CHAPITRE 2

"Il n'est toujours pas arrivé, grand père... Tu crois qu'il lui ait arrivé quelque chose ? s'inquiétait Charlie."

Le petit garçon venait de faire une entrée fracassante dans la petite maison dans la prairie (de chocolat), essouflé et paniqué. Tout ça pour trouver deux de ses grands parents endormis, grand mère Georgina qui déclarait qu'elle aimait les carottes, et ses parents absents. A vrai dire, il n'y avait que son grand père Joe de disponible pour s'inquiéter avec lui de la disparition de Willy Wonka. Et encore... "s'inquiéter" est un bien grand mot.

"Mais non, Charlie, le rassura le grand père de sa voix chevrotante. Mr. Wonka doit être quelque part dans la chocolaterie... tu le connais, il aura oublier qu'il t'avait donné rendez vous...

- mais, grand père... Mr. Wonka n'aurait pas oublier le nouveau bonbon qu'il fabriquait... Ce ne serait pas son genre !"

Le grand père se trouva bien embêté. Si Willy avait effectivement tendance à... comment dire, oublier ceux qui l'entourent, il n'oubliait JAMAIS les nouveaux projets sucrés sur lesquels il travaillait.

"Dans ce cas, je pense que tu devrais demander aux Oompas Loompas de le chercher, non ? proposa t-il. S'ils ne l'ont pas retrouvé d'ici ce soir, c'est que Mr. Wonka n'est plus dans la chocolaterie... après tout, il avait peut-être des courses à faire, tu ne crois pas ?

- mais, grand père... une course ne dure pas six heures...

- alors, si nous n'avons pas de nouvelles d'ici demain matin... murmura le grand père, embarassé. Nous préviendrons la police.

- il peut arriver beaucoup de choses d'ici demain matin ! s'insurgea Charlie.

- Mais nous ne pouvons pas alerter les forces de l'ordres sans être certain que quelque chose ne vas pas ! Surtout que Mr. Wonka déteste qu'on mette le nez dans ses affaires..."

Peu convaincu, Charlie se força à aquieser. Sans un mot de plus, il partit chercher un Oompas Loompas. En esperant que celui ci comprendrait quand il lui parlerait...

En fait, pour la première fois de sa vie, Willy Wonka aurait ADORER qu'on mette le nez dans ses affaires. En sortant de sa cellule improvisée, il s'était retrouvé dans ce qui était très probablement une cave reconvertie en cachot, si on n'en croyait le nombre de portes semblables à celle qu'il venait d'ouvrir.

Un cachot a vec des portes ouvertes, ahah ! songea t-il avec un sourire plein de dent.

Il resta un instant immobile, tendant l'oreille. Le silence. Les autres cellules devaient être vides. Il se dirigea vers l'escalier au bout de la cave, espérant qu'il s'agissait d'une possible sortie. Mis à part pour ses chocolats, Willy Wonka était quelqu'un de naturellement confiant et naïf. Il s'en fit la réflexion en se trouvant en face d'une porte fermée à double tour en haut des escaliers. Dommage. Bien tenter, Willy. Le chocolatier serra les dents et s'accroupit pour tenter d'observer à travers le trou de la serrure, peinant à rester stable sans sa canne.

Il eut juste le temps d'observer un couloir de marbre plutôt luxueux avant de sentir une main se poser sur son épaule. Avec un piaillement absolument ridicule et un bond digne d'un Marsupilami, il se retourna brusquement, prêt (dans la mesure où Willy Wonka puisse être prêt à quelque chose) à se battre si necessaire. Il se retrouva en face d'une femme qui recula d'un pas, visiblement effaré par la violence de sa réaction. Elle devait avoir dans les trentes ans, peut-être plus. Ses cheveux blonds étaient sales et emmêlés. Un bleu lui barrait la joue droite.

Brusquement gêné, Willy sentit ses joues le chauffer. Il se força à esquiser un de ses sourires un peu étrange.

"Bonjours !~"

La femme le regarda d'un air interloqué. Non, ce type n'est pas bizarre. Noooooon.

"Bon... Bonjours ? hasarda t-elle."

Sa main fut aussitôt prise en otage par la poigne gantéedu chocolatier qui la lui secoua vigoureusement et chaleureusement. Autant dire que ce n'était pas exactement la réaction qu'on attendrait d'un homme visiblement sequestré de force dans une cave...

"Enchanté ! s'exclama cet homme étrange qui sentait la praline. Comment allez vous ? ~"

Question qui pourrait sembler très déplacée et inutile dans ce contexte. La femme détailla cet homme au teint excessivement pâle, dont le luxueux manteau déchiré semblait indiquer une certaine richesse. Et puis elle vit ses yeux violets, qui reflétaient un sentiment qu'elle connaissait bien. La peur. Cet homme avait peur, mais semblait décidé à ne pas le montrer. Elle se força donc à lui répondre.

"Comme quelqu'un qui est enfermé ici depuis plusieurs jours..."

Le sourire de son interlocuteur se crispa imperceptiblement. Ses sourcils se froncèrent légèrement.

"Ah ! Vraiment ? Et vous savez pourquoi vous êtes ici ? Qui vous y a enfermer ? Est ce que-"

Il se tut. Ses yeux se fixèrent dans le vague. On aurait dit que quelqu'un venait d'appuyer sur le bouton "pause".

Est ce qu'il réflechis ? songea la femme.

Mais, bien sur, Willy ne refléchissait pas. Non, il avait, ô quel étonnement, un flash back. Cela faisait longtemps !

"Willy ! Tu viens ?"

Le petit garçon releva la tête, souriant comme lui permettait son énorme casque de métal, à la petite fille qui venait de lui parler. Il referma son carnet et se leva d'un bond, sous les yeux bleus amusés de la fillette.

"Qu'est ce que tu faisais ? demanda t-elle, penchant la tête sur le côté, faisant cascader ses cheveux dorés sur ses épaules.

- j'écrivais, répondit évasivement le jeune Wonka.

- par ce temps là ? Il n'y a que toi pour rester assis sur des marches à écrire par un temps si beau ! On vas au parc ?"

Il hocha la tête avec enthousiasme. Elle attrapa sa main. Les deux enfants partirent en courant vers le parc en riant.

En riant...

Riant...

"Monsieur ?"

Willy cligna des yeux, comme s'éveillant d'un rêve. Un sourire étira ses lèvres.

"Veuillez m'excuser, j'avais un flash back..."

La femme le regardait avec inquiétude. Son expression fit rire le chocolatier. Rire qui se coinça sous le regard bleu offusqué de son interlocutrice.

Son sourire s'affaisa tandis qu'il l'observait avec une insistance qui aurait mis n'importe qui mal à l'aise. Il avait l'impression de la reconnaître. L'image de la fillette lui revint en mémoire.

Oui, pas de doute.

"Qui êtes vous ? demanda t-il finalement avec un ton sérieux qui tranchait avec sa personnalité habituelle."

Voila voila ! Un nouveau chapitre, tout beau tout frais ! Qui est donc cette jeune femme ? Que fait elle enfermée dans cette cave ? Et, surtout, à qui appartient cette cave ? Réponse dans le prochain chapitre... n'hésitez pas à laisser des reviews sur ce que vous aimeriez voir par la suite, ce qui vous plaît ou vous déplaît... merci à Turrislucidus pour son commentaire !

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