Bonsoir à tous ! Eh oui, je suis de retour. J'ai profité des vacances d'été pour continuer mon histoire et pour la finir pour ne plus être en retard dans mes publications et j'ai continué à m'avancer encore un peu avant de reprendre la publication. Aujourd'hui, je pense que j'ai assez avancé pour pouvoir publier la suite :) Il doit me rester quelques chapitres à écrire mais la suite est très bien avancée, ne vous inquiétez pas.
Disclaimer : Rien n'est à moi, excepté l'histoire.
Message : Je pense reprendre la publication tous les mercredis, donc mercredi prochain, publication du chapitre 5 !
Love is not for everyone
Chapitre 4 :
Il ne regarda pas autour de lui. La seule chose qui l'intéressait, c'était l'homme devant lui qui se trouvait encore à la porte. Quelques secondes passèrent pendant lesquelles la tension entre les deux hommes se sentait, ils se fixèrent, ne savant pas lequel des deux devait parler en premier. Gregory prit sur lui et se lança :
« Je m'excuse. »
« Je vous demande pardon ? »
« Je suis là pour m'excusez. Je vous dois des excuses, je le sais. Mon comportement était stupide, enfantin, tout ce que vous voudrez ! Je ne suis pas vraiment moi-même en ce moment, les gens autour de moi me donnent l'impression de leur faire pitié. Mes collègues sont aux petits soins avec moi, ils m'interdisent de revenir bosser, même si c'est seulement pour rester derrière mon bureau. Et je déteste ça. Je déteste vraiment ça… Mon boulot c'est la seule chose qui me sort de cette vie ennuyeuse. Donc vous n'avez rien fait de mal, tout est de ma faute. »
Mycroft avait fermé la porte depuis longtemps et s'était avancé vers son sofa pour s'y asseoir. Le DI l'avait suivi des yeux tout en continuant son monologue. Il le laissa parler, devinant qu'il avait surement besoin de se défouler pour être plus silencieux plus tard. Il n'aimait pas quand les gens s'épanchaient sur leur vie, sur leurs malheurs devant lui. C'était surement une des seules choses qu'il avait en commun avec Sherlock. Mais il laissa Lestrade faire. Il le laissa car cet homme était un des deux amis de son frère, car il était également son futur voisin et qu'il ne voulait pas qu'il y ait des quelconques tensions entre eux. Oh oui, il savait que le détective allait pour de bon emménager sur le même palier que lui. Son comportement actuel était égoïste. Il ne cachait pas que c'était un de ses défauts et il faisait avec. Il n'était qu'un homme après tout.
Il se reconcentra sur Lestrade qui continuait à parler en entrecoupant ses phrases de silences hésitants.
« J'ai compris. Vous pouvez arrêter votre monologue ici. »
Gregory leva les yeux vers lui et pencha légèrement sa tête en laissant échapper un léger sourire.
« Désolé. »
« Est-ce la seule chose pour laquelle vous êtes venu ? »
« Oui, c'est la raison principale, je suppose. »
Mycroft lui proposa d'une main de s'asseoir sur un canapé une place en face de lui. Ce qu'il accepta. Il en profita pour observer autour de lui et fut plutôt surpris. Il s'attendait à ce que l'appartement de Mycroft soit comme le Diogenes Club, c'est-à-dire dans les tons sombres, rouge et avec des meubles en bois, plus grands que l'homme qui occupait les lieux. Mais il avait eu faux sur toute la ligne. Le living room était plus que lumineux grâce aux fenêtres qui surplombaient la pièce. Cette dernière était toute aussi grande que celle de son nouvel appartement. La cuisine se trouvait à gauche de l'entrée derrière un long comptoir. La pièce était, d'après Gregory, parfaitement aménagée. La taille à elle seule était impressionnante. D'un côté, le sofa occupait une bonne partie de la longueur de la pièce, servant à séparer en deux la pièce. De chaque côté, un fauteuil simple pour compléter le sofa. Il se demanda si l'homme recevait assez de monde pour remplir toutes les places ou si c'était seulement une folie caractéristique des Holmes pour combler leurs caprices.
