Chapitre 13 : « Ivresse ! »
Partie 1 sur 2
Nota bene : Ce dernier chapitre sera réparti en deux parties. Que les âmes de mes lecteurs se rassurent, la seconde partie est déjà écrite, et je la publierais dans quelques semaines… En attendant, je vous laisse avec la première partie, qui je l'espère vous charmera… Navrée de mon attente si longue… Merci de votre bienveillance, et des mots toujours encourageants que je reçois…
« Je viens me poser au pied de cet acacia parasol dans la forêt du Kenya. Cet arbre qui résiste aux chaleurs arides, m'apporte ombre lorsque vient le temps de me consacrer à ma lecture. Le temps est long ici, et j'ai souvent besoin de m'évader dans une littérature rassurante. Je suis maintenant en Afrique depuis bientôt onze mois. Les premiers jours étaient difficiles. Le soleil tape sur votre corps comme une masse venant s'écraser sur le fer. La poussière rentre dans vos bronches et vient encombrer votre gorge d'une toux sèche. L'hydratation n'est pas seulement indispensable, elle est vitale. Je ne compte plus le nombre de fièvre que j'ai eu pendant les trois semaines qui ont précédé mon arrivé. Mais ces inconvénients, ces obstacles qui forment votre corps aux terres africaines, ne sont rien comparés à la misère qui brûle vos yeux.
Je me suis effondré la première nuit, devant la précarité si ce mot suffit pour définir la miséricorde. Le berceau de la vie n'est plus, l'Afrique ressemble à un vestibule, où la corruption de ce monde a siégé. Lorsque je suis rentré dans une école pour la première fois, j'ai souris, d'anxiété. Je ne savais pas que l'humain réagissait ainsi. Sous la bienveillance de contenir un visage pétrifié, j'ai voulu présenter une sorte de stupéfaction. La bâtisse n'était que des pierres enchevêtrées les unes sur les autres, sans toit, sans une réelle porte ou fenêtre. Les enfants étaient assis inconfortablement sur des troncs d'arbres, avec des planches posées sur leurs genoux pour recomposer une table. Un groupe associatif avait construit une véritable école il y a quelques années, mais une guerre civile avait dévasté les lieux. J'étais refroidi par l'abandon de certains villages, considérés comme dangereux, trop éloignés ou ne possédant pas une assez grande quantité d'habitant.
Un détail qui réchauffe mon cœur dans cette mélancolie : j'ai redécouvert le tableau vert à craie. J'avais de véritable élève curieux dans ma classe, moi habitué aux étudiants fatigués des universités, ici, pas d'élève endormi sur son bureau. Il lève la main pour poser des questions étonnantes. La barrière de la langue était compliquée au début, mais ma traductrice s'est trouvée être une femme de la région, anciennement médecin. C'était une partenaire efficace et très souriante, au nom de Gymbia. J'ai su exprimer quelques mots de leur dialecte Swahili après une formation poussée, mais le rire des enfants à la prononciation de leur langue, me fit comprendre que j'étais à mon tour un mauvais apprenti.
L'ironie est née dans ce pays. Les enfants vivent dans la misère, où la pénurie n'est pas seulement alimentaire. Leurs vêtements sont indescriptibles. Dans le camp où je fus, j'observais que les aides humanitaires étaient secondaires. Je n'avais croisé que deux bénévoles en quatre mois. Excédé, je prenais à cœur mon rôle de parrain. J'ai écrit au ministère du Kenya, mais également à celui de la Tanzanie et de l'Ethiopie, leur plus proche voisin. L'Est de ce continent se sent comme naufragé, et une colère luciférienne grondait en moi. Je n'ai obtenu une réponse officielle que douze jours plus tard, le temps pour certains villageois de croiser Dieu à leur porte. La raison vous quitte lorsque vous posez pied à terre. Et lorsque que je vis arrivé le responsable d'une association anglaise, je lui sautai au cou, indigné par ce temps infini qu'ils avaient mis à arriver. Gymbia me supplia de le laisser, et de me comporter autrement devant les enfants. Le regard vieilli de cette femme sage, me fit retrouver l'entendement et je parti évacuer mes larmes et ma rage loin du village. Lorsque je rentrais, une petite fille vint m'accueillir. Elle me tendit un livre donné par les bénévoles qu'elle voulait absolument que je lui lise. C'est dans leurs yeux que se lit cette fameuse ironie du sort. Les enfants ne réalisent – ou peut-être préfèrent-ils ignorer – la situation pauvre dans laquelle ils sont. Le fameux ouvrage était un manga. Je ris en lui disant que ceci n'était pas de la littérature, mais une aventure pour enfant espiègle. Gymbia me frappa sur la tête avec un chiffon, et m'ordonna de conter. L'histoire les fascina. Un petit garçon orphelin, rejeté de tous, se proclamer futur dirigeant d'un village ninja. Au début je trouvais ce récit peu crédible, ce garçon était agaçant, mais paraissait comme le plus grand des héros aux yeux des enfants.
Je ne regrette pas d'être venu en Afrique. J'y ai vécu des moments intenses et qui seront compliqués à expliquer. Le sentiment qui traverse votre âme est indescriptible, et le vécu sombre de votre vie vous paraît doux après ça.
Aujourd'hui allongé contre cet arbre, je lis « Princesse Kaguya ». C'est le seul roman que j'ai emporté, celui que tu m'as offert pour Noël, sans savoir quelle importance il avait pour moi. Je crois l'avoir lu mille fois en Afrique, il m'aide à m'évader de journée rude et à me connecter à toi par ce fil rouge imaginaire. Pas une seule fois je n'ai manqué de penser à toi. Je n'ai donné de nouvelle à quiconque, même pas à Tsunade. Je voulais complètement m'évader, oublier l'année épuisante émotionnellement que nous avons tous traversés. Au début, je réfléchissais à mon mariage échoué près d'un rivage stérile. Je méditais ensuite rapidement sur l'amitié fraternel que j'avais failli perdre. Puis, suavement, c'est à toi que je songeais. Hinata, mon élève, raffinée, réservée et mystérieuse.
