Chapitre 5 : M'évader…
Suigetsu était allongé sur son lit. Il ne cessait d'avoir l'image de Karin lui répétant avec force qu'elle était prête à l'oublier, à le laisser seul, à l'ignorer, à l'effacer de sa vie.
Comment… ? Comment avait-il pu devenir ainsi… ? Au point que la seule personne qui comptait pour lui se lasse…
Karin. Elle savait tout de lui, de sa vie, de ses doutes, de ses craintes, de ses peurs.
Tant de souvenir ensemble. Ils se connaissaient depuis l'âge de trois ans. Ils s'étaient rencontrés à la crèche, ils se battaient déjà pour savoir qui allait dormir avec cette peluche bleue. La maîtresse les avait puni, ensemble, ils avaient rit, et ne s'étaient plus jamais séparés.
Enfant, Suigetsu n'avait que Karin comme amie, les autres élèves se moquant de lui à cause de ses parents. Seule la jeune femme ne se moquait, elle ne se rendait pas compte, elle voulait juste être avec lui et continuer de rire.
Son amie d'enfance était devenue une femme, une sublime adolescente, brillante, jolie, amusante, mais terriblement timide et son caractère froid et ses cris d'agacement pour cacher ce trait de caractère n'avait rien arrangé.
Le jeune homme aussi avait grandit, grandit dans la moquerie, avec les insultes, les regards dédaigneux, le dégoût parfois.
- Sui, tu viens manger ! S'élance la voix d'un homme du salon
- Oui…
Suigetsu se releva et s'asseye sur le bord de son lit. Il puisait le courage d'annoncer cette affreuse vérité, cette confession qui avait anéanti sa vie d'enfant, d'adolescent et aujourd'hui de jeune homme.
Il quitta sa chambre et descendit péniblement les marches. Il pensait à Karin, la seule personne qui lui donnait un courage démesuré. Il ne voulait pas la perdre, elle était bien trop précieuse. Malgré tous ces mots, tous ces doutes, toutes ces souffrances mutuelles, il était dingue, fou, accro à son amie. Il avait pour elle des sentiments forts, effrayant quelque fois, mais savoureux. En la regardant, en rêvant, en fantasmant sur elle, son corps, son visage, ses lèvres. Quel son à sa respiration saccadant, quel était la température de son corps, le touché de sa peau, le goût de ses baisers. Il fallait qu'il se stoppe, la fièvre le gâtait.
Il s'arrêta sur la dernière marche. Il regarda ses deux parents. Ils étaient installés paisiblement, ils servaient le dîner en se souriant, en se câlinant, en s'embrassant. Suigetsu les avait toujours connus passionnément amoureux, à la limite du mielleux. Il se souvenait de l'ironie permanente de la mère de Karin, « mon mari n'est pas aussi tendre ».
C'est vrai qu'ils étaient envieux. Tous deux avaient un métier, l'un infirmier, l'autre ingénieur. Ils étaient amis, amants. Agréable voisin, gentil inconnu, irremplaçable ami.
Pourtant des gens les détestaient. Jalousie ou intolérance ? Il ne savait pas.
Le fait fut qu'il avait souffert des deux.
Oui. Des parents attentionnées, compréhensifs, tolèrent, et il savait, il savait qu'ils souffraient de la quasi inattention que portait Suigetsu sur les deux personnes qui l'avaient élevé.
- Sui… Tu viens… ?
- Oui…
Le jeune homme s'installa en face de ses deux parents. Ils se racontèrent leur journée, se comptaient une anecdote, discutaient de l'actualité, ils ne cessaient de sourire, de se toucher, de se taquiner, quelle joie de vivre, quel bonheur.
Beaucoup d'enfant envierait ses deux parents exceptionnels, dégageant chaleur, bien-être, convivialité et amour.
- Sui… Tu ne manges pas… ? S'inquiète l'un d'eux
- Si…
Il prit ses baguettes et commença son bol de riz.
Comme à leur habitude, ils le regardaient l'air inquiet. Ils savaient que leur fils n'était pas heureux, ni épanouit. Leur fils les appelait par leur prénom et non par leurs surnoms habituels. Il s'enfermait dans sa chambre, sans rien dire. Il les regardait en baissant les yeux, comme honteux.
Ils souffraient, tous les trois.
- Euh, on ne voit plus Karin ces temps-ci… ? Demande l'un d'eux
- On s'est disputé…
- Ah ! Pourquoi… ?
- Pour des broutilles, comme d'habitude !
- Tu peux l'inviter le week-end prochain si tu veux, ça nous ferait plaisir de l'accueillir…
- Oui…
- Sui… Quelque chose ne va pas ? Demande l'autre
- Non, ça va…
- Tu sais que tu peux tout nous dire… Renchérit l'un tendrement
Ce regard le tua. Ils avaient toujours les yeux remplis de sincérité, d'amour, de soutient, ils l'aimaient plus que tout au monde, c'était leur fils, c'était leur fils malgré tout.
Suigetsu craqua, des larmes se glissèrent sans qu'il puisse les arrêter.
Comment… ? Comment avait-il pu les haïr à ce point, les détester de l'avoir choisit lui, d'avoir égoïstement voulu se jouer de la nature en l'accueillant dans leur vie.
Oui.
C'était des parents aimant, deux personnes merveilleuses, une famille comme on en rêvait.
- Sui… Qu'est-ce que tu as… ? S'affole l'un
- Je… Je suis désolé…
- Pourquoi tu es désolé… ?
- De… De vous avoir détesté durant tout ce temps ! De vous avoir haït, de m'avoir pourri la vie, mon enfance, mon adolescence et encore aujourd'hui, j'en souffre !
Oui.
Deux parents fantastiques.
Deux parents qui n'avaient pas le même sang que leur enfant, deux parents qui étaient deux hommes.
- J'ai eu peur, peur d'être comme vous, d'être rejeté, de me dégoûter, ça me pourrie la vie ! S'agace Suigetsu
Haku en lâcha ses couverts, il ne savait pas, il ne savait pas que son fils était malheureux à ce point.
- Je souffre d'accord, je souffre de cette différence, adopté par deux hommes, vous n'avez même pas imaginé une seconde le mal que ça me ferait ! S'écrie ce dernier
Zabusa resta calme, il était démuni devant l'appel au secours de son fils.
- J'ai mal d'accord, on s'est toujours moqué de moi, me rejetant comme un pestiféré, me regardant avec le même dégoût qu'ils avaient pour vous ! Je ne voulais pas être comme ça, amoureux d'un mec, je me suis forcé à m'envoyer en l'air avec un tas de fille, à rejeter ceux qui me comprenaient vraiment et je perds aujourd'hui la seule fille que j'aime ! Tout ça c'est de votre faute !
- …
- Je dois toujours faire semblant, je n'ai pas confiance en moi, j'ai l'impression de n'être personne !
Suigetsu releva la tête, et vit les larmes de Haku. Étrangement, le voir pleurer mit une gifle au jeune homme, il ne voulait pas, il ne voulait pas leur faire du mal, rejeter la faute sur eux, eux si parfait, eux si honnête, eux si compréhensif, ses parents étaient deux perles, deux perles qu'il n'avait su comment aimer.
- Sui… Pardon… Prononce difficilement Haku
- Non…
- On ne savait pas… On ne savait pas que tu avais tout ce mal en toi… Que tu étais rejeté par notre faute…
- Non, non…
- Tu es si distant avec nous, on pensait que c'était une crise d'adolescence que tu avais ton univers, mais… En réalité tu souffrais à cause de nous… Tu nous détestes…
- Non !
Suigetsu se leva, confus.
- Non, je… C'est de ma faute… Vous avez toujours était là pour moi, je vous en voulais c'est vrai, mais je ne vous déteste pas… Non… J'ai… J'ai eu du mal à trouver ma place, c'est tout…
- Sui…
- Je… Je vous demande pardon pour tout ça…
Suigetsu s'en alla, mal à l'aise, il s'apprêtait à remonter dans sa chambre, quand deux bras viennent l'enlacer, posant sa tête sur son torse. Zabusa ne pouvait plus rester sans rien faire.