Juste en face, un home cinéma. Gregory n'en croyait pas ses yeux. Il savait que Mycroft était riche, il n'aurait pas dû être étonné mais voir un home cinéma l'excita comme un véritable enfant. Il remarqua le tissu blanc en haut du plafond qui attendait d'être tiré pour une soirée popcorn. Normalement, il les faisait devant son écran honteusement petit. Il se sentit ridicule pendant quelques secondes avant de se rappeler que la famille Holmes était hors du commun et très riche. L'écran télé en dessous était également gigantesque. Mycroft Holmes ne le savait pas mais il venait de se faire un nouvel ami. Greg se promit de venir pour essayer ce matériel dès qu'il le pourrait.
Juste à côté de lui, derrière le sofa, se trouvait une table moderne de forme ovale d'une propreté impeccable. A croire qu'elle n'avait jamais servie.
Il se retourna vers Mycroft alors que celui-ci le fixait toujours. L'homme était définitivement mystérieux.
« Je voulais également vous remercier pour l'appartement. Si vous voulez toujours de moi comme voisin, bien sûr. », ajouta-t-il après une hésitation.
« Je n'ai aucune raison de ne pas vous vouloir comme voisin. J'avoue que je m'y suis mal pris lors de notre repas, mais je ne pensais pas que vous alliez vous énerver de la sorte. »
« Ne m'obligez pas à répéter mes excuses, c'est assez embarrassant comme ça. »
Un sourire s'afficha sur le visage de Mycroft.
« D'ailleurs, je voulais vous demander, je compte m'installer dès maintenant et je souhaite vous dédommager pour l'aménagement des meubles. »
« C'est inutile, si je voulais encore plus d'argent, je demanderais un loyer plus élevé, je vous assure. »
Mycroft se leva en direction du comptoir pour se servir un verre de vin.
« Je vous sers un verre ? »
« Pourquoi pas. »
Gregory se leva pour rejoindre l'homme. Le silence était réellement bizarre. Les deux hommes ne se disaient absolument rien. Ils buvaient seulement, finissant leurs verres en étant dans leurs pensées. En réalité, le silence n'était pas réellement pesant, il était juste bien placé.
Enfin, c'était ce que pensait Mycroft en observant l'homme face à lui. Soyons honnête, il pensait beaucoup au DI depuis qu'il avait assisté à la dispute entre lui et sa femme le jour de la sortie de l'hôpital de l'homme. Il le trouvait intéressant. Pas seulement intéressant dans le sens où il voulait déduire la personne et s'éloigner d'elle dès la déduction finie. Il s'intéressait à lui, à la personne, au caractère qu'il avait. Il avait aimé le peu de temps passé avec lui depuis leur rencontre, quand il était allé à Scotland Yard pour lui demander de passer quelques affaires non résolues à Sherlock. À presque chaque rencontre, le DI faisait apparaître un nouveau trait de caractère. Il aimait quand il se montrait vulgaire face à son entourage pour exprimer ses pensées. Il aimait également quand il passait le voir à son bureau et qu'il le voyait au bout du rouleau, tellement épuisé qu'il ne lui parlait pas et qu'il sortait pour fumer. Comme s'il avait attendu sa venue pour aller prendre l'air et décompresser. Gregory était ce qu'il ne pouvait pas être de par sa position et son caractère.
Il ne comprenait pas vraiment pourquoi il pensait à lui de cette façon. Il avait déjà été en contact avec d'autres personnes pour sa carrière mais jamais il n'avait voulu connaitre autant quelqu'un. Pour lui, les relations étaient un champ de bataille. Il ne voulait même pas penser à ses relations passées tellement cela était ridicule.
« Je vais vous laisser maintenant, vous avez surement des choses à faire. »
« Oh. Bien sûr. » Il se leva pour raccompagner Gregory jusqu'à la porte et referma derrière lui après lui avoir souhaité de passer une bonne journée.
Il regarda son appartement vide et alla se diriger vers son sofa lorsque trois coups retentirent à sa porte. Gregory se trouvait sur le palier, se grattant le sommet de sa tête maladroitement.
