Chapitre 6 : « Pour son parfum… »

Il se leva doucement, s'assoit sur le lit, frotta son visage, et passa une main dans ses cheveux.

Il tourna sa tête et tomba sur le visage de Hinata endormi. Elle respirait paisiblement, il venait de l'épuiser.

Il se leva, essayant de faire le moins de bruit possible et s'enferma dans la salle de bain. Il entra directement dans la cabine de douche. Il prit du savon, alluma l'eau chaude, et frictionna son corps avec cet arôme. Il enleva toute trace, frotta pour ne rien laisser, ni souvenir d'un baiser, d'une caresse, d'un parfum, rien, tout devait s'effacer.

Était-ce son rituel… ? Sakura revenait avec un parfum différent à chaque fois, comme s'il pouvait être stupide et ne pas savoir l'odeur qu' humait sa femme. Elle enlevait toute preuve, cachant ses suçons avec des foulards, avec de grossiers prétextes. Il ne pensait même pas aux griffures dans le dos, il reconnaissait la trace de ses ongles, il savait lesquelles étaient faites avec amour et les autres par abnégation.

Quel ressentis elle portait lorsqu'elle avait terminé de se donner à lui… ? Qu'est-ce qu'elle ressentait… ? Avait-elle des remords, des doutes, des palpitations, un sentiment d'injustice et de salissure… ?

Et lui… ? Qu'éprouvait-il en ce moment… ?

Il ferma le robinet, sécha son corps, se vêtit et retourna dans le salon.

Hinata était réveillée, assise sur le lit, son corps recouvert du drap blanc et regardait par la baie-vitrée. Elle regardait cette pluie tomber, ce ciel gris qui n'en finissait pas de parler.

Elle était sublime en cet instant et lui ne put résister. Il s'approcha du lit, monta dessus et s'installa derrière elle, il posa sa tête contre son torse, l'encercla de ses bras et embrassa son épaule.

- Je n'ai plus peur… ?

- Mh… ?

- De l'orage, je n'ai plus peur….

- Oui, j'ai vu ça… Sourit-il

- Pourquoi vous êtes venu… ? Dit-elle se levant

- Je voulais être avec toi…

- Je vois…

- Et toi, pourquoi tu m'as ouvert la porte et laissé entrer… ?

- Je voulais être avec vous…

Le silence se fit, et Naruto trouva ce moment fort désagréable. Il regarda l'eau se stopper sur la vitre et savoura le bruit de cette eau rouillée.

- Tu ne trouves pas la pluie particulièrement érotique… ?

Hinata rougit, pourquoi employait-il des mots aussi spontanés.

- Je ne pensais pas que vous étiez si… Si…

- Si quoi… Rit-il se levant à son tour et s'accrochant à sa taille

- Rien…

- Tu inspires le désir, je n'y suis pour rien… Dit-il embrassant son cou

- …

- Je dois rentrer…

- Oui…

Hinata se défit de son étreinte et partit dans la salle de bain. Elle remarqua qu'il avait pris une douche. Sûrement pour ôter de son corps le souvenir de ce rapport. C'est là qu'elle était faible, il cachait à sa femme qu'il goûtait lui aussi au péché de l'adultère.

Ce n'était donc pas un renouveau, mais bien une punition.

Elle enfila un peignoir bleu, au touché de soie. Elle mordit sa lèvre inférieure, elle ne voulait pas pleurer devant lui.

Hinata sortit et regagna le salon, Naruto enfilait sa veste, ses gants. Il prit son casque et se dirigea vers elle. Il posa une main sur sa joue, descendit jusqu'à son cou et toucha une empreinte de morsure.

- Hinata…

- Rentrez… Il est tard…

- Oui… À demain…

- À demain… ?

- Oui, en classe et chez toi pour les cours particulier…

- Euh, oui… Rougit-elle

Il sourit avant de quitter cet appartement. La porte fermée, elle se précipita pour faire tourner la clé dans la serrure et se jeta sur son lit en larme pour évacuer cette pointe qui taquinait son cœur.

Elle serra l'oreiller, le drap, il fut imbibé de son mascara noir, quelles douloureuses heures. Ce lit avait l'odeur de son professeur sur chaque coin de tissu, les souvenirs se mêlaient à cette fragrance, sa tête retrouvait les gestes de cette union sensuelle.

Alors pourquoi pleurait-elle… ? Pourquoi cette tristesse alors qu'elle venait de sentir son cœur et son être se dévoiler de bonheur… ?

- Je vais être quoi… ? Je vais être quoi dans tout ça moi…

Naruto rentra chez lui, il fut le premier, il avait bien calculé l'heure. Il se mit à l'aise et s'installa dans le canapé. Il alluma la télé, choisit une émission de variété et laissa aller ses pensées.

Elles furent courtes de raison, puisque Sakura rentra à son tour dans l'appartement.

- Bonsoir chéri !

- Salut…

- Tu vas être content, je nous ai ramené un bon dîner ! Dit-elle filant dans la cuisine

Naruto se leva, et rejoignit sa femme dans la cuisine.

Elle était de dos, sortant de poche en papier leur repas de ce soir. Elle était belle, cette robe pastel était divine. Elle moulait parfaitement son corps. Il avait toujours admiré la beauté de sa femme, ses yeux émeraudes, ses cheveux roses bonbon, sa taille fine et élancé, une peau pâle, un sourire lumineux, un caractère sur et vive.

Naruto s'approcha de sa femme, et enlaça sa taille.

- Tes cheveux ont poussé…

- Oui, je voudrais les laisser pousser…

- Pourquoi… ?

- Les hommes préfèrent les cheveux longs… Dit-elle taquine, quittant ses bras pour le frigo

- Pourquoi les hommes… ? N'est-ce pas qu'à ton mari que tu dois plaire… ?

- Mais tu aimes les cheveux longs toi aussi… ? Sourit-elle

- Pourquoi moi aussi… ?

- Naruto, c'est quoi cet air nonchalant… ?

- Alors, comment a réagit Ino face à ma fugue… ?

- Elle était furieuse figure toi ! Elle a même osé me dire que tu m'avais trompé !

- C'est peut-être le cas… ? Dit-il sérieusement

Sakura s'arrêta, non pas pour mettre en avant son air inquiet, mais pour rire.

- Toi, me tromper… ? Non, tu es amoureux, tu es un homme bien, tu ne ferais pas ce genre de chose… Dit-elle venant l'embrasser

- Donc je suis acquis… ?

- Oui… Tu es mon mari, tu es donc forcément rien qu'à moi…

- Et toi… ? Est-ce que tu m'es acquise… ?

- Naruto, je suis ta femme, je suis donc à toi…

- Tu es une personne bien toi… ?

Sakura observa son mari. Il était posé contre la paillasse, les bras croisés, le regard sérieux, presque strict.

- Je peux savoir ce qui arrive à mon gentil mari… ?

- Tu as dis que j'étais une personne bien… Par conséquent, je ne peux pas te tromper, mais toi, es-tu aussi une personne bien… ?

Sakura sentit légèrement sa tête vaciller. Naruto était étrange depuis la rentrée, il employait des sous-entendus, sans cesse, il était brusque, arrogant, hautain, Sakura ne reconnaissait pas son mari.

Elle s'approcha de lui subitement, encercla son cou de ses bras et l'embrassa sensuellement.

- Viens avec moi dans la chambre, et tu verras si je ne suis pas à toi… ! Dit-elle sur d'elle

- C'est bien ce que je pensais, ma femme est subtile…

Naruto enlaça fortement Sakura et l'embrassa ardemment. Il la poussa contre le frigo, attrapa ses jambes qu'il posa sur ses hanches et continua sa balade sensuelle avec sa langue.

Comment osait-elle le provoquer alors qu'elle venait de « s'envoyer en l'air » avec son amant… ?

Comment pouvait-elle le regarder dans les yeux et tout nier, démentir chacune de ses insinuations, le regarder droit dans les yeux, et lui affirmer qu'elle était à lui, et le prouver en se donnant à lui… ?

Quel était le véritable courage de cette femme… ? À quoi ressemblait son quotidien, elle était là, souriante, le regardant, ne baissant jamais sa garde, ni ses gestes, elle mentait comme elle respirait, même maladroite parfois, elle savait se relever.