- On te demande pardon aussi…
- …
- Nous avons égoïstement voulu être parent, sans penser à cette différence… Nous aurions dû t'expliquer, te parler, mais nous avons pensé que tu ferais ça de toi-même… On pensait que tu acceptais cette différence, même en silence… Alors pardon… Pardon pour avoir été de mauvais parent…
- Non…
- Si, nous avons notre part de responsabilité… On te comprend…
- Vous êtes des parents géniaux, c'est moi qui suis capricieux…
- Alors c'est de notre faute à tous… Au moins la maladresse, c'est de famille ! Sourit-il
Suigetsu rendit son sourire. Haku se leva, et enlaça son fils.
- Pardon chéri…
- C'est rien… J'avais besoin de vous en parler, ça faisait un moment que j'avais ça en moi…
- Nous te promettons d'être plus attentif à l'avenir et de ne plus te faire honte…
- Non ! Ce n'est pas ce que je veux ! Dit-il en se retirant de leur emprise
- …
- Vous ne me faites pas honte… C'est juste que… Je n'ai pas su gérer la méchanceté des gens ! Je n'ai pas su être réceptif de votre… De votre… Rougit-il
- De notre amour… Sourit Haku
- Oui ! Répond ce dernier gêné
- Ce n'est rien, nous avons eu conscience en d'adoptant que nous ne saurions pas des parents parfaits et modèles, mais… Nous savions que nous t'aimerions comme personne… Sanglote Haku
- Je sais… Pardon…
- Allez… Plus de pardon, plus d'excuse… Allons dîner… Sourit Zabusa
- Oui…
Les trois jeunes hommes se mirent à table, dans une atmosphère plus paisible. Ils discutèrent, échangèrent, réapprenaient à se connaître. Ils passèrent même la soirée ensemble, riant devant une émission de divertissement. Ils donnaient l'image d'une famille unie.
Simplement.
Naruto se réveilla difficilement. Il posa sa main sur sa tête, elle lui faisait horriblement mal. Il se releva avec difficulté et observa l'espace autour de lui. Il était assis sur la moquette de l'appartement de son élève.
- Monsieur… ?
- …
- Tenez…
Hinata lui tendit une aspirine et un verre d'eau. Naruto l'ingurgita.
- Allez vous asseoir dans le canapé…
Naruto s'exécuta, comme un robot. Il s'installa dans le canapé et s'affaissa quelque peu. Hinata se posa à ses côtés et ne sut que dire.
Naruto était encore sous l'emprise de l'alcool. Il souriait de façon narcissique et rentra dans un délire monstre.
- Quelle plaie ce professeur de philosophie hein !
- …
- Revenir bourré chez son élève, ça fait mauvais genre non ?!
- Euh… ?
Hinata le trouvait étrange, un côté sarcastique se posait sur son visage, dans son esprit, elle avait l'impression de ne plus avoir son professeur à côté d'elle.
- Ma femme s'envoie en l'air avec mon meilleur ami ! N'est-ce pas triste !
Hinata fut bouche-bée, Madame Uzumaki et Monsieur Uchiha entretenaient une relation… ?
- Oh, ça fait des années, ils s'envoient en l'air chez lui quatre à cinq fois par semaine ! C'est prodigieux !
- …
Hinata était mal à l'aise, elle ne savait pas quoi faire, pas quoi dire, elle était dans la limite de la peur.
- Ce soir, ils ont innové, ça s'est passé chez moi, sous mon toit, sous notre toit, dans notre lit conjugal, quel fantasme à ne pas rater n'est-ce pas ?!
- …
- Ils avaient l'air de prendre leur pied, je me suis toujours demandé lequel des deux couchaient le mieux !
- …
- Sûrement lui, elle jouit plus fort avec Sasuke !
Hinata se sentait désemparée.
- Tu ne dis rien !? C'est normal, Sasuke est toujours plus beau, plus cool, plus mystérieux, plus sombre, plus excitant, plus tout quoi ! La gentillesse ça emmerde les femmes ! Non ! Non ! Ça emmerde ma femme ! Rit-il
- …
- Et puis c'est quoi son problème à ce connard ? Il ne l'aime pas ! Il ne fait que baiser pour oublier ! Un salaud… Mais les femmes aiment ça non ? Pleurer un homme qui est le pire des connards avec elles ! Elles se plaignent, viennent chez toi pour se faire consoler, et puis le lendemain hop, tu es marié à la femme que tu aimes et tu deviens cocu !
- Monsieur…
- Sasuke… Quel enfoiré… Le pire c'est que je l'aime lui aussi ! C'est comme un frère… Mais bon, les membres d'une famille son pourrie aussi ! Tu en sais quelque chose toi ! Dit-il se tournant vers elle
- Euh…
Naruto observa Hinata. Il mâta sa beauté exquise, elle était belle, pulpeuse, une envie « perverse » lui traversa l'esprit.
- Je ne t'avais pas vu d'aussi près ! Tu es belle !
- …
- Très belle même ! De longs cheveux nuit, des courbes avantageuses, une poitrine gourmande, tu dois faire jouir plus d'un homme…
Hinata se sentit rougir, mais était également effrayée. Le narcissisme avait laissé place à un homme pervers. Elle se leva, apeurée.
- Quoi ?
Naruto se leva à son tour, et s'avança vers la jeune femme.
- C'est un compliment non ?!
Hinata recula en fonction des pas de Naruto, mais bientôt le mur bloque la jeune femme et laissa l'homme collé à son corps.
- À moins que tu ne sois vierge… ? Dit-il murmurant dans son oreille
- …
- Ça ne me gêne pas… J'ai bien dépucelé ma femme…
- Monsieur… !
Hinata essaya de se défaire, mais Naruto la retenait par le bras.
- La pauvre, elle voulait être parfaite pour Sasuke, ne pas apparaître vierge pour lui, une belle preuve d'amour non… ?
- Monsieur, s'il vous plaît…
- Tu es vraiment mignonne… Murmure ce dernier, caressant sa joue.
Hinata se sentait confuse. Avoir près d'elle la chaleur de son professeur la bouleversait, un bien-être inconnu se glissa dans son corps, son cœur battait à la chamade. Mais elle était toujours effrayée du comportement de Naruto.
- Tu as des lèvres appétissantes… Dit-il les caressant de son pouce
Aguicheur. Hinata se laissa bercer par le regard transperçant de Naruto.
- Tu ne voudrais pas être ma maîtresse par hasard… ? Histoire de me venger…
- Monsieur…
- C'est bon, juste une nuit…
- Non…
- Pourquoi… ? Ne soit pas timide, ça restera entre toi et moi… Dit-il léchant son cou
- Monsieur, arrêtez s'il vous plaît…
- Putain ! C'est quoi ton problème !
- …
- Tu es vraiment une sainte nitouche ! C'est vraiment ennuyeux, tu ne veux pas te laisser faire un peu !
Hinata était pétrifiée de peur, mais les derniers mots de son professeur la blessa profondément et elle infligea une violente gifle à Naruto.
- Partez ! Dit-elle, trouvant la force de crier
- …
- Partez ! Vous me faites peur ! Partez !
Naruto redescendit quelque peu sur terre. Il s'éloigna de Hinata, prit sa veste, son casque et partit sans un mot. Les jambes tremblantes de Hinata la firent s'écrouler. Elle se recroquevilla sur elle-même et déversa ses larmes d'inquiétude.
Naruto vacilla dans le couloir, soudainement, il entendit son portable sonner, Sakura avait essayé de le joindre aux moins une dizaine de fois.
Il rit, comme le diable. Il prit l'ascenseur avec difficulté, mais réussit à atteindre le parking souterrain.
