Chapitre 7 : « Un peu de passé, un peu de présent, font l'avenir… »

Une salle de café coquet. Le froid commençait à peser. Elle avait même cru apercevoir un flocon de neige tomber. Non, elle avait dû rêver, en milieu de ce mois d'octobre, c'était impossible.

Elle prit sa grande tasse de chocolat fumant, et le porta à ses lèvres. Elle avala ce liquide sucré. Un régal. Le chocolat était sa gourmandise préférée.

Elle s'était arrêtée dans ce café avant d'embaucher. Son retour en ville la déstabilisait quelque peu. Elle avait besoin de repère, d'habitude, et ce café en faisait parti.

À cette même table, tous deux révisés patiemment leur examen. Ils réservaient toujours cette emplacement, parce qu'on pouvait apercevoir un brun de ville, l'emplacement étant à l'étage de l'établissement.

Elle sourit subitement. Il devait être agacé de toutes ses femmes qui passaient leur temps à le regarder. Au moins en hauteur, on ne l'apercevait pas. Seule elle avait la priorité de partager un regard.

Elle vagua dans ses pensées, ses souvenirs, elle n'était revenue que pour lui.

Même café, cinq années plus tôt.

- Sasuke ! Prononce une femme

- Ayame… ?

La jeune femme s'installa en face de lui. Elle fut surprise de le trouver ici aussi tardivement.

- Tu n'es pas à ton enterrement de vie de jeune fille… Provoque Sasuke

- Je trouve ça étrange… Dire adieu à sa vie de célibataire… Sourit-elle

- Je ne vois pas ce que ça a d'idiot !

- Toi, tu défendrais une telle conformité… Rit-elle

- Ça m'exaspère toujours le fait que tu penses que je ne peux éprouver aucun sentiment !

- Désolée… Je ne voulais pas te blesser… Dit-elle plus tristement

- Pourquoi tu es là… ?

- Je ne sais pas… Peut-être que j'espérais te trouver…

- Ah oui, et pourquoi faire… ?

- Sasuke…

Le temps passait. Il s'étalait.

Les conquêtes s'accumulaient, l'écart entre eux aussi.

Jamais il n'avait eu la chance de goûter ses lèvres, toucher sa peau, la prendre dans ses bras, la regarder intensément. Il n'avait juste en tête que son doux parfum lorsqu'elle l'embrassait pour lui dire bonjour.

Dans ses cauchemars, il connaissait le son de ses gémissements, partageant la chambre à côté de celle de son frère.

Son frère. Itachi. C'est lui qui avait eu grâce du cœur de cette femme. Mais il voyait bien le peu de regard qu'elle avait pour lui, les sentiments inexistants.

C'était lui qu'elle aimait, mais il ne pouvait lui apporter la sûreté qu'elle désirait. Un homme qui travail, sérieux, protecteur, ambitieux. Sasuke n'était qu'une sorte de bohème, ne désirant s'attacher, ayant sûrement peur de posséder pour ensuite en affronter la perte.

Itachi est la sureté, la sécurité, Ayame en a toujours besoin, et c'est le seul sentiment que Sasuke ne peut lui accorder.

- Est-ce que tu viendras au mariage… ? Demande gênée Ayame

- Non !

- Ton frère sera déçu…

- Itachi n'a pas besoin de moi pour ce jour !

- Je ne voulais pas rompre votre lien !

- L'amour fait perdre la tête et toute raison, c'est ce qu'il se passe !

- Sasuke…

- Ayame ! Je ne sais pas ce que tu veux, ni ce que tu cherches, mais tu ferais mieux de partir…

- Tu sais donc ce que je veux… Sourit-elle, gracieusement

- Oui, et ça serait une belle erreur !

- Ça fait des années que nous sommes amis… Tu me connais par cœur… Tu réserves toujours cette table pour nous, pour les révisions, pour discuter de tout et de rien… Tu fais comme si tu n'avais pas d'attache, mais sans le savoir, tu es sensible…

- Décidément, je ne comprends toujours pas pourquoi tu as quitté la philo pour la psycho ! Toujours aussi perspicace !

- La philosophie et la psychologie sont deux choses bien différentes…

- Ah oui… ?!

- La philosophie apporte toujours une réponse aux tourments…

- …

- La psychologie apporte des faits désireux d'une personne sur l'acte présent… Même si c'est contre nature de cette personne…

- Et que veut ta psychologie… ?! Dit-il provocateur

- Elle veut passer sa dernière nuit avec toi… Dit-elle du désir profond dans le regard

Ayame en avait encore le cœur qui bat. Elle rougit même après toutes ces années à cette déclaration furtive, qui ne lui ressemblait pas.

- Finalement, c'était évident… Sourit-elle

Ayame finit son chocolat, paya et partit vers l'université. Elle fit le chemin à pied. Ces passages, ces rues, la rendait nostalgique, les années d'étudiants étaient les plus merveilleuses à vivre. Elle se sentait bien, vivante, enfin, depuis des années.

Elle passa le portail de l'établissement. Elle aperçoit deux jeunes femmes devant elle. Elle les reconnaissait. C'étaient les deux jeunes filles qui l'avaient bousculé en arrivant. Ayame sourit. Ces deux amies avaient l'air fort complice, elles riaient, se taquinaient, une belle amitié solide. C'était encore plus important d'avoir une épaule sur laquelle s'appuyer.

- « Sasuke… »

Ayame arriva en salle des professeurs. Les regards se fixèrent directement sur elle, un en particulier.

- Bonjour… Sourit-elle

- Salut Ayame ! Alors prête pour le premier jour ! Sourit joyeux Naruto

- Oui… J'ai même hâte de commencer…

- Je ne savais pas que tu étais devenue psychologue…

- Oui… J'ai terminé mon année dans une université à Kyoto et j'ai ensuite ouvert mon propre cabinet…

- Et bien, c'est super impressionnant !

Sasuke quitta la salle. Il ne voulait entendre les événements de la vie d'Ayame. Il ne souhaitait avoir ouïe de cette vie qu'elle avait toujours refusée et pourtant vécue. Elle était lâche, il était déçu.

- Ne t'en fais pas, ça lui passera… Sourit Naruto

- Oui…

La cloche sonna. Les élèves et professeurs regagnèrent leur classe.

Attendant leur professeur d'anglais, Karin et Hinata discutaient.

- Alors, avec Sui… ?

- Quoi Sui… Rougit-elle

- Il t'a raccompagné hier non… ? Sourit-elle

- Oui…

- Ça c'est bien passé…

- Plutôt…

- Et bien raconte-moi !

- Je te trouve bien curieuse !

- Je veux savoir si mon amie est heureuse…

- Mais dit moi toi ! Je te trouve bien guillerette ces derniers temps ! Tu ne me cacherais pas quelque chose !

- Non, non, je… Je suis juste de bonne humeur !

- Oui, mais il y a toujours une raison à la bonne humeur ! La taquine celle-ci

- Certes…

- Bonjour les plus belles ! S'exclame Sui, s'asseyant à sa place, tourné vers Karin

- Salut… Réplique nonchalant Karin

- Bonjour Sui…

- Comment allez-vous ce matin… ?!

- Ça va… Répond gênée Karin

- Et bien, j'en connais un autre qui déborde d'énergie ! Dit-elle quelque peu taquine

- Ah, oui, je suis en pleine forme ces derniers temps !

- Fait attention de ne pas en devenir agaçant… Ironise Karin

- Aucune chance ! Dit-il souriant, embrassant sa joue

Karin vira au rouge, et Suigetsu se retourna l'air fier, quant à Hinata, elle était plus que certaine que ces deux amis s'aimaient sincèrement et qu'il ne manquait plus que le temps pour qu'ils s'unissent enfin.

Elle espérait sincèrement vite.

Sakura fit son entrer en classe.

Hinata se sentit étrange subitement. Depuis sa relation avec Naruto c'était la première fois qu'elle l'affrontait.

- Bonjour à tous ! Aujourd'hui nous allons faire des exercices oraux !

Hinata s'angoissa. Elle détestait l'oral, surtout dans une langue étrangère. Les cours de Naruto étaient efficaces, mais elle devait avouer qu'ils se concentraient plus sur la matière philosophique, et maintenant, à un autre échange plus charnel.

