Raconte-moi une histoire

J'entends ce qui m'entoure, je sens leurs mains se poser sur moi, déchirer ma robe, me gifler encore et encore. Mais je ne peux rien dire, rien faire, ni même voir. Qu'est-ce qu'ils m'ont fait boire ? Ils m'ont drogué ! Gaara...

Je sens le froid sur ma peau, je dois être presque nue. J'entends leur voix, ils parlent de moi, ils se demandent pourquoi je n'ai aucun bleu, aucune trace de coups. Ils parlent de Gaara, ils disent qu'il est faible...

Ma lèvre me lance. À force de me gifler ils ont dû m'ouvrir la lèvre. J'entends celui à la voix éraillée :

_ Si ce foutu No Sabaku n'a pas réussi à la mettre enceinte, je m'en chargerai. Amenez-la ici.

_ Mais si maître Gaara refuse ? dit celui à la voix stridente.

_ Il nous doit obéissance, s'il refuse il mourra et Suna aura son héritier.

Bande de salopard... Je sens mes poignets être libérés des chaînes. Mon corps est trop lourd, mes jambes ne m'obéissent pas, je m'écroule sur le sol rugueux et humide.

_ De toute façon, dit le troisième, le maître n'a jamais dû l'amener ici. Il n'obéit pas aux règles.

_ Son père, maître Kazekage, nous avait dit avoir des soupçons.

_ Mais il a toujours respecté nos demandes, dit celui à la voix stridente.

Je sens qu'on me tire. Voilà qu'on me soulève et qu'on me pose sur un sol plus moelleux, un lit peut-être ? On arrache les restes de ma robe, je sais que je ne porte rien de plus qu'une culotte et un corset.

J'ai peur. Ils vont me... Gaara...

_ Le maître doit se faire plaisir avec un corps comme le sien, dit la voix éraillée. Il faut dire qu'elle a de beaux atouts la petite.

Je sens sa main caresser mon corps. Il faut que je réussisse à hurler, mais je n'arrive même pas à ouvrir ma bouche. Je sens mes larmes couler et j'entends rire le troisième qui dit :

_ Elle est consciente, elle pleure.

La voix éraillée est toute proche de mon oreille, je sens son souffle sur moi et sa main qui continue :

_ Je vais te faire connaître le vrai plaisir, tu verras, tu en redemanderas après. Tu me supplieras d'assouvir tes désirs.

Je sens qu'il me gifle de nouveau. J'ai mal, j'ai peur... J'entends la porte s'ouvrir en couinant et un silence terrifiant s'empare de la pièce. Qu'est-ce qu'il se passe ? Je voudrais ouvrir les yeux, mais mes paupières ne m'obéissent pas. Et j'entends sa voix :

_ Vous venez de signer votre arrêt de mort.

Il est là, il vient me sauver. Gaara... J'entends des bruits de pas rapide, des claquements, des cris, de la ferraille qui tranche l'air... J'entends le poids d'un corps qui tombe sur le sol, puis un autre... J'ai peur.

Je voudrais voir ce qui se passe, voir si Gaara va bien. Je sens de nouvelles larmes couler sur mes joues. Les bruits continuent et j'entends la voix stridente :

_ Pitié, maître Gaara, je vous jure que...

_ La pitié ne fait pas partie de ma formation.

Sa voix est grave et me fait peur. J'imagine son visage, il doit être en colère et avoir ce regard noir et terrifiant. La voix stridente essaye de rester en vie. J'entends un corps tomber puis le silence. J'ai peur.

Je sens ses mains caresser mes cheveux, son visage est proche du mien, son souffle me fait frissonner. Il pose son front contre le mien et je sens des gouttes tomber sur ma peau. Sa voix est redevenue celle que j'aime entendre : suave et douce.

_ Hanabi, pardonne-moi...

Je sens ses lèvres presser contre les miennes, c'est humide, est-ce qu'il pleure ? Il s'éloigne de moi, je perds sa chaleur, j'ai peur. Il me soulève et me sert contre lui.

Je sens qu'il marche. Je commence à entendre des voix chuchoter et je reconnais celle du serviteur de la salle à manger :

_ Maître Gaara, est-ce que maîtresse Hanabi est...