Meurtris, il s'assit contre sa moto. Que venait-il de faire, que venait-il de faire subir à son élève… ?
Qui devenait-il… ?
Lasse, il appela la seule personne encore capable de le comprendre, de le cerner, de l'écouter.
- Tsunade, viens me chercher s'il te plaît… ?
- Où es-tu… ?
- Résidence « Soleil »…
- J'arrive…
Tsunade raccrocha, inquiète. Naruto avait des difficultés à parler, on dirait qu'il était en léthargie. Elle se précipita dans la salle de bain, enfila des vêtements. Elle prit ses clefs de voiture et fila à toute vitesse.
Arrivée, elle retrouva un Naruto endormi, en pestant l'alcool. Elle le porta dans ses bras, l'installa sur la banquette arrière et redémarra.
Une fois arrivé devant sa maison, la jeune femme coucha son ancien élève dans une chambre et patienta jusqu'au lendemain matin, pour avoir une sérieuse explication.
Suigetsu étira ses membres, il venait de passer la plus paisible des nuits. Il se leva le sourire aux lèvres et descendit dans la cuisine.
- Bonjour chéri… Sourit Haku
- Bonjour… Dit-il lui rendant son sourire
- Bien dormi… ?
- Oui, merci…
- J'étais en train de préparer ton déjeuner…
- Mon déjeuner… ?
Suigetsu regarda l'heure à sa montre, il était tout juste midi. Honteux, il rougit.
- Midi ! S'écrie ce dernier
Haku se mit à rire.
- Ce n'est pas grave… Tu avais besoin de te reposer… Dit-il posant une main sur sa joue.
- Oui…
- Tiens… Dit-il déposant le repas
- Merci… Où est… Hum…
Suigetsu n'osait pas appeler Haku et Zabusa « papa ». Déjà, ça lui était étrange, comment allaient-ils se reconnaître avec le même surnom… ? Mais il se disait aussi que ça leur ferait sûrement plaisir d'entendre cette appellation affective aujourd'hui.
- Sui…
- Oui… ?
- Tu as tout ton temps… Pour ça… Nous appeler « papa », ne te met pas la pression… D'accord…
- Euh, oui…
- Pour répondre à ta question, il est parti à la pêche avec des amis…
- Ah… ? Il t'a laissé tout seul !
- Il faut bien être séparé parfois, et puis je vais faire du shopping avec la mère de Karin… Sourit-il fièrement
- Je vois…
- Et toi… ? Tu as prévu quelque chose… ?
- Pas vraiment, mais je vais sûrement aller voir Karin…
- Tu es amoureux… ? Demande Haku souriant, posant ses coudes sur la table
- Quoi… ?! Dit-il rougissant, crachant son verre de lait
Haku rit devant la mine rageuse et intimidé de son fils.
- Hier tu as parlé de la « seule femme que tu aimes », je me demandais si tu parlais de Karin… ?
- Quoi… ?! Euh, mais non, enfin, je ne sais pas ! Dit-il le nez dans son bol
- Karin t'apprécie depuis l'enfance… Je serais ravi que vous soyez enfin ensemble…
- Enfin… ?
- Mon fils, tu as encore des choses à apprendre sur l'amour on dirait… !
- Ah… ?
- Un dernier conseil, Karin est une fille vraiment très bien, ne la rend plus triste…
Suigetsu s'étonna de cette réflexion. Où voulait en venir son père… ?
Mensonge.
Suigetsu savait pertinemment ce qu'il sous entendait, Karin l'aimait depuis toujours et l'attendait inlassablement.
- « Karin… Pardon… »
Le soleil pénétra dans cette chambre aux couleurs pastelles. Les rayons réchauffaient la joue de ce jeune homme, qui se réveilla difficilement. Il ouvrit péniblement les yeux, toucha son front et le massa doucement, puis il se releva.
Tsunade arriva à ce moment et fut enfin ravie que son ami se réveille.
- Bien dormi… ?
- J'ai mal à la tête, mais ça va…
- Tiens, je t'apportais un plateau, j'ai mis de l'aspirine dans un verre d'eau !
- Merci…
Le jeune homme s'empara vivement de ce verre d'eau, il en fut soulagé à la première gorgée.
Tsunade prit place sur le lit et s'assoit, curieuse d'entendre sa version des faits.
- Bien… Maintenant que tu parais lucide, je peux savoir pourquoi je te retrouve soul dans la résidence de ton élève… ?
Naruto repensa à cette horrible soirée. Il s'assit correctement dans le lit et posa son dos sur les oreillers. Trop triste pour regarder Tsunade dans les yeux, son regard se dirigea vers le jardin.
- Hier soir, je suis reparti chercher des dossiers chez moi… Quand je suis arrivé, des vêtements traînaient sur le sol… En les suivant, je suis tombé nez à nez avec la porte de ma chambre, et ma femme et Sasuke s'en donnaient à cœur joie…
- Tu… Tu veux dire… Chez vous… ?
- Oui… C'était un fantasme apparemment, s'envoyer en l'air dans le lit conjugal, c'est peut-être marrant…
- Arrête Naruto !
- Bref… J'étais tellement triste que je suis parti me saouler… Je voulais oublier, oublier cet affront, cette trahison douloureuse… J'ai demandé au taxi de m'emmener chez Hinata, je n'avais pas la force de rentrer à l'appartement…
- Je comprends… Et ensuite…
- Je me suis écroulé à peine arrivé… Hinata m'a couvert et m'a laissé dormir…
- « Pourquoi je crains le pire… » S'inquiète Tsunade
- En me réveillant, j'étais moins soul, mais encore sous l'effet de l'alcool et…
Naruto serra le drap entre ses mains. Comment avait-il pu agir ainsi… ? Son comportement était plus que néfaste, pervers, et sale. Il ne se reconnaissait plus, ce n'était pas lui et Hinata devait sûrement encore en souffrir.
- J'ai… J'ai…
- Ça va… Laisse… J'ai compris… Tu as voulu te venger, mais elle t'a rejeté…
- Mh… Dit-il acquissent de la tête
- C'est une fille bien au moins…
- Je lui ai dit des mots horribles… Je… Je ne me reconnais pas…
Naruto déversa des larmes, des larmes de colère, de fatigue, de dégoût, il était à bout.
- Naruto…
Tsunade le prit dans ses bras, comme une mère le ferait avec son fils. Elle suivait ce couple depuis leur premier rendez-vous, elle avait assisté au mariage, à ce piteux mariage, où juste la consolation de ne pas finir seule enivrait Sakura, aucun amour dans son « oui, je le veux », juste une satisfaction de ne pas vivre seule.
Elle avait regardé son élève mourir dans cet amour, lui si joyeux, si dynamique, rêveur, ambitieux, drôle, amusant, bienveillant. Il était devenu morne, morose et détruit.
- Je suis tellement fatigué…
- Naruto, tu ne peux pas continuer comme ça… Dit-elle lui faisant face
- …
- Je sais que tu aimes Sakura, mais elle ne t'aime pas Naruto, elle se sert de toi pour ne pas finir seule, car elle sait que tu l'aimeras, quoi qu'il arrive ! Tu ne peux garder un tel amour à une femme qui n'en vaut pas la peine…
- …
- Ne parlons pas de ton meilleur ami qui continue à être l'amant sans aucune gêne, sans aucune morale !
- Je les aime tous les deux… Je ne veux pas les perdre… Ils ont toujours été tout pour moi…
- Naruto, tu te rends compte de ce que tu dis ! Tu réalises que les deux personnes que tu aimes le plus au monde te font souffrir chaque jour sans aucune pitié !
- …
- Tu veux un conseil d'une véritable amie… ? Prends des vacances ! Tu as besoin de repos, d'être seul, de te retrouver… Tu sembles encore plus souffrir du fait que tu changes que le fait d'être trahit…
- Euh… ?
