Voilà le septième chapitre ! Je ne laisse pas de message sauf que je m'excuse pour mon absence : j'ai dû partir en stage du jour au lendemain et l'endroit où j'étais logée n'avait pas internet... Je vous laisse à votre lecture :D
Merci beaucoup aux personnes qui m'ont laissé des reviews !
Disclaimer : Rien n'est à moi, excepté l'histoire.
Love is not for everyone
Chapitre 7 :
Cela faisait un mois depuis la déclaration de Sherlock concernant le passé de Greg. Á partir de ce jour-là, Gregory avait commencé à repartir dans une routine encore plus morne que celle qu'il suivait avant. Il se levait le matin, buvait un café, fumait deux, trois cigarettes et partait au travail dès il était prêt. Après une journée de travail, il rentrait directement chez lui et passait sa soirée tranquillement jusqu'à l'heure du coucher. Et ainsi de suite, et cela pendant un mois entier. Son objectif avec cette routine était d'éviter le plus possible Sherlock, John et Mycroft. Et cela marchait assez bien. Cette solitude lui avait fait réaliser que son entourage était bel et bien au courant de son passé. Enfin, …une partie tout du moins. Il espérait sincèrement que Sherlock -ou mieux, Mycroft- n'irait pas chercher dans des dossiers qu'il savait enfouis dans un endroit gardé secret quelque part en Angleterre.
Gregory avait également décidé de ne plus faire de sortie. Bien qu'il eût commencé à s'en douter quand il avait reconnu les victimes il y a un mois de cela, il savait désormais avec certitude qu'il était en danger. Il n'avait aucune idée de comment Sherlock avait pu découvrir son ancien métier. Il l'avait grandement sous-estimé. Gregory n'était pas vraiment en colère envers Sherlock, il savait comment était ce dernier. Il ne lui en voulait pas d'avoir fait des recherches après la demande de Mycroft. Sherlock était comme ça. Et il l'admirait pour ce qu'il était. Cela lui faisait d'ailleurs mal de penser de cette façon car la rancune était toujours présente malgré tout ce qu'il pouvait se dire. Que Sherlock ait annoncé devant John et Mycroft sa découverte sans venir lui en parler d'abord l'avait mis dans un état sans précédent. Lorsqu'il était sorti de chez Mycroft, il s'était juste enfermé chez lui pendant quarante-huit heures et avait essayé de réprimer les souvenirs qu'il empêchait de refaire surface depuis une vingtaine d'années maintenant. Ce qu'il avait réussi à faire avec l'aide de pas mal de bières.
Donc depuis ce jour, il avait croisé John qu'une seule fois et par hasard, n'avait plus contacté Sherlock pour l'aider et avait tout fait pour ne pas croiser Mycroft.
Mais malgré ce quotidien routinier qui se déroulait plutôt bien pour l'instant -il fallait comprendre ici sans incident majeur-, Gregory était dérangé par une chose : les employés de Mycroft. En effet, ce dernier avait engagé spécifiquement plusieurs de ses employés pour le surveiller jour et nuit. À chacun de ses déplacements, Gregory pouvait apercevoir une voiture noire qui était tout sauf discrète et qui le suivait. Un jour, alors qu'il allait à son boulot, il avait pu observer la fenêtre côté conducteur se baisser et laisser apparaître un homme blond. Rien de bien passionnant en somme, mais cela pourrait toujours servir pour Gregory qui, depuis que Sherlock et Mycroft étaient au courant de son passé d'espion, laissait sortir ses quelques capacités pour observer un peu plus son entourage et surtout les larbins du gouvernement.
Ce matin, alors qu'il était sorti pour aller s'acheter à manger pour sa pause de midi, il les avait revus. Ils ne prenaient même plus la peine de se cacher. En revenant, il leur fit un doigt d'honneur bien visible et rentra comme si de rien n'était dans le bâtiment de Scotland Yard.
Contre toute attente, Gregory reçu la visite de John l'après-midi même. En plus de l'avoir évité physiquement, il n'avait jamais répondu à ses messages et John n'avait plus insisté après cinq, six essais. Il ne fit donc aucun mouvement quand le médecin entra dans son bureau. Il attendit silencieusement que ce dernier lui adresse la parole en premier mais sa seule attitude fut de s'asseoir et de croiser ses bras contre son torse. Gregory leva alors les yeux.
