appartient.

Message: Merci à tous pour vos reviews ! Je suis super contente de lire vos réactions et j'espère avoir répondu à tout le monde -_-'

PS: Je vous l'écris ici pour que vous soyez au courant avant le début de la lecture: Belgravia est une partie du quartier de Westminster et se trouve près de Buckingham Palace. Il s'agit de la zone la plus chère de la ville. (J'ai passé énormément de temps à faire des recherches sur les différents quartier de Londres même si je n'en parle pas tellement dans les chapitres).


Love is not for everyone

Chapitre 3 :

Gregory regardait à travers la fenêtre de la voiture de luxe, son coude droit posé sur le rebord de la fenêtre, sa main droite tenant sa tête. Il sentait encore son bras gauche le lancer à cause de sa blessure. Se trouver dans une telle voiture en compagnie de Mycroft Holmes était une grande première pour lui. Il pensa que John avait l'air plus décontracté que lui. D'après ce que ce dernier lui avait dit à propos de la première rencontre avec l'aîné des Holmes et les autres qui avaient suivi, il comprenait ce détachement.

Le trajet se fit rapidement et en silence. Une fois arrivés, Anthea qui était présente également sortie pour s'appuyer sur la voiture, téléphone portable à la main. Mycroft sorti en deuxième suivi de John puis Gregory. Le politicien se tourna vers eux :

« L'appartement se trouve au troisième étage. »

« Je ne pensais pas que vous viviez dans un endroit aussi…banal, Mycroft. »

Greg hocha la tête pour montrer son accord. En effet, l'immeuble qui se tenait devant lui était tout ce qu'il y avait de plus banal. Murs légèrement orangés, fenêtres larges, six étages, il se trouvait en pleine rue. Observant cette dernière, il se rendit compte que ce n'était pas vraiment l'endroit idéal pour une personne de l'importance de Mycroft.

Il suivit le mouvement en montant jusqu'au troisième étage et entra quand l'homme politique ouvrit la porte.

La pièce principale était plus que grande. Il ne s'attendait pas à cela : de dehors, l'immeuble avait l'air tellement simple qu'il se fondait dans le décor de la ville. Les murs étaient d'un bleu très clair, presque blanc, la lumière traversait les fenêtres pour éclairer la pièce.

« Il est plutôt bien placé. Il est très spacieux. »

« Oui, il a été rénové il y a seulement quatre ans, donc on peut dire qu'il est neuf. L'ancien locataire passait la majorité de son temps dehors. »

« Vous savez pourquoi est-ce qu'il a décidé de partir ? En plus de son…problème de travail ? », demanda Gregory.

« Oh, et bien, il est parti à l'étranger pour le travail. En fait, il s'agissait d'un de mes employés. Garde du corps », précisa-t-il.

« Vraiment ? » Tout en continuant de parler, il se dirigea derrière le comptoir qui séparait la salle principale de la cuisine.

Pas étonnant qu'un des gardes du corps logeait sur le même palier que son patron. Après tout, Mycroft Holmes était le gouvernement britannique comme le disait Sherlock.

« Mais pourquoi me faire visiter au lieu de faire déménager un autre de vos…gardes ? »

Pas de réponse. Secret d'Etat je suppose… La famille Holmes était vraiment irritante à toujours jouer les hommes mystérieux. Pas sûr qu'il le supporte s'il devait souvent croiser l'homme, il en avait assez avec Sherlock.

« Pour tout vous dire, l'immeuble m'appartient. »

« Quoi ? », s'étonna le DI.

« Vous n'êtes pas très loquace, Détective. Comme vous le voyez, il n'y a plus de meubles mais je peux vous faire livrer les vôtres si vous acceptez d'emménager ici. »

Greg passa du temps à visiter les autres pièces. Trois grandes pièces, une ayant sa propre salle de bain, l'autre ayant un balcon. Une deuxième salle de bain indépendante se trouvait au fond du couloir. Impressionné par la grandeur de l'appartement, il revint dans la pièce principale et regarda John :

« T'en penses quoi ? »

« Mmmh, il est vraiment bien, il est très grand. En plus, il est assez bien placé par rapport à Scotland Yard. »

« C'est vrai. » Gregory se tourna vers Mycroft : « Si j'accepte, on doit se mettre d'accord sur le loyer. Et aussi sur la date à laquelle je peux emménager. »

« Je viens de vous le dire, je peux faire venir vos meubles dès cet après-midi. Et pour ce qui est du loyer… »

Mycroft prit son téléphone portable, appuya sur quelques touches du clavier et tourna l'écran vers son futur voisin. Ce dernier fixa l'écran surpris :

« C'est tout ? »

Mycroft soupira de dépit.