- Personne n'aime se voir changer, surtout pas toi… Tu es un homme bien Naruto et tu mérites que les gens qui partagent ta vie te comprennent et t'aime comme tu es…
- …
- Je te laisse déjeuner… Tu peux prendre une douche après, j'ai encore des affaires à toi ici…
Tsunade se leva et prit congé.
Naruto regarda cette femme partir attristée.
Elle était comme une mère pour lui, elle l'avait toujours accueillit quand les jours étaient déprimants, elle l'avait même hébergé un mois entier après un accident de moto. Toujours attentive, toujours à savoir les mots qui le consoleraient, elle lisait en lui, le connaissait par cœur, une femme extraordinaire.
Le jeune homme dévora le plat préparé par Tsunade. Ensuite, il fit comme chez lui. Il attrapa des vêtements dans l'armoire, partit dans la salle de bain, pris une douche bouillante et rejoignit Tsunade au salon.
- Ah… Ça fait plaisir de te voir beau et de sentir bon !
- Merci… Rit ce dernier
En effet, Naruto était d'une beauté séduisante. Blond, les yeux saphir, un corps bien sculpté. Un homme gentil, doux, au caractère affectueux et bienveillant. Il était aussi drôle et amusant, cultivé et passionné.
Aujourd'hui, il portait un jean noir, une chemise blanche, une cravate bleu foncé à moitié noué, et une veste en cuir de couleur caramel.
Tsunade le trouvait parfait, elle était fière de lui. Il ne manquait plus qu'un sourire sincère et heureux pour combler son existence.
- Merci… Dit-il souriant
- Je t'en prie… Tu es toujours le bienvenu ici…
- Oui…
- Que comptes-tu faire… ?
- Je vais aller présenter mes excuses à Hinata… Et ensuite, je verrais, je n'ai pas encore le courage d'affronter Sakura…
- Il faudra bien que tu le fasses un jour ou l'autre, ça ne peut plus durer…
- Je sais…
Naruto prit place en face de Tsunade.
- Et toi… ? Avec Jiraya… ?
- Et bien… C'est compliqué…
- Tsunade, ça fait plus de trente ans que ton mari est décédé… Tu ne crois pas qu'il voudrait te voir enfin heureuse…
- Je sais, mais… C'était mon seul et unique amour, c'est difficile pour moi… C'est comme une trahison…
- Ne te vexe pas, et même si tu ne les fait pas, tu as quand même bientôt soixante et un an !
- Oui, merci… S'agace celle-ci
- Tu ne crois pas que tu pourrais en profiter ! Et puis Jiraya t'aime depuis longtemps non ?! Ce n'est pas comme si c'était un inconnu… !
- Voilà qu'un gamin de bientôt trente ans me fait la morale !
- Héhé ! C'est donnant, donnant…
- Je vais y réfléchir…
- Mais c'est tout réfléchit… Vous passez toutes vos soirées pratiquement ensemble ! Saute le pas !
- Ta dernière phrase m'a fait froid dans le dos !
Les deux amis se mirent à rire. Ils se comprenaient décidément trop bien. Après encore quelques minutes à discuter, Tsunade raccompagna Naruto à la résidence de Hinata.
- Prends soin de toi, et appel si besoin…
- Oui, merci…
Naruto regarda la voiture de Tsunade s'éloigner. Il ne savait qui remercier pour avoir cette femme comme une mère.
Le jeune homme monta anxieux chez Hinata. Il sonna chez elle et la jeune femme vient lui ouvrir.
- Euh… Bonjour… Dit-il gêné
- Bon… Bonjour Monsieur…
- Je peux entrer… ?
- Oui…
Hinata se mit sur le côté et laissa entrer son professeur. Elle ferma la porte bruyamment, elle était tendue.
Naruto se rapprocha d'elle et lui tendit l'objet de son pardon.
- Tiens…
- Euh…
- J'ai vu que tu avais un tableau avec des fleurs de Lys dans ta cuisine, je me suis dis que tu devais apprécier ces fleurs…
- Euh… ?
- Je t'en aie apporté une pour te demander sincèrement pardon…
Hinata se mit à rougir. C'était la première fois qu'un homme lui apportait des fleurs, et en plus c'était ces préférés.
- Je suis vraiment, vraiment navré de mon comportement…
- …
- Je comprendrais que tu me dénonces, sache que je suis entièrement désolé…
- Vous dénoncez… ?
- Bah, déjà, je n'ai pas le droit de te donner des cours particulier, mais aussi, j'ai été plus que grossier envers toi, alors… Je comprendrais que tu en réfère au Directeur…
- Euh… Non… Rassurez-vous, je ne dirai rien…
- Ah… Ah bon… ?
- Non… J'accepte vos excuses… Vous… Vous êtes un être humain après tout, tout le monde à son moment de faiblesse… Rougit-elle
- Euh… Oui… Certes, mais… Ah… C'est gentil, merci… Sourit-il
- Je… Je vous en prie…
- Tu devrais mettre la fleur dans un vase…
- Ah, oui…
Hinata s'exécuta. Elle choisit un long vase fin en verre transparent, le rempli d'eau et posa la fleur de Lys à l'intérieur, délicatement posé sur la table base en verre.
- Tu sortais… ? Je vois que tu es en manteau…
- Euh, oui… Je partais au marché du livre d' Ōkubo …
- Ah bon… ? Tu connais le marché du livre d' Ōkubo … ?
- Oui… Rougit-elle
- Tu veux que je t'emmène… ?
- Euh… ? Mais…
- Je sais, je suis ton professeur, mais ça me ferait encore plus pardonner pour hier soir…
- Je… Je ne sais pas…
- Ça me ferait plaisir… Et puis, j'ai besoin de me changer les idées…
- Ah…
Hinata sentit son cœur tambouriner. Monsieur Uzumaki était d'une beauté à rompre le souffle. Il lui souriait tendrement, lui proposant de passer l'après-midi avec elle. Dans quel monde avait-elle été transportée.
- Je suis bête, tu devais sûrement y aller avec des amis… ?
- Non, non… Karin est occupée cet après-midi…
- Alors, c'est parfait…
- Hum…
- On y va… ?
- Oui…
Hinata et Naruto partirent en moto jusqu'à la ville d'Ōkubo. C'était une ville discrète, et le marché était bondé de monde, aucune chance d'être dérangé par un proche de Tokyo.
- Tu venais chercher un livre en particulier… ?
- Oui, je cherche un livre ancien, Rosinus…
- Rosinus… ? S'exclame Naruto
- Oui…
- Tu sais que ce livre coûte au moins deux cent soixante mille yens* ! Pâlit le jeune homme
- Je sais… Rougit-elle. C'est pour ça que je fais tous les marchés des livres, je voudrais le trouver au moins cher…
- Mais j'y pense, enfin, tu as sûrement les moyens de te l'offrir…
- Les moyens… ? L'argent de mon père… Non, je ne veux pas abuser de ça… Mon père travaille pour avoir cet argent, c'est le sien, et même sans ça, il ne me donne que de quoi payer le loyer et me nourrir tous les mois…
- Je vois… Désolé…
- Ce n'est rien…
- Non, j'ai encore eu une réaction hâtive à propos de ta situation, tu n'es pas une fille de riche dans l'âme apparemment…
- Non…
Naruto observait Hinata. C'était une jeune fille charmante, ravissante. Elle paraissait mal à l'aise, elle ne cessait de tripoter ses doigts et de rougir à chaque regard qu'il portait sur elle. Elle paraissait comme une jeune étudiante allant à son premier rendez-vous.
- « C'est peut-être le cas… ? »
Hinata était timide, réservée, et d'après ces propos hier, elle n'avait jamais eu encore de petit-ami. Le professeur se demandait bien pourquoi. Son élève était jolie, brillante, comment les garçons pouvaient passer à côté d'elle sans tenter leur chance.