« Qu'est-ce qui t'amènes ? »
« À ton avis ? », dit John après avoir fait un rictus. « Je pense qu'après un mois de silence j'ai le droit de prendre de tes nouvelles, tu n'penses pas ? »
Gregory haussa seulement les épaules, toujours penché sur son bureau. John soupira.
« Tu ne pourras pas nous éviter encore longtemps, Greg. Sherlock reste à l'écart pour l'instant mais dès que je le lâcherais de vue, il viendra te voir. »
« Je ne veux pas entendre parler de Sherlock pour l'instant. Je sais très bien qu'il prévoit de me questionner sur mon passé dès qu'il se retrouvera devant moi. Le problème est que je ne veux pas parler de mon passé, John. »
« Je l'ai prévenu. Si tout se passe bien, la prochaine fois que tu le verras, il devrait te parler de tout sauf de ce qu'il s'est passé. »
Greg secoua la tête. « Il doit vraiment comprendre que parfois son attitude dépasse les limites… »
FLASH-BACK
« Gregory est un ancien espion. »
Il n'en revenait pas. Sherlock n'avait pas osé, ce n'est pas possible…
Mycroft fut le premier à parler en félicitant ironiquement Sherlock sur sa discrétion. Il lui avait pourtant bien demandé de rester silencieux jusqu'à ce qu'il vienne lui confier ses découvertes…Il aurait dû s'y attendre de la part de son frère mais apparemment, même si l'affaire concernait une personne proche, Sherlock ne faisait toujours pas vraiment attention aux conséquences de ses paroles.
D'ailleurs, ce dernier le rembarra.
« Je ne pouvais tout simplement pas garder cela pour moi. » Il regarda les trois personnes autour de lui : Mycroft était sur le qui-vive, John alternait des regards entre Sherlock et Gregory, et ce dernier ne bougeait pas, ses yeux étaient grands ouverts.
Sherlock se justifia : « C'est la découverte la plus excitante que j'ai pu faire depuis des années ! J'ai pourtant fait des recherches sur chaque personne de mon entourage et rien de tout ça n'est ressorti. Le stress post-traumatique, les capacités d'observation, tu n'as absolument rien de tout ça. Comment as-tu fait ? »
Sherlock tournait autour de Greg alors qu'il débitait tout un flot de parole.
« Attend une seconde… Quel est l'intérêt de m'appeler pour résoudre des affaires si tu en as les capacités toi-même ? »
John lui coupa la parole avant que le Détective empire son cas face à Gregory en lui faisant remarquer le plus doucement possible que ce dernier n'avait pas l'air bien. En effet, le DI était blanc. Il n'en revenait tout simplement pas que Sherlock venait de lui lancer à la figure ce qu'il essayait d'oublier depuis des années. Sherlock leva la tête et remarqua le regard noir avec lequel le policier le fixait.
« Oh voyons, un mariage, un nouveau job, des amis…Qu'est-ce qui aurait pu t'empêcher d'avancer ? »
« John fait toujours des cauchemars sur la guerre. »
Un silence éclata. La tension était palpable, Mycroft attendait l'approbation physique de Gregory pour bouger. Le moindre mouvement pourrait le déstabiliser encore plus et il voulait éviter cela. En face de lui, Sherlock récolta un second regard noir de la part de John.
Gregory s'avança et attrapa la poignée de la porte d'entrée avant de se retourner vers Sherlock.
« Tu resteras toujours un ignorant, Sherlock. Et ça malgré tout tes efforts. » Greg sorti en claquant la porte.
FIN FLASH-BACK
John hocha la tête quand Gregory lui rappela la conduite de Sherlock.
« Tu sais qu'il s'en veut. »
« Cela n'empêche rien. J'espère qu'il ne t'envoie pas à sa place car cela ne servira à rien. », dit Greg.
« Je passe seulement pour voir comment tu vas, dire bonjour. Un mois en compagnie de Sherlock est fatiguant. Surtout s'il se trouve être dans un état de nervosité avancé. »
« Tant mieux. Ça lui changera. », dit Gregory avec un sourire moqueur. Il se leva en refermant un dossier et en le mettant sous un de ses bras. « Tu dois me parler d'autre chose ? Je dois aller en ville avec Donovan. »
« Eh bien…est-ce que toi, tu veux parler d'un truc précis ? », tenta John.
