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Note: Merci un milliard de fois pour toutes vos reviews, vos encouragements et même ceux qui suivent en silence! Je prendrai le temps de répondre à chacun dès que possible. xx
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Chapitre Deux – La nuit durant laquelle Harry ne dormit point
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« Est-ce que vous réalisez ce que vous venez de faire, Mr. Potter ? »
Harry avait les yeux rivés sur ses doigts. A cet instant, ils s'entremêlaient et faisaient de petites explorations sur le dos de ses mains. Harry leur souhaitait bonne chance. Peut-être pourraient-ils trouver leur chemin vers une région suffisamment éloignée du redoutable regard perçant de la directrice.
« Je vous ai posé une question, Mr. Potter, » continua McGonagall, en baissant la voix. « Est-ce que vous savez pourquoi ce qui est arrivé… est arrivé ? »
« Ce sont deux différentes questions, » fit remarquer Harry en s'efforçant de paraître aussi aimable que possible. Mais il grimaça rapidement lorsque McGonagall le fusilla du regard.
« Répondez-y, » ordonna-t-elle. Et Harry décida qu'il ferrait mieux se réjouir de pouvoir encore répondre, après tout il aurait déjà pu être en train de se faire mesurer pour l'achat de son cercueil.
« Je ne savais pas qu'un pareil serment était possible, madame, » répondit-il. « C'est juste que… J'en ai eu tellement marre que les Slytherins se fassent attaquer sans arrêts, alors j'ai dit ça. Je ne pensais pas que la Grande Salle allait prendre ça pour un serment. Je ne pensais pas que les mots se lieraient littéralement à moi. » Je ne pensais pas que Malfoy serait aussi foutrement content de la situation, mais j'aurais dû m'en douter. Il a dû se languir de sa vengeance depuis la fin de la guerre.
Mais Harry ne prononça pas ces derniers mots à voix haute, il existait des moyens bien plus rapides de se suicider s'il voulait tant que ça en finir.
« Quelqu'un aurait dû vous l'expliquer, » dit McGonagall. Elle retira ses lunettes pour les nettoyer tout en poussant un soupir las. « C'est davantage ma faute que la votre. Il semblerait que je n'en ai jamais eu le temps… Et puis, évidemment, j'ai l'habitude que les étudiants apprennent cela de leurs camarades venant de famille de sang pur, des commérages ou encore des livres. Hogwarts renferme tellement de secrets et vous avez passé toutes ces années majoritairement avec vos deux meilleurs amis, ou trop occupé par toutes vos mésaventures, que vous n'avez pas dû beaucoup avoir l'occasion d'apprendre des autres Gryffindors. »
Harry se renfrogna. Il n'en était pas vraiment sûr, mais il avait l'impression qu'elle essayait quand même de rejeter la faute sur lui.
« Pourquoi est-ce que personne d'autre ne semblait remarquer ce qu'il se passait avec les Slytherins, madame ? » demanda-t-il. « Je veux dire, ce préfet a quand même pulvérisé l'assiette de Malfoy en plein milieu de la Grande Salle, mais personne n'a rien fait. »
« Je n'ai rien vu, » dit McGonagall. « Pour ce qui est du reste, j'ai entendu quelques rumeurs en effet, mais je n'ai rien remarqué de substantiel. Je ne pourrai punir qui que ce soit tant que je n'y aurais pas assisté de mes propres yeux.
« Eh bien, » commença Harry, « maintenant vous avez entendu et vu. Est-ce que vous essayerez de faire en sorte que les Slytherins demeurent en sécurité ? » Il retint son souffle. Rien qu'un tout petit peu d'aide supplémentaire rendrait son serment impossible plus facile.
