Voilà le sixième chapitre ! Avec quelques heures de retard mais ici quand même ! J'attends vos réactions :D

Merci aux personnes qui m'ont laissé des reviews !

Disclaimer : Rien n'est à moi, excepté l'histoire.

Message : /!\ Attention ! Dans ce chapitre se trouve une description qui pourrait choquer des personnes très sensibles /!\


Love is not for everyone

Chapitre 6 :

Une journée habituelle pour Mycroft Holmes commençait généralement entre six et sept heures du matin. Bien que ses journées ne se déroulaient jamais de la même façon, l'homme avait ses habitudes bien à lui. Il dormait entre quatre et cinq heures chaque nuit, se levait et déjeunait toujours la même chose : un thé avec un fruit. Il se devait de suivre son régime. Il allait ensuite se doucher et s'habiller avec un de ses costumes fait sur mesure. Ce matin ne changeait donc pas des autres matins. Quand il fut prêt, il téléphona à Anthea pour qu'elle vienne le chercher.

Arrivé à son bureau, il prit un second thé qu'il eut à peine le temps de terminer alors que ses réunions quotidiennes concernant les problèmes internationaux habituels commençaient.

A seize heures tapantes, comme chaque jour, Anthea venait à son bureau pour faire un débriefing sur la surveillance de Sherlock et John.

Mycroft aimait quand rien ne venait déranger ses journées de travail. Evidemment, il y avait des différents problèmes politiques qui survenaient à toute heure de la journée mais cela faisait partie de son travail.

Il aimait rentrer chez lui vers deux heures du matin. Il aimait savoir qu'il n'avait aucune accroche pour l'empêcher de vivre à sa vie et l'organiser comme il l'entendait. Le peu de relation qu'il a eu dans son passé ne lui avait pas laissé la liberté qu'il attendait.

Cependant quelque chose commençait à le déranger. Il s'ennuyait. Voir John et son frère finir ensemble après toutes les aventures qu'ils avaient traversé l'avait fait croire à l'impossible. Comment aurait-il pu savoir que John allait rester avec Sherlock et vice versa ?

Depuis quelque temps, il osait se dire que si Sherlock avait trouvé la personne qui lui correspondait, peut-être qu'il y en avait une pour lui également. Ce serait étonnant de voir une nouvelle personne débarquer dans sa vie et changer son quotidien. Son inconscient fit apparaître le nom de Gregory Lestrade. Il était curieux de voir comment il allait gérer cela.


« Monsieur, un autre meurtre a été commis. Votre frère et John sont sur les lieux du crime. De même que le Détective Inspecteur Lestrade. »

Mycroft leva les yeux des documents qu'il lisait. Il s'était intéressé dès le départ à cette affaire des torturés. Savoir qu'un homme se promenait en liberté dans Londres en tuant des civils pour une raison quelconque le dérangeait énormément. Cela le rendait également très curieux. Avant de lire le dossier qu'il tenait entre ses mains, il pensait que la police avait affaire à une personne ayant un problème mental mais en voyant les photos des corps, l'idée avait été éliminée directement. Pour récolter plus de données, il avait donc décidé de se joindre secrètement à l'enquête.

« Bien. Prépare la voiture, on va les rejoindre. » Il se leva et suivit Anthea à l'extérieur du bâtiment.


Mycroft arriva sur les lieux du crime avec la discrétion qu'il lui était habituelle, c'est-à-dire que toutes les personnes présentes le remarquèrent dès la sortie de sa voiture.

Il s'avança vers son frère, accroupi à côté du corps, qui était entouré de John, Gregory et du Sergent Donovan. Arrivé à leur hauteur, il salua les trois hommes en hochant la tête.

« Sherlock. John. Gregory. »

Seul Gregory répondit.

« Mycroft. »

Sherlock se releva et regarda son frère avec suspicion :

« Depuis quand viens-tu sur les lieux d'un crime ? »

Mycroft n'eut pas le temps de répondre alors que Donovan lança :

« Depuis quand vous appelez celui-là par son prénom ? »

Le petit groupe se retourna vers elle alors qu'elle semblait attendre une réponse de son chef. Celui-ci haussa les épaules, indifférent :

« Nous sommes amis. » Gregory attendit que tout le monde les ait oubliés pour demander à Mycroft :

« N'est-ce pas ? »

« Eh bien, oui…je suppose. »

Sherlock oublia quelques secondes le corps devant lui pour charrier son frère :

« Tu as un ami, maintenant ? »

John ne le laissa pas aller plus loin, de peur que ça dégénère :

« C'est à peu près ce que t'a dit Donovan lors de notre première affaire, tu te souviens ? »

Sherlock lança un regard noir à John mais ce dernier n'en tint pas compte.

