Oyé! Oyé!
A la demande générale, voici le chapitre 6.
J'essayerai de publier autant demain mais je ne promets rien.
Merci à toutes pour votre soutien alors n'arrêtez surtout pas!
Ecrivez-moi!
Biz
Lily
6- Fade out lines
Pov Bella
Le blond aux cheveux longs en face de moi continuait à essayer d'attirer mon attention malgré le fait qu'Edward se soit matérialisé comme par magie dans mon dos.
Son regard vitreux et son déhanché approximatif en disait long sur son état d'ébriété avancée. Je me dis qu'il n'avait probablement pas encore noté la présence d'un autre homme dans mon espace personnel qu'il cherchait toujours à envahir.
Pourtant, moi, j'étais hyper consciente du corps d'Edward contre mon dos.
Il n'aurait pas parlé à mon oreille pour dire que c'était lui, je l'aurais reconnu tout de même. Aux picotements qui parcouraient toutes les parties de moi qui étaient en contact avec lui. Comme ce soir-là, sous la pluie battante devant ma résidence.
Mon dieu, cela faisait plus d'un mois.
Je ne l'avais ni vu ni entendu depuis plus d'un mois.
J'avais presque réussi à me convaincre que j'étais en colère contre lui plutôt que simplement humiliée par mon attitude et son rejet. Et il lui avait suffi de quelques mots pour me replonger dans la même transe que cette nuit-là.
« Me sauver de quoi ? » demandai-je, approchant à nouveau mon visage du sien, penché contre mon épaule. Si proche.
« D'une mauvaise rencontre… » dit-il et je jetai à nouveau un regard vers le blondinet qui en profita pour me décocher un sourire qu'il devait vouloir charmeur mais qui lui donnait juste un air de pervers. « Ce type est un habitué. Il ne te lâchera pas simplement si tu lui dis non… Mais si tu lui prouves qu'il doit redouter la concurrence, il te laissera tranquille. »
Il avait commencé à onduler des hanches, m'entrainant avec lui sur le rythme de la musique, et les picotements redoublèrent.
« Et c'est toi la concurrence ? » haletai-je.
Sa main bougea sur mon ventre, me serrant encore plus contre lui.
« Je pense que je peux faire l'affaire. » souffla-t-il.
Je restai muette, le laissant me guider. Evidemment qu'il pourrait faire l'affaire. Plus que bien, d'ailleurs. Et j'avais tellement rêvé de me retrouver à nouveau si proche de lui…
Alors je n'allais pas laisser passer ma chance, même si ce n'était qu'une mise en scène. J'aurais bien le temps de me faire des reproches après. Mieux valaient les remords que les regrets.
Doucement, je me retournai dans ses bras pour lