Hello, je suis désolée pour ce retard, j'étais en vacances pendant une dizaine de jours et je n'ai pas du tout eu le temps de traduire... Merci pour tous vos adorables messages, je me sentais vraiment frustrée de ne pas pouvoir vous le mettre en ligne plus tôt, mais le chapitre est enfin là! Et les deux suivants (et derniers) seront traduits au plus vite. Bonne lecture :)
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Chapitre Dix – Un peu de défense et un peu sur la défensive
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Lorsque Harry débarqua dans la Salle sur Demande, la première chose qu'il remarqua fut le silence. Il s'arrêta et regarda autour de lui, se demandant si quelqu'un venait juste de lancer un sort si impressionnant que tout le monde avait cessé de parler.
A la place, il vit que tous les regards étaient dirigés vers lui. Harry grogna et tapa dans ses mains. « Oui, oui, je suis là, » dit il. « Celui qui vous a donné cette brillante idée en premier lieu. Et maintenant, si vous payiez attention à ce que vous êtes censés faire, hein ? C'est à dire ne pas me prêter plus d'attention que je n'en ai déjà eu aujourd'hui, ok ? Vous ne savez jamais, ça pourrait tellement me monter à la tête qu'elle commencerait à enfler et je finirai par m'envoler comme un ballon. »
Cela entraîna quelques éclats de rire étouffés et un ou deux regards prudents qu'Harry ne comprit pas trop, et les duels reprirent. Harry marcha à côté des paires et devant les groupes des professeurs de Gryffindor et de Ravenclaw, offrant ses conseils dès qu'il le pouvait.
« Non, ce n'est pas comme ça qu'on fait le Charme du Patronus, à moins que tu ne veuilles qu'il traverse le mur et prévienne toute l'école qu'on s'entraîne ici. »
« Tu n'as pas besoin de le crier dessus, ils ressentent ce que tu veux. »
« Non, évidemment que tu ne dis pas Prego. It's Protego. Tu entends la différence ? »
Lorsqu'il atteignit enfin l'autre bout de la salle, Harry avait commencé à se détendre, pour deux raisons : personne n'avait gloussé ou plaisanté sur le fait qu'il ait potentiellement dormi avec Malfoy, et Malfoy lui-même ne se trouvait pas dans la pièce.
Bien sûr, maintenant qu'Harry y réfléchissait plus sérieusement, il commençait à se poser des questions. Malfoy s'était dirigé vers la Salle sur Demande bien avant lui, il aurait dû être là. Est-ce que quelqu'un lui avait-il tendu une embuscade en chemin ? Peut-être quelqu'un comme Romilda Vane qui s'imaginait qu'Harry lui appartenait et que Malfoy devait prendre un numéro et faire la queue.
Harry essaya de croiser le regard de Zabini pour lui poser la question, mais Zabini ne prêtait qu'attention, une féroce attention, à Parkinson et semblait l'ignorer complètement. Harry dut marcher à grands pas pour le rejoindre et pratiquement crier dans son oreille pour que Zabini daignât enfin se retourner.
« Est-ce que tu sais où est Malfoy ? » demanda Harry. « La dernière fois que je l'ai vu c'était il y a dix minutes et il a dit qu'il viendrait ici, mais il n'est pas là. Est-ce qu'il aurait pu retourner à la Salle Commune ou prendre un autre chemin ? »
Zabini gloussa, il n'y avait pas d'autres mots pour le décrire, puis il se retourna vers Parkinson en tendant la main. « Je te l'avais dit, » dit-il. « Je te l'avais fichtrement dit. Toi et ton heure ! Paye-moi. »
« C'était idiot comme pari, de toute façon, » répondit Parkinson en extirpant un Gallion de la poche de sa robe, puis elle le fourra dans la main de Zabini. « Et puis, l'expression sur son visage quand il a demandé pour Draco valait tout l'or du monde. » Elle offrit un sourire narquois à Harry puis releva la baguette comme pour continuer à pratiquer le Charme du Bouclier.