Dès ton premier jour, nous avons été intrigués par ton nom, Hyûga, fille d'un richissime homme d'affaire. Tu venais d'un milieu confortable, « monde » pour lequel j'avais de la rancune. Tu m'as vite appris que les préjugés ne faisaient pas fortune. J'avais donc tort. Tu étais tout sauf une enfant gâtée par l'argent de son père. Tu étais l'image d'une jeune fille négligée par l'amour d'un père toujours occupée, et prit d'affection pour un cousin plus doué. Ta délicatesse s'est écrasée sur mon cœur comme la mer cogne les roches. Je ne saurai décrire la lumière qui se dégage de toi et qui m'éblouissait tel le soleil en été. Tu m'as fasciné et l'idée de te consumer m'a violemment percuté. J'étais malheureux, très malheureux, et rien que ta présence évacuait l'angoisse. Je me souviens de notre premier baiser, sous le son d'une pluie et d'un orage bruyant. Nous étions dans l'obscurité, et l'atmosphère était écrasante d'envie. Je pensais que tu allais me repousser, arpenter une sécurité et t'imposer une défense, mais tu as laissé ton instinct te guider.
Cet acte charnel je ne pouvais le décrire autrement à l'époque était délicieux. J'avais l'impression de savourer le corps d'une femme pour la première fois. Tes mains tremblantes et inexpérimentées sur mon corps me donnaient la fièvre. Nous avons passé de gourmande nuit ensemble, exceptionnellement animale au début. Je ne l'ai pas immédiatement réalisé, mais plus le temps passé, plus je me rendais compte de ce que nous vivions. Ma jalousie excédante et l'exclusivité que je souhaitais emprisonner. J'avais évidemment des séquelles de par l'infidélité de mon ex-femme, mais je me rendais compte au fur et à mesure que je ne voulais pas te perdre. Tu me comprenais, me rassurais, m'embellissait. Nous partagions des moments intellectuels, mais aussi étroitement intimes. Ta douceur me paralysait et neutralisait mes habitudes piteuses. À Noël et le jour de ton anniversaire, c'était comme si nous avions changé de monde. C'était gracieux, magique avec la neige des hivers rudes du Japon. Nous avons échangé des présents symboliques que notre cœur seul avait devinés. Je ne faisais plus que coucher avec toi, je te faisais inlassablement l'amour. J'adorais user ta peau avec mes lèvres.
Je ris. Sais-tu que Sasuke m'a reproché de « m'envoyer en l'air avec une élève ». As-tu une seule fois pensée à ça… ? Je dois avouer que pour ma part, aucunement. Nous n'en n'avons jamais discuté ni abordé l'éventualité même que nous commettions une faute pénale. Je pense par ailleurs, que si nous avions réalisé cela, par information ou dénouement, nous n'aurions prêté attention à ce statut qui nous séparait. Notre position de mari et amante suffisait aux maux de tête.
Je ne sais ce que tu as fait durant ces onze mois. As-tu changé ? J'espère que non, même si j'imagine que notre histoire t'a probablement fait grandir différemment. Es-tu dans les bras d'un autre homme désormais… ? Je ris de nouveau, car rien qu'en écrivant cette question, j'en tremble de jalousie. Je pourrai tuer celui qui est à ma place ! J'avais à peine le temps de réaliser que j'étais tombé suavement amoureux de toi que je devais assumer ma vie de mari raté ! Je devais affronter Sakura et Sasuke. Je devais divorcer tout en avouant ma faute, celle d'avoir goûté également à la tromperie. Je devais régler mes comptes avec mon meilleur ami, pour tout ce mal que nous nous étions affligés par fierté. Et puis, il y avait toi,
Je dois te l'avouer aujourd'hui, peut-être as-tu bien fait de ne pas m'écouter le jour où je suis venu te dire que je partais. Je ne voulais pas rompre avec toi, mais je ne voulais pas non plus continuer une relation dont les larmes avaient bien trop été versées. Je voulais que nous soyons en accord, et je crois que les bons mots m'auraient manqué. J'aurai été maladroit, justifiant ma décision que je n'aurai laissé quiconque défaire. J'avais égoïstement besoin de distance, de retrouver l'homme que j'étais. Je m'en allais pour l'Afrique lorsque j'ai vu ta silhouette apparaître à l'aéroport. J'ai compris que Sasuke redevenait le meilleur ami qu'il était, et était probablement venu te rendre visite. Tu étais belle, et tes larmes me brisaient le cœur. Je n'avais qu'une envie, venir te serrer contre moi pour te consoler. Le courage m'a manqué, j'ai reculé dans le couloir d'embarquement, fuyant. Mais le tien s'est surpassé, quand j'ai vu tes lèvres murmurer « je t'aime »… Ai-je au moins bien compris ? Aujourd'hui encore, je doute… Je souffrirais de mettre fourvoyé, car pour la première fois de ma vie, quelqu'un prononçait ces trois mots avec sincérité. Était-ce pour me retenir que tu m'as dit ces tendres mots ? Tu n'en n'avais nullement besoin. Je ne te fuyais pas, je voulais juste trouver un moyen de mieux te retrouver, et, c'est chose faite.
Tu me manques Hinata. Mon subconscient m'a enfin permit la nuit dernière de rêver de toi, et j'en étais chamboulé. Tu étais enfant, c'est drôle, je n'ai même jamais vu une photo de toi enfant. Tu te cachais derrière un arbre et m'observais. Je ne sais plus à quoi j'étais occupé, tout ce dont je me rappelle, c'est ton regard bienveillant sur moi.
Tu sais, je ne sais pas quand je compte rentrer. L'Afrique me colle à la peau et pas uniquement la poussière. J'aime être ici, mais il faut que je te retrouve. Pardonne-moi, mais je sais déjà que je reviendrais sur ce continent, un jour, pour continuer à aider. Je suis un grain de sable dans l'océan en ces terres, mon aide ne refais pas le monde, mais contribue à apaiser mon âme humaine.
