Le récit du prince

Les lanières en cuir me frappent violemment le dos, me faisant hurler de plus en plus fort. Je sens mon sang chaud s'écouler de mes plaies. Et voilà l'eau. Je ne respire plus. Je sens que je vais m'évanouir et quand cette main se pose sur mon front... Je me réveille assise, apeurée, en transe...

Je me tourne immédiatement vers Gaara qui me fixe avec des yeux différents. Je prends son verre d'eau, l'engloutit puis lui rend, tout en le fixant. Il sort de ma chambre. Je regarde la porte fermée et, sans vraiment comprendre, je me lève et va le rejoindre dans son lit.

Mon corps tremble, je ressens encore la douleur atroce des coups de fouet. Je me blottis contre le corps chaud et rassurant de mon mari qui ne dit rien et me recouvre de ses bras. En quelques secondes, mes yeux s'emplissent de larmes que je ne peux pas retenir. Je pleure dans les bras de Gaara. Il caresse mes cheveux en me berçant doucement.

Au bout de quelques minutes, je me calme et cesse de pleurer. Je me colle un peu plus à son torse et pose mon oreille contre son cœur que j'entends battre frénétiquement. Je ne sais pas pourquoi mais les battements si rapide de son cœur me détendent complètement.

_ Tu vas mieux ?

Je murmure un oui très faible, espérant qu'il ne l'ait pas entendu pour que je reste dormir comme ça. Je me sens bien là, je ne veux pas retourner dans ma chambre.

_ Tu veux que je te raccompagne dans ta chambre ?

Loupé, il a entendu mon oui. Si je lui dis... Je m'en fiche de ce qu'il peut bien penser de toute manière, si ça ne lui plait pas, il devra faire avec :

_ Non, je veux rester avec toi.

Il ne dit rien. Le rythme effréné de son cœur semble avoir encore augmenté. Serait-ce pour moi qu'il bat comme ça ? Je souris à cette idée puis finis par me rendormir.

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Lorsque j'ouvre mes yeux, je suis toujours dans les bras de Gaara. J'écoute son cœur qui bat normalement. Je lève les yeux vers lui et je vois que les siens sont clos. Je souris puis dépose un baiser sur son torse. Immédiatement son cœur accélère et je me dis que je viens de faire une belle bêtise.

Je me redresse et constate qu'il était réveillé, vu le regard étonné qu'il a. Je sens mes joues chauffer et j'évite son regard.

_ Tu as bien dormis ?

_ Oui, sans cauchemar.

Il me tire pour que je reprenne la place que j'avais contre lui, ce qui me plait vraiment -je vais finir par croire que j'ai des sentiments pour lui-, puis il me demande :

_ C'est quoi tes cauchemars ?

_ Je...

Les battements de son cœur sont toujours rapides et ça me calme, me donnant envie de tout lui dire, voir plus... Mais qu'est-ce qui me prend ?

_ Je suis dans une salle sombre et humide. Mes poings sont attachés par des chaînes au plafond. Des gens me fouettent avec de grandes lanières en cuir pendant qu'un homme se régale du spectacle. Après on essaye de me noyer. Quand je sens une main sur mon front, je me réveille... Je ressens toute la douleur des coups de fouet, ça fait tellement mal.

_ Il faut des années pour s'y habituer.

Je laisse un petit silence de quelques secondes puis dit :

_ C'est ce que tu as subi quand tu étais enfants ?

_ Tu devrais le savoir vu que tu as lu le...

_ Je n'ai pas réussi à continuer. Je me suis arrêtée quand tu racontes la mort de ton frère... Je suis désolée.

_ Tu n'as pas à l'être.

_ Si...

Je me relève légèrement et le fixe. Ses magnifiques yeux vert turquoise me regardent intensément.

_ Parce que je t'ai jugé et haïs sans même savoir. Maintenant je sais que j'avais tort. Tu es un homme bien.

Je vois un sourire moqueur se dessiner sur ses lèvres.

_ Non, je ne suis pas quelqu'un de bien.

_ Pour moi, si.