« Sérieusement, John ? »
« Désolé, oublie. » Le médecin se leva. « Je suis juste curieux. »
« Y'a rien à dire. » Les deux sortirent de son bureau. « Seulement que Sherlock a raison. C'est tout. », rajouta Gregory.
« D'accord. Bien. », dit John en hochant la tête…
Une semaine plus tard, Gregory arriva au pied de Scotland Yard la tête dans le brouillard. Il n'avait pas dormi de la nuit à cause de ses recherches personnelles sur l'affaire des torturés. Il avait décidé de commencer à rassembler tous les éléments auxquels il avait accès en plus de ses propres connaissances. Et pour l'instant, rien ne lui venait à l'esprit. Il n'avait aucune idée de l'homme derrière ces meurtres et cela l'avait mis de mauvaise humeur. Sa journée commençait donc mal. Et cela s'accrut lorsqu'il vit la fameuse voiture noire habituelle se garer de l'autre côté de la rue, comme le conducteur le faisait chaque jour.
Il s'approcha de la voiture, sûr de lui, et toqua à la fenêtre côté conducteur. Cette dernière s'ouvrit après quelques insultes et menaces de la part du DI. Elle laissa apparaitre le fameux homme blond et Greg n'attendit pas son tour pour parler.
Un monologue sorti de sa bouche pour aller directement menacer le conducteur et celui qui se trouvait sur le siège passager. Il leur ordonna de retourner voir leur patron, de ne plus se montrer face à lui, tout cela agrémenté de quelques vulgarités. Il finit en leur demandant s'ils avaient bien compris mais aucune réponse ne lui parvint.
Gregory s'énerva et attrapa le conducteur par le col de sa veste. Ce dernier commença à se débattre mais seulement pour se défaire de la prise que le policier avait sur lui. Sûrement avait-il reçu l'ordre de ne pas le toucher. Penser cela fit tiquer Greg qui le lâcha, ouvrit la porte et le sorti de force du véhicule. Ce qui eut comme conséquence de faire tomber au sol l'homme.
L'agent perdit patience, se releva et se jeta sur Gregory pour lui donner plusieurs coups de poings à la suite. Gregory les encaissa pour ensuite les lui retourner. Il le fit tomber au sol et l'assomma de moitié. Alors qu'il continuait à se déchainer, Gregory sentit des bras encercler sa taille et le jeter sur le côté. Il se releva en moins d'une seconde et envoya un coup de poing sur la tempe du deuxième agent, qui tomba à genoux, puis finit de le mettre à terre avec un violent coup de pied.
Gregory se remit correctement sur pied et remarqua que les passants et certain de ses collègues s'étaient arrêtés pour observer le combat. Il fit comme si de rien n'était en se rapprochant des deux hommes et se mit accroupi pour être à leur hauteur.
« Prévenez votre boss que je ne veux plus vous voir. Je n'ai pas besoin de vous et je n'ai surtout pas besoin de lui pour être ma baby-sitter. » Il se releva et se retourna en direction de Scotland Yard d'un pas rageur.
Quelques heures plus tard et sans grande surprise, Mycroft vint à son bureau lui rendre visite. Gregory était en pause assis devant son bureau alors qu'il rentrait. Il leva la tête de son portable.
« Un problème ? »
Mycroft leva un sourcil. « Je pense que oui. J'ai eu un retour sur certains de tes actes… »
« Seulement certains ? Pourtant tes larbins sont là à me suivre depuis quatre semaines, je suis sûr que tu es au courant de mes moindres faits et gestes, Mycroft. », s'énerva Gregory.
« Je parle de tes actes de ce matin. »
Il s'attendit à une remarque du DI mais ce dernier ne fit rien excepté lever un sourcil jugeur.
« Je suis désolé. », dit Mycroft en jouant avec son parapluie. Il s'avança et posa sa main sur le dossier d'une des deux chaises devant le bureau du DI avant de s'y asseoir. « Je ne pensais pas que ça te mettrait dans un état pareil. »
Greg lui fit seulement un geste évasif de la main. Mycroft soupira.
« Je veux seulement te protéger. C'est dans mes cordes donc je le fais. Tout comme je le fais avec Sherlock et John. »
« Je sais très bien me protéger moi-même. Je n'ai pas besoins de gardiens. »
« J'ai pu comprendre, oui... Mais je ne voudrais pas te retrouver mort dans une ruelle… », se justifia Mycroft. « Et je suis certain que c'est également le souhait de Sherlock et John. »
Mycroft resserra sa prise sur son parapluie. Il savait que l'homme face à lui ne faisait que se donner un style décontracté face aux différents dangers qui plainaient. Il n'avait aucune idée sur la façon de se conduire pour faire réaliser à Gregory que cela ne changerait absolument rien du tout.