Je te retrouvais bientôt, je l'espère. Tu ne seras pas obligé de m'ouvrir ta porte, mais je viendrais frapper à la tienne, car je me dois en véritable philosophe romantique de répondre à tes sentiments.
Je t'embrasse de toutes les forces qui m'habitent. Naruto. ».
Kenya, lettre du dix-sept décembre.
…
Naruto écrit la dernière ligne de sa lettre. Il expire, comme soulagé d'avoir posé ses sentiments sur le papier. La lettre n'arrivera pas avant plusieurs jours, mais il espère qu'elle sera là avant l'anniversaire d'Hinata. Elle a dû passer une année difficile sans avoir aucune de ses nouvelles. Il s'en veut d'avoir été aussi égoïste, mais il devait s'avouer qu'avant aujourd'hui, s'exprimer sur son vécu était compliqué, psychologiquement. Il se tairait dans ce qu'il vivait au jour le jour, comme s'il voulait tout cacher au monde. Ce qu'il se passait, ici, n'était pas d'origine humaine, impossible qu'une puissance sur terre est le pouvoir de semer misère et indifférence…
Ça le reprenait ! La fièvre survenue à cause de la rage ! Il était révolté ! La guerre, l'indifférence, la solitude… Ce qui le rongeait depuis son enfance était à niveau supérieur en Afrique. C'était de l'abandon pur et simple. Le continent était transparent aux yeux des puissances mondaines. Rien que de vulgaire corruption…
Naruto n'était ni un dieu ni un héros, mais ne serait-ce qu'observer le sourire de ses élèves, le rendait tout puissant ! Leur apprendre tout, l'art, l'histoire, la géographie, et même l'ingratitude des mathématiques. L'éducation, le respect, et la culture, s'ouvrir aux autres, être curieux avant d'être peureux. Même à petite échelle, il aspirait à avoir donné un peu de tout ça à ses enfants qui méritaient bien plus.
Son métier, son rôle de professeur n'avait jamais autant pris de sens qu'à cet instant. La modernité avait anéanti le concept… Être professeur ne devait pas seulement devoir dire « apprendre la réussite », c'était plus fort que ça ! C'était un véritable devoir ! Il ne faut pas se contenter d'inculquer des règles, le monde ne s'arrêtait pas sur les faits passés ! Ce qui se passe maintenant est important ! Former des Hommes avant de former des Diplômés ! Naruto avait soif de donner et partager ! Et lorsqu'il rentrerait au Japon, il changerait bien des formes de sa vie…
- Naruto !
Le concerné se retourne, il aperçoit tous ses élèves accourir vers lui. Mettant sa lettre dans la poche de pantalon, il a à peine le temps de se relever de lui-même, que tous les enfants le poussent pour le mettre debout. Ils ont l'air surexcité, qu'est-ce qui peut les mettre ainsi en joie ? Naruto croit comprendre qu'une « surprise » l'attend au camp. Le professeur est séduit, et sourit, si c'est une surprise pour lui, pourquoi sont-ils alors aussi ravis ?
Il le tire par le tee-shirt, par le bras, et bouscule son dos pour qu'il se dépêche. Ils rigolent, et marmonnent des mots que Naruto se haït de ne pas comprendre. Jamais il ne les a vus autant en joie. Que cachaient ces anges ?
Subitement, le train s'arrête, et stop l'arrivée en gare. Naruto regarde au loin, où est sa surprise ? Il observe les lieux, et ne voit rien, excepté Gymbia, deux bénévoles, et…
Naruto retient comme un hoquet, un sanglot qui venait de déborder. Ce n'est pas possible, il rêve sûrement, oui, la chaleur aura dessiné son fantasme. Tel un voyageur égaré dans le désert aride, n'ayant bu depuis plusieurs jours et apercevant une oasis, il se frotte les yeux. Mais ce n'est ni une illusion ni un mirage… C'est une jolie réalité.
Une réalité vivante, faite de chaire, une chaire qu'il a mangé plus d'une fois. Ce corps de sang se tient debout, enfilé dans un short en jeans, et un tee-shirt blanc un peu grand. Le fil de sa chevelure sombre est enroulé dans un bandana rouge, découvrant sa nuque. Aucun artifice, ni maquillage ni accessoire de beauté, rien, juste elle, elle et son âme lumineuse.
Naruto sent le sable l'emporter. Il se moue sous terre. Il n'ose pas bouger de peur de faire s'envoler le coucher du soleil. Un soleil qu'il chérit, aime à la manière d'un élu à son dieu. Il tremble, frissonne de bonheur, mais est-ce bien elle ?
- Hinata… Ose-t-il enfin murmurer
Au début, elle n'ose pas répondre à l'entente de son nom, mais vite, très vite, ses jambes insistent. Un pas après l'autre, doucement, puis la course, le râle, la cadence et l'adrénaline ! Poussé par l'élan, il s'approche, au même rythme.
Naruto et Hinata se tombent dans les bras.
Les pieds du soleil ne touchent plus le sol, emporté par la force de l'élu. Il la fait tourner, comme la terre doit tourner autour de son astre lumineux. Il s'arrête, la serre fort contre lui, pose sa tête dans son cou, et la respire. Naruto est immobile de longues secondes, il ne veut rompre le charme. Il a terriblement peur qu'elle s'évapore avec la poussière d'Afrique. Le rêve n'est pas permit ici, et son plus bel espoir est dans ses bras. C'est impensable… Il y a quelques minutes encore, il avait l'impression d'être avec elle, de lui parler, de l'aimer davantage à travers des mots déposés à l'encre sur le papier jaunis. Quelle joie, quelle chance…
Hinata se défait quelque peu de son étreinte, souhaitant justifier sa venue, mais elle n'a le temps d'imposer quelconque argument qu'il l'embrasse, avec ardeur. Ce baiser de cinéma met en joie les enfants. Ils viennent entourer ce couple, ce couple qui s'aime. Ils font la ronde, se tiennent par la main, et danse autour d'eux. Ils se mettent de leur petite voix à chanter, ils honorent la retrouvaille de deux être amoureux. Ce chant émue aux larmes Hinata, qui quitte les lèvres douce de Naruto pour dévorer des yeux ces enfants, et savourent chaque sonorité de leur chant.
