Hey, vous avez vu?

Quand je dis qu'on se retrouve vite je ne rigole pas, hein?

Je vous souhaite une bonne journée (je vais essayer d'être au rendez-vous ce soir pour le chapitre 6 qui est très long donc mérite une bonne relecture), profitez-en pour me faire un petit coucou en passant :-)

Biz

Lily

5- Leave the child

Pov Edward

L'ambiance devenait petit à petit survoltée et je prenais lentement mon rythme.

C'était la Saint Sylvestre ce soir, le 31 Décembre, et ça allait être de la folie.

« Cinq pressions pour la table du fond, s'il te plait », me cria Rose par-dessus le bar en posant son plateau devant moi, une main sur la hanche et le regard courant sur la piste de danse qui commençait à se remplir.

Et il n'était pas encore 20 heures.

Emmett avait fait les choses en grand pour ce soir. Il avait embauché cinq groupes qui se succèderaient pour mettre l'ambiance en attendant les douze coups fatidiques qui nous propulseraient en 2016. Le bouche à oreille avait fait le reste : on attendait au moins deux cent cinquante personnes. Le bar serait plein à craquer. On avait même dû embaucher des mecs en plus pour la sécurité.

« Oui M'dame ! » répondis-je avec un sourire auquel elle répondit par un clin d'œil.

J'aimais bien Rosalie.

Pour tout dire, quand elle avait commencé à servir au Mac Carty's, j'avais même un peu fantasmé sur elle. Sa plastique était un véritable appel à la luxure. Ajoutez à ça qu'elle était une des filles les plus brillantes et les plus froides que j'ai jamais rencontrées, j'aurais bien aimé la coincer dans la réserve…

Mais J'avais aussi vite remarqué le regard d'Emmett sur elle. Et s'il y avait bien une chose sacrée pour moi, c'était le respect d'Emmett. Sous ses airs de grande gueule, je savais qu'il ne s'intéressait pas à une fille à la va vite. Alors j'avais laissé tomber sans regret. D'autant qu'il n'avait fallu que quelques semaines à mon pote pour faire fondre la reine des glaces. Et ça faisait au moins six mois qu'ils filaient le parfait amour.

Je posai une à une les bières sur le plateau.

Rosalie retournait en salle quand mon portable vibra dans la poche arrière de mon jeans.

On sera là dans une trentaine de minutes. Chauffe nous la piste !

« On » s'était Alice et ses amis qui avaient prévu de venir passer ici cette soirée de fête. J'avais compris qu'il y aurait la bande habituelle : Alice, Démétri et son mec dont je ne me rappelais plus le nom, Ben et Angéla, et Bella.

Bella…

Je ne l'avais pas revue depuis Thanksgiving.

Elle n'était pas revenue une seule fois à la maison ni au Mac Carty's. Alice disait qu'elles avaient beaucoup de travail avec les examens qui commenceraient en Janvier et que Bella était maladivement studieuse.

Moi je me doutais bien qu'il y avait autre chose. Et je savais parfaitement quoi : j'avais été le dernier des cons et c'était à cause de moi si ma sœur voyait moins sa meilleure amie. Parce que, la dernière fois que je l'avais vue, je n'avais pas su trouver les mots pour arranger les choses.

C'était le lendemain de Thanksgiving, dans le jardin de la maison de Carlisle et Esmée.

J'étais sorti avec ma vieille guitare, pour fuir l'exaltation de ce week-end de fête, pour me retrouver un peu seul et surtout penser. Penser à ce que j'avais fait et à ce que je devais faire.

J'avais laissé me submerger les souvenirs douloureux de son regard perdu et triste quand elle avait débarqué chez moi quelques jours plus tôt et qu'elle était tombée sur Tanya. Je n'avais pas su quoi faire car j'avais bien vu que je l'avais blessée.

Alors, comme le connard que j'étais, j'avais agi en connard. J'avais fait comme si elle n'était pas importante. Je lui avais pourtant promis que ce qui s'était passé ne changerait rien, qu'on allait oublier mais je lui avais prouvé dès notre première rencontre que je n'en serai pas capable.