Je ne lâche pas ses yeux. En cet instant, je me rends compte à quel point il est beau. Ses yeux profonds, ses cheveux rouge sang, son sourire, même microscopique ridicule et petit. Je le vois entrouvrir la bouche pour me dire quelque chose et, avec une envie indomptable, je me penche sur lui et plaque mes lèvres contre les siennes. L'agréable sensation qui m'a envahi la première fois qu'il m'a embrassé est revenue, et plus forte.

Ses mains agrippent mes avant-bras et il me repousse doucement. Je ne comprends pas, pourquoi me repousse-t-il ? Il me regarde et c'est la première fois que je vois ce regard, comme si ses yeux voulaient me parler, me dire quelque chose de plus fort que des mots.

_ Je suis désolé, tu ne veux pas ça.

Je suis choquée. Bien sûr que je le veux sinon je n'aurais rien fait.

_ Si, je veux que tu m'embrasse, je veux que tu me désire.

_ Pourquoi ?

_ Parce que je te désire.

Il enveloppe ma joue de sa main en la caressant puis la passe sur ma nuque pour me rapprocher de lui. Mon cœur bat à tout rompre et ma main posée sur son torse est témoin que le sien aussi. Nos visages se touchent et nos lèvres se retrouvent. Il m'embrasse avec fougue, sa langue caresse la mienne. Sa respiration est forte.

Il nous fait basculer sur le lit pour se retrouver au-dessus de moi. Mes mains agrippent ses hanches, je veux qu'il se colle à moi, je veux le sentir encore plus près. Il lâche mes lèvres et me regarde. Ma respiration est rapide et je le fixe avec envie.

_ Je ne peux pas faire ça.

_ Si tu peux.

_ Non, Hanabi, je ne suis pas l'homme bien que tu imagines. Je ne suis qu'un assassin et on ne ressent que du désir pour un assassin, pas d'amour.

Il se lève et part s'enfermer dans la salle de bain. Je n'arrive pas à bouger. Je sens encore la chaleur de ses lèvres sur les miennes. Il ne veut pas... Les larmes montent à mes yeux. Je les essuies immédiatement et va dans ma chambre pour prendre une robe puis dans ma salle de bain où je me lave et m'habille.

Quand je reviens dans la chambre, il est devant la porte et me tend sa main sans me regarder. Je la prends et nous descendons prendre notre petit-déjeuner. Dans les couloirs, je le regarde mais lui m'ignore.

Nous déjeunons en silence puis il quitte la salle à manger comme si je n'étais pas là. Ça me mets en colère de le voir m'ignorer ainsi alors que j'étais parfaitement sincère, je voulais vraiment qu'il m'embrasse, et surtout qu'il continue. Je fronce les sourcils et décide de retourner dans ma chambre.

Je prends le livre sans titre et reprend ma lecture. Je pleure à plusieurs reprises en lisant les atrocités que son père lui a fait vivre. Je comprends alors que ce lapin qu'il a tué devant moi était le premier et que sa joie était pour cette victoire qui lui éviterait le même traitement que son aîné. Je me maudis intérieurement d'avoir autant détesté cet homme.

Il parle de sa sœur aînée que son père a mariée à un vieux pour agrandir ses terres. Il parle de sa mère qu'il n'a pas connu, étant décédée le jour de sa naissance. Il parle du serpent qui exécute les ordres du père avec envie. Il parle des « anciens ».

Les anciens sont les seuls qui ne sont pas sous l'autorité du père, ils sont l'autorité, ceux qui décident, ceux qui imposent et ceux qui se débarrassent des gêneurs. Ce sont les anciens qui ont ordonné mon mariage avec Gaara, voulant obtenir les terres de Konoha et la fortune de mon père...

« Père dit que cette fille qui est venue au château hier sera ma femme. Je ne veux pas. Ce n'est pas à cause d'elle, c'est à cause de ce que je serai censé lui faire.

Père dit que ma femme devra m'obéir et que je devrai lui apprendre ce qu'est un No Sabaku. Je ne sais pas vraiment ce que ça veut dire mais je crois que ce n'est pas très bon pour elle. Pourtant... C'est une petite fille comparé à moi, mais elle a l'air très gentille et je trouve que ses yeux sont magnifiques. Elle s'appelle Hanabi. Son prénom est aussi beau qu'elle.