Où était sa culpabilité… ? Comment la gérait-elle… ?

Comment faisait-elle pour survivre à cet adultère, alors qu'en ce moment même, le cœur de Naruto saignait de ces deux dernières nuits.

Le cœur morose, Hinata dirigea ses pas vers l'université.

Le réveil avait été brusque. Des cauchemars avaient envahie la nuit de la jeune fille, un professeur regrettant son geste, partant loin avec sa femme, s'excusant de son comportement, et puis, l'oubli.

Elle était arrivée bien tôt ce matin. Elle tournait en rond chez elle, et alors qu'elle voulait occuper seule ses pensées, elle entendit la porte de la classe s'ouvrir.

- Hinata… ?

- Karin… ?

Hinata et Karin se souriaient, apparemment, elles avaient besoin d'évacuer leurs lourdes pensées, pour être ici une heure à l'avance.

Karin s'assoit, et Hinata ne put s'empêcher un compliment.

- Tu es belle Karin…

La jeune rousse s'était vêtue sans réfléchir ce matin. Elle avait enfilé une jupe couleur caramel, mit des collants blanc assortis et ses pieds chaussaient des bottes grises. Le haut et le gilet était de même couleur que les chaussures. Elle avait légèrement bouclés le bout de ses longs cheveux et s'était maquillée un peu plus que d'habitude.

- Merci…

- Enfin, tu es belle chaque jour, mais…

- Je ne suis qu'une idiote… Soupire celle-ci

- Pourquoi dis-tu ça… ?

Karin se tourna vers Hinata, elle voulait être face à elle pour s'expliquer.

- Je vais te dire quelque chose…

- Je t'écoute…

- Les parents de Sui, sont homosexuels…

- Oh…

- Comme tu te doutes, il a été adopté, et par deux hommes…

- Ah, je ne savais pas…

- Il a longtemps été complexé par sa situation familiale, les enfants jusqu'à la première année de lycée, se moquaient de lui, l'insultait, il s'est même plusieurs fois battu…

- Le pauvre…

- Oui… Ça n'a pas été évident tous les jours, j'étais sa seule amie, la seule qui ne faisait aucune différence, et pour cause, ma mère et Haku sont meilleurs amis…

- Je vois… Sourit-elle

- Suigetsu n'avait jamais eu le courage de l'avouer à ses parents, il disait des mensonges quand il revenait blessé…

- …

- Mais arrivé en seconde année de lycée, les élèves ont commencé à être moins répugnés, ils s'en fichaient, ils trouvaient, enfin je veux dire, les filles trouvaient Sui, beau, marrant, malin, il était invité dans chacune des fêtes et…

Karin mordit sa lèvre, ses souvenirs étaient douloureux. Elle posa sa tête sur sa main et frotta son front.

- Il a toujours, toujours souffert de cette situation, et moi j'ai toujours été là pour lui, mais en devenant le centre de l'attention, il est devenu indépendant de ça… Me laissant tomber, et ignorant ses parents… Sanglote-t-elle

Hinata se tourna face à Karin et prit sa main dans la sienne en guise de présence.

- Hier, il m'a appelé, pour me dire qu'il avait tout avoué à ses parents, qu'il avait brisé la glace et que tout irait mieux, qu'il était libéré, mais…

- Mais tu as tellement attendu que tu ne le crois pas…

- Oui, et ce matin, je ne sais pas, j'ai eu l'impulsion de me faire belle pour lui, inconsciemment, parce que je veux y croire, mais c'est tellement compliqué, il m'a fait tellement de mal…

Karin ne put contenir sa tristesse, et pleura à chaude larme dans les bras de son amie.

Après de nombreuses minutes à échapper sa peine. Les deux jeunes femmes se dirigèrent aux toilettes pour se rafraîchir. Hinata essuya les yeux de Karin avec tendresse.

- Tu n'es pas ridicule Karin… Tu aimes Sui depuis longtemps, c'est normal que tu aies ressenti un bonheur soudain…

- Oui, mais je ne pense pas qu'il va réellement changer… Il préfère sa vie de débauché à moi !

- C'est vrai que Sui a l'air perdu, mais tu sais aussi qu'il tient beaucoup à toi…

- Tu sais, on se connaît depuis la crèche, et rien ne s'est jamais passé entre Sui et moi, et je suis certaine qu'il n'a jamais ignoré ce que je ressentais pour lui…

- Peut-être que l'occasion ne s'est jamais présentée et que tu dois la provoquer… Sourit-elle

- Je ne sais pas… Je ne veux plus me faire du mal…

- Écoute, il a fait un grand pas non… ? Sa prouve bien qu'il veut changer… Crois-moi, c'est… C'est en le repoussant que tu risques de regretter… Non… ?

- Ah… Oui, peut-être… Mais dans ce cas, il va quand même ramer avant d'avoir quoi que ce soit ! Dit-elle boudeuse

Hinata rit, son amie lui redonnait le moral, l'amour c'était trop compliqué.

Karin se remaquilla quelque peu dans les toilettes et les deux jeunes filles regagnèrent la classe.

- Hinata…

- Oui… ?

- Tu n'avais pas l'air bien toi aussi ce matin, tu as un souci… ?

- Euh, non, non, c'est rien, enfin, une, une dispute avec mon père… Euh, pour pas changer…

- Je suis désolée, les soucis de famille c'est jamais simple…

- Non…

- Tu devrais faire comme Sui et sauter le pas, lui dire tout ce que tu penses une bonne fois pour toute !

- Oui… Tu, tu as raison, je le ferais…

- Tu es une jeune fille pleine de courage Hinata, ne l'oublie pas… Dit-elle prenant sa main

- Oui, merci… Sourit-elle

Les deux jeunes femmes s'apprêtaient à regagner la classe lorsqu'elles croisèrent Shion à l'entrée de la classe.

Shion regarda de haut en bas Karin, elle la dévisageait méchamment, souriant déjà de ces propos menaçants.

- Tu as voulu jouer à la femme fatale ma pauvre Karin… !

Shion s'avança vers elle, elle prit dans sa main cette veste qu'elle qualifia d'horrible.

- Tu n'as vraiment pas de goût, et tu ne sais même pas unir les couleurs…

- …

- Tu sais, ce n'est pas la peine de vouloir faire semblant…

Shion s'approcha du visage de Karin et souffla à son oreille :

- Une tâche, reste une tâche…

Karin sentit son corps se décomposer. Où Shion tenait toute sa haine envers elle, pourquoi… ? Pourquoi s'en prendre à elle ainsi… ?!

Karin avait l'habitude des réflexions de Shion, mais la jeune femme se sentait vexer, elle qui s'était vêtue pour plaire à Suigetsu, là voilà détruite par la fille qui avait partagé sa vie et surtout son lit.

Shion entra dans la classe fière d'elle. Kiba et Suigetsu étaient déjà arrivés. Ils discutaient tous deux et avaient entendu les propose mesquins de Shion, et si Kiba s'en moquait, Suigetsu avait retenu cet affront.

- Alors, tu viendras ou pas… ?! Répète Kiba

- Je ne sais pas Kiba, je verrais…

- Rho, ça va être une fête d'enfer, il y aura plein de fille, et surtout pas d'alcool bon marché !

- Quelle fête… ? Questionne Shion s'asseyant sur les genoux de Sui, sans gêne

Les deux amies entrèrent dans la classe. Sui ressentit un éclat au cœur en apercevant Karin, il la trouvait à croquer. Mais il réalisa que son amie ne lui avait accordé aucun regard, sa tête était baissée, et son regard dans le vague.

Soudainement, il s'accorda un détail : la jeune fille posée sur ses genoux.

- Euh, Shion, tu veux bien descendre !

- Quoi, ça ne te dérange pas que je sois là d'habitude…

- Descend s'il te plaît ! Nous ne sommes plus ensemble je te rappelle !

- Et alors… ? Qui a dit que moi, je voulais rompre… ?! Je me fous de la pouffiasse que tu veux te taper pour changer, ou je ne sais quoi, tu es à moi ! Et je vais te reconquérir…

- Tu perds ton temps !