« Sur quoi est-ce que vous avez parier ? » demanda Harry, faisant de son mieux pour paraître perdu plutôt qu'énervé. Après tout, d'autres élèves s'étaient arrêtés pour les regarder et il ne voulait pas se disputer avec deux Slytherins devant tout le monde. Ils avaient passé tellement de temps à arranger les relations entre la Maison Slytherin et lui. « Sur combien de temps il prendrait à Malfoy de se montrer ? »
« Non, sur combien de temps ça te prendrait de demander à propos de Sa Grâce Le Pleurnicheur, » dit Zabini. « J'ai dit que ça te prendrait moins d'une demi-heure et Pansy pensait que ça te prendrait au moins une heure. » Il sourit à Harry, et c'était un sourire si doux et compréhensif que personne n'aurait pu prédire ce qu'il allait dire ensuite. Du moins, Harry ne le prédit pas. « Qu'est-ce qui se passe, Potter, ça te manque déjà d'être rempli d'amour ? »
Harry voulait lever sa baguette. Mais ce n'était pas quelque chose que tu faisais à un supposé allié, même si cet allié avait dit quelque chose de terriblement stupide. Il avait envie de lui donner un coup de poing, mais ce n'était pas non plus ce que tu faisais à quelqu'un que tu étais supposée protéger.
Il se contenta donc de redresser les épaules à la place, regarda Zabini droit dans les yeux et dit : « Si il préfère aller se balader tout seul sans aucune protection, j'imagine que j'attendrai juste que la marque me prévienne pour aller le voir. » Et il se détourna.
Zabini marmonna quelque chose à voix basse juste derrière lui, ce à quoi Parkinson répondit d'un rire mauvais. Harry pensait que c'était vraiment héroïque de sa part d'oser le provoquer et se retint de se retourner et d'envoyer un Maléfice Cuisant.
Pour essayer de se sortir Malfoy de la tête, il accepta de faire un duel avec Ron, pour que les élèves puissent observer un pur et dur affrontement entre deux personnes autant expérimentés l'un que l'autre. Harry ordonna aux autres de s'écarter pour qu'ils aient suffisamment de place.
Zabini se pencha en avant, et agita un doigt désapprobateur à Harry. « Allons, Potter, tu sais bien que Sa Puissante Pâleur serait contrarié que tu te ne te placent toi-même en danger. Si tu es violemment projeté en arrière, qui est-ce qui va pouvoir t'attraper si il n'est pas là ? »
Ron ricana, le traître. Harry leur tourna majestueusement le dos. Voilà une raison de plus qu'il avait de ne pas aimer les Slytherins. Ils étaient tous déterminés à le rabaisser bien qu'il eût passé tous ses derniers jours à les aider. Ou bien ils étaient déterminés à l'attacher à un autel comme une vierge à sacrifier à Malfoy. Harry n'avait pas encore décidé si les deux étaient possibles ou non.
Mais les autres élèves finirent par s'écarter, juste comme il l'avait demandé, et Harry et Ron se saluèrent sans se quitter des yeux. Harry espérait que tout le monde avait remarqué parce qu'il n'avait pas vraiment le temps de donner des explications en même temps.
« Je vais nettoyer le sol de ton cul, mec, » murmura Ron. « Rien de personnel, mais Hermine regarde. »
Harry hocha la tête avec compréhension. « Tu as de la chance qu'il n'y ait personne que je veuille impressionner ici. »
Ron cligna des yeux, puis hocha la tête. « Oh, c'est vrai, parce que Malfoy n'est pas là. Mais vous avez l'air assez proche toi et Zabini. Peut-être qu'il peut faire substitut ? »
Juste pour ça, pensa Harry, tu vas voir ce que tu vas voir. Et, alors que Ron faisait un pas en avant et tournait légèrement la tête de côté pour s'assurer qu'Hermione était en train de regarder, Harry s'exclama « Leviter ! »
Ron poussa un cri alors qu'un jet de lumière jaune s'enroula autour de lui et le propulsa dans les airs. Evidemment, il n'était pas blessé ; il se redirigea vers le sol en secouant les bras dans tous les sens. Mais la seconde même où il toucha le sol, il rebondit à nouveau et flotta jusqu'à l'autre bout de la chambre. Harry sourit. Le sort avait réduit le poids de son corps, l'empêchant d'atterrir.
