Salut, salut!

Merci pour votre accueil!

(KikaInLove1: j'espère que la suite te plaira aussi!)

Voici la suite, je vous avais dit que ça irait vite. Et il est probable que le chapitre 3 suive en fin d'après-midi si j'ai le temps.

N'hésitez pas à me laisser vos commentaires ou juste à me faire un petit coucou à la fin.

Biz

Lily


2- Sights

Pov Bella

« Il est encore en train de dévorer des yeux. » me souffla Alice à l'oreille.

Sans détourner les yeux du professeur sur son estrade et sans en avoir vraiment quelque chose à faire, je demandai tout de même :

« Qui ?

- Armoire à glace au troisième rang. » me répondit-elle et, comme je ne devais pas lui accorder assez d'attention à son gout, elle me décocha un petit coup d'épaule qui me fit définitivement perdre le fil de l'explication compliquée de notre professeur d'économie.

Je soupirai en fronçant les sourcils mais elle insista en m'indiquant la dite armoire à glace sur notre gauche.

Pour lui faire plaisir, je jetai un rapide coup d'œil et rencontrai brièvement un regard noir et expressif qui s'illumina d'un sourire le temps que dura notre bref échange.

J'avais déjà remarqué ce type. Il partageait ce cours avec nous tous les mercredis matin et il me semblait que nous étions également ensemble dans un ou deux autres cours… il m'avait tenu la porte une fois où j'étais arrivée en retard. Du moins je croyais bien que c'était lui.

« Il est craquant… » minauda Alice en mordillant un crayon.

Je soupirai à nouveau en souriant.

« Mouais… pas mal. » ajoutai-je. « Rien ne t'empêche de lui demander de te porter ton sac après le cours.

- Bien sûr que si. » objecta-t-elle.

Je souris en lui lançant une œillade.

« Tu as la frousse ? » demandai-je pour la taquiner, sachant pertinemment que rien n'arrêtait mon amie quand elle avait flashé sur un mec.

« Pas du tout. » contra-t-elle. « Mais ce n'est pas après moi que cet apollon en a. »

Je tentai un nouveau bref coup d'œil.

Armoire à glace avait reporté son attention sur le cours, ne nous montrant maintenant plus que son profil concentré. Avec sa peau mate et ses épais cheveux noirs en bataille, il était plutôt agréable à regarder. Il semblait presque trop grand pour son pupitre et ses muscles jouaient sous les manches longues de son tee-shirt noir quand il bougeait le bras pour écrire.

C'était vrai qu'il n'était pas mal.

Mais j'aimais les hommes moins imposants, moins carrés, plus roux…

« Ça fait plusieurs cours qu'il te matte comme ça. » continua Alice, me ramenant sur Terre alors que mon esprit commençait à divaguer malgré moi.

« Je ne suis pas intéressée. » répondis-je simplement.

« Pourquoi ? » s'offusqua-t-elle bruyamment, nous valant un regard sévère du professeur qui lui cloua le bec jusqu'à la fin du cours.

Mais croire qu'elle lâcherait là l'affaire était bien mal connaitre Alice Cullen.

« Pourquoi ? » revint-elle à la charge à peine la porte de l'amphi franchie.

Je marchai d'un pas résolu vers mon prochain cours pour éviter un interrogatoire en règle.

« Parce que je n'ai pas la tête à ça. » répondis-je en la distançant.

Je savais que son prochain cours l'attendait dans la direction opposée.

« Comme tu veux. Tu finiras vieille fille ! » s'écria-t-elle avant de tourner les talons, attirant sur moi les regards amusés de quelques étudiants qui trainaient par là.

Pour une fois, j'arrivai avec quelques minutes d'avance au cours de littérature comparée du professeur Banner, ce qui me permit de m'installer tranquillement à une table au milieu de la salle et de penser à ces derniers mois.

La routine universitaire était bien installée maintenant.

Nous arrivions déjà à la fin du mois de Novembre. Demain, c'était Thanksgiving et j'allais retourner chez mon père pour la première fois depuis la rentrée scolaire.

J'étais excitée comme une gamine à cette idée car Charlie me manquait, même si je m'étais très bien faite à ma nouvelle vie.