- Ah bon… ? Moi je pensais que tu voulais concrétiser avec le meilleur coup que tu n'aies jamais eu… N'est-ce pas tes mots… ?

- Shion, descend… Dit-il basculant ses jambes.

La jeune fille abdiqua, et quitta les jambes de son ancien amant.

- Tu vas craquer pour moi, que tu le veuilles ou non…

- Tu rêves…

- Bon, bref, tu viendras avec moi à cette fête !? Insiste Kiba

- Non, je ne peux pas…

- Pourquoi ?! On va bien s'éclater !

- Tu parles de la fête de Deidara… ? Demande Shion

- Oui ! Ces fêtes sont toujours énormes !

- J'avoue… Moi j'y serais en tout cas… Il couche plutôt bien…

Hinata sourit, et se pencha vers Karin.

- Pourquoi cette réflexion ne m'étonne pas…

Karin sourit, son amie savait comment remonter son moral.

Les autres élèves arrivèrent, et Naruto fit également son entrée.

Suigetsu retourna à sa place, devant Karin. Mais avant de plonger le nez dans ses affaires, il se retourna vers elle et se pencha pour susurrer à son oreille.

- N'écoutes pas ce qu'a dit Shion… Je te trouve sublime…

Karin avait entendu avec éclat son cœur imploser.

En tout ce temps, c'était la première fois que Suigetsu lui faisait un tel compliment. Elle rougit, elle se sentait fiévreuse, son ami avait le don de la déstabiliser, de la rendre troublée.

Naruto rentra en classe l'air tendu, il n'osait croiser le regard de ses élèves, et surtout celui de Hinata. Il dit bonjour, et fit l'appel dans l'ignorance absolu. Il donna le programme pour la matinée, des exercices. Il indiqua page et consigne en gardant tête presque baissée. Les élèves furent surpris, quelque peu, ils avaient dans la tête la montagne de travail qui les attendait déjà en ce lundi matin.

Naruto s'installa, et ouvrit un livre qui retenait enfin toute vision déstabilisante avec son élève.

Hinata était tendue, son cœur tambourinait à vive allure. Ses membres tremblaient, des souvenirs agréables et chauds de ces précédentes nuits firent surfaces. Sa chaleur, ses bras, sa peau, son odeur, sa douceur, sa sensualité, sa voix, la jeune fille fut emportée dans une douce couverture, berçant son être.

Mais la jeune femme repensa aussi à toutes les complications que lui imposait son cœur. C'était un homme marié, trompé, meurtri, vide, perdu, alors qu'avait-elle réellement représentée en ces nuits échangées… ? Qu'avait-il ressentit après avoir passé la porte de son appartement… ? Etait-il en froid avec sa femme… ? S'étaient-ils disputés… ? Anéantis… ? Ou réconciliés… ?

- Hinata… Chuchote Karin

- Oui ?

- Tu trembles de partout… Tout va bien… ?

Hinata sentait sa jambe monter de haut en bas, son bras trembler et sa main jouer nerveusement avec son stylo, elle était en train de tomber dans la déchéance.

- Oui, oui, ça va…

- Bien…

Karin retourna à son travail, s'assurant avec certitude, que Hinata lui cachait quelque chose.

Naruto observait ces deux élèves. L'appel du prénom de son élève par Karin l'avait rendu curieux. Elle était toute tremblante, pâle, triste. Et lui qui ne savait que faire.

Il se maudissait, et avait passé la pire des nuits de sa vie.

Il avait amoureusement fait l'amour à sa femme dans cette cuisine froide, mais une fois l'union terminée, il s'était rendu dans les toilettes pour vomir, vider le dégoût qu'il avait de lui-même.

Un mari trompé et menteur à la fois, c'était l'horreur à vivre. Il mentait à deux femmes, une sûrement attachée et l'autre aucunement amoureuse. Il avait vécu l'union avec sa femme comme un renouveau, à chaque fois qu'il faisait l'amour à Sakura, il espérait la reconquérir, la faire subitement tomber amoureuse de lui, la faire oublier Sasuke, être sa raison, sa raison qui la pousserait à arrêter tout ça, et à n'être qu'à lui.

Mais rien… En trois années, Sakura n'avait ni mépris pour elle, ni irrespect, ni supplice, sans parler de sa mauvaise conscience, mais peut-être n'en possédait-elle pas… ?

Il l'admirait parfois, être une femme qui trompe son mari avec toute la volonté du monde pour ne pas succomber à la dépression, elle devait être plus forte qu'elle ne le paraissait.

Ou peut-être n'avait-elle aucune identité pour regarder chaque matin dans le miroir ce même visage…

Ses pensées revinrent sur sa belle maîtresse. Il devait s'avouer le contexte inhumain de la situation. Hinata était une personne de morale, une fille honnête, et il l'avait condamné en un instant à n'être plus qu'une amante.

Il espérait ne pas l'avoir blessé… ?

- « Quel idiot tu fais, évidement que tu l'as blessé ! »

Il était réduit à convenir d'un amour qu'il n'aurait jamais par sa femme, mais cet instant avec Hinata avait été l'un des moments les plus uniques de son existence.

Hinata le désirait, le touchait, l'embrassait comme le messie, un bonheur vacant à sa porte. Son regard était si innocent, si juste, si aimant, si désirable, elle ne voyait que lui, ne voulait que lui, il s'était sentit tellement unique et voulu en cet instant. Ils n'étaient plus que deux sur cette planète ronde, deux amants s'abandonnant aux plaisirs de l'un et de l'autre.

Il n'avait pas n'importe qu'elle femme pour amante. Une femme sérieuse, mûre, gentille, bienveillante et incroyablement belle et séductrice. Une femme au corps de rêve, aux lèvres gourmandes, une intimité fruitée, un goût indescriptible, un touché soyeux, une délicieuse nuit.

Incomparable aux nuits passées avec son épouse.

Ses baisers étaient amers, sa peau respirant l'infidélité, ses gestes retenus, son regard vide, et inexpressif, impossible de savoir ce qu'elle ressentait, si elle était bien, comblée, appréciée, rien ne se faisait paraître dans ses deux yeux verts.

Alors que les deux yeux bleus eaux de Hinata, l'avaient entièrement obstiné.

- Monsieur ! L'appel Temari

- Oui ?! Prononce ce dernier surpris

- Euh… Vous pouvez venir, j'ai un souci avec un paragraphe…

- Oui, je…

Naruto sentit une légère caresse entre ses cuises. Il ne put se lever.

- Ah, euh, je termine un passage, et j'arrive ! Rit-il nerveusement

- D'accord…

Temari fut perplexe, on dirait qu'elle le dérangeait.

Naruto se maudit, il avait tellement replongé dans des souvenirs gourmand et agréable que sa fierté s'était éveillée.

- « Quel imbécile je fais, voilà que je… ».

La situation lui échappait. Il voulait s'étendre à des moments merveilleux avec Hinata, car il se sentait premier. Mais était-ce raisonnable au point de vue de ses sentiments… ?

Il n'était pas amoureux, juste attiré. Non pas une question de physique, non, quelque chose de…

En fait, il l'ignorait.

Il se leva soudainement triste et rejoignit Temari. Cette situation n'avait rien d'éthique, ni de édifiante, mais il voulait Hinata, et sa femme. Était-ce ça que sa femme ressentait finalement… ?

Vouloir l'être aimé, mais aussi celui qui vous fait sentir unique.

- « Quel tourbillon de sentiment foireux… »

La correction était sur le point d'être donné. Il devait faire face à ses élèves, et surtout Hinata. Il ne devait rien faire paraître, surtout pas son côté déstabilisé envers une élève en particulier.

Il se leva, droit, sérieux, et regarda sans retenu Hinata. Elle croisa son regard, ce regard fougueux, virile, précoce, mais dès qu'elle pensait à lui, son professeur dans l'intimité.

Les deux amants se plongèrent dans un fantasme sans fin.

Ils étaient indéfiniment attirés l'un par l'autre.

L'heure du déjeuner sonna. Karin et Hinata partirent manger ensemble et de façon inattendue, elles furent rejointes par Suigetsu.