« Que croyez-vous ? Je gagne très bien ma vie avec mon travail, je n'ai pas besoin de mettre un loyer à cinq chiffres pour mes locataires. »

La visite se termina avec John qui partit retrouver Sherlock qui venait de lui envoyer un texto, lui demandant de l'aide pour une quelconque tâche. Mycroft passa un coup de fil pour prévoir le déménagement des meubles du détective et rassura ce dernier quant au paiement, le prévenant qu'il passerait demain quand il sera totalement installé.

« Voulez-vous que je vous dépose quelque part en attendant l'arrivée des déménageurs ? Il est midi passé, vous voulez surement aller manger. »

« Mmh, je ne sais pas trop. Je dois faire attention à ce que je mange...vous savez, à cause de... »

Gregory baissa la tête en direction de son estomac.

« Ah oui, je vois. »

« Mais vous en faites déjà beaucoup et pour tout vous dire, je trouve ça très suspect. »

« Suspect ? Je ne vois pas ce qu'il y a de suspect à aider une connaissance dans le besoin. »

« Justement. Je ne suis qu'une connaissance pour vous. Et, franchement, 'dans le besoin' ? Vous n'en faites pas un peu trop ? Je suis seulement en convalescence pour deux semaines. Ce qui est déjà trop à mon avis. »

Les deux hommes se fixèrent longuement sans que l'un ne fasse le moindre geste, puis Mycroft décida de reprendre la parole en bombant le torse:

« Je pense que deux semaines n'est pas assez, personnellement. Je ne comprends toujours pas pourquoi vous avez refusez le mois et demi de repos. »

« Et voilà, s'énerva Greg en levant les bras, évitez ma remarque. Vous êtes bien un Holmes. »

Un silence se fit.

« Vous ne travaillez pas aujourd'hui ? »

« Je travaille tous les jours sans exception, Détective. Mais contrairement à vous, je ne suis pas obligé d'être sur place. » Il se tourna vers la porte d'entrée et l'ouvrit : « Je vais y aller, si vous voulez que je vous dépose, vous n'avez qu'à me suivre. »

Greg regarda l'homme sortir, attendit quelque instant et se décida enfin à sortir.


« Ça vous dit de venir avec moi ? J'aimerais vous poser quelques questions. Et puis…vous n'avez pas mangé non plus, autant manger ensemble.»

Greg était sur le point de descendre de la voiture quand il avait posé cette question. Le regard de Mycroft était fixé sur lui comme s'il était en plein combat intérieur.

« Alors ? »

Mycroft se tourna vers Anthea.

« Vous viendrez nous récupérer plus tard. » Et il sorti de la voiture pour entrer dans le restaurant.


« Je pensais vraiment que vous habitiez Belgravia. »

« Belgravia est une zone trop connu de tous. Enormément de mes connaissances habitent là-bas. Je suis souvent cible de menaces vous savez, alors habiter un immeuble comme le mien est plutôt passe-partout et même trompeur parfois. »

« Cible de menaces, vraiment ? Vous faites vraiment un métier dangereux, on pourrait facilement croire le contraire vu que vous affirmez travailler dans l'ombre. »

« Et c'est vous qui dites ça ? Je vous rappelle que vous êtes en convalescence. »

« Oui, enfin, je n'étais pas menacé à l'avance. »

« Vous êtes toujours menacé à l'avance, Détective. »

Les deux hommes continuèrent de manger en silence avant une autre remarque de Gregory :

« Vous savez », il s'interrompit pour avaler une bouchée de son repas, « vous semblez plus…comment dire…docile en compagnie d'étrangers, si j'ose dire. Dès que vous êtes en face de Sherlock, vous vous disputez. C'est vraiment curieux. »

« Comment ça ? »

« Et bien, vous êtes un Holmes. N'êtes-vous pas censé être plus extravagant que la plupart des gens ? »

« Je suis extravagant. »

« Vraiment ? »

« Oui », un sourire se forma sur sa bouche. « Comme vous le dites, je suis un Holmes. Je le montre juste différemment. »

« Dites-moi tout, je suis curieux », demande Gregory en se moquant légèrement de l'homme face à lui.