« J'ai oublié de vous demander les clés. »
Mycroft soupira en levant les yeux au ciel. Décidemment, il était entouré d'incapables.
Il grimaça en enlevant son pansement au niveau de sa cuisse. La blessure était vraiment moche. En rentrant dans son nouvel appartement après avoir vu Mycroft Holmes, il avait décidé de s'occuper de ses blessures et avait remarqué que celle se trouvant sur sa cuisse était encore légèrement infectée. Il avait refusé de retourner à l'hôpital décidant que John était tout à fait capable de s'occuper de lui. Ce qui était vrai. Ce dernier avait donc rapidement jeté un coup d'œil à ses cicatrices hier. Mais maintenant qu'il était seul, il allait devoir s'en occuper lui-même. Ce n'était pas ce qu'il préférait mais tant pis, il n'avait pas le choix.
Il grimaça une seconde fois en désinfectant sa blessure. D'après John, cette dernière s'était légèrement infectée mais rien de bien grave. Les seules choses négatives étaient qu'à cause de cela, il souffrait dès qu'il marchait et qu'il boitait encore plus. Il finit de nettoyer la cicatrice et posa le coton imbibé d'un produit chimique sur la table basse devant lui. Il finit par faire un nouveau petit pansement. Il laissa échapper un souffle de douleur, attrapa son jogging à sa gauche et le remit. Il se dirigea vers la salle d'eau et s'arrêta devant son miroir pour observer ses deux autres cicatrices situées à l'épaule et à l'estomac.
Il les fixa longuement en soupirant et pinça ses lèvres. Elles étaient atroces, encore plus que celle qui se trouvait sur sa cuisse. Elles avaient un relief que Gregory trouvait énorme et repoussant. Leur couleur rosée était ce qui se détachait le plus sur sa peau pale.
Il tendit la main pour les toucher et les souvenirs de la prise d'otage remontèrent à la surface. La douleur qu'il avait ressentie, le visage du tueur, John qui appuyait sur sa blessure pour lui sauver la vie. Il avait déjà reçu des balles, évidemment, vu son métier. Mais les conséquences de ses anciennes blessures n'étaient pas les mêmes. A l'époque de sa première blessure, sa femme était là. John, Sherlock et Mycroft non. Il avait été traumatisé par ce qu'il avait vécu, un suivi psychologique avait même été obligatoire pendant quelques mois. Mais sa femme avait été présente tout le long de sa guérison et de sa carrière. Aujourd'hui, la fierté avait pris le dessus sur la peur.
Il ne l'avait avoué à personne, et surtout pas à John, mais il ressentait énormément de fierté de s'être trouvé en première ligne lors de l'arrestation. Il était fier car cela lui rappelait la raison pour laquelle il faisait ce métier de policier. Il était fier car, pour une fois dans sa vie, il était celui qui avait été en première ligne. Pas Sherlock. Pas John. Mais lui, Gregory Lestrade, Détective Inspecteur de Scotland Yard.
Il était honnête envers lui et se l'avouait dès qu'il le pouvait, il était jaloux. Jaloux des actions de John et Sherlock. Jaloux de la liberté qu'ils possédaient. Jaloux de leur façon de se sauver l'un l'autre dès qu'ils le pouvaient. Il regrettait sa jeunesse ainsi que ses premières années de travail. Mais aujourd'hui, tout était différent. Il pouvait avancer de lui-même. Il était divorcé, sans aucune attache. Il pouvait prendre des décisions sans rendre de compte. Il était libre autant que John et Sherlock. En plus de cette nouvelle liberté, il avait un tout nouvel appartement. Il secoua la tête en souriant, pensant qu'il avait fallu un divorce et une hospitalisation pour qu'il décide de repartir à zéro pour de bon.
Bon, il avait un voisin hors du commun mais il s'y habituerait. Il avait hâte de finir de ranger ses affaires.
Il finit de se préparer rapidement et se retrouva dans sa cuisine. Il sortit une poêle d'un carton non vidé posé par terre face à la gazinière. Il la posa sur cette dernière, alluma le feu et chercha l'huile rangée dans le meuble face à lui.
