Chapitre 12 : La vérité, puis toi…
Nuage de fumée au parfum de nicotine. Naruto marchait dans le brouillard depuis plusieurs jours, et cette matinée de reprise du travail après les vacances de Noël étaient difficiles. La cadence du quotidien avait repris son cour de manière cruelle. Ces deux semaines n'avaient pas été anodines pour le cœur dissipé du professeur. Ce n'était pas l'approche des partiels de ses élèves qui le perturbait, non, c'était cette inévitable douleur qui se propageait dans son cœur depuis que la nouvelle année avait sonné. Un venin si puissant que son rythme cardiaque se ralentissait de jour en jour. Le diagnostic ? Le mensonge. Il se méprisait, un simple baiser échangé avec sa femme pendant qu'il était au téléphone avec Hinata, avait suffi pour le faire remonter dans le temps, et réaliser son acte, la trahison.
Un ange était venu lui conter les faits, et la sentence fut sans appel pour l'homme respectueux et respecté qu'il était Naruto ne valait pas mieux que sa femme. C'était douloureux rien que d'y penser, pendant qu'Hinata lui souhaitait une belle et heureuse année au téléphone, sa femme s'était jetée à son cou, l'embrassant fougueusement, alors qu'il s'était réfugié sur le balcon pour partager un peu d'intimité avec son amante. Est-ce qu'Hinata avait entendu le son des lèvres de sa femme qui se décollaient des siennes, osant prononcer un « bonne année mon amour ».
« Mon amour », intérieurement il avait ri, jamais Sakura ne lui avait donné de surnom, excepté « chéri » à de rares moments, certainement ceux où elle culpabilisait bien trop.
Son sang s'était glacé, il ne savait plus quoi dire, ni que faire, une pierre s'était écrasée sur sa tête, comme un mauvais pressage. Il avait raccroché, brutalement, ses entrailles le tordant de douleur, valant une nausée qui ne voulait plus s'arrêter. Dès le lendemain, il avait pris un sac avec des affaires et s'étaient réfugié chez Tsunade, partant dans un mutisme incontrôlable.
Tsunade s'inquiétait, il avait frappé à sa porte, pâle comme un linge, sans dire mot, il avait juste mit sous les yeux de sa mère de cœur, un sac rempli d'affaire sous son nez, comme pour lui indiquer qu'il ne resterait pas qu'une seule nuit, et souriant naïvement, il s'était enfermé dans sa chambre, et ne l'avait plus quitté. Il ne répondait pas à son téléphone qui ne cessait de recevoir des appels, de son amante certainement, sa femme ne devait même pas se questionner sur son départ, bien que. Le lundi au matin, jour de la reprise des cours, Sakura était venu chercher son mari pour la réunion de pré-rentrée. Il avait fallu cinq jours à cette femme pour réagir à l'absence non justifiée de son mari.
Naruto ne pouvait fuir ce geste attentif, car même s'il était apparu après plusieurs jours et suite à une obligation professionnelle, Sakura avait fait l'effort de venir en dehors de la ville pour le rejoindre. Ils étaient ainsi partis tous deux à l'université, dans une voiture qui n'en pouvait plus de ce silence macabre. Ces deux époux après tant année de mariage n'avait donc rien à se dire, même les banalités semblaient rire de ce couple. Sakura triturait ses doigts, rongeaient ses ongles, et ce geste nerveux poussa Naruto à accommoder à sa femme un geste tendre. Il prit sa main et embrassa sa paume, puis il posa cette dernière sur son genou, afin de sentir la chaleur de Sakura. Cependant, sa main était froide, dénuée de vie, elle était môle et ne semblait apprécier la place qu'elle occupait. S'arrêtant au feu tricolore, il posa son coude sur le siège où il déposa une tête pleine de remord sur son poing. De sa main gauche, il vient caresser le front de sa femme, et lui murmure,
- Tu es belle…
Sakura le regarda, penaude, mais émit un léger sourire. Elle prit sa main et l'enlaça avec la sienne, en lui répondant,
- Tu es gentil… Naruto…
Ils se sourirent, mais cet élan de joie n'avait rien de sincère. Ils se forcèrent, aucun ne voulait faire admettre à l'autre son mal être, ils étaient aimables, par respect de leur amitié, mais le temps fanait et une odeur de pourrie commençait à lasser leur âme. Toutefois, avant que pénitence ne soit prononcée, il fallait passer aux aveux, instant de vérité que chacun des deux époux semblaient visiblement prendre à reculons.
Il était donc ici en ce matin frissonnant, assis sur une brique, sur le toit de l'université, à fumer une cigarette, car il ne savait plus quel soulagement apporter à sa tête. S'apprêtant à tirer une latte, la drogue fut volée par Sasuke, tirant lui-même sur le filtre.
- On dirait une scène de yaoi ! Plaisanta Naruto
- Ton air sérieux me fait flipper depuis ce matin !
Ils se regardèrent, Sasuke essayant d'entendre ce que criaient les prisonniers de son esprit qui devaient se battre pour trouver la solution à ce poignard qu'il ne parvenait à sortir de son organe vitale. Il y aurait hémorragie, mais certainement que le philosophe qu'était son ami ne parvenait à l'assumer. Il était le brave type, Naruto, le conciliant, l'homme qui était capable de punir autrui sans souffrance, et Sasuke en était le parfait exemple. Quelle audace de la part de son meilleur ami de n'avoir donné qu'un seul coup de poing dans sa « gueule » comme châtiment. Le fiancé était dans une psychologie instable. Heureux avec Ayame, son bonheur avait souvent ce goût amer, une amertume qui ne voulait se détacher, car Naruto n'était toujours pas comblé, défait de son problème conjugal et Sasuke ne savait réellement quelle valeur avait toujours leur amitié. Sasuke était dans une constante incertitude, sentiment qu'il devait à Naruto, fier de sa sanction.
- Tu veux qu'on en parle ?! Questionna le brun
- Non… Mais merci…
- On devrait pourtant ! On ne se parle plus beaucoup !
- Toi, tu joues les hommes blessés maintenant… ?
- Tu fais chier !
Sasuke jeta la cigarette au sol qu'il écrasa avec colère, et s'apprêtait à quitter son ami, lorsque Naruto lui dicta,
- Je t'ai pardonné… Sasuke…
Il s'arrêta, net. Quelle mouche venait de piquer Naruto. Se retournant pour l'observer, le blond regardait vers l'horizon, en souriant. Était-il sincère ? Comment pouvait-il lui pardonner une telle trahison. Il était le co-auteur de son malheur, ils ne s'étaient guère expliqués, l'excuse de Sasuke étant des plus pitoyables, le retour d'Ayame avait-il gommé les méfaits ? Non, Sasuke comprenait, la seule personne qui ne pardonnait son acte, c'était lui-même. Le brun n'avait visiblement pas assumé son acte de tromperie, et la personne auprès de laquelle il devait émettre des explications et des excuses, c'était,
- Sakura… Je crois qu'elle aimerait que tu lui parles…
Sasuke partit, vexé, torturé, méprisé. Dans les couloirs où il ne savait quel lieu serait le mieux pour se cacher, il croisa Ayame qu'il négligea, sous l'incompréhension de sa fiancée. Croisant Naruto, l'allure de son ami ne paraissait pas anodine, et le tourment de son fiancé se trouvait dans le regard du professeur de philosophie. Ayame, se sentit soudainement, abattue.
Les yeux de Naruto ne purent que ressentir peine devant cette femme qui n'avait rien demandé. Elle subissait les dommages collatéraux de ce triangle amoureux, ou du moins de ce trio maladroit. Les conséquences, ils apparaissaient, douloureusement, le château de carte s'effondrait, et les reines de cœur n'en avaient pas terminé de souffrir et Ayame était loin d'être la plus exposée.
La cloche sonnant le début des cours, Naruto resta sur le pas de porte pour accueillir ses élèves et leur souhaiter une année riche en réussite et en santé essentiellement. Sans surprise, Hinata fut la dernière à rentrer en classe. Elle s'approchait de la salle, la tête en bas, marchant lentement, et les mains dans les poches, posture qui définissait son mal-être. Le cœur de Naruto rata un battement, observer ce soleil s'éteindre à cause de l'éclipse qui persistait à s'étendre dans sa vie le paralysait. Lorsque leur regard se croisa, il arrêta le temps, Chronos sentirait presque ces os craquer sous le poids de leur culpabilité. Naruto pour ses mensonges, Hinata dont l'amour n'était pas assez fort pour sauver cet homme en perdition. Libérant ses mains, elle s'avance devant son professeur, et le salua comme elle se le devait, en bonne élève respectueuse.
Quelle force, elle s'avança comme si cette scène ne venait pas de se produire, pour faire bonne figure devant son amie qui se lève, heureuse de la retrouver. Naruto s'assit à son bureau et commença son cours. Les examens auront bientôt lieu, et les jours à venir seraient cornéliens et fastidieux. Ce n'était donc pas la bonne période que Naruto avait choisi, mais il n'y pouvait rien, il n'aurait imaginé qu'un tel acte s'étant déroulé lors d'une soirée l'aurait traumatisé, achevé et secoué telle une vague qui vous emporte au large.
À l'heure du déjeuner, se baladant telle une âme en peine, Sasuke cherchait désespéramment Naruto. Ça le foutait en l'air de l'admettre, mais son ami était face à la vérité et emportait les protagonistes de cette histoire avec lui. Il fallait qu'il se confie, qu'il dise quelque chose, n'importe quoi. Sasuke partit directement sur les toits, mais aucune trace de Naruto. La cantine, la salle des professeurs, la salle de classe et même le bureau d'Ayame était vide de toute présence. Continuant son chemin, il descendit les escaliers pour se rendre à l'extérieur, mais dans sa descente, il tomba sur son élève, Hinata.
Elle était posément assise sur une marche, dans un courant d'air glacial, mais ne semblait visiblement aucunement gêné de ce mal, bien trop plongée dans le livre qu'elle était en train de dévorer.
- Hé !
- Oh ?! Monsieur Uchiha… Fut-elle surprise
- Vous ne pouvez pas aller à la bibliothèque pour lire ?! Disait-il comme une quiétude
- Hum… Je voulais… De l'intimité…
- Dans les marches d'un escalier ? Vous êtes bizarre Hy…
Arrivé en bas des escaliers, il continuait à parler à son élève, mais se fixa devant la couverture du livre qu'elle lisait. Des millénaires s'était passé entre le moment où Sasuke avait percuté quel était le titre de ce livre, et cette journée du vingt-six. Les membres de Sasuke s'engourdirent, il avait froid, et sentait sa tête se vider. Il ne pouvait plus bouger, même son âme était pétrifiée, telle le pouvoir de Médusa, il était devenu de pierre, mais il trouva le courage de prononcer toutefois trois mots, sous forme de question ? De réponse ?