« Et bien, comparé à Sherlock, je ne montre peut-être pas mon intérêt pour les expériences sur le corps humain mais ce n'est pas pour cela que je n'en fais jamais. »

Greg s'étouffa en entendant cette phrase :

« Pardon ? »

« Je suis juste les règles du comportement en société. Sherlock non. Je me fais accepter par mon entourage, c'est comme ça que je peux évoluer et continuer à vivre. »

« Continuer à vivre ? C'est un peu extrême non ? »

« Pas vraiment. Je ne vais pas m'attarder sur ma vie mais quand j'étais plus jeune, j'étais comme Sherlock. Pas autant que lui, évidemment », précisa-t-il en voyant les yeux écarquillés de Gregory. « Mais un évènement particulier m'a fait changer et j'ai compris que pour être accepté dans cette société, il fallait faire semblant, tout simplement. »

« C'est un peu déprimant… »

« Il paraitrait, oui. »

Les deux hommes discutèrent du travail tout le reste du repas. Une heure et demi était passée et chacun oubliait ce qui les entourait, se concentrant seulement sur celui qui se trouvait en face de lui.


Quelques kilomètres plus loin se trouvait Sherlock et John, au 221B Baker Street. John était en train d'écrire sur son blog alors que Sherlock était, comme à son habitude, allongé sur le canapé.

Soudain, Sherlock lui-même lança la conversation :

« Au fait, John, tu ne m'as pas dit où tu étais ce matin. Es-tu allé faire les courses ? »

« Je te l'ai même dit en rentrant Sherlock, je suis allé le chercher l'hôpital pour ramener Greg chez lui mais son ex-femme est passée en lui disant qu'il ne pouvait plus rentrer chez lui. Du coup, ton frère lui a proposé un appartement. Je ne comprends même pas comment tu as pu oublier ça, c'est toi-même qui a prévenu ton frère de la sortie de Greg.»

Sherlock se releva en sursaut :

« Vraiment ? »

« Oui, il a plutôt été compréhensible. Comme il possède un immeuble entier, il nous a emmené là-bas et l'a fait visiter à Greg. »

« Vraiment ? »

John leva les yeux au ciel :

« Oui, Sherlock, vraiment. »

« C'est assez…inhabituel de sa part. Il doit cacher quelque chose… »

« Je pense aussi, oui. Mais du temps que Greg ne se retrouve pas à la rue, je m'en fiche. »

« Je ne vois vraiment pas ce que tu trouves à Lestrade… », s'exprima Sherlock avec un reniflement de dédain.

« Greg est un très bon ami, Sherlock. Rien de plus. »

Sherlock fit l'effort de tourner la tête et observa son meilleur ami. Celui-ci continuait de taper sur son clavier, dos à lui. Le détective se leva et alla se positionner derrière John, restant immobile quelques secondes. Puis il se pencha, les bras en avant et les posa sur les épaules du médecin, mettant sa tête à la même hauteur de celle de John.

« J'espère bien que c'est seulement un ami. »

John s'arrêta d'écrire, tourna sa tête et sourit en coin à Sherlock. Leurs regards étaient fixés l'un à l'autre.

« De toute façon, même si je le considérais autrement que comme qu'un ami, tu serais capable de t'en rendre compte avant moi. »

« Effectivement. »


Les deux hommes étaient passés au dessert. Gregory avait hésité avant d'inviter Mycroft à manger mais finalement il ne regrettait pas. Il n'avait pas prévu d'en apprendre autant sur son nouveau voisin mais cela le changeait des discussions qu'il avait avec ses collègues du boulot. Seulement, il se posait depuis le début du repas des questions qu'il n'avait pas osé poser à l'homme. Il ne savait pas pourquoi mais il se sentait légèrement intimidé. Il fallait rappeler qu'ils étaient tous les deux dans un restaurant tout ce qui avait de plus simple, l'un habillé en survêtement et l'autre en costume sur mesure tout droit sorti d'un magasin de luxe. Et cela n'aidait pas vraiment le détective mais le silence qui venait de s'installer le déstabilisait encore plus.