Tout en s'occupant de son déjeuner, il prit son téléphone posé sur le comptoir derrière lui, utilisa la numérotation rapide et le bloqua entre son oreille et son épaule.
« Donovan. »
« C'est moi. »
« Chef ! Comment allez-vous ? »
« Bien. Très bien même. J'appelle pour que vous ne soyez pas surpris de mon retour cet après-midi. »
Il remua la poêle de sa main droite et mélangea à l'aide d'une cuillère les légumes rajoutés plus tôt face à lui.
« Quoi ? »
« Je reviens cet après-midi. Je voulais juste que vous ne soyez pas surpris c'est tout. »
« Attendez, chef…Vous ne devriez pas revenir tout de sui…. »
« Ça suffit Sally ! » Il fit ressortir une voix grave pour faire entendre son autorité. « Je me sens très bien et si je décide de revenir travailler, je reviens. Une semaine d'avance sur mon retour ne fera aucune différence ! Tu n'as absolument rien à redire à ça. »
Pourquoi devait-il se justifier ? Et à quelqu'un de moins gradé que lui… Pas qu'il faisait vraiment attention au grade des personnes avec lesquelles il travaillait mais quelques fois, cela faisait du bien de se positionner en tant que chef.
Il n'entendit aucun bruit à l'autre bout de la ligne excepté :
« Bien. Je dois vous laisser, je vais rejoindre les autres. »
La tonalité se fit entendre d'un bruit sourd. Il éloigna le portable de son oreille et le fixa tout en secouant la tête négativement et raccrocha lui aussi.
Lorsqu'il arriva devant l'ascenseur, Gregory remarqua directement les regards se tourner vers lui. Il voyait déjà les ragots se former sur le bout des lèvres de ses collègues.
Il entra dans l'ascenseur, sélectionna sur le bouton correspondant à l'étage de son bureau et s'appuya contre le mur alors que la porte coulissante se ferma. Lorsque cette dernière se ré-ouvra, il avança, boitant légèrement mais toujours d'un pas décidé sans regarder autour de lui et alla dans son bureau comme si c'était un jour habituel.
Il posa son manteau sur le dossier de sa chaise et ressorti aussi vite pour affirmer que si quelqu'un avait à redire quelque chose sur son retour qu'il vienne face à lui pour lui en parler. Et il retourna s'asseoir à son bureau, retrouvant ses dossiers en cours et non finis à leur place habituelle, dans le coin gauche.
C'est au bout d'une demi-heure qu'il releva la tête quand une personne ouvrit la porte de son bureau.
« Donovan. »
« Chef. Vous êtes là depuis longtemps ? »
« Tu connais la réponse, je t'ai vu parler avec les autres. Vous n'êtes pas très discrets, si tu veux tout savoir… »
Il leva la tête et lui lança un regard indifférent. Donovan s'avança et referma la porte derrière elle.
« Ecoutez, patron, vous ne pouvez pas nous en vouloir pour ça. Nous sommes seulement inquiets de vous savoir de retour aussi tôt. »
« Dis-moi, Sally, tu n'as pas pris la responsabilité de finir les dossiers en cours ? », coupa Gregory.
« Si, bien sûr que je l'ai fait, pourquoi ? »
« Parce que je suis en train de rédiger un rapport sur un cambriolage d'il y a…presque deux mois et j'ai le dossier de la prise d'otage sur mon bureau. Tu peux m'expliquer pourquoi ? »
La femme fronça les sourcils alors que le DI lui tendit les dossiers.
« Je ne comprends pas…C'est Williams qui devait s'en charger. C'est lui qui était juste derrière vous lors de…enfin vous voyez… »
Lestrade fronça les sourcils.
« Oui, Donovan, je vois très bien. Allez lui donner ce rapport qu'il le finisse avant la fin de la journée. »
Il tendit le dossier à la femme qui le prit sans rien dire avant de sortir du bureau du DI.