- « Mais à quoi je pense moi ! »
Suigetsu après une bonne douche chaude, se dirigea dans sa chambre. Il chopa son mobile et appela Karin.
- Allô…
- Bonjour… Dit-il d'une voix tendre
- Bonjour…
- Comment vas-tu… ?
- Bien, je révisais…
- Hier soir, je me suis confié à mes parents…
- Ah bon… ?
- Oui…
- Sui… Ça va… ?
- Oui… Ils l'ont plutôt bien pris… Ils sont géniaux…
- Oui… C'est vrai…
- Euh, je me demandais, tu veux passer à la maison… On peut réviser ensemble…
- Je ne crois pas que se soit une bonne idée…
- J'ai très envie de te voir…
- …
- J'ai tenu ma promesse Karin… Je me suis débarrassé de ce poids… Comme promis… On dirait que ça ne te fait rien !
- Je ne te crois pas Sui…
- Quoi ?!
- Je ne crois pas que tu leur aies dit…
- Mais si, je t'assure !
- Ce poids pèse sur toi depuis ton enfance et à fait de toi l'homme détestable que tu es ! Je ne crois pas que tout ça se soit arrangé en une nuit !
- Karin, je te jure qu'on a eu une conversation !
- Je ne te crois pas… Ça fait trop longtemps…
- Je sais que je t'ai promis ça des millions de fois, mais cette fois-ci je l'ai vraiment fait ?! Et tu sais pourquoi… ?! Parce que jusqu'à présent je n'avais jamais vu combien tu étais triste et surtout jamais tu ne m'avais dis avec tant de conviction que tu voulais m'oublier…
- Euh…
- J'ai eu peur… Tu as été ma claque, mon déclic, j'ai eu peur d'être laissé par la seule personne qui compte pour moi et pour laquelle je compte sincèrement aussi…
- Sui…
- Si tu ne me crois pas, demande à Haku, il est parti faire les magasins avec ta mère non… ? Quand ils vont rentrer, demande lui !
- …
Karin ne pouvait pas croire ce qu'elle entendait. Suigetsu était terriblement complexé par ces deux parents qui étaient deux hommes. Depuis l'enfance, il subissait moquerie, incompréhension, intolérance, il en souffrait, horriblement. Puis, l'adolescence était quelque peu passée et les autres élèves, surtout les filles avaient commencé à être plus proches de Suigetsu. Il faisait rire, il était beau, joueur, un véritable homme sociable. Il prenait revanche de toutes ces années, quitte à délaisser ses deux parents et son amie…
Elle en avait souffert, pleuré mainte nuit. Suigetsu était tout ce qu'elle détestait, devenu arrogant, à la limite du mépris.
Pourtant, elle l'aimait, l'aimait toujours… S'accrochant aux souvenirs, de ce qu'était réellement Suigetsu.
- Karin… J'ai besoin de te voir…
- Et Shion… ?
- Shion… ?
- Tu as rompu… ?
- Oui, bien sur…
- …
- Je pensais que tu serais fier de moi et que tu serais heureuse pour moi et pour mes parents, je vois par ta réaction que je t'ai fait réellement souffrir…
Cette phrase fut de trop, Karin éclata en sanglot et raccrocha le téléphone.
- Karin… Souffle ce dernier
Le jeune homme essaye de rappeler son amie, mais en vint.
- Je suis tellement désolé…
Une partie de l'après-midi, Hinata et Naruto cherchèrent ce fameux live, mais sans succès. C'était un livre bien trop rare et précieux pour qu'il se trouve sur un simple marché.
- Il fait déjà presque nuit…
- Tu veux qu'on aille dîner quelque part avant de rentrer… ?
- Dîner… ? Quelque part… ? Rougit-elle
- Oui, je meurs de faim…
- Euh, comme vous voulez…
- Viens, il y a des stands là-bas, allons nous installer…
- Oui…
Naruto et Hinata prirent place. Le jeune homme commanda deux bols de ramen.
- J'adore ce plat ! Dit-il tout sourire
- Oui…
- Tu aimes… ?
- Oui, Kô m'en fait souvent l'hiver…
- Kô… ?
- Ah, c'est mon gouvernant… C'est aussi lui qui m'a pratiquement élevé…
- Je vois… Et bien ton gouvernant a bon goût !
- Oui… Rit-elle discrètement
Naruto fut émerveillé par ce rire. Il avait passé une agréable journée, sans prise de tête, sans mensonge, sans essayer de discerner le vrai du faux. Les heures étaient passées sans même qu'il ne s'en aperçoive. Ils avaient discuté toute la journée de leur passion, partagé, rit, une journée débordante de complicité.
Sentiment qu'il n'avait aucunement avec Sakura.
C'était la personne qu'il aimait le plus au monde, mais la réalité le rattrapait bien vite. Même quand elle l'embrassait, il ne ressentait aucun plaisir venant d'elle, c'était une assurance, peut-être une chaleur que Sasuke ne donnait pas.
Il l'aimait tellement. Mais la résignation se faisait forte. Sakura ne lui donnerait peut-être jamais, ce qu'il espérait recevoir et ressentir.
- Monsieur… ?
- Oui !
- Vous allez bien… ?
- Oui, oui, désolé, j'étais dans mes pensées ! Rit-il nerveusement
Hinata s'inquiétait pour son professeur, ses confessions de la nuit dernière lui faisait froid dans le dos. Sa femme le trompait sans remord avec son meilleur ami. Il devait se sentir trahit, blessé, et rejeté.
- Pourquoi cet air triste… ? Sourit le professeur
- Ah, désolée… Je… Euh…
- Tu es une fille étrange…
- Quoi… ?
- Tu es vraiment gentille… On dirait que tu ne cherches pas à m'embarrasser, et pourtant il y aurait de quoi… !
- Euh…
- Je te présente vraiment mes excuses pour hier, car c'est moi qui t'ai embarrassé avec ma confession non… ?
- Non, enfin… Je me disais juste que… Euh… Je peux comprendre…
- Comprendre… ?
- Oui, vous devez vous sentir trahit, abandonné, limite meurtris, aimer quelqu'un de toutes ses forces et s'apercevoir qu'il ignore tout de ce qu'on peut lui donner… C'est… Triste…
Naruto étendit un large sourire, Hinata était indéniablement gentille…
Il ressentit une subite chaleur contre son thorax. Cette jeune fille le perturbait depuis sa première rencontre. Il ne cessait de déplacer des montagnes pour elle, voulant absolument l'aider, elle dégageait sincérité et délicatesse, des qualités qu'il appréciait singulièrement.
Elle dégageait aussi une fragilité, comme ignorant presque le bien-être, elle paraissait timide, mais elle était aussi combattante, elle n'avait pas eu peur de lui dévoiler sa pensée et pourtant après son dernier mot soufflé, des rougeurs étaient tout de même apparu.
- Monsieur… ?
- Oui !
- Le temps se couvre…
- Oh…
Naruto leva la tête au ciel, effectivement, des nuages noirs se formaient.
- Je te raccompagne, viens…
Les deux jeunes gens se levèrent, Naruto paya l'addition, sous la timidité de Hinata et ils enfourchèrent la moto.
Pendant le trajet, Naruto continua la traversé en houle de ses pensées. Il remarqua qu'il n'avait aucunement donné de nouvelle à Sakura…
Était-elle inquiète… ?
Et lui, s'inquiétait-il de savoir si elle tournait en rond… ?
Est-ce que sa femme lui avait manqué aujourd'hui… ?
Cette réponse fut donnée par les bras de Hinata qui enlaça de peur la taille du professeur.
La fin du chemin se finit sous la pluie. Ils pénétrèrent enfin dans le garage, trempés. Ils montèrent à l'étage et rentrèrent dans l'appartement.
Hinata sursauta, un éclair venait de rompre le ciel.
- Désolée…
Pour calmer sa peur, Hinata se dirigea vers l'interrupteur. Au moment d'illuminé le salon, la main de Naruto bloqua son geste
- Euh… ?