- Vous lisez Rosinus…
Coïncidence ? Impossible. Elle était donc là, « l'amante ». Sasuke ne sentit plus les engourdissements, non, maintenant, le voilà qui se sentit léger, comme une nausée qui vous prévient de sa prochaine visite. Il avait plaisanté, poser des questions sur la – dite – maîtresse, mais jamais, Ô grand jamais, il n'aurait pensé à,
- Hinata ? Je te cherchais partout ! Sourit Kiba, s'installant à ses côtés
Il pâlit, la blancheur de l'hiver trouva refuge dans l'âme brisé de Sasuke. Il ne savait lequel des deux étaient le plus immatures et stupides. Il revoyait Naruto s'agiter comme un enfant à l'idée d'acheter le cadeau du siècle, et voilà que son comportement enfantin justifié le fait que son « amante » était encore une jeune enfant ! Quel âge avait-elle ? Vingt ans, vingt-et-un an ? Majeur ! Et alors ? Jeune, innocente, par-dessous tout naïve, il n'osait imaginer la nature de l'amour qu'elle lui portait, ses sentiments devaient rendre hilare la réalité. Beau, jeune, intelligent, cultivé, et son professeur par-dessous tout les fantasmes les plus utopiques devaient convaincre ces deux imbéciles qu'ils ne fautaient aucunement.
- Tout va bien Monsieur Uchiha ? Demanda Kiba
Sasuke se retourna, sans un mot, et comptait continuer son chemin avec le peu de force qui lui restait, toutefois, son cœur d'homme mal habile ne put s'empêcher de dire,
- Vous n'avez pas la tête un peu vide pour lire ce genre de livre difficile Hyûga !
Les deux élèves restèrent stupéfaits de la froideur de leur professeur. Bien qu'il ne soit souvent d'humeur aimable, cette réplique gratuite était mystérieuse. Passant outre, Kiba observa Hinata. Elle paraissait fatiguée, et le jeune homme se demandait toujours pourquoi, après minuit, elle avait fui de chez lui, pour ne plus donner signe de vie avant cette rentrée. Pâle, épuisée et éperdument triste, la lumière que dégageait systématiquement Hinata s'éteignit un peu plus à chaque minute. Kiba ne savait jamais comment aborder son amie, il ne lui cachait pas son attirance, et rare était les fois où les filles avait refusé ou effronté ses avances. Avec elle, s'était comme un défi ! Qu'est-ce qui pouvait faire succomber la troublante Hinata ? Que fallait-il dire, faire ou offrir à cette délicate fleur pour attirer son attention.
- Tu sais Hinata, c'est difficile d'admettre pour un mec qu'il a échoué !
- Mh… ?
- Arf ! Tu n'as pas l'air très sensible à mon charme ! Rit-il
Sortant de sa léthargie, Hinata réalisa subitement que Naruto avait raison, Kiba cherchait à la charmer. Sans plaisanter, et sans prétention, Kiba paraissait déçu, blessé ? Aurait-il imaginé une véritable relation entre eux ? Une histoire d'amour. Ils s'entendaient bien, riaient beaucoup ensemble, son ami contait toujours des récits farfelus pour l'amuser. C'était un beau garçon, sincère, spontané et il avait le sens de l'amitié. En soit, Kiba serait le parfait petit-ami malgré ses excès rarissime toutefois. Seulement,
- Il n'y a que deux solutions ! Ou tu es sacrément amoureuse d'un autre homme, ou alors, tu es lesbienne ! Dit-il en plaisantant
Hinata rougit, fortement, elle, aimait les femmes ? Quelle idée. Être déjà amoureuse ? Oui. Cependant, elle ne préférait pas y penser pour l'instant, et voulait réconforter l'égo de son ami. Elle repensa donc à la tête qu'avait faite en cet instant Kiba, en prononçant cette drôle de réflexion concernant son orientation sexuelle, et se mit à rire. Ce son fit sourire le garçon, qui depuis trop longtemps n'avait entendu tonalité joyeuse de la part d'Hinata.
- Il est évident que si je n'ai pas succombé à ton charme, c'est parce que j'aime les filles en secret ! Plaisanta Hinata
Kiba ria de nouveau, Hinata n'était pas la timide et pudique jeune fille qu'elle semblait vouloir faire croire. En réalité, elle était spontanée, taquine et aguicheuse, sans qu'elle en ait pleinement conscience.
- Tu sais… J'ai remarqué que tu me fuyais, mais je pensais que c'était parce que tu n'osais pas me dire « non »… Mais j'ai l'impression de t'apprendre quelque chose en te disant que… Tu me plaisais vraiment…
Confusion. Non. Parallèle. Évidement qu'elle fuyait Kiba, parce que Naruto lui demandait, parce qu'il lui interdisait de fréquenter son ami, de lui parler, et carrément de s'en approcher. Telle était l'impression donnée par un mensonge, agir selon les désirs cachés de l'autre, avant même que l'on ait compris les intentions du potentiel rival. Hinata n'avait jamais pensé que Kiba serait un prétendant, elle ne l'avait même pas remarqué, que les gestes affectifs de son ami n'étaient pas amical, mais concevait d'une approche charnelle. La jeune fille s'apercevait que tout ce qui l'entourait était vu par les yeux de Naruto, et non des siens. Elle dépendait de cette relation parce qu'elle était interdite, autrement dit, Hinata en concluait qu'elle avait joué avec le feu concernant Kiba et la jalousie de Naruto.
Que dire à présent ? Qu'elle avait une relation intime avec leur professeur et qu'il était tellement possessif qu'il défendait Hinata de s'approcher de Kiba ?! Qu'elle était aveuglément amoureuse de cet homme au point qu'elle en perdait le sens de toute réalité. Il rirait, serait mal à l'aise, et serait lui aussi complice de cette galéjade.
- Je…
- Arf, excuse-moi Hinata, je ne veux pas te mettre de pression ! Tout ce que je veux te dire c'est que… J'espère qu'on est ami ?!
- Oui, bien sûr… Répondit-elle souriante
Amis ? Quelle force aurait leur amitié si Kiba savait ce qu'elle faisait avec leur professeur de philosophie ? Il la jugerait ? La verrait différemment ? Mais que se passait-il ?! Pourquoi ce jour paraissait aussi sombre qu'une nuit de tempête. Était-ce parce que le rêve s'était achevé, et que le temps d'assumait les conséquences était venu les récupérer ? Frisson. Hinata trembla, et fut abattue si soudainement par ses pensées, qu'elle en laissa tomber son livre qui défila les marches, et elle posa sa tête sur l'épaule de Kiba, réclamant égoïstement un premier geste d'amitié, la consolation.
…..
Sasuke cherchait toujours Naruto dans les couloirs de l'université, mais c'était pour une différente raison cette fois-ci. Comment ?! Pourquoi ?! Elle, Hinata, son, non, leur élève ! Une étudiante, brillante, issue d'une famille qui serait capable de mettre Naruto dans une cage pour ne plus approcher la fille de l'influent Monsieur Hyûga. Qu'avait dans la tête son ami à l'instant même où il avait cru pouvoir toucher de manière intime leur élève, sans prendre en compte tout ce que cette relation influerait par la suite. Était-il soul ce jour-là, venait-il de succomber dans le plus profond des comas et décidait de faire « mieux » que sa femme en choisissant le meilleur ami de son mari, était-il en train de jouer à qui aurait le pire amant ? Quel abruti ! Quel démon avait autorisé Naruto à commettre l'irréparable, quels mots avaient utilisé ce suppôt de Satan pour convaincre son loyal ami. Il était l'homme le plus sérieux et généreux que cette terre portait sûrement, et cet enfant capricieux avait décidé que parce que c'était lui, il pouvait choisir d'infliger à une jeune fille pure et innocente, le droit de gâcher sa vie ?
Et elle, à ce propos, quel ange avait été assez stupide pour faire accepter à Hinata la situation ? Était-elle en réalité une peste dans un corps de poupée chaste ? Diable qu'il ne comprenait rien,
- Et merde ! Hurla ce dernier, affligeant un coup de poing au mur
- Sasuke !
Ayame se précipita sur son fiancé dont la main commençait déjà à saigner. Toutefois, l'enfer s'était emparé du paradis, et plus aucune source de lumière ne parvenait à se glisser. Sasuke repoussa sa fiancée et lui demanda furieux,
- Où est Naruto ?!
- Il… Il est partit… Ses cours finissaient tôt aujourd'hui…
- Je vois !
Sasuke s'éloigna d'Ayame, sans regard ni baiser. Elle qui avait fait des années d'étude pour essayer d'étudier, et tenter de comprendre la psychologie des autres, voilà des situations que même les scientifiques ne pourraient expliquer. Que se passait-il ? Pourquoi Sasuke semblait autant bouleversé ? Quels mots avaient-ils échangé avec Naruto pour être à ce point torturé ? L'atmosphère était morbide, comme si rien ne serait plus jamais comme avant.
…..
Arrivé trois heures, il fut temps pour Sasuke de quitter l'université et de partir à la recherche de son ami. Il l'appela, et à sa grande satisfaction, il décrocha. Naruto indiqua qu'il se trouvait chez Tsunade. Sous l'incompréhension du philosophe, le brun lui avait demandé de ne pas bouger, et de l'attendre de pied ferme. Le blond se demandait quelle mouche avait piqué Sasuke pour paraître si agacé et coléreux.
On sonna chez Tsunade, avec insistance. Ce fut la maîtresse des lieux qui vint ouvrir, mais à son grand regret, car n'avait-elle eu le temps de reconnaître Sasuke, qu'elle le vit se précipiter vers Naruto et lui infligea un coup de poing magistral, qui ensanglanta son tapis blanc et vit également un vase tomber et se briser, tellement de force dans le placage du corps de Naruto contre le mur habitait Sasuke. Il le tenait fermement par le tee-shirt, empêchant le blond de tenir son nez qui lui faisait atrocement mal désormais.
- Je vais te poser la question une fois Naruto ! Est-ce qu'Hinata Hyûga est ton amante ?!
