Hello, merci un milliard de fois pour toutes vos reviews qui me font très plaisir et m'encouragent à traduire encore plus vite ! Je prendrai le temps de répondre à chacune d'entres-elles lorsque j'aurai fini ma traduction. Dans tous les cas, je suis contente de voir que cette histoire vous plaît. J'ai beaucoup aimé le tournant que prend l'histoire dans ce chapitre... Je ne spoil pas, mais je suis certaine que vous apprécierez aussi la tournure des événements... Allez, je ne vous retiens guère plus longtemps: bonne lecture !


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Chapitre Six – Ce n'est tout simplement pas sa semaine

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« Mais qu'est-ce que tu espères accomplir ? »

Harry leva les yeux au ciel. Il voulait juste manger son petit-déjeuner en paix, mais Hermione voulait des explications et Harry savait qu'il n'aurait sa paix qu'après les lui avoir données. Il posa sa cuillère de côté et se pencha vers Ron et Hermione pour qu'ils puissent tous les deux entendre.

« Juste leur faire peur, » répondit-il. « Je sais que la plupart d'entre eux ne s'arrêteront pas d'harceler les Slytherins juste parce que je le leur demande. Mais si on peut les terrifier à l'idée de s'en prendre aux Slytherins, ça marchera peut-être mieux. » Il reprit sa cuillère en main et eut à peine le temps d'attraper trois cornflakes lorsque Hermione répliqua.

« Mais, une discussion raisonnable marcherait tellement mieux, » dit-elle, légèrement attristée. « Honnêtement, Harry, si tu prenais le temps de parler un peu plus longtemps avec les gens avant de passer à l'action, ils réaliseraient qu'ils ont fait quelque chose de mal. Tu n'as pas besoin de les torturer. »

« Amusant, » dit Harry, une fois qu'il eut avalé, « que tu te soucies autant de Malfoy et moi allant terrifier ces imbéciles, alors que tu n'en avais rien à faire quand les Slytherins souffraient. »

Hermione ouvrit la bouche, puis la referma brusquement. Ron laissa échapper un petit rire et dit « Il t'a coincé là ! », ce qui lui valut un regard noir de la part d'Hermione.

« Je n'ai pas… Bien sûr que j'en avais quelque chose à faire, » protesta Hermione, mais le ton de sa voix était faible. Elle baissa les yeux et sembla soudainement fascinée par les œufs dans son assiette.

Harry refoula un éclat de rire et s'empressa de finir son petit-déjeuner avant qu'on ne l'interrompît à nouveau. Il regarda autour de lui, pour la première fois depuis qu'il avait prêté le serment il n'avait pas été tiré hors du lit pendant la nuit. Il espérait que les élèves avaient enfin pris son avertissement au sérieux et que ça ne recommencerait pas.

Un bon nombre d'espaces vides entouraient les tables des Gryffindor et des Hufflepuff ce matin, alors que celle des Slytherins semblait plus bondée qu'Harry ne s'en souvenait. Il espérait que c'était bon signe, même si l'idée que certains Slytherins aient pu se sentir trop effrayé pour prendre leurs repas le mettait en colère. Si l'école pouvait juste retenir la leçon sans qu'il ait besoin de refaire son speech tous les deux jours, alors les choses reviendraient à la normale.

Harry commençait à comprendre ce que Snape devait ressentir lorsque tellement d'élèves refusaient simplement d'apprendre.

Malfoy était assis tout au bout de la table des Slytherins, évidemment, le visage tellement béat qu'Harry se demandait presque si ce n'était pas un imposteur sous Polynectar. Il croisa le regard d'Harry et se redressa, sans le lâcher du regard, puis il lui fit un signe de la tête. Il voulait probablement faire savoir à tout le monde avec qui il s'était associé, pensa Harry en lui rendant son signe de tête. Probablement en train de se demander comment il pourrait utiliser cette « amitié » avec le Garçon Qui A Survécu à bon escient. Bon, Harry s'en fichait un peu, du moment qu'il ne faisait rien de criminel.

Une soudaine agitation à la Grande Table lui fit tourner la tête. McGonagall s'était levée, une expression sévère recouvrait tellement son visage que Harry se mit à grogner. Lorsqu'elle fronçait les sourcils de cette façon, quelqu'un était généralement sur le point de se prendre une retenue et un long discours moralisateur et sentencieux.