« J'imagine que vous avez entendu les mêmes rumeurs que moi, Mr. Potter, » affirma McGonagall d'une voix tranquille mais qui donnait quand même envie à Harry de s'enfoncer dans le sol. « Pourtant vous n'avez pas fait mine d'agir avant aujourd'hui. Pourquoi ? »
« Parce qu'au début je pensais qu'il le méritait un peu, » marmonna Harry. Ça semblait horrible, dit à voix haute, mais c'était également la vérité. « Ça aurait été un peu trop facile pour eux s'il avait juste pu se pointer à l'école et avoir tout le monde qui les ignore simplement. Je sais qu'ils ont juste essayé de survivre, comme tout le monde, l'année dernière… Mais certains d'entre eux ont aussi participé à la torture. Personne ne va oublier ce que ces personnes leur ont fait subir, même si c'était pour survivre. Et comment faire la différence entre ceux-là et les quelques personnes qui ont probablement adoré jouer les tortionnaires ? »
« Et pourtant, vu la manière dont vous avez réagit aux moqueries de Mr. Matthieson, vous ne semblez plus éprouver beaucoup de rancœur, » commenta McGonagall.
« Je n'ai pas eu le temps de penser à tout ça sur l'instant, » répondit Harry. « Les taquineries sont une chose. Leur tourner le dos ou refuser de se trouver dans la même pièce que des Slytherins sont une chose. Je n'aimerais pas moi-même me retrouver dans la même pièce que Bellatrix Lestrange. » Il frissonna bien que cela fit plusieurs mois qu'elle fût morte. Il ne savait pas s'il arrêterait un jour de la retrouver dans ses cauchemars, elle, mais aussi les visages tordus de Voldemort, l'Oncle Vernon et Fenrir Greyback. « Mais leur faire du mal, les tourmenter et les provoquer jusqu'à ce qu'ils craquent et s'en prennent à nouveau à quelqu'un, ça c'est mal. De même que les tabasser, » ajouta-t-il en pensant à la manière dont Terry et Michael s'en étaient pris à Parkinson la nuit dernière.
« Ce n'est pas ce qui s'est passé aujourd'hui, » dit McGonagall. « Ce n'est pas ça qui t'a amené à prêter serment. »
Harry toucha sa poitrine par automatisme, puis enleva brusquement sa main lorsqu'il s'en rendit compte. Il espérait que ça n'allait pas devenir un reflexe, comme celui qu'il avait de toucher sa cicatrice sur le front. Ça ne ferait que lui donner l'air encore plus flippant et suggestif. « Sans doute, mais pourquoi me reprocher tout cela, madame ? Ron m'a dit qu'un serment de ce genre ne pouvait être brisé, et Malfoy s'est fait une joie de m'en annoncer les conséquences. Et vous, vous semblez juste vouloir me blâmer. Pourquoi ? »
McGonagall sembla hésiter, puis finit par dire : « Je pense que ce n'est plus à toi de devoir à nouveau assumer le rôle du héros. Je crains que tu n'aies fait ce serment juste parce que tu te sentais dans l'obligation d'intervenir. Et, aussi injuste que cela puisse être en tant que directrice de cette école, je me particulièrement plus concernée par la santé mentale d'un de mes Gryffindors. »
Harry esquissa un sourire. « J'ai fait ce serment sans réfléchir, et je n'avais aucune idée des conséquences que cela aurait. Je pensais que ça ferait douter les prochains qui auraient l'intention de s'en prendre aux Slytherins, parce qu'ils auraient eu affaire à moi dès l'instant où je l'apprendrais. Pour être honnête, la nuit dernière encore je me disais qu'il fallait vraiment que j'arrête de jouer au héros. »
Et je me dis que j'aurais dû faire quelque chose à ce sujet auparavant.
« Très bien, » dit McGonagal. « Alors je tenterai de ne pas faire obstacle à l'accomplissement de votre serment. Mais je vous demande tout de même de ne tuer personne, de ne torturer personne ni même de blesser qui que ce soit plus qu'il n'en soit nécessaire. »
Harry la fixa avec des yeux ronds. Elle doit vraiment penser que je suis fichtrement dérangé.
Ou peut-être qu'elle en sait plus que moi sur ce serment.
« Je ne ferai jamais ça, » dit il d'une voix tranquille qui sembla la rassurer. Elle hocha la tête et s'enfonça dans son fauteuil, comme soulagée d'un grand fardeau.