Bien sûr, il y avait un moyen de rendre tout cela encore plus drôle. Harry attendit que Ron fût balancé devant lui à nouveau et cria : « Vestio Amethystinis ! »
Ron cria à nouveau et le sort produisit des cercles de fumée tout autour de son corps qui se dissipèrent au fur et à mesure. Sa robe avait disparu, ainsi que son t-shirt et son pantalon, pour être remplacés par une robe de soie à volants violette. Harry avait voulu laisser un peu de dignité à son ami avant de véritablement l'achever. Après tout, Harry aurait pu complètement le dévêtir.
Ron essaya d'arracher les vêtements mais plus il essayait plus ils semblaient se resserrer autour de lui. Harry ricana.
Et Ron décida finalement qu'attaquer Harry était plus important que de préserver son honneur. Il parvint à envoyer un maléfice qui aurait fait tomber Harry sur ses fesses si il n'avait pas envoyé un Charme du Bouclier avant. « Perverto ! » cria ensuite Ron.
Ron était toujours en train de rebondir dans les airs, les volants de sa robe tournant autour de lui. Les autres élèves riaient et applaudissaient comme jamais, et Harry se tourna pour leur faire un clin d'œil. « Vous voyez, » dit-il tranquillement. « Dans un duel, vous n'avez même pas besoin d'utiliser un sort qui puisse blesser l'adversaire, surtout si votre but est juste de les humilier ou de leur rendre la pareille plutôt que de survivre. C'est vraiment important de connaître autant de sorts que possible et être capable de les combiner. »
« Je ne suis pas sûr d'apprécier d'entendre utiliser un sort qui a pour incantation Perverto, Harry. J'estime que toutes tes tendances perverses me devraient être réservées à moi tout seul. »
Les mots transpercèrent Harry juste comme la mort avait transpercé Voldemort. Il se retourna et vit que Malfoy se tenait près de la porte, les bras croisés et le regard figé sur Harry comme si ils étaient les seuls dans la pièce. Tenant compte de ses mots, Harry s'était attendu à le voir arborer l'un de ces horripilants sourires narquois, mais non, il avait l'air aussi sérieux que le ton qu'il avait employé.
Laisse tomber, Malfoy, » dit Harry, puis il s'arrêta aussitôt, se rappelant qu'ils étaient censés jouer les amoureux. Il ne pouvait résolument pas lui balancer la moitié des répliques cinglantes et insultes qu'il avait en tête. Il finit donc par dire d'une voix faible : « Tu sais bien que ce n'est pas ce que tu crois. »
« Je ne sais pas, » dit Malfoy en avançant doucement vers lui jusqu'à se trouver au milieu de la salle. Harry remarqua que plus personne ne regardait Ron tournoyer dans les airs, pas même Hermione. Malfoy était au centre de l'attention. Et s'en délectant, ce crâneur. « Il me semble que tu dis que beaucoup de choses ne sont pas comme je le crois, mais cette explication devient un peu trop utilisée, tu ne crois pas ? »
Harry devint béat. Maintenant Malfoy osait sous-entendre que Harry l'avait trompé, quel comble !
C'était ridicule. Si Harry avait été en couple, jamais il n'aurait fait ça, ou il aurait été suffisamment intelligent pour ne pas se faire prendre. Malfoy venait d'insulter son intelligence juste autant que son habilité à garder son pénis où il faut.
« La ferme, Malfoy, » répondit-il d'un ton féroce. Même s'il avait vraiment été en couple, il n'aurait jamais laissé quelque chose comme ça passer, alors il pouvait plus ou moins dire ce qu'il voulait sans que ça ne nuise à leur rumeur. « Tu n'as aucune idée de ce que tu racontes. »
« Si, je sais très bien de quoi je parle. » Le visage de Malfoy arborait une expression étrange, et en particulier son sourire. Il était en train de sourire comme si il était sur le point de botter le cul d'Harry plutôt que de s'occuper de son entre-jambe, ce qui lui changeait pour une fois. Il fit un pas en avant. « Pourquoi est-ce qu'on ne se battrait pas en duel pour le prouver ? »
Harry ricana. « Parce que gagner contre moi voudrait dire que tu as raison ? Non pas que ça ait une quelconque importance, puisque tu ne gagneras pas. »
Malfoy fit tourner sa baguette entre ses doigts, et son sourire s'élargit et devint encore plus bizarre, au point qu'Harry se demanda si il n'allait pas envoyer quelqu'un chercher Madame Pomfrey. Non pas qu'Harry se souciât que Malfoy puisse mourir d'intoxication de sourire, alors il était préférable de ne pas le suggérer. « Tu peux parler autant que tu veux, Harry, mais c'est impossible pour nous d'être sûr de quoi que ce soit tant qu'on ne se sera pas battu en duel. » Il fit une pause. « A moins que tu n'es peur. »
Un concert de sifflements et de cris de protestation s'élevèrent de la part des Gryffindor, et se noyèrent sous les rires des Slytherins bien plus nombreux. Harry grinça des dents. Il ne pouvait pas laisser Malfoy l'insulter devant tout le monde et espérait s'en sortir aussi facilement.