Paralysie. Quand ? Comment ? Le nom de son amante diffusé dans la bouche de son ami lui donna des sueurs froides. Hinata. Ce prénom l'enivra et sans pouvoir donner d'explication, il ne parvenait à culpabiliser. Toutefois, son silence eut l'impact d'une réponse affirmative pour Sasuke, et une rage dont Sasuke n'avait nullement l'intention de maitriser, envahit sa fureur, et il se jeta de nouveau sur Naruto, en le poussant contre la porte d'une armoire.
- Sasuke, arrête ! S'apeura Tsunade
- Putain, mais il y a quoi dans ta tête ! Hinata Hyûga enfoiré !
- Mais qui est Hinata ? S'agaça subitement Tsunade
- Alors Naruto ! Qui est Hinata ?
Naruto essuya sa lèvre égratignée par la bordure du miroir qu'agrippait le meuble. Il regarda honteusement Tsunade et répondit inévitablement,
- C'est l'une de nos élèves…
- Qu… Quoi… ?
Sasuke applaudis, tout en pensant que le moment d'ironisait la situation serait la meilleure arme contre l'abruti qui était face à lui, mais s'était son compter les sentiments de Naruto que Sasuke avait omit d'impliquer.
- Bravo Naruto ! Tu as surpassé ta femme en couchant avec une élève !
- Arrête avec ce terme putain, je ne fais pas que coucher !
- Ah oui c'est vrai, j'avais oublié, tu lui donnes des cours particuliers ! Bah dit moi je ne savais pas qu'il y avait une spécialité rapport sexuelle cette année, j'espère qu'elle sera à la hauteur !
S'en était trop, Naruto monta à son tour dans une fureur incontrôlable et se fut Sasuke qui désormais, avait le menton en sang, devant une Tsunade qui ne parvenait plus à calmer le jeu, deux barbares étaient sous ses yeux.
- Respecte-la ! S'acharna Naruto
Sasuke lui infligea un nouveau coup de poing, mais Naruto lui sauta dessus, le plaquant au sol et lui donna une nouvelle blessure à la joue. Sasuke essaya de griffer son visage, mais Naruto agrippa son poignet et le serra de toutes ses forces comme pour expulser sa haine. Tsunade ne savait plus si elle devait rire ou appeler de l'aide, ces deux hommes se comportaient comme deux enfants qui se bagarraient pour un tour de balançoire. Mais visiblement, ces deux hommes avaient peine à échanger une virile conversation avec des mots, ici, s'étaient la déception du comportement de l'autre qui trônait.
- Tu crois que tu la respectes toi ?! Tu as pensé à ses sentiments, à son avenir !
- La ferme !
Sasuke réussi à tenir une emprise sur Naruto et le bascula à son tour au sol pour lui infliger un hématome de plus au niveau de l'œil. Le blond commençait à réellement méprisait l'hypocrisie de son ami, et lui, n'avait-il pas fait du tort à Sakura ? Ne sombrait-elle pas dans la dépression par sa faute ?! C'est lui qui avait osé retrouver Ayame avant même d'avoir régler ses propres soucis. Il n'avait pensé qu'à lui, comme à son habitude, Sasuke où l'art d'être égoïste et de faire passer son intérêt avant celui des autres.
- Stop ! S'écria Tsunade
Bien heureuse, Tsunade vit subitement Jiraya se précipiter sur Naruto et le maintenir par les bras, pendant que la jeune femme accouru vers Sasuke, le relever et se positionna devant lui pour l'empêcher de vouloir continuer.
Revenant au calme, Jiraya s'occupa de prendre soin des blessures de Naruto pendant que Tsunade s'employer à raisonner Sasuke et panser également ses égratignures. Toutefois, l'ancien professeur de philosophie qu'elle était, et surtout, le sentiment maternel qu'éprouvait la femme pour Naruto l'accabla. Une élève ? Il avait pris en otage une jeune fille innocente dans ce tourbillon malsain. Elle avait un sentiment de honte, elle l'avouait, plus d'une femme se trouvait en cette ville et pouvait satisfaire les besoins affectifs de Naruto, mais visiblement, il était resté un enfant idiot, agissant sans réfléchir une minute. Finalement, ce fut au tour de Tsunade de s'emporter,
- Tu es vraiment stupide ! Argumenta celle-ci
- Je ne m'attends pas à ce que vous compreniez… Se défendit Naruto
- Mais quoi ?! Qu'est-ce qu'il y a comprendre ?! Tu couches avec une de tes élèves !
- Mais arrêtez, arrêtez avec ça !
Naruto se leva, tremblant, furieux, les yeux perçant, un lion prêt à bondir sur sa proie. Était-ce si difficile à comprendre ? Il avait croisé mille fille dans les bars où jadis il partait s'enivré pendant que la femme qu'il aimait « s'envoyait en l'air » avec son meilleur ami. Il ne comptait sans prétention aucune, le nombre de fille qu'il avait rejeté, et pourtant, ce n'était pas le sentiment de vengeance qui lui manquait, non, l'envie de faire subir à Sakura ce qu'il endurait l'avait habité comme l'eau demeurait sur terre.
Il ne serait expliqué ce jour-là, ce qu'il a ressenti en plus pour Hinata, pourquoi se fut elle qui entraîna son courage de passer à l'acte. Quelle qualité ou signe avait-elle émit pour lui faire passer le cap, il ne savait, et s'il en avait connaissance, il ne se serait pas réfugier comme un lapin dans un terrier pour y réfléchir. Ce qu'il éprouvait pour Hinata ne s'expliquait pas avec des mots, là était son conflit.
- Je ne peux pas te donner d'explication… C'est comme ça, c'est elle, c'est tout !
…
Deux semaines plus tard.
Naruto ne s'était pas présenté à l'université durant ces quinze jours. Il avait déposé un arrêt maladie suite à une agression, avait-il réussi à convaincre le médecin qui, vu l'état du visage mutilé du jeune professeur, n'avait eu peine à croire. Ce n'était pas que l'état de son visage bafoué qui le faisait rester chez lui, non, Naruto faisait le point avec sa vie.
Il n'aurait jamais imaginé que Sasuke prendrait avec une telle férocité le fait qu'Hinata était son amante. Naruto n'avait pensé ne serait-ce même qu'une seule fois qu'il faisait l'amour avec une élève, leur relation allait au-delà d'une histoire interdite. Bien au contraire, avec ces multiples crises de jalousie, il ne pourrait définir leur lien comme une lubie, un fantasme. Ce n'était pas l'étudiante qu'il faisait jouir chaque nuit, mais bel et bien Hinata. Une jeune femme qui le rendait passionné, interrogatif, et virulent. Toutefois, son ami avait raison sur un point, cette naïveté allait coûter cher aux deux crédules. Ils pensaient pouvoir profiter l'un de l'autre sans payer aucune conséquence, mais ne disait-on pas que toute vérité finissait par se savoir ? Évidemment, et quand cette dernière tomberait, l'élève se fera renvoyer de l'université, et Naruto serait rayé de la profession.
Soudainement, lui qui était assis sur cette banquette dans ce café tranquillement en train de déguster un thé, il vit Ayame prendre place en face de lui. Des traits de fatigue se dessinait sur son visage, elle aussi devait combattre avec des démons, ou affrontait-elle ceux de Sasuke ?
- Je ne sais pas ce qui s'est passé entre toi et Sasuke, mais sache que mon fiancé refuse de m'adresser la parole et dort à l'Hôtel !
Étrange, Ayame ne semblait pas triste ou peinée, mais plutôt en colère, contre son amant et contre lui visiblement. Ainsi donc, Sasuke avait fui, et tournait le dos à ses responsabilités. Il n'avait pas de nouvelle de Sakura, ayant éteint son téléphone depuis leur affrontement. Naruto pensait que Sasuke serait allé lui parler, comme il l'avait demandé et conseillé, mais apparemment son ami ne trouvait le courage de le faire. De ce fait, impossible pour lui de continuer à assumer l'amour qu'il avait pour Ayame.
- Vous êtes incroyable les hommes ! Vous faites la gueule et on ne sait jamais pourquoi ! Vous justifiez… ? Je crois qu'aucun homme ne sait faire ça ! Vous êtes juste simplement désolé et vous gardez jusqu'à la tombe les raisons…
Naruto se mit à rire légèrement, le premier son joyeux qu'il sortit depuis un long moment. Ayame était une femme complexe à comprendre, mais elle était avant tout gentille et affectueuse. Ça n'avait pas dut être difficile pour elle de le trouver ici, ils passaient beaucoup de temps ensemble à l'université en ce lieu, ils se faisaient des marathons de philosophie, à savoir qui serait le meilleur et le plus rapide. C'était une véritable amie, avec ses défauts, mais aussi avec ses nombreuses qualités.
- Il ne t'a vraiment rien dit…
- Rien du tout ! J'espère juste que les coups et blessures que tu lui as infligé disparaîtrons avant le mariage, enfin, si le mariage tient toujours !
- Tu sais bien qu'il t'aime… Même s'il a de drôle de façon de le montrer… Sourit-il
Ayame savait tout ça, ces détails sur son fiancé, elle ne serait pas tombée amoureuse de lui autrement, Sasuke était un perpétuel défis psychologique, et une vie entière ne suffirait pas pour savoir comme cet homme fonctionnait. Tout ce qu'elle savait et la séduisait, c'était sa tendresse intérieure aussi vaste que l'univers. Ce qui la peiné de surcroît, c'était de voir ces deux amis en arriver à un tel point. Elle aussi fut naïve, elle pensait qu'ils avaient réglé leur compte, que les compteurs étaient à zéro, mais c'était bien trop présomptueux de penser ainsi. Comme si des années de trahison pouvaient se guérir en un coup de poing.
- Sasuke s'est emporté quand il a su l'identité de ma maîtresse… Avoua Naruto
- Mh ?
- …
- Hum… Là j'ai peur de comprendre !
- …
- …
- …
- Non !
Ayame recracha la gorgée de chocolat chaud qu'elle avait déposé au coin de sa bouche et s'étouffa.
- Euh, ça va… ? Se moqua Naruto
- Ne me dit pas que ton amante est une élève ?
- Mh !