Je me demandais comment me rattraper quand la haie séparant la propriété des Cullen de celle des Swan s'était agitée et Bella était apparue par la trouée qu'elle et Alice avait pratiquée bien des années avant.

J'avais arrêté de jouer et elle s'était figée, pâle et timide, le regard vissé sur ses chaussures et les poings rentrés dans les manches de sa veste polaire.

On était resté là, sans rien dire, pendant de longues et inconfortables secondes jusqu'à ce qu'elle prenne enfin la parole.

« Je voulais juste savoir à quelle heure il fallait que je sois prête pour rentrer à Seattle. »

Sa voix était si froide.

J'en avais perdu tous mes moyens.

« Heu… vers 16 heures, ce sera très bien. » avais-je murmuré d'une voix râpeuse.

« Ok. »

Et elle s'était simplement détournée, repartant vers la haie de thuyas. Mais elle s'était arrêtée juste avant de l'atteindre. Je regardai son dos, incapable de dire quoi que ce soit de bien.

« Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ? » avait-elle alors demandé d'une voix tremblante.

Merde non !

« Non ! » m'étais-je écrié. « C'est moi qui ai déconné. Je n'aurais jamais dû profiter de la situation comme je l'ai fait.

- C'est moi qui ai tout commencé. Je t'ai embrassé.» avait-elle répliqué en se retournant et en plantant enfin son regard dans le mien.

« Tu avais bu, Bella ! » avais-je protesté.

« Pas assez pour ne pas savoir ce que je faisais ! »

Ses poings étaient serrés et ses épaules tremblaient, comme si elle se forçait à rester là, à ne pas s'enfuir en courant. Je lui devais cette explication.

« Ecoute… » avais-je soufflé. « On ne pouvait juste pas faire ça… Tu sais bien que ça n'aurait mené à rien et ça aurait tout gâché entre nous.

-Je trouve que c'est déjà un beau gâchis. » avait-elle murmuré.

« Est-ce qu'on ne peut pas en revenir juste à Edward et Bébé Swan ? » avais-je presque supplié.

« Je ne suis plus une gamine ! » avait-elle alors crié, la colère brillant subitement dans ses yeux.

Je le savais. Oh oui, je le savais. N'importe quel fou qui aurait eu la chance de tenir son corps magnifique dans ses bras l'espace de quelques secondes se serait rendu compte qu'elle n'était plus une gamine. Mais il fallait que je lui fasse valoir mon point de vue.

« Je suis bien trop vieux pour toi. Et je suis un parfait salaud avec les femmes. » avais-je plaidé. « On ne peut pas foutre en l'air toutes nos années de complicité pour une folie pareille. Tu es trop importante.

- Pas assez apparemment. » avait-elle claqué.

Et elle avait disparu dans la haie.

Plus tard, dans la voiture pendant le retour à Seattle, elle ne m'avait décroché ni un mot ni un regard. Et, quand elle avait ouvert la porte pour sortir alors que j'étais stationné devant sa résidence, elle avait demandé à Alice le numéro de téléphone de ce Jacob.

J'avais serré le volant un peu trop fort alors qu'Alice jubilait littéralement.

J'avais pu plus tard mettre un visage sur ce Jacob. Il était déjà venu quelque fois au bar, essentiellement les soirs de match pour les regarder sur le grand écran avec ses potes. Il n'avait pas l'air d'un méchant garçon. Il ne venait jamais avec une fille et ne se mettait jamais minable comme certains étaient capables de le faire ces soirs-là.

Mais, je ne pouvais pas m'empêcher de penser qu'il ne méritait pas Bella. Je ne savais pas quoi mais il y avait un truc chez lui qui ne me plaisait pas.

Pourtant, je savais par Alice que Bella et lui étaient sortis ensemble plusieurs fois depuis Thanksgiving. Il serait peut-être là ce soir.