« Dis-nous plutôt ce que tu sais de la victime. »

Sherlock fixa encore John puit se mit à parler :

« Femme, dans la quarantaine. Elle est infirmière dans un service hospitalier pour enfant ou dans un centre spécialisé pour enfants : elle porte son uniforme d'infirmière et regardez le badge sur lequel son nom est inscrit, il y a un ourson juste à côté. »

Il se dirigea de l'autre côté du corps de la victime de façon à ce que les personnes présentes puissent avoir vue sur celui-ci et s'accroupit pour conduire ses futures déductions avec ses gestes :

« Elle a été torturée. Ce qui rappelle notre victime du mois dernier. Il semblerait que le coupable ait passé moins de temps avec elle, peut-être qu'il a eu ce qu'il voulait ou qu'il est devenu impatient. Elle a des coupures sur les deux bras, sur le visage et ses cuisses. C'est assez profond donc l'arme blanche utilisée doit avoir une lame plutôt longue et vraiment très aiguisée, surement un couteau de chasse. Le coupable a dû passer du temps à préparer ses outils. Mais je doute qu'on trouve quoi que ce soit sur les lieux du crime. Aussi, tous ses doigts sont cassés, sans exceptions, et ils l'ont été phalanges par phalanges. »

Sherlock se releva en finissant :

« Elle a peut-être été violée, il faudrait vérifier, cependant je penche plus pour le non. La cause de la mort est une balle en pleine tête à bout portant comme vous pouvez le voir sur son front où un trou y trouve sa place. »

« Il s'agit du même homme, c'est sûr. », en conclut Gregory. « Il n'y a aucune trace du coupable, rien. Et puis cette torture…ça fait longtemps que je n'avais pas vu une chose pareille. Il arrive à laisser ses victimes sans que personne ne le voit. Je ne sais pas comment il fait… Si ça se trouve, il a des complices. »

Sherlock secoua négativement sa tête.

« Non, pas de complices. Il agit seul, c'est sûr et certain. Les blessures laissées sur les trois corps sont exactement faites de la même manière : les victimes étaient assises lors de leur torture et sa façon de les laisser, de les abandonner dans la rue montre que c'est personnel. Il veut qu'on trouve ses victimes. Il veut qu'on voit le résultat de sa vengeance. »

Gregory releva la tête d'un seul coup.

« Attends, tu as bien dit trois corps ? » Il se tourna vers Sally. « Comment se fait-il que personne ne m'ait appelé ? »

Cette dernière haussa les épaules :

« Vous étiez en période de rétablissement. »

Le DI rentra sa tête dans ses épaules sous la colère :

« Et personne n'a cru bon de me prévenir qu'un premier corps avait été trouvé quand je suis arrivé sur les lieux du crime, il y a un mois ? Je n'ai même pas eu de dossier sur ce meurtre. Je vous pensais plus responsable que ça, vous n'avez pas fait le lien avec la deuxième victime qui a été torturée à mort ? » Gregory insista sur les trois derniers mots et empêcha sa collègue de parler en levant une main. A la place, il se tourna vers Sherlock et lui demanda :

« Qui était cette première victime ? »

« Un sans-abri. Je pense qu'il a été utilisé en tant que sujet zéro. »

« Sujet zéro ? », fit une voix qui se rapprochait dangereusement du groupe qui entourait le corps de la victime.

« Oui, Anderson. Sujet zéro, entrainement, premier essai. Ça ne vous dit rien ? C'est vous le légiste, vous avez déjà dû voir ça, non ? »

Anderson le regarda inexpressif. Mycroft, qui était resté appuyé sur son parapluie depuis qu'il était arrivé, avait observé le terrain et le DI qui se trouvait dans son élément. En voyant son frère s'énerver après le légiste, il décida de s'amuser un peu et répondit à la place de son frère :

« Un sujet zéro est une personne sur laquelle on fait des expériences afin d'améliorer le résultat qu'on veut obtenir. Evidemment, on peut utiliser autre chose qu'une personne, cela dépend du sujet de notre expérience. »

En entendant la voix de Mycroft, Gregory eut un léger sursaut. Il avait oublié sa présence. Mycroft continua, ne paraissant pas déstabiliser par le mouvement du DI.

