CHAPITRE 1
En entrant dans l'Inventing Room, Charlie fut plutôt surpris de ne pas y trouver Willy Wonka. Lui qui y était d'habitude à l'aube ! Le jeune garçon soupira. Il avait dû se coucher à une heure pas possible pour ne pas être à l'heure. Peut être même dormait il quelque part, dans cette salle.
Le jeune garçon se dirigea vers le plan de travail. Son sourire s'évanouit lorsqu'il remarqua que Willy Wonka n'avait vraisemblablement touché à rien de la nuit. légèrement inquiet, il fit le tour de la salle. Pas de chocolatier.
Il soupira.
Aucune raison de paniquer, il était peut être simplement en train de faire sa ronde ou de gérer des problèmes administratifs. peut-être même faisait il la grasse matinée, pour une fois. Prenant son mal en patience, Charlie s'assit sur une sorte de pouf qui sentait la banane. Il esperait que ledit pouf n'était pas en fait un bonbon déguisé. On ne sait jamais, avec Willy Wonka.
La matinée s'écoula très lentement. Les Oompas Loompas allaient et venaient, sans que Charlie n'ose essayer de leurs parler. Non seulement, il ne parlait pas leur langue, mais en plus... ils l'intimidaient un peu.
A midi, le chocolatier n'avait toujours pas pointé le bout de son nez. Je vous laisse imaginer l'état d'inquietude du petit Charlie Bucket. N'y tenant plus, il bondit sur ses pieds et fila vers la maison de ses parents, sans prêter la moindre attention aux regards de jugements des petits ouvriers.
Willy avait, pour ne pas être présent, une excellente excuse qui aurait pû fonctionner dans n'importe quelle situation. Ou presque, le président des Etats-Unis aurait peut-être pu émettre des reserves.
Figurez vous que le chocolatier s'était reveillé dans une pièce sombre et humide qui aurait parfaitement fait l'affaire pour un condamné à mort, avec un mal de crâne de tout les diables et totalement déboussolé. Il était étendu à même le sol (qui n'avait même pas la bonne grâce d'être chauffé), le manteau déchiré (ce qui, compte tenu du prix dudit manteau, aurait fait pleurer un maharadja), sans chapeau (horreur et damnation !) et, malgré tout ses efforts, aucun souvenir des évènement passé sa sortie de l'ascenseur.
Cette scène semblait à vrai dire toute droit sortie d'un filme d'action américain à gros budget, où le héros se fait kidnapper- pardon, héronapper par l'ignoble méchant et où il doit s'échapper avec l'aide miraculeuse de ses amis / alliés / sa petite amie plantureuse, avec, si possible, des scènes de combats avec des voitures qui explose.
Mais Willy n'était ni un héros, ni un adepte du hérosnapping, ses amis se résumaient aux Buckets, ses alliés aux Oompas Loompas et aux écureuils, et sa petite amie plantureuse se révelait être une chimère du même ordre que les politiciens fiables et honnêtes.
Alors, non, cette situation ne lui plaisait pas, mais alors p as du tout.
Il porta la main à sa tempe. Sa tête tambourinait douloureusement. Il retira ses lunettes aux verres teintés qui assombrissaient un peu trop la pièce à son goût.
Quelle heure peut il bien être ?
Il se releva en titubant comme un alcoolique, lui qui n'avait jamais touché à l'alcool. Sauf pour faire des chocolats à la liqueur. Il se rattrapa in extremis au mur, constatant par la même occasion la disparition de sa canne. Pour ne rien arranger, une odeur fétide lui frappa les narines. ALERTE, C'EST UNE AGRESSION OLFATIVES ! Ce parfum, si différent de l'odeur de chocolat dont il avait l'habitude, lui arracha un grondement dégouté.
Il lui fallut bien cinq minutes avant de retrouver un semblant de stabilité. D'une démarche hésitante, il se dirigea vers la porte.
"Hé ! Je ne suis vraiment plus habitué à marcher sans canne. A mon âge ! Il y a de quoi complexer ! s'exclama t-il dans un rire nerveux."
Il tira sur la poignée, s'attendant très logiquement à la trouver fermée. Il fut tellement surpris de la voir s'ouvrir qu'il perdit de nouveau l'équilibre et se retrouva les quatres fers en l'air.
"Ma parole ! La séquestration n'est plus ce qu'elle était !"
Le chocolatier se releva avec difficulté et de non dignité. Il passa timidement la tête par l'embrassure, regarda à droite, à gauche.
Personne.
Tout cela ressemblait à un piège.
"Tant pis ! Qui ne tente rien n'a rien !"
Et c'est d'un pas qui se voulait conquérant qu'il sortit de sa geôle.