- Je peux… ? Demande ce dernier

Karin ne répondit pas, bien trop fixée par la beauté soudaine que faisait apparaître son ami avec ce sourire si tendre.

- Oui… Réagit Hinata

- Merci…

Le jeune homme se posa aux côtés de Karin.

Ils restèrent silencieux un moment, quand Sui, amusé de la situation, décrocha un mot pour les détendre.

- Vous n'avez pas trouvé Monsieur Uzumaki bizarre aujourd'hui… ?

Hinata lâcha le couvert qu'elle tenait, et se mit à rougir.

- Hinata, ça va… ? Demande Karin

- Oui, oui, pardon, j'ai eu un moment d'égarement…

- D'accord…

- Vous ne trouvez pas qu'il avait l'air ailleurs… ?

- C'est vrai, ça ne lui ressemble pas, on n'aurait presque dit que Temari le dérangeait quand elle l'a appelé… Répond Karin

- Oui, oui, c'est… C'est vrai… Confirme son amie

- Hinata, tu es sur que ça va… Je te trouve bizarre…

- Ça va, je suis juste un peu fatiguée, c'est tout…

- Euh, Karin… Intervient Sui

- Oui… Rougit-elle

- On peut…

- Salut les nuls, mon chéri…

Shion coupa court à la demande de Suigetsu et s'installa à la table des filles, en face du jeune homme.

- Chéri… J'espère que tu n'as pas cherché ta chemise noire tout le week-end, elle est chez moi et j'ai dormis avec…

- Non… Je m'en fou, tu peux même la garder… Râle quelque peu ce dernier

- Je n'ai pas besoin de souvenir puisque nous seront bientôt ensemble…

- Shion, arrête…

- Tu ne t'es pas imaginé que je pourrais être tombée amoureuse de toi, et te vouloir…

- Shion, tu sais bien que c'est pour la frime que tu étais avec moi…

- Certes, il y a des avantages à être avec un garçon très populaire, mais…

- Et Sui… Interrompt un jeune homme

- Salut Taki…

- Kiba m'a dit que tu ne pouvais pas venir à la fête, mais il faut absolument que tu te libères !

- Non, je ne peux pas…

- Allez mec sans toi la fête sera moins cool…

Karin était hébétée par toutes ces personnes. Elle avait la désagréable impression d'être de trop, de n'appartenir à ce monde, cet univers où Suigetsu était aimé de tous, populaire auprès de tous, ils le voulait lui, seulement lui.

Elle se leva, l'apparence attristée. Elle prit son plateau et partit.

- Karin… Souffle Suigetsu

Le prénom de son amie fut étouffé par les voix graves de son entourage.

Karin et Hinata partirent marcher dans la cour.

- Ça va Karin…

- Oui…

Hinata entoura le bras de Karin avec le sien, et lui sourit.

- Je crois qu'il voulait te parler…

- Pour me dire quoi…

- Je ne sais pas… Il voulait peut-être t'inviter, rester avec toi pour te complimenter comme ce matin… Taquine cette dernière

- Je ne crois pas à tout ça…

- Karin… Donne-lui sa chance... ! Il t'a fait un beau compliment ce matin, il est venu à table avec nous, le seul point négatif c'est Shion et ces garçons venus ne nulle part…

- Justement, Shion… Elle va me pourrir la vie jusqu'à ce que je quitte cette université… Et puis, ces garçons aussi, tu l'as dis, ce sont ses amis, ses potes de débauche, on est arrivé à un point où nous n'habitons plus la même planète, son monde et le mien sont à l'opposé…

- Karin… Suigetsu fait d'énormes efforts pour toi, il chamboule sa vie, alors laisse lui du temps…

- Tu as l'air de le défendre et ça m'énerve…

Hinata rit, son amie n'avait pas réellement l'air sincère.

- Vous iriez tellement bien ensemble…

- C'est gentille…

- Ce n'est pas gentille, c'est sincère… Vous avez l'air tellement complémentaire, attiré l'un par l'autre, tu as la chance d'avoir un homme qui n'appartient qu'à toi, alors soit patiente…

- Tu as l'air de parler comme étant déjà passé par là… ?

- Non, mais… Euh, je veux, je veux votre bonheur…

- Tu es mignonne, je t'adore… Dit-elle basculant sur le côté amicalement.

Les deux jeunes femmes de leur accolade chavirant, percuta une jeune femme.

- Oh, désolée Madame… S'excuse Karin

- Rassurez-vous ce n'est rien… Sourit la jeune femme

Karin et Hinata étaient bouches-bée. Elles n'avaient jamais vu cette jeune femme et ce qui les étonnaient le plus, était sa beauté fulgurante.

Cette femme était à peine âgée d'une trentaine d'année. Elle était de taille moyenne, élancé, mince. Des cheveux longs couleurs chocolat, une frange dirigée sur le côté habillait son front. La nature lui avait donné des yeux noisette croquants. Une bouche fine et rosée, un maquillage simple, mais soutenue. Elle portait un slim noir, des hauts talons, un haut blanc et une veste tailleur, les manches retroussées. Tout vêtu de noir et de blanc.

C'était une jeune femme sublime, un sourire radieux, un air angélique, une démarche assurée et féminine. Les garçons se retournèrent presque tous sur cette nouvelle venue.

Gaara marcha l'air détendu, mais inquiet également, il voudrait parler à Naruto avant d'annoncer une nouvelle. Il espérait le trouvait seul dans la salle des professeurs. Il ouvrit la porte et fut déçu, ils étaient tous présents.

Sakura, Ino, Saï, Naruto et Sasuke dégustaient un café et partageaient leur avis sur l'actualité.

- Et notre cher Directeur… Vient on t'offre un café… Sourit Saï

- Euh, non merci… Naruto, je pourrais te, te parler… Dit-il gêné

- Euh, oui…

Il se leva, quand une pensée traversa son esprit.

- Au fait, ta secrétaire m'a dit que tu avais enfin trouvé une remplaçante pour la psychologue, toi qui t'inquiétais… Sourit Naruto

- Euh, oui…

Gaara était stressé, il redoutait le pire quant à son choix, mais il n'avait pas d'autre solution.

- Ça va Gaara, tu as l'air tendu… Rit le blond

- Et bien, il faut que je t'informe de quelque chose !

- Gaara… ? Prononce soudainement une voix féminine.

Une tasse tombe et se brisa. Ses mains tremblaient, son cœur bondit, ses lèvres s'humidifièrent, sa tête lui imposait de douloureux souvenirs, son corps devenait léger, il ne put croire ce qu'il venait d'entendre, cette voix, il l'aurait reconnu entre mille, cette voix cristalline, d'une douceur exquise.

- Ayame… ? Prononce Naruto

- Bonjour Naruto… Sourit-elle

- Ayame… ! S'extasie le blond, sautant dans ses bras

- Et bien quel accueil… Sourit la jeune femme

- Que fais-tu ici… ?! S'impatiente Naruto

- Gaara m'a engagé pour remplacer la psychologue…

- Oh, c'est génial, tu m'as tellement manqué…

- Toi aussi…

- Ayame… Toujours aussi belle… Se déclare Saï

- Ah, merci… Je n'en attendais pas moins de toi… Dit-elle d'un clin d'œil

Si Naruto et Saï étaient ravis de retrouver leur amie d'enfance, les trois autres professeurs étaient dans une léthargie soudaine. Ino se leva tout de même, ne laissant pas la pression s'agrandir.

- Salut Ayame… Ça fait longtemps…

- Oui… Dit-elle lui serrant la main

Sakura et Sasuke ne bougèrent pas un membre. Sasuke resta dans sa léthargie, il avait vu juste, c'était bien elle. Ayame.

Sakura frissonna, cette fille était son pire cauchemars, sa rivale la plus tenace, sa raison du non amour de Sasuke. Elle était son contraire, son modèle dans l'insolence, elle essayait toujours d'être « parfaite » comme elle. Ayame. Ayame. Ce prénom ne cessait de faire taire son être. Elle se leva, furtivement, refusant de se faire encore écraser par cette femme.