« Bien, dans ce cas je ne vous retiendrai pas plus longtemps. » Un nouveau sourire traversa son visage. « J'imagine que vos amis ont hâte de discuter de tout cela avec vous. »
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« Oh, Harry, comment as tu pu faire ça? »
Harry se renfrogna. Hermione était presque sur le point de pleurer, et il ne savait pas du tout pourquoi. Il aurait dû être celui en train de pleurer. Elle et McGonagall s'imaginent toutes les deux que j'ai fait exprès, mais je pense que l'expression de surprise que j'arborais juste après avoir exécuté le serment montrait clairement que ce n'était pas le cas. « Je ne sais pas, Hermione, » répondit-il sèchement. « Ce n'est pas comme si je m'étais réveillé ce matin et que j'avais pensé : 'Je sais ! Je vais me mettre dans une situation potentiellement mortelle pour le bien-être de personnes que je n'apprécie même pas ! Ma vie n'a pas encore eu sa dose de danger suffisante.' »
Au moins, ma tirade fit sourire Ron, et Hermione sembla rire sous ses larmes, bien qu'à contrecœur. Elle les essuya du revers de la main et essaya de garder une allure sévère. « Tu ne devrais pas être aussi impertinent, Harry. C'est vraiment grave. »
« Oui, je sais, » dit Harry, et sur ce il lança un maléfice cuisant derrière lui sans même y jeter un œil.
Lavande poussa un cri perçant et apparut de derrière le canapé où Hermione, Ron et Harry étaient assis. Elle avait l'expression de quelqu'un à qui on venait juste de piquer les fesses, ce qui était en fait exactement ce qui venait de se passer. Harry lui fit les gros yeux. « Pourquoi ne vas tu pas t'asseoir quelque part d'autre ? Tu ne te trouves pas à côté du feu, tu n'es pas en compagnie des tes amis, tu ne fais rien de plus que nous espionner. C'est tout sauf discret. »
Il se disait que Lavande aurait probablement protesté si il s'était agit de quelqu'un d'autre. Mais ce respect mêlé de crainte que les gens éprouvaient pour lui pouvait s'avérer être une arme très utile de temps en temps. Lavande hocha la tête, honteuse, et retourna dans son habituel coin de la salle commune de Gryffindor. Harry garda un œil sur elle jusqu'à ce qu'il fût sûr qu'elle ne reviendrait pas les déranger. Il n'était généralement pas aussi méfiant de ses camarades, mais Lavande sortait avec Terry Boot.
Il se demandait si Terry lui avait raconté qu'il avait frappé Parkinson et que Harry l'avait stoppé en pleine action. Lavande pouvait être une sacrée commère et était capable de faire circuler un secret dans les moindres recoins de l'école au point que même les professeurs n'auraient d'autres choix que de l'entendre.
A moins qu'ils ne soient vraiment déterminés à fermer les yeux. Et leurs oreilles…
Harry mit de côté ces inquiétantes pensées pour plus tard, bien qu'il sût qu'il aurait à y réfléchir à un moment ou l'autre. McGonagall était maintenant au courant et il comptait sur elle pour en informer les autres professeurs.
« Je me dois d'honorer mon serment, il paraît… Donc c'est ce que je vais faire, » grommela Harry.
« Je suis vraiment inquiète pour toi, Harry, » dit Hermione, en lui prenant sa main. « Et si le serment t'anéantit parce que quelqu'un s'en prend aux Slytherins et que tu n'es pas au courant, ou qu'il n'y avait aucun moyen de le découvrir ? J'aurais espéré que tu ne sois pas aussi imprudent. »
« Je n'en avais pas la moindre idée, putain, » répondit Harry.
« Les serments ne marchent pas comme ça, » dit Ron, interrompant les réprimandes qui pendaient au bout des lèvres d'Hermione concernant les grossièretés de langage. « Ou du moins pas les serments qui laissent des cicatrices. Ce genre de serment se doit d'être rempli. Il ne va pas détruire Harry pour quelque chose qu'il ne savait pas, mais seulement s'il décide de tourner le dos à un problème et d'ignorer la persécution des Slytherins. » Ron semblait sur le point d'avaler un citron. Harry en déduisit que c'était probablement parce qu'il avait dû utiliser les mots « persécution » et « Slytherins » dans la même phrase sans en approuver le lien.