Alice et moi n'avions finalement qu'un cours en commun trois fois par semaine, mais nous nous retrouvions tous les midis pour déjeuner. Au fur et à mesure des semaines, nous avions rencontré d'autres étudiants qui étaient devenus des amis avec qui nous passions pas mal de temps.

Il y avait Angela et Ben, avec qui je suivais la plupart de mes cours. Jessica, ma camarade de chambre, avec qui le courant passait plutôt bien, et sa cousine Lauren. Quant à Alice, elle avait sympathisé avec Démétri qui partageait la même passion pour la haute couture qu'elle. Ces deux-là étaient fait pour se rencontrer, même si, deux jours à peine après leur rencontre, les quelques espoirs qu'Alice avait nourris concernant une éventuelle romance avaient volé en éclat quand il lui avait présenté Félix, son petit copain. Mais elle en avait vite pris son parti et profitait à fond de la complicité qui s'était nouée entre eux.

J'en étais presque jalouse.

Le soir, après les cours, notre petite bande allait souvent travailler à la bibliothèque qui était vite devenu un de mes endroits préféré du campus.

Mais, ce que je préférais par-dessus tout, c'était quand nous sortions au Mc Carthy's.

Quand nos nouveaux amis avaient découvert le bar, ils l'avaient immédiatement adopté. L'ambiance y était vraiment bonne et nous y avions vite pris nos habitudes, juste pour boire un verre ou pour y passer des soirées plus mouvementées.

Evidemment, moi, ce qui m'attirait le plus dans cet endroit, c'était Edward.

J'avais beau passer énormément de temps chez lui, voir même passer régulièrement des nuits dans la chambre d'Alice, les occasions de passer du temps avec lui étaient rares. Il rentrait tard de ses services au bar et se levait après mon départ. Quant à la journée, sa thèse occupait la plupart de son temps libre.

Alors je me rassasiais de lui en passant du temps au Mac Carthy's.

Il travaillait et ne passait jamais ces soirées avec nous. Je devais me contenter de l'observer de loin, mais je ne me lassais pas de le voir bouger, sourire, parfois charmer quelques clientes. Je devais m'avouer à contre cœur qu'il avait beaucoup de succès et j'étais persuadée qu'il était en grande partie la raison de la forte fréquentation féminine de l'établissement. Et il ne se privait pas pour en profiter.

Alice appelaient ces filles qui lui tournaient autour « ses pouffes ». Et je serrais les dents quand elle me racontait être tombé sur l'une d'elle en petite tenue dans la salle de bain de leur maison ou devant le frigo.

J'aurais tout donné pour être à leur place, juste une fois. Pour être l'objet d'un de ses regards appuyés, pour savoir que son sourire charmeur m'était destiné, même si je voyais bien qu'il n'était pas très correct avec elles.

Car la pouffe ne revenait jamais deux fois de suite hanter la salle de bain ou la cuisine d'Edward.

J'avais presque pitié pour elles quand elles revenaient à la charge.

Pfff ! Qui croyais-je duper ?

Je jubilais intérieurement quand il les jetait.

Et, à ces moment-là, je recommençais à apprécier les sourires qu'il m'adressait, à moi, personnellement. Ils n'étaient jamais charmeurs, mais sincères, et toujours accompagnés de ce clin d'œil qui me faisait rougir.

Parfois, je surprenais son regard sur moi et, l'espace d'une infime seconde, mon cœur cessait de battre car je croyais y voir une lueur qui n'y était pas avant, à Forks. Mais elle disparaissait aussi vite et il recommençait à me regarder comme il regardait sa sœur, comme il me regardait quand j'avais sept ans.

Ce soir-là, étant donné que commençait le lendemain un long week-end de congé, Alice me proposa une soirée détente chez elle. Au programme : malbouffe, films à l'eau de rose et téquila et surtout, surtout, pas le moindre livre ni la plus petite allusion aux examens qui nous attendraient à notre retour de Forks après Thanksgiving.

A 22 heures, un Dirty Dancing et une demie bouteille d'alcool fort plus tard, nous étions toutes les deux vautrées dans le canapé du salon d'Edward, mes jambes étendues sur les genoux d'Alice qui essayait tant bien que mal de peindre chacun de mes ongles de pied d'une couleur différente quand la porte d'entrée claqua.