Naruto devient fou, il est sous le vertige du sens même du bonheur. Il prend la main d'Hinata et celle d'une petite fille et se mettent eux aussi, à chanter et danser, sous les applaudissements de Gymbia et des bénévoles. Ce tableau est précieux, il ne coûte rien, rien à part un peu de bonté.
Après les rires, les larmes et les retrouvailles fortes en émotion, Gymbia vient voler un peu Hinata à Naruto, déjà. Agrippant son bras, elle est séduite, et la harcèle déjà de question. D'où vient-elle ? Que fait-elle ? Combien de temps allait-elle rester ? Des questions dont les réponses titillaient Naruto. Mais il n'entendra rien de cette conversation, les enfants le harcelant à leur tour de question. Qui est-elle ? Comment se nommait-elle ? Comment il l'avait rencontré ? Était-ce sa femme ? Et surtout,
- Elle est belle ! S'exclamèrent les enfants
Naruto se mit à rire. Les moments sombres qu'il pensant avoir vécu i peine un an étaient tellement lointaines et incertaines. Un chagrin d'amour n'égalait la misère en ce lieu, et Naruto respirait bien plus le Kenya que Tôkyô. Ils n'avaient rien, même pas l'espérance d'un peu de quelque chose, et la vie leur paraissait bien plus précieuse. Les sentiments et les sensations se vivaient fois mille en ce pays.
Depuis l'arrivé d'Hinata, Naruto n'avait pas pu profiter de sa présence intimement une seconde. Gymbia, les bénévoles et les enfants se pressaient autour d'elle, comme le papillon s'écrase à la lueur d'une bougie. Il fallait avouer que c'était naturelle chez elle, elle attirait, sa Hinata, intriguait même. Elle ne semblait pas avoir changé. Toujours délicate, douce et sensible. Ses élèves l'accaparaient déjà et Naruto n'existait plus.
Subitement, le professeur se fait remettre à l'ordre par Gymbia, en lui ordonnant de mettre la table, au lieu de rester planté ici comme un cactus ! Les foudres de la doyenne firent rire l'assemblée, visiblement attachée telle une mère à son fils.
Une fois que les bénévoles eurent raccompagné les enfants à leur famille, Naruto pensait que le dîner serait source de retrouvaille. Mais Gymbia continuait son enquête, et posait continuellement des interrogations à Hinata. Combien de temps était-elle là ? Deux semaines, le temps des vacances de Noël au Japon. Que pouvait-elle faire pour les aider ? Tout ce qu'ils désireraient, apprentissage, cuisine, aide au soin, soutient à l'association, absolument toutes tâches décisives à les soutenir.
Naruto était fier. Hinata avait traversé le continent pour venir à sa rencontre et souhaitait déjà être à cent pour cent avec lui, au sein de son projet. Elle l'impressionnait, toujours forte, vaillante, et courageuse. Elle ne manquait jamais d'ambition, elle ne reculait devant rien, supportée par une force suprême. Après tous les moments néfastes qu'ils avaient traversé l'an passé, aucune cicatrise ne paraissait. Elle avait tiré profit de leur histoire, de leur aventure, de leurs choix et suivre leur instinct semblait réussir à leur cœur.
La nuit était tombée. Hinata aidait Gymbia à s'occuper des dernières formalités, mais la doyenne remarquait bien l'impatience de Naruto. L'ange venu du Japon était convoité depuis son arrivée. Discrètement, elle donne un coup de coude à l'invitée, pour qu'elle puisse observer la mine empressant de Naruto. Leur regard se croise alors, et le professeur la salut d'une main timide. Rougissante, elle détourne le regard vers Gymbia, qui l'autorise déjà à partir le rejoindre. S'inclinant en signe de remerciement, Hinata se dirige avec hâte vers Naruto.
Intimidée - dans l'avion la menant de Tokyo vers le Kenya, elle avait répété sans cesse un dialogue qu'elle voulait partager avec lui. Mais onze mois sans se voir, sans se toucher, sans se parler, rendait l'atmosphère quelque peu tendue. Mais Naruto décidait de prendre la situation en main. Il observait chez Hinata, une espèce de timidité, comme s'excusant d'être venue le rejoindre. Aurait-elle dû attendre un geste de sa part avant de partir sur un coup de tête ? Un millier d'interrogation devait tourbillonner dans sa tête, et il voulait les chasser.
Proposant sa main à Hinata, Naruto la guidait dans un silence oppressant vers un endroit qu'il chérissait. Il y avait dans ce désert poussiéreux, un coin de paradis. Au pied d'un arbre parasol confortable, se trouvait un léger court d'eau. La fraîcheur rendait l'endroit agréable. Mais c'était un tout autre trésor de la nature qui allait bouleverser il en était sûr Hinata.
Installant un sac de couchage deux places entre les racines de l'arbre, il propose à Hinata de s'allonger et de lever la tête, bien haut. Suivant les conseils de Naruto, son cœur s'arrête de battre. Loin, à des années lumières de la ville, de la pollution, et des panneaux publicitaires qui empêchaient les rayons de la lune d'illuminer un beau spectacle : l'univers.
Au-dessus d'elle, un rideau d'étoile. Les astres semblaient pouvoir toucher son nez. Les scintillants étaient par millier, que pensait-elle ! Par million ! Les filantes porteuses de vœux s'enchaînaient les unes derrières les autres. Hinata pouvait prier au nombre de centaine de fois. Le tableau que lui offrait Naruto était sans voix, et ne portait pas de nom, le ciel dans son plus simple appareil, l'univers mis à nu, un drap capable de les envelopper.
Naruto enlace la main d'Hinata, et compresse ses doigts aux siens. La sensation est restée la même. Un courant électrique passe dans son sang pour foudroyer son cœur. Les frissons sont le résultat de ce contact physique. Une boule orgasmique symbole de passion et de désir s'enroule autour de son estomac. C'est fou… C'est inexplicable comme seule sa présence peu stopper le temps et faire vaciller le fantasme en évidence.