- Bonjour Ayame, ça va… ? Lance celle-ci de façon nonchalante

- Oui, merci…

Sasuke ne savait que dire, que faire, où regarder, il était perdu. Il avait de l'angoisse, du stress, on le penserait à l'agonie, en train de se noyer. Il mit les mains dans ses poches, marcha sur la tasse qu'il avait brisé de surprise, il passa à côté de Ayame sans la regarder, la bousculant légèrement avec son épaule, et quitta la pièce, brisé.

Naruto frissonna devant l'air de son ami. Il avait déjà vu ce regard, cet air, nostalgique, l'intouchable, le désir inassouvie, la rancœur, le mépris, puis, la convoitise douloureuse.

- Bien… Je vais te présenter aux différentes classes… Dit Gaara se raclant la gorge

- Oui… Allons-y…

- À plus tard Ayame ! Sourit Naruto

- Oui ! Sourit-elle

La cloche sonna. Les élèves rentrèrent en cours sagement.

- Cette université n'a pas changé, toujours aussi calme… Complimente Ayame

- Oui, je suis fier des élèves que nous avons… Sourit Gaara

- Je ne me serais pas douté que tu deviendrais Directeur si jeune… C'est une tâche lourde non… ?

- Au début rien n'a été simple, surtout en ce qui concernait le respect des personnes qui dirigent avec moi l'établissement… Mais j'ai su m'imposer…

- Toi, avec ton caractère calme… Je suis fière ! Sourit Ayame

- Merci…

Gaara présenta Ayame, la nouvelle psychologue de l'université à toutes les classes. En effet, plusieurs élèves s'étaient tristement jeté de cette université plus d'une fois. La sensibilité de Gaara atteinte, il avait instauré un service aux élèves de l'université, une personne à qui se confier pour éviter le pire. La fierté de ce jeune directeur.

- C'est la dernière classe, pas trop épuisée !

- Non, ça va ! Sourit-elle grandement

- Euh, c'est Sasuke qui donne ce cours…

- Et alors… Sourit-elle taquine

- Alors rien ! Rit discrètement le jeune Directeur

Gaara frappa. Il entendit la permission de rentrer et pénétra dans la pièce avec la jeune femme.

- Bonjour à tous !

Karin et Hinata reconnaissaient tout de suite la jeune femme qu'elles avaient maladroitement bousculé.

- Chers élèves, je vous présente, Mademoiselle Momoko Ayame, elle sera notre nouvelle psychologue, je la laisse se présenter à vous !

- Bonjour… Comme l'a dit votre Directeur, je suis Ayame et psychologue, je suis au premier étage, juste à côté de l'infirmerie ! Vous pouvez venir me voir à tous moments, tout restera absolument confidentiel, alors surtout ne soyez pas gêné de venir à moi, même pour discuter de tout et de rien…

Cette jeune femme était d'une beauté sans pareille, elle paraissait généreuse, douce, son sourire donnait sincérité et confort, les garçons étaient captivés.

- Tu as vu le regard des garçons… Rit Hinata

- Je vois surtout celui de Monsieur Uchiha ! Sourit-elle

Hinata observa son professeur. Elle avait la désagréable impression d'avoir déjà vu ce regard, un regard mélancolique, perdu, envieux. Il l'écoutait si attentivement, empêchant son visage de dessiner un sourire, ses traits de visage étaient posés, comme rassuré, mais son esprit paraissait perdu, vague, on aurait pu croire qu'il allait lui sauter dessus et la capturer pour qu'elle ne s'envole plus jamais.

- Hinata… Chuchote Karin

- …

- Ça va… ? Dit-elle, voyant son amie pleurer

Hinata ressentait tout le mal être de Naruto resurgir à ce regard.

Etait-il aussi blessé que ça… ?

Au point de vouloir se venger… ?

Et Sasuke… ? N'était-ce pas lui l'amant de la femme de l'homme qu'elle aimait… ?

Pourquoi… ? Que s'était-il passé… ?!

- Hinata…

- Désolée ! La fatigue… Dit-elle essuyant ses joues

- Bien, nous vous laissons avec votre professeur ! Réplique Gaara

- Merci… Est le seul mot de Sasuke

Gaara et Ayame prirent congés.

La fin de journée s'annonçait. Les élèves plièrent bagage, et chacun rentra chez soi.

Karin et Hinata se quittèrent. Hinata se dirigea chez elle anxieuse. Quant à Karin, elle était dans ses pensées lorsqu'elle entendit son nom.

- Karin…

Son cœur battait à mille à l'heure, la voix de Suigetsu l'interpellant la remplissait de joie.

- Tu rentres chez toi ? Demande ce dernier

- Euh, oui !

- Tu ne veux pas… Qu'on aille boire un chocolat quelque part ?

- Euh… Rougit-elle. Pour…

Karin fut brusquement interrompue par Shion et ses deux amies.

- Mon chéri, que fais-tu avec cette… Pouffe…? Dit-elle accrochant le bras de Suigetsu

- Shion ! Arrête ça ! Nous ne sommes plus ensemble et je suis avec qui je désire ! Dit-il se détachant d'elle

- Je t'en prie, tu n'es pas sérieux, si tu veux te moquer d'elle, laisse moi le faire et occupe toi à prendre du bon temps avec moi !

- Arrête de la dénigrer… Tu ne sais même pas à quel point tu ne la vaux pas ! Dit-il sérieusement

Les deux amies de Shion riaient, et la jeune femme déploya son rire moqueur.

- Tu plaisantes là ! Rien que de voir ses yeux, je n'ai même pas envie de bander ! Se moque Shion

- Tu es vraiment ridicule ! Et vulgaire en plus de ça, c'est toi qui ne donne pas envie !

- Ce n'est pas ce que tu disais les nuits où on s'envoyait en l'air !

- Je regrette déjà ces nuits !

Suigetsu prit le bras de Karin et tenta de partir, mais les trois jeunes femmes ne voulaient pas en démordre.

- Dis-moi Karin, est-ce que tu as déjà embrassée un garçon ! Ricane Shion

La jeune femme stoppa ses pas, et rougit de honte.

- C'est bien ce que je pensais ! À ton âge tu n'as jamais embrassé, je ne suis même pas certaine que tu es eue un seul rendez-vous, ou même une déclaration…

- …

- Pitoyable… Tu n'attires personne Karin… Alors n'espère pas avoir Suigetsu…

- Tu vas la fermer ! S'écrie Suigetsu

Karin ne put retenir ses larmes, elle se détacha de Suigetsu et courut le cœur meurtris.

- Karin !

Suigetsu courut après son amie, sous les derniers rires plus que moqueur de Shion et ses amies.

- Karin, attend !

Suigetsu réussit à la rattraper, et accrocha son bras.

- Laisse-moi ! S'écrie celle-ci

- Karin, ne les écoutes pas !

- Non, elles ont raison, à chaque fois qu'elles disent quelques choses, elles ont toujours tout juste !

- Qu'est-ce que tu racontes ! Ne te laisse pas avoir par Shion, elle cherche à te détruire, c'est son passe-temps, détruire les gens, alors ne la laisse pas gagner !

- Mais qu'est-ce que tu en sais ! Tu as passé ton temps à m'ignorer, à ignorer mes sentiments, ma façon d'être, tu ne m'as jamais trouvé attirante, ni tenter quoi que se soit envers moi, et tu sais mieux que personne que je n'ai jamais été dragué !

- Karin… Tu es différente des autres femmes… Tu as toujours étais spéciale pour moi… Je ne pouvais pas te draguer comme rien et te jeter après !

- N'essaye pas de trouver des excuses !

Karin se détacha encore de son ami, et continua son chemin.

- Tu ne sais même pas à quel point je regrette tout ça Karin !

- Oui, évidement…

- Karin !

Suigetsu se posa devant son amie, le regard sur et agacé.

- Dis-moi ! Dis-moi ce que je dois faire ou dire pour que tu me croies enfin !

- …

- Je… Je veux tellement essayer de te conquérir… Et toi tu passes ton temps à me fuir… Dit-il prenant sa main

Karin se sentit bouillante, elle rougit de plus belle, elle fondit sur le regard abattu de Suigetsu et sur ces mots passionnés. Elle ne l'avait jamais vu ainsi, aussi troublé et séducteur à son égard. S'en était trop pour cette jeune femme blessée et confuse. Elle lâcha la main de son ami et se retourna subitement.