Hermione l'avait aussi remarquée et donnait des petits coups de coude autour d'elle pour inciter les gens à se taire, lançant quelques « Chut ! » par ci par là. Harry leva les yeux au ciel et lui donna une tape sur l'épaule. « Arrête de dire aux gens de se taire, » lui chuchota-t-il.

Hermione rougit et se tut juste au moment où McGonagall commença à parler. Harry se demandait si elle avait jeté le sort Sonorus à sa gorge, parce que sa voix semblait porter plus que davantage.

« Hier soir, une sérieuse attaque envers certains élèves a eu lieu à la bibliothèque, » dit McGonagall. « Impliquant des illusions pour semer la panique et la terreur. » Son regard sembla s'arrêter sur Harry l'espace d'une seconde, et il lui rendit son regard, les bras croisés derrière sa tête. Elle pouvait toujours essayer de l'empêcher de protéger les Slytherins, mais il doutait sérieusement que le serment apprécie.

McGonagall secoua la tête et détourna le regard. « Les élèves impliqués ont admis que ce qui leur était arrivé, ou du moins ce qu'ils ont cru qui leur était arrivé, était dû au fait qu'ils refusaient l'accès à la bibliothèque aux élèves de Slytherin. » Elle se pencha en avant et posa les mains sur la table, un air décidé sur le visage. Harry cligna des yeux. Un lourd silence s'abattu sur la Grande Salle.

Va-t-elle vraiment…?

« C'est une école, » dit McGonagall. « Une école fondée par quatre personnes qui ont travaillé ensemble pour créer une institution d'apprentissage, une école où tous les élèves auraient la même chance, bien que d'une façon différente. La raison pour laquelle le Choixpeau vous place dans des maisons est pour renforcer vos points forts en particulier et vous donner la chance d'être avec des personnes comme vous. Aucune maison n'est mauvaise en soi, bien que certaines aient pu produire un pourcentage plus important de Mages Noires que d'autres. »

Merci pour ce petit rappel, pensa Harry avec irritation, mais il savait que McGonagall essayait simplement d'être juste.

« Quiconque empêchant à d'autres élèves la possibilité d'apprendre, que ce soit en barricadant la bibliothèque, en prenant leurs livres ou en créant un environnement de panique, où il doivent davantage se soucier de leur sécurité plutôt que de leur devoirs, seront punis à l'avenir. » McGonagall fit une pause puis prononça ses derniers mots d'une voix appuyée : « Avec sévérité. »

Puis elle se rassit et continua à manger son petit-déjeuner. Le silence se brisa doucement en discussions animées et regards inquiets.

« Voilà, » grommela Hermione. « Elle va punir tous ceux qui s'en prennent aux Slytherins maintenant ! » Elle sourit largement à Harry. « Est-ce que ça répond à certaines de tes préoccupations ? »

« Certaines, » répondit Harry. « Pas toutes. » Il tourna la tête et, bien évidemment, le regard de Malfoy l'attendait. Il hocha la tête, comme si Harry lui avait posé une question à voix haute, puis détourna la tête pour écouter ce qu'une fille de première année lui disait. « Ca aurait été sympa si elle avait pu mentionner le fait que les Slytherins avaient été ceux privés de la possibilité d'apprendre, au lieu de laisser entendre que ça s'appliquait à tout le monde de la même façon. »

« Eh bien, ça pourrait, » dit Hermione. « Si quelqu'un de Slytherin décidait de barricader la bibliothèque pour les Gryffindor, ça reviendrait au même. »

Harry se rendit brusquement compte qu'il ne voulait plus de son petit-déjeuner. Il repoussa son assiette, se leva et dit à Hermione : « On se voit en Potions, » puis il quitta la Grande Salle.

Hermione lui répondit quelque chose dans son dos. Mais Harry se contenta de secouer la tête et de continuer à marcher. Lorsqu'il fut hors de la Grande Salle, il s'adossa contre le mur et prit de grandes inspirations, dans l'espoir que ça puisse libérer ses poumons du lourd poids qui l'écrasait.

Je ne… oui, ça pourrait arriver. Mais ce n'est pas ce qui s'est passé. Pourquoi est-ce que tout le monde est plus intéressé par les situations hypothétiques que par ce qui se passe juste devant leurs yeux ?