Cette pensée me causa un sentiment désagréable mais je le repoussais en secouant vigoureusement la tête avant de me remettre au travail.

A 21h, le bar était bondé. Le premier groupe jouerait dans quelques minutes et je changeais un fût de bière pour la deuxième fois de la soirée. Et ce n'était pas fini. La fête se terminerait probablement aux aurores.

« Hey, beau gosse ! »

Alice sauta pratiquement par-dessus le bar pour venir claquer un baiser sur ma joue.

« On est arrivé ! » cria-t-elle par-dessus la musique.

« J'entends ça. » me moquai-je.

« On s'est installé là-bas. » ajouta-t-elle en désignant une table sur le bord de la piste de danse. « Tu viens dire bonjour ? »

Je jetai un œil et reconnu d'abord l'imposante stature du mec de Démétri. Que ce rugbyman soit gay me paraissait complètement improbable. Puis mes yeux se posèrent sur une paire de jambes magnifiques et remontèrent le long de la silhouette de Bella moulée dans une ravissante robe noire.

Bordel, c'était quoi cette robe ?

J'avalais péniblement ma salive, intimant à mon esprit de reprendre le dessus sur ma libido. Je ne pouvais pas la regarder comme ça.

La grosse main qui vint se poser sur sa taille stoppa définitivement mon délire et je jetai violemment sur mon épaule le torchon que je venais de tordre.

« Je ne peux pas tout de suite Lili. Il y a trop de monde pour l'instant. Je vais vous envoyer Rose, Ok ? »

Alice plissa les yeux en me regardant. Elle avait un peu trop tendance à avoir ce drôle d'air en me regardant ces derniers temps, comme si j'étais un drôle mystère qu'elle essayait de comprendre.

« Ok. » lâcha-t-elle au bout de quelques secondes. « A quelle heure joue Jasper ? »

Ce fut à mon tour de la regarder en plissant les yeux.

Jasper était un de mes amis. Nous nous connaissions depuis le lycée mais il était parti faire ses études pendant six ans à Houston. Il en était revenu l'été passé avec un accent texan qui faisait craquer les filles, à commencer par ma sœur, et un projet de passer son doctorat en psychologie à l'université de Seattle. Il avait également monté un groupe de blues qui commençait à avoir son petit public.

Alors Emmett lui avait proposé de jouer ce soir.

Je n'aimais pas la façon dont l'idée avait excitée Alice. Je trouvais qu'elle me parlait un peu trop de Jasper ces derniers temps. Et lui trouvait que ma petite sœur avait bien grandi.

Bordel, ce vieux pervers avait huit ans de plus qu'elle !

« Qu'est-ce que ça peut te faire ? » demandai-je.

« Je suis curieuse c'est tout. Il m'a dit qu'il me paierait un verre après.»

Je rêvai ou elle avait rougi en disant ça ?

Merde. Je n'aimais pas du tout cette idée.

« Alice… »

« Edward. » me coupa-t-elle, tout sourire.

Elle savait bien ce qu'elle faisait, la maline. Elle savait que je ne pouvais pas rester sérieux quand elle me regardait comme ça.

« Je crois qu'il joue en deuxième partie. » cédai-je.

« Merci ! »

J'allais ajouter quelque chose mais elle agita la tête et me quitta sur un sourire.

Tant pis… Au moins, ce soir, je pourrais surveiller Jasper et m'assurer qu'il ne pose pas ses pattes sur ma sœur.

Le premier groupe entra en scène et les choses se calmèrent un peu au bar, la plupart des clients s'approchant du spectacle.

J'eus malgré moi plusieurs fois envie de regarder vers la table d'Alice. A chaque fois, je captai un geste, un regard entre Bella et Jacob, et je sentais à chaque fois ma colère monter d'un cran.

Qu'est-ce qui n'allait pas chez moi au juste ?