Hinata rougit. Quand elle pensa à la réalité, elle se rappela qu'elle avait des relations sexuelles avec son professeur plus âgé, et marié. Elle n'aurait jamais imaginé vivre ça un jour. Elle si droite, si sérieuse, l'amour faisait vraiment tourner l'esprit et la raison.

Parfois, elle se confortait dans l'idée qu'elle était heureuse, même si la situation n'était pas parfaite, elle n'aurait le courage de cesser tous rapports avec Naruto.

- Vous allez lire chacun un texte et je vous interrogerais dessus à tour de rôle ! Rappelez vous que vous êtes à l'université, vous n'êtes plus au lycée alors je veux des phrases construites, argumentées, avec du bon vocabulaire !

- Oui… Répondent les élèves

Chacun lut son texte. Hinata avait encore beaucoup de mal à la traduction. Beaucoup de mot lui étaient étrangers et elle comprenait à moitié le sujet.

Le temps écoulé, Sakura commença par l'ordre des places des élèves. Il restait du temps à Hinata pour essayer de saisir un maximum.

Lorsque vint son tour, elle paniqua. Il lui était dans l'incapacité de regarder Sakura dans les yeux, elle ressentait de la gêne à son égard, et surtout de la honte. Son professeur l'assiégea de question, et les réponses ne convenaient jamais à Sakura. Hinata se sentit honteuse, son niveau était encore bien faible, même pour une classe de préparatoire.

- Bon ! Je vois ! Vous…

La cloche retentit et Sakura ne put terminer sa phrase, cependant, elle demanda à Hinata de rester.

- Votre niveau est beaucoup trop bas Hinata ! Faite un effort, vous n'êtes plus lycéenne !

- Je sais… Je suis désolée…

- Soyez plutôt désolée de faire perdre du temps à mon mari avec vos cours particuliers !

- …

- Ressaisissez-vous, ou votre année sera en péril ! Je suis claire !

- Oui Madame…

Sakura sortit de classe et laissa son élève avec ses réflexions. Elle s'assoit à un bureau et enfonça ses ongles dans sa peau pour s'empêcher de pleurer. Entendre qu'elle faisait perdre du temps à Naruto l'attrista.

Viendrait-il par pitié… ?

Ou même juste pour avoir ce qu'il ne possédait chez lui… ?

- Bonjour… Prononce une douce voix

Hinata leva la tête et aperçoit la nouvelle psychologue.

- Bonjour…

- Quelque chose ne va pas… ?

- Non… Ça va… Sourit-elle difficilement

- Des soucis en anglais… ? Sourit-elle

- Un peu…

Sasuke arriva dans cet entre fait, et entendit la voix de Ayame. Elle semblait discuter avec une élève.

- Ne t'en fais pas ! Au lycée, j'étais la dernière dans cette matière et ça ne m'a pas empêché de réussir !

- Oui… Sourit-elle amusée

- Tant que tu donnes tout ce que tu as, c'est le principal !

- C'est vrai…

Hinata leva les yeux et aperçoit son professeur au pas de la porte. Elle se leva et le salua.

- Bonjour Monsieur…

- Bonjour…

- Ah, Sasuke, je te cherchais… Sourit-elle tendrement

Hinata remarqua le ton doux de la psychologue. Son visage s'était soudainement illuminé, un sourire gracieux se dessina, son regard pétillait, elle semblait en admiration.

- Je voulais te parler…

- Désolé, mais je suis occupé, j'avais demandé à Mademoiselle Hyuga de venir me voir pendant la pause !

- Ah… Désolée… On se verra au déjeuner dans ce cas… Dit-elle déçue

- Peut-être ! Laisse-nous…

- Oui… Pardon !

Ayame prit congé. Sasuke ferma la porte derrière elle. Il se retourna et affronta le regard interrogateur de son élève.

- Excusez-moi de vous avoir donné comme prétexte…

- Euh… Ce n'est rien…

- Au fait, elle a raison ! Ne vous laissez pas déstabiliser par de tels conseils ! Vous faites de votre mieux, c'est le plus important !

- Oui, merci…

La porte s'ouvrit subitement, Naruto apparaît l'air dépité.

- Et Sasuke, je viens de…

Naruto remarqua soudainement Hinata. Elle était assise au bureau, Sasuke juste bien en face d'elle, et maintenant qu'il y pensait la porte était fermée.

Hinata rougit intérieurement, apercevoir Naruto la déstabilisait sans cesse.

- Euh, je vais vous laisser !

Hinata se leva subitement et partit de la classe, mais la cloche retentit, déclarant la fin de la pause. Elle refit par conséquent machine arrière et repartit s'asseoir à sa place, honteusement.

Ses deux professeurs la regardaient perplexe. Naruto riait au fond de lui, Hinata était bien trop adorable.

- On parlera plus tard ! Réplique Naruto, l'air boudeur

- Ouais !

- Et de plusieurs choses ! Dit-il regardant Hinata

- Imbécile ! Répond Sasuke

Naruto sortit de la classe et laissa les élèves rentrer. Karin s'approcha très vite de Hinata.

- Tout va bien… ? Demande celle-ci inquiète

- Oui… Sourit-elle

Sasuke commença son cours sobrement. Depuis quelques jours, le professeur ne paraissait avoir le moral. Hinata repensa à cette scène de tout à l'heure. La psychologue avait l'air enthousiaste à l'idée de voir Sasuke et ce dernier l'avait repoussé complètement. Cependant, il ne semblait pas à Hinata que c'était par détestation, mais par gêne, ou ressentiment.

Elle n'oubliait pas non plus qu'il restait l'amant de la femme de Naruto.

Il semblait être un ami sincère pourtant. Naruto ne lui avait jamais fait part de sa colère envers Sasuke, mais surtout sa femme.

Pourquoi… ?

Les deux heures de cours passèrent et le groupe alla déjeuner. Hinata et Karin se mirent à une table seule, lorsqu'elles furent rejointes par Suigetsu et Kiba.

- Le déjeuner est répugnant ce midi ! Fait remarquer Kiba, prenant place aux côtés de Hinata

- Pourquoi tu ne te prépares pas un déjeuner ? Demande Suigetsu

- Parce que j'ai la flemme ! Rit-il

- C'est une mauvaise excuse ! Se moque Karin

- Que veux-tu, je ne change pas ! Sourit-il fièrement

- Karin, tu veux bien m'accompagner faire deux, trois courses ce soir ! Demande Suigetsu, un sourire charmeur

- Je ne sais pas… Ma mère voulait que je rentre tôt !

- Je n'en n'aurais pas pour longtemps…

- On verra !

Suigetsu fut déçu. Il pensait que son amie allait sauter sur l'occasion, mais visiblement, il était trop confiant.

Kiba voyant l'atmosphère se refroidir, il détourna la conversation.

- Au fait Hinata ! Tu avais l'air triste tout à l'heure…

- Ah, ce n'est rien…

- C'est la prof qui t'a vexé !

- Un peu… Dit-elle rougissante

- Ah, ne t'en fais pas, elle a dit ça pour ton bien !

- Oui… Dit-elle peut convaincu

Kiba voyant son hésitation, prit Hinata par les épaules et la mena sur lui.

- Allez, c'est rien ! Tout le monde est au moins mal à l'aise dans une matière ! Rit Kiba

Hinata rit à son tour, amusé par la tête moqueuse de Kiba.

Sasuke rentra dans la salle de repos où il retrouva Naruto. Ce dernier buvait un café regardant l'extérieur. Il paraissait complètement dans les nuages, perdu ou rêveur… ?

En réalité, Naruto se sentait frustré. Il avait aperçu la scène entre Kiba et Hinata. Ce jeune homme lui semblait bien proche de son élève, trop proche même. Le fait qu'il semble la consoler de sa mine triste le rongeait mystérieusement. Il voulait être seul témoin de la parfaite innocence de Hinata, c'était sa relation, sa conquête, sa trêve. Sa merveille.

Il fut en colère subitement, pensant que ce jeune homme avait pu sentir son parfum, toucher sa peau, approcher son visage, entendre son rire détendue,

Naruto était hors de lui sans vraiment comprendre.