Hermione cligna des yeux et Ron lui fit un petit sourire narquois. Harry ne put s'empêcher de sourire, ça faisait du bien de voir Ron profiter de ses rares triomphes consistant à savoir quelque chose qu'Hermione ne savait pas.
« Eh bien, » marmonna Hermione, arrangeant sa robe autour d'elle d'un rapide mouvement de baguette, chose qu'elle faisait souvent lorsqu'elle se sentait mal à l'aise. « Tant mieux, alors. Mais comment est-ce que le serment fera savoir à Harry qu'il a besoin de faire quelque chose ? »
Ron haussa les épaules. « Je ne connais personne qui ait reçut un serment ou une cicatrice de ce genre. Mon père m'avait juste déjà raconté que certains serments développaient une sorte d'alarme, ou quelque chose. »
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Harry ne mit pas longtemps à découvrir « la sorte d'alarme ». Il était allé se coucher et avait passé un certain temps à fixer le plafond de son lit à baldaquin, se demandant comment il allait réussir à honorer ce stupide serment. Puis, alors qu'il n'avait probablement pas encore atteint les quinze minutes de sommeil, quelque chose se produisit.
Quelqu'un lui avait jeté un maléfice cuisant en plein dans le cœur. Non, c'était un maléfice brûlant. Harry se redressa en un sursaut et tapa sa poitrine du poing. Sur son cœur. Sur sa cicatrice.
Il avait la sensation que quelqu'un se trouvait juste derrière lui et s'agrippait à ses épaules pour le secouer et le pousser en avant. Harry s'assit et repoussa les rideaux de son lit en gémissant. Puis, il enfila en précipitation ses robes d'école par dessus son pyjama. Au moins, la cicatrice de son serment semblait le diriger vers l'endroit où la persécution des Slytherins avait lieu.
Il bâilla et se précipita dans les escaliers, sautant les marches deux par deux. Il traversa la salle commune en un éclair et, avant même de réaliser ce qu'il faisait, il s'était retrouvé de l'autre côté du portrait, encore étourdi. Et, là, il se réveilla enfin. Parce qu'un hurlement d'effroi provenant de l'autre bout du couloir déchira la nuit. Harry grogna mais commença immédiatement à courir en direction du bruit. Il semblait que quelqu'un s'était mis à tourmenter un Slytherin juste à deux pas de la tour des Gryffindor, ce qui n'était pas vraiment très intelligent avec le récent serment qu'Harry avait passé…
Pas de préfets dans les couloirs. Pas de professeurs. On déborde de patrouilles de nuit, dis-donc, pensa Harry avec ironie alors qu'il tournait l'angle. Évidemment, depuis la mort de Snape, personne ne semblait avoir ce même don de se retrouver exactement là où Harry se trouvait et là où il souhaitait plus que tout ne pas être.
Ces toutes-sauf-mélancoliques pensées à l'égard de Snape furent interrompues par le spectacle qui accueilli Harry au bout du couloir. Michael et Terry se trouvaient là, à nouveau, et venaient juste d'arracher la baguette des mains d'une jeune fille de seconde année, Slytherin d'après les couleurs de sa robe. Elle semblait sur le point de se liquéfier en larmes. Elle faisait tout pour récupérer sa baguette, sautant dans tous les sens, la main tendue, mais elle n'arrivait évidemment pas à l'atteindre. Michael et Terry ne faisaient que la bouger de plus en plus haut à chaque fois qu'elle essayait, puis la baissaient à nouveau de façon tentante.
« Vous n'avez donc pas retenu la leçon ? » s'exclama brusquement Harry. Et, au moment où ils se retournèrent tous deux vers lui, l'air ébahi, il les frappa d'un Filet de Neptune.