D'un autre côté, il pouvait toujours agir exactement comme il le voulait, parce que leurs Maisons étaient censées être amies maintenant, et ils étaient supposés être plus que des amis. Ses options étaient limitées.
A moins que je ne commence à mentir, juste comme Malfoy.
Harry hocha la tête comme s'il avait eu une révélation, et dit : « Tu n'es généralement pas comme, Draco. » Malfoy battit des cils lorsque Harry prononça son nom, mais Harry n'était pas dupe. Il n'y avait pas moyen qu'il pût être affecté simplement parce que Harry l'avait appelé par son prénom. « Je pense qu'il se passe quelque chose d'autre. Je me demande bien ce que ça peut être ? » Il jeta un coup d'œil autour de lui et arrêta ses yeux sur Zabini, le dévisageant avec insistance jusqu'à ce que tout le monde suive également son regard.
« Oh, évidemment que c'est ça, » dit Harry d'une voix songeuse. « J'aurais dû le voir avant. »
« Quoi ? » Malfoy avait maintenant l'air perplexe et défensif, ce qui était exactement comme ça qu'Harry le préférait.
« Il me semble, » commença Harry avec mépris, en reportant son regard sur Malfoy. « Que Blaise en sait un peu trop sur toi pour que ça puisse être normal. Vous avez passé beaucoup de temps ensemble, n'est-ce pas ? » Puis, il attendit jusqu'à ce que Malfoy et tous ceux aux alentours comprennent enfin ce qu'il insinuait.
Malfoy écarquilla soudainement les yeux. « Tu… Quoi ? Je… Jamais ! »
« Parce que je ne suis pas beau, c'est ça ? » Enchaîna aussitôt Zabini, en rentrant dans le jeu d'Harry. Harry s'était douté qu'il allait comprendre où Harry voulait en venir. Il aimait beaucoup trop jouer les mélodramatiques. Ou peut-être qu'il voulait se venger de Malfoy pour toutes ses pleurnicheries, pensa Harry, en reculant discrètement pour que tout le monde ne se concentre que sur les Slytherins. « Quelqu'un comme toi ne pourrait jamais s'associer à quelqu'un aussi modeste que moi, c'est ça ? » demanda-t-il en se tapant le front de sa main.
« Non ! » répondit Malfoy. « Bien sûr que non ! Mais tu sais que ça fait des années que je veux Harry ! » Et à cet instant il se retourna vers Harry comme si il était celui qui aurait dû être embarrassé par cette petite annonce.
Harry soupira et secoua la tête. « Ton comportement récent est une étrange manière de le montrer. »
Malfoy s'approcha et agita sa baguette. Une bulle de silence les entoura tous les deux, empêchant quiconque d'autre de les entendre. Harry haussa les sourcils avec admiration. Le sort était plutôt puissant puisqu'il empêcha les tentatives d'une dizaine d'élèves qui essayèrent aussitôt de détruire la bulle. Harry hocha la tête. « Qu'est-ce que tu veux réellement ? » demanda-t-il.
« Je veux que tu arrêtes de compromettre la mise en scène qu'on essaye de construire ici ! » murmura sévèrement Malfoy. Il semble avoir oublier qu'avec la bulle de silence il peut crier autant qu'il le veut, pensa Harry, ou peut-être qu'il est assez paranoïaque pour ne pas faire confiance à son propre sort. « Si on commence à se disputer alors ta maison pourrait bien recommencer à s'en prendre à nous. »
« Ecoute, c'est toi qui as commencé à tout compromettre avec cette stupide accusation, » répondit Harry. « Arrête de t'emballer, ok ? C'est une chose de s'embrasser lorsque quelqu'un essaye de me convaincre de sortir avec elle, et ça permet de propager de bonnes rumeurs sur ta tendance à être un imbécile jaloux. Mais quel est l'intérêt de venir ici et de prétendre que je te donne plein d'excuses pour passer du temps avec d'autres gens ? »
Malfoy commença à rougir et sa respiration s'accéléra. Harry réalisa qu'il était en train de fixer la bouche de Malfoy et, il avait beau essayer de regarder ailleurs, ses yeux revenaient toujours sur ses lèvres. Peut-être que Malfoy avait lancé un Charme d'attraction sur ses propres lèvres, pensa Harry avec suspicion.