Harry se tint là jusqu'à ce qu'il suffisamment calme, puis se dirigea vers la classe de potion, où son humeur ne fut guère arrangée. Un élève de Hufflepuff ne cessa de lui lancer des regards noirs tout le cours durant, et Slughorn arborait un air triomphant comme si il avait personnellement résolu le problème.

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Harry atterrit en douceur, le vent ébouriffant ses cheveux alors que ses pieds touchaient le sol. Il savait qu'il était probablement en train de sourire comme un crétin. Mais personne n'était sur le terrain pour le voir, donc ça n'avait pas d'importance.

Il sauta de son balai et se dirigea vers la remise de Quidditch, se penchant de côté et étirant ses bras au-dessus de sa tête pour soulager ses muscles endoloris. Il n'avait pas eu de séance de Quidditch aussi bonne que celle-ci depuis bien longtemps. S'envoler sur son balai sans avoir à se soucier de quoi que ce soit d'autre que du vif d'or, voler en cercles, descendre en flèche, et juste s'entrainer.

Ca le mettait en retard pour l'essai de Défense Contre les Forces du Mal qu'il avait à finir pour demain, mais ça en valait vraiment la peine, pensait Harry alors qu'il rangeait son équipement. Il pouvait écrire son essai dans son sommeil, et il pouvait affirmer sans se vanter qu'il en savait plus que le professeur Meadows, l'homme complètement axé sur la théorie que McGonagall avait embauché pour poste cette année. Et, de toute façon, Meadows s'inclinerait probablement devant lui et accepterait n'importe quel devoir que le Génialissime Harry Potter pourrait lui rendre.

Quelquefois ça avait du bon d'être l'Elu.

Un sort le frappa au milieu du dos, le faisant décoller du sol et aller s'écraser contre le mur de la remise.

L'impact fit rouler Harry sur le sol, il rentra la tête et l'entoura de ses bras pour se protéger. Il en fut récompensé par un coup à l'épaule plutôt qu'à la tête lorsqu'il cogna le mur, et l'espace d'un instant il eut la sensation d'avoir perdu l'usage de son bras gauche tellement la douleur l'immobilisa.

Enfoiré, dommage pour toi que ce n'est pas la main qui tient ma baguette. Harry était comme enragé alors qu'il se redressait avec peine et attrapait sa baguette de sa main droite.

Il n'y avait personne à la porte de la remise. Harry tourna sur lui même, jetant des regards vifs autour de lui, mais peu importe où il regardait il ne pouvait distinguer aucun endroit où l'attaqueur aurait pu se cacher. Et il était maintenant fort probable que l'attaqueur se soit enfui et soit bien loin déjà.

Alors que l'adrénaline retombait, Harry commença à examiner ses blessures. Une épaule meurtrie et un bras engourdi, oui. Mais le petit point dans son dos où le sort l'avait frappé en premier lieu lui faisait un mal de chien. Il se tordit dans tous les sens, essayant d'apercevoir la blessure, et décida finalement d'aller dans les douches pour user du miroir.

Il se déshabilla là et hoqueta immédiatement en apercevant l'état de son dos. Une large ecchymose bleu-noir recouvrait la moitié de son dos, et pourtant il avait la sensation que ça faisait encore plus mal que ça en avait l'air. Harry appuya légèrement sur la zone avec ses doigts et recula presque aussitôt sa main comme s'il venait de toucher un fer chaud. Au moins, il avait l'impression de retrouver les sensations de son bras gauche. Le sort, qu'il n'arrivait pas à reconnaître, avait fait bien plus de dégâts que la chute.

C'était quoi ce bordel ?

Harry secoua la tête et enfila à nouveau son t-shirt. Au moins il ne semblait pas saigner où que ce soit, et il savait exactement pourquoi ça lui été arrivé. De toute évidence quelqu'un n'était pas content de la façon dont il défendait les Slytherins. Mais tout cela lui donnait juste encore plus envie de donner des cours de défense aux Slytherins, et d'en faire plus encore même.

Harry ne put s'empêcher de sourire à cette pensée. Oui, il y avait quelque chose d'autre qu'il pouvait faire, quelque chose qui ferait de la persécution des Slytherins un problème pour tous.

J'avais raison. Essayer de les raisonner ne fonctionne pas. Essayer d'impliquer les professeurs ne marche pas, bien que ça ait pu en apaiser un ou deux. Les seules choses qui marchent sont les menaces et la peur… jusqu'à ce qu'ils arrêtent.