Tournant sa tête vers elle, il tombe sur un regard opaque où se sont glissées des larmes. Se positionnant sur le flanc, de sa main, il vient ôter ses perles d'eau. Puis, il caresse sa joue, glisse sur le menton et jette son pouce sur ses lèvres. Leur corps reçoit comme un décharge, et sans même comprendre l'acte, ils s'embrassent fougueusement, pousser par l'avidité. C'était comme lorsque Naruto venait chez elle le soir, pour satisfaire son appétit extraconjugal, sauf que c'était plus puissant, et bien plus moral, car l'amour unissait enfin l'ancien professeur à son élève particulière.
Naruto se positionne à califourchon sur Hinata, et sans quitter ses lèvres, il enlève son tee-shirt. Venant dévorer son cou et sa gorge, il la fait se relever légèrement pour la débarrasser de son haut également. Elle agrippe son cou, et se met à danser avec sa bouche, savourant ce goût amer. Il la fait asseoir sur ses jambes, et déguste ce baiser salé. Il caresse son dos, sa peau est trempée par la sueur de la chaleur africaine, mais c'est l'envie qui l'échaude. Et pour plus de sensation, il défait son sous-vêtement. Dans une façon gourmande, il vient titiller le point faible d'Hinata, en léchant, suçant et mordant la bille rose au bout de son sein. La ferveur de cette cajolerie, agite leur organe fébrile.
Sauvagement, il vient ainsi l'allonger, et défait son short et sa culotte. Il s'attaque à son ventre, et enchaîne rapidement la mélodie de sa partie intime. Hinata plonge ses ongles dans le sable bouillant, collant à ses mains. Elle pince sa lèvre de plaisir, et le manque de câlinerie accentue la soif d'être possédée. Défaisant à son tour son pantalon et le boxer, laissant apparaître une fierté dressé, Naruto fait durer le désir et vient embrasser Hinata. Leur baiser sensuel pourrait donner la fièvre à l'Afrique, tellement ces deux amants se sont attendus.
Avide, avide de souvenir, de passion et de délice, Naruto glisse sa main au creux d'une cuisse d'Hinata, et vient l'écarter pour laisser place à sa fierté. Les mois qui les ont séparé, ouvre l'appétit sexuelle. L'alchimie n'a pas diminué, et c'est avec douceur qu'il pénètre sa bien-aimée. Un temps certain avait séparé les amants, et Hinata reçoit une douleur imposante. Mais bientôt, les baisers brûlants de Naruto et sa bienveillance viennent calmer la souffrance, et c'est dans un chuchotement de bien être qu'il exprime leur connivence. Tenir une respiration correcte est impossible, et leur tension ferait exploser l'aiguille du tensiomètre. Leur hanche tienne une cadence folle, ils bougent à la manière des vagues sur l'océan, rondes, puissantes et s'écrasant violemment sur le large. Ils se regardent, profondément, essayant de posséder l'autre le plus férocement possible. Et c'est dans un torrent d'émotion qu'ils s'épuisent.
Naruto s'empare de la langue d'Hinata et la mord comme s'il mourrait de faim. C'est ensuite dans son cou qu'il vient exprimer sa fringale, s'il pouvait broyer son âme avec ses dents, il le ferait, il l'exécuterait tellement elle a d'emprise sur son corps. Mais il en est assez d'assouvir seulement cette femme, il suffit de la posséder comme un objet du désir, ce qu'il ressent est bien plus fort, et c'est courageusement qu'il vient à son oreille, murmurer à bout de souffle,
- Je t'aime… Je t'aime Hinata…
Au début, elle ne comprend pas, elle s'étonne même de ne pas avoir entendu ce qu'il vient de dire. Et puis, naïvement, presque futilement, trois mots hantent son esprit et elle lui demande de répéter. Vicieux, il la regarde, presque de façon mesquine. Il veut lui faire savoir qu'il la possède, il est soudainement arrogant, ou peut-être est-il simplement heureux et souhaite le faire savoir aux divinités qui apportent la miséricorde. Venant l'embrasser, tendrement, il continue sa danse, jusqu'à l'entendre jouir, oui, sa jouissance est la sienne.
Attrapant ses épaules, Hinata s'accroche à lui, elle a l'impression de tomber, de chuter dans un gouffre et c'est ressentant tous ses organes se contracter qu'elle expire un cri de plaisir.
Les épaules de Naruto sont soudainement prises en otage par ses ongles, et le tire vers elle pour sentir son corps chaud contre le sien. Elle ne veut plus le lâcher ni le laisser partir. Il lui a manqué, horriblement.
Après avoir repris leur esprit, ils s'emmitouflent tous deux dans le duvet. Naruto vient prendre Hinata dans ses bras, et donne des papouilles à son dos nu. Ils savourent encore l'effet de l'orgasme, souriant, bêtement, et profite de l'instant.
Mais Naruto est rapidement curieux, il veut tout savoir d'Hinata, et souhaite aussi avoir des nouvelles de ses proches.
- Parles-moi de toi… Glisse-t-il
Hinata est morose. Naruto va rapidement être déçu. Elle n'a rien accompli d'aussi glorieux que lui. Tout ce qu'elle a entrepris, c'est en fonction de lui. Elle a eu son examen en mars, et est passée en deuxième année, pour que Naruto puisse être fier. Elle a pris comme matière principale la littérature, l'histoire et la philosophie, en soit, ce qu'il avait choisi à l'époque où il était étudiant. Ses soirées servaient à s'enivrer de livre, de récit, de nouvelle, de poésie, toute lecture qu'il avait auparavant dévorée, afin de se rapprocher encore et toujours de lui. Les samedis et dimanches étaient consacrés à son travail de serveuse dans le café où il se réunissait avec Ayame pour parler philosophie. Ce travail finançait le voyage qu'elle préparait depuis des mois avec hâte partir à destination du Kenya. Rien n'avait été laissé au hasard dans le cœur amoureux d'Hinata, qu'importe où, quand et quel pas elle faisait, il fallait qu'il se dirige vers Naruto.