« Mais tu te trouves vraiment plein d'excuses, » dit-il finalement, et sa voix était basse, et vicieuse, et dangereuse. « Peut-être pas dans le sens que je le l'ai insinué, mais sinon, oui, c'est vrai. Tu préfères passer du temps avec tes amis plutôt qu'avec moi. »
Harry lui lança un regard furieux et attendit que le ridicule de cette phrase ne foudroie Malfoy. Mais le blond persistait à rester vivant et à le dévisager, comme s'il attendait des réponses.
« Merlin, » grommela Harry, retrouvant enfin la voix. « Je n'ai aucune idée de pourquoi je pourrais bien préférer passer du temps avec mes amis plutôt qu'avec quelqu'un qui, oh, s'était déguisé en Détraqueur pour m'effrayer, avait rejoint la Brigade Inquisitoriale, avait laissé entrer les Mangemorts dans l'école et essayait de tuer Dumbledore, et m'avait tyrannisé et attaqué depuis la première année ! T'es malade, Malfoy ? On joue un acte, tu te souviens ? »
« C'est plus que ça pour moi. »
Harry se détendit si soudainement qu'il eut du mal à rester debout. « Evidemment, » dit-il. « Quelqu'un a dû empoisonner ta nourriture. Ou tendu une embuscade pour te jeter un sort, et c'est pour ça que tu étais en retard au Club de Défense. Est-ce que tu te souviens avoir croisé quelqu'un ? Est-ce que tu ressens les symptômes du Sortilège d'Amnésie ? »
Malfoy fit un pas en avant. Il ne souriait pas, mais ses yeux et son visage avaient cette expression sauvage à nouveau. « Je suis sérieux. Ce n'est pas un acte ou un jeu pour moi. Je te veux. »
« C'est pire que je ne le pensais, » dit Harry, et il essaya de se souvenir de tous les symptômes dont il se souvenait. Malfoy n'avait pas l'air d'agir comme quelqu'un sous l'emprise de l'Imperium et il ne pouvait imaginer un élève à Hogwarts capable d'une telle prouesse.
Malfoy croisa les bras et Harry leva les mains pour lui serrer rapidement les épaules. « Je sais que c'est dur. Mais je vais trouver un moyen de te guérir. »
« Oh Merlin, viens en aide à ce mou du cerveau, » grogna Malfoy, et il tira Harry vers lui pour l'embrasser.
Cette fois, ça ne dura que quelques secondes, parce que Harry marcha prudemment sur le pied de Malfoy avant que Malfoy n'eût le temps de trop s'emballer. Alors que Malfoy s'était plié en deux en jurant, Harry le paralysa d'un sort, puis jeta un puissant Finite qui fît disparaître la bulle de silence.
« Je pense qu'il a dû se faire attaquer en chemin, » dit Harry, en se tournant vers Zabini et Parkinson. « Il ne faisait que balbutier des choses qui n'avaient aucun sens, et ses yeux me fixaient d'une façon bizarre. On devrait l'emmener chez Madame Pomfrey. »
Pour une étrange raison, Zabini leva les yeux au ciel et soupira. Mais Parkinson semblait être la plus censée pour une fois, puisqu'elle hocha la tête et dit : « Bien sûr, Blaise, aide-moi. »
Ensemble, ils firent léviter Malfoy, et Harry était toujours en train d'étudier le corps du blond pour essayer de distinguer une blessure ou une marque qui prouverait qu'il s'était fait attaquer. Harry secoua la tête. Peut-être que ce n'était qu'une attaque mentale.
« Harry, » dit Hermione d'une voix urgente qui le fit aussitôt se retourner.