Suigetsu était perturbé, il n'arrivait à gérer la situation, mais commençait à comprendre les frayeurs de Karin. Une grande timidité se cachait dans le cœur de cette jeune femme, sûrement préservée désormais de toute approche de celui qu'elle aimait désespérément. Elle devait être accompagnée de blessures infligées par lui-même, et il s'en voulait.

Karin avait peur, peur de lui.

Il se haïssait donc. Comment avait-il pu laisser son amie combattre aussi longtemps avec l'abondant. Il donnerait n'importe quoi pour la faire réagir.

Soudainement, il sourit, il connaissait son amie réservée, mais aussi caractériel, il décida de provoquer l'électrochoc.

Il s'avança vers elle, la prit dans ses bras et marmonna d'un air confiant et arrogant :

- Ne sois pas timide chérie, tout vas bien se passer ! Dit-il pelotant sans retenue ses fesses

- Sui ! S'écrie la jeune femme

Elle le repoussa vivement et ne manqua pas de lui donner une gifle.

- Tu n'es qu'un sale pervers irrécupérable !

La jeune femme s'en alla, trop exaspérée par le comportement girouette de son ami. Suigetsu ne put s'empêcher de rire et suivit sans crainte sa meilleure amie.

Le trajet se fit dans le silence. Karin avait les joues encore rouge de honte, et son ami qui ne cessait de sourire bêtement l'air satisfait. La jeune femme aperçoit enfin le toit de sa maison, elle était soulagée d'arriver chez elle.

- Merci de m'avoir raccompagné ! Dit-elle franchissant son portail

Cependant, Suigetsu ne voulait se contenter de se banal remerciement froid. Il chopa la main de son amie et l'embrassa tendrement sur la joue.

- C'était un plaisir… À demain matin… Murmure ce dernier dans son oreille

- …

Suigetsu partit fier de lui, fier de troublée autant son amie.

Karin resta sans voix, elle lâcha en légèreté son sac au sol, tellement son corps tremblait de plaisir. Elle pose une main paniquée sur sa joue roussie, elle devrait être heureuse, sautillante de joie, souriante de bonheur, mais des larmes venaient remplacer ce sentiment de plaisance. Elle ne put s'empêcher de douter encore de lui, elle ne peut que rester sur la fixation qu'il se moquait d'elle.

Il était trop tôt pour pardonner.

Hinata descendit du bus peinée. Elle ne savait pas comment gérer cette situation. Elle était amoureuse, et pouvait profiter de l'être aimé comme bon lui semblait, mais ce même homme était possédé par la souffrance que lui infligeait sa femme, et Hinata n'était que l'objet de la vengeance.

Comment l'amour pouvait ressentir à la fois un sentiment de bien-être et celui de l'aversion.

Elle leva la tête, et l'aperçut. Il était arrivé en premier, comme à chaque fois. Il avait l'air calme, posé, on dirait même qu'il réfléchissait très sérieusement.

- Monsieur Uzumaki… ?

- Ah ! Hinata ! Désolé, je rêvassais ! Sourit-il bêtement

Elle ne put s'empêcher de sourire à la vue du sien, elle aimait cet air bête qu'il prenait parfois, il avait un charme fou dans ses moments de gêne.

Ils montèrent dans l'ascenseur, sagement. Naruto lui expliqua banalement leur programme de ce soir. La jeune femme acquît de la tête en signe d'approbation.

Ils pénétrèrent dans l'appartement, et le cœur de Hinata résonna dans sa demeure. Elle était nerveuse, se demandant comment aller se passer ce premier jour de cours particulier entre amant secret. Naruto avait l'air plus tranquille, il rêvassait sans cesse, il était perturbé, sûrement à cause de sa femme.

Comme d'habitude.

Naruto donna un exercice à Hinata et cette dernière l'exécuta. Pendant ce temps, Naruto corrigeait des copies, mais Hinata le vit vite s'arrêter, emprisonné par ses traîtresses réflexions.

Hinata se demandait le tourment qu'avait son professeur, encore une dispute avec sa femme, une solution pour éviter de la faire souffrir. Non, Hinata rêvait, jamais il ne la quittera pour elle, c'était bien connu, les maîtresses restent à jamais avec leur titre.

Cependant, la jeune fille n'avait pas tord dans son questionnement, Naruto était perturbé par l'arrivé de son amie, Ayame. Il craignait le pire, se demandant comment agir, que faire, que dire, continuer, arrêter, dévoiler la vérité… Mourir… ?

Soudainement, il tourne les yeux vers Hinata et se rendit vite compte que son regard tournait à vive allure. Elle le fixait, inquiète.

Hinata.

Tellement belle, douce, droite, généreuse, ces caractères émotionnels étaient sans faille, sans parler de son physique fabuleux. Il se sentait bien avec elle, le monde changeait d'espace temps, l'univers s'inversait, le ciel changeait même peut-être de couleur. Un merveilleux voyage.

- Monsieur Uzumaki, vous ne trouvez pas que mon paragraphe est à contre sens… ?

- …

- Monsieur Uzumaki… ?

À peine avait-elle le temps de tourner sa tête vers lui, que le visage de son professeur se retrouva dans son cou, et fut envahit de baisers.

- Euh…

- Tu es belle quand tu es concentrée…

- …

Naruto ne put résister au vol d'un baiser langoureux. Il se moquait de son problème pour l'instant, il avait décidé qu'en la présence de Hinata, sa vie serait parfaite. Oubliant toute existence meurtris à l'extérieur.

- Monsieur… Murmure-t-elle

Ce doux surnom l'excité, et il s'empressa de passer une main sous le haut de son élève. Mais ce dernier fut vite rejeté, Hinata le poussa de toutes ses forces.

- A… Arrêtez… !

- Qu'est-ce qu'il y a… ?

- Je… Je ne veux pas faire ça… Sanglote celle-ci

Naruto se sentit terriblement confus, et vexé. Qu'il soit rejeté de sa femme ne l'étonnait plus, mais de Hinata, son égo en prit un coup lamentablement.

- D'accord !

Naruto se rassoit correctement, et viens même de la main essuyer ses lèvres par provocation. Il prit la copie de Hinata et la lut nerveusement. Il l'acerbe soudainement de tous les noms, dictant que cette copie était « lamentable », et il venait même jeter ses feuilles à la rencontre de son élève.

- Désolée… Je… Je pensais que j'avais compris…

- Non, visiblement, tu n'as rien compris !

Naruto se leva, impatient, la fureur se lut dans ses yeux. Il enfila son manteau, prit son casque, ses affaires et s'apprêtait à partir.

- Je file ! Bye !

- Attendez ! S'écrie Hinata

- Quoi ?! Dit-il lui faisant face

- Pourquoi vous partez énervé ?! S'agace quelque peu celle-ci

- Je te conseille de ne plus dire « non » à un homme qui a envie de faire l'amour ! Dit-il l'air arrogant

- Mais... Je…

- Tu n'as même pas d'argument !

- Bien sûr que si ! Vous êtes marié !

- Ça ne t'a pas dérangé les deux premières fois !

Hinata ne savait plus que dire, Naruto était si cruel en cet instant, elle ne reconnaissait pas le professeur généreux et tendre qu'elle aimait tant. Il était injuste, sordide, incompréhensible.

Pourquoi être tombée amoureuse de lui… ? Comment l'avait-elle pu… ?

Ce regard méprisant qu'il avait sur elle l'exaspère, elle était en faute, oui ! Et après, ils étaient deux à être dans ce rôle, non… ?

- Quoi… ? Tu ne sais plus quoi répondre !

- Ça me dérange quand je sais que le mari couche avec sa femme après… Après moi…

Naruto venait de tomber. Il ne savait d'où, mais la chute fit tellement mal qu'il avait déchu de bien haut. Il ne se reconnaissait plus, il n'était pas ce genre d'homme à agir sans réfléchir, à suivre un instinct, une impulsion.

Il savait juste qu'il voulait être avec cette jeune femme. Hinata. Il n'en connaissait pas les raisons, il voudrait les connaître et les assumer, mais la vérité était-elle que dans l'instant présent, seule la présence de Hinata le soulageait de tout son mal-être.