Son père est étrange, il est vraiment content d'unir, dans un futur proche, sa fille à moi. Il ne sait pas qui on est ?

J'ai dit à père que je ne voulais pas de cette fille, qu'elle ne me plairait jamais et que si elle devenait ma femme je la tuerai. Je voulais la protéger vu que son père ne le fait pas. Mais père m'a répondu que je pourrais me « débarrasser » d'elle quand elle m'aura donné un héritier.

Suis-je obligé que la faire souffrir ? Je sais que hier je lui ai fait peur, ça se voyait dans ses yeux. Peut-être qu'elle pourra éviter ce mariage en suppliant son père et du coup sauver sa vie ! »

Je souris. Ma lecture continue, relatant les années de torture et d'injustice qu'il a vécu. De temps en temps, il parle de moi, toujours de façon très agréable.

« Cette séance était plus facile que les autres. Au début, les coups de fouet me lacéraient et j'avais du mal à ne pas hurler. Il fallait que je trouve une solution. Plus je cri et plus on me fouette. Le but : apprendre à gérer la douleur. Je déteste ces séances.

Mais aujourd'hui, j'ai tenu quinze coups de fouet sans prononcer le moindre mot ni le moindre cri. J'ai trouvé comment faire : je ferme les yeux et je repense à Hanabi. J'imagine son visage, je vois son sourire et ses yeux. Elle me fait du bien cette vision, elle m'apaise et je ne ressens plus la douleur jusqu'à ce que mon père ordonne de me noyer. La douleur revient immédiatement, mais quand je commence à perdre connaissance, le sourire de Hanabi apparait et je me calme.

J'aimerais la revoir. Elle doit avoir changée depuis le temps. Des fois, la nuit, je rêve d'elle : je m'enfuis avec elle loin du château et elle me dit qu'elle m'aime. »

Je suis flattée, ma vision lui permettait de résister et... Il rêvait de moi...

Je regarde par la fenêtre un moment, le ciel est dégagé et d'un bleu très clair. Je me demande où il est, qu'est-ce qu'il fait et si il pense à moi. Il me manque. Ma sœur avait raison, il n'est pas celui qui parait être.

J'essaye de faire le point sur ce que je ressens quand je suis avec lui et quand il n'est pas là. Quand il est près de moi, je meurs d'envie de me blottir contre lui, je suis en sécurité dans ses bras. J'ai envie qu'il m'embrasse, qu'il me touche. Je ferme les yeux et je sens sa main sur ma joue, j'en tremble...

Quand il n'est pas là, je me sens vide et seule. J'ai peur sans lui. A bien y réfléchir je crois que ce n'est pas que du désir que j'ai pour Gaara, je crois que... Je souris et reprend ma lecture.

« Je l'ai enfin revu. Elle est encore plus belle qu'avant. Je n'ai fait que de penser à elle depuis tout ce temps. Elle n'est encore qu'une enfant alors que je suis presque un homme, mais... J'ai envie de lui prendre la main, juste pour savoir ce que ça fait.

Mais elle me déteste, je l'ai vu dans son regard et elle n'a pas souri une seule fois. Son sourire me manque, j'ai beau le voir chaque nuit, j'aurais voulu le voir en vrai.

Je n'ai fait que de la regarder. C'était une magnifique journée pour moi, j'enterrais mon père donc je signais ma libération, enfin presque, je signais la fin de cette foutu formation. Et puis, elle était là.

Elle m'est toujours promise. Je meurs d'envie qu'elle soit mienne, mais je sais que ce n'est pas ce qu'elle veut, alors j'ai demandé aux anciens d'annuler ce mariage. J'ai tenté de leur faire croire que je n'ai aucun amour pour Hanabi. Mais ils n'ont rien voulu savoir.

Ils m'ont précisé qu'il n'y a pas d'amour chez les No Sabaku et que la seule chose que je dois attendre c'est l'héritier qu'elle devra me donner. Je sais maintenant ce qui attend Hanabi en m'épousant, mais je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour lui épargner ça. S'il le faut, je tuerais jusqu'aux anciens pour elle, même si je dois en mourir. »

Non, je ne veux pas qu'il meurt... Mon cœur se met à battre très vite, me faisant mal. Je ne veux pas le perdre.