Ce fut son téléphone professionnel qui le rappela à la réalité. Levant les yeux vers l'horloge murale, il découvrit surpris qu'il était dix-neuf heures trente. Il avait bossé trois heures sans interruption.
Il fit cesser la sonnerie dérangeante en décrochant :
« Que se passe-t-il, Donovan ? »
« Le taré est là. Avec le Docteur Watson. »
« Faite-le rentrer. »
Il ne corrigeait plus ses collègues sur la façon dont ils nommaient Sherlock. Cela l'énervait réellement mais il n'y avait absolument rien à faire. Ses collègues étaient plus qu'obtus quand ils parlaient du Détective Consultant. Il ne pouvait malheureusement pas changer leur vision concernant le génie.
D'ailleurs, ce dernier se tenait devant lui en compagnie de John. Les deux affichaient un sourire satisfait bien que celui qui s'affichait sur le visage de Sherlock était plus discret.
« On est ravis de te voir de retour, Greg. Comment t'ont accueilli tes collègues ? »
Phrase typique de John. Gregory pensa que ce dernier était souvent beaucoup trop naïf en ce qui concernait les gens qui l'entouraient. Il partagea d'ailleurs sa pensée avec lui.
« Tu vois le bien partout, John. Mes collègues ne m'ont pas accueilli les bras grands ouverts si tu veux tout savoir. Seulement Donovan m'a adressé la parole et ça concernait le boulot. Les autres n'ont fait que m'observer comme si j'avais quatre bras dès que j'ai franchi la porte d'entrée. Ridicule, si tu veux savoir mon avis. Du coup, je les ai évités. »
Pendant son discours moqueur, Sherlock et John s'étaient assis face à lui. Ce dernier fit une légère grimace.
« Tu ne devrais pas te comporter comme ça, Greg. Tu es leur chef rappelle-toi. »
« Et c'est pour cela que je me comporterais comme je le veux, John. Maintenant, dites-moi pourquoi vous êtes ici aussi tard. Je me doute que ce n'est pas pour prendre de mes nouvelles, n'est-ce pas ? » Il s'était tourné vers Sherlock en posant cette question. Ce dernier alla droit au but.
« Effectivement. Une cliente est venue nous voir en début d'après-midi et après quelques investigations, il se trouve que vous êtes en charge d'un dossier la concernant. On veut avoir accès au dossier de cette affaire et la suivre avec vous. »
« Quoi ? Quel est l'intérêt de venir vous voir alors qu'un dossier est déjà en cours ? » demanda le DI en secouant la tête.
« Des éléments nouveaux sont apparus ces derniers jours et cela inquiète notre cliente. Alors ? »
« Quel est le nom de cette femme ? »
Sherlock tourna la tête vers John.
« Hmmm…Sélène Patricks, son fils, Steven, a été agressé il y a un mois environ. »
« Ouais, je suis tombé sur ce dossier tout à l'heure. » Il fouilla sur les piles éparpillées qui se trouvaient sur son bureau. Avant d'en ouvrir un pour vérifier le nom du suspect. « Ouais, c'est celui-là. Pourquoi s'intéresser à une histoire pareille ? Y'a rien de plus commun dans tout ça… »
« M'ennuie. C'est l'affaire la plus intéressante depuis votre sauvetage héroïque. »
John lança un regard furieux à Sherlock en lui disant qu'il n'y avait rien d'héroïque dans le geste de leur ami. Il reçut un haussement d'épaule en réponse.
Gregory les observa en secouant légèrement la tête.
« Faites comme vous le voulez. Le dossier est là. »
Sherlock prit ce dernier et commença à le lire pour enregistrer toutes les informations données. Cela n'allait pas durer longtemps, il ne comportait que dix pages. Pendant ce temps, John observa le DI qui s'était levé tout en réorganisant les piles de dossiers devant lui.
« Comment allaient tes blessures ce matin ? » demanda John. Son visage prenant une expression professionnelle.
« Celle de la cuisse me fait mal, du coup je boite légèrement. Mais ça va. » Tout en répondant, il avait pris son manteau qui se trouvait sur le dossier de sa chaise. Il contourna son bureau et attrapa le dossier des mains de Sherlock. Outré, celui-ci le regarda les yeux grands ouverts.