La psychologue pâlit. Naruto ! Avec une élève ? Improbable et pourtant, il venait d'avouer. Elle comprenait mieux la réaction de son fiancé, même si cela ne justifier pas son comportement d'animal en chasse d'un territoire. Ayame eut un sentiment étrange, car son ami ne semblait aucunement perturbé de lui avouer ce détail, comme si pour lui ça n'avait aucune importance et à en observer son comportement, son ami n'était guère préoccupait par le statut interdit, non, il abordait davantage les sentiments que l'illégalité. Subitement, la mémoire de la jeune femme se feuilleta comme un livre, et elle ne sut si c'était une intuition, mais Ayame pensa à cette jeune fille venue dans son bureau pour témoigner de l'exagération concernant la jalousie de son « petit-ami ». Enfin, ce quartier chic dans lequel il l'avait déposé le jour de leur départ, seule une enfant de bonne famille pouvait vivre dans de tel appartement luxueux.
- C'est… Hinata… ?
Naruto fit face avec insistance et stupéfaction à son amie. Comment avait-elle deviné ? Quels indices avaient-ils laissé ? Peu-importe, il en avait bien trop dit et il ne s'étonnait de la vivacité d'Ayame à avoir vu juste. C'était un cauchemar, de pire en pire, trois personnes savaient désormais pour Hinata, et la pauvre ne devait se sentir à l'aise lorsque venait les cours de Sasuke. Il devait la dévisager, la juger sans même la connaître, et cette pensée le mit dans une colère, lui faisant serrer ses poings.
- Alors c'est toi le petit-ami excessivement jaloux ?! Se moqua Ayame, soudainement
- Euh ? Comment ça ?
- Hinata est venue me voir en Novembre… Je l'avais retrouvé en train de pleurer dans les toilettes, elle semblait abattue parce que son « petit-ami » ne lui faisait pas confiance…
- Mais…
- Je lui avais donc conseillé de te laisser tomber comme une vieille chaussette !
- Quoi ?! Alors elle venait de toi cette idée ! S'emporta ce dernier
- Ah, ah, je comprends pourquoi tu étais si nerveux… Se moqua Ayame
- Ce n'est pas drôle ! Mais je me doutais bien qu'une telle idée ne lui aurait pas traversé l'esprit !
- Dit donc, tu ne serais pas devenu arrogant ?!
Naruto bouda, comme un enfant, sous l'effarement de la jeune femme. Depuis longtemps elle n'avait vu Naruto dans un état de caprice, comme venant d'être privé de son jouet ? Le cœur d'Ayame rata un battement, et sourit tendrement. Elle comprenait qu'Hinata n'était pas une incartade, une fille prise au hasard parce qu'elle avait craqué pour son professeur, ces deux-là s'étaient sentis attirés l'un l'autre humainement. Est-ce que le fait d'être dans deux mondes opposés pénalement les avaient ne serait-ce qu'effleuré ? Non, Ayame en doutait. Hinata était tombée amoureuse de Naruto, sincèrement, parce qu'elle y trouvait confort et bonheur, la psychologue le devinait par l'état enfantin de son ami ce jour où il était parti chercher ce livre à plus de deux heures de route de la ville. Mais lui, qu'éprouvait-il ?
Ayame le devinait, du moins, elle ressentait, par les quelques éléments qu'elle possédait, que cette histoire n'était pas qu'une opportunité à humilier Sakura. Naruto n'avait certainement jamais imaginé pouvoir trompé Sakura un jour, son ami n'avait d'âme punitive, il s'était perdu, certes, mais il n'avait pas mis longtemps à se retrouver, auprès d'Hinata. En réalité, la seule chose qui le perturbait était,
- Que comptes-tu faire… ? Maintenant que…
….
Silence. Comme à son habitude, l'ennui de Naruto se traduisait par son coude posé sur la portière qui supportait sa tête. Sakura, elle, regardait le paysage défilait sous ses yeux rougis par la peine. Il avait aperçu Sasuke quitter son immeuble hier matin, Ayame l'attendant dans une voiture. La psychologue avait pris les devants visiblement suite à leur conversation. Il ne savait si c'était une bonne chose, cela lui donnait encore moins de courage qu'il n'en avait pour passer à l'acte, mais comme disait l'autre, « Est-ce qu'il existe réellement un bon moment pour annoncer les mauvaises choses ».
Malgré le froid, Sakura s'était vêtue d'une magnifique robe fleurie, des collants enlaçaient ses jambes et des bottes couvraient ses pieds. Un gilet, un manteau caramel, des couleurs tristes, qui donnaient le bourdon à Naruto. Toutefois, il la trouvait belle, comme à son habitude, c'était une femme féminine, elle savait faire d'un simple accessoire, un détail qui vous persécute et qu'il était capable d'admirer des heures entières.
Envouté, de nombreuses années, par son charme, son intelligence, son caractère assumé, et puis, aussi, sa grande gentillesse. Il devait l'avouer, bien qu'il l'aimait telle qu'elle était, ses qualités ne s'apercevaient pas au premier abord. Les premières impressions concernant sa femme était toujours mauvaise, même par leurs élèves. Froide, égocentrique et antipathique, elle ne dégageait sympathie en premier lieu. Seulement, lui il la connaissait bien, mieux que personne en réalité. Il savait qu'au fond de cette enveloppe désabusée, grandissait le cœur d'une femme à la grande bonté.
Ils se connaissaient depuis le collège, et leur amitié n'avait jamais faibli. Il était là pour elle, et ne manquait jamais à l'appel lorsqu'il s'agissait de l'aider à son tour. Bien que. Sasuke passait toujours en premier, il suffisait d'un battement de cil de son ami pour qu'elle accourt à ses côtés. Elle l'admirait, c'était même carrément du dévouement, de la fascination. Ainsi, naquit une rivalité dont seul Naruto avait conscience. Meilleur en cours, en sport, en moral, il se moulait dans le corps d'un autre pour séduire sa belle. Sa folie était même allée jusqu'à acheter cette moto, pour imiter encore une fois le « modèle ». En vint, Sakura n'avait épousé Naruto uniquement par dédain, pour tenter une dernière fois de rendre Sasuke jaloux, et terminer le jeu que Naruto avait commencé, désigner le vainqueur.
Illusion. La rose s'était fourvoyée, avant sa conversation d'hier avec Sasuke, elle pensait que le brun s'était postulé en amant pour avoir ce fameux coup décisif, pensant que le professeur d'histoire n'avait supporté de perdre. Elle croyait avoir réussi à faire succomber l'homme de son cœur, de ses rêves, mais ses pensées sonnaient futiles à présent. Ayame, telle était la seule raison de cette relation, « vous aviez le même parfum », avait-il confirmé. Nous y retournons donc, à celui qui jouait au plus fort, il n'y avait pas que Naruto qui s'amusait à copier l'adversaire, Sakura aussi s'était prêtée à ce jeu, et visiblement, comme son mari, elle s'était brûlée.
Aujourd'hui, ici était leur seul point commun, s'être comporté comme deux inconnus pour essayer de subtilisé attention et sentiment, mais ces enfants naïves, réalisaient que l'amour ne se commandait pas, et que le cœur avait bien sa raison que la raison ignorait toujours. S'était triste, horriblement désastreux, l'amour était la plus sanglante de toutes les guerres.
Arrivé à l'endroit désiré, Naruto fut ému de constater que Sakura reconnaissait le point d'arrivé. Partant lui ouvrir sa porte, ils partirent se balader, main dans la main, sans rien dire, et arrivé à ce petit temple abandonné dans un coin de campagne, le couple s'arrêta.
- Tu te souviens… ? Demanda Naruto
- Tu m'as demandé en mariage ici…
- Oui…
C'était dans les derniers jours que présentait l'été. Naruto et Sakura revenaient d'un voyage en « amoureux ». Tombé en panne de batterie, ils avaient dut passer la nuit dans ce village pour attendre le lendemain. Naruto ayant toujours soif de découverte, il avait fait vagabonder Sakura dans les vallées et arrivés à ce temple, il avait eu comme une envie de faire sa demande en la présence de Bouddha. Pourquoi se fut ce jour ? Il l'ignorait. Il n'avait ni bague ni discours et la situation n'était guère bien choisi entre la nuit fraîche et la pluie qui commençait à tomber, mais pour le cœur du jeune fiancé, c'était parfait et unique.
Malheureusement, le mariage n'eut guère les mêmes effets romanesques. Ce jour blanc était maussade et gris. Personne dans la salle de la Mairie ne croyait à leur union, l'hypocrisie aurait pu se sentir à l'autre bout du monde, tellement l'amour se dispersait dans les plus vastes purgatoires dans lesquelles Satan comptait se régaler. Naruto, ses yeux brillaient le mensonge, le doute, la peine et le désarroi. Dans les pupilles vertes de Sakura, c'était encore plus vide, ça sonnait faux, et creux, elle criait « au secours » et les anges auraient pu en tomber du paradis, tellement les hurlements donnaient des frissons dans le dos des femmes qui ne se verraient épouser un homme qu'elles n'aimeraient pas.
Naruto en déglutit, non sans difficulté.
Ils continuèrent leur promenade dans le silence le plus total. Seules leurs mains entrelacées pouvaient signifier une quelconque conversation. Le crépuscule, il arriva rapidement, et cette journée se termina comme elle avait commencé, dans le mépris. Au retour, Sakura ne cessait de pleurer, dans un mutisme record. Naruto se sentait de plus en plus mal, une crise d'angoisse se préparait, il sentait ses membres s'engourdir, et sa respiration ralentir, ses mains devaient moites, et sa gorge sèche définissait des larmes prêtes à s'écouler quand l'ordre serait donné.
Revenus à l'appartement, ils défirent leurs affaires, et Sakura partit s'asseoir sur le bord du canapé, sa tête cachée dans ses mains. Naruto s'appuya sur la chaise du salon, et regarda sa femme. Il fallait se lancer, qu'importe les mots cruels ou impolis qu'avaient employé Sasuke, il devait se donner la possibilité d'avancer et de remettre tout ce monde dans le droit chemin de la vérité. Il ne voulait se comporter en lâche, et affronter la réalité devenait un devoir.
- Sakura…
- Quoi… ? Dit-elle, la voix remplie de sanglot
- Es-tu heureuse avec moi… ?
Taciturne, encore. Rien ne désire sortir de cette bouche de pêche que Naruto aimerait bien embrassait pour la dernière fois. Il s'approcha d'elle, et la fit se lever pour pouvoir retirer les larmes qui glissaient sur sa peau de neige. Elle était épuisée, détruite, jamais une telle tristesse n'avait gâté non sans ironie sa femme. Il ne pouvait faire marche arrière, la machine était lancée et la vie ne lui accorderait pas à un autre coup de dé.