Je tourne les pages, mon nom est presque partout, il ne faisait que de penser à moi. J'arrive à la dernière page écrite, mes mains tremblent et mon cœur continu de me faire mal. Je lis.

« C'est la dernière fois que j'écris dans ce fichu journal. Aujourd'hui j'ai 21 ans et Hanabi en a 15. Je sais que je la verrais dans trois ans, elle deviendra ma femme.

Je sais maintenant ce que je dois faire. Je refuse de lui faire du mal, peu importe les conséquences. J'ai tenu la promesse que j'ai faites à mon frère, je suis resté le même à l'intérieur, enfin presque. Mais cette formation m'aura au moins servit à quelque chose.

Une fois qu'elle sera mon épouse, je mettrai mon plan à exécution. Je finirai par assassiner les anciens et quand se sera fait, je la laisserai me tuer pour qu'elle puisse vivre librement avec tout mon héritage. De toute façon, je préfère mourir que de vivre sans elle.

Je sais qu'elle me déteste, je la comprends. Je ne veux pas qu'elle souffre par ma faute. Une fois mort, elle sera libre et heureuse, c'est le plus important. Et puis j'aurai été comblé, je lui aurai tenu la main. Et avec un peu de chance, je la verrai me sourire...

Mais je dois faire attention, je dois me contrôler, personne ne dois savoir que je l'aime, sinon, les anciens anéantiront mon plan et Hanabi souffrira. Quand elle me tuera je lui dirai à quel point je l'aime.

Oui, voilà, je lui dirai à ce moment-là. »

Il m'aime... Il veut mourir pour moi... Non, je ne veux pas.

Je ferme le livre et le jette sur mon lit. Le soleil se couche et je descends rapidement dans la salle à manger. Mais il n'est pas là. Je prends mon repas toute seule et l'attends dans le hall.

Plus les heures passent et plus je panique. Je tords mes doigts et m'énerve en faisant les cents pas devant les grandes portes du château. Je ne supporte plus d'attendre. Je remonte dans sa chambre, enfile ma chemise de nuit et me met dans son lit.

Quelques longues minutes plus tard, je le sens entrer dans le lit et caresser mes cheveux. Je me sens tellement mieux. J'ai juste assez de force pour m'approcher de lui et sentir ses bras, puis je m'endors.

.

Je me réveille avec le sourire : encore une nuit sans cauchemar. Je sais que c'est d'être près de lui qui fait ça. Mais il n'est pas près de moi, le lit est vide à côté de moi. Je me dépêche de me laver et de m'habiller avant de rejoindre la salle à manger. Mais il n'est pas là non plus.

Je fixe le serviteur et lui demande où est mon mari.

_ Maître Gaara vous rejoindra au repas ce soir maîtresse Hanabi, il s'excuse de son absence.

Je suis déçue. Est-il en train de mettre son plan à exécution ? J'ai peur.

Après mon petit-déjeuner sans appétit, je décide d'aller dans les jardins. Je suis évidemment chaperonnée de deux suivants qui ont fortement insisté pour que je reste au château, mais c'est hors de question.

Je m'installe dans le seul carré herbeux de ce jardin et m'allonge dans l'herbe tendre. Gaara me manque encore plus qu'hier. Le soleil chauffe mon visage. Je veux qu'il rentre, qu'il me dise qu'il ne me laissera plus jamais seule, je veux l'entendre me dire qu'il m'aime... S'il savait que je ressens la même chose maintenant.

Je ne veux pas qu'il meurt, je veux vivre avec lui, lui donner cet héritier, sentir ses mains sur moi, entendre sa voix si douce et me plonger dans ses yeux pour m'y noyer...

Je sens une ombre me recouvrir, le soleil ne me chauffe plus. J'ouvre doucement les yeux et entend une voix éraillée par les années :

_ La princesse du désert ne devrait pas être en-dehors du château, maître Gaara ne sait pas vous éduquer !