Alice réagit à peine mais mon sang ne fit qu'un tour quand Edward entra dans le salon d'un pas lourd et se laissa tomber dans un fauteuil.

« Salut mes beautés. On s'amuse ? » demanda-t-il en souriant quand il découvrit l'air concentré de sa sœur alors qu'elle se penchait en tirant la langue sur mon pied droit.

« Qu'est-ce que tu fais là ? » demanda Alice sans détourner les yeux. « C'est une soirée privée. »

Il émit un éclat de rire bas et viril qui fit écho directement dans mon ventre.

Putain…

A travers les brumes de la téquila, il était encore plus beau qu'avant. Et moi j'étais pieds nus, le jean retroussé jusqu'aux genoux et probablement pas épilée comme j'aurais aimé l'être devant lui.

Tuez-moi maintenant.

« Je suis encore chez moi dans ce salon de beauté il me semble. » se moqua-t-il en attrapant la télécommande. « La plupart des étudiants sont rentrés chez eux pour les fêtes. Il n'y avait pas assez de boulot au bar alors je suis rentré pour regarder le match de baseball. »

« Il a raison. » osai-je en essayant de dégager mon pied. « Je devrais peut-être y aller. »

« N'y pense même pas ! » s'écria-t-elle en agrippant ma cheville. « Je suis en train de réaliser un chef d'œuvre. »

Son regard noir me dissuada de tenter le moindre mouvement et je me laissai reposer prudemment sur le canapé.

« Quant à toi ! » dit-elle en pointant vers son frère un pinceau de vernis laqué rouge vif et menaçant. « Repose cette télécommande tout de suite. Sandy va se rendre compte que Danny est dans le même lycée qu'elle. C'est le meilleur passage du film. »

Edward reposa l'objet du conflit comme s'il s'était agi d'une bombe et, quand Alice, rassérénée, se pencha à nouveau sur sa tâche, échangea avec moi un regard qui en disait long sur ce qu'il pensait de l'état mental de sa sœur.

Je dus me mordre la lèvre pour ne pas éclater de rire.

« Qu'est-ce que tu fais au juste ? » feignit-il de s'intéresser.

« Je rends notre Bella irrésistible. » répondit-elle avec le plus grand sérieux en soufflant sur mon gros orteil.

« Comme si j'allais exhiber mes orteils en plein mois de Novembre. » la contrai-je.

Elle releva vers moi un regard malicieux qui ne me dit rien qui vaille.

« Qui sait… On ne sait jamais quand l'occasion de se dénuder peut se présenter. » dit-elle. « Et peut-être que Jacob aime les filles qui s'entretiennent. »

Je restai bouche bée. Qui c'était Jacob ?

« Qui est Jacob ? » demanda Edward, m'ôtant les mots de la bouche.

« Un gars de notre cours d'économie. Il a flashé sur Bella. » répondit elle avec le plus grand calme, comme si elle commentait la météo.

Armoire à glace ?

Comment elle connaissait son nom ?

« Tiens donc… » se contenta de commenter Edward en me vrillant rapidement d'un drôle de regard.

Je sentis mon cœur battre à mes tempes.

Alors qu'elle tenait mon talon dans une main pour lever mon pied vers son visage et inspecter son travail. Alice fouilla de sa main libre dans la poche arrière de son jean et en sortit un morceau de papier plié en deux.

« Il m'a donné son numéro de téléphone pour toi. Il aimerait vraiment que tu l'appelles. » ajouta-t-elle en insistant sur le « vraiment ».

J'étais scotchée, sans voix.

Je n'avais pas du tout envie d'avoir cette conversation ici, avec Edward comme spectateur.

« Je t'avais dit que je n'étais pas intéressée. » objectai-je.

« Oh allez, Bella ! » se moqua-t-elle.

« Non ! » m'écriai-je. « Je t'ai dit que je n'avais pas la tête à ça pour l'instant. »

« Mais quoi ? Il est mignon ! Et puis qui te demande de l'épouser tout de suite ? S'envoyer en l'air n'engage à rien.

- Alice ! » m'écriai-je, mortifiée.

J'avais envie d'attraper un coussin pour cacher mon visage que je sentais devenir rouge pivoine. Et le regard d'Edward sur moi n'arrangeait rien.