Naruto se sent flatté. Il est comme un modèle, une muse dont l'artiste n'arrive à complètement se satisfaire. Il n'imaginait pas avoir tant d'importance pour Hinata, et c'est encore plus amoureux qu'il plonge son regard dans le sien. Il sourit, ne sachant quel autre mot employer que bonheur. Ce mot laissé longtemps de côté par peur de la vérité. La solitude avait longtemps tenue compagnie à Naruto, pour laisser place à l'exil au côté de Sakura. Il se voyait encore en jeune homme naïf, prêt à tout pour prouver n'importe quoi à n'importe qui.
Sa rencontre avec Hinata l'avait stabilisé, remettant en place petit à petit qui il était. Un homme indépendant, généreux et actif. Il avait retrouvé l'amour de l'éducation, de la curiosité et le sens de l'amitié. Le courage avait regagné son âme. Hinata ne savait à quel point Naruto avait autant besoin d'elle qu'elle semblait avoir besoin de lui.
Embrassant le bout du nez d'Hinata, il vient respirer son parfum et c'est en catimini qu'il dépose sa tête contre sa poitrine. Elle le serre, précieusement, ne parvenant encore à complètement réaliser qu'ils sont à nouveau réunis et surtout, unis.
- Et comment va Kiba ? Demande-t-il, prétentieusement
Hinata se met à rire. Naruto n'a pas oublié son malheureux « rival ». Que ce jaloux se rassure, Kiba est accompagné d'une charmante jeune femme. Mais il est vrai qu'ils sont toujours amis, et proches.
Naruto rage un peu au fond de lui. Il est certain que Kiba n'est pas le seul homme à s'être intéressé à Hinata. Et savoir qu'un homme puisse s'imaginer à ses côtés le met éternellement en colère. Mais la jalousie dont il fait preuve aujourd'hui est saine. Ce n'est plus une question d'emprisonnement, juste la nature néfaste incontrôlable des sentiments. Il a parfaitement confiance en Hinata, et il sait qu'aucune trahison ne se hissera entre eux.
- Et Ayame et Sasuke… ? Sourit-il
- Et bien, ils se sont mariés en juillet, et ils attendent un heureux événement pour le mois d'avril…
- Vraiment !
Naruto se relève de surprise. Ce couple était indomptable et imprévisible. Ayame et Sasuke s'étaient mariés sur l'île d'Okinawa, sans convive, sans festivité, juste tous les deux. Les témoins ? Les patrons de l'hôtel où ils logeaient pour leur lune de miel. Au début sans voix, Naruto se disait que ce mariage était à leur image. Amoureux et libre, seuls contre le monde entier. Leur union serait bientôt en plus, symbolisée par la venue d'un petit garçon. Il était heureux pour ses deux amis.
- Ils espèrent que tu seras le parrain… Glisse émue Hinata
- Moi ? Riait-il nerveusement
Naruto avait un sentiment d'honneur. Sasuke était comme un frère dans son cœur, et savoir qu'il serait un ange gardien pour son futur enfant le rendait fier. L'image de son meilleur ami père le troublait un peu. Sasuke devait appréhender ce jour. Difficile de devenir une figure emblématique familial lorsqu'on a grandi sans.
Hinata et Naruto discutèrent tardivement. L'osmose se fluidifiait naturellement, jamais interrompue. Ils ne cherchaient pas à justifier leur séparation, elle avait été nécessaire, et ponctuelle. Être ensemble était une certitude, bavarder, se regarder, s'embrasser, toucher l'autre avec seulement son cœur.
Mais ce qui inquiétait Hinata, c'était le silence de Naruto sur son bénévolat en Afrique. Elle imaginait qu'il avait vécu des jours très sombres et d'autre d'espoir bien que plus rare. Vivre ici, au cœur même de la misère du monde devait être difficile à exprimer avec des mots. Pour regarder droit dans les yeux la détresse, il fallait des reins solides et ne pas faiblir. Hinata ne doutait pas que Naruto possède cette force, mais il était aussi du genre à tout garder pour lui, jusqu'à que l'injustice le fasse sortir de sa léthargie.
Hinata l'observe s'endormir paisiblement. Elle est bouleversée. C'est incroyable avec qu'elle force il la serre contre lui. Le sommeil l'a assommé et il semble lourd. Rare ont dû être les nuits complètes pour Naruto. Toujours sur le qui-vive, Gymbia avait su expliquer à quel point il était impliqué, même un peu trop. Son bien-aimé ne parvenait pas à modérer ses actes, et prenait absolument tout à cœur. Il fallait modérer sa sensibilité pour être bénévole. Car à défaut de passer pour des sauveurs, des héros, ils devaient se contenter d'être seulement une aide, un petit plus.
Invraisemblable pour Naruto.
. . . . . .
Hinata se passe de l'eau sur le visage. La chaleur est intenable. Son corps a des difficultés à supporter les rayons du soleil cognant, frappant, mutilant sa peau. L'hydratation est un combat, et une toux grasse habite ses bronches depuis trois jours.
Naruto la rassure, en certifiant qu'il était bien plus minable à son arrivée. Il vient lui porter une tasse de thé chaude, accompagné d'un peu de miel. Sa gorge devrait être soulagée après ce breuvage.
- Ça fait cinq jours que je suis là, et je suis une enfant de plus à ta charge ! Ironise-t-elle
Naruto est attendrit. C'est vrai, il veille davantage sur elle, surveillant tout ce qu'elle touche, mange ou boit. Ceci dit, c'est bien plus un plaisir qu'une corvée. Il lui semble bien plus que naturelle de veillait sur sa moitié.
Embrassant son front, il prend sa main pour la guider vers l'école. Les enfants ont hâte de participer à leur atelier peinture, organisée par Hinata. Naruto a mis en place l'éducatif, et sa bien-aimée, l'amusement. Un mélange bien plus divertissement pour ces tous jeunes enfants. Le thème d'aujourd'hui serait de peindre un poème qu'ils avaient appris. Malgré son air de « sauveur », Naruto n'en restait pas moins un professeur souhaitant toujours apporter une touche d'apprentissage et de créativité.
