Et nous voilà reparties!
Je sais que certaines vont m'en vouloir et je m'en excuse d'avance. Vous savez que vous avez aussi la possibilité de me laisser un message si vous n'êtes pas contentes, hein?
En tout cas, je vous remercie énormément pour vos commentaires (socchic88: ravie de te retrouver! et KikaInLove1: j'ai hâte d'avoir ton opinion sur ce qui arrive)
On se retrouve vite pour le chapitre 5.
Biz
Lily
4- Litost
POV Bella
Il était 7 heures du matin.
Mes yeux étaient rouges et gonflés par les pleurs et le manque sommeil.
Ou bien était-ce juste les effets de l'alcool ?
C'est ça. Je rappellerais à Alice que je n'avais jamais supporté de trop boire quand elle me ferait une remarque sur mon regard de cocker. Elle me croirait, forcément et j'espérais qu'elle se contenterait ce cette explication.
En réalité, quand Edward avait quitté ma chambre, j'avais d'abord fait les cent pas en me maudissant d'avoir été si conne.
Je l'avais embrassé!
Mais qu'est-ce qui avait bien pu me passer par la tête ?
Je lui avais sauté dessus, littéralement, comme la pauvre fille en manque que j'étais.
Je m'étais traité de tous les noms.
Et puis j'avais pleuré… étouffant mes sanglots et mes cris de rage dans mon oreiller.
Il m'avait repoussée.
Il avait répondu à mes avances, puis il m'avait repoussée.
Le seul homme que j'avais vraiment désiré.
Il m'avait embrassée. Et quel baiser… Mes lèvres étaient encore endolories par tant de passion. Sentir Edward ainsi, le toucher enfin comme j'avais toujours rêver de le faire avait été indescriptible et j'avais tout oublié, toute retenue, toute pensée cohérente. Il n'y avait plus eu que lui et l'urgence de le sentir plus près.
Mais il m'avait repoussée. Il avait littéralement fui ma chambre comme si il avait eu le diable aux trousses, sans oser me regarder.
J'étais certaine qu'il ne me regarderait plus jamais en face.
Moi-même j'en serais incapable. J'avais trop honte de moi.
Et là, j'étais sensée les retrouver, lui et Alice, pour que l'on rejoigne nos familles et que l'on fête Thanksgiving.
Mon petit sac sur l'épaule, j'essayai de respirer tant bien que mal dans la rame de métro qui me menait jusque chez eux. L'air me semblait irrespirable et j'avais le bide en vrac.
Je réussis pourtant à mettre un pied devant l'autre jusqu'à atteindre la rue. Ma destination n'était plus qu'à quelques mètres.
J'avais des sueurs froides.
Qu'allais-je lui dire ?
Comment pourrais-je cacher à Alice ce qui s'était passé ? Ce qui avait failli se passer ?
Car il était hors de question qu'elle l'apprenne. Ca l'obligerait à prendre position ou bien elle s'apitoierait sur mon sort et ce serait au-dessus de mes forces.
Il allait falloir que je fasse comme si de rien n'était. Et que j'ai l'air heureuse de rentrer à Forks quand nous serions enfermés tous les trois dans la voiture.
J'avais envie de vomir.
Je pris une grande inspiration pour me donner du courage.
Ils devaient déjà m'attendre.
Je venais de me remettre en marche quand la porte de la maison s'ouvrit brusquement, laissant sortir une blonde magnifique qui riait en ramenant ses longs cheveux emmêlés dans un élastique.
Je me figeai instantanément.
« Tu me paieras ça ! » rit-elle en interpelant quelqu'un à l'intérieur tout en continuant à marcher sans regarder devant elle. « C'était un ensemble tout neuf ! Oups, désolée. »
Je venais de me faire rentrer dedans par Barbie parce que j'étais incapable de faire un pas de côté pour l'éviter.
J'avais dû me tromper de maison. C'était ça. C'était forcément ça.
Pourtant cette fille me disait vaguement quelque chose. Même en plein court-circuit, mon cerveau était capable de traiter cette information. Je l'avais déjà vue. Au Mac Carty's.
Non !
Il n'aurait pas osé, tout de même. Si ?
Après m'avoir laissée, Edward n'aurait pas été retrouver une autre fille. J'avais dû me tromper de maison.
« Hey ! Tu peux quand même récupérer ton sac à main. » se moqua une voix de l'intérieur. « Ça ne m'intéresse de garder ton rouge à lèvres. Ce n'est pas ma couleur. »
Et Edward sortit, torse nu, sur le perron.
Le sol s'ouvrit sous mes pieds.
« Tu n'as pas toujours dit ça. » rétorqua Barbie, amusée, mais je ne relevai même pas le sous-entendu.
Tout ce que je pouvais penser c'était qu'Edward avait passé la nuit avec cette fille après m'avoir embrassée et déshabillée dans ma chambre.
J'étais à ce point minable qu'il m'avait fuie pour se précipiter sur cette fille.
Ou bien, pire, avait-il déjà rendez-vous avec elle et c'était moi qui m'étais jetée sur lui comme une trainée alors qu'il avait déjà quelqu'un.
Une nausée me tordit le ventre. Je me sentais devenir blanche.
« Hey…Ça va ? » me demanda la top model d'une voix inquiète, mais j'étais incapable de répondre.
« Bella ? » m'appela Edward d'une voix atrocement froide quand il remarqua lui aussi ma présence.
J'avais envie de m'enfuir en courant. Je n'avais rien à faire ici.