- Sakura… Est-ce que tu m'aimes… ? Demanda Naruto, collant son front au sien
- …
- Sakura… Chérie…
- Sasuke… Il…
Nous y voilà, une nouvelle fois. Naruto lâche violement le visage de Sakura et se recule pour être certain de ce qu'il voit. Sakura, elle présente encore cet égo égoïste, il posait une question, existentielle, il pensait prendre des gants, poser des mots convenables, dans une ambiance sereine, mais elle le mutilait pour une énième fois en parlant de,
- Sasuke, hein…
Sa femme voulait commencer une nouvelle partie,
- Alors jouons… Sasuke, oui, alors, que comptais-tu me dire à propos de Sasuke ?!
Sakura paniqua, elle essuya ses larmes et devina au regard azur de son mari que l'endroit et le moment fut mal choisi pour prononcer ce nom. Elle se rendit compte de son erreur et de sa folie à vouloir subitement se confier à son époux, serait-elle devenue folle ? Le résultat de son mensonge avait emporté leur belle amitié, il serait en train de la consoler et de lui dire les mots qu'il fallait si elle n'avait préféré la faute à l'évidence. Se reprenant, elle essaya de s'échapper vers la chambre, mais la colère du démon qui vivait en Naruto reprit le contrôle pour ne plus la reprendre.
- Non, non, Sakura, alors, dit-moi, qu'à encore fait Sasuke ?!
- Rien…
Elle s'enfuit, mais il la rattrapa par les épaules et l'empêcha d'avancer en essayant de coincer ses yeux dans les siens, mais cette furie avait la force de contre-attaqué son mari en gigotant son corps, mais s'était sans prendre en compte la puissance dans les muscles de Naruto.
- Alors Sakura ?!
- Mais rien ! Laisse-moi tranquille à la fin !
Il la poussa, fermement, ne prêtant attention à savoir s'il lui faisait mal ou pas. Il s'avança vers elle, et Sakura reculait au fur et à mesure des pas de son mari. Lorsqu'elle fut coincée entre le torse de Naruto et le mur, elle paniqua, sa respiration se saccada et elle ne cessa de verser des larmes aussi froides que la neige.
- Dis-le… Sakura…
- Te dire quoi…
- Tu sais de quoi je parle…
- Non… Je… Je ne sais pas…
Sa fierté prenait le dessus, avouer qu'elle avait trompé Naruto avec Sasuke ? Jamais ! Au diable le soulagement qu'éprouverait son mari de sa sincérité, du pardon de cette faute à moitié avouer, Ô diable l'honnêteté, elle ne devait rien à son mari en cet instant. Tout ce qu'elle désirait, c'était maudire Naruto, haïr Ayame et souffrir dans le plus grand des mépris.
- Sakura… Ne me force pas à te le faire avouer…
- Je n'ai rien à avouer ! S'écrit-elle
- Bordel Sakura… Tu as si peu de respect pour toi !
Claquement, une gifle, sur la joue gauche de Naruto, ses paroles pénétraient trop loin dans la raison de Sakura et la douleur en était insupportable. Que croyait-il ? Que parce qu'il avait souffert dans son enfance de solitude, que son mari pouvait se nommer maître de la vérité ? Non. Il ne dépasserait pas les bornes uniquement parce que c'était lui.
- Tu m'as trompé… Sakura…
- Non !
- Tu m'as trahit…
- Non !
- Avec mon meilleur ami…
- Non, non !
Sakura se redressa quelque peu et tapota le torse de Naruto pour qu'il se taise. Il le fit, il ne dit plus rien, il n'y avait plus que la douleur de cette joue égratignée de nouveau et les bruits de son cœur brisé qui tombait au sol. Sa femme pleurait sur son épaule, et s'accrocha même à son cou en ne cessant de murmurer des « non ». Enfin, elle souffrait, faisait connaissance avec sa conscience malsaine, elle tutoyait l'objet de la trahison et devait l'affronter seule comme une « grande fille ».
- Je n'ai pas fait ça… Sanglota-t-elle
- Sakura…
- Je… Je ne t'ai pas trahit…
- Bien sûr que si…
- Mais tais-toi, tu ne sais rien !
Sakura se libéra de l'emprise de son mari et l'affronta les yeux dans les yeux, elle aussi son démon avait des « mots » à exprimer, essayant certainement la carte du, « j'ai des circonstances atténuantes ».
- C'est de votre faute à tous les deux !
- …
- Vous m'avez prise comme un défi, comme un trophée, quelque chose d'unique que l'un ne laisserait à l'autre !
- …
- Et qu'est-ce que j'apprends… Que Sasuke couchait uniquement avec moi pour une histoire de parf… !
Sakura déposa sa main devant sa bouche, elle l'avait dit, elle l'avouait, enfin. Des mots aussi aiguisées que des lames de rasoir venaient de mutiler la peau de Naruto. Cependant, sa femme osait reprocher la situation aux deux hommes, et une nouvelle fois, seul Sasuke comptait, jusqu'au bout, même dans l'ultime faute, elle ne pensait qu'à ses sentiments et à ceux de son ancien amant. Elle s'en moquait, de lui avoir causé des soucis, du tort, qu'il avait passé des nuits blanches à essuyer ses nausées pour cause de dégoût, savait-elle seulement ce qu'il avait traversé par sa faute à elle.
- Tu es… Incroyable Sakura… Sourit-il blasé
Naruto aurait tout fait pour trouver la force de lui expliquer ces années de souffrances, ces jours qu'il a passé en larme, parce que Sakura lui manquait, qu'elle pensait avoir cacher toutes les odeurs alors que certaines restaient bien imprégnées dans son corps, ses gestes, preuves sexuelles, griffures, suçons, baisers passionnées qu'elle pensait détourner sous une fausse posture, sous-estimait-elle l'amour qu'il avait eu ? Il les reconnaissait tous, un à un, ses traces de dent et celles de Sasuke. Et que dire, intiment, la sensation pour un homme d'assouvir une femme où un homme que vous connaissez par cœur s'était glissé plus tôt. Rien que d'y penser, Naruto se sentit amer, et frappa le mur avec son poing pour s'éviter de parler.
- Que tu ne m'aimes pas je peux le concevoir… Mais tu as trahit ma confiance pendant cinq longues années… Dit-il laissant échapper une larme
Sakura continua à pleurer, se retenant à une chaise pour s'éviter de tomber au sol. Elle se sentait vide et en perdait son vocabulaire, sa criait dans sa tête, mais aucun mot ne voulait souffler par sa bouche.
Désemparé, et se sentant oublié, Naruto avoua,
- J'ai quelqu'un d'autre dans ma vie…
Sakura stoppa son regard sur un vase de l'entrée, elle trouvait subitement refuge dans les courbes de cette œuvre d'art, ne réalisant complètement ce que Naruto venait de dire. Avait-elle compris, où supposait-il qu'il voulait trouver une autre femme ?
- Je t'ai trahit moi aussi… J'en souffre horriblement… J'en souffre et toi tu n'es même pas capable de ressentir la moindre culpabilité pour ce que tu as fait…
Sakura, avait bien entendu. Naruto ? La tromper ? Se dévouer à une autre femme qu'elle ? Absurdité. Il disait ça pour la provoquer, pour la torturer, lui faire payer son affront, mais la demande faite subitement par son mari, fit lâcher prise à l'épouse déchue,
- Je veux divorcer… Sakura… Dit-il laissant tomber une autre larme
Elle s'écroula au sol, ses jambes ne la portaient plus, fin. Sakura sentit son ventre se torde et de nouvelles nausées n'allaient tarder. Elle avait l'impression de tomber dans le vide, de se noyer, et que sa chute n'allait connaître aboutissement. Elle ne sut pourquoi, mais des images s'invitèrent dans sa tête, lui et une autre femme, elle n'avait ni visage ni identité, mais elle le faisait sourire et jouir. Plus belle ? Non. Plus habile ? Non. Plus subtile ? Non. Plus gentille ? Non. Alors, quoi ?
- Qui est-ce… ?
- Ça n'a aucune importance…
- Ça en a pour moi !
Dans sa colère soudaine, Sakura trouva la force de se relever et de venir vers Naruto pour lui donner une seconde gifle. Les larmes qu'il faisait rouler sur son visage n'avait aucun effet sur son cœur, mais sans qu'elle puisse le contrôler, elle l'embrassa et se jeta dans ses bras en pleure, lui suppliant de lui dire que ce qu'il venait d'avouer était faux.
- Dit-moi que c'est faux…
Naruto la serra dans ses bras, Dieu savait maintenant qu'il était désolé de ce pêché. Il caressait les cheveux de Sakura brutalement, partagé entre colère et tristesse.
- Ce n'est pas vrai…
Que dire de plus ? C'était une douleur inexplicable, ça vous faisait pleurer, ça vous mettait les nerfs à vifs, il n'y avait plus rien que vous vouliez entendre, votre tête s'occuper seule de répondre aux questions. Bien sûr que cette personne était mieux que vous, plus belle, ou beau, gentille, ou affectueux, un tourbillon imaginaire se formait dans votre tête, et vous entendez rire cette personne comme le diable, elle se moque de votre existence et ne pense qu'à persister dans cette trahison. Une envie de tout briser vous submergeait, vous détenez la vérité telle un scientifique qui prouve par a plus b que sa théorie était juste. Rien ne peut vous soulager que la violence des gestes et des mots, Ô oui, ces mots qui vous déchirez la poitrine, et que vous souhaitez répéter, et encore répéter jusqu'à l'épuisement.
Naruto, c'était vrai, Sakura ne l'aimait pas, mais elle serait allé au bout du monde avec lui, séduisant, charmeur, attentionné, bon amant, apprécié de tous, quel honneur que son cœur eut battu pour elle, mais visiblement, ces années de complément, de bonus n'avaient suffi à Naruto pour être heureux. Elle le connaissait pourtant, elle savait ses défauts et ses qualités par cœur, ce qu'il aimait manger ou pas, le genre de personne qu'il méprisait, s'il y en avait vraiment.
Ce foutu silence, encore, il n'y a plus rien à dire, plus à rien à faire, il ne vous restez plus que les battements enchaînés de votre cœur, votre mal de tête, votre corps affaibli, et ses larmes qui ne s'arrêterons plus désormais avant un long moment. Le vide, les liens sont rompus, les souvenirs appartiennent déjà au passé, et votre esprit sait déjà ce que vous comptez faire de demain, jeter les rappels à une quelconque relation, les photos, les cadeaux, tout iraient à la poubelle. C'était indescriptible, vous jureriez que ceci n'était qu'un affreux cauchemar, et pourtant,
C'était bel et bien,
Terminé.