« Arrêtez d'énerver mon frère avec votre stupide attitude. Son cerveau pourrait devenir inapte à force d'être obligé de vous côtoyer. Vraiment, je ne sais pas comment vous avez pu finir médecin légiste. », finit-il sans que l'homme visé ne l'entende.

L'homme d'affaire se tourna sans attendre vers les personnes qui se trouvaient derrière lui :

« John, Sherlock. On se voit bientôt. »

Ce dernier le regarda curieusement tout en plissant les yeux. Mais il ne dit rien. Mycroft chercha des yeux Gregory qui s'était déplacé un peu plus loin suite à l'appel d'un des officiers sous ses ordres et haussa la voix quand il le vit :

« Au plaisir, Gregory. » Ce dernier lui répondit par un léger signe de la main.


Un dossier d'une épaisseur plutôt importante dans les mains, Mycroft soupira alors qu'il finit de le lire pour la cinquième fois. Plusieurs autres dossiers étaient posés devant lui. Il venait de déterrer un énorme problème. Il posa le dossier sur son bureau et soupira une seconde fois. Son regard accrocha l'horloge qui indiqua une heure du matin. Il était épuisé. Il avait passé la journée à lire des dossiers qui se trouvaient être classés secret depuis des années pour finir par trouver un élément plus que perturbant.

Dès qu'il était rentré de la scène de crime, un mot que Sherlock avait dit était resté dans son esprit : « vengeance ».

Il avait clairement besoin de dormir. Il se leva, prit les documents pour les ranger dans sa pochette et rentra chez lui.


Le lendemain matin en sortant de chez lui, Mycroft croisa Gregory et en profita pour l'inviter chez lui boire un verre le soir même. Il remarqua une légère réticence chez Gregory mais celui-ci accepta tout de même avec un sourire.

Il profita de la programmation de ce rendez-vous avec son voisin pour annuler une réunion en fin d'après-midi qu'il savait d'avance longue de plusieurs heures et se replongea dans les dossiers qu'il avait lu la veille. La journée passa très lentement. Anthea avait été au service de l'homme toute la journée en lui apportant encore plus de dossiers et en l'aidant à organiser son bureau. Vers dix-sept heures, Mycroft se tourna vers sa secrétaire qui écrivait un message sur son téléphone portable pour lui demander d'aller préparer la voiture.

« Où va-t-on ? »

« J'ai besoin d'aller voir Sherlock. », répondit vaguement l'homme en commençant à se préparer pour partir.


Ce fut un Sherlock allongé sur son canapé et fixant le plafond qui l'accueillit. Son frère aimait réellement se faire désirer. Il trouverait presque cela mignon mais Sherlock était tout sauf cela. Il se demanda pendant une seconde comment était la relation du Docteur Watson avec sa sœur. D'après Sherlock, ces deux-là ne s'entendaient absolument pas. Son regard passa de droite à gauche et vit que l'endroit était rangé : il allait devoir mettre un peu d'argent sur le compte du Docteur pour s'occuper de l'appartement de cette façon.

Il finit par déposer ses yeux sur Sherlock.

« Je vois que tu t'ennuies toujours autant quand John est au travail. Tu es resté allongé toute la journée ? »

Sherlock ne répondit pas, il avait l'habitude des salutations de son frère.

« J'ai besoin de toi, Sherlock. »

Ce dernier se redressa, soudainement intéressé. Il n'avait pas l'habitude que son frère soit aussi direct.

« Ça m'étonnait que tu passes seulement pour voir comment j'allais. »

« Où en est l'affaire des torturés ? », demanda Mycroft en ignorant son frère.

« Pourquoi cette affaire t'intéresse-t-elle ? Je suis certain qu'il n'y a aucun rapport avec la politique. Les victimes étaient des civils tout à fait normaux. »

Mycroft haussa les épaules et fixa son frère.