« Est-ce que je peux au moins demander pourquoi moi-même je n'ai eu aucun accès à ton dossier ou à tes missions ? », demanda Mycroft.
Gregory le regarda, étonné. « Tu n'as pas accès aux dossiers ? Tu es le Gouvernement, comme ça se fait ? »
« J'ai contacté mon prédécesseur et il m'a affirmé que les dossiers étaient classés secret, même pour moi. »
« Vraiment ? », dit Gregory. Tant mieux, pensa-t-il.
« Oui. Et je ne comprends pas pourquoi. L'une des choses les plus craintes est la présence d'erreurs pendant les missions et je pense que c'est ce qu'il s'est passé. Mais au point de garder un dossier secret ? C'est déjà arrivé alors que j'étais à mon poste et ça n'a jamais pris autant d'ampleur… »
Les mains de Gregory allèrent frotter vigoureusement son visage. Pourquoi fallait-il qu'il connaisse Mycroft ? Il voulait seulement oublier. Pourquoi l'homme devait-il insister ? Il fallait le faire sortir de son bureau. Maintenant.
Il regarda Mycroft alors que celui-ci n'avait pas bougé d'un pouce. Son regard dériva sur la droite, où il pouvait voir derrière les vitres de son bureau Donovan et ses collègues lancer quelques coups d'œil vers Mycroft et lui-même.
Il inspira un bon coup avant de parler.
« Je ne veux pas parler de ça. Pas maintenant. »
Mycroft lui lança un regard perçant.
« S'il te plait ? », supplia-t-il.
Un hochement de la tête lui répondit. Il souffla.
« Savoir ce qu'il s'est passé ne va pas aider à attraper le coupable. Même moi je n'ai aucune idée de qui ça peut être… », avoua tout de même Gregory.
« Si tu ne sais pas qui est le coupable, comment peut-il te connaitre ? Ton identité était cachée, non ? »
Gregory hocha la tête.
« Oui. Mais on a eu un problème en fin de mission… » Gregory ferma les yeux, les souvenirs défilant devant ses yeux. « Ecoute, c'est tout ce que je peux dire aujourd'hui. Mais je sais que c'est quelque chose d'important. Je viendrais t'en parler avant la fin de la semaine, si tu le veux vraiment. »
Gregory regarda Mycroft se lever et se diriger vers la porte de son bureau.
« Attend une seconde. Je ne veux plus voir aucun de tes larbins, Mycroft. », le menaça Gregory.
« J'en prends note. »
« Pourquoi tu voudrais me protéger, de toute façon ? Surtout que rien n'est arrivé depuis un moment. », marmonna le policier.
Mycroft lui répondit en évoquant ce qu'il avait dit plus tôt sur sa place au gouvernement : ses ordres étaient d'or. « Et puis, tu es mon ami, non ? Tu es proche de Sherlock. », énonça-t-il. « Tu fais partie des personnes les plus importantes pour la famille Holmes, on dirait. » fini Mycroft avec un sourire moqueur.
Il sorti en refermant la porte derrière lui et Gregory se leva, ouvrit la porte et lui rappela en levant le doigt vers lui : « N'oublie pas tes larbins ! »
Trente minutes après le départ de Mycroft, Greg n'avait toujours pas avancé dans son boulot. Il souffla de désespoir, referma les dossiers sur lesquels il bossait et sorti de Scotland Yard après avoir prévenu Sally qu'il ne se sentait pas bien.
En vérité, Gregory n'avait que très peu mangé en plusieurs semaines : ses principaux repas étaient constitués majoritairement de café et de cigarettes. En plus de cela, ses recherches n'avaient pas vraiment avancé. Il avait pu récupérer le dossier entier car il était le DI en charge de l'affaire et la seule chose dont il était certain pour l'instant était que le coupable était un homme. Un homme entrainé et doué pour la torture. Et il savait cela grâce à Sherlock. Il n'avait absolument rien venant des preuves car il n'y en avait aucune, et ce que lui-même pouvait apporter à ces preuves était la confirmation que les victimes étaient bel et bien des membres de son ancienne équipe.