- C'est ma présence qui t'oppresse à ce point… Décroche Sasuke

- Ah ! Fit-il surpris. Désolé, je pensais à quelque chose d'agaçant !

- Je vois ça… Dit-il prenant un café et s'installant.

Naruto l'observa, et vint s'asseoir en face de lui.

- J'ai croisé Ayame tout à l'heure, tu l'as carrément repoussé !

- Ça ne te regarde pas !

- Je pensais que les amis étaient là pour dire à l'autre la connerie qu'il faisait !

- Je ne comprends pas ce que tu fais ! Hier tu viens me faire la morale, m'avouer que tu savais que j'étais l'amant de ta femme et aujourd'hui tu veux me consoler et me caser !

- Ayame est une précieuse amie pour moi et malheureusement c'est de toi dont elle est amoureuse, je ne peux donc faire autrement !

- Précieuse amie… ? Tu veux dire que depuis l'université tu es en contact ?

- Très peu, mais effectivement ça nous arrivait !

- Elle… Est-ce qu'elle…

- Sait pour toi et Sakura ? Non, évidement… Nous n'échangions que les bonnes nouvelles dans nos e-mails…

- Je vois…

- Évite de te rendre malheureux une deuxième fois !

- Naruto… Ayame est marié depuis cinq années à mon frère… Je ne veux être un deuxième amant !

- Sasuke… Tu n'as donc rien remarqué… Rien compris…

- Quoi… ?!

- Je ne peux pas te le dire ! Sois juste curieux de la personne que tu aimes !

- Écoutez le philosophe… Remarque je te comprends, de cette façon tu récupères Sakura…

- Non, ça n'a rien à voir ! Sakura et moi c'est plus compliqué que ça !

- À ce propos… C'était une blague le coup de la maîtresse hier… ?!

Naruto se souvenait avoir confessé sa relation. Il se demandait s'il devait accentuer concernant ce détail. Mais après tout, Naruto ne regrettait rien pour l'instant, et assumait pleinement.

- Non, c'était tout ce qu'il y a de plus sérieux !

- Naruto…

- Sasuke ! En ce qui concerne Sakura, ma maîtresse et moi-même ne regarde que moi ! Je t'ai mis dans la confidence par pur vanité, pas pour me justifier !

- Très bien… Juste une chose, pense à elle et juste à elle lorsque tu prends une décision…

- J'y penserais !

Les deux amis étaient froids, arrogants, un jeu de regard menaçant s'installa entre eux.

Où était passé leur irréfutable amitié… ?

La journée se termina enfin. Elle fut épuisante et bouleversante pour certain.

Hinata et Karin se séparèrent pour rejoindre leur domicile.

Sur le chemin, Karin fut rattrapé par Suigetsu. Il ne voulait laisser échapper son amie. Hors de question de se fuir de nouveau, autant de temps.

- C'est vraiment gentil à toi de m'accompagner faire les courses ! Dit-il de façon ironique

- Je n'ai jamais dit que je t'accompagnais ! Rougit-elle

- Bien sûr que si nous sommes sur le même chemin !

- Cesse de faire le malin !

Suigetsu rit fièrement. Karin ne supportait pas cette confiance en lui qu'il avait. Il pensait toujours qu'il pouvait obtenir tout ce qu'il désirait, en oubliant le mal qu'il avait fait. Elle avait subit pendant que lui profitait pleinement de sa vie. Elle était restée seule pendant que lui, s'étouffait d'amis. Quand comprendrait-il qu'il lui avait fait réellement du mal, qu'elle avait pleuré, crié, s'était renfermée, perdue, que la déprime la gagnait parfois.

Suigetsu reconnaissait-il vraiment la réalité de leur relation.

Pendant que le jeune homme fit ses courses, Karin restait silencieuse. Elle ne disait rien, il essayait de lui parler, mais c'était comme si elle n'entendait rien. Aucun mot ne parvenait à son ouïe, trop plongée dans ses pensées.

À la caisse, l'hôtesse reconnut Suigetsu. C'était une jeune fille de son âge, jolie, travaillant à côté des cours.

- Et, ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas vu ! Dit-elle, heureuse de l'apercevoir

- Oui, ça fait un bail !

- Depuis la fête de Maya !

- Oui, c'est vrai !

Karin se réveilla, comme si la conversation de cette jeune fille et de son ami intriguaient ses sens.

Elle constata que cette jeune fille était très belle, sophistiquée, elle paraissait sur d'elle et plutôt sympathique.

- Comment oublier cette fête, c'est là que tu m'as offert une superbe nuit ! Dit-elle dragueuse

- Euh, oui… Répond ce dernier gêné

- Faudrait qu'on se revoie…

Karin n'en n'attendait pas moins de cette conversation. Suigetsu, l'éternel charmeur, s'étant offert à un nombre de fille indéterminable. Toutes jolies, souriantes, libres, modernes, tout ce que Karin ne considérait pas avoir.

Se doutant du tourment de la situation. Karin s'en alla discrètement, sans un mot.

- Et bien… Je ne pense pas avoir du temps de libre, et…

Suigetsu se rendit soudainement compte que Karin avait disparu.

- Euh, je te dois combien ! Dit-il précipitamment

La jeune fille lui donna la somme à régler. Suigetsu laissa plus que voulu, prit son paquet et sortit en courant.

- Sui, mais attend ! S'écrie la caissière

Le jeune homme courait déjà dans les rues. Il suivit le chemin pour aller à la maison de Karin et la trouva en route. Soulagé, il se précipita sur elle.

- Karin !

Le cœur de la jeune femme s'emballa. Son ami l'avait donc rattrapé, pourquoi… ?

- Tu es parti si vite ! Dit-il essouffler

Karin avança sans répondre. Agacé, Suigetsu l'attrapa par le bras et se plaignit de son comportement quelque peu.

- Et arrête de fuir comme ça, qu'est-ce qu'il te prend !

- Je voulais juste te laisser avec ton amie…

- Cette fille est une simple connaissance !

- Une connaissance avec laquelle tu as couché… Dit-elle lui faisant face

- Oui… C'est vrai… Mais c'était il y a un moment…

- Qu'importe… Il y en a eu plein d'autre après de toute façon…

- Karin…

- Je dois rentrer…

Karin se défit de son emprise et avança. Mais son ami ne put se contenter de ça. Il la rattrapa et se posa devant elle.

- Je sais que j'ai fait des conneries ! Je me suis déjà excusé ! Si ça ne suffit pas je m'excuserais encore le temps qu'il faudra, mais cesse de me fuir comme ça !

- …

- Je ne cherche qu'à me rattraper, non pas pour effacer ce que j'ai fais, je sais que tu as eu mal et que ça ne s'oubliera pas, mais je veux réellement un nouveau départ pour toi et moi ! Confit-il sans gêne

Karin rougit fortement à cette confession, cependant,

- Sui… Tu viens de le dire, ça ne peut pas s'effacer comme ça, et je… Je suis encore malheureuse… Dit-elle des larmes aux bords des yeux

Ne supportant une telle tristesse dans son regard, lui brisant ainsi le cœur, Suigetsu se permit de la prendre dans ses bras.

- Sui… ! Essaye-t-elle de le repousser

- S'il te plaît… Laisse-moi te donner confiance en moi…

- Sui… Insiste celle-ci

- Karin…

Suigetsu la serra encore plus fort contre lui. Si seulement elle pouvait savoir à quel point il était désolé, meurtris de ce qu'il lui avait fait subir. Qu'il se traitait chaque matin d'imbécile d'avoir laissé la personne qu'il aimait le plus au monde seule, dans le doute, l'ignorance, il regrettait tellement qu'il ne trouvait jamais la réponse à ses actes.

Il voulait juste une deuxième chance sans reproche, égoïstement, c'est vrai. Il voulait être avec elle et qu'elle oublie tout, tout ce mal, qu'ils aient une nouvelle vie, tous les deux, profitant l'un de l'autre, non pas enfin, mais parce que c'était ainsi.

Il souhaitait se construire, être avec une femme, être heureux, bien, pouvoir se dire qu'il était unis à quelqu'un, faire tout ce dont on fait lorsqu'on est deux. Il désirait fermer un livre, trop lassé par ce dernier, et commencer une œuvre vivante, avec de véritable sentiment, s'associer à l'amour, à l'amour sincère et honnête qu'il portait à Karin, et depuis longtemps.