Je me redresse rapidement, faisant face à trois hommes d'un certain âge qui semblent se réjouir de me voir sans mon mari. J'aimerais bien leur dire ce que je pense d'eux, je sais qui ils sont, ce sont les anciens de Suna, ceux que Gaara craint encore, ceux qu'il veut tuer pour me libérer. Mais je dois rester correct, je le dois à Gaara.

_ Je ne voulais que prendre un peu l'air messieurs, je ne savais pas qu'il m'était interdit de venir seule. Veuillez excuser mon ignorance.

Je m'incline légèrement face à eux et commence à comprendre pourquoi les serviteurs qui me chaperonnent insistaient pour que je reste au château. Où sont-ils d'ailleurs ?

L'un des anciens me dit d'une voix stridente :

_ Suivez-nous.

Je panique, que me veulent-ils ? Et puis, Gaara n'est pas là et mes chaperons ont disparu. Je suis ces trois vieux croutons qui me ramènent au château. Je vois alors les deux serviteurs qui m'accompagnent s'incliner à notre passage. L'un d'eux, celui qui est continuellement dans la salle à manger, me jette un bref regard dans lequel j'ai le temps de lire de la peur. Je lui souris rapidement puis continue de suivre les anciens.

Une fois dans le château, je m'attends à être réprimandée, mais ils continuent d'avancer, en vérifiant de temps en temps que je suis toujours derrière eux. Ils me conduisent dans une partie du château que je ne connais pas. Deux des anciens se mettent derrière moi pendant que l'autre ouvre la marche. Gaara, je t'en prie, reviens...

Je traverse un long couloir en pente. Les parois du couloir deviennent rugueuses et il fait de plus en plus sombre. L'ancien qui ouvre la marche allume une torche, éclairant les parois humides du couloir. Nous nous arrêtons devant une grosse porte en bois et mon cœur manque un battement quand je vois le chiffre 4 en fer accrocher à la porte.

L'un des anciens ouvre la porte et me pousse à l'intérieur. Je vois alors la pièce qui a hantée mes nuits depuis ces derniers mois. Ma respiration s'accélère, mes mains sont moites... Gaara, je t'en prie, aide-moi...

L'un des anciens ferme la porte et se place devant en affichant un sourire machiavélique. Celui qui avait ouvert la marche tourne autour de moi en me regardant et dit :

_ Vous avez choisi une robe de circonstance...

J'ai mis la seule robe noire de mon armoire, une robe magnifique mais qui est de la couleur du deuil, comme mon cœur à l'absence de Gaara.

_ Si maître Gaara ne sait pas vous éduquer, nous allons nous en charger.

Il saisit mes poignets et y attache des chaînes rouillées. Je suis tétanisée, j'ai l'impression que mon cauchemar se fait réalité. Mes bras sont relevés par la pression des chaînes et mes pieds touchent le sol par la pointe. Je tremble, j'ai peur.

Celui qui m'a attachée attrape mon visage d'une main en appuyant sur mes joues pour me faire boire un liquide étrange. Il oblige ma tête à se mettre en arrière pour que j'avale puis me fixe un moment avant de me lâcher. L'autre s'avance vers moi, m'examine du regard puis me gifle avant de dire :

_ Mauvaise femme, tu n'as toujours pas donné d'héritier à Suna. Est-ce toi qui n'es pas fertile ou est-ce maître Gaara qui ne sait pas y faire.

Je lui crache à la figue et je me prends une nouvelle gifle. La douleur est plus forte que tout à l'heure, mais je supporte. Ma tête commence à tourner un peu.

_ Maître Kazekage l'a pourtant bien formé.

_ Il faudrait lire son récit pour s'en informer, j'ai quelques doutes. Regardez la, elle n'a pas une seule trace sur elle.

_ A quelle fréquence te prend-il ?

Ils me parlent ? Ma tête tourne... Mes paupières sont lourdes. J'ouvre difficilement la bouche et dit :

_ Allez-vous faire...

Je n'ai pas le temps de finir ma phrase que je sens une nouvelle gifle, puis une autre. Un liquide chaud s'échappe de ma lèvre. Je n'arrive pas à ouvrir les yeux, je n'arrive même pas à parler. Je me sens horriblement lourde.

Gaara, ils vont me tuer. Je n'aurais pas eu le temps de te dire que je t'aime...