« Pourquoi m'avez-vous aidé ? »

« De quoi parlez-vous ? »

« Vous savez très bien de quoi je parle. Je parle de l'appartement. D'abord vous venez me voir à l'hôpital le jour de ma sortie et ensuite vous me trouvez un appartement ? Je ne suis pas idiot, Mr Holmes. Votre comportement est bizarre. »

Mycroft regarda Gregory en lui faisant un petit sourire. Finalement, il avait raison, le DI n'était pas si bête.

« Vous pouvez m'appeler Mycroft, vous savez. John m'appelle comme ça. »

« Vous ne répondez pas à ma question, Mycroft… »

« Hmmm, je suis venu vous voir à l'hôpital car Sherlock m'avez informé de votre date de sortie et aussi parce que grâce à vous, un meurtrier d'enfant a été arrêté. D'une façon tout ce qu'il y a de plus stupide mais arrêté quand même. Et pour l'appartement, et bien je vous laisse deviner. »

Gregory n'eut pas le temps de répondre car Mycroft se leva et se dirigea vers l'accueil pour payer. Il se demandait bien ce que l'homme voulait dire par là. Il continua de l'observer et se dit que ce n'était pas important pour qu'il se pose des questions puis se leva et le rejoignit. Il sortit son portefeuille quand Mycroft l'arrêta de la main.

« Laissez. J'ai payé pour vous. »

« Quoi ? » Il se tourna avec un regard vif. « Je peux savoir ce qu'il vous arrive ? Je vous fais pitié ou quoi ? »

Ne s'attendant pas à cette réaction, Mycroft leva un sourcil et pinça ses lèvres.

« Ce n'est pas ce que vous pensez. »

« Je pense que si ! Vous avez vu mon ex-femme me mettre plus bas que terre, vous m'offrez –parce que oui, c'est le cas- vous m'offrez un appartement et le pire c'est que vous habitez juste en face ! Et maintenant, vous décidez de m'offrir un repas ? Mais c'est quoi votre problème ? »

Sous sa colère, Gregory déposa plusieurs billets sur le comptoir, plus qu'il en fallait, et parti sans se retourner laissant Mycroft sur place. Il continua de marcher, la colère l'envahissant de plus en plus et la douleur de ses blessures se rajoutant dès qu'il bougeait trop violemment.

Mycroft, laissé au comptoir, était resté de marbre.

« Bon, je prends vos billet ou ceux de celui qui vous a laissé en plan ? »

« Je vous demande pardon ? »

La serveuse le regardait d'un air moqueur :

« Oh, ne vous en faites pas, j'en vois tous les jours des comme vous. Vous avez encore dû dire quelque chose qui n'allait pas… »

« Mêlez-vous de ce qui vous regarde. »

Il prit les billets laissés par le DI et tourna le dos.


Gregory s'était retrouvé dans un bar. Evidemment. Où irait-il alors qu'il était déprimé, en colère et qu'il voulait seulement oublier tous les malheurs qui lui étaient tombé dessus ? Cela faisait tellement cliché…Et ce n'était même pas le soir. Il devait être..., il regarde l'écran de son portable, ouais, 15h48, deux heures qu'il était là. Il avait l'impression qu'il n'avait pas avancé depuis que son divorce avait été déclaré. Et sa femme qui n'arrangeait pas les choses. Il fit signe au barman pour un autre verre. Il devait vraiment calmer sur le mélange alcool/médicament, ce n'était vraiment pas sérieux.

Mais Mycroft l'avait vraiment énervé. Sur le coup, il s'était laissé aller, se disant que même s'il avait affaire au frère aîné des Holmes, il ne réussirait pas vraiment à lui faire comprendre ce qu'il ressentait. Mais maintenant, il regrettait de s'être fâché contre lui. Il n'était pas quelqu'un de coléreux ni de méchant et il ne voulait surtout pas le devenir. Il ne savait pas quoi faire, ni comment agir. Il ne savait même pas s'il avait toujours le droit de retourner dans son nouvel appartement. Mais quelle idée d'accepter de vivre en face d'un Holmes. Est-ce qu'il était désespéré à ce point ? Il sortit son téléphone de sa poche et composa un numéro :

« Tu peux venir me chercher ? »


Sherlock pensait. Non, il ne pensait pas, il réfléchissait. Un problème s'était posé à lui depuis quelques mois. Un problème d'une importance capitale. Et ce problème était tout simplement son frère. Depuis quelques mois, il avait remarqué que ce dernier était de plus en plus présent autour de John et lui. Dès qu'il y avait une affaire qui nécessitait l'aide de certaines personnes de Scotland Yard, il débarquait de nulle part. Au départ, il n'y prêtait aucune attention, mais maintenant les différents indices lui avaient donné la réponse. Depuis que John l'avait informé de l'aide que son frère avait apporté au DI, il en était certain.