Gregory gara sa voiture au sous-sol de l'hôpital St Bart et se rendit à la morgue d'un pas lent. Il chercha Molly mais cette dernière n'était pas là. Il remonta au laboratoire pour la trouver. Travailler avec Molly était beaucoup plus agréable que de travailler avec un autre médecin légiste. Il lui était souvent arrivé de lui offrir un café quand il venait la voir sur son lieu de travail et il se promit intérieurement de l'inviter en dehors du cadre professionnel la prochaine fois.
Après les salutations habituelles, ils descendirent tous les deux au sous-sol. Greg lui demanda de sortir les corps des victimes de l'affaire des torturés. Il était anxieux et s'il devait être tout à fait honnête avec lui-même, il ne voulait pas être là. Mais il se devait de faire avancer l'enquête. Il était possible qu'il ait omis certaines informations sur les corps. Et revoir les corps de ses anciens collègues ferait peut-être remonter certains souvenirs pour déterminer l'identité du coupable. Après que Molly ait fini ce qu'il lui avait demandé, il se frotta les mains et s'avança. Il entendit vaguement Molly lui demander s'il allait bien mais ne lui répondit pas.
Il s'approcha en direction du premier corps : le SDF. Il posa sa main sur la table glacée. Il se déplaça autour du corps en se penchant plusieurs fois pour observer au plus près les blessures que la personne avait reçues mais aucun élément ne ressorti. Il fit pareil pour les autres corps.
Pendant ce temps, Molly était restée à l'écart. Elle avait, bien évidemment, entendu parler de l'affaire avec John mais c'était la première fois qu'elle voyait Gregory depuis. Ce dernier venait de finir d'observer les corps des victimes et se recula pour avoir une vue d'ensemble. La pensée morbide de savoir s'il allait finir à leur place lui traversa l'esprit mais il secoua la tête pour la chasser. Son regard glissa sur le premier corps. Ce fut la première personne à qui il avait parlé, le premier qui lui avait donné du fil à retordre. Il sourit en se souvenant de leur rencontre.
FLASH-BACK
Gregory était une recrue depuis ses dix-huit ans, donc cela faisait un peu plus de trois ans. Il avait décidé d'intégrer l'armée car il ne savait pas de quoi son futur serait fait et aucun métier ne l'attirait réellement. Contrairement à la majorité des enfants, il n'avait jamais voulu exercer un métier bien précis, n'avait jamais eu de "job de rêve". Il avait donc suivi le conseil que sa mère avait pu lui donner et avait quitté sa famille pour commencer à vivre sa vie de son côté avec l'armée.
Quelque temps après, Gregory se faisait remarquer par son physique sportif, son obéissance et son moral d'acier. Il fallait bien avouer que le jeune homme pouvait facilement se différencier des autres recrues : son père, un ancien militaire plutôt bien gradé de l'armée, avait tenu à ce que ses trois enfants suivent un entrainement bien particulier pour qu'ils soient prêts à tous les futurs possibles qui allaient s'offrir à eux. De cette façon, les portes s'ouvrirent facilement pour Gregory Lestrade qui finit par faire plusieurs missions à travers le monde quelques mois seulement après son engagement. Il en avait été très fier mais sa joie avait été de courte durée lorsqu'il avait appris par hasard que son père avait tiré certaines ficelles pour que son fils soit mis en avant.
Donc après une de ses dernières missions, il reçut l'ordre de se rendre à Londres. Sans poser de questions, il se rendit là où on l'attendait.
Il s'était retrouvé trois jours plus tard autour d'une table. Il avait été le premier sur les lieux. Il fixait un point lointain d'un air blasé. Il avait prévu d'aller régler ses comptes avec son père. Savoir si vraiment ses mérites et récompenses lui avaient été données à cause de lui, de son importance. Mais le temps lui avait fait défaut. Et honnêtement, il ne savait pas ce qu'il faisait ici.
La capitale anglaise l'avait accueilli avec un ciel bleu comme il savait l'apprécier. Il pouvait l'observer de sa place dans le bureau. Il n'était pas anxieux. Aujourd'hui restait une bonne journée et d'un côté professionnel, il avait fait ses preuves depuis longtemps, il savait qu'il était le meilleur. Non, aucune sanction n'était prévue pour lui. Plutôt une nouvelle mission. Et une très importante mission, si on l'avait venir jusqu'à Londres.