Quand ce fut au tour du groupe de Jasper de jouer, je vis Alice et ses amis se lever pour s'approcher de la scène. Bella avait l'air heureuse, elle dansait avec ma sœur et c'était un véritable bonheur de les voir ainsi, les bras en l'air, chantant un mot sur deux. Mais j'arrêtai de sourire quand le corps de Jacob vint me boucher la vue, enlaçant Bella par la taille.

Le verre que j'essuyais éclata en mille morceaux.

« Hey mec, qu'est-ce qui te prend ? » me demanda Emmett. « C'est déjà le troisième que tu pètes ce soir. Je vais finir par devoir les retenir sur ton salaire. »

Il gardait un ton rieur mais je voyais bien qu'il se demandait ce que j'avais.

« Excuse-moi. Je commence à fatiguer je crois. »

Emmett regarda l'horloge derrière lui.

« Prends une pause alors, ça va être calme encore quelques minutes le temps que les premiers clients se lassent de la musique. J'ai besoin que tu tiennes jusqu'au bout. »

Il avait dit ça avec un drôle de sourire et j'eus peur de ce qu'il avait prévu pour la fin de soirée.

« Qu'est-ce que tu prépares, Em ? » demandai-je, suspicieux.

Il leva les deux mains en signe de défense.

« Je ne dirai rien, tu verras bien. Allez, vas prendre l'air 10 minutes et reviens en forme. »

Il avait raison, j'avais probablement seulement besoin de sortir de l'atmosphère étouffante du bar. Je sautai souplement par-dessus le portillon et sorti par la porte de la réserve, me retrouvant rapidement dans la ruelle adjacente au Mac Carty's.

J'entendais d'ici la rumeur de la foule qui attendait à l'entrée. Les pauvres n'auraient pas tous la chance de pouvoir entrer. Le service d'ordre était impeccable et nous étions intraitables sur la sécurité. Hors de question de faire rentrer plus de clients que ce qui était raisonnable. A ce point de la soirée, si tu voulais rentrer, il fallait que quelqu'un sorte.

Je tirai un paquet de cigarettes de la poche de mon jeans. C'était une mauvaise habitude dont je n'arrivais pas à me défaire, même si je ne fumais habituellement qu'à la fin du service, j'en ressentais le besoin maintenant.

Mes nerfs semblaient à vif et j'avais peur d'en connaitre la raison : Jacob Black.

Je n'aurais pas dû réagir comme ça mais je ne supportais pas ce type et le fait de voir ses grandes paluches partout sur ma Bella.

Ma Bella ?

D'où ça sortait ça ?

Le fait de la connaitre depuis plus de dix ans ne me donnait aucun droit sur elle. Elle pouvait bien voir qui elle voulait et se faire tripoter par qui elle jugeait bon sans que j'aie à m'en mêler. Mais c'était plus fort que moi, ça me mettait hors de moi.

Je tirai rageusement sur ma cigarette, me répétant que, quand je reprendrai mon poste, j'arrêterai d'agir comme un con.

« Oui… Non… Attends, je n'entends rien de ce que tu dis. »

Une voix grave vint me tirer de mon introspection et une silhouette imposante s'enfonça dans la ruelle, s'approchant de moi sans me voir.

Je reconnus Jacob quand il fut à quelques mètres. Il parlait au téléphone.

« Non. Je ne peux pas ce soir. Je t'ai dit que j'avais une soirée avec des amis… Tu ne peux pas appeler Leah ? »

Il souffla et grogna, apparemment pas content de ce que son interlocuteur lui disait.

« Je sais. » souffla-t-il. « OK. Ecoute, il me faut au moins une heure pour arriver. Laisse-moi le temps de prévenir mes amis. »

Il marqua encore une pause.

« Ouais… A tout à l'heure. »

Il raccrocha.

« Et merde ! » cria-t-il alors en faisant demi-tour sur lui-même.

Ce n'est qu'à ce moment-là qu'il me remarqua, assis sur les marches menant à la réserve.

« Oh. Je pensai que j'étais seul. » s'excusa-t-il.

« Y a pas de mal… Mauvaise nouvelle ? » demandai-je, curieux, en pointant son téléphone avec les deux doigts tenant ma cigarette.