Savait-elle que sans elle, il serait sûrement saouler dans l'alcool pour ensuite aller chuter d'un pont, se tuer d'un accident, qu'importe, tant que tout se mal s'enfouissait loin de son âme. Il n'aurait jamais imaginé être faible au point de perdre la vie.

Et cette nuit où il s'était présenté saoule chez elle, qu'elle s'était occupé de lui, l'écoutant attentivement, il avait malgré sa présence moyenne, observé de l'empathie, une estime non pas de pitié, mais d'amour. Comme s'il pouvait l'entendre dire « avec moi, tu serais heureux ».

Égoïstement, il avait profité. Profité de son innocence, de sa bonté, de sa générosité, pire de sa virginité, mais Ô combien il ne regretterait pour rien au monde cette union passionnée.

Il avait pensé à la solution de mourir, et voilà qu'il survivait dans ses bras angéliques.

- Je suis désolé pour tout à l'heure…

- Hum…

- Je ne voulais pas te brusquer, j'avais envie de t'embrasser, et… Je suis comme tous les hommes, vexé dans l'égo quand une femme nous repousse…

- Ce… Ce n'est rien… Rougit-elle

- Je ne te forcerais pas à continuer notre relation… Sache seulement que… Même si c'est dure à croire, je ne me sers pas de toi… Je suis bien avec toi, c'est tout…

- …

- Est-ce que tu me crois… ?

- Non !

- …

- Non, je crois que vous vous servez de moi pour vous venger, pour ressentir et comprendre ce que votre femme vous fait vivre… Si…

Hinata ne put retenir ses larmes de tristesse absolue.

- Si je n'avais pas de sentiment pour vous, je pense que ça n'aurait aucune importance… Même si ce n'était pas bien… Mais…

- Mais tu as des sentiments pour moi… Dit-il s'approchant

- …

- Hinata…

Il voulait poser une main sur sa joue, mais cette dernière recula de peur.

- Pourquoi… Pourquoi faut-il que je souffre pour vous avoir… ?

- Hinata…

- Pourquoi faut-il que je m'inflige ça ! Le fait de savoir que ce que je fais est mal, que je souffre, que vous ne m'appartenez pas, que je vous partage, pourquoi, pourquoi je me fais souffrir par amour ! S'effondre celle-ci

Hinata se mit à genoux au sol, épuisée de cette confession lourde.

Naruto n'en revenait pas d'une telle déclaration, il n'en revenait pas d'être aimé à ce point… ? Au point d'infliger inconsciemment un mal de vivre à l'autre.

Hinata… N'était décidément pas une jeune femme comme les autres.

Il sourit, heureux. Un pincement au cœur se fit agréable. Il posa ses affaires, enleva son blouson et se posa devant son élève.

- Hinata… Tu viens d'invoquer les plus belles immorales de l'amour…

- …

- L'amour ne sera jamais parfait, puisqu'il y a toujours une constante peur de perdre l'autre, même avec le bonheur… L'amour n'a rien de beau, n'a rien de normal ou de complètement heureux… L'amour défini beaucoup de chose, le sacrifice, le mensonge, la discrétion, la protection, l'égoïsme, l'amour n'est pas un jolie mot en soit, il contient des sentiments négatifs, alors qu'importe la nature d'un amour, tant qu'il se vit, personne ne peut juger… Personne…

Hinata regarda profondément son professeur, quelle douce moralité. L'amour, il était vrai que dans le fond, ça n'avait rien de beau. On passait son temps à s'inquiéter, à se préserver, à ne penser qu'à l'autre, qu'à nous, au final, l'amour était une façon de vivre malsaine, mais inconsciemment vitale et tellement merveilleuse à vivre.

- Oui… C'est vrai… Glisse doucement celle-ci

Naruto sourit, heureux d'avoir convaincu Hinata. Il prit sa main et la releva, il essuya ses larmes et murmura à son oreille.

- Si je t'embrasse maintenant, vais-je être repoussé… Taquine ce dernier

- Non… Rougit-elle

Naruto s'empressa d'embrasser Hinata. Il déposa ses mains dans ses cheveux, pour redescendre dans son dos et l'attraper dans ses bras. Il la mena sans quitter une seconde ses lèvres, sur le lit. Il l'allongea tendrement, et dévora son cou.

Hinata enlaça naturellement ses jambes autour des hanches de Naruto. Le jeune homme se sentit alors en transe, et commença sans fantasque chemin vers la passion.

Ils s'embrassaient, se caressaient, se câlinaient, se firent plaisir mutuellement, ils répondaient au désir de l'autre. La troisième nuit qu'ils partageaient, et ils se connaissaient déjà, possédant les convoitises voulus.

Les habits volèrent un peu partout dans la pièce, on pouvait entendre Naruto rire quelque fois, apercevoir les rougeurs de Hinata. Ils étaient bien, là, seuls, tous les deux, dans le sombre de la chambre, sur ce meuble confortable, leur tête était vide, leur cœur étrangement léger, leur conscience éteinte, seul le désir prit possession des âmes de ces amants.

Naruto savourait, dégustait, mangeait cette jeune fille. Diable qu'il était si bien auprès d'elle, pouvant faire l'amour tranquillement, ne se préoccupant ni de l'heure, et surtout de celui qui était « passé » avant lui.

Rien n'égalait son sourire, son visage, ses gémissements Ô combien orgasmiques. Il la prépara goulûment, aimant ce préliminaire sucré. Elle se cambra, gigota, mordit ses doigts, une déesse.

Il revenait vers elle, l'embrassait passionnément, et pénétra en elle avec urgence, folie. Il bougeait vite, très vite, parce que c'était bon, chaud, délicat, savoureux à en mourir, il aimait être avec elle, et dans ses moments luxurieux, « en » elle.

Hinata était tendresse, elle touchait son corps, son dos, ses hanches, elle l'embrassait timidement, le regardant quelque fois, il rêvait qu'elle ose tripoter ses fesses, l'embrassant à perdre haleine, mais sa retenue était aussi charmante que l'audace. Cette union était d'un érotisme absolu, et le professeur ne voudrait jamais s'arrêter en ces moments.

Mais la nature le gâtait, et il estimait tellement ce moment que ce liquide salé le taquinait excessivement. Il n'en pouvait plus, il allait craquer, il gémit comme jamais, oui, « jamais ». Il mordit son cou, embrassa son épaule, et vint prendre possession de sa bouche avec soulagement.

Il s'essouffla, et s'écroula sur le côté du lit. Mais hors de question de laisser son amante seule, il chavira sur le côté, avec Hinata dans ses bras.

Il embrassa sa chevelure, et glissa un mot doux.

- Repose-toi…

Hinata sourit, Naruto était si prévenant, elle se colla à lui comme pour ne faire plus qu'un, et les deux amants s'endormirent paisiblement.

Naruto se réveilla quelques minutes plus tard. Il essaya de pencher la tête sans réveiller Hinata vers la cuisine. Il se rassura en observant l'heure, il avait encore une demi-heure avant de rentrer.

Naruto observa la jeune femme dans ses bras. Elle dormait profondément, quelle beauté. Il se leva sans la réveiller et posa les draps sur elle. Lui, se dirigea dans la salle de bain pour se doucher.

Pendant qu'il s'habillait, Naruto songea. Il venait de passer le moment le plus agréable de sa vie, jamais un bien-être ne l'avait autant gagné. C'était pour ça qu'il était avec elle, parce qu'il avait ce qu'il n'avait jamais eu de celle qu'il aimait. La même raison devait pousser Sakura chez Sasuke, mais…

Sasuke n'était pas amoureux de Sakura, alors pourquoi se jouer d'elle… ? De lui.

Une réponse, il voulait une réponse maintenant. Il ne pouvait plus attendre, c'était comme une subite idée, une évidence.

Il sortit de la salle d'eau et vit Hinata bouger dans le lit. Il s'approcha et s'assoit près d'elle. Son amante lui sourit, et il ne résista à la donation d'un baiser.

- Bien dormit… ? Sourit ce dernier

- Oui… Vous êtes déjà prêt… ?

- Oui, je voudrais aller voir Sasuke !

- Sasuke… ?