« Mais… ! »
« Ça suffit, je t'ai vu relire plusieurs fois des pages. T'as tout ce dont t'as besoin, Sherlock. Maintenant va-t'en que je rentre chez moi. »
Sans faire de remarque sur le nouveau tutoiement envers lui, le Détective Consultant se leva, vexé, et s'en alla. John le suivit après avoir fait un signe de la main en direction de Gregory.
Il y avait encore du monde dans les bureaux malgré l'heure tardive. Gregory marcha entre ces derniers et arriva au niveau de la salle de repos. C'est là qu'il entendit son nom. Il s'arrêta, se colla au mur et se rapprocha de la porte, écoutant des brides de conversation
« Comment voulez-vous qu'il se comporte ? Vous l'avez bien vu aujourd'hui. Il est devenu désagréable et n'adresse la parole à personne. »
« Depuis qu'il est divorcé, il fait que tirer la gueule. »
« Maintenant que sa femme est partie, il n'a que le monstre et son chien. »
En entendant les propos de ses collègues, son visage se transforma en affichant toute la colère qu'il possédait en lui. Comme osaient-ils seulement parler de lui de cette façon ? Parler de Sherlock et John en utilisant des mots pareils ? Eux qu'il connaissait depuis plusieurs années déjà. Il s'avoua que son comportement aujourd'hui n'était pas le meilleur qu'il aurait pu avoir mais c'était seulement le premier jour de sa reprise, pour l'amour de Dieu ! Il voulait entrer, défoncer cette porte face à lui et leur dire les yeux dans les yeux ce qu'il pensait réellement, combien ce qu'il avait vécu avait été difficile. Mais il se retint de le faire quand il entendit une dernière phrase :
« Je comprends bien sa femme maintenant. Je ne voudrais surtout pas être avec une personne prête à sacrifier sa vie dès le premier petit meurtrier qui court dans les rues de Londres. »
Il secoua la tête, désespéré. Et ils se disaient policiers ? Les gens étaient tellement immatures, dès qu'ils avaient l'occasion de se retrouver pour parler derrière le dos de quelqu'un, ils le faisaient. Ces gens-là ne méritaient même pas qu'il prenne la peine de leur parler pour se défendre.
Il s'éloigna sans faire de bruit, déprimé par ce qu'il venait d'entendre. Ces gens étaient ses amis. Il avait évolué à leur côté au fil des ans pour finir Détective Inspecteur. Certains d'entre eux l'avaient même poussé pour qu'il le devienne alors que ce n'était pas son but principal quand il était entré à Scotland Yard.
Il alluma une cigarette dès qu'il dépassa la porte d'entrée de l'immeuble. Il se détestait pour avoir repris cette mauvaise habitude mais il avait recommencé naturellement. Il décida de ne pas attendre de taxi et s'avança dans la rue. Marcher seul pour rentrer lui offrit un repos et une détente qu'il n'avait pas eue depuis longtemps. Il en profita pour observer ce qui se trouvait autour de lui et les gens qui marchaient. Il adorait Londres. Il savait que certaines anciennes connaissances avaient déménagé car elles trouvaient la ville trop chère et trop vivante. Mais comment pouvait-on trouver Londres trop vivante ? C'était une capitale célèbre et surtout, c'était chez lui. Et il ne partirait jamais très loin de chez lui. Il sourit légèrement à cette pensée. Il était heureux, vivant, et vivre dans un nouvel appartement lui faisait découvrir un autre côté de Londres.
Il arriva à l'angle d'une rue près de chez lui quand il vit un restaurant chinois. Il décida de s'arrêter rapidement pour commander à emporter. Il était plutôt mauvais cuisinier alors s'il avait l'occasion et le temps de s'arrêter pour manger, il en profitait dès qu'il le pouvait.