Il baissa les yeux sur l'appareil puis les releva vers moi avec un sourire contrit.

« Ouais, il va falloir que je quitte la fête.

- C'est bête. » me contentai-je de commenter platement, cachant le sourire qui me montait aux lèvres.

Il me regarda attentivement quelques secondes.

« Tu es Edward ? » demanda-t-il.

J'acquiesçais, surpris. Il était déjà venu au bar quand je servais, il savait forcément qui j'étais. Je ne voyais pas ce qui le surprenait de me trouver là.

« Alice et Bella m'ont parlé de toi. » poursuivit-il en me tendant la main. « Je suis Jake. »

J'eus envie de lui dire que je le savais déjà mais je me retins au dernier moment. Il n'avait pas besoin de savoir ça.

« Tu es là avec elles ? » demandai-je, faussement intéressé.

« Ouais, je suis avec Bella. »

Si j'avais pu, je lui aurais enfoncé mon poing dans la gorge pour effacer son sourire satisfait. Connard.

Mais son sourire se fana tout seul alors qu'il regardait à nouveau son téléphone.

« Bon, je suppose qu'il va falloir que j'aille lui dire que je dois la laisser. Ça va la décevoir.

- Ne t'en fais pas, elle ne sera pas toute seule. » dis-je, peut-être un peu trop content de moi.

Il fronça les sourcils.

« Elle est avec Alice et ses potes. » ajoutai-je pour ne pas paraitre trop louche.

« Ouais… ravi de t'avoir rencontré Edward. »

Je lui fis juste un geste de la main et il disparut dans la rue.

Je me sentais bien plus léger quand je rejoignis Emmett derrière le bar.

« Ça va mieux ? » s'enquit-il.

Je hochais la tête et me remis au boulot. Du coin de l'œil, je vis Black revenir à sa table, parler à Bella à l'oreille, l'embrasser sur la joue et partir.

Cette soirée n'allait peut-être pas être si pénible finalement.

Quand Jasper sorti de scène, la foule afflua massivement vers le bar pour se réapprovisionner pendant que le groupe suivant se mettait en place. Rosalie vint nous aider à servir bières et cocktails mais ce n'était pas suffisant, et quand le live repris, je rêvais déjà de mon lit.

Je m'appuyai à deux mains contre le zinc pour étirer mon dos en penchant tout mon corps vers l'avant. Emmett en profita pour me coller une claque derrière la tête.

« Putain, Em ! » m'écriai-je en me redressant brusquement.

« Au boulot, Cullen ! » répliqua-t-il, indifférent à ma colère. « Il y a du monde pour toi, fais donc ton truc de joli cœur pour faire entrer du fric dans la caisse. »

Il désignait ostensiblement un groupe d'étudiantes accoudées à l'autre bout du bar.

« Mon truc de joli cœur ? » me moquai-je.

« Ouais, tu sais, quand tu les regardes par en dessous ou que tu trifouilles tes cheveux. Ça leur donne autant soif qu'une traversée en plein désert. »

J'ouvris de grands yeux avant d'éclater de rire et me dirigeai vers les clientes. Mais, tout de même…

« Je trifouille mes cheveux ? » demandais-je en me retournant à nouveau vers lui.

Il ne leva même pas la tête de la tireuse à bière pour me répondre, faussement sérieux.

« Tu sais très bien ce que je veux dire, fais pas l'innocent, Cullen. »

J'éclatai carrément de rire cette fois et me remis au travail.

Une heure plus tard, alors que le dernier groupe entrait en scène, j'avais déjà accumulé pas mal de pourboires et récolté sans les vouloir une bonne quinzaine de numéros de téléphone. C'était vrai que ça marchait le coup des cheveux, mais je n'y pouvais presque rien. C'est saletés avaient leur volonté propre et étaient incapables de tenir en place, quoi que je fasse. Il fallait bien que je tente de les mater !

Je profitai de l'accalmie causée par le premier morceau pour jeter un œil à Alice.