Naruto se sentit ardent. Une chaleur incontrôlable s'empara de son être. Sa tête était vide, ses sens éteints, son esprit envolé, il ne désirait qu'en ce moment précis, faire l'amour.
Hinata était irrésistible. Ses longs cheveux avaient bouclé avec la pluie. De légères gouttes d'eau ruisselaient sur son cou, ses vêtements trempés entouraient de façon gourmande son corps.
Quel homme ne résisterait pas… ?
Son poignet grelottait dans sa main. Elle avait sûrement froid.
Une envie déchirante de la prendre dans ses bras le persécuta et sans véritablement se contrôler, il attira la jeune fille dans ses bras.
Hinata rougit comme jamais. Ses yeux tombèrent sur le torse quelque peu dénudé de son professeur, il sentait bon, et ses bras la serraient si fort qu'elle avait l'impression d'être indispensable.
- Hinata… Murmure ce dernier
- Oui… ?
- J'ai envie de toi…
- …
- Je sais que ce n'est pas bien, pour de multiple raison, professionnel et sentimental…
- …
Hinata resta figé, elle entendait son cœur cogner et cogner sans s'arrêter, une chaleur envahissait ses reins, sa poitrine, sa gorge, ses lèvres, elle tremblait, non pas de peur, ni même de froid, mais d'envie.
- Mais c'est une envie forte que je ne peux pas contrôler…
- …
- Alors si tu n'es pas d'accord, repousse moi tout de suite…
- …
- Car quand j'aurai posé mes lèvres sur toi… Il sera définitivement trop tard…
- …
Hinata agrippa dans un naturel profond, ces deux mains à la veste de son professeur, une réponse frivole de lui dire.
- « Fait-le »…
Sauvagement, Naruto passa une main dans la chevelure de Hinata et l'autre se glissa sur sa joue et il captura sans retenu, les lèvres de son élève. Il ne perdit aucune seconde, et attrapa la langue de la jeune fille avec la sienne. Ils étaient frigorifiés, non, c'était les vêtements qui étaient froids, leur corps bouillonnaient de désir.
Sans la ménager, Naruto enleva vivement le manteau de Hinata et passa une main sous son haut. Sa peau était tiède, et si douce.
Il ne quitta pas ses lèvres, le baiser était si bon. Mais il se frustra de ne voir Hinata réagir, il rêvait qu'elle soit aussi impatiente que lui.
Pourquoi elle n'enlevait pas sa veste, elle qui s'y était accrochée comme un « oui » subjugueux.
Il devait peut-être se freiner, était-ce son premier baiser… ?
C'était impossible… !
Et pourtant, elle semblait tellement réservée, il percevait du désir dans ses yeux, mais une peur irrationnelle de la laisser libre.
Cajoleur, il cessa son baiser, ses caresses et la prit dans ses bras.
- Hinata, n'aie pas peur… Tu peux tout te permettre avec moi… Tout… Ne te retiens surtout pas… Il n'y a que toi et moi ici… Alors donne-moi toute ta confiance…
- Je… Je n'ai pas d'expérience… Je… Je vais être maladroite…
- Je m'en fiche, ça ne t'en rendra que plus désirable à mes yeux… Susurre ce dernier dans son oreille
Naruto fit face à la jeune femme. Il posa une main sur sa joue, souriant et vient l'embrasser tendrement.
Elle inspirait douceur, mais son désir de la savourer était trop imposante ce soir, il vint poser sa tête dans son cou et lécher les gouttes d'eau encore présentes. Elle frémissait, elle échappa un souffle de bien-être. Ses mains lâchèrent la veste de son professeur et viennent naturellement lui ôter cette dernière.
Elle lança le départ.
Naruto entendait son cœur battre, il allait s'extirper de sa poitrine, et ce sentiment était un tel délice, qu'il ôta à son tour le pull et le haut de son élève. Pour une célibataire, son sous-vêtement n'en était pas moins coquin, un soutien-gorge panthère, elle avait du goût en plus d'être appétissante.
Ne pouvant plus attendre, il enleva lui-même sa chemise tout en reculant vers le lit. Elle tomba et il vient atterrir au dessus d'elle. Leur peau ne firent enfin plus qu'une. Il venait embrasser chaque parcelle de sa peau. Pendant que sa bouche dégustait son ventre, les mains du professeur retirèrent le soutien-gorge. Il remonta jusqu'à sa poitrine et se précipita sur celle-ci sans attendre accord.
Hinata se cambra, et évapora un souffle de plaisir. Naruto suça et lécha avec plaisir ces deux seins gâtés par la nature. Il massa l'un pendant qu'il dévorait l'autre, ne laissant aucun répit à la respiration saccadant de son élève. Il caressa sa taille, une fine taille, il prit plaisir à goûter ce corps sans retenu, sans se demander si Hinata pensait à un autre homme, sans se questionner sur le plaisir qu'il donnait, il ressentait chaque bien-être frissonnant de son élève sous ses mains.
Il voulait de nouveau goûter à ses baisers, des baisers innocents et voraces.
Il la regarda un instant, il avait le souffle coupé, elle était définitivement sublime.
Il embrassa son cou, descendit jusqu'à son ventre et déboutonna avec amusement le jean de son élève. Il retira les bottines qu'elle portait encore aux pieds et ôta le pantalon sans ménagement.
Il n'osait encore ôter sa culotte, assortis divinement avec le haut. Il préférait savourer ce moment qu'il effectuera de manière séduisante.
Il caressa ses cuisses, sa taille, mordilla à quelques endroits, quel délice de sentir la cambrure parfaite de son élève se dresser. Il remonta vers son visage, mordit son cou, lécha le lobe de son oreille et le mordit tendrement.
- Naruto… Souffle chaudement Hinata
À l'entente de son prénom, Naruto devenait fou, jamais son prénom n'avait été prononcé de façon si désirée.
C'était bel et bien lui qu'elle désirait, et aucun autre.
Sasuke ni aucun homme n'occupait ses pensées, elle était à lui, rien qu'à lui.
Ne pouvant plus retenir sa fierté qui grandissait de plus en plus, il se mit à genoux sur le lit. Il regarda avec fantasme Hinata et enleva sa ceinture, puis son pantalon et ôta son boxer. À la vue de la fierté de son professeur, Hinata tourna subitement la tête. Le rouge sur son visage pourrait illuminer la chambre se trouvant dans le noir.
Il rit quelque peu, non pas moqueur, mais attendrit.
Mais à peine son être posé sur le sien, que son air coquin refit face. Il embrassa le cou de Hinata, passa sa langue de haut en bas, s'amusa à caresser sa fierté contre sa virginité. La jeune fille expira un confort flatteur, elle semblait bien, même très bien, puisque son index subit les traces de ses dents.
Naruto embrassa ce corps dont il ne savait plus comment se rassasier. Il se retrouva face à cette culotte tentante. Son moment divin arriva, enfin. Il prit entre ses dents le nœud qui se trouvait sur la lingerie et enleva ce dernier avec sa bouche. Il la descendit jusqu'au genou, puis termina le trajet avec sa main glissante sur sa fine jambe.
Il remonta son corps, et caressa tendrement le bas de ventre de la jeune fille. Il embrassa son nombril et descendit jusqu'à son intimité où il déposa un baiser gourmand. Mais Naruto, de nature impatient en ce qui concerne donner du plaisir, ne put attendre plus longtemps la plénitude de sa partenaire.
Il glissa ses deux mains sous les cuisses de Hinata, les remontes légèrement, les écarta doucement et glissa sa langue sur le fruit sucré de son amante. La jeune fille se cambra comme jamais à ce contact, elle ferma les yeux et déposa un bras sur son visage, elle ne voulait aucunement regarder le supplice de son professeur.