Il rentra chez lui plus détendu qu'il n'était en sortant du travail. Son sac de commande à la main, il composa le code que son propriétaire lui avait confié et monta jusqu'à son palier. Il chercha ses clés rapidement dans ses poches et ouvrit sa porte. Alors qu'il allait la refermer, il s'arrêta deux secondes et observa la porte face à lui. Il voulait aller sonner. Il voulait de la compagnie. Il avait cette pulsion qu'il avait quand il était jeune et qu'il voulait se rapprocher d'une personne pour faire connaissance avec elle. Il eut un spasme dans sa main droite mais la retint et ferma sa porte.
Après sa douche, il fit réchauffer sa commande et s'installa confortablement au fond de son canapé. Il attrapa sa télécommande et alluma sa télé pour mettre un film au hasard. Il commença à manger en suivant le film puis s'arrêta de manger après une bouchée et se leva en direction de sa porte. Après tout, que risquait-il ? Un non de la part de Holmes ? S'il répond, évidemment. Il s'arrêta dans son geste quelques secondes : Allait-il vraiment faire un geste envers l'homme et aller lui demander son amitié ? Il le voulait vraiment, et puis ça le sortira de sa routine depuis quelques semaines. Il souffla fortement et traversa le couloir pour sonner à la porte de son voisin.
« On dirait une gamine, sérieusement. »
La question de savoir ce qu'il foutait ici traversa son esprit. Il se retourna quand la porte s'ouvrit.
« Lestrade ? Que faites-vous là ? »
Il se retourna vivement et fixa l'homme devant lui. Gregory se retint de rigoler. L'homme venait très certainement de sortir de sa douche et portait un pyjama très classe, trop classe. Même chez lui, il avait l'impression que Holmes ne se mettait pas à l'aise contrairement à lui qui traînait en survêtement dès qu'il se trouvait chez lui.
« Et bien…je voulais savoir si… Hum… je voulais savoir si vous voudriez manger avec moi ce soir. Vous savez, pour parler et…manger. »
Gregory se maudit intérieurement. Voilà qu'il se faisait passer pour le plus simplet des hommes auprès du Gouvernement Britannique.
« Bien, Gregory. Tu voulais de la compagnie, hein ? Après cette phrase, tu n'auras plus jamais l'occasion de lui proposer la moindre chose… »
Il se reprit avec plus d'assurance.
« J'ai commandé chinois ce soir mais j'en ai un peu trop. Et puis, un peu de compagnie ne me ferais pas de mal je pense. J'ai vraiment passé une journée pourrie et vous êtes la seule personne à qui je peux proposer ça. »
Mycroft regarda l'homme devant lui avec un sentiment d'appréciation. Un peu de compagnie ne lui ferait pas de mal. Et puis il n'avait rien prévu pour le dîner.
« Je vais me changer et je viens. »
« Vraiment ? Je pensais que j'allais me faire jeter. », avoua Gregory avec soulagement. Il se redirigea vers sa porte et fit un geste de la main à Mycroft.
« Pas la peine de vous changer, je suis certain que vous seriez capable de revenir en costard cravate. »
« Est-ce que vous avez un problème avec les costumes, Détective ? », demande Mycroft tout en suivant son voisin.
« Non, mais bon… Vous êtes plutôt coincé. Juste…regardez votre pyjama et comparez avec le mien. »
Gregory se moquait clairement de Mycroft. Et ce dernier ne fit rien à part comparer, comme lui avait conseillé Greg. Un sourire émergea sur ses lèvres alors qu'il s'installa sur le sofa. Greg lui mit entre les mains son repas et s'installa par terre face à lui pour manger sur la table basse.
Lorsqu'ils eurent fini de manger, Greg et Mycroft continuèrent de parler de leurs boulots respectifs quand Mycroft décida de changer de sujet aussi brusquement que Gregory était venu sonner à sa porte.
« Pourquoi avez-vous divorcé ? »
« Quoi ? »
« Je suis curieux, je m'excuse, mais c'est quelque chose que je ne comprends pas… Mes parents sont mariés depuis plus de quarante ans et jamais l'idée de divorcer ne leur a traversé l'esprit. Alors, je suis curieux de savoir pourquoi vous avez décidé cela. »
Gregory étouffa un rire et sourit à Mycroft.