« Simple curiosité. Alors ? »

Avant de répondre, le plus jeune le regarda dubitatif :

« Les victimes n'ont aucun lien entre elles et le sans-abri n'est pas un sujet zéro, les blessures étaient trop parfaites. Le coupable n'a laissé aucune empreinte d'après Lestrade et il est clair qu'il s'agit d'un spé…Oh, je vois ! C'est pas l'affaire qui t'intéresse mais le Détective Inspecteur qui en a la charge. Tu deviens sentimental, Mycroft. C'est rare. »

« Je ne suis pas insensible, Sherlock. D'ailleurs, je m'inquiète constamment pour toi, tu le sais. »

Il s'assit sur un des fauteuils en face de son frère.

« Mais le Détective Lestrade n'a rien à faire ici. Continue de parler de l'affaire. »

« Mmmh… Donc, je suis allé à Scotland Yard ce matin et j'ai parlé à Lestrade. On est allé voir Molly pour qu'elle nous montre les corps mais ça n'a pas vraiment fait ressortir des éléments importants. Aussi, Lestrade me cache un élément essentiel de l'enquête, je ne sais pas quoi mais d'après son comportement, je pense que c'est plutôt important. »

Après cette phrase, le cerveau de Mycroft tourna à toute vitesse. Devait-il mettre son frère dans la confidence ? Il ne voulait pas qu'il soit en danger mais, si ce qu'il avait dit était vrai, Gregory n'allait rien dire à personne et cela pourrait gravement empirer la situation.

« Mycroft. Que se passe-t-il ? »

L'ainé leva les yeux, et sortit les documents qu'il avait sur lui depuis vingt-quatre heures, incertain de sa décision.

« Si je te mets dans la confidence, Sherlock, tu ne dois pas révéler ce que je vais te dire. Ça pourrait mettre en danger Gregory. Surtout que je ne suis absolument pas sûr de ce que j'ai trouvé. »


Mycroft laissa Sherlock une heure plus tard. Ce dernier avait accepté son affaire sans condition en voyant les dossiers. Il espérait que son frère puisse l'aider. S'il ne s'était pas trompé, il aurait de ses nouvelles dans la prochaine matinée. Et il savait qu'en lui laissant l'affaire, il pourrait maintenant s'occuper d'un point qui le préoccupait depuis quelque temps.

Il rentra directement chez lui pour se préparer pour la soirée. Il se doucha, se mit à l'aise tout en restant correct et se dirigea directement vers la cuisine pour préparer les boissons et quelques apéritifs. Il prit les verres ainsi que la bouteille de vin qu'il avait choisi et les posa sur la table basse en face du canapé. La table basse dégageait plus un sentiment de confort contrairement à la table principale qui était vraiment trop grande pour seulement deux personnes.

Mycroft repensa à ces derniers jours durant lesquels Gregory avait été présent dans son esprit. Cet homme l'intriguait réellement. Pas que cela le contrariait, il se sentait plutôt attiré par l'homme. Lorsque Gregory l'avait invité chez lui, quelques jours plus tôt, il avait été assez naturel pour qu'il y repense plusieurs fois depuis. Et son idée de trouver une personne comme Sherlock l'avait fait en rencontrant John avait pointé le bout de son nez petit à petit en associant Gregory à elle.

Les côtés positifs étaient nombreux alors qu'il pensait au DI. Premièrement, il était vraiment à l'aise avec l'homme. Gregory savait à quoi s'attendre de la famille Holmes. Même s'il était un ami de Sherlock, il restait patient peu importe le moment. Son côté sarcastique était également un plus pour lui. Il savait que beaucoup de personnes ignoraient comment lui parler ou même lui adresser la parole tout court. Mais dès leur première rencontre, Mycroft avait apprécié parler avec Gregory. Ce dernier avait du répondant et il aimait cela.

On toqua à la porte alors qu'il venait de déposer les apéritifs. Il alla ouvrir la porte et découvrit Gregory sur le pas de la porte. Il se décala pour le laisser passer et lui indiqua le canapé.

« Bonne journée ? », demanda Mycroft en le rejoignant sur le divan.

Gregory haussa les épaules.

« J'ai travaillé sur l'affaire des torturés toute la journée mais ça ne donne rien. On a pu apprendre l'identité des deux dernières victimes mais la première reste inconnue. », répondit Gregory en détournant le regard.