« Tu la connais ? » demanda Barbie, visiblement surprise.
« Oui…je… C'est une amie de ma sœur. » répondit-il, toujours aussi froidement.
Une amie de sa sœur…
J'étais une amie de sa sœur…
Ces mots me firent l'effet d'une douche froide.
Il avait raison. Alice.
Je devais voir Alice.
Sans un mot, je contournais Barbie et entrai dans la maison sans un regard pour eux. Puis je montais comme un automate les escaliers jusqu'à la chambre de mon amie.
Mon amie.
Elle ne devrait jamais savoir ce qui s'était passé cette nuit.
Derrière moi, j'entendais toujours Edward et sa pouffe discuter mais l'espièglerie de départ avait définitivement quitté le ton d'Edward.
Je trouvai Alice installée à sa coiffeuse en train de se lisser les cheveux. Elle dut reconnaitre mon pas car elle se lança immédiatement dans un babillage incompréhensible quand je passai la porte.
Quand enfin elle se tourna vers moi, elle se figea.
« Qu'est-ce que tu as ? »
Je la regardais sans la voir, encore sonnée par la claque monumentale que je venais de me prendre.
L'amie de sa sœur.
Plus Bella. Même plus Bébé Swan.
Il m'avait toujours présentée comme ça à ses amis…
Voilà où m'avait conduite ma connerie.
Je l'avais perdu. Mon chevalier en armure n'était plus…
Je n'avais même plus envie de pleurer, j'étais en colère. Contre moi. Contre lui. Contre la Terre entière.
« Bella ! » s'écria Alice. « Qu'est-ce que tu as ? »
Elle s'était levée, visiblement inquiète de mon mutisme. Je ne pouvais qu'imaginer l'allure que j'avais.
« Rien. Pourquoi me demandes-tu ça ? Ça va. » répondis-je froidement, le sentiment de rage dans mon estomac m'empêchant de considérer son inquiétude.
Elle se renfrogna en croisant les bras sur sa poitrine.
« Tu verrais ta tête. » ajouta-t-elle.
Je ne pourrais pas supporter son inquisition ce matin. Alors, à défaut de me défendre, je choisis l'attaque.
« Et bien, merci. Ça fait plaisir ! » m'écriai-je en jetant mon sac sur son lit. « J'ai mal dormi parce que ma meilleure amie m'a forcé à boire de la téquila jusqu'à ce que je sois incapable de retrouver toute seule le chemin de mon terrier. Ça peut excuser que je sois un peu chiffonnée ce matin, non ? Tout le monde n'a pas la chance d'avoir sa propre salle de bain. »
Alice, surprise par mon agressivité, resta muette quelques instants. Suffisamment longtemps en tout cas pour que je me passe les mains sur la figure et essuie rapidement l'humidité au coin de mes yeux.
« Je suis juste fatiguée, ok ? » dis-je d'une voix plus douce.
Elle plissa les yeux, comme si elle débattait de l'utilité de poursuivre cette discussion.
Elle prit la bonne décision.
« Ok. » finit-elle par répondre doucement.
Des pas lourds et hésitants résonnèrent dans l'escalier. Instinctivement je me détournai de la porte.
« Hum… On part dans vingt minutes. Ça vous va ? » demanda la voix rauque d'Edward.
J'étais incapable de répondre, ou de le regarder. Le bout de mes Converse usagées était soudain devenu l'objet le plus fascinant du monde.
« Tu as mis ta pouffe à la porte ? » demanda Alice d'une voix acide.
« Ne l'appelle pas comme ça. » répondit-il, irrité.
Evidemment, qui pourrait lui reprocher de défendre une beauté pareille ? Cette fille était magnifique, grande, sophistiquée, athlétique. Et puis elle devait avoir son âge.
« Je l'appellerai autrement si elle doit revenir au moins une fois. » rétorqua mon amie. « En attendant, elle n'est qu'un numéro de plus sur la liste. Je ne vois pas pourquoi je me fatiguerais. »
Edward soupira lourdement et s'éloigna vers sa chambre.
« Vingt minutes ! » cria-t-il avant de claquer sa porte.
« Non mais c'est vrai quoi, » poursuivit Alice en se remettant à bourrer des ustensiles dans sa trousse à maquillage. « Je ne vais pas commencer à faire des politesse à ces pauvres filles qui ne voient pas qu'il va les jeter comme des vieilles chaussettes. J'ai presque de la peine pour elles. Non mais tu l'as vue celle d'aujourd'hui ? »
Oui. Je l'avais vue. Et mon égo en avait pris un sacré coup. Jamais je ne pourrais tenir la comparaison.
« Oui… » répondis-je d'une voix blanche pour ne pas que mon silence alerte à nouveau le sixième sens de mon amie.
Alice ferma vigoureusement la fermeture éclair de sa valise puis elle tapota le tabouret devant sa coiffeuse.
« Allez viens, ma belle. Je vais essayer de te redonner figure humaine. Charlie ne te laissera jamais revenir ici s'il te voit débarquer à Forks avec cette tête ! »
De mauvaise grâce, et parce que je savais qu'il ne servait à rien de lutter, j'allai m'asseoir devant le miroir et je croisai une nouvelle fois le reflet de mon regard.
J'avais l'air perdue.
Et, à cet instant, je regrettai de ne plus être une enfant qui aurait pu supplier son père de la garder en sécurité à la maison.
La réalité était bien trop dure à supporter.