….
- Tiens, ça va te soulager…
Tsunade tendit un verre d'eau et un médicament à Naruto qui était allongé sous la couette de son lit. Il avait pleuré toute la nuit, la femme en avait pleuré elle-même, car elle imaginait Sakura dans le même état, et rien dans ces moments ne pouvait soulager. Aujourd'hui, le soleil se levait sur un nouveau jour, Tsunade espérait que son protégé sortirait de son lit pour aller se ressourcer dans un bain, mais des nouvelles larmes naquirent sur son visage.
Naruto se sentait incroyable seul, rien n'aurait pu le faire sourire, même pas la présence d'Hinata. C'était un homme brisé, qui devait trouver la solution pour secouer son esprit endormit. Il se traitait d'imbécile, car le naïf qu'il était n'aurait jamais imaginé faire tant de peine à Sakura. Il pensait que sa fierté prendrait le dessus et viendrait se coller à lui pour l'insulter, le mépriser, mais c'était une femme démolie qu'il avait laissé allongé sur le sol en train de pleurer. Il lui avait fait mal, la seule personne en qui Sakura avait confiance l'avait trahit, et Naruto s'en voudrait, toute sa vie.
- Naruto…
- Je ne savais pas… Que ça serait si douloureux… Je l'entendais pleurer, et se demander « pourquoi elle »…
- …
- Elle me suppliait de rester… Et de tout effacer… Sanglota-t-il de nouveau
- Naruto…
- Pourquoi elle ne m'a pas demandé ça avant…
- Avant quoi… ?
…
Un mois. Trente jours que cette femme était venue remplacer le professeur Monsieur Uzumaki pour causse de démission. Hinata n'en était pas revenue, il n'était même pas venu lui annoncer lui-même et il était impossible de le joindre car son téléphone était constamment éteint. Elle ne comptait plus les semaines pour lesquelles elle était restée sans nouvelle de son bien-aimé.
Hinata ne saurait deviner, mais elle était persuadé qu'un événement était survenu. Monsieur Uchiha essayait de faire bonne figure, sans parler de son comportement envers elle qui ne cessait d'être étrange depuis ce fameux « jour ». La psychologue, Ayame, avait aussi démissionné, mais avait donné rendez-vous à ses élèves très prochainement avec un sourire fier et enjôleur. Enfin, son professeur de langue, Sakura, elle, avait annoncé son départ pour la fin des examens en Mars.
Pour la jeune étudiante, ça ne faisait aucun doute, Naruto et elle, avait décidé de recommencer une nouvelle histoire. Ils partiraient certainement dans une autre ville, tout oublié, tout effacé pour reconstruire un destin à deux. Hinata sourit, faiblement, elle trouvait cette situation logique, ils s'aimaient depuis l'adolescence et comment une aventure sans lendemain pouvait rivaliser avec le GRAND amour. L'élève se moqua d'elle-même, c'était risible, imaginer qu'elle prendrait la place de la femme de Naruto. Elle l'avait deviné depuis fort longtemps qu'il l'aimait, que malgré les sensations de bonheur, se planquait un homme déçu qui ne souhaitait que le pardon de son épouse. Elle n'était rien, ne serait-ce qu'un instant de réflexion, elle était la vérité de ce couple qui s'aimait et avait besoin de traversé une douloureuse épreuve pour s'en rendre compte.
Partant se réfugier dans les toilettes à la pause, Hinata éclata en sanglot. Même si elle comprenait, elle ne pensait pas Naruto lâche, et elle avait imaginé qu'il serait venu lui dire « adieu ». Non ! Rien que d'y songer ça la martyrisait, elle ne voulait pas que sa relation se termine, elle voulait cet homme, le rendre heureux et être le nombril de sa vie, mais visiblement, un mot ou même un geste avait manqué à cet enfant tombée amoureuse pour la première fois.
Après cette journée macabre, Hinata rentra chez elle, pensant pouvoir dormir pour oublier quelques heures ce couteau planté dans son cœur qui ne faisait que remuer, mais avait-elle à peine fermé sa porte, qu'on sonna. Ne pensant à regarder dans le Judas qui lui rendait visite, elle ouvrit la porte spontanément et tomba nez à nez avec,
- Naruto…
- Salut ! Sourit-il faiblement
- …
- Je… Je peux rentrer… ?
Muette, elle avait perdu le sens de la parole et répondu à Naruto que par un simple geste, en ouvrant la porte entièrement comme pour lui indiquer le passage à suivre. Le professeur pénétra dans l'appartement. Quelle douce sensation, le parfum d'Hinata y était imprégné, il savait désormais pourquoi il avait souhaité passé ici avant de partir. Cet appartement recelait bien des nuits torrides, Ô oui, torrides, chaudes et passionnées, rien qu'en les imageant de nouveau Naruto se sentit excité. Mais ce n'était guère le moment, il se retourna et constata qu'Hinata était posé contre la porte d'entrée tenant fermement la poignée. Par quoi allait-il commencé ?
- Comment vas-tu… ? Questionna le professeur
- …
- Je suis désolé de t'avoir laissé sans nouvelle…
- Qu'est-ce que tu veux Naruto… ? Demanda celle-ci fixant la moquette
Naruto était désappointé, non, il se traita d'idiot. Quelle femme pensait-il trouver en rentrant ici, une jeune fille prête à lui sauter au cou, à l'embrasser, lui pardonner, lui faire se sentir le bienvenu et lui demander de ne plus jamais la quitter ? Imbécilité. Son Hinata était bien plus intelligente que ça. Il se rapprocha d'elle et continua de la mettre à l'aise.
- J'ai appris que ton projet et celui de Shikamaru avait été validé, félicitation !
- …
- Hinata… Je vais partir… J'ai mon avion pour demain…
Crispée, elle serra la poignée de porte dans ses mains de manière encore plus forte comme pour se donner du courage. Son cœur palpitait et sa tension avait sûrement dangereusement chutée, et la pâleur de sa peau déclenchait des sueurs froides.
- J'ai accepté…
- Va-t'en Naruto !
Puis non, elle n'en avait pas le courage. Qu'allait-il dire, « je suis désolé », « pardonne-moi », ou encore « je ne t'oublierais jamais » ? Elle ne voulait pas entendre ça, il avait eu mille fois la chance de pouvoir venir s'excuser, s'expliquer et argumenter sa décision, mais il ne l'avait pas fait et avait attendu la veille de son départ pour venir dicter une explication commune. C'était impardonnable et stupide de sa part, ce n'était parce que c'était lui qu'Hinata pouvait encore une fois céder.
- Pars Naruto !
Elle ouvrit la porte et s'écria une nouvelle fois sa demande de s'en aller.
- Mais… Écoute au moins ce que j'ai à te dire…
- Mais va-t'en ! Je ne veux rien entendre !
Hinata prit tout le reste des forces qu'elle possédait, et agrippa le bras de Naruto pour le pousser dehors, et fermer brutalement la porte sous son nez. L'homme fut confus au premier abord, il comprenait que son amante réagisse ainsi, mais il ne supportait l'idée qu'elle souffre et écrive une mauvaise version de la situation.
- Attends, Hinata, ouvre-moi ! Je veux te parler !
- Non ! Va-t'en ! Tapa-t-elle sur la porte
- Tu n'as pas compris mon intention ! Ouvre-moi, je ne veux pas te parler à travers une porte !
- Va-t'en Naruto, va-t'en !
- Hi….
- Va-t'en ! Va-t'en, je t'en supplie, va-t'en…
Il sentit Hinata s'effondrer sur le long de la porte, pour finir sa course à genoux devant le hameau de bois qui les séparaient. Naruto suivit sa trace, comme s'il pouvait la prendre dans ses bras pour la consoler.
Il avait eu mille fois cette conversation dans sa tête, mais au final, ce qu'il souhaitait lui dire, c'était tout d'abord, « merci ». Elle lui avait fait découvrir l'amour, le sentiment d'être indispensable à une personne, encore plus que ne l'était l'oxygène. Il la remercierait pour ces moments poétiques, digne des plus grands moments de cinéma. Ce n'était pas une fiction qu'il avait vécu, non, c'était réel, somptueux, les souvenirs qu'ils avaient en commun devaient se toucher comme de la soie, luxueux et savoureux. Quoi d'autre ? Ah oui ! Ces rires, ces nombreux éclats de rire partagés, tous les deux, ensembles, il n'y avait plus qu'eux dans ces instants, son charme et le son du rire de son amante. Que dire également de ces conversations qu'il ne pourrait compter sur la littérature. Une passion qu'ils partageaient tous les deux sans honte ni limite, ils avaient passé des heures à échanger point de vue et débat et s'étaient amusés comme beaucoup à refaire le monde. Les repas ! Ils comptaient ? Évidemment, c'était solennel comme partage, se régalait tout en conversant, se moquant des talents culinaires peu efficaces de Naruto. Les sorties ? Exquis. Ces ballades confidentielles étaient inoubliables, il ne pouvait poser d'autre mot que perfection en y repensant. Et enfin, comment ne pas l'aborder,
Le sexe.
La première fois qu'ils avaient fait l'amour était tatoué dans la peau de Naruto, il se souvenait encore des jouissances particulières d'Hinata qui furent ces premières en tant que femme. Il se mordit la lèvre en repensant à leur premier baiser dans le noir total, sous le grondement d'un coup de tonnerre, rendant l'instant affreusement érotique. Les happer, les mordre, les sucer, les lécher, Vénus, que ses lèvres s'épousaient parfaitement aux siennes. Son corps, sa sculpture de jeune femme, c'était honteux de l'admettre, mais penser qu'il avait été le premier à toucher le rendait fier et arrogant. Des courbes qu'il serait dessiné au fusain et faire mettre à genoux les plus talentueux artiste tellement cette muse voudrait leur appartenir. S'unir à elle s'était comme sentir son cœur cogner pour la première fois, il avait dérobé sa virginité avec respect, mais soif de passion. Danser en elle, il en tremblait et sa respiration se saccadait pendant qu'Hinata continuait de pleurer.