Je la repérai sur la piste. Elle dansait avec Jasper.

Je me sentis grincer des dents. J'allais avoir du mal avec ces deux-là.

Mais mes yeux furent attirés par le déhanché de Bella juste à côté d'eux. Elle ondulait sur la musique qui mêlait blues et électro dans un rythme lent et je fus un instant hypnotisé par sa silhouette mouvante. Sa robe était un vrai pousse au crime…

Beaucoup de filles portaient ce genre de tenue ce soir mais, sur elle, sur Bella, c'était juste…

C'était quoi au juste ?

Allez, avoue-le Cullen, c'était foutrement bandant.

J'aurais dû détourner les yeux, me ressaisir. Putain j'aurais adoré qu'Emmett me colle une nouvelle claque à ce moment précis parce que j'étais incapable de cesser de la regarder.

Alors je restai là à la fixer, me sentant à mon tour comme pendant la traversée d'un désert. Comme si elle était la seule capable d'étancher ma soif. Comment avais-je pu en arriver là ?

Je n'avais pas touché une fille depuis Tanya, c'était peut-être ça la raison. Il fallait que je me détende et ce n'était pas les belles filles qui manquaient ici.

Pourtant, je ne voyais qu'elle.

J'étais dans la merde.

« Oh Oh… Viande saoule à dix heures ! » s'écria Emmett, me sortant enfin de mes pensées.

Je repérai immédiatement le groupe dont il parlait, reconnaissant deux types qui pouvaient potentiellement nous causer des problèmes, surtout s'ils avaient trop bu.

« Qui les a laissé entrer ? » demandai-je.

« C'est un nouveau qui est à la porte. » répondit Emmett. « Il ne pouvait pas savoir. Je vais prévenir Sam, au premier signe, on les fiche dehors. »

Les types s'installèrent à une table et commencèrent à interpeller quelques filles qui dansaient. Rien de bien méchant mais je savais à quelle vitesse ça pouvait dégénérer avec ce genre de gars, spécialement avec James, le seul dont j'avais retenu le prénom depuis que je l'avais moi-même jeté sur le trottoir après qu'il ait tenté de coincer Rose dans un coin quelques semaines plus tôt.

Je gardai un œil sur eux tout en continuant à servir les clients qui recommençaient à affluer. Je vis donc James dès qu'il se leva pour tituber sur la piste. Il semblait avoir un but bien précis et je me figeai quand je compris qui était sa cible.

Il se rapprocha de Bella et tenta de lui parler à l'oreille mais elle se détourna. Alors il se mit à danser maladroitement près d'elle, cherchant visiblement le contact autant visuel que physique. A quelques centimètres à peine, Jasper et Alice ne remarquaient rien et Bella semblait de plus en plus mal à l'aise.

Je pris ma décision en même temps que je sautai par-dessus le bar.

« Hey, où tu vas ? » me cria Emmett.

Mais je ne pris pas la peine de répondre. J'avais déjà traversé la salle.

Plus que quelques grandes enjambées et, enfin, je passai un bras autour de la taille de Bella par-dessus son ventre sur le tissu soyeux de sa robe.

Elle se raidit et chercha à s'échapper mais je la retins fermement en me penchant contre son oreille.

« C'est moi. »

« Qu'est-ce que tu fais ? » demanda-t-elle en tournant légèrement la tête vers le côté, approchant son visage du mien.

« Je suis venu te sauver. » chuchotai-je à nouveau à son oreille.

Elle regarda à nouveau dans la direction de James qui semblait vouloir continuer à tenter sa chance, malgré ma présence, alors je resserrai ma prise sur elle, l'approchant encore plus de moi.

Elle resta tendue mais se laissa légèrement aller contre mon torse et je pris une grande inspiration dans ses cheveux, soulagé qu'elle me laisse lui venir en aide, heureux qu'elle me laisse la tenir ainsi, ressentant jusqu'au creux de mon ventre l'effet du parfum de fraise de sa chevelure.

Qui allait me sauver moi ?