« Sherlock ! Viens m'aider ! »

Il ouvrit les yeux. La voix inquiète et pressante de John venait de l'entrée. En le rejoignant, il découvrit Lestrade dans ses bras, complètement saoul.

« Mais c'est pas vrai ! Il vient de sortir de l'hôpital et il va directement se saouler. La police d'aujourd'hui, vraiment… »

« Ferme-là et viens m'aider. Il devient de plus en plus lourd. »

« Pourquoi t'es allé l'aider de toute façon ? », il prit Gregory part les pieds alors que le médecin le prit part les bras pour le monter à l'étage.

« Combien de fois je vais devoir te le répéter ? Il est mon ami, point. Quand un ami a besoin de toi, tu vas le rejoindre sans poser des questions.»

Les deux hommes posèrent le troisième sur le canapé et l'observèrent.

« Pourquoi il est allé boire comme ça ? Il est sorti ce matin. »

« Il a parlé de restaurant et de payer quelque chose. » John se retourna et secoua sa main. « J'en sais rien, laissons-le se reposer, il nous expliquera. On ne peut pas dire qu'il soit l'homme le plus chanceux du mois. »


Il avait décidé d'aller faire du sport. Il en avait besoin. Il n'avait absolument pas comprit la réaction du détective et ça l'énervait. Et être énervé l'énervait encore plus. Habituellement, c'était Sherlock qui se mettait en colère. Lui, pensait savoir faire face à ses émotions. Il continua de courir sur son tapis en rejouant sa journée. Il avait été poli, il lui avait même rendu visite à l'hôpital alors qu'il ne se déplaçait habituellement pas. En plus de cela, ça avait été le jour de la sortie du DI, il aurait pu ne pas y allait du tout. D'ailleurs, en s'y rendant, il s'était même demandé pourquoi il y allait mais il avait vite fait d'effacer ces questions. Il lui avait fait visiter un appartement, pas par pitié mais plutôt pour surveiller le détective. Depuis un certain temps, il s'était rendu compte que ce dernier prenait de plus en plus de risques. Il ne voulait évidemment pas que Sherlock perde un de ses seuls amis, enfin c'était la raison qu'il se forçait à avoir. Est-ce que cette visite avait été l'acte de trop ?

Il lui avait affirmé être bien différent de Sherlock aujourd'hui mais apparemment son côté égoïste était tout aussi important que celui de son frère. Il refit défiler sa journée dans sa tête une nouvelle fois et en conclut après réflexion qu'il avait effectivement encore du mal avec une intégration complète en société.

Son téléphone se mit à sonner. Il descendit du tapis de course et regarda l'écran.

« En train de dessaouler sur mon canapé » - SH

Il souffla. Il se détesta à l'avance pour ce qu'il allait faire mais il appuya tout de même sur une touche et attendit que son frère décroche.

« Au lieu de m'appeler pourquoi ne viendrais-tu pas en personne récupérer ton nouveau voisin ? »

« Il peut revenir par ses propres moyens. Et je te signale que je ne suis pas proche de lui au point de lui rendre service. »

« Et pourtant tu lui as pratiquement offert un appartement, je me trompe ? »

« Comment est-ce que…Laisse tomber. »

Un long soupir sorti de la gorge de Mycroft. Il aurait dû s'en douter. Son frère était décidément trop perspicace à son goût.

« Alors ? »

« Alors quoi, Sherlock ? »

« Tu viens le chercher ? Et ne téléphone pas la prochaine fois. Tu sais que j… »

Mycroft raccrocha et sorti de la pièce. Il était temps d'aller travailler.


« Ça suffit Greg ! Tu vas sortir de ce foutu lit et tu vas te reprendre en main ! »

John venait tout juste d'entrer dans sa chambre avec toute la violence qu'il possédait. Il avait décidé de ne plus montrer aucune pitié pour Gregory. Il en avait tout simplement marre et il était temps que le détective décide de se relever. Cela faisait trois jours qu'il n'était pas sorti de Baker Street. Trois jours ! Il n'en pouvait plus. Greg, un boxer comme seul habit, tourna sa tête pour fixer le médecin.