Après quelques minutes, un brouhaha s'approcha du bureau et attira son attention. La porte, qui était placée derrière lui, s'ouvrit pour laisser place à six personnes. Cinq d'entre elles, deux femmes et trois hommes, étaient en uniforme et discutaient. Apparemment, elles se connaissaient bien. La sixième personne n'était en aucun cas un agent de terrain : costume sur mesure, propre sur lui, n'ayant pas l'apparence d'un agent de terrain. L'homme avait une apparence parfaite. Greg l'identifia comme le supérieur qui l'avait contacté quelques jours avant.
Quand le groupe fut enfin assit, un des hommes remarqua Gregory.
« C'est qui ce gamin ? »
Gregory tourna sa tête vers la personne qui avait parlé et le fixa sans montrer la moindre émotion sur son visage.
« C'est quoi ton problème ? Tu t'es trompé de bureau ? »
Sans faire de remarque, Greg retourna son regard vers l'homme en costume. Ce dernier s'était assis juste en face du plus jeune sans lever les yeux de son bloc-notes.
« Voici Gregory. Il sera le coordinateur de votre équipe et votre supérieur pour la mission qui vous sera confiée. Je compte sur vous pour obéir à ses ordres malgré son jeune âge. Il s'agit… »
« Jeune âge ? C'est un gamin qui se trouve ici ! Je fais deux fois son âge, bordel ! Hors de question que je lui obéisse. »
Gregory laissa l'inconnu parler. Il n'arrivait pas à y croire…Enfin. Enfin, il avait sa propre mission. Enfin, ses capacités avaient été reconnues. Il s'empêcha de sourire et fixa mollement l'homme qui se révoltait encore contre leur supérieur. Musclé, roux, les yeux bleus. Rien qui ne sortait de l'inhabituel. Il avait un physique assez commun en dehors de sa fine musculature.
« Alors ? Comment ? », demanda ce dernier à Gregory.
« Comment quoi ? », dit Greg d'une voix grave. Autant montrer sa supériorité dès le début, pensa-t-il.
« Comment un gamin comme toi peut-il faire partie d'une mission aussi dangereuse ? »
Mission aussi dangereuse ?
Greg leva les yeux vers lui, son regard était dur, intransigeant.
« Je suis le meilleur, tout simplement. »
Les quatre autres agents autour d'eux, qui étaient resté silencieux durant la scène, se regardèrent, pas certains de ce qu'ils venaient d'entendre.
FIN FLASH-BACK
« Gregory ? »
« Hmmm ? »
« Tu es sûr que tout va bien ? »
Gregory releva sa tête pour regarder Molly.
« Oui, ne t'en fais pas. Merci. Désolé de t'avoir dérangé, j'ai tout ce qu'il faut. »
Le DI sortit de l'hôpital et décida de rentrer chez lui après avoir envoyé un message à Donovan. Il alluma la radio et se laissa porter par la circulation londonienne. Il avait menti à Molly, aller à la morgue ne lui avait absolument rien apporté. Rien à part des souvenirs douloureux. Il était perdu, peut être devait-il vraiment parler à Mycroft. Il secoua la tête. Non, il n'avait rien, aucun élément supplémentaire. Et en parler à Mycroft pourrait le mettre en danger. Une pensée contradictoire lui vient en lui affirmant que peu importe l'enquête, Mycroft était constamment en danger.
Il sortit de sa voiture et joua avec son porte-clés durant sa marche pour rejoindre son appartement. Il entra dans son appartement et s'arrêta avant de faire le moindre pas.
« Qu'est-ce que… ? »
À plusieurs kilomètres de là, un homme traversa son jardin pour se diriger en direction de son garage. Ce dernier se trouvait à quelques mètres de la maison, séparé par quelques arbres et buissons parfaitement taillés. Plus l'homme avançait et plus on pouvait apercevoir une large porte grise. Cette dernière n'étant pas fermée à clé, l'homme la poussa seulement de sa main droite. Un grincement accompagna le mouvement de la porte et l'homme s'avança pour s'arrêter ensuite devant une table placée en plein milieu de la pièce. D'un coup sec et précis, il la décala pour se retrouver ensuite accroupi devant une trappe.
De la même couleur du sol, on apercevait faiblement ses délimitations. Seul une poignée pouvait nous faire penser à l'existence de cette mystérieuse entrée.