Alice se redressa pour me faire face, oubliant totalement son frère derrière elle qui, pour autant, ne perdait pas une miette de tout ce qu'elle disait.

« Je suis certaine qu'il vaut le coup. » insistait-elle. «Et puis il est grand temps qu'un mec bien te fasse grimper au rideau. Tu vas avoir dix-neuf ans ma vieille.»

Cette fois elle allait trop loin et l'alcool me montait à la tête.

« Mais je ne suis plus vierge depuis un moment je te signale ! » m'énervai-je.

« Oh je t'en prie ! » s'écria-t-elle en levant les yeux au ciel. « Ce pecnaud de Mike ne compte pas.

- Mike n'était pas…

- Si, il l'était ! » me coupa-t-elle. « Un mec qui ne sait pas comment s'y prendre pour faire jouir sa partenaire, ce n'est rien de plus ! »

Mon cœur cessa de battre sous les effets combinés de la honte et de la colère.

Comment avait-elle pu lâcher ça, là, maintenant, devant…

J'allais mourir de honte.

Je me levai précipitamment, hésitant entre m'enfuir en courant et lui balancer tous ses tubes de vernis à la figure.

« Alice, tu dépasses les bornes… » murmura alors Edward, rappelant par la même occasion sa présence à Alice qui ouvrit des yeux effrayés en réalisant ce qu'elle venait de dire.

Elle se leva aussitôt et m'attrapa par les épaules pour m'étouffer sous un des câlins dont elle avait le secret.

« Oh merde, Bella. Je suis désolée. Je n'aurais jamais dû dire ça. Ça m'a échappé. »

Elle semblait vraiment embêtée mais je n'en étais pas moins mortifiée. Alors je fermai les yeux très fort pour imaginer une seconde que je n'étais pas vraiment là.

Mais la pièce se mit à tourner.

Je n'aurais pas dû boire autant de téquila.

Quand je rouvris les yeux. Alice me regardait en faisant ses yeux de chien battus, ce même regard qui me faisait lui céder chaque fois qu'elle me demandait quelque chose. Là elle suppliait pour mon pardon… Et j'étais faible.

Je lâchai un faible éclat de rire en secouant la tête.

« Excuse toi. » réclamai-je tout de même.

« Pardon. » minauda-t-elle avec une moue adorable. « Mais, pour ma défense, Mike est vraiment un pecnaud. »

Cette fois ci, je ris franchement avec elle.

« Tu ne peux pas dire ça… » essayai-je de le défendre. « Il n'était juste pas… »

…Edward.

Je n'avais pas d'autre explication à lui fournir donc je laissai ma phrase en suspend mais mes yeux croisèrent le regard trop sérieux, presque tourmenté, d'Edward par-dessus son épaule et je rougis à nouveau.

« Il faut que j'y aille. » dis-je en faisant un pas de côté.

Mais je trébuchai sur le tapis en essayant d'attraper mes chaussures et je manquai une fois de plus de m'étaler de tout mon long au milieu du salon.

Une poigne chaude et forte me retint pourtant et me remit bien droite sur mes jambes.

« Tu as l'intention de prendre le métro dans cet état ? » me demanda Edward en me vrillant de son regard à nouveau rieur.

« Ce n'est pas comme si j'avais le choix. » rétorquai-je d'une voix légèrement pâteuse.

Il sourit en secouant la tête sans me lâcher le bras.

« Hors de question que je te laisse partir comme ça. En plus il pleut à seaux là dehors. Je te raccompagne. »

L'information créa un court-circuit quelque part entre mes oreilles et mon cerveau.

Il voulait me raccompagner.

Moi.

Seule.

Avec lui.

Dans sa voiture.

« Hey bébé ! Tu peux rester dormir là si tu préfères. » M'interpela-t-il depuis l'entrée où il commençait déjà à jouer avec ses clefs de voiture.

Je secouai la tête pour me remettre les idées en place.

« Non, je… Je n'ai pas encore fait ma valise… Il faut que je rentre. »

Depuis le canapé, Alice fit un commentaire comme quoi la sienne était prête depuis plus d'une semaine et que je n'avais pas intérêt à être en retard le lendemain matin pour le grand départ, mais je n'y prêtai pas vraiment attention et me dirigeai comme sur un nuage vers mon prince qui me tenait la porte ouverte.