_ Merci Baki... Je vais la soigner, il me faudrait...

_ Tout ce que vous voudrez maître Gaara, je vous apporte tout ça dans votre chambre.

Il monte les escaliers, je sens qu'il tremble. J'aimerais le rassurer, lui dire que je suis avec lui, que je l'entends, que je vais bien.

Il me pose sur son lit, je reconnais l'odeur, son odeur... J'entends la porte s'ouvrir et la voix de Baki. Des mois que j'habite ce château et je ne connaissais même pas son nom. Si Gaara l'a remercié c'est qu'il a dû le prévenir... Je voudrais tellement le remercier moi aussi.

Je sens que Gaara est revenu près de moi. Je sens un linge humide nettoyer ma lèvre, puis mon visage, mes poignets... Sa voix tremble quand il me parle :

_ Hanabi, je t'en prie, réveille-toi. J'ai réussi, ils ne te feront plus jamais rien, tu pourras être libre... Tu es libre. Tu peux retourner chez toi si tu le souhaite... Hanabi... Je suis désolé... J'aurais dû me suffire de ton désir l'autre jour, j'ai été égoïste. A cause de moi tu en es là... Hanabi...

Ses mains caressent encore mes cheveux, il tremble. A-t-il peur ? Gaara, je suis là, je t'entends. Mes paupières ne me répondent toujours pas. Je voudrais me blottir contre lui, sentir sa chaleur me rassurer. Il prend ma main et la recouvre de la sienne.

_ Hanabi, je t'en prie, il faut que tu te réveilles, je ne peux pas vivre sans toi... Je t'aime Hanabi.

Moi aussi Gaara. Il faut que la drogue quitte mon corps, je veux le voir, je veux lui dire que je refuse d'être loin de lui. Il me couvre avec les draps et caresse ma joue. Je le sens s'éloigner.

Quelqu'un frappe à la porte et j'entends la voix de Baki dire qu'il lui apporte de quoi se nourrir. Il referme la porte et j'entends qu'il pose le plateau. Je sens son corps m'approcher, il s'est allongé près de moi. Ses bras me tire vers lui, je suis contre son torse chaud, je me sens tellement bien là.

Son cœur bat lentement. Il faut que je sorte de cette léthargie pour qu'il batte vite comme avant. Ses bras m'enveloppent, je sens ses lèvres contre ma joue. Au bout de quelques minutes, je sens mon corps s'apaiser et je m'endors.

.

J'ouvre les yeux. Ma vision est un peu floue, mais petit à petit, tout s'éclaircit. Je vois la chambre. La drogue doit s'en aller. Je bouge mes doigts, puis mes bras. Je tourne la tête et vois Gaara regarder par la fenêtre, il fait encore nuit. J'ouvre la bouche et dit, d'une voix faible :

_ Gaara...

Il se tourne immédiatement vers moi et souris en me voyant le regarder. C'est un vrai sourire, pas le microscopique ridicule petit sourire en coin qu'il a habituellement, un vrai sourire, un sourire qui fait accélérer les battements de mon cœur.

Il s'approche de moi sans me quitter des yeux et s'assois à mes côtés. Il prend ma main et me dit :

_ Je suis désolé, si j'avais...

J'ai mis mon index sur ses lèvres. Je ne veux pas qu'il se sente coupable de quoi que ce soit.

_ Tu n'y es pour rien.

_ Hanabi... je...

_ Je t'entendais, j'entendais tout.

_ Tu... m'entendais...

Je vois une certaine appréhension dans ses pupilles turquoise. Je lui souris.

_ Tu... Quand tu te sentiras mieux tu pourras par...

_ Je me sens mieux et je ne veux pas partir. Gaara, je suis amoureuse de toi, je veux vivre avec toi, je ne veux plus jamais être séparée de toi.

Il me regarde comme si il n'avait pas compris ce que je viens de lui dire. Je me redresse pour être presque assise, saisis sa nuque et l'attire vers moi. Sa respiration s'accélère, nos lèvres se frôlent...

_ Hanabi...

_ Je t'aime...