« Est-ce que tu peux faire redescendre Ron, s'il te plait ? »
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Ils étaient à mi-chemin vers l'infirmerie, et Harry était en train de surveiller les ombres au sol au cas où quelqu'un les attendait dans un coin pour les attaquer, lorsque l'embuscade survint par derrière.
Il avait entendu Zabini et Parkinson chuchoter, probablement au sujet d'un nouveau pari stupide, mais il n'avait pas fait attention. Pourquoi le devrait-il ? Il savait qu'ils étaient encore plus inquiets à propos de Malfoy que lui alors il n'y avait aucune raison qu'ils ne s'en prennent à lui.
Alors lorsqu'il se retrouva suspendu dans les airs, la tête en bas, ficelé par de grosses cordes, sa baguette dans les mains de Parkinson, il se contenta de les dévisager.
« Oui, oui, très drôle, » dit-il, lorsqu'il remarqua le sourire narquois apparaître sur les lèvres de Zabini. « Mais vous ne pensez pas que ça aurait pu attendre après que Malfoy ne soit à l'infirmerie ? »
« Ca devient vraiment stupide, Potter, » dit Zabini d'une voix forte. « Tu n'avais aucun droit de stupéfier Draco quand il était, du moins je crois qu'il l'était, en train d'essayer de te faire comprendre qu'il t'aime pour ce que tu es, et que ça n'a rien à voir avec un acte. »
Harry cligna des yeux et se demanda si Zabini arrivait à lire sur les lèvres, ou si peut-être Malfoy l'avait intégré dans sa bulle sans que Harry ne le remarque. « Il peut dire ce qu'il veut, mais je sais que ce n'est qu'une plaisanterie. Et je pense que le fait qu'il ait surgi et parlé bizarrement devant tout le monde est forcément l'œuvre d'un sort. Tu ne peux pas me dire que vous n'êtes pas un minimum inquiets ? »
Zabini fit un pas en arrière, et Parkinson s'avança au contraire, comme si ils avaient préparé un ordre pour aller le confronter. Harry n'était pas embêté par la situation. Parkinson était celle qui avait sa baguette, et le plus proche elle était de lui, plus il avait de chance de réussir à appeler sa baguette magique. Il essayait de se concentrer, mais les mots de Parkinson le perturbaient.
« Draco a fait ça parce qu'il était désespéré et tu as ignoré chacune de ses avances, Potter. Tu penses qu'il aurait accepté de préparer des potions et se battre aux côtés de n'importe qui ? Tu penses qu'il aurait emmené n'importe qui jusque dans son lit ? »
« Il n'y a aucune raison pour que je sois passé du statut d'ennemi à… à quelqu'un qu'il désire, » répondit Harry avec patience. « Surtout que je n'ai pas fait grand chose pour lui l'année dernière ou même cette année, avant de voir Matthieson l'attaquer. Oui, je pense qu'il a de grandes exigences, mais je ne vois pas pourquoi tu devrais les défendre. Non, je ne pense pas qu'il me veuille vraiment. »
« Il te veut, » dit Parkinson. « Tu étais son ennemi, oui, mais aussi sa pierre de touche. Il a rêvé que tu viennes le chercher et le sauver toute l'année dernière, lorsqu'il n'y avait personne d'autre vers qui il pouvait se tourner, et à la fin tu es venu. Ce genre de chose fait grande impression sur lui. Je pense qu'il aurait voulu se contenter de te courtiser doucement, mais il a bien vu que ça ne marchait pas avec la densité de ton crâne. Alors il est passé à la vitesse supérieure. »
Harry la dévisagea. Il savait qu'il avait probablement la bouche grande ouverte de sidération, mais il s'en fichait. Comment était-il possible qu'il connaisse mieux Malfoy que ses propres amis ne le connaissaient ?
« Jamais il n'apprécierait que je ne le sauve, » dit-il. « Ca n'aurait fait qu'accroître sa haine. Il a bien trop de fierté pour quoi que ce soit d'autre. »
« Il n'en a pas tant que ça, » dit Zabini, élevant la voix comme s'il était surpris. « Pourquoi penses-tu qu'il parviennes à nous avoir juste en se plaignant et gémissant à tout va ? Il ne pourrait pas le faire si sa fierté était plus importante pour lui que d'avoir ce qu'il veut. Et ce qu'il veut c'est toi. »
« Eh bien, peut-être que je ne veux pas de lui, » répondit Harry, et il essaya de ne pas penser à toutes les fois où lui et Malfoy s'étaient embrassés.