« Je vois. Eh bien, oublions cette affaire pour ce soir. »

Un hochement de tête lui répondit. Mycroft lui servit un verre de vin qu'il accepta avec plaisir. Un silence inconfortable se plaça entre eux tandis qu'ils burent leur première gorgée. C'était évident que cela arriverait, pensa Gregory. Ce n'est pas comme s'ils avaient énormément de choses à se dire en dehors du travail.

« Désolé. », s'excusa Gregory. « Je ne suis pas vraiment de bonne compagnie. Je veux dire…hum…je ne vois pas vraiment de quoi on pourrait parler à part parler du travail… »

Une pensée vint contredire Gregory quand il pensa à la précédente soirée passée avec Mycroft. Le dialogue s'était fait plutôt facilement.

« Je comprends. Ce n'est pas comme si on se connaissait réellement en dehors du travail, n'est-ce pas ? »

« Oui », approuva Gregory.

« Pourtant je ne suis pas contre l'idée de te connaitre un peu plus personnellement. C'est pour ça que je t'ai invité ce soir. »

Gregory lui sourit, gêné et reprit une gorgée de vin avant de poser le verre sur la table.

« Je ne suis pas encore habitué au tutoiement. C'est bizarre de se dire que j'ai l'autorisation de tutoyer le gouvernement britannique. »

« Tu ne devrais pas penser comme ça. Surtout si nos rendez-vous deviennent plus réguliers. »

Mycroft vit l'homme en face de lui avaler de travers en entendant sa phrase.

« Rendez-vous ? Je ne sais pas si c'est vraiment le bon mot. », rigola Gregory.

« Qu'y a-t-il de mal à les appeler comme ça ? Ce n'est pas comme si tout était tracé rien qu'à l'utilisation de ce terme. »

Gregory lança un regard suspect à Mycroft. Qu'entendait ce dernier par cette phrase ? Il le quitta des yeux pour rapidement revenir vers lui. Il décida de changer de sujet, de peur de ce qu'il allait résulter.

« J'ai vu Sherlock aujourd'hui. »

« Vraiment Gregory ? », commença Mycroft en posant son verre sur la table basse. « Le changement de sujet est assez brut. Est-ce que ça t'effraie tant que ça ? »

« Je ne vois pas de quoi tu parles… »

« Peut-être que c'est moi qui suis trop direct. »

Les deux hommes se fixèrent puis Mycroft soupira. Il se rapprocha de Gregory sans avoir à le toucher pour ne pas trop le perturber. Il vit l'homme en face de lui baisser les yeux vers leurs jambes à seulement quelques centimètres l'une de l'autre puis relever les yeux vers lui.

« Il y a un certain point qui me dérange depuis quelques jours, Gregory. Je ne voulais pas en parler mais je ne veux pas regretter mon silence. »

« C'est quelque chose d'important ? », demanda innocemment le DI.

« Tu sais très bien de quoi je parle. »

« N…non, vraiment je ne vois pas. »

« Je veux vraiment avoir des rendez-vous avec toi Gregory. Je veux te voir en dehors du travail, apprendre à te connaitre et passer des soirées tranquilles avec toi comme celle de la dernière fois. »

Il arrêta de parler quand il vit Gregory le regarder les yeux grands ouverts.

« Quelque chose ne va pas ? »

« Est-ce que…t'es sérieux ? »

« Tu crois réellement que je dirais ça pour te faire une blague ? Je suis plus que sérieux. »

Mycroft regarda Gregory se lever et commencer à marcher derrière le sofa. Il avait la bouche ouverte et semblait réfléchir en se grattant le sommet du crâne. Il s'arrêta et tourna sa tête vers le propriétaire des lieux.

« Tu es vraiment trop direct, tu le sais ? »

« Je veux juste être honnête avec toi, c'est tout. Je sais que tu viens de divorcer mais ça ne m'empêche pas de te dire que je suis curieux de te connaitre. J'ai le droit de tenter ma chance. »

« Eh bien, oui je suppose. »

Gregory retourna s'asseoir à sa place tout en laissant un espace entre Mycroft et lui.