Naruto savourait ce moment soyeux. Il caressa son ventre, prit entre sa main un sein qu'il massa avec envie. Ce moment ressemblait à de la soie qu'on caressait, c'était doux, câlin, sucré, gourmand, un préliminaire qu'il dégustait indéfectiblement pour la première fois peut-être.
Il en voulait plus, plus de sensation, plus de frisson, plus de douleur et de chaleur dans son corps, il voulait consumer son élève, tout de suite.
- Arrêtez… Murmure Hinata
- …
- Arrêtez, je vais… Dit-elle déchirant de ses ongles la couette
Le jeune homme essuya discrètement sa bouche et rejoignit son élève. Il souriait, apparemment l'orgasme était échéant.
- Sinon quoi… ? Dit-il déposant des baisers dans son cou
- Monsieur…
- Arrête de me rendre fou… Monsieur, quel fantasme…
- …
Hinata n'aimait pas cette confession, elle n'était donc qu'un fantasme… ? Pire, elle était sûrement la maîtresse qu'il désirait tant, une vengeance, après son plaisir, il ira se vanter auprès de sa femme, Hinata sera la risée, une femme amoureuse blessée.
-« Amoureuse… ? » Pense celle-ci
Elle sentait désormais les mains de son professeur descendre le long de ses cuisses, il venait les éloigner l'une de l'autre et laissa un endroit chaud à sa fierté.
- Hinata…
- Non !
Elle le poussa subitement, cogna ses mains contre son torse, elle se releva et lui fini sur les genoux. Elle tenait sa tête lourde de pensée entre sa main droite et il perçut des larmes tomber sur ses jambes.
Qu'avait-elle… ?
Pourquoi le repousser subitement.
- Je ne veux pas… Je ne veux pas être votre maîtresse… Vous êtes là pour vous venger, pour savoir ce que ressens votre femme, et je ne veux pas ! Pleure Hinata
Naruto n'était guère surpris de cette réaction, il se demandait même quand son élève allait se soumettre à cette éventualité.
- Hinata… Je suis désolé… Je ne voulais pas que tu penses ça…
- …
Il s'avança vers elle, enleva sa main de son visage, et colla son front au sien.
- Je sais que ce n'est pas bien… Ce qu'on fait, mais… J'ai ressentit du désir pour toi, parce que… Parce que j'ai passé une bonne journée à tes côtés… J'étais bien et ça faisait des années que je n'avais pas eu une journée sereine… Dit-il embrassant sa joue
- Vous ne pouvez pas décider de ça en une journée…
- Oui, c'est vrai… Ce n'est d'ailleurs pas très philosophique, mais…
Naruto se saisissait des joues de Hinata. Il voulait la regarder dans les yeux, cette perle.
- J'ai peut-être eu le coup de foudre… Sourit-il fièrement
- Ne dites pas de bêtise…
- Hinata… Je sais que je n'ai aucun droit de te demander ça, mais je ne me pose pas vraiment de question quant à mon attirance pour toi, j'ai juste envie d'être avec toi…
- …
- Je comprendrais que tu ne puisses pas assumer… Je ne t'en voudrais pas…
- Vous pensez à votre femme… ?
- Non… La preuve est que ça fait bientôt deux jours qu'elle est sans nouvelle de moi…
- …
- Je lis dans tes jolis yeux bleus que tu as très envie de moi… Dit-il l'embrassant passionnément
- …
- Tu ne voudrais pas te laisser aller… Être malicieuse et aguicheuse…
- Quoi… ?! Rougit-elle fortement
- La façon dont tu as attrapé ma veste tout à l'heure en dit long non… ?
- Vous vous moquez de moi… Dit-elle baissant les yeux
- Non… Rit-il tendrement. C'est juste que les filles les plus timides sont des voraces au lit…
- Filles timides… ? Voraces… Les hommes aux airs sérieux sont de vrais pervers apparemment ! S'indigne celle-ci
Naruto éclata de rire.
- Tu fais référence à moi… ?
- Oui !
Il rit de nouveau, charmé par cette délicate femme.
- Tu me fais rire… Je t'adore…
- …
- Est-ce que je peux te faire l'amour…
- Naruto !
- Naruto… J'aime mon prénom dans ta bouche… Dit-il mordant sa lèvre
- « Je ne pensais qu'il était si libre de ce côté-là »
- Tu es vraiment trop mignonne…
Naruto rallongea Hinata sur le lit et captura ses lèvres de façon gourmande.
C'était une jeune femme mature, responsable, forte, sensible, intelligente, amusante et tellement séduisante. Même s'il ne savait pas où cette nuit allait le mener, les mener… Il voulait savourer cet instant entièrement, et rien ne pourrait venir interrompre cette union.
Il écarte ses cuisses suavement, et commença par de simple va et vient affectueux entre sa fierté et la sienne. Il ne quittait pas ses lèvres, elle embrassait divinement et il souhaitait de plus en plus que cette nuit de s'arrête jamais. Il caressa ses cuisses, son ventre, elle méritait patience et désir.
Mais la tentation était de plus en plus incontrôlable, il voulait ne faire qu'un avec son élève.
- Hinata… Tu vas sûrement…
- Je sais… Le coupe t-elle.
- Tu peux me demander d'arrêter, d'accord…
- Oui…
Il redressa son corps, et regarda de son septième ciel, cet ange venu le quémander à sa porte.
Il pénétra doucement en elle, laissant glisser soigneusement sa fierté. Elle s'écria, un peu, arracha presque les coutures de la couette, la douleur devait être insupportable. Lui essouffla son bien-être, quel supplice, il se mordit la langue tellement la sensation était extrême.
Son être était aussi divin à déguster que ce corps de femme.
Il serra dans ses bras Hinata, fortement. Elle semblait souffrir et lui ne cessait d'accélérer ses mouvements de hanches, de savourer cet échange, il en voudrait tellement plus, mais il gardait ses vigoureux désirs pour les prochaines nuits.
- « Oui, les prochaines… »
Cette confession l'emporta dans un baiser sulfureux, il la serra contre son corps, il la sentit trembler, apeurer, mais il percevait sa voix essoufflant des bruits de jouissance, et lui qui mordait sa lèvre inférieure pour ne pas crier son extase.
Depuis combien d'année n'avait-il fait l'amour, en ressentant le bien être unique de deux amants qui étaient seuls en cet instant.
- Hinata…
- …
Naruto ne put plus retenir la preuve de sa dépendance, et laissa disparaître en elle son élan d'amour. Il se retira doucement et s'allongea à ses côtés.
Hinata versait des larmes, l'émotion, la douleur, son cœur qui chavirait, son corps qui tremblait, des sentiments dépendant s'emparèrent de la jeune fille. Naruto la trouvait indéniablement séduisante, cette petite femme fragile le séduisait.
Il jeta son corps sur elle et l'embrassa tendrement. Elle semblait perdue, fatiguée, rêveuse, transportée dans un plaisir qui ne voulait s'achever.
- Ça va… ?
- Oui…
Il replaça une mèche de ses cheveux derrière son oreille et embrassa son nez.
- C'était divin… Complimente ce dernier
- Ah oui… ?
- Oui…
Naruto se redressa et appuya sa tête avec sa main. Il se demandait s'il devait passer la nuit chez son élève. Non pas que son esprit réclamait le contraire, mais c'était une situation délicate et il ne voulait la brusquer.
- Est-ce que je peux prendre une douche… ?
- Oui…
- Tu veux venir avec moi… ? Demande ce dernier taquin
- Euh… Non… La jeune femme rougit et tourne le dos à Naruto d'un air triste
Naruto était surpris de ces yeux brillants. Se demandant pourquoi son élève était subitement triste, il fut attiré par la cambrure parfaite du dos de Hinata. Des courbes parfaites, des fesses légèrement bombées. Ce spectacle l'attirait comme un papillon vers sa lumière. Il passa une main dans son dos, il descendit de sa nuque et posa cette dernière sur la forme de ses fesses.