Des mots, des paroles, Ciel que c'était simple et futile, Naruto n'avait pas de qualificatif assez puissant pour décrire tout ce qu'il ressentait, Hinata était le résumé parfait des sentiments qu'il éprouvait. Toutefois, la jeune fille ne semblait vouloir entendre les faits et rien ne pardonnerait son comportement, sa fierté était atteinte et son cœur détenait la vérité pour ne plus laisser de place à aucun autre.
Alors, il s'assit, collant son dos à la porte et attendit qu'elle s'arrête de pleurer. Après quelques heures, il l'entendit se lever difficilement pour partir certainement s'effondrer dans le lit. Naruto se releva, affreusement peiné, son corps était statique et devenu pierre à l'écoute de cette mélodie éplorée que fut les larmes d'Hinata.
Déposant sa main sur la porte, il colla son front et supplia,
- Attends-moi… Je reviendrais…
…..
Dix sonneries, sans exagération aucune, même la porte se fatiguait des bruits forts et sourds de la sonnette. Hinata qui brouillait du noir dans son lit ne souhaitait même savoir qui pouvait l'importuné dans sa dépression. Soudainement, elle entendit comme des coups de pied être donné dans la porte, le visiteur s'acharnait.
- Ouvrez bordel !
Hinata cru rêver, mais elle pensait avoir entendu la voix de,
- Je n'ai pas l'habitude qu'on sèche mes cours Mademoiselle Hyûga, même à l'université !
C'était formel, Monsieur Uchiha se trouvait derrière cette porte et cette pensée l'angoissa. Que lui voulait-il ? Pourquoi s'être déplacé jusqu'à chez elle pour quatre heures de cours manqués ? Elle baya, la fatigue habitait bien trop son corps pour se rendre curieuse de cette visite et se dit que son professeur, lassé, finirait par abandonner.
Toutefois, c'était mal connaître Sasuke et sa nature butée,
- Hyûga, si vous n'ouvrez pas je défonce cette porte ! Dit-il d'un autre coup de pied
Elle s'exaspéra, elle voulait être seule, une seule matinée manquait en cours avait suffi pour créer l'alerte. Était-ce que parce qu'elle était issue de la famille Hyûga qu'il se préoccupait tant de sa présence à l'université. Il y avait différent professeur, et ce fut Monsieur Uchiha le désigné, le seul homme qu'elle ne désirait voir pour cause de souvenir avec Naruto. Mais ces cognements incessants qu'il ne cessait d'exercer sur sa porte la rendue nerveuse et se décida à ouvrir. Encore en pyjama, elle couvrit son corps d'un châle et ouvrit à l'impatient.
- J'ai failli attendre Hyûga !
Sasuke fit comme chez lui et rentra sans permission dans l'appartement. Hinata était perturbée, que voulait-il ? Pourquoi s'être déplacé ? Ce n'était plus une enfant pour être poursuivit par les supérieurs de son école pour une demi-journée d'absence. Elle referma la porte, interrogative.
L'homme scruta l'appartement, c'était coquet, mais simple. Les couleurs n'étaient guère joyeuses, du gris, du blanc, une pointe de rose pâle quelque fois, une note de goût peu chaleureuse, mais confortable. Il s'étonnait de la taille, une seule grande pièce se présentait, avec ce lit imposant près de la baie-vitrée. Qu'importe ! L'heure n'était pas à la visite, mais à la conformité.
- Je suis désolée de ne pas avoir été présente aujourd'hui… Ça…
- Je ne suis pas venue pour ça !
- Mh… ?
Sasuke fit face à Hinata, elle s'était assise sur une chaise haute devant le bar de sa cuisine. Elle grelotait, sûrement la fatigue qui l'agitait. Frêle, innocente et tellement badine, au premier abord, elle n'avait pas l'air d'une élève qui pouvait fauter avec un professeur. Ce n'était pas le genre de jeune fille à suivre ses pulsions et s'unir d'un caractère fort pour combattre les moments les plus difficiles. Qu'est-ce que Naruto avait trouvé en elle pour qu'il ose tenter un pêcher qui pour la loi se nommait, « viol du consentement ».
- Vous savez qu'il risque la prison avec sursis pour ce qu'il a fait ?
- …
- Vous ne semblez pas perturbée par la situation…
- De… De quoi parlez-vous… ?
- Ce n'est parce que vous étiez majeur au moment des faits que vous devez prendre la situation à la légère !
Hinata n'en était pas certaine, mais son professeur venait d'avouer qu'il était au courant pour sa relation avec Naruto ? Elle pâlit, elle ne comprenait rien à la situation et son premier instinct fut de nier et d'affirmer qu'elle ignorait de « quoi » il s'agissait. Ce comportement futile agaça Sasuke, toutefois, dans les yeux clairs de son élève se transperçait la honte et le regret.
- Je sais pour vous et Naruto…
Son réflexe humain fut de poser une main sur sa bouche, comme pour s'éviter d'hurler, « oui ». L'entendre des lèvres de son professeur et meilleur ami de Naruto eut l'effet d'une bombe explosant sous ses pieds. Comment avait-il su ? Il avait deviné ou bien son amant avait abordé le sujet ? Confusion. Elle se sentait prise au piège sans savoir comment elle allait pouvoir se justifier face à cette faute. De toute évidence, il fallait bien que la vérité éclate.
- Vous ne savez sans doute rien… Affirma-t-elle
- Je vous demande pardon ?!
- Vous ne m'accuseriez pas de quoi que ce soit autrement… Sourit-elle, versant des larmes
Battement de cœur. Hinata paraissait comme une jeune fille timide, niaise, avec des faux airs de snobismes, mais en réalité, c'était une femme d'esprit et Sasuke savait désormais la raison principale du béguin de Naruto pour leur élève. Visiblement, cette relation n'était pas basée sur le vice, est-ce que seulement leur statut leur avait un jour effleuré l'esprit ? Jamais. C'était une relation comme les autres, bien que fondée sur un mensonge, sur une instabilité, c'étaient simplement deux personnes qui s'étaient rencontrés au mauvais endroit, au mauvais moment. Sasuke ne comprenait pas la globalité de cette histoire, Naruto avait abordé le sujet très peu lors de leur dernière conversation, le brun savait juste qu'Hinata s'était méprise et qu'il en valait mieux ainsi. Toutefois,
- Vous ne comptez pas lui dire au revoir… ?
- …
- Il part pour une durée indéterminée, pour que vous puissiez finir vos études et ne pas être dérangé par rapport à cette histoire dans le futur…
- …
- Vous m'écoutez… ?
- Je… Je ne comprends pas ce que vous dîtes…
Qu'est-ce que Sasuke avait entendu par « il part pour que vous puissiez finir vos études ». Ne partait-il par pour refaire sa vie avec sa femme, vivre une nouvelle histoire d'amour, renaître des cendres de ce chemin qui les avait fait se perdre. Pourquoi devrait-elle lui dire « au revoir », elle ne se voyait aucunement partir à la rencontre d'un homme sur le point de quitter la ville avec son unique amour.
- Ça prouve que vous êtes encore une enfant ! Vous avez conclu avant même d'avoir eu les explications !
- Mais qu'est-ce que vous me voulez à la fin !
- Hé, calmez-vous !
- Vous êtes là, et je ne sais même pas pourquoi ! Vous attendez quoi de moi ?! Il est partit, c'est fini, c'est sa femme qu'il a choisi…
Hinata s'effondra au sol sous l'impuissance de Sasuke, et déversa toute la peine qui la rongeait de l'intérieur. Elle pensait à une rupture, elle croyait à la sentence du choix, elle s'imaginait l'égoïsme de Naruto, elle se voyait seule et impuissante sans lui, cherchant une solution rapide pour l'oublier, sans avoir même songé au fait que,
- Ils ont divorcés…
« Divorce », rupture officielle d'un mariage civil liant deux personnes. Ne pouvant croire à ce qu'elle venait d'entendre, son esprit en définissait le mot pour y croire. Que venait d'avouer Sasuke ? Que Naruto s'était détaché de sa femme, sortant de son emprise, se libérant de cette vie misérable et désastreuse, qu'il avait enfin trouvé sa vérité et vagabondé vers ses envies les plus inavouables.
- Leur divorce s'est fait par consentement mutuel, il a donc était assez rapide, d'où l'absence de Naruto et Sakura à l'université…
« Consentement mutuel », s'était donc les deux partis qui avaient cédé et pas uniquement Naruto ? Avait-il prit seul la décision où était-ce sa femme qui l'avait mis au pied du mur ? Avait-il choisi la séparation officieuse pour s'éviter de souffrir abondement ? La veille, lorsqu'il était passé, elle ne l'avait senti guère déstabilisé ou malheureux, il avait souri comme à son habitude et semblait désolé. Qu'essayait par conséquent de dire Naruto hier lorsqu'il disait vouloir partir, où allait-il et pourquoi ? Ciel, pour quelle raison son cœur ne voulait-il l'écouter en cette nuit de pardon ? Si elle l'avait laissé parler, elle n'en serait pas là à douter de lui, à le trouver méprisant et lâche, la seule incapable d'affronter la vérité et de faire face à la situation, c'était bien elle.
- Son vol est prévu pour ce soir à sept heures, aéroport Haneda…
- …
- Venez s'il compte pour vous…
Sasuke partit sur ces dernières paroles, encore plus glaciale que la température atteignant les moins degrés dehors. Hinata s'allongea sur le sol pour évacuer son stress, ses doutes et sa bêtise. Serait-elle faible ? Elle l'admettait, elle avait eu peur. Elle préférait écrire la scène de leur séparation dans sa tête, plutôt que d'entendre les mots qui justifiait leur rupture. Jamais elle n'aurait supporté d'entendre de la part de Naruto qu'il avait vécu les plus moments de sa vie avec elle et qui ne regretterait jamais leur rencontre, leur liaison. Observer son corps à la chaleur incalculable et ne pouvoir le faire sien était une douleur qui déchirait sa peau et pourtant,
- Je ne souhaite que son bonheur…
Il n'était peut-être pas amoureux, peut-être ne l'aimait-il pas, mais l'égoïsme de l'amour vous poussez sans condition à savoir la personne aimée heureuse, quitte à vous consumer jusqu'au dernier souffle.