« Je ne suis pas gay. »

« Je sais. »

« Bien. Alors on va laisser cette discussion de côté et on va parler d'autres choses. Je suis désolé mais je n'ai vraiment pas la tête à ça en ce moment. »

Mycroft hocha doucement la tête et se retourna vers son écran télé pour l'allumer. Il savait que Gregory allait éviter de lui répondre directement. Il l'avait su dès le départ. Mais il avait voulu lui avouer son attirance malgré tout. Il était patient mais pas au point de croiser tous les jours la personne qu'il voulait le plus parmi toutes celles autour de lui. Il joua avec la télécommande dans ses mains jusqu'à tomber sur une rediffusion d'un film qu'il avait vu quelques années plus tôt. Il augmenta le son et resta silencieux jusqu'à ce que Greg, mal à l'aise, posa la main sur son épaule.

« Mycroft, je suis vraiment désolé. Je ne voulais pas qu'il y ait de malaise entre nous. »

« Moi également. C'est pour cela que j'ai décidé de t'avouer mon attirance envers toi. Je ne voulais pas t'inviter pour d'autres soirées sans que tu ne sois au courant de mes intentions. »

Gregory se redressa en entendant la fin de la phrase.

« Tes intentions ? Comment ça, tes intentions ? »

Alors que son visage montrait à quel point il était sérieux, Mycroft répondit :

« Je veux que tu deviennes ma personne, Gregory. Comme John est la personne de Sherlock. Et j'y arriverais. »


John était épuisé. Sa journée ne pouvait pas être plus stressante et épuisante qu'en ce moment. Après une arrivée tardive à son travail à cause d'une course poursuite à travers Londres, une flopée de patients inintéressants et une absence de réponses de la part de Sherlock, John rentrait chez lui avec une humeur maussade.

Sa veste jetée sur le porte manteau, il se dirigea directement sous la douche après avoir confirmé l'absence de Sherlock dans l'appartement. Trente minutes après, il se retrouva assis sur son fauteuil, une tasse de thé à la main. Il passa le reste de sa soirée à traîner sur le canapé puis s'endormit sans s'en rendre compte.

Ce fut le bruit d'un claquement de porte qui le réveilla en sursaut. Il se leva en moins d'une seconde et tourna la tête vers l'entrée. Sherlock s'y trouvait. Appuyé sur la poignée de la porte fermée, les vêtements froissés, ce dernier avait les yeux grands ouverts et soufflait comme s'il venait de finir un marathon.

« Sherlock ! Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »

Ce dernier baissa les yeux vers John mais ne répondit pas, toujours figé.

John prit les devants et amena de force l'homme à la cuisine qui le suivit sans discuter. Il traîna bruyamment une chaise en face de celle de son partenaire et s'assit. Ses yeux parcoururent la silhouette du brun et furent attirés par une tâche rouge à la hauteur de l'épaule gauche.

« On t'a tiré dessus ? Qui c'était ? »

Sherlock prit une inspiration et reprit ses esprits.

« Je crois que je viens de faire la plus grande découverte du siècle. »

« De quoi est-ce que tu parles ? Je me fous de ta découverte, Sherlock. Tu es blessé. »

« Oh, oui. Une égratignure. Ce n'est rien, le tireur m'a loupé. », répondit le brun en haussant les épaules.

« Pourquoi tu ne m'as appelé ? J'aurais pu venir avec toi. », dit John tandis qu'il enlevait la chemise de son amant pour vérifier la blessure. Il s'agissait d'une blessure peu profonde mais qui devait tout de même être soignée et désinfectée. Il se leva pour aller chercher sa trousse de secours et quand il revint, Sherlock marchait déjà de long en large, tapotant ses doigts entre eux.

« Assis. », ordonna John.

Sherlock suivit l'ordre ne voulant pas être plus dérangé dans ses pensées. Mais John ne s'arrêta pas là.

« Alors, tu vas me dire où tu étais ? Je me suis inquiété toute la foutue journée pour toi. »

« Affaire pour Mycroft. »

« Mycroft hein ? Et ça concernait… »

« Une affaire pour Mycroft. », répondit Sherlock, les yeux toujours dans le vague.

« Je vois… »

« Aïe ! »

John venait d'appuyer d'un coup sec sur sa blessure pour poser le pansement et avait levé les yeux sur son visage.

« Je ne peux pas te le dire, John. »

« Tu ne peux pas ? », s'indigna le médecin. « Je peux avoir la raison ? Mycroft venant nous voir pour une affaire c'est pas nouveau. »

« Mycroft me l'a demandé. »

John se leva, en colère.