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« Attention, » dit une voix calme au-dessus de leurs têtes, le lundi suivant, alors qu'ils étaient en cours de Potions. « Attention. Un élève de Slytherin est en train de se faire maltraiter dans les cachots. »

Slughorn cligna des yeux et releva la tête, tout comme le reste de la classe. « Qu'est ce que c'est que ça ? » demanda-t-il, à personne en particulier.

Harry savait exactement ce que c'était, évidemment : une des alarmes de surveillance qu'il avait placées un peu partout dans l'école, et qui étaient supposées réagir lorsque quelqu'un portant une cravate de Slytherin se mettait à ressentir de la douleur dans la zone alentour. Bien sûr, ça n'empêchait pas la cicatrice sur son torse de le brûler et de le tirer aussitôt de sa chaise pour se diriger vers les cachots. Mais, au moins, tout le monde saurait ce qu'il se passe.

« Attention, » répéta la voix, sur un ton encore plus strident cette fois. « Attention. Un élève de Slytherin est en train de se faire maltraiter dans les cachots. »

« Qui a fait ça ? » demanda Slughorn. « Eteignez ça. Et Mr. Potter, où croyez-vous aller comme ça ? »

« Vous avez entendu la voix, » dit Harry avec innocence, avant de s'éclipser de la classe. Et il était bien content de pouvoir s'en échapper, aussi loin que possible de l'adulation que lui portait Slughorn.

Il avait couru la plus grande partie du trajet, avec comme bruit de fond l'alarme répétant la même litanie de plus en plus fort, lorsqu'il remarqua qu'il était suivi. Harry se retourna brusquement, la baguette dans sa main. Qui que ce fût, il allait devoir s'occuper de son cas rapidement pour pouvoir se concentrer sur la réelle menace à laquelle le Slytherin était en train de faire face.

Son dos lui fit mal lorsqu'il se tourna, et sa vue devint vague l'espace de quelques secondes à cause de la douleur. Harry siffla entre les dents. Sa stupide blessure au dos était toujours là et il avait commencé à remarquer du sang dans son urine la dernière fois qu'il était aux toilettes. Mais il finirait par s'en remettre et c'était vraiment le cadet de ses soucis là tout de suite.

Malfoy fit un rapide pas en arrière, levant une main. « Je veux juste aider, Potter. Je pense qu'il est temps que nous apprenions à nous défendre tous seuls. » Il fronça les sourcils et l'observa de plus près. « Qu'est ce qui ne va pas ? »

« Je suis juste fâché que ça se produise encore, » dit il d'un ton brusque. Puis il recommença à courir, l'alarme toujours en train de hurler. Malfoy le suivit, ou du moins c'est ce qu'en déduisit Harry par le bruit de pas sourd derrière lui. Bon, ok. Il pouvait venir, et peut-être intervenir. Harry espérait juste qu'il ne se mettrait pas en travers.

Il trouva le Slytherin, un quatrième année, qui s'était fait coincé dans l'une des salles de classe abandonnées qu'Harry avait toujours supposé être les salles de torture de Snape. Les deux étudiants au-dessus de lui portaient tous deux des robes et cravates de Gryffindor, et c'est tout ce qu'Harry eût le temps de remarquer avant que la rage ne l'emporte sur lui.

« Alapa ! » cria-t-il, et les deux Gryffindor firent un bond en arrière et hurlèrent au même moment lorsque le sort leur donna la même sensation qu'une violente gifle sur la joue. Harry se jeta entre le Slytherin et les Gryffindor et pointa sa baguette sur eux, serrant bien les dents lorsque l'idiote douleur dans son dos le piqua à nouveau.

Il fut soulagé de constater qu'il ne connaissait ni l'un ni l'autre, bien qu'ils fussent en cinquième année. Il était fatigué de connaître des gens impliqués dans cette merde. Ca avait été suffisamment dur de voir que des Gryffindor faisaient partie des élèves qui avaient bloqué la bibliothèque la semaine passée. Il agita sa baguette et l'alarme hurla une dernière fois puis devint silencieuse. Harry voulait s'assurer que ces deux imbéciles entendent tout ce qu'il avait à dire.