Il avait appris ce sort durant l'été, quand il avait soudainement réalisé que s'il espérait un jour devenir auror il allait falloir qu'il commence à étudier. Au premier abord, le sort ne sembla rien faire de plus qu'un basique Aguamenti, mais l'eau se répandit ensuite progressivement sur les corps de Terry et Michael, puis commença à se solidifier peu à peu. Bientôt, l'eau ne gouttait même plus et les deux jeunes hommes étaient figés en plein mouvement, ressemblant davantage à des statues de cristal entremêlées qu'à de véritables personnes. Harry sourit d'un air sarcastique, secoua la tête et se tourna vers la fille venant de Slytherin. Elle le fixait avec des grands yeux et n'avait même pas réessayé de récupérer sa baguette magique, bien que celle-ci ne planât juste au-dessus de sa tête.
« Est-ce que ça va ? » demanda Harry.
Elle ne répondit mot. Elle joignit juste ses mains derrière son dos, et se redressa brusquement, toute en alerte. Peut-être s'imaginait-elle qu'il allait l'attaquer lui aussi, pensa Harry. Il s'était imaginé que la nouvelle de son serment aurait fait écho parmi tous les Slytherins à l'heure qu'il est, mais apparemment non.
« Je ne vais pas te faire de mal, » dit-il. Il leva le bras et attrapa la baguette, avant de la lui tendre. Elle s'avança vers lui sans le lâcher du regard une demi-seconde, lui arracha la baguette des mains, puis se précipita en arrière à nouveau pour rester hors de portée.
« Tout va bien, » commença Harry pour la rassurer, mais elle s'était détournée et avait déjà détalé. Harry la regarda courir dans le couloir jusqu'à ce qu'elle ait disparu, puis soupira.
Il reporta son attention sur Terry et Michael et renforça le Filet de Neptune sur eux. Il voulait être sûr que le sort ne disparaisse pas avant le lendemain matin. Puis, il retourna se coucher, se demandant ce qu'il se passerait lorsqu'il aurait à protéger un Slytherin qui serait plus âgé et plus susceptible de riposter que d'avoir peur de lui.
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La cicatrice le tira à nouveau hors du lit, cette fois après deux heures de broyage de noir et seulement dix minutes de sommeil. Harry piétina le sol d'un bout à l'autre de la salle commune, ignorant les protestations somnolentes qui le suivirent. Si lui et les Slytherins étaient condamnés à souffrir alors tout les autres auraient à en pâtir également. Peut-être que ça les inspirerait à cesser d'être stupide, pour une fois.
Parce que, cette fois, les deux personnes qui avaient coincé un Slytherin près de l'infirmerie étaient des amis de Ginny, des Gryffindors de sixième année. Et qui s'est dit que ça serait une bonne idée d'installer tous ces escaliers à Hogwarts ? Fichu Fondateurs, songea Harry encore à bout de souffle. Harry ne se souvenait plus des noms des deux idiotes mais ce n'était pas exactement le moment de leur demander. Il attendit une minute pour être sûr que c'étaient bien elles qui s'en prenaient au Slytherin et pas l'inverse, avant de surgir et de les ligoter contre le mur d'un coup de baguette. Elles avaient les poignets et les chevilles noués, ce qui n'était pas douloureux mais très inconfortable, et le sort était suffisamment puissant pour durer tout le reste de la nuit.
Puis, il se retourna et réalisa que le Slytherin en question n'était autre que Malfoy.
Harry le regarda fixement, puis jeta un nouveau coup d'œil aux filles avant de demander : « C'est un coup monté, c'est ça ? Je sais que tu aurais facilement pu les battre, Malfoy. »
« Aussi flatteuse soit ton opinion de moi, Potter, » répondit Malfoy d'une voix haletante, arrangeant son t-shirt fripé et ramassant sa baguette là où elle était tombée lorsque les filles avaient voltigé vers le mur. « Il est plutôt difficile de se défendre lorsqu'elles ont ma baguette et que le sang me coule dans les yeux. » Il pencha la tête et le visage de Malfoy fut illuminé par le clair de lune filtrant à travers la fenêtre. Harry réalisa alors que ses cheveux blonds si distinctifs étaient à présent noirs, dégoulinant de sang provenant d'une coupure au crâne. Il n'était pas étonnant qu'Harry n'ait pas reconnu Malfoy immédiatement.