« Depuis quand est-ce que tu écoutes ton frère, Sherlock. »

« Est-ce qu'on va vraiment se disputer à cause de Mycroft ? Oh, et si tu pouvais arrêter d'insister sur mon prénom, je sais que tu t'adresses à moi. On est les seuls présents ici. »

Ce fut un John furieux qui quitta la pièce. Le couple ne se disputait pas beaucoup mais lors de ces rares disputes, les deux gardaient leurs propres opinions sans changer de camp. Il fallait un élément déclencheur comme par exemple être à l'article de la mort pour que l'un des deux ne se retourne vers l'autre et s'excuse.

Mais dans cette présente situation, Sherlock savait qu'il avait tort. Il le savait au fond de lui. Mais il savait aussi que s'il expliquait le vrai problème à John, celui-ci serait en danger. Et il ne voulait pas d'un John en danger. Du moins, pas à ce niveau-là. Malgré cela, il se dirigea vers leur chambre.

Le médecin était assis sur le matelas, le dos appuyé sur la tête de lit. Le Détective fit le tour du lit pour atterrir à ses côtés.

« Ecoute, John…Je ne voulais pas te mettre en colère. C'est juste que…le dossier que m'a confié Mycroft est vraiment dangereux. Je ne suis pas sûr de vouloir t'amener là-dedans. »

« Je suis déjà là-dedans. Depuis notre premier jour. Je te suis partout où tu vas. Je… »

John s'arrêta, soufflant bruyamment alors que Sherlock se mit en tailleur sur le lit face à John. Il ne dit rien et attendit que son amant prenne la parole. Ce dernier releva la tête.

« Tu vas vraiment me faire dire ça, hein ? »

« Je ne sais pas. De quoi veux-tu parler ? », se moqua Sherlock.

« Depuis ça, John fit un geste du doigt entre eux, tu me laisses aller au boulot toute une journée sans venir me chercher pour une affaire et dès qu'on en a une, tu fais tout pour me tenir éloigné du terrain. Je n'aime pas ça. »

Le brun hocha la tête.

« D'accord. Je vais te dire sur quoi je travaille. Mycroft est venu me voir pour savoir si on avançait sur les torturés. Au début, il m'a dit qu'il avait commencé ses propres recherches à cause d'une de mes déductions. Et au bout de quelques jours, il est tombé sur des dossiers classés top secret. Vu sa place, il ne pouvait pas continuer l'enquête alors il me l'a passée. »

« Ça concerne un politicien ? », dit John en fronçant les sourcils. « Si c'est ça, on a déjà vu plus horrible comme ennemi. »

« Non. Pire que ça, si tu veux mon avis. » Sherlock secoua la tête en souriant.

« Tu te rends compte que tu es en train de sourire ? Alors que tu me dis que l'affaire sur laquelle t'as enquêté aujourd'hui est pire que celles qu'on a pu voir depuis des mois ? »

« Parce que tu ne te rends pas compte, John ! J'ai été dupé pendant tellement d'années, je n'ai rien vu. Absolument rien. »

« Merde, Sherlock…Tu peux me dire de quoi tu parles ? »

« Pas maintenant. On doit aller voir Lestrade, viens. »


« Merci. »

Mycroft posa l'assiette devant Gregory. Malgré le malaise qu'il avait créé, le plus jeune avait proposé à Gregory de manger avec lui. Ce que ce dernier avait accepté. Pendant que Mycroft cuisinait, il s'était assis derrière le comptoir, son troisième verre de vin à la main, l'observant à l'oeuvre.

Ils étaient maintenant à table depuis quelques minutes quand Mycroft décida de parler. La récente scène où il avait avoué son attirance pour Gregory avait eu comme conséquence qu'il n'avait parlé que si cela avait été nécessaire. Cependant, l'ambiance était devenue moins pesante. Enfin, d'après lui. Il était peut-être bon pour analyser les gens mais pas pour lire dans leurs pensées.

« Tu as eu une semaine intéressante ? »

« Et bien…Je suis plutôt pris par l'enquête en ce moment. »

« Tu ne sors plus avec John ? »

« Non. Je lui ai bien proposé il y a quelques jours mais il n'a pas voulu. »

« Oh. D'accord. », répondit Mycroft en hochant la tête.