Hinata s'amusait de ce professeur-là. Le presque rigide et concis Monsieur Uzumaki était éteint. Le philosophe avait laissé place à la susceptibilité. Naruto était plus libre de penser. Aucune règle n'entourait sa formation. Envolées la sagesse et la sérénité, place à la folie, l'indépendance et la désinvolture.
Alors qu'ils s'amusaient, profitaient de l'instant présent, en savourant les rires des enfants et leurs petits doigts tâchés de toutes les couleurs par la peinture, un nuage noir se posait de nouveau sur l'instant de bonheur. Une petite fille au premier rang se mis à vomir. Approchant l'enfant, Hinata et Naruto s'inquiétaient d'apercevoir du sang.
Naruto prit rapidement l'enfant dans ses bras, accourant vers le camp des médecins, pendant qu'Hinata partit chercher les parents. Arrivant sous la tente, les nouvelles ne furent pas bonnes. La fièvre jaune avait agrippé le corps de la délicate enfant. Pourtant tous vaccinés grâce aux dons de l'association, la maladie avait trouvé un moyen de s'accrocher. Il fallait qu'elle soit d'urgence amenait à l'hôpital de Nairobi. L'ambulance partie sur les chapeaux de roues, laissant derrière un nimbus de poussière, où se dessinait le désespoir.
La délicatesse et la douceur de Naruto disparaissaient pour laisser place à la colère de cette épouvantable injustice. Il mit un coup de pied dans un sceau de fureur. Hinata s'approche de lui, essayant de poser une main réconfortante sur son épaule, mais il la rejette, et s'éloigne du camp. Elle souhaite partir à sa poursuite, mais Gymbia la retient, en lui conseillant de le laisser seul.
La doyenne explique à Hinata que c'est le sixième enfant qui quitte le village. Les cinq premiers ne sont pas revenus, emportés par la même maladie. Les bénévoles expérimentés mentiraient de dire qu'ils sont « habitués » car comment s'accoutumer de la mort. Impossible… Mais c'est l'insupportable quotidien qu'ils ont choisi. Toutefois, pour Naruto, c'était difficile de se contenter de subir. L'injustice lui donnait la nausée et il en voulait à la terre entière.
La nuit était tombée depuis de nombreuses heures, et Naruto n'était pas revenu encore au camp. Hinata commençait à s'inquiétait, mais Gymbia la rassurait en lui certifiant qu'il ne tarderait plus. Après le dîner, elle décide de partir dans leur boma habitation typique du Kenya. S'allongeant sur le lit, Hinata se sentait terriblement impuissante. Savoir qu'elle ne pouvait rien pour l'homme qu'elle aimait la mettait dans un état d'infériorité.
Hinata se désespère. La désagréable impression de ne pas comprendre Naruto la terrifie. Une crise de colère, elle l'avait déjà observé chez lui, lorsqu'il se mettait à être un jaloux féroce. Aujourd'hui, quelque chose de plus grand rugissait en lui la désagréable impression de ne rien pouvoir faire face à l'injustice. Les dés étaient jetés sans que personne ne puisse parier.
La frustration la gagne également. C'est une rancune universelle !
Jetant son regard dans la pièce, elle cherche désespérément une réponse entre les murs de paille. Subitement, un détail attire son attention. Elle se lève du lit et part à la rencontre de ce qui la perturbe. De loin, elle semblait avoir lu son nom, et en penchant la tête, son idée se confirme. L'objet du délit se trouve dans la poche arrière d'un pantalon de Naruto. « Hinata » est inscrit à l'encre sur une feuille pliée en quatre. D'abord hésitante, elle se refuse à jouer les curieuse ! Mais son prénom calligraphié par l'écriture de son bien-aimé l'intrigue, et le fait basculer dans l'indiscrétion. S'emparant un peu tremblante de la lettre, elle recule jusqu'au lit et s'assoit. Le papier tourne et se retourne entre ses deux mains, confuse, presque incertaine. La peur de découvrir ce qu'elle contient l'effraie sûrement. Bien que, l'instinct humain prend vivement le pas sur la raison, et s'est angoissée, et impatiente qu'elle déplie la lettre.
- « Je viens me poser au pied de cet acacia parasol dans la forêt du Kenya… »
Naruto commence toute de suite sa lettre en parlant de l'Afrique. Une bonne partie de ce courrier intime en fera référence par ailleurs, et Hinata comprend. Son bien-aimé vient de trouver une nouvelle maîtresse : ce continent appelé le « berceau de la vie ». Ce pays lui joue une mélodie envoûtante. Elle perçoit la passion, et l'appétit, la soif, le déraisonnable. C'est la plume d'un convaincu qui parle, mais pas d'un résigné. Sa modestie s'exprime, et son cœur hurle la ferveur. Il n'attend humblement ni merci ni félicitation, il voudrait que le monde l'écoute, l'entende, et surtout, tende l'oreille aux cris de désespoir de l'Afrique. Hinata comprend l'acharnement de celui qu'elle aime encore plus…
Quelques larmes salées viennent faire des tâches sur le papier, créé par la dilution de l'eau sur l'encre. Hinata est émue par tant de conviction et d'appel au secours. Naruto pourrait se tuer à la tâche, il serait prêt à tout donner pour soulager ne serait-ce qu'un minuscule bobo. La leçon est tirée, et la conclusion médiocre. À travers ses mots, elle frisonne, et arrive pratiquement à ressentir tout ce que Naruto a vécu, ici, au Kenya, seul avec ses principes et ses valeurs.
Hinata sursaute, elle vient de sentir un baiser dans la nuque. Se retournant, elle aperçoit Naruto, accoudé à la fenêtre.