« Dégagez, » dit-il. « Ou j'attacherai vos chevilles ensemble et ferai de vous de la chair à pâté pour nourrir les loups-garous. »

Les deux garçons échangèrent des regards. L'un d'entre eux grommela quelque chose. L'autre secoua la tête et se retourna pour faire face à Harry. Il prit une grande inspiration et dit :

« Mon nom est Ian Gerrold. »

« Et ? » demanda Harry, bien qu'il fût partiellement content de pouvoir épingler un nom sur ce visage. Il chancela légèrement et grimaça lorsqu'il eût la soudaine sensation que quelque chose lui frappait le dos à nouveau. Quand ça veut ça s'arrête. Il lança un regard à la porte derrière les deux garçons et découvrit que Malfoy avait disparu. Harry grogna. Il s'était déjà cassé.

« Je te défie en duel, Harry Potter. Un formel duel de sorciers, » déclara Gerrold en faisant un pas en avant, les yeux brillants.

Harry jeta un regard rapide au Slytherin et estima qu'il ne semblait pas trop amoché, si ce n'est un ou deux bleus sur le visage. Il fit un signe de tête à Harry, puis se plaqua contre le mur comme pour se protéger d'un éventuel sort. Harry avait de plus en plus l'impression que toute cette mise en scène n'avait été qu'un piège pour l'attirer ici lui, plutôt que l'autre garçon.

« Très bien, » dit-il. « Où et quand ? »

« Ici, » répondit Gerrold. Il s'inclina aussitôt pour saluer et jeta son premier sort si rapidement qu'Harry n'eût même pas le temps de lui rendre son salut.

Harry poussa un juron lorsque le sort le frappa au bras, et une vive sensation de douleur lui remonta jusque dans la colonne vertébrale au point que ça lui piqua les yeux. Il avait été stupide de se faire prendre si facilement, il aurait dû être sur ses gardes. Le choc le renversa en arrière, il trébucha sur le bureau et atterrit sur son dos alors que Gerrold lançait une seconde attaque. Heureusement, le Charme du Bouclier sembla suffisant pour le dévier.

L'ami de Gerrold s'était écarté, et le Slytherin n'était à présent plus caché derrière Harry, mais avait couru se cacher derrière une table. Au moins il n'aurait pas à se préoccuper de lui, pensa Harry alors qu'il se redressait doucement et non sans peine. Son dos le brûlait, son bras le brûlait et le bleu sur son épaule semblait aussi s'être réveillé.

« Je n'étais pas au courant qu'un formel duel commençait sans avoir formé un cercle en premier lieu, » s'exclama Harry en s'avançant vers Gerrold.

« C'est pour les imbéciles, » rétorqua Gerrold, puis il fit un mouvement de baguette élaboré et s'écria : « Arcuo ! »

Harry lança un nouveau Charme de Bouclier, mais pas aussi puissant que le précédent et le sort le frappa, le forçant à courber sa colonne vertébrale comme pour s'incliner. Il connaissait ce sortilège. Il allait le forcer à se plier de plus en plus jusqu'à ce que ses os ne se brisent, ou du moins jusqu'à ce qu'il lâche sa baguette.

Heureusement, il avait une grande tolérance à la douleur. Harry parvint à lever sa baguette et s'écria : « Finite Icantatem ! Incarcerous ! Expelliarmus ! »

Le premier sort le libéra et il s'écroula au sol en suffocant. Il regarda toutefois avec satisfaction ses sorts atteindre leur cible, un à un, ligotant Gerrold, propulsant sa baguette vers Harry qui l'attrapa à la volée. Harry se redressa, grimaça, et jeta un coup d'œil par-dessus son épaule pour s'assurer que le Slytherin était toujours ok.

« Mon nom est Oswald Everhardt, » déclara l'autre Gryffindor.

Harry grommela à haute voix. Il comprenant maintenant leur stratégie : l'épuiser dans de formels duels qu'il ne pouvait refuser, et continuer ainsi jusqu'à ce qu'il n'ait plus suffisamment de force et soit forcé d'abandonner.

« Stupefy, » s'exclama une voix qui semblait provenir du corridor. Les yeux d'Everhardt s'écarquillèrent tandis qu'une lumière rouge s'écrasait sur lui. Harry pointa sa baguette en avant, juste au cas où l'attaquant en avait aussi après lui, puis leva les yeux. Il secoua la tête en apercevant Malfoy surgir sur le pas de la porte.