Il m'embrasse et attrape mon visage de ses mains douces. Nos langues dansent l'une avec l'autre, il penche ma tête d'un côté, puis de l'autre. Je sens mon corps frissonner. Je saisis sa taille et l'attire contre moi. Je veux qu'il se colle à moi, je veux que ses mains parcourent mon corps, je veux lui appartenir. Il me suit, il s'allonge sur moi.

Ses mains ont lâché mon visage, l'une d'elle caresse mes cheveux pendant que l'autre caresse mon ventre dénudé puis attrape ma hanche. Je pose une de mes mains sur son torse et je sens les battements frénétiques de son cœur. Je souris en continuant de l'embrasser. Je sais que c'est pour moi qu'il bat, comme mon cœur bat pour lui.

Il lâche mes lèvres. Ma respiration est saccadée et rapide, la sienne aussi.

_ Tu le veux vraiment ?

_ Je ne veux rien d'autre que toi.

Il sourit puis m'embrasse à nouveau. Quand ses lèvres quittent les miennes s'est pour me retirer le peu de vêtements que j'ai. Ses yeux parcourent mon corps nu et sa voix se fait sensuelle quand il me dit que je suis magnifique. Je rougis.

Il se déshabille, me laissant admirer ce corps parfait. Il se rallonge sur moi et m'embrasse avec fougue. La chaleur de son corps, sa peau contre la mienne... Je sens sa main venir caresser mon intimité. La sensation est étrange, d'abord gênante, puis agréable puis... Le plaisir m'envahit...

Je gémis dans sa bouche et m'agrippe à son corps brûlant. Je lâche ses lèvres, me cambre et soupire. Il mord et lèche mon cou, jusqu'au creux de mes clavicules. J'ai terriblement chaud. Il retire sa main et ne me laisse pas le temps de réagir, je sens qu'il entre en moi.

Mon corps se crispe, je ressens une légère douleur. Mes ongles se sont enfoncés dans la chair de ses omoplates.

Il m'embrasse avec tendresse puis commence à remuer en moi. Je ne le lâche pas, je sens ses mouvements. Au début je ne sens que cette douleur, aussi infime soit-elle. Mais petit à petit, la douleur disparaît pour laisser place à une chaleur agréable. Ses mouvements s'accélèrent.

Nos bouches jouent ensemble, nos langues se lâchent puis se retrouvent. Je respire difficilement. Mon corps ne m'appartient plus, il est à lui, je suis à lui. Mes jambes entourent les siennes, mes mains glissent sur son dos dont les muscles se forment et se déforment à chacun de ses mouvements.

Je me sens transportée, des frissons remontent le long de ma colonne vertébrale, me faisant me cambrer sous lui. J'entends ma gorge laisser échapper des gémissements que je ne peux contrôler. Gaara soupire, sa respiration est forte, ses muscles sont tendus. Il accélère encore, grognant quand je me contracte.

Je ne réponds plus de moi, je me laisse guider par l'homme que j'aime. Mes mains viennent s'engouffrer dans ses cheveux. Je l'oblige à m'embrasser encore, et encore. Je ressens une chaleur puissante exploser dans mon ventre, ma voix est éraillée et prononce son nom dans un soupire d'extase. Mon corps se contracte de nouveau et j'entends sa voix suave émettre un gémissement dans lequel je reconnais mon nom. Une nouvelle chaleur s'empare de moi, comme si elle glissait à l'intérieur.

Je mets quelques secondes à reprendre mes esprits. Je caresse le dos de mon mari. Je me sens tellement bien. Il me regarde et me sourit :

_ Je t'aime Hanabi, de toute mon âme.

_ Je t'aime mon prince du désert.

Il me sourit encore, puis m'embrasse tendrement. Il se retire de moi et me prend dans ses bras. Les battements de son cœur sont toujours aussi frénétiques et je m'endors contre son torse chaud.

... Trois ans plus tard...

Je lui ai couru après pendant une bonne vingtaine de minutes et je l'ai enfin attrapé. C'est qu'il court vite malgré ses petites jambes. Bon, c'est vrai que Baki m'a quand même bien rendu service en lui barrant le passage !