L'homme tira sur la poignée. Son visage était figé dans l'indifférence, son regard était lointain. Une échelle se présenta à lui : il se retourna et commença à descendre.
À partir de ce moment-là, le silence qui l'entourait se désintégra pour laisser place à des gémissements étouffés. Plus l'homme descendait, plus ces derniers devenaient désespérés.
« Ne t'en fais pas. Je sais que je t'ai fait attendre mais c'est fini maintenant. »
Les gémissements devinrent pleurs. L'homme se rapprocha de la source de ces derniers et se baissa pour se mettre à la hauteur de sa victime.
Cette dernière était attachée de façon à ce qu'elle soit totalement immobilisée : ses poignets ainsi que ses chevilles étaient bloqués par d'épaisses cordes, deux larges ceintures en cuir la serraient : la première au niveau des épaules et la seconde juste en-dessous de la poitrine. Pour finir, un bâillon entravait sa bouche.
L'homme observa sa victime. Il avait attendu assez longtemps, il était temps de reprendre le jeu. Il leva son bras droit pour aller caresser la tête de la martyre pour ensuite défaire le bâillon, ce dernier tombant autour de son cou.
« Est-ce que tu as pris ta décision ? »
La femme face à lui, car la victime était bel et bien une femme, était défigurée par ses pleurs et par la frayeur. Elle n'avait aucune idée du temps qu'elle avait passé enfermée ici. Elle ne savait même pas où se situait "ici". Le seul point qu'elle n'ignorait pas, ironiquement, était la raison de sa présence en ce lieu. Et c'est pour cela que la frayeur avait pris place et remplacé sa raison.
L'homme en face d'elle, celui qui jouait avec elle, qui l'avait fait patienter pendant des jours entiers, se retrouvait aujourd'hui en face d'elle. Et cela n'augurait absolument rien de bon.
« Non. », répondit-elle en essayant de reprendre son souffle. Sa poitrine se soulevait lourdement à cause de l'adrénaline qui venait de l'envahir suite à sa réponse.
Le regard de l'homme glissa lentement sur son corps et un sourire étonnamment charmeur lui répondit.
« Je t'ai pourtant laissé le temps de prendre la bonne décision… »
« Ma décision est non. »
L'homme recula légèrement en entendant la détermination dans la voix de la femme mais se reprit très vite. Hors de question de montrer la moindre faiblesse devant ses victimes.
« Vraiment ? Moi qui pensait pouvoir me débarrasser de toi assez rapidement… On va s'amuser un peu ensemble et j'espère que tu changeras d'avis sur ces informations. »
« Jamais. »
« Bien. Très bien… », dit l'homme en se retournant pour se diriger vers une table qui se trouvait au fond de la pièce. Il récupéra une pince qu'il avait laissé là quelques jours plus tôt. Il revint au niveau de la femme et se pencha sur son oreille droite.
« Je voulais t'épargner quelques minutes de douleur en plus. Vraiment. Tu as toujours été la plus gentille. Mais apparemment tu ne sais pas saisir les bonnes occasions qui se présentent à toi. »
La femme retint un sanglot qui souleva sa poitrine avec puissance. Elle allait mourir. Dans quelques minutes, elle allait mourir et elle ne pouvait absolument rien faire. La seule chose qui l'a fit se sentir au même niveau de son futur meurtrier était le fait de savoir que même s'il la tuait, il ne lui retirerait aucune information. Et d'après ce que l'homme lui avait dit, elle était la dernière personne à pouvoir le renseigner. Elle ferma ses yeux noyés de larmes et attendit la douleur.
Mais celle-ci ne vint pas. À la place, des mots chuchotés, d'une intensité telle que cela la rendit nauséeuse plus qu'elle ne l'était déjà.
« Je sais où se trouve Gregory, Lexy. Toi et les autres êtes juste le plat de résistance. Et un avertissement. », ajouta-t-il avec un sourire sadique en secouant la pince qu'il tenait dans sa main gauche.
Il replaça le bâillon sur la bouche de la femme.
« Pour que tu ne fasses pas trop de bruit. J'ai une affreuse migraine depuis le début de la soirée. »
Quelques secondes après, la douleur que la femme attendait de ressentir plus tôt la heurta de plein fouet.
Fin de chapitre !
J'espère que vous avez apprécié :)
À bientôt pour le prochain chapitre !