« Idiotes, » s'exclama Harry à l'intention des filles juste pour faire bonne mesure. Il ignora leurs yeux qui s'agrandirent et leurs gémissements plaintifs. Au moins, elles restaient plutôt tranquilles. Harry n'avait pas envie d'écouter un nouveau discours d'autojustification. Il se dirigea vers Malfoy, évaluant la quantité de sang baignant le sol. Il y en avait suffisamment pour le faire jurer dans sa barbe. « Est-ce que tu as besoin d'aller à l'infirmerie ? Ou tu peux te soigner toi-même ? »
« Alors quoi, Potter, même pas une noble offre de ta part pour me guérir ? » demanda Malfoy en battant des cils. Maintenant qu'Harry se trouvait si proche, il pouvait voir à quel point ceux-ci étaient longs. Ce qui l'amena à se demander pourquoi quiconque voulant faire du mal à Malfoy n'avait jamais pensé à les lui couper. Il est certain que ça ravagerait au moins un peu son égo. « Je pensais que tu adorerais t'y coller, en bon héros que tu ne peux t'empêcher d'être. » Il lui jeta un regard qui en disait long avant d'ajouter : « Evidemment, étant donné que Kane est revenue à notre salle commune, un peu plus tôt, en hurlant à quel point tu étais flippant, peut-être que tu n'as seulement prêté serment pour attirer l'attention sur toi. Une fois de plus. »
« Oh, ferme ta gueule ! » répliqua sèchement Harry, et sur ce il lança l'un des rares sorts de guérison qu'il connaissait, un qui était supposé fermer les éraflures et les plaies peu profondes. Malfoy eut un hoquet de surprise, ce qui signifiait probablement que ça avait fonctionné. Harry savait que ce sort donnait l'impression de recevoir un saut d'eau froide sur la tête, du moins c'était ce qu'il ressentait lorsque Hermione l'utilisait sur lui. « J'ai essayé de l'aider. Mais elle s'est enfuie, croyant que j'allais lui faire du mal à elle aussi, j'imagine… »
« Un conseil, Potter… » Il secoua la tête, un sourire sarcastique sur les lèvres, faisant tourner sa baguette entre ses doigts sans jamais quitter Harry des yeux. « Si tu veux être le Sauveur des Slytherins, et je ne peux pas t'en vouloir puisqu'il semblerait qu'il y ait un clair manque d'offres d'emploi pour sauveurs à ce moment précis, alors à l'avenir il va falloir que tu agisses un peu plus comme si tu nous appréciais. »
« Je ne me suis pas fourré dans une telle situation parce que je t'apprécie, » répondit brièvement Harry, avant de s'éloigner. Malfoy était sain et sauf, les filles avaient été humiliées et il allait maintenant retourner se coucher.
« Tu ne vas pas m'escorter jusqu'aux cachots ? » Et il ajouta d'une voix plus aiguë : « Je pourrais être en danger sur le chemin. Quelqu'un pourrait essayer de me faire porter un masque à ton effigie, et tu n'as aucune idée à quel point ça nuirait à ma réputation. »
« Quelle réputation ? » demanda Harry. « Celle dans laquelle tu es un Mangemort, ou l'autre dans laquelle tu es un lâche ? »
Malfoy reprit son souffle comme si quelqu'un venait juste d'essayer de l'étouffer. Harry s'était immobilisé où il se tenait, les poings serrés, et se promettait à lui-même qu'il n'allait pas s'excuser. Malfoy était juste en train de se moquer de lui, à nouveau. Il était peut-être la victime cette fois, mais il ne pouvait pas s'empêcher de narguer Harry en continu. Il avait vu Harry faire le serment devant tout le monde, il avait vu Harry se lever et défendre quelqu'un qui avait passé des années à le tourmenter, et ce n'était toujours pas suffisant pour lui.