Ce petit chenapan ne cesse de tout prendre pour un jeu, mes journées sont bien remplit avec lui. Je lui fais un bisou papillon sur le nez et lui dit :

_ Aller, au bain et après on se couche.

_ Non, je ne veux pas, je veux attendre papa.

Je le chatouille pour entendre son rire contagieux et cristallin puis j'embrasse ses joues dodues et rose à souhait. Je le repose par terre puis fais mine de jouer à vouloir l'attraper de façon à ce qu'il aille dans sa chambre.

Je lui fais son bain, dans lequel j'ai le temps de le voir jouer et s'amuser de la mousse que le savon à créer, puis je le mets en pyjama.

Il se jette dans son lit, se cache sous les couvertures et attend. Je joue le jeu, bien sûr, lui faisant croire que sa cachette est parfaite. Puis je lui saute dessus, ce qui le fait rire. Je borde les couvertures sur lui et il me demande de lui raconter une histoire.

Je m'assois près de lui dans son lit et je lui conte son histoire :

_ Il était une fois, une jeune femme magnifique qui s'appelait Belle. Elle rêvait d'aventure et aimait son père. Les gens la trouvait étrange parce qu'elle ne faisait que lire. Un jour, pour sauver son pauvre père, elle se rendit dans un somptueux château où vivait une bête monstrueuse. Elle était terrifiée, mais la volonté de sauver son père lui permit d'avoir assez de courage pour vivre dans le château de la bête. Petit à petit, elle apprit à connaître la bête. Elle se rendit compte qu'il n'était pas le monstre qu'il paraissait et que derrière ce masque horrible, se cachait un homme tendre et aimant. Elle tomba amoureuse de la bête et le sauva de son malheur. La bête aimait éperdument Belle. Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants. Tous les deux vécurent heureux jusqu'à la fin des temps.

Je vois ses paupières devenir lourdes et sa petite bouille d'ange commence à tomber sur l'oreiller. Je passe ma main dans ses cheveux rouge sang et dépose un baiser sur son front. Je me lève du lit et commence à sortir quand sa petite voix m'appelle :

_ Maman.

_ Oui mon chéri.

_ Est-ce que tu aimes papa comme Belle aime la bête ?

_ Oui, j'aime ton papa de tout mon cœur, mais je t'aime plus encore.

_ Oh, je vais être jaloux.

Les billes nacrées de mon fils s'écarquillent au son de la voix de son père qui va immédiatement l'embrasser en lui ébouriffant les cheveux.

_ Et toi papa, toi aussi tu aimes maman comme la bête aime Belle ?

_ Encore plus que ça.

_ Alors vous allez vivre heureux jusqu'à la fin des temps ?

_ Oui mon fils, jusqu'à la fin des temps.

Il embrasse le front de son enfant puis nous sortons de la chambre, laissant la porte légèrement ouverte pour qu'il n'ait pas peur du noir. Je souris à mon mari qui saisit mon visage en disant :

_ Tu m'as tellement manqué aujourd'hui.

Il m'embrasse avec tendresse puis prend ma main pour aller dans notre chambre. Nous nous installons, lui allongé sous les draps, moi assise en train de lire un des nombreux livres de la bibliothèque.

Je le sens s'approcher de moi et embrasser mon épaule dénudée, ce qui me fait sourire et perdre le fil de ma lecture.

_ Je t'ais manqué à ce point ?

Il ne me répond pas, il se contente de gémir faiblement en entourant ses bras autour de ma taille, me rapprochant de lui, avant d'embrasser mon cou. Mon corps frissonne. Je pose mon livre sans même marquer la page puis me tourne vers lui.

Je l'embrasse en m'allongeant sur lui puis lâche ses lèvres avant de poser ma main sur son torse, sentant les battements frénétiques de son cœur. Ses turquoises plongent dans mes yeux.

_ Je t'aime Hanabi.

Je lui souris, l'embrasse de nouveau puis lui dit :

_ Gaara ? Nous allons avoir un deuxième enfant.

Je vois son regard s'illuminer et je sens son cœur accélérer encore. Il me sert contre lui puis me chatouille avant de m'embrasser langoureusement.

Notre fils à raison, je sais que nous vivrons heureux jusqu'à la fin des temps. Je t'aime Gaara...

FIN