« Laisse-moi. »

Il savait que son comportement était excessif. Il ne savait même pas comment John pouvait encore le supporter. Mais la courte colère qu'il avait laissé échapper devant Mycroft avait eu un effet plus que négatif sur moral. Tout ce qu'il avait caché à son entourage était remonté à la surface. La colère qu'il avait contre son ex-femme, l'humiliation qu'il ressentait quand il était en présence de ses collègues qui le prenaient en pitié. A cause de tout cela, sa dépression –Dieu, qu'il détestait ce mot, mais d'après John, c'était celui qui correspondait à son état- avait empiré et l'avait laissé dépendant du médecin. Ce dernier s'occupait de lui en tant qu'ami et médecin, changeant ses pansements, lui laissant assez d'espace pour qu'il se "ressource" comme il disait. En faisant cela, John s'attendait à ce qu'il se reprenne en main le plus vite possible mais Gregory n'en n'avait aucune envie.

D'un côté, il s'en voulait. Il était un poids pour son ami, il le savait mais d'un autre, il en profitait bien. Il aimait bien voir la tête de Sherlock quand John l'approchait avec l'intention de vérifier ses cicatrices ou d'essayer d'agir en psychologue.

« Laisse-moi ? Laisse-moi ? » John avança dangereusement de Gregory et se mit à sa hauteur. « Ecoute-moi bien Greg, si tu ne sors pas de ce lit tout de suite, je t'en sortirais moi-même. Et tu t'en souviendras longtemps. »

Le médecin tira le reste de la couverture qui recouvrait les jambes de son ami en même temps qu'il le menaça. Sérieusement, il en avait marre. En plus d'avoir Sherlock sur les bras, il se trouvait maintenant avec un détective dépressif à cause de son divorce mais aussi à cause de son travail.

Que des gamins. Voilà ce qu'il pensait.

Mais aujourd'hui, tout allait changer. John Watson s'en était fait la promesse. Premièrement, parce qu'il en avait marre d'avoir Gregory dans ses pattes et deuxièmement parce qu'il avait envie de s'amuser.

Il avait tout prévu. Il s'était même levé le sourire aux lèvres avec l'idée de se débarrasser gentiment de son ami dès ce soir. Rien de bien compliqué, juste une petite sortie en boite. La seule chose qu'il devait éviter ou plutôt la personne, c'était Sherlock. Car si ce dernier décidait de se joindre à eux, tout serait foutu, tout simplement. Il allait devoir mentir à son colocataire sans se faire attraper.


C'est la lumière du soleil qui le réveilla. Il ouvrit douloureusement les yeux, se les frottant à l'aide d'une de ses mains. «Ce n'est pas ma chambre» était la première pensée qui le traversa. Il se releva brusquement et observa autour de lui. Des photos, pleins de photos accrochées aux différents murs de la pièce, des rideaux hideux qui étaient en contradictions avec ses goûts personnels, des vêtements de femmes ? enchevêtrés avec ses propres vêtements par terre. Il souleva la couverture qui le recouvrait et se découvrit nu. Il retint sa respiration, et tourna la tête vers la forme incertaine à côté de lui, recouverte par le reste de la couverture. Des cheveux blonds et bouclés dépassaient.

« Non, non, non, non ! Comment j'ai fait pour me retrouver ici ? Attends, attends, attends, en boite avec John : OK. Quelques verres par-ci, par-là : OK. Deux, trois danses avec des jolies femmes : Rien de bien grave, je me suis juste amusé. Ensuite, je suis retourné près de John et il m'a offert encore plus de verres et au bout d'un moment… j'ai dû sortir pour prendre l'air, rien d'affolant. Par contre, je ne me souviens de rien d'autre après ça… Comment de verres ai-je bu pour en arriver là ? »

Il se leva avec précipitation, prit ses affaires en main et sortit de la pièce. Il s'habilla tellement rapidement qu'il faillit tomber mais se rattrapa avec l'aisance d'un gymnaste. Il s'avança dans la pièce qui se trouvait être le salon et vit son téléphone sur une table basse face à lui. Il composa un numéro et approcha l'appareil de son oreille.