« Vraiment bas, Potter, » finit par chuchoter Malfoy. Harry sursauta presque, il avait pensé que cet imbécile s'était déjà retiré vers ses précieux cachots maintenant. Il jeta un coup d'œil par-dessus son épaule et constata que Malfoy le fixait, les yeux plissés. « Même pour toi. »
Harry se retourna complètement et marcha à nouveau vers lui. Il en avait marre, et personne n'était là pour l'écouter parce qu'aucun de ses amis n'était éveillé. Les Slytherins semblaient convaincus qu'il allait soit les tabasser l'un après les autres soit qu'ils pouvaient se permettre de le tourmenter à volonté. Alors, tant pis, il allait décharger toutes ces frustrations sur la tête de Malfoy.
« Je ne l'ai pas fait parce que je t'apprécie, » cracha-t-il au visage de Malfoy, qui croisa les bras sur son torse en guise de réponse. Génial, maintenant il fait aussi parti du club des gens qui pensent que ce geste m'intimide. « Je ne l'ai pas fait pour être dans tes bonnes grâces. Je ne l'ai pas fait parce que j'admire les Slytherins, ou parce que je pense que Snape était un courageux connard qui ne méritait pas la fin qu'il a eut. Parce qu'il était quand même un connard. Tu es un connard. Ce n'est pas parce que la moitié de l'école s'est mise à vous tourmenter que vous vous êtes tous transformés en brave martyrs. J'ai promis de vous protéger parce que vous ne méritez pas toutes les merdes que vous subissez. C'est tout. »
La respiration de Malfoy était trop rapide. « Alors que tu viens juste de me faire plus de mal que n'importe qui d'autre ait pu réussir jusque là, cette année, » murmura-t-il, « Je pense que j'ai le droit de contester. »
Harry le fixait. « J'abandonne, » dit-il. « Je renonce complètement à essayer de te comprendre. C'est exactement le genre d'insulte à laquelle tu aurais simplement rigolé si elle venait de n'importe quel autre Gryffindor, et tu le sais parfaitement. J'ai parlé avec Ron et Hermione et ils m'ont tous deux dit que tu t'en es déjà prises des biens pires sans que ça ne détruise ton habituel visage de pierre. Pourquoi est-ce que je me fais donc élire Distributeur d'Insultes Impardonnables ? »
Le couloir fut soudainement plongé dans un long silence, bien qu'Harry ne sût pas vraiment si cela pouvait compter comme silence lorsque le bruit de la respiration de Malfoy emplissait tout l'espace. Puis, Malfoy tourna la tête de côté et grommela rapidement quelque chose avant de partir, presque en courant, vers les cachots.
Harry clicha des yeux. Les mots avaient sonné tel que « Si tu n'arrives toujours pas à comprendre maintenant, alors tu ne comprendras jamais. »
L'unique chose à laquelle Harry pouvait penser était à quel point Malfoy avait toujours une si mauvaise opinion de lui. Il partait du principe qu'Harry adorait toute l'attention qu'il recevait et qu'il ferait tout pour la garder. Ce qui était logique, puisqu'il pensait sûrement qu'Harry avait fait ce stupide serment pour recevoir l'amour des Slytherins l'un après les autres. Et donc forcément c'est pour ça qu'il s'était fâché lorsque Harry l'avait insulté, parce que Harry recevrait maintenant toute l'attention que les Slytherins accordaient d'ordinaire à Malfoy.
Ou quelque chose du genre.
« J'abandonne complètement, » répéta Harry dans le vent, puis il s'adressa aux filles coincées contre le mur. « Je me rappellerai de vos visages, et si je vous y prends à nouveau… alors je vous retournerai le visage vers l'intérieur. Comme ça vos yeux n'auront d'autres choix que de fixer l'arrière de votre crâne. »
Elles le regardèrent avec horreur. Et, Harry couru rejoindre son lit, partiellement consolé par le fait qu'il avait encore les moyens d'effrayer les personnes qu'il avait besoin d'effrayer.