« Il était temps que tu te pointes, » dit il. « Peux-tu vérifier l'état de ton pote ? Il se peut qu'il ait quelques blessures que je n'ai pas vues. »

« Il va bien, » dit Malfoy, sans même jeter un coup d'œil au garçon alors qu'il s'avançait vers Harry. « C'est toi qui devrait aller voir Madame Pomfrey. »

« J'ai juste mal au bras à cause d'un des sorts, mais c'est déjà en train de passer, » dit Harry en secouant son bras droit. « Tu vois ? Et pour… » Il se tourna vers le garçon de quatrième année. « C'est quoi ton nom ? »

« Xavier, » marmonna-t-il, les yeux rivés sur le sol. Puis il réalisa que ce n'était pas suffisant, leva les yeux et ajouta : « Xavier Reynolds. »

Harry l'encouragea d'un signe de tête, puis se retourna vers Malfoy. « Je suis ravi de voir que tu peux diagnostiquer Reynolds sans même lui jeter un coup d'œil. Et je suis certain que tu feras un super Guérisseur, mais en attendant tu pourrais au moins essayer d'agir comme s'il méritait un minimum d'attention et l'escorter jusqu'à l'infirmerie ? »

« Potter, ne fait pas l'idiot, » dit Malfoy, d'une voix si basse et acerbe qu'Harry le regarda fixement. Il avait cru que lui et Malfoy avait commencé à s'entendre, bien qu'ils aient encore beaucoup de chemin à faire pour se qualifier d'amis. Mais au moins ils avaient passé le stade des insultes sans raison.

« C'est toi l'idiot, » répliqua Harry. « Ecoute, on a encore eu une nouvelle attaque, et l'un d'entre nous devrait aller voir McGonagall cette fois, parce qu'elle a beau avoir fait une annonce, ça n'a pas arrêté ces deux là. Mais au moins, cette fois les alarmes auront permis de faire savoir à tout le monde ce qu'il se passait. On devrait rendre les noms publics des deux Gryffindor aussi vite que possible. » Il regarda avec mépris Gerrold et Everhardt et secoua la tête. « Et peut-être essayer de trouver un remède à la stupidité tant qu'on y est. »

Malfoy saisit son bras. Harry se crispa et grogna dans sa barbe, alors que Malfoy hochait la tête avec satisfaction. « Tu entends ça ? C'est un signe que le sort a eu plus d'effet que tu ne le croies. » Il commença à tirer Harry vers la porte, ignorant le fait que Reynolds était toujours en état de choc juste à côté d'eux et que tirer Harry était plus susceptible de lui faire mal qu'autre chose. « Tu as besoin de voir Madame Pomfrey. »

Harry ouvrit la bouche pour protester, mais, au même moment, Malfoy passa son bras autour d'Harry, écrasant son dos. Harry ne put se contenir cette fois ; il poussa un cri de douleur et fit un bond. Malfoy se figea aussitôt et se tourna vers lui, le visage pâle. Bon, plus pâle que d'ordinaire, se corrigea Harry, dont le visage commençait déjà à rougir d'embarras pour ne pas avoir réussi à se tenir tranquille.

« Je t'ai fait mal ? » demanda Malfoy qui avançait déjà le bras pour toucher le dos d'Harry à nouveau. Ses doigts effleurèrent avec douceur l'endroit où se trouvait la contusion.

« Oui, » dit Harry, qui s'esquiva aussitôt au toucher. « Ecoute, c'est rien, ok ? Quelqu'un m'a tendu une embuscade à la remise de Quidditch l'autre jour et m'a lancé un genre de sort qui m'a projeté contre le mur. Mais je ne peux pas les laisser penser qu'ils ont réussi à m'atteindre, parce qu'ils ne font ça que pour me décourager de vous aider. Donc… »

Malfoy l'ignora et remonta son t-shirt avant qu'Harry n'ait eu le temps de réagir. Un moment plus tard, il mentionna quelques actes créatifs que des Hippogriffes et des centaures devraient apparemment faire ensemble. Puis il fit volte-face. Ses lèvres étaient si serrées qu'Harry secoua la tête et leva les yeux au ciel. Il pouvait comprendre que Malfoy fût bouleversé par le fait que leur protecteur souffrît d'une blessure, mais il semblait… personnellement bouleversé, d'une certaine manière, comme si Harry était véritablement son ami.

Bon, j'imagine que quelqu'un peut considérer quelqu'un d'autre comme son ami, même si ce n'est pas le cas pour l'autre.