« Greg ! Bordel, où est-ce que tu es ? »

« John ! Merci mon Dieu tu réponds. Écoutes, je me suis réveillé dans le lit d'une femme, pourquoi tu m'as laissé partir avec elle ? »

« Laissé partir ? C'est toi qui as disparu en moins d'une seconde. Je t'ai cherché toute la matinée sans pouvoir te trouver. J'ai même dérangé Mycroft pour savoir si tu étais retourné à ton nouvel appart. »

« Toute la matinée ? »

« Il est midi, Greg… »

« Mon Dieu… J'arrive, je rentre de suite. »

« Non. »

« Quoi ? »

« Tu peux plus rentrer chez nous, Greg. Merde ! Bouges-toi et sors de ta dépression. Bouges-toi et retourne bosser. »

« Tu… T'es vraiment sérieux, hein ? »

« Oui. »

Gregory se laissa tomber sur le sofa en poussant un soupir.

« Ok. Mais ça ne veut pas dire que je vais faire des efforts envers les autres. »

« Je sais, mais retourne au moins à ton nouvel appart. Tu pourras déménager plus tard mais avant tu dois mettre tes pensées en ordre. Je te parle en tant qu'ami là. »

« … »

« Au fait, félicitations ! »

« Félicitations de quoi ? »

« On dirait que tu t'es remis de ton divorce en une nuit. »

« Tss…Je ne me souviens plus de rien, John. Et puis, je te signale que je n'ai pas eu à me remettre de mon divorce. Ce que je n'aime pas c'est la position dans laquelle me mettent les gens. Je hais vivre cette situation. »

« Oui, oui, je sais, j'ai déjà entendu ça pendant trois longs jours. Bon, je dois te laisser, je passerais te voir dans quelques jours. »

Gregory écouta la tonalité pendant quelques secondes avant de raccrocher. Tout en observant la porte qui cachait la femme avec qui il avait passé la nuit, il se releva et se dirigea vers la porte d'entrée. Il n'avait jamais fait ça avant, même dans ses années passées à la fac. Il s'était toujours conduit en véritable gentleman, attendant le réveil de sa compagne de nuit avec deux tasses de café prêtes en face de lui. Mais aujourd'hui, il était différent, il voyait les femmes différemment. Il voyait même le monde qui l'entourait différemment. Chose qu'il n'aurait jamais imaginé, vu son âge et son expérience. Mais apparemment, la vie réservait toujours des surprises. John avait raison, il était temps qu'il se ressaisisse et qu'il arrête de broyer du noir. Il avait eu besoin de cette remise à niveau -il n'assumait pas encore assez pour utiliser le mot dépression- pour se rendre compte de certaines choses. Et maintenant, il était prêt à faire face à ceux qui l'entouraient.


Mycroft était quelqu'un de fier. Quelqu'un d'extrêmement fier. Après l'appel de Sherlock, il n'était évidemment pas aller chercher le DI mais ce dernier était resté dans son esprit tout au long de son absence. Il ne savait pas pourquoi. Il ne voulait pas l'admettre mais sur le plan relationnel, il en était au même point que Sherlock et pire encore. Les seules relations qui l'entouraient étaient professionnelles. Il avait pourtant affirmé à l'envahisseur de son esprit qu'il s'était fait accepter par la société. Il se rendait maintenant compte que ses paroles et ses pensées étaient la plupart du temps contradictoires.

Il était en train de lire le journal du jour quand on sonna. Il releva la tête lorsque la sonnerie retentit une seconde fois. Il posa son journal, se leva et alla ouvrir la porte. La personne qui se trouvait sur son palier n'était pas celle à laquelle il s'attendait. D'ailleurs, il n'attendait personne. Mais une curieuse personne se trouvait devant lui, une personne qu'il ne comprenait pas. Gregory Lestrade, se grattant légèrement l'arrière de la tête, le regardait avec un sourire gêné. Oui, Mycroft Holmes était un homme fier, mais apparemment pas assez pour s'empêcher de se décaler pour que l'homme pénètre dans son appartement.


Voilà pour ce troisième chapitre tant attendu ! J'espère que vous l'avez apprécié :)

Laissez-moi vos impressions: positives, négatives et même s'il y a quelques incohérences pourquoi pas, ce genre de choses peut arriver, on ne sait jamais !