« Tu sais que c'est super bon ? Où est-ce que tu as appris à cuisiner ? Je pensais que tu n'avais le temps pour rien à part le travail. »

« J'ai appris quand j'étais jeune. C'est moi qui gardais Sherlock pendant l'absence de nos parents. »

« Garder Sherlock ? Je t'envie pas, rigola Greg. Ils faisaient quoi ? Tes parents. »

« Notre père était un homme d'affaire à l'international. Notre mère par contre n'avait pas d… »

Mycroft fut interrompu dans le milieu de sa phrase par quelqu'un toquant à sa porte. Il s'excusa auprès de son invité et alla ouvrir la porte pour découvrir son frère et John sur son palier.

« Sherlock, ce n'est vraiment pas le bon moment. »

Ignorant son frère, Sherlock rentra dans l'appartement et s'arrêta devant le DI.

« Désolé, je ne sais pas ce qu'il lui prend depuis qu'il est rentré. C'est par rapport à votre affaire. »

Mycroft fit un bruit de mécontentement avec sa langue mais laissa rentrer John qui montra bien sa surprise de voir Gregory assit à la table de Mycroft Holmes.

« Qu'est-ce que tu fais ici, Greg ? »

« J'ai été invité. », répondit simplement Gregory avec un sourire. Puis il se retourna vers Sherlock qui le fixait depuis son entrée dans l'appartement. « Quoi ? »

« Comment est-ce que tu as fait ? », demanda sans détour le brun.

Gregory le regarda les sourcils froncés. De quoi Sherlock parlait-il ? Arriver comme une fleur et poser des questions sans aucun sens lui ressemblait bien. Il regarda John qui haussa les épaules et Mycroft qui ne bougeait pas. Bizarrement, ce dernier semblait tendu et fixait le dos de son frère. Comme s'il savait qu'il allait faire un mauvais pas mais qu'il ne pouvait l'en empêcher. Son regard se dirigea de nouveau vers le plus jeune.

« De quoi parles-tu ? »

« Oh, s'il te plait. Tu sais très bien de quoi je veux parler. Toi et ton petit jeu d'acteur. Tu as été tellement parfait que je n'ai absolument rien deviné jusqu'à ce que je vois ta photo cet après-midi. C'est sorti de nulle part. Même Mycroft n'en savait rien. Il m'a donné tout ce que j'avais à savoir et il m'a fallu seulement un après-midi. Un après-midi, Gregory. »

« Est-ce que tu parles de… », s'interrompit Greg. Son visage était devenu blanc comme neige.

« A ton avis ? Tu m'as appelé pour cette affaire de meurtres en série et ça m'a mené à ça. »

Gregory ne réfléchit pas. Il se leva, poussa Sherlock et se dirigea vers la porte.

« Je dois partir. »

« Vraiment ? Tu habites en face, tu ne trouves pas ça un peu idiot ? »

Un regard noir lui répondit.

« Je ne veux pas parler de ça, Sherlock. Tu as découvert la vérité et ton frère t'a aidé à ça, tant mieux. Je suis certain que John le sait également. Mais ça n'a rien à voir avec moi. Continue ton travail et oublie ce que tu as pu découvrir. »

John qui se trouvait debout, entre les deux hommes, n'avait absolument aucune idée de ce qu'il se passait. Sherlock lui donnait pour la première fois depuis leur rencontre l'impression d'être réellement en colère. Ses yeux s'étaient transformés en deux petites fentes tandis qu'il dévisageait le policier. Comme s'il ne l'avait jamais vu. Gregory à l'opposé avait un regard suspicieux et se tenait droit, comme pour attendre que Sherlock l'arrête dès qu'il recommencerait à bouger.

« Que se passe-t-il Sherlock ? »

« Gregory, Sherlock pointa du doigt l'homme face à lui pour appuyer son accusation, est un ancien espion. »


Voilà voilà ! La découverte du passé de Greg est rapide et en un seul chapitre mais ce n'est pas l'intrigue principale de l'histoire :)

N'oubliez pas de me donner votre avis, j'ai eu plus de 100 visites pour le chapitre 5 (comme pour le chapitre 4 d'ailleurs) et trois, quatre reviews ... Encore merci à ces personnes :D

A mercredi prochain ! :)