« Je connais ce sort, » dit Malfoy. « C'est supposé créer une hémorragie interne qui s'étend de plus en plus et devient de plus en plus sévère. »

Harry leva les yeux au ciel une fois de plus. « Hé, Malfoy, je pense que je l'aurais remarqué si j'avais ça. Ce n'est pas une hémorragie interne. Il y a un peu de sang quand je pisse et c'est carrément douloureux, mais c'est tout. » Il s'arrêta et jeta un coup d'œil suspicieux à Malfoy, se demandant si il lui avait lancé un genre de sort pour lui délier la langue. « Et je n'arrive pas à croire que je suis en train de te raconter ça. »

« C'est encore pire, » s'exclama Malfoy. « Une des variations du sort mène à une insuffisance rénale à terme. Potter. Harry. Viens avec moi. Tu as besoin d'aller voir Madame Pomfrey avant que ça ne se propage davantage. » Il passa un bras autour des épaules d'Harry cette fois, et commença à l'aider à marcher vers la porte. Il arborait une expression étrangement tendre sur le visage. Harry ressentait le besoin de détourner les yeux de lui, parce que ça le faisait se sentir tout bizarre de l'intérieur, comme si une flopée de papillons tourbillonnait dans son ventre.

« Mais c'est exactement ce qu'ils veulent, » protesta Harry, essayant avec acharnement de se dégager, mais sans succès. « Ils veulent me voir cloué au lit à l'infirmerie et incapable de vous aider. C'est déjà assez dur que je me sois retrouvé là à cause de la stupide assiette de Matthieson. Je ne peux plus reculer maintenant. »

« C'est un maléfice, » dit Malfoy, son visage était si proche de celui d'Harry qu'on aurait pu croire qu'il allait lui donner un coup de tête. Harry se cramponna à sa baguette, juste au cas où Malfoy tentait de l'assommer. « Une malédiction. Personne ne va te blâmer une fois qu'ils sauront ce qu'il s'est passé. Et les Slytherins en entendront parler. On montera la garde pour toi. »

« Ca devient ridicule, » grogna Harry. « Tu savais que tes yeux deviennent gris et ont l'air de tourbillonner lorsqu'on les regarde de près ? »

« Tu es clairement en train de délirer et je ne peux pas te faire confiance pour prendre soin de toi, » dit Malfoy gentiment, puis il fit une pause. Toutes expressions avaient quitté son visage, excepté un air d'intense inflammation, comme s'il était en feu. Et Harry eut l'impression qu'ils étaient une fois de plus sous les prises d'un Feudeymon. « Harry. S'il te plaît fais-moi confiance. C'est vraiment mauvais. »

Lui faire confiance ? Harry baissa les épaules, sa peau le picotait. C'était bizarre et étrange, plus étrange que le serment et le fait de protéger les Slytherins en premier lieu, et il n'était pas sûr d'aimer ça. Il ne pouvait pas dénier le fait que Malfoy se démenait bien plus que nécessaire pour le protéger.

Et la façon dont il regardait Harry n'était pas exactement la façon dont tu regarderais un ami.

Mais c'était persuasif, d'une certaine façon. Harry baissa la tête, et soupira lorsque les bleus sur son épaule et sur son dos, son bras qui avait été touché par le sort de Gerrold et même sa colonne vertébrale se joignirent tous à la chorale d'agonie.

« Très bien, » grommela-t-il. « Juste pour cette fois. »

Malfoy tendit la main et toucha le visage d'Harry, légèrement. Il effleura sa joue, comme s'il supposait qu'un toucher plus ferme lui ferait mal. Il ouvrit la bouche, commença à dire quelque chose, puis se tut à nouveau.

Ses mains qui aidaient Harry à marcher hors de la salle de classe et vers l'infirmerie étaient ridiculement douces. Harry marchait avec prudence et évitait avec la même prudence de regarder à nouveau Malfoy dans les yeux. Il se convainquait que c'était parce que Reynolds traînait quelque part derrière eux et qu'il ne voulait pas risquer de faire une scène en public.

Il y avait certaines choses qu'il ne serait jamais prêt à dire à voix haute, et il y avait certaines choses qu'il préférerait juste arrêter de ressentir, là tout de suite. Il aurait voulu que la chaleur dans son corps et la faiblesse de sa colonne vertébrale allassent immédiatement se cacher. Tout cela n'était pas bon pour lui.

Puis-je rejeter tout cela sur le sort de Gerrold ?

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