Il avait eu peur, il avait voulu avoir ce dont il n'avait pu avoir, un enfant capricieux qui voulait tous les jouets qu'il désirait, pour s'amuser, sachant qu'il sera vite lassé. Oui, cela avait était malsain, mais aujourd'hui, en étant un peu plus sur à chaque minutes, il désirait être avec Karin, seulement être avec elle, et vaincre tout ce qu'il y a vivre.

- Karin… C'est beaucoup c'est vrai, mais je veux être avec toi en oubliant tout ça !

- Lâche-moi Sui…

- Je t'en prie Karin, entend au moins ce que je te dis !

- Je t'écoute Sui, mais je n'ai rien à te répondre !

Karin sortit enfin de l'étreinte de son ami.

- Désolée, je dois partir…

Suigetsu laissa son amie s'éloigner. Il ressentit son immense souffrance. Il lui avait sans doute fait plus de mal qu'il ne le pensait et il s'en voulait encore plus.

- Je ferais pour tout pour te séduire… Karin…

Hinata se morfondait dans ses pensées. Elle ne parvenait à se concentrer sur son devoir. Naruto était près d'elle, il était plongé dans la correction de copie.

Elle ne cessait de se remémorer qu'elle faisait perdre du temps à son professeur, comme l'avait fait remarquer sa propre femme. Il était vrai qu'elle s'améliorait, mais le niveau était haut dans sa classe, et elle restait dans les niveaux moyens.

Si elle devait se séparer de son professeur, elle ne le verrait plus. C'était bien grâce à ses cours particuliers qu'ils s'étaient rapprochés, autrement, la vie ne les aurait jamais unis. Cependant, elle ne pouvait garder Naruto chez elle éternellement. Sa femme allait se poser des questions s'ils restaient ensemble le soir jusqu'au examen.

Hinata tombait de plus en plus amoureuse de son professeur. Elle se damnerait pour lui, comme elle le faisait en commettant ce péché. Cette faute impardonnable, mais savoureuse. Elle ne changerait cette situation pour rien au monde, non rien.

C'est pourquoi elle était profondément blessée par la remarque de Sakura.

- Hinata… Prononce doucement Naruto

- Oui ?!

- Je te réveille ! Sourit-il

- Non, non, désolée !

- Ce n'est rien, on peut faire une pause si tu veux…

- Oui… Je vais faire du thé…

Hinata comptait se lever, mais Naruto la retint par la main et s'approcha d'elle.

- Je parlais d'un autre genre de pause… Dit-il déposant un baiser dans son cou

Hinata rougit à ce contact et l'apprécia particulièrement. Mais son esprit fuyait et son corps aussi. Elle se leva précipitamment et s'avança dans son coin cuisine.

Naruto fut surpris de ce comportement. Au lieu de se résonner, il s'emporta. Il se leva à son tour et la rejoignit.

- Inuzuka est sans doute plus agréable ! Fait-il remarquer

- Quoi… ?

- Je parle de ton camarade de classe !

- Je… Je ne comprends pas…

- Je parle de ton ami qui te console en te prenant dans les bras ! Ce mec te drague !

Hinata cessa toute activité. Elle avait bien entendu ce que son professeur venait de lui avouer. Elle resta perturbée, son professeur pensait réellement que Kiba pourrait s'intéresser à elle… ? Mais pourquoi paraissait-il si en colère… ? Serait-il jaloux…

Ce simple mot la fit rougir, son air agressif, sa réflexion, la colère dans son regard.

Elle fut touchée, profondément émue qu'il puisse un peu tenir à elle.

- Tu ne dis rien… Ah, je suis bête, tu préfères peut-être les professeurs, comme Monsieur Uchiha… ?

- Monsieur Uchiha… ?

- Vous faisiez quoi dans une classe, seul à seul, la porte fermée ?

- Il… Il m'a utilisé comme prétexte pour ne pas parler à la psychologue…

- Quoi ?! Mais enfin pourquoi tu étais dans cette classe ?!

- Je… Je ne me sentais pas bien…

- Quoi ? Pourquoi ?

- …

- Hinata !

- Je… J'étais perturbé d'avoir eu votre femme le matin en cours ! Et puis, elle… Elle m'a légèrement fait des reproches, sur mon niveau scolaire en anglais… Et… Elle a ajouté que je vous faisiez perdre votre temps… Dit-elle versant des larmes

Naruto comprenait mieux la situation et son air perdue depuis cet après-midi. Sa femme était décidément sans gêne, oser faire la morale comme à un banal enfant, sans ménagement. Le jeune professeur s'approcha de son élève et la prit dans ses bras.

Il caressa son dos et embrassa sa tempe.

- Tu ne me fais jamais perdre mon temps… Au contraire, je le savoure enfin depuis que je t'ai rencontré…

Hinata sentit son cœur s'emballer à cette douce confession. Naruto lui souriait et l'embrassa tendrement.

- Monsieur…

- Je suis désolé pour le doute entre toi et Sasuke…

- Ce n'est rien…

- En revanche, Kiba t'a bel et bien consolé soigneusement !

- Il a juste voulu être amical…

- Bah voyons ! On sait tous ce qu'un garçon cherche lorsqu'il console une fille !

- Hum…

- Je ne veux plus qu'il soit aussi proche de toi ! C'est clair ! Dit-il strictement

- Euh, et bien…

- Je te préviens que je me vengerais personnellement s'il ose encore t'approcher ! Alors tu inventes n'importe quelle excuse, mais je ne veux plus qu'il soit si familier !

La jeune fille fut étonnée d'un tel ordre. Son professeur semblait plus que sérieux. Son regard était perçant, ses muscles tendus. Mais éprouvait-il réellement de la jalousie, ou déplorait-il encore toute forme de concurrence.

- Hinata… Je suis clair ?!

- …

- Tu m'appartiens !

Il prononça cette phrase au creux de son oreille.

Après tout pourquoi douter, il semblait sincère, honnête, il assumait pleinement cette relation, leur complicité, il ne serait si possessif s'il ne tenait pas à elle, il serait heureux de lui rendre sa liberté, qu'elle vive une relation normale, sans crainte, sans préjugé. Non. Il restait là avec elle.

Hinata ne put retenir son bonheur et encercla de ses bras les hanches de son professeur.

- Mmh… Hinata…

Naruto captura ses lèvres de façon gourmande, il la porta et l'asseye sur le plan de travail. Il guida les bras de son amante autour de son cou et fit croiser ses jambes autour de ses hanches. Il serra sa taille et l'embrassa de tout son être. Il caressa ses cuisses, sa partie intime, remonta sur son ventre et malaxa avec douceur sa poitrine.

Il plongea sa bouche dans son cou et déposa des baisers sensuels, il lécha son cou, happa sa peau et vint prendre plaisir à la création d'un suçon.

Excité par cette marque, il défit le haut de son élève et enleva son propre tee-shirt. Leur peau se mêlait enfin, et une chaleur se glissa dans leurs reins.

Il en voulait toujours plus, elle était tellement désirable, il enleva son soutien-gorge et vint déguster cette poitrine attrayante. Il joua avec ses seins, chatouilla ses tétons avec sa langue, il savait que c'était son point faible, elle gémissait fortement à cette caresse.

Tout en caressant son dos, il déposa des chemins de baisers sur son ventre. Arrivé à ce point, il voulait tout de suite goûter à son péché. Il enleva donc ce pantalon et la culotte.

- Euh… Monsieur… Rougit-elle

- Je meurs d'envie de le faire ici… Dit-il capturant ses lèvres

Hinata fut complètement transportée par le regard bouillant de Naruto. Il était en transe.

Il l'allongea quelque peu, écarta ses cuisses et commença sa délicieuse torture.

Hinata se crispa, elle se tordait, elle soufflait son plaisir, gémissait son bien-être, sa voix suave remplissait de chaleur Naruto. Elle était tellement réceptive à ce qu'il lui donnait. Il donnait avec envie et recevait avec sincérité. Elle était parfaite.