« Vous me demandez vraiment ça ? Vous étiez pourtant là lors de sa visite à l'hôpital non ? Elle est plutôt détestable. Maintenant que je me suis éloigné d'elle, je m'en rends encore plus compte. »
« Oui, mais vous étiez déjà avec elle quand nous nous sommes rencontrés. Vous ne vouliez pas avoir, je sais pas, des enfants, un endroit à vous, vous savez, être propriétaire, ce genre de choses. »
Gregory soupira.
« Les frères Holmes ne connaissent rien aux relations sociales. »
Il vit Mycroft ouvrir la bouche mais le policier lui coupa la parole.
« Oui, même vous. Malgré ce que vous m'avez dit la dernière fois, vous ne savez absolument rien concernant les couples… Ma femme me trompait. Je le savais depuis quelque temps déjà et malgré ça, je restais avec elle. Vous savez pourquoi ? Parce que je voulais que notre relation s'arrange. Mais malheureusement, ça n'a pas marché. Elle savait que le boulot passait avant tout le reste pour moi mais au bout de quelques années, elle a changé de comportement. »
Il voyait que Mycroft l'écoutait avec attention. Il ne savait pas que son voisin était autant intéressé par sa vie personnelle.
« Et à cause de nos comportements respectifs, ça n'a pas marché sur le long terme… »
Il baissa les yeux, jouant avec la cuillère de sa tasse de thé.
« Je ne voulais pas de gosses », se confia Gregory. « Elle oui. Je pense que c'est quand on a commencé à en parler qu'elle s'est détachée de moi et qu'elle ne m'a plus vu entouré d'un halo de lumière. »
Loin de se sentir mal à l'aise, Mycroft parla :
« Cela n'explique pas pourquoi vous, vous avez accepté de divorcer. »
« On ne peut pas vivre avec quelqu'un qu'on commence à détester, tout simplement. Si on est en couple, c'est pour donner de l'amour et partager des moments de bonheur. Je ne pouvais pas faire cela avec elle. Chaque fois qu'on se croisait, une dispute éclatait. C'était pathétique et épuisant. »
« Je vois. »
« Bien ! Reprenons sur un sujet plus joyeux. Est-ce que vous saviez que John et Sherlock sont passés me voir au bureau tout à l'heure ? J'ai reçu un message de John avant de venir vous voir, et il parait que Sherlock voulait passer me voir pour savoir comment j'allais. »
Mycroft s'autorisa un rire assez sonore avant de prendre une gorgée de thé.
« Intéressant. »
« N'est-ce pas ? Je savais qu'il m'aimait bien. »
La soirée continua dans une atmosphère très agréable que Greg apprécia énormément. Il se félicita d'avoir eu la bonne idée d'aller sonner chez son voisin. Finalement, ce dernier n'était pas une mauvaise compagnie bien au contraire.
C'est Mycroft qui mit fin à la soirée lorsqu'il découvrit qu'il était un peu plus d'une heure de matin. Il se dirigea vers la sortie tout en remerciant chaleureusement Gregory de son invitation.
« Cela faisait longtemps que je n'avais pas eu quelqu'un avec qui parler de cette façon. Je suis très content que vous m'ayez invité, Gregory. La prochaine fois, c'est moi qui invite. »
« Est-ce qu'il sera possible de regarder un film dans votre salon ? », demanda Greg après s'être souvenu de l'installation coûteuse se trouvant chez Mycroft.
« On verra cela. », répondit ce dernier en voyant bien que l'homme face à lui était plus qu'excité à l'idée d'utiliser son salon comme salle de cinéma.
Voilà pour ce chapitre 4 tant attendu ! Gregory sort enfin de sa petite dépression et a un petit dîner tranquille avec Mycroft. C'est vraiment marrant d'imaginer tous les dialogues possibles entre eux.
Les choses commencent réellement à bouger dans le prochain chapitre alors j'ai hâte de vous retrouver la semaine prochaine. Je répondrais à toutes les reviews envoyées donc n'hésitez pas :D
A mercredi prochain !