Zabini et Parkinson échangèrent des regards, se disputant silencieusement au sujet de quelque chose qu'Harry ne pouvait pas comprendre. Puis Parkinson hocha la tête, et Zabini marcha en avant, tout sourire.
« On ne ferait pas ça si on avait le choix, » dit-il. « On aurait laissé Draco se battre jusqu'à ce que tu finisses par succomber. Mais plus longtemps tu résistes, plus on a de chance de se faire attaquer par ses gémissements. Donc… » Il agita sa baguette et Harry s'écroula au sol, ses liens se desserrant.
Au même moment, Malfoy se réveilla et le sort de lévitation se brisa. Il porta immédiatement son regard sur Harry, et une seconde plus tard il s'était précipité vers lui et l'avait poussé contre le mur. Emprisonné entre le mur et le corps de Malfoy, il pouvait sentir le souffle du blond contre ses lèvres.
Harry le fixa, puis jeta un coup d'œil à Zabini et Parkinson par dessus son épaule. Ils avaient envie de regarder Malfoy embrasser la vie hors de lui ou quoi ? Harry imaginait que ça devait être dégoutant pour la plupart des gens qui n'étaient pas Malfoy ou lui-même.
Attend, pensa-t-il une seconde plus tard, attrapant la pensée traître qui était en train de se faufiler discrètement en lui. Pour moi aussi.
Mais Malfoy ne l'embrassa pas. A la place, il se contenta de souffler contre les lèvres d'Harry, et contre son visage et ses joues et ses oreilles, bougeant doucement de haut en bas, tout en bougeant son corps contre celui d'Harry. Il soupira contre les cheveux d'Harry. Il approcha sa bouche si proche du menton d'Harry que ce dernier était sûr qu'il allait l'embrasser, mais il ne le fit pas. Il passa un long moment à caresser de sa langue le lobe de l'oreille d'Harry, au point qu'Harry crût qu'il allait s'effondrer.
Harry essaya de résister. Il essaya de toutes ses forces. Ce n'était pas comme si il avait bu une potion de Madame Pomfrey cette fois, il n'avait pas d'excuse. Et ils avaient une audience. Et il ne pouvait même pas sentir la bouche de Malfoy contre la sienne. Il aurait dû être capable de résister.
Mais sa tête retomba en arrière contre le mur, il ferma les yeux, et il gémit, faiblement. C'était comme si Malfoy avait transformé l'air qu'il soufflait contre lui en pur plaisir dans le corps d'Harry. Il n'était pas suffisamment pressé contre lui pour sentir si le blond avait une érection, mais il avait probablement dû remarquer celle d'Harry.
Puis Malfoy fit un pas en arrière.
Et Harry se trahit lui-même, avançant pour suivre le corps de Malfoy avant de réaliser les conséquences de ce mouvement.
Malfoy sourit. La froideur de ses yeux sembla fondre un petit peu et ça adoucit les contours de son visage, et Harry devait admettre qu'il y avait peut-être quelques petites choses à propos de lui, en plus de ses cheveux et de sa bouche, qui étaient attrayantes.
« Voilà, » dit-il d'un ton tranquille, mais autoritaire. « Je pense que j'en ai fait assez. Tu peux ignorer ce qui vient juste de se passer, parce que c'était toi qui me voulais à l'instant. J'en ai assez de te courir après. Viens me voir quand tu penses que tu peux le supporter. »
Sur ce, il tourna les talons et s'éloigna, Zabini et Parkinson lui coururent aussitôt après, si bien qu'Harry se retrouva vite seul dans le couloir.
Harry ferma les yeux et essuya sa bouche, pour se débarrasser de cette chaleur qu'il pouvait toujours ressentir. Une multitude de questions et de réponses à ces questions étaient en train d'exploser dans son esprit. Pourquoi est-ce que Malfoy le voulait ? Parce qu'il avait perdu la tête et que Harry était un héros. Est-ce qu'il paraissait sincèrement le désirer ? Oui. Est-ce que Harry le désirer en retour ? Oui. Est-ce que c'était fou ? Oui.
Mais la plus importante question n'avait aucune réponse.
Qu'est-ce que je vais faire ?
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