N'arrêtant son régal, il défit les boutons de son pantalon et le fit glisser. Puis, il ôta son boxer et effleura sa fierté gonflée depuis leur premier baiser.

Sentant Hinata gémir de son être, il cessa sa torture et vint embrasser goulûment son élève. Il caressa son corps dont la peau était infiniment douce. Il la serra contre lui, et la porta afin de la poser encore plus sur le bord.

- Euh…

- J'ai envie de le faire ici… Dit-il charmeur

- Hum…

Naruto lui souriait et vint dévorer sa gorge. Il posa sa main sur sa fierté qu'il guida vers l'antre de sa dulcinée. Il poussa lentement vers ce fruit juteux et échappa un grognement de plénitude en sentant son union. Il commença de léger va et vient, il aimait voir rougir Hinata, voir son visage s'alléger de sensation, elle mordit sa lèvre discrètement, recula son corps, sa tête, elle se cacherait si elle le pouvait. Elle était désirable à souhait.

Il ne put retenir plus longtemps sa rage de la conquérir, il chopa les hanches de son élève et accéléra son fastidieux mouvement. La position le mit en transe, il dominait cette merveille à la perfection, Ô combien elle était savoureuse, et Ô combien il était plus que bon de la posséder.

Quelques minutes de passées et Hinata ne sentait plus son dos. Elle se redressa légèrement, se pencha en avant et s'écrasa dans les bras de Naruto. Le jeune homme sourit, il ressentait son épuisement. Peut-importe, il ne se jugea pas vaincu. Il la porta contre lui, ne quittant son être. Il s'assoit par terre et assoit Hinata sur lui.

- Monsieur…

- Hinata…

La jeune fille n'aurait jamais pensé échanger son corps dans sa cuisine, assise au sol, sur son professeur. Il était difficile pour elle de s'avouer que le moment était particulièrement excitant, son professeur était un intrépide amant. Tellement goûteux et tendre. Elle sentait ses mains parcourir son dos, elle sentait ses cuisses frotter contre ses jambes, ses coups de reins étaient précis et vifs, c'était l'extase.

Elle vint plonger sa tête dans son cou et versa des larmes de plénitude. Naruto la serra davantage contre lui, son cœur bondit étrangement, il était profondément bien et heureux. Amplement qu'il commença à craquer.

Il accéléra encore, alla plus vite, très vite, jusqu'à l'épuisement total.

- Mmh… Monsieur…

- Hinata, tu peux dire mon prénom dans l'intimité…

- Euh…

Hinata fut fortement déstabilisée. Elle ne pouvait se permettre une telle familiarité.

- S'il te plait… Gémit mon nom… Supplie presque Naruto

La jeune fille faillit à cette demande.

- Mmh… Na… Naru…

Comme il était difficile de prononcer son prénom. Elle était intimidée, mais aussi intriguée de l'effet que fera la prononciation de son prénom.

- Na… Naruto… Encore… Rajoute celle-ci sous la panique

Le ventre de Naruto se gonfla, sa colonne vertébrale trembla, son échine jubila, son cœur palpita. Il attrapa de ses deux mains la chevelure de Hinata et l'embrassa langoureusement. Il mêla avec passion leurs lèvres et leur langue.

Il gémissait, elle sanglotait, il poussa un dernier coup de rein fatal et les deux amants s'écroulèrent sous le poids de l'orgasme.

Son prénom prononcé avec tant de désir, d'envie, elle ne voulait que lui, quel bonheur. Il la prit dans ses bras, caressa son dos, embrassa son épaule et reprit son souffle. Hinata était transportée au plus au point, elle serra le cou de son professeur et profita de cet instant qui leur appartenait.

Reposé, Naruto se releva, il embrassa Hinata langoureusement.

- Ça n'a jamais était aussi bon… Confit ce dernier

- Euh…

- Toutes amantes confondues… Murmure ce dernier, se relevant

Hinata resta stoïque d'une telle déclaration. Elle touchait la jeune fille, mais l'inquiéta aussi.

Pourquoi fallait-il toujours que lorsque tout paraissait parfait, des doutes s'installaient perpétuellement en elle. Il ne serait ensemble juste parce qu'elle remplaçait à la perfection sa femme, en sentiment et au « lit ». Elle n'était qu'espérance, que sûreté pour Naruto d'être au moins une fois aimé.

Naruto partit dans la salle de bain et prit sa douche.

Hinata s'attrista, elle enfila sa culotte et son tee-shirt et partit s'allonger dans son lit.

Elle s'endormit, peinée, blessée.

Elle bougea, gigota, se retourna dans son lit et cogna quelque chose. Elle ouvrit ses yeux lentement et aperçoit un corps près d'elle.

Son professeur.

- Monsieur… ? Dit-elle se relevant

- Tu es réveillée…

- Quelle heure est-il… ?

- Huit heures !

- Huit heures ?! Mais que faites-vous encore là ?!

- Je voulais rester avec toi…

- Ah… ? Rougit-elle

- Tu as l'air d'un bébé lorsque tu dors… Sourit-il charmeur, caressant son bras

- Hum… ? Votre femme ne va pas s'inquiéter… !

- Ma femme ne s'inquiète jamais pour moi, et puis, je m'en fiche un peu… Dit-il se rasseyant confortablement

- …

- Hinata…

- Vous savez ! Je… Je ne veux pas être une roue de secours ! Je sais que je vous ennuie avec ça, que je devrais assumer, mais… Mais…

Naruto avait posé ses affaires sur la table de nuit. Il s'était rapproché de Hinata et vint l'embrasser à cette confession monstrueuse. Il s'allongea sur elle et dansa avec ses lèvres tout en caressant sa joue.

- Hinata, je comprends que tu doutes… Je ne sais toujours pas ce que je ressens pour toi, mais je suis bien avec toi, non pas par sûreté, ou par sécurité et je ne te considère absolument pas comme une roue de secours ! Tu es… Tu es un bonheur infini, avec toi je suis bien, je suis moi-même…

Hinata se sentit subitement honteuse. Elle ne cessait de se poser des questions, fâcheuses, elle se torturait elle-même.

- Je sais que c'est une situation… Délicate, mais… J'aimerais que des instants comme ça ne se terminent jamais… Dit-il l'embrassant

Comblée, Hinata entoura le cou de son professeur et colla son corps davantage sur elle.

- Vous êtes donc aussi un romantique… Rit-elle moqueuse

- Évidement ! Répond ce dernier fièrement

- Je vois ça…

- Hinata, une autre requête romantique… J'aimerais bien que tu me tutoies dans l'intimité…

- Euh… ?

- Je trouve ça vraiment excitant que tu me vouvoies… Dit-il d'un ton coquin. Mais, j'ai vraiment été encore plus comblé tout à l'heure lorsque tu as prononcé mon prénom… Finit-il en l'embrassant

- Je… Je ne sais pas si c'est une bonne idée…

- Pourquoi… ? Demande ce dernier volant sans cesse de chastes baisers

- J'aurais peur de vous tutoyer aussi en cours !

- Tu es une fille intelligente, tu sauras faire la différence…

- Euh… Je ne sais pas… C'est délicat…

- Je me doute bien que ça ne va pas venir tout de suite, mais pense s'y…

- Oui…

Naruto embrassa de nouveau Hinata. Il joua suavement avec sa langue, caressa son corps avec le sien, entremêla passionnément leurs jambes. Ils restèrent plusieurs minutes dans cette pause, quand le ventre de Naruto cria famine. Hinata se détacha de ses lèvres et rit.

- Vous avez faim…

- Un peu ! Rougit-il avec son grand sourire

- Je vais préparer un dîner…

- Non, ne t'embête pas…

- Ça ne me gêne pas… Insiste celle-ci sous les cris bruyants du ventre de son professeur

- D'accord, c'est gentil… Mais fait quelque chose qu'on peut manger dans le lit ! Dit-il l'air coquin

- Je suis étudiante, tous les étudiants ont quelque chose qui se mange dans le lit ! Sourit-elle moqueuse

- Ah bon… Même toi… ? Sourit-il charmé

- Oui…

Naruto sourit devant le visage remplit de sagesse de cette charmante jeune fille. Il l'embrassa tendrement et la laissa s'échapper du lit.