- Tu as trouvé ma lettre… Sourit-il
- Excuse-moi,-je…
- Tu n'as pas à t'excuser puisqu'elle t'était destinée… Dit-il, embrassant sa joue
Hinata se met à rougir. Au-delà du message, elle en n'oubliait qu'il avait pensé à lui écrire, à lui donner de ses nouvelles, qu'il comptait revenir pour elle et répondre à ses sentiments. Poussée par un élan amoureux, Hinata se jette au cou de Naruto et l'embrasse, passionnément. Séduit, comme à chaque contact avec ne serait-ce qu'un grain de sa peau, Naruto soulève son corps et passe par la fenêtre pour atterrir sur le lit avec sa bien-aimée. Ils riaient, se câlinaient, être en contact redonnait toujours force et courage.
Le jugement dernier était dicté : ils ne vivraient plus l'un sans l'autre.
. . . . . .
Hinata essuyait une larme pendant que Naruto déposait une fleur sur un dos de sable. La petite fille qu'ils avaient essayé de sauver quelques jours auparavant avait succombé à la fièvre jaune. Un ange de plus confié au ciel par l'indifférence de l'humain sur terre.
Dans trois jours, Hinata devait repartir pour Tokyo, et l'idée de laisser seul Naruto après ce jour funèbre l'effrayait. Elle serrait sa main dans la sienne à lui couper la circulation du sang. Il ne disait rien, n'avait pas une expression particulière sur le visage… Est-ce que lui aussi commençait à s'habituer ? Jouer les résignés ne faisait pas partit de sa personnalité ! À quoi pouvait-il bien penser… ?
Retournant au camp, c'est dans un silence sans profondeur qu'il s'installe à son petit bureau en bois, et prépare les leçons de demain. Hinata vient poser ses mains sur ses épaules, en signe de présence, et il réagit. Il vient la faire s'asseoir sur ses genoux, et dépose sa tête dans son cou. Elle peut sentir toute la lourdeur et la peine de ses pensées. Elle le sait fatigué, épuisé, et attristé. Mais il ne montrait rien pour ne pas inquiétait.
- Naruto… Est-ce que tu veux que je reste un peu plus longtemps… ?
Il sort la tête de son cou. Il regarde sa moitié avec un regard charmé. Il était certain qu'elle proposerait de rester encore quelque temps, avec lui, pour l'épauler et bien évidemment, pour soutenir encore l'association. Mais,
- Ce n'est pas la peine…
- …
- Je vais rentrer en même temps que toi…
Hinata est stupéfaite par cette décision ! Est-ce qu'il y réfléchit depuis longtemps ? Où fait-il ça pour elle ?
- Non ! Déclare Naruto
- Quoi… ?
- Je veux rentrer avec toi pour commencer notre nouvelle vie… Et pour aucune autre raison…
Hinata lui sourit, mais tristement. Elle sait que le cœur de Naruto pleure déjà, et qu'à peine arrivé à Tokyo, il allait programmer déjà son nouveau départ pour le Kenya. Vivre loin de lui ne serait sensation facile ni agréable à vivre, mais elle respectait sa vaillance, et elle était incommensurablement fière de lui.
- Tu es un homme bien… Naruto…
- Je le dois au belles rencontres que j'ai eu la chance de faire… Dit-il d'un clin d'œil
- Ah, ah, tu me refais ton numéro de charme ! Se moque-t-elle
La moue d'Hinata les emmène à rire, tous deux et ils s'embrassent, égoïstement heureux.
L'air qu'ils respirent, les sons qu'ils grommellent, les gestes qu'ils dessinent, et les moments qu'ils partagent…
L'amour…
. . .
Hinata regarde par le hublot les lignes du Kenya s'éloigner. Naruto est assis côté fenêtre, et détourne le regard. Sa tête est fixe, et n'a pas bouger depuis le décollage. Il pleure, encore. Il n'a cessé de pleurer depuis le premier rayon du soleil de ce matin.
Naruto avait fait sa valise à la dernière minute, comme voulant retarder ce départ. Peut-être que s'il restait fixe, le temps se paralyserait lui aussi… Il avait les gestes lourds et lents. Il ne parlait pas, ayant peur de faire s'échapper un sanglot. Il avait réussi à tenir. Au moment de saluer les bénévoles, il était resté calme, et même souriant, les remerciant pour leur accueil. Même lorsque Gymbia s'était effondrée dans ses bras, aucune preuve de tristesse ne c'était fait voir. Pourtant, la doyenne pleurait fort, prononçant une prière dans sa langue maternelle pour qu'un Dieu veille sur lui. Elle l'avait embrassé comme une mère, et tenue ses joues pour que leur regard soit une dernière fois l'un dans l'autre. Malgré la fierté de Naruto, malgré la force de l'homme, malgré qu'il se doive de tenir bon, l'armure s'était fissurée.
Comment résister à douze élèves qui viennent sauter dans vos bras, vous embrasser, vous remercier… Comment ne pas s'effondrer devant leur mine amaigri, mais toujours debout et brave. Comment retenir des larmes devant des enfants se tenant par la main et chantant une chanson de départ à leur professeur.
Le chauffeur qui les menait à l'aéroport avait presque dû arracher Naruto à ces enfants. Il ne voulait pas les lâcher, il les tenait dans ses bras, savourant chaque maudite seconde qui s'écoulait. Il voulait encore les entendre, les sentir, les regarder…
Bien obligé de céder, Naruto avait attrapé vivement la main d'Hinata et s'était assis dans la camionnette. Les enfants avaient couru derrière le véhicule, jusqu'à l'abdication.
Hinata place sa tête sur l'épaule de Naruto, et il vient poser sa tête sur la sienne. Il ferme les yeux et se concentre sur le parfum de sa bien-aimée, qui apaise son cœur, et console son âme. Le retour à Tokyo serait difficile, épuisant psychologiquement, mais imaginer déjà tout ce qui l'attendait avec Hinata lui redonnait du baume au cœur. Et puis,
- Tu reviendras… Avec moi… Demande-t-il, souriant affectueusement
- Oui… Sourit-elle, tendrement
La page Kenya se fermait, mais un chapitre nouveau serait réécrit par Naruto et Hinata.
à suivre…