Il avait raison.

Dehors, il pleuvait des cordes mais je sentis à peine l'eau s'infiltrer dans le tissu de mon pull blanc sur le court trajet qui nous séparait de sa voiture garée sur le trottoir.

« Tu n'es pas plus habillée que ça ? » s'étonna-t-il en mettant le contact et en poussant le chauffage à fond.

Je secouai la tête pour dire non.

Il soupira de mécontentement et ça me fit sourire. Il avait toujours pris soin de moi.

Les premiers kilomètres se déroulèrent dans un silence qui devint de plus en plus pesant au fur et à mesure que je me rappelais la conversation à laquelle il venait d'assister et le regard bizarre qu'il avait eu sur moi alors. Si bien que, au bout de quelques minutes, je me sentis obligée de prendre la parole.

« Je suis désolée…

- Pour quoi ? » demanda-t-il en levant un sourcil.

« Alice… Ce qu'elle a dit… Tu n'étais pas censé entendre ça. »

Il rit doucement.

« Ne t'inquiète pas, mes oreilles en ont entendu de bien pires ! J'ai juste tendance à oublier que ma sœur et toi n'êtes plus des bébés. »

Je souris sans vraiment en avoir envie.

Un bébé, voilà comment il me voyait.

« Tu comptes l'appeler ? » demanda-t-il, coupant court à mes réflexions déprimantes.

« Qui ça ?

- ce type là. De ton cours d'éco.

- Oh… Non. »

Son visage ne refléta pas la moindre émotion.

« Pourquoi ? » insista-t-il cependant.

Je le regardais alors intensément, crevant d'envie de tout lui dire.

Je ne vais pas l'appeler parce que c'est toi que j'aime Edward. C'est ton visage que j'ai envie de caresser, ta bouche que j'ai envie d'embrasser. C'est de toi que j'ai envie d'apprendre le plaisir, même si ce n'est qu'une seule fois, parce que je sais que personne d'autre ne le pourra.

Je ne vais pas l'appeler parce que, encore une fois, ce type n'est pas toi et que je n'ai plus envie de faire semblant.

J'aurais pu lui dire tout ça mais, à la place, je haussai les épaules avec toute la nonchalance dont j'étais capable et je répondis d'une voix rauque.

« Il n'est pas mon genre. »

Une drôle de lueur passa encore une fois dans ces yeux qu'il détourna vite pour se reconcentrer sur la route.

« Au moins préviens-moi la prochaine fois que tu trouves un type de ton genre, que je m'assure avant que ce ne soit pas un pecnaud. »

Je ne répondis pas mais baissai les yeux en souriant sur les manches trempées de mon pull que je triturai entre mes doigts crispés.

OK.

Je me contenterais de ça.

Je comptais pour lui, d'une certaine manière. Ce n'était déjà pas si mal.

Il arrêta la voiture au plus près de ma résidence. La pluie s'abattait de plus en plus fort sur les vitres, rendant floue la porte du bâtiment, une dizaine de mètres plus loin. Je le remerciai d'une petite voix et m'apprêtai à sortir affronter les éléments quand il me retint par le poignet.

« Attends. Tu ne vas pas sortir comme ça tout de même. »

Comme si j'avais le choix. Je n'avais rien avec moi pour me protéger de la pluie et il allait bien falloir que je regagne ma chambre.

« Ne bouge pas. » dit-il d'un ton décidé et il sortit du véhicule.

Quelques secondes plus tard, tenant sa veste de cuir à bout de bras au-dessus de sa tête, il vint ouvrir ma portière et me cria de descendre par-dessus le vacarme de l'averse sur le toit de la voiture.

Je le regardai sans bouger un instant.

« Je ne suis pas en sucre, bébé swan, mais ça mouille ! » se moqua-t-il face à mon mutisme.

Je m'extirpai alors de l'habitacle et me retrouvai nez à nez avec lui, protégée de la pluie par sa veste qu'il tenait au-dessus de nous deux alors que l'eau ruisselait abondamment sur ses bras, détrempant doucement mais surement son tee shirt.

« Passe devant. » dit-il.