Hinata se rendit dans son coin cuisine. Elle chopa deux bols de nouilles à préparer en quelques minutes. Prêt, elle retourna dans le lit avec son professeur.

- Tenez…

- Merci…

Hinata en pleurerait. Elle appréciait ce moment niais et simple, mais embellissant. Il était bon de se retrouver à deux, simplement, profitant de l'instant présent, savourant la personne que l'on aime. Hinata se trouva subitement chanceuse.

Elle l'observa avec délicatesse. Il paraissait concentrer devant tous ces papiers, dégustant son plat, il paraissait détendu, il était incroyablement beau en ce moment. Elle s'approcha de lui comme un aimant, écrasant sa poitrine contre son bras et voulait absolument s'intéresser encore plus à lui.

- Qu'est-ce que vous faites… ?

- Ah, je prépare vos consignes pour votre fin d'étude…

- Euh… ?

- Vous allez devoir faire une sorte de mémoire, un sujet d'étude sur votre orientation l'année prochaine pour que vous puissiez être admis dans vos filières…

- Oui, c'est vrai…

- Pourquoi fais-tu cette tête… ?

- Je ne sais même pas ce que je veux faire plus tard… Comment savoir la filière que je veux choisir… Et encore plus le sujet…

- Tu es un peu jeune encore pour savoir ça…

- Mais pourtant on nous demande de choisir dès cette année…

- Tu sais quand j'étais jeune, je voulais être dans l'humanitaire… Faire le tour du monde et aider !

- Pourquoi avoir choisit d'être professeur dans ce cas… ?

- Parce que ma femme ne voulait pas que je parte à l'autre bout du monde !

- Ah… Je la comprends… Dit-elle se détachant de lui

Naruto remarqua cet éloignement soudain. Il devrait savoir que les femmes n'aimaient pas qu'un homme parle d'autre femme, et encore moins lorsqu'on portait le statut de « maîtresse ».

- Hinata…

- Mh… ?

- J'ai bien fait de rester… J'aime mon métier, j'aime enseigner, et j'aime les rencontres que j'ai fais grâce à ça… Dit-il la regardant avec insistance

Hinata rougit, cette réponse valait du réconfort dans le cœur de la jeune fille. Mais n'était-ce pas égoïste que de sacrifier son rêve par amour. Même si elle comprenait le choix de son professeur, il semblait parfois regretter sa décision, surtout la façon qu'il avait de s'exprimer et de penser de la moitié de ce monde qui tournait à l'envers, dans le désarroi.

Elle sourit, encore plus amoureuse.

- Finalement, j'ai peut-être trouvé un sujet… Sourit-elle fièrement

- Tant mieux… Mais avec qui je vais te mettre… ?

- Hum ?

- Je voudrais que vous soyez deux pour faire ce projet, c'est toujours plus facile et puis vous pouvez vous entraîner entre vous !

- Tu peux me mettre avec Kiba…

- Oh oui c'est une bonne idée, comme ça il fera de toi sa sexe-partenaire !

- Quoi ?! Rougit-elle fortement

- Je n'ai pas été clair ! Tu ne t'approches pas de lui ! Je suis sérieux !

- Oui…

Hinata vit une incroyable jalousie dans le regard de Naruto, et un corps qui se gonfla de possession. Défaut ou qualité, humainement, elle appréciait ces deux sentiments.

- Promis… Dit-elle, osant lui voler un baiser

- Bien… Je pense que je vais te mettre avec Shikamaru, si je le mets avec Temari, ils joueront vraiment au sexe-partenaire ! Rit-il moqueur

- Comment vous parlez de vos élèves !

- Ça va, j'ai eu leur âge !

- Vous n'êtes surtout pas plus vieux que la grande partie d'entre nous ! Sourit-elle pour le taquiner

Naruto était charmé par cette moquerie, Hinata savait donc être douce et avait un humour fin. Il était de plus en plus attiré par cette jeune fille. Il vint l'embrasser, passionnément.

- C'est juste… Sourit-il vaincu

- Et… Karin avec qui l'avez-vous mit… ?

- Avec Temari !

- Et Suigetsu… ?

- Kiba !

- Et… Pourquoi ne pas échanger…

- Ah, tu veux vraiment être avec Kiba… !

- Mais non, je parle pour Karin…

- Je ne comprends pas…

- Vous… Vous ne pourriez pas les mettre ensembles… Demande celle-ci gênée

- Tu te sers de moi et de mon statut de professeur pour les caser !

- Bah, euh, c'est-à-dire… Rougit-elle

- C'est d'accord à une condition… !

- Ah, laquelle… ?

Naruto posa toutes ses affaires, il attrapa Hinata par le bras et la posa assise sur lui. Il prit son visage en coupe et lui demanda de sa voix la plus charmeuse.

- Demain et les jours suivants, lorsque je te ferais l'amour, je veux que tu me tutoies…

- Hum… C'est une requête étrange…

- Peut-être, mais c'est la requête que je souhaite…

- Euh, oui… D'accord…

Naruto sourit ravi que sa dulcinée accepte sa proposition.

- Au fait, si nous somme en groupe, comment… Comment…

- Comment on fera pour se voir… ?

- Oui…

- Tes soirées vont être longues et chargées, mais je viendrais dès que tu auras fini avec Shikamaru…

- D'accord…

- Je vais te donner mon numéro, tu n'auras qu'à m'appeler… Dit-il prenant son mobile

- Oui…

Hinata prit également son mobile et nota le numéro de téléphone de son professeur.

- Je pourrais t'envoyer des messages coquins comme ça ! Dit-il pour la taquiner

- Quoi ?!

- Je plaisante… Quoi que ! Au fait ! Regarde !

- Mh… ?

Naruto montra son mobile et sa page de répertoire. Le cœur de Hinata fit un bon.

- Je t'ai noté à ton prénom… Fais-en de même, car j'assume pleinement ce que l'on vit tous les deux…

- …

Son cœur s'emballa, encore et toujours plus pour Naruto. Il voulait donc ainsi chasser les doutes qui étaient en perpétuelle conflit avec elle-même. Ce choix de vie était difficile à vivre, à vaincre au quotidien, vivre au jour le jour n'était pas réellement son mot d'ordre, mais elle allait devoir s'en contenter un long moment.

- Ah… Il faut que je parte… Dit-il voyant l'heure s'afficher

Naruto embrassa Hinata sur le nez et sortit du lit. Il se vêtit et avant de quitter la pièce, il embrassa une dernière fois son élève.

- À demain…

- Oui…

Hinata regarda son professeur s'en aller, avec un pincement au cœur comme à chacun de ses départs. Elle se rallongea dans son lit, pensant à l'ensemble de cette soirée divine. Elle voudrait que chaque soirée leur appartienne, qu'ils restent ensemble jusqu'au premier rayon de soleil.

Décidément, il était difficile de se résigner, quand un sourire illuminait son visage, une pensée grise atteignait son raisonnement.

Est-ce que Hinata aurait assez de force pour survivre dans cette « utopique » idylle.

Naruto était en route vers chez lui. Il n'avait aucun mal de ventre, ni aucun remord à affronter le regard interrogateur de Sakura. Cependant, il avait constaté qu'aucun message, ni appel manqué ne s'étaient affichés, elle ne s'inquiétait donc pas pour lui, ne se demandait pas ce qu'il faisait, avec qui il était, elle le pensait au dessus de toute tromperie, sûrement.

Il pénétra chez lui. Sakura était devant la télévision, dévorant des bonbons. Elle semblait concentrée devant son émission. Il s'avança, doucement et l'observa jusqu'à ce qu'elle s'aperçoive qu'il était là.

Elle mit du temps avant de se retourner et de constater que son mari était présent.

- Bonsoir… Dit-il simplement

- Salut… Tu veux des bonbons !

- J'aurais préféré un baiser…

- Tu n'es jamais content ! Dit-elle s'avançant pour l'embrasser

- Tu ne me demandes pas où j'étais ?!

- Sûrement en train de perdre ton temps avec ton élève vu l'heure qu'il est !

- Je ne perds pas mon temps Sakura… Dit-il s'asseyant à ses côtés

- Ça fait plusieurs semaines maintenant que tu lui donnes des cours particuliers, et son niveau en anglais est égal à celui d'un enfant de dix ans !