Les fautes de sa femme et les siennes devaient être insurmontables et partir dans une ville lointaine pour tout oublier et reconstruire une relation solide démarrant sur un hasard serein et vierge, était sans doute sa seule volonté. Comment lui en vouloir, il avait eu besoin d'elle uniquement pour se retrouver, pour se prouver à lui-même qu'il pouvait vivre sans Sakura et surtout que leur mariage était un échec difficile à vivre pour tous. Alors qu'importe quelle femme ferait désormais battre le cœur de Naruto, il fallait qu'elle l'entende lui dire « au revoir » et « merci » pour que cette histoire ait une fin des plus convenables ?
- Je ne vais pas y arriver…
….
Ayame s'inquiétait, Naruto devait prendre un vol où on annonçait des perturbations suite à une tempête de neige qui approchait. Le professeur en rit, son amie était une véritable sœur, toujours prête à se ronger les sangs pour vous. Elle allait sacrément manquer à Naruto, sa sagesse, son piquant et sa générosité formerait un vide autour du cœur du petit-garçon qu'il était à ses côtés. Il la serra fort dans ses bras et l'embrassa comme un frère sur sa joue imbibée de larme salée.
Il se retourna vers Sasuke. S'était sans doute lui qui allait lui manquer le plus. Sa fierté d'homme interdisait ce genre de confidence, mais Sasuke était une partie à part entière de lui, c'était son double, son opposé, mais cette amitié formait une stabilité. Ils s'aimaient et se détestaient, peut-être était-ce le secret de ce pardon que peu de personne se serait accordé. Qu'importe ! Naruto était heureux que Sasuke même grâce à la démarche d'Ayame soit allé soulager le cœur de Sakura meurtri. Une conversation s'était moulée, et Naruto savait que rien que cet échange avait rendu meilleur l'avenir de ces deux personnes qui comptait pour lui. Moqueur, Naruto enlaça Sasuke et le charria, sous les grognements gênés du brun. Toutefois, la tape sur l'épaule qu'attribua ce dernier fut la réponse à l'affection fraternelle que lui portait également Sasuke.
- Prends soin de toi… Osa même le brun
Ayame et Sasuke accompagnèrent Naruto jusqu'à la porte d'embarquement. Il se mit en bout de fil pour profiter le plus longtemps possible de ses amis. Et inconsciemment ? Il espérait que sa donnerait peut-être du temps à une certaine personne pour se présenter, mais visiblement, elle ne désirait se présenter.
- Tant pis… Sourit-il abattu
- Votre billet Monsieur ?
- Tenez…
Naruto se retourna avant que la porte ne se ferme, et fit un dernier coucou de main à Ayame, toutefois, la psychologue sentit le regard de Naruto s'affaiblir et son bras se baissa brusquement tel un automate tombant en panne, déséquilibrant son sourire. Elle se retourna et tomba nez à nez avec une Hinata haletante, rougissante, et glacée. De la buée sortait encore de sa bouche qui respirait difficilement suite à la course effrénée qu'elle venait de pratiquer. Des perles roulaient sur ses joues, la tristesse de ne pas arriver à temps, la raison du départ de son amant, les mots inconnus qui suffiraient à le faire rester, à défaut de sa personne,
- Naruto…
Son prénom prononcer remua l'esprit de Sasuke. Il était étrange de voir ce petit ange prononçait le prénom intime d'un grand homme. Ils étaient tous les deux ensembles, aux yeux de ceux qui vaincraient la morale, comme si tout était « comme avant » ? Ce n'était pas deux étrangers, ils répondaient au contact de l'autre avec intensité, et l'arrivé d'Hinata aurait pu peut-être tout changer, mais elle ne parvenait à bouger. Elle restait là, plantée, à le regarder, entrouvrant sa bouche pour un essai, mais c'était peine perdue.
- Naruto…
Hinata pinça ses lèvres, honteuse d'autant pleurer devant lui. Ce n'était pas la dernière image qu'elle espérait, non, elle avait imaginé que comme dans les films, elle courait dans ses bras, il la rattraperait au vol, faisant tourner son corps et donnerait un baiser fougueux après avoir respiré le parfum de ses cheveux. Mais la réalité était bien plus cruelle, et son corps refusait de bouger, se laissant envahir par la peine. Finalement, elle ne voulait pas se raisonner, elle voulait le garder auprès d'elle, le rendre amoureux, heureux, prendre soin de ses sentiments comme on bénit sa vie et qu'il reste, pour elle.
Naruto baissa le regard, et serra ses poignets. Il voulait hurler quelque chose, des mots qui grignotait son estomac poussant même les papillons venus en renfort au creux de son ventre, mais voilà, c'était ainsi, il avait pris une décision, la bonne ordonnance pour être de nouveau comblé, rien ne comptait davantage pour lui en cet instant que de retrouver goût à la vie. Entendant la porte d'embarquement se refermer, il glissa son regard vers Hinata, et son cœur décolla en ayant cru entendre,
…..
Néant. Telle était l'atmosphère régnant dans ce véhicule qui s'avançait vers l'appartement d'Hinata. Ayame et Sasuke avaient tenu à raccompagner la jeune fille qui n'avait visiblement plus de force. Ses larmes ne voulaient plus s'arrêter de couler, son cœur saignait, et la jeune psychologue était dépourvue de solution, devait-elle avouer, ou,
- Pourquoi je n'ai rien dit… ? Souffle Hinata à bout de force
- Parce que c'était inévitable et que c'était sa décision… Rien n'aurait pu le faire changer d'avis ! Répondit Ayame
- Attendait-il seulement que je le fasse changer d'avis… ?!
- Je…
Blocage, car Ayame se remémora une conversation,
…..
- Que comptes-tu faire… ? Maintenant que tu as compris…
- Pourquoi penses-tu que j'ai saisi… ?
- En fait ma question est, quand as-tu compris… ?
- Le soir de Noël…
- Mh ?
- Elle… Elle m'a offert « Princess Kaguya »…
- Oh… Elle savait… ? Sourit-elle tendrement
- Non… C'est ça le plus ironique ! Nous sommes allés dans une foire au livre et je lui ai simplement dit que je recherchais cette édition, sans en rajouter davantage…
- …
- À Noël, elle m'a fait ce cadeau, sans savoir ce qu'il représentait pour moi… Elle me l'a offert uniquement parce qu'elle savait qu'il me ferait plaisir… Sourit-il
- Cependant, ça n'a fait que confirmer…
- J'étais tombé amoureux d'Hinata à la première seconde… Et je venais de découvrir pourquoi…
- Je vois…
- Mais je m'en voulais… !
- Parce que tu n'aurais jamais pensé aimer une autre femme que Sakura… ?
- Non…
- Mh… ?
- Parce que… Parce que je me rendais compte que l'amour que j'avais pour elle n'avait pas d'égal…
Ayame vit une larme s'échapper de l'œil gauche de Naruto, une larme que son cœur venait de verser. Un homme amoureux blessé, tel était le portrait qui se dessinait dans le regard de l'amie dépourvue.
- Que comptes-tu faire… ?
- Je ne veux pas faire comme Sasuke, ignorer le mal et m'abandonner à l'amour…
- …
- Je dois sauver ce sentiment, le conserver, et revenir le savourer…
- Tu veux partir… ?
- Pendant quelque temps… J'ai accepté une mission en Afrique Centrale de bénévolat ! Professeur des écoles ! Sourit-il fièrement
- Ça te ressemble assez… Sourit-elle
- Je ne veux pas démarrer une relation qui était au départ basé sur un mensonge, je veux être heureux avec Hinata, et pour ça, elle a besoin d'oublier que j'étais son professeur, homme marié, et déstabilisé…
- Tu veux faire les choses dans l'ordre…
- En réalité, je bouillonne déjà d'impatience à l'idée de revenir et de commencer une nouvelle vie… C'est pour ça que j'ai autant attendu, je me suis aperçu que je n'étais pas si patient que ça ! Rit-il
Ayame sourit, Naruto avait ébouriffé ses cheveux avec sa main, signe qu'il était intimidé. Il était là, ce Naruto inconsciemment séducteur, droit, bon et généreux.
- Je m'inquiète pour Sakura… Avoua ce dernier
- Elle sera toujours importante pour toi… Malgré sa sensibilité, Sakura réussira à passer à autre chose… Sasuke et toi avaient juste besoin d'être honnête avec elle… C'est parce qu'elle est coincée dans vos mensonges qu'elle va si mal…
- Je ne savais pas que tu éprouvais de la compassion pour Sakura ! Se moqua ce dernier
- C'est une femme blessée, et je ne peux pas être insensible à ça… Sourit-elle
- …
- Ne t'en fais pas pour elle, Sakura est forte, elle s'en sortira…
S'en sortir ? Naruto était la seule personne dont Sakura avait entièrement confiance, et lui avouer que lui aussi l'avait trahit, aller être une déchirure.
…
Sasuke observait sa fiancée devenue subitement silencieuse, mais redressa rapidement sa tête et sourit à l'horizon,
- Je n'ai pas les réponses à tes questions… Désolée…
Hinata regarda le dos d'Ayame qui semblait pétrifié par la peur de dire un mot de trop ou de travers. Toutefois, elle ne sut pour quelle raison, mais son âme s'apaisa quelques secondes, sous l'affirmation de Sasuke,
- Naruto tient toujours toutes ses promesses Hinata, sache-le !
Hinata avait déjà entendu cette phrase, de la part de Naruto, s'était son code de vie avait-il dit, « tenir toutes ses promesses ». Elle ne demandait qu'à croire à cette bonne volonté, le problème était,
- Il ne m'a jamais fait aucune promesse…
….
Naruto regardait par le hublot, observant le Japon s'éloigner de sa ligne de vue petit à petit. Où était Hinata en cet instant ? C'était ironique de la voir débarquer à l'aéroport comme une amie intime qui n'aurait aucunement l'intention de déranger ou de surprendre par sa présence. Il en ria, c'était une image grotesque peut-être pour certain, pour eux, c'était naturel de se retrouver quelque part, mais cette vision avait déstabilisé Ayame et Sasuke qui ne s'attendaient pas à sa visite.
Elle était belle, resplendissante, un véritable rayon de soleil où il faisait bon se réchauffer. Sa prestance était innocente, mais imposante à la fois, une contradiction qui ne cessait jamais d'étonné Naruto, car sous aspects de jeune fille timide et réservé, se cachait une femme dévouée, prête à tout pour rendre victorieuses ses ambitions.
Naruto fut pris de nostalgie, elle lui manquait déjà terriblement et surtout, il se demandait s'il avait bien compris ce qu'elle avait murmurait,
- Est-ce qu'elle m'a vraiment dit… « Je t'aime »… ?
Rougeurs.