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Lorsque la marque le sortit du lit pour la troisième fois, c'était parce qu'un Gryffindor qu'il connaissait vaguement était en train de faire voltiger à l'envers un garçon de Slytherin dans le hall d'entrée. Harry le fit voltiger dans tous les sens à sont tour avec un bon Levicorpus. Il le secoua si fort que sa baguette, mais également toute une collection de saletés, pierres, plumes et ingrédients de potion volés tombèrent de ses poches, et ses dents s'entrechoquèrent bruyamment.
Puis, Harry l'attacha au plafond avec un Filet de Neptune et rendit sa baguette au garçon de Slytherin. Il pointa ensuite sa propre baguette contre sa gorge, lança un Sonorus et son cri se propagea jusque dans les profondeurs du château : « ALLEZ DORMIR ! »
Si cela avait fonctionné ou non, il ne le sut jamais, mais au moins il put rester allongé sans dormir, enragé, pour le restant de la nuit. Il ne ferma pas les yeux une seule fois, mais au moins personne d'autre ne sembla partir à la chasse aux Slytherins non plus.
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Le lendemain matin, la moitié de l'école semblait regarder Harry avec irritation. Cela n'incluait pas les Slytherins, qui le regardaient comme s'il était un Basilic ayant essayé de pétrifier des sang-purs. Harry se concentra sur sa nourriture et fit de son mieux pour les ignorer.
Il était tellement dans la mouise.
McGonagall se leva de la Grande Table ce matin pour faire un petit discours sur les attaques qui avaient eu lieu durant la nuit et rappeler que tout cela ne serait pas toléré. Et ça ne veut absolument rien dire, pensa Harry, remuant la cuillère dans son porridge avec morosité, surtout que les autres professeurs n'y prêtaient pas un brin d'attention. Il était certain que des élèves parviendraient à faire du mal aux Slytherins sans que personne ne s'en aperçoive.
Ca rendait Harry furieux, et malade. Ca lui rappelait l'école primaire et les professeurs qui savaient pertinemment ce que Dudley lui faisait subir mais ne s'en étaient jamais soucié, ou avaient simplement détourné le regard. Pourquoi n'intervenaient-ils pas ? Pourquoi fallait-il toujours que ça soit lui, qui n'était qu'un étudiant, certes également un héros, malgré lui, qui fasse leur job ?
Ca rendrait les choses un petit peu plus faciles si quelqu'un avait pu enseigner aux Slytherins comment se défendre…
Harry releva brusquement la tête et gloussa. Son rire sonna probablement de façon un petit peu trop démoniaque, puisque Ron et Hermione le regardèrent tous deux avec inquiétude. Harry agita la main et murmura, « Je viens juste d'avoir une nouvelle idée, c'est tout. »
Pourquoi ne pouvait-il pas créer quelque de semblable à l'Armée de Dumbledore, mais pour les Slytherins ? En admettant que l'un d'eux se pointe, évidemment, et ne s'enfui pas de terreur comme Kane, ou de rage comme Malfoy. Mais Harry devait penser à ceux qui étaient plus modérés dans leur réponse, plus rationnels, comme Parkinson. Ceux-là viendraient probablement.
Maintenant il allait falloir qu'il décide quand et où ces réunions se tiendraient.
« Hé, Potter ! »
Harry tourna brusquement la tête. Il reconnu cette voix bien avant de voir à qui elle appartenait, mais ce sur quoi il se concentra fut l'objet blanc qui arrivait à toute vitesse dans sa direction. Un pot, une cruche, une assiette, ça n'avait pas d'importance, puisque ça le frappa en plein visage et le propulsa en arrière si violemment que sa tête percuta le mur derrière lui.
Génial, pensa-t-il sardoniquement juste avant que la douleur ne l'assomme complètement. Peut-être qu'une attaque directe était ce dont j'avais besoin pour sortir les professeurs de leur complaisance.
Au moment où la douleur lui fit perdre connaissance, Harry pensa à quelque chose à quoi il n'avait plus pensé depuis des années : le sourire vide que Dudley avait l'habitude d'arborer lorsqu'il était en train de préparer un mauvais coup particulièrement stupide.
Stupide, mais à la fin duquel Harry se faisait toujours blesser.
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