- Tu n'exagères pas quand même !

- Oh, je n'en sais rien, je suis énervée aujourd'hui…

- Ah oui… ? Et pourquoi… ?

Naruto savait pourquoi. Ayame, le seul et unique amour de Sasuke était de nouveau en ville, travaillant sur le même lieu de travail, et Sakura ignorait un détail assez pertinent, par ailleurs, il s'inquiétait fortement, aujourd'hui elle paraissait irritée, ennuyée, mais lorsqu'elle apprendra le détail qui changera la vie d'Ayame et Sasuke, elle ne s'en remettra jamais.

- Allez, viens là… Dit-il ouvrant ses bras.

Sakura allongea ses jambes sur le canapé, et vint poser sa tête contre le buste de Naruto. Il était bien ainsi, pourquoi ne montrait-elle pas plus de signe d'affection comme celui-ci. Un moment simple, mais remplit d'amour, il ne demanderait pas plus. Égoïstement, il aimerait que cette situation reste ainsi, dans le doute de chacun pour qu'il puisse puiser toute l'affection possible à sa femme.

- On est bien là, non… ? Demande ce dernier

- Oui… Dit-elle se serrant encore plus contre lui

Ils regardèrent tous deux la télévision tardivement. Le moment était silencieux, mais apaisant. Sakura ressentit soudainement l'envie de dormir, ils partirent donc se coucher ensemble. La jeune femme vint se blottir dans les bras de son mari et lui souhaita une bonne nuit.

- Toi aussi…

Naruto caressa le bras de sa femme. Ses pensées l'envahissaient et l'empêchaient de s'endormir. Il avait mal au ventre, mal à la tête, mal au cœur. Il fut pris de nausée, et avait une subite envie de pleurer.

Le moment divin avec Hinata et Sakura était en train de se mélanger, de se confondre. Il n'était pas bien, une envie de crier se maintenait dans sa gorge, et ses membres se durcissaient de panique.

Il ne pensait pas que tromper deux femmes en même temps serait autant éprouvant. Comment faisait Sakura pour supporter ça sans jamais montrer un geste de faiblesse, de regret, elle ne paraissait ni angoissée, ni torturée.

Il rit discrètement subitement, il savait pourquoi sa femme ne se détruisait pas à petit feu, c'est parce qu'elle ne l'aimait pas. Naruto était amoureux de Sakura et subissait les effets de trahir une personne que l'on aime.

Et Hinata.

Sa tendre Hinata, aurait-il plus de sentiment pour cette jeune femme pour souffrir autant… ? Où était-ce juste de la pitié, de la compassion.

Il transpira à grosses gouttes. Il n'en pouvait plus et sortit du lit discrètement. Il s'enfuit dans la salle de bain et éclata en sanglot comme un gros chagrin retenu depuis des années. Il cogna les murs, les meubles, il avait mal, si mal, tout le tord de l'intérieur, chaque grain de peau était assiégé de coupure piquante. Son cœur fébrile comme l'annonce d'un arrête cardiaque.

Le poids de la culpabilité, du mensonge, de la trahison, de la tromperie l'écrasaient comme la dernière ordure de cette terre.

Sakura, Hinata.

Deux femmes qui feront céder sa vie.

Il s'écroula au sol, tenant sa tête afin quelle n'implose de cette fâcheuse réalité.

Il était seul face à lui-même.

Sasuke ne cessait de tourner dans son lit. Le sommeil ne voulait se gâter de lui. Il s'assoit et alluma la lumière. Il prit un bouquin, qu'il ouvrit et ferma en moins de trente secondes. Il souffla, et partit finalement trouver ce qui l'intéressait réellement, un album photo.

Il le prit et repartit dans son lit. Il ouvrit ce livre à souvenir et le regarda avec plaisir.

Il n'était pas photo et encore moins tout ce qui se référait aux souvenirs que l'on garde précieusement comme pour garder une mémoire de moment agréable. « Il nous aide à aller mieux, à avancer » disait Ayame sans cesse. C'est elle qui lui avait offert cet album photo, pour leur dernière année de faculté ensemble.

Il parcourait les pages et tombait surtout sur des photos de Naruto et lui-même. On les appelait « le vieux couple » depuis le collège, toujours ensemble, presque inséparable, Ayame bénissait cette amitié.

Enfin des photos d'elle. Ayame était sublime, une beauté que l'on croise une fois et dont on se souvient longtemps. Non pas pour sa beauté physique bien qu'elle soit magnifique il n'y avait pas que ça chez elle, comme si toute sa beauté intérieure se nichait dans ses yeux, son regard, sa bouche, son nez, ses joues, elle était un mystère entier tout en étant descriptible.

Il était tombé sous son charme calme et doux. Elle était simple, apaisante, toutes les questions avaient des réponses pour elle, chaque personne avait son brin de générosité, elle voyait le monde dans un idéal, mais raisonnable à la fois.

La dernière photo fit basculer le cœur de Sasuke. Cette photo n'était que pour lui, la seule photo où on les voyait ensemble, rien que tous les deux. Elle sourit, heureuse et épanouit, elle tenait son bras comme si le Ciel pouvait les séparer, et se fut le cas.

Sasuke avait eu la mauvaise idée de l'inviter à réviser chez lui un après-midi. Une tempête faisait rage, et son frère ainé n'avait pu partir au travail. Il était donc restait avec eux, et Itachi s'était emparé de cette jeune femme exceptionnelle.

Quatre mois plus tard, il formait un couple.

Itachi était tout ce que Sasuke n'était pas. Brillant, ambitieux, courageux, désireux, débordant de dévouement, il avait déjà un travail, et ne sortait pas à tout va, ramenant un bon nombre de fille pour se divertir. Son frère inspirait la confiance à tous points de vue et,

Elle avait succombé.

Cependant, un lien entre Sasuke et Ayame s'était crée. Un lien fort et unis. Ils se connaissaient par cœur, anticipaient les dires de l'autre, jusqu'à lire dans leurs propres pensées. Sasuke se permettait de rêver à ses côtés, d'espérer, de savourer un moment, un geste, un dire. Il ne haïssait plus la sensibilité, il dévorait ce sentiment auprès d'elle.

Il connaissait la moindre de ses mimiques, de ses mots favoris, ce qu'elle aimait et détestait. Il savait sa façon de se vêtir.

Et ce parfum. Ce parfum qui le rendait ivre.

Ivre d'amour.

Il était tombé amoureux sans le savoir, sans le comprendre, comment avait-il fait pour succombé… ?

Il était tombé dans la déchéance de l'amour sans pouvoir en croquer le fruit.

Excepté cette nuit.

Cette seule et unique nuit.

Cinq années plus tôt.

Sasuke avait du mal à assimiler la demande de son amie. Avait-il bien entendu… ?

- Je veux passer ma dernière nuit avec toi…

- Ayame…

- Je sais… C'est dingue… Je vais me marier demain et je demande au frère de mon fiancé de me faire l'amour… ! Rit-elle nerveusement

- Ayame, je ne vois pas ce qu'il y a de drôle…

- Je sais… S'attriste celle-ci soudainement

- Rentre chez toi Ayame !

Sasuke se leva subitement. Il laissa un billet sur la table et sortit du café. Ayame le poursuivit dans la ville. Elle le rattrapa et lui fit volte-face.

- Sasuke !

- Ayame ! Rentre chez toi ! Sérieusement !

- Sasuke, s'il te plaît, ne me fuis pas… Sanglote celle-ci

- Ce n'est pas un jeu Ayame… Ne joue pas avec moi !

- Jamais ! Jamais je ne ferais ça !

- Je t'en pris Ayame… Tu as décidé à te marier avec mon frère, je ne veux pas être ton amant, je ne veux pas le trahir, et je ne veux pas profiter d'une seule nuit avec toi !

- Sasuke… Pardonne-moi d'être égoïste pour une fois…

- Quoi ?

Ayame prit son visage en coupe et embrassa fougueusement Sasuke. Le jeune homme en perdit l'équilibre et vint s'écraser contre le mur. Son amie vint moudre son corps au sien, il entendait les battements de son cœur, il sentait ses mains trembler, ses yeux faire glisser des larmes, elle paraissait si fragile en cet instant qu'il ne parvenait à réaliser que Ayame l'embrassait.