Naruto rapprocha son corps et embrassa l'épaule pâle de Hinata.
- Tu es vraiment belle… Très belle…
- …
- Hinata… ? Tu es sur que tout vas bien… ?
Hinata versait des larmes silencieuses. Cette union était bouleversante, elle sentait encore chaque caresse de Naruto sur elle, son cœur ne voulait s'arrêter de cogner, une boule dans son ventre se formait à chaque baiser donné par son professeur.
Ce moment était unique, elle aurait désiré qu'il ne cesse jamais.
Son esprit était pessimiste, il se résignait. Pourquoi être tombée amoureuse de son professeur, elle avait savouré ce rapport comme une gourmandise, mais c'était fini, fini à jamais, elle n'avait été qu'une passade, qu'une nuit d'oubli, un silence bruyant.
Elle se refusait de regretter cette nuit, mais la tristesse de n'être qu'une passade pour son professeur lasserait son cœur.
L'entente retenir ses sanglots dans la gorge, il escalada le corps de son élève et se retrouva face à elle.
Il caressa sa joue et sourit tendrement.
- Tu regrettes… ? Demande ce dernier
- Non…
- Pourquoi pleures-tu dans ce cas… ?
- …
- Hinata…
- Allez vous s'en…
- Hinata… ?
- Partez… Dit-elle cachant son visage
- C'est peut-être trop te demander, mais est-ce que je peux prendre une douche…
- Oui…
Naruto se leva du lit, il prit ses affaires et partit dans la salle de bain. La salle d'eau était sublime, Hinata était une fée de logis apparemment.
Il pénétra dans la cabine de douche et fit couler l'eau chaude. Sa peau respirait le parfum de Hinata, quel agréable arôme. Cette nuit était plus que succulente et il était attristé quelle ce termine dans la fragilité de son élève. Elle semblait heureuse contre lui, mais semblait malheureuse de son acte.
Il ferma l'eau, prit une serviette dans le placard, essuya l'eau de son corps et se rhabilla.
Il sortit de la salle de bain et découvrit Hinata, le dos tourné et mise sous la couette.
Il chopa le casque de sa moto sur la chaise et s'apprêtait à partir lorsque ses pas s'arrêtèrent brusquement il ne pouvait inlassablement pas la laisser dans cette état. Il reposa son casque et s'approcha du lit.
- Hinata… ?
- …
- J'ai passé une merveilleuse nuit…
- …
- Hinata, je ne veux pas partir comme ça… Regarde-moi…
Naruto posa une main sur l'épaule de son élève et retourna son corps. Ses yeux étaient remplis de larmes, et ils brisèrent le cœur de ce professeur séduit.
- Hinata… Ne pleure pas… Je suis désolé si je t'ai blessé…
- Partez, s'il vous plaît…
- Je ne peux pas partir en te laissant ainsi !
- Et moi je veux que vous partiez !
- Hina…
- Partez !
Elle cria de toutes ses forces et se retourna, fuyant l'homme qui rendait son cœur meurtris.
Naruto abdiqua. Il prit son casque et quitta l'appartement.
Il n'avait aucune envie de rentrer chez lui, il s'imaginait passer la nuit près de Hinata, mais la jeune femme en décidait autrement.
Sa moto le conduisit chez Tsunade.
- Naruto… ?
- Désolé de te déranger, je peux passer la nuit ici… ?
- Oui, bien sur, entre…
Naruto pénétra dans l'entrée et aperçut une paire de chaussure masculine.
- Jiraya… ?
- La ferme et va dormir !
- Ok ! Rit-il
Naruto partit dans sa chambre et se glissa dans les draps une fois tous vêtements au sol.
Ses pensées se dirigèrent naturellement vers Hinata. Il espérait que ses larmes avaient cessé et qu'elle s'était paisiblement endormie.
Replongeant dans sa nuit délicieuse, le jeune homme s'envola rapidement aux pays des songes.
Naruto se réveilla tôt et partit de chez Tsunade en laissant un simple mot de remerciement.
Il respira fortement et laissa sa moto partir rejoindre : sa femme.
Naruto eut à peine franchit la porte, qu'une gifle l'accueillit.
- Je peux savoir ce qu'il te prend de rester deux jours entiers sans nouvelles !
- Je n'ai vu aucun policier venir me chercher…
- Ne joue pas au plus malin !
- Désolé de t'avoir inquiété chérie, j'ai passé le week-end chez Tsunade…
- Chez Tsunade !? Et un message ou un court appel ne t'aurai pas effleuré l'esprit !
- Pardon mon amour, j'ai gâché ton week-end…
- Naruto qu'est-ce qu'il t'arrive !?
- Rien, j'avais envie de me changer les idées… Dit-il prenant place dans son canapé
- Tu n'es qu'un sale égoïste !
Égoïste… ?
Il rit intérieurement, ou sa femme ne savait pas ce que signifiait ce mot, ou elle le prenait définitivement pour un imbécile.
L'après-midi était passé sous les agacements de Sakura, mais arrivé quatre heures de l'après-midi, elle partit dans la salle de bain se préparer.
- Elle oublie vite, je comprends mieux…
Sakura sortit vêtue d'une jolie robe couleur rose pastel.
- Comment me trouves-tu… ?
- « Elle se venge, me montrer cette robe alors qu'elle sait quelle est pour Sasuke… Quelle génie ma femme… » Tu es à croquer…
- Oui, et toi tu seras privé de sexe pendant une semaine avec ta belle connerie !
- Sans souci…
- Pardon… ?
- C'est toi que tu prives en me disant ça non… ? Chérie…
- Ne sois pas prétentieux, ça ne te va pas du tout !
- Pardon… Mon amour…
- Bon, je dois y aller, Ino m'attend !
- J'ai hâte qu'elle entende l'horrible histoire de ce week-end…
- Quoi… ?
- Tu vas lui dire que ton mari a découché non… ?
- Euh, bien sur ! C'est ma meilleure amie, elle sait toujours tout !
- Bien, alors je l'attends au tournent vu son sale caractère !
- Oui…
Sakura partit, sans un mot, ni au revoir, et encore moins un baiser.
Naruto se posa dans le canapé et pensa à son élève.
- Je n'ai même pas son numéro…
Le jeune professeur repensa à sa nuit, et sa fierté se gonfla à ces souvenirs érotiques.
- Ma femme va s'envoyer en l'air, je pourrais en faire autant… ?
Naruto se leva subitement et chopa le casque de sa moto et se dirigea vers l'appartement de Hinata.
Il sonna à sa porte, priant pour qu'elle ouvre.
Un minois apparaît. Des yeux bouffis et rouge, une peau pâle et des traits de fatigue l'accueillirent.
- Bonjour…
- Bon… Bonjour…
- Je peux entrer… ?
- Qu'est-ce que vous voulez… ?
- Toi… Dit-il capturant ses lèvres.
Hinata fut poussée par le corps de son professeur.
Son corps bouillonnait, son cœur palpitait, son corps s'envolait, elle voulait se pincer pour être sur qu'elle ne rêvait pas.
La nuit qu'elle pensait éphémère était sur le point de se vivre encore une fois.
Dans un naturel presque vital, elle entoura le cou de Naruto et força le passage de ses dents pour caresser sa langue. Naruto était fou de cette franchise, enfin, son élève se donnait à lui, sans honte.
Ils se couchèrent sur le lit et redécouvrirent de manière luxurieuse la passion qu'échangeait leur corps.
Ils s'embrassaient, se déshabillaient, se griffaient, se mordaient, s'aguichaient, s'unissaient…
Hinata était heureuse, mais elle ne savait que l'esprit de Naruto, bien que désireux de son élève, avait la hargne dans le sang, vengeance dans la peau, mépris dans le cœur, Sakura dans sa tête.
- « Je suis aussi subtile que toi, ma femme… »
* deux mille cent euros.