Pourquoi Naruto voulait-il aller voir son ami ? À cause de sa femme ? Pour lui dévoiler la vérité ? Lui dire enfin d'arrêter de gâcher sa vie ? Sa vie de couple ? Il voulait rompre ? C'était un adieu ?

La tête de Hinata bourdonnait et son cœur battait à mille à l'heure. Elle le vit se lever du lit, et le rattrapa sauvagement par le bras.

- Euh… ? Hinata !

- Dé… Désolée… Rougit-elle, les yeux imbibés de larme

- Hinata… ? Qu'es-ce…

Naruto stoppa sa question, il devina subitement ce qui préoccupait son élève.

Décidément, Hinata tenait beaucoup trop à lui. Il la savait amoureuse, n'était-ce pas dangereux… ?

Le souci était que lorsque que Naruto devait se résigner à arrêter cette jeune relation, tout son être si opposait. Il filait la parfaite idylle avec cette jeune femme.

La rassurer était donc sa priorité. Tant qu'il pouvait la préserver du mal, il le ferait.

- Hinata, je ne vais pas voir Sasuke à cause de ma femme…

- Euh ? Non, mais… Ça ne me regarde pas !

- Je t'implique dans ma vie… Dit-il collant son front au sien. Ça te regarde désormais ! Finit-il par la capture d'un baiser

Leur bouche valsa dignement. Naruto se rallongea sur Hinata et caressa son corps à travers ce drap blanc qui l'entourait comme un ange. Quel savoureux baiser, mais s'il ne trouvait la force de partir de ce paradis, il allait se damner toute une vie.

- Faut que je parte… Souffle t-il dans un dernier baiser

- Oui…

- À demain… Dit-il croquant son oreille

Hinata rougit de plus belle et se cacha dans les oreillers. Naruto partit un rire aux lèvres.

C'était agréable.

Dans l'ascenseur, Naruto appela Sakura.

- Allo ?

Naruto sentit à la voix de sa femme qu'elle avait pleuré.

- Sakura… Je voulais te prévenir que je dois passer chez Tsunade… Alors, ne m'attend pas pour dîner…

- Oui… De toute façon, je suis chez Ino… Je ne sais pas à quelle heure je vais rentrer…

- D'accord…

- Bisous, à toute à l'heure !

- Bisous…

Il raccrocha. Il devinait pourquoi sa femme s'était réfugiée chez sa meilleure amie. En trois années, c'était la première fois qu'il pouvait la croire.

C'était l'une des principales raisons pour laquelle il se rendait chez son ami.

Étrangement, il ne savait pas s'il devait jubiler du mal être de sa femme, ou en être attristé.

Les deux sans doute.

Naruto arriva chez Sasuke.

Il monta à l'étage, et sonna chez le jeune homme.

Sasuke ouvrit la porte, et un coup de poing en plein visage se posa sur le brun.

- Ça ! C'est ce que j'aurai du faire, il y a des années !

Sasuke recula et s'assoit sur son lit.

Naruto ferma la porte, et se dirigea dans la salle de bain. Il prit du coton, un désinfectant et le balança aux côtés de son ami.

- C'est tout ! Provoque ce dernier

- Pour l'instant ! Rétorque le blond

Naruto se mit à l'aise pendant que Sasuke essayait d'arrêter son saignement de nez.

- Je me demandais quand tu viendrais pour me régler mon compte ! Réplique soudainement Sasuke

- Comment savais-tu que j'étais au courant ?! Demande Naruto, s'appuyant sur la porte, en face de son ami

- Je te voyais tous les soirs dans le bar en face de chez moi !

- Observateur !

- Tu n'es pas stupide à ce point ! Et puis, tu es amoureux non, quand on aime, impossible de vivre dans le mensonge de l'autre…

- Certes !

- Je me pose une question, pourquoi tu ne viens plus depuis un mois...

- J'ai une maîtresse moi aussi !

Sasuke devint pâle. Une maîtresse… ? Naruto. S'agitait-il d'une blague… ?

- Il était temps ! Répond le brun

- …

- Ne cherche pas à te venger Naruto… Tu vas en souffrir, et cette fille aussi !

- Je rêve ou tu me fais la morale !

- Je ne te fais aucune morale, je te préviens de ce qu'il t'attend, c'est tout !

- Pourquoi tu couches avec Sakura depuis le premier jour de mon mariage… ?

- Sakura couche avec moi depuis plus longtemps que ça !

- Oui, vous êtes sortit ensemble au lycée !

- Non, même après…

- Je vois… C'est le grand amour alors !

- Tu n'es vraiment qu'un con ! Je sais pourquoi tu es là ! Tu savais que Sakura ne serait pas là ce soir !

- …

- Naruto… Tu es comme mon frère, je te connais par cœur moi aussi…

- Pourquoi tu lui infliges ça ! Cette souffrance ! Elle t'aime et tu le sais !

- Et toi… ? Pourquoi tu restes avec une femme qui ne t'aime pas !

- Sasuke, n'inverse pas les rôles ! Je ne t'aurais pas fait ça moi !

- Tu es sûr… ?

- Oui !

- Sakura ne t'aime pas ! Elle ne t'a jamais aimé, et ne t'aimeras sans doute jamais ! Je voulais te prouver que c'était une garce, c'est tout ! Mais tu es resté trois années avec elle sans jamais la quitter, ni lui reprocher quoi que ce soit ! Tu es un abrutit !

- Je ne comprends pas Sasuke… Sakura n'est pas là ce soir… Je devine pourquoi ! Je sais aussi pourquoi ma femme est en train de pleurer en ce moment chez sa meilleure amie !

- …

- Toi, je ne comprends pas pourquoi tu as couché avec Sakura toutes ces années ! Sachant que tu es…

- Que je suis quoi ?! Un ?! Quoi, je suis quoi ?! Dit-il baissant le regard

- Amoureux…

Le silence se fit dans la pièce. Sasuke n'aimait pas être mis à nu. Il détestait ce qu'il éprouvait, une faiblesse humaine.

Il ne s'était jamais sentit aussi imbécile de sa vie que ce jour-là.

Ce jour de rentrée à l'université, pour sa deuxième année. Assis au premier rang, il n'aurait manqué cette beauté pour rien au monde.

Elle.

Était parfaite. Une femme comme il en rêvait, une femme simple, à la fois douce et maligne, sage, mais avec un goût de folie, généreuse tout en étant coquine, souriante, tout en étant faible.

Sa perfection.

- Son parfum… Répond Sasuke

- Mmh… ?

- Sakura a le même parfum…

- …

- J'ai fais l'amour avec Ayame, avant qu'elle se marie… La plus belle nuit qu'un homme puisse connaître dans sa vie, c'est de sentir son cœur bondir pendant un rapport sexuel… Tu sais alors que tu ne fais pas que coucher avec une femme ! Tu fais l'amour… En te sentant ridicule, mais comblé à la fois…

Sasuke versa des larmes silencieuses à la prononciation de sa confession.

Naruto était sous le choc.

- Tu… Tu… N'arrive à prononcer le blond

- Sakura sait pertinemment que je n'aimerais qu'une femme dans ma vie… Elle…

- Ne me dis pas que c'est à ta demande qu'elle a fait ça !

- Non… Non, depuis notre rencontre, Sakura s'est forcée de lui ressembler, jusqu'à son odeur…

- …

Naruto glissa le long de la porte, son corps ne put supporter davantage de douleur…

- En faisant l'amour à Sakura, je… Je m'imaginais faire l'amour avec elle…

- Merde… Souffle Naruto

Naruto était misérable.

Finalement, il n'était pas le seul à souffrir depuis toutes ces années.

Sasuke se contentant de brève souvenir de la part d'un parfum pour vivre à jamais sa seule et unique nuit avec la seule femme qu'il aimait.

Sakura partageant union avec le seul homme qu'elle aimait, étant conscience du pourquoi de ce partage charnelle.

Et Naruto…

N'était plus seul à se sentir meurtris, isolé, abandonné. Il pensait être le seul à souffrir.

Alors que toutes ses personnes vivaient avec un mal affreux en eux…

Le mal d'amour,

S'affligeant mutuellement,

De n'être jamais aimé en retour.