Elle insista. Elle attrapa ses bras et vint les positionner sur ses hanches, puis glisser les siens derrière sa nuque et plongea une main dans sa chevelure corbeau.

Le corps de Sasuke faiblissait. Comment résister à l'envie de l'être aimé. Il glissa ses mains dans son dos et la serra fort contre lui. Il ferma ses yeux et se laissa entraîner au rythme des battements de son cœur.

La tension étant trop palpable entre eux, leurs jambes avaient réussis à les mener jusqu'à un hôtel.

La porte à peine fermée, ils défirent leurs vêtements. Blouson, haut, pantalon, et se jetèrent sur le lit. Ils ne cessaient de s'embrasser, de goûter à la saveur de la danse de leur langue. Ayame caressa la joue de Sasuke, une tendresse infinie et dévouée à cet homme.

Ils profitaient de la présence de l'autre, caressant leur corps, embrassant chaque parcelle de grain de peau qu'ils pouvaient. Sasuke bascula sur Ayame et savoura cette femme.

Combien d'année, de mois, de jour avait-il compté avant de voir un jour son fantasme se réaliser. La femme qu'il aimait, était à lui, rien qu'à lui. Elle le rendait fou, elle le faisait sentir homme, l'homme qu'il était sans aucun superficiel.

Sasuke défit enfin les sous-vêtements de sa bien-aimée. Il voulait observer son corps, apprendre chaque pincement de peau, la forme de ses seins, la ligne de ses hanches, la rondeur de ses fesses, la longueur de ses jambes. Il enfouit sa tête dans son cou et la respira. Il voulait retenir cette odeur qu'il connaissait fort bien. Le parfum enivrait vos sens, il était le détail essentiel à la présence de la personne que vous aimait, elle restait sur vous comme une seconde peau, un souvenir sucré qui s'écrasait sur votre corps. Il la reconnaîtrait entre mille, lorsqu'elle s'approchait, il n'y avait pas que le bruit de ses talons, sa démarche sensuelle, son rire enfantin, ce parfum si suave qu'il aimait tant, il pourrait se nicher dans son cou des heures, et souhaitait mourir dans ses bras chauds et aromatisés.

Sa peau entière humait ce parfum désireux, ce naturel étouffant qu'elle dégageait, le rendait amoureux au premier regard.

Ayame se positionna de nouveau sur Sasuke. Elle ôta son boxer et se dirigea vers sa fierté de la façon la plus excitante. Elle joua, taquina, s'amusa avec la fierté de son amant, Sasuke ne l'imaginait pas aussi « coquine ». L'idée qu'elle puisse tromper Itachi n'était même pas envisageable, et pourtant elle se donnait à lui avec tout son cœur.

Elle était belle, elle portait bien cet air taquin qu'il dévorait de toute son âme.

Sur le point d'imploser dans la délicate bouche de sa bien-aimée, il vint chercher sa tête et l'embrassa langoureusement. C'était à lui de se donner à elle. Il embrassa son menton, son cou, son thorax, dévora sa poitrine et prit plaisir à la torturer, il descendit sur son ventre, joua avec son nombril et vint enfin posséder le fruit du péché.

Il s'amusait avec sa langue, la fit tournoyer tendrement, fortement, puis redevint doux. Elle se cambra, s'accrocha au drap, gémit haut et fort, elle en pleurait de bien-être et sentant son orgasme arriver, elle le retint.

- Sasuke… !

- Oui… ?

- Prends-moi maintenant… Dit-elle respirant difficilement

Sasuke remonta vers son visage, et vint défendre de ce mot « vulgaire » qu'elle venait de prononcer.

- Ayame… Je ne veux pas te prendre… Tu n'es pas la fille d'un soir…

- Je sais ! Mais tu ne sais même pas à quel point j'ai envie de toi… Sanglote celle-ci

- Ayame, pourquoi pleures-tu… ?

- Parce que j'ai mal… Parce que je vis la plus belle nuit de ma vie pour retourner dans une vie considérée de carré demain ! Parce que je suis amoureuse de toi, mais que je veux épouser ton frère… Parce que je te fais du mal, parce que je fais des bêtises, alors que tout pourrait être simple… Mais je ne peux pas, j'ai peur Sasuke, j'ai peur, je suis désolée…

- Chut… Calme-toi… Ne gâchons pas notre nuit…

Sasuke savait qu'il n'aurait jamais la chance de vivre avec la femme qu'il aimait, il savait que les blessures de Ayame étaient trop profondes pour suivre son instinct, alors, même dans la plus grande des douleurs, il se satisferait de cette nuit.

Il l'embrassa amoureusement et s'unit à elle. Le plaisir était trop intense, ils s'embrassaient de façon gourmande, serrant leur corps l'un contre l'autre, jusqu'à en couper leur souffle. Ils bougeaient tous les deux leurs reins, voulant dominer le premier, avoir le contrôle, posséder plus fort.

Leur voix ne put qu'échapper des gémissements de plaisir absolu. Ils étaient en phase, en osmose, une alchimie complète se propageait, ils étaient un.

Les murs de cette chambre resteront seuls témoins de leur amour.

Des minutes, et des minutes qu'ils s'épuisaient à donner du bien-être à l'autre. Nul ne voulait s'arrêter, ils ne voulaient cesser ce moment prodigieux, unique, délectable.

Sasuke s'assoit et posa son corps contre le dos du lit. Ayame était sur lui, sur son corps se posaient des goûtes d'eau translucide, elle remuait à la perfection ses hanches, mettant sa tête en arrière, balançant ses cheveux de manière érotique, il en perdit la raison. Et dans un dernier coup de rein, ils délivrèrent leur orgasme.

Sasuke se posa au dessus d'elle et vint l'embrasser.

- Tu étais saoul pour faire ça non… ? Demande ce dernier de façon ironique

- Oui, un peu… Rit-elle

Ayame se posent dans les bras de Sasuke et laisse le sommeil la gagner.

- Tu me laisses déjà… Souffle Sasuke

- …

- Ayame… Tu sais que je suis capable de t'emmener loin, de t'offrir une belle vie, ensemble on pourrait tout faire…

- …

- Ayame…

Aucune réponse de la jeune femme. Elle s'était endormie et pensait déjà au lendemain. Sasuke la cala dans ses bras et caressa ses cheveux. Il savait qu'elle ne dormait pas, qu'elle l'avait entendu, mais ne répondrait jamais à sa proposition, elle avait trop peur.

Sasuke l'embrassa sur le front et glissa ses mots.

- Je t'aime… Ayame…

Sasuke mordit ses lèvres et ferma l'album photo.

Ayame avait eu une enfance difficile. Orpheline, élevée par quatre familles différentes, elle avait dû se battre pour trouver sa place, une identité. Elle avait travaillé d'arrache-pied pour se payer une bonne université.

Détruite par son enfance, Ayame était une femme droite, aux valeurs et principes rudes. Elle n'aimait pas l'instabilité, elle aimait savoir où elle allait, avec qui, comment, par quel moyen, elle détestait les gens instables, ne sachant définir leur vie. Elle était maniaque, précise, jamais indécise, toujours sérieuse et raisonnable. Elle détestait les imprévus, elle ne pouvait considérer qu'on vive au jour le jour, elle était organisée, trop organisée, même dans ses sentiments.

Et malgré tous ces défauts justifiés, Sasuke était tombé amoureux de son contraire. Bien que trop exigeante, Ayame restait gentille, généreuse, amusante, calme, tranquille, elle était une sûreté pour cet homme éparpillé.

Et pourtant,

Itachi était l'homme parfait pour elle, la sécurité parfaite.

Et Sasuke, le déséquilibre total.

Après toutes ces années, pourquoi était-elle revenue… ?

Il avait à peine reconnue son sourire, elle avait baissé les armes, supprimant cette bulle autour d'elle.

Peut-être qu'Itachi avait réussi à l'épanouir, la rendre heureuse.

Oui ?

C'était sûrement ça.

Sasuke jeta l'album photo par terre, il éteignit la lumière, et s'allongea dans son lit en se disant que,

Rien d'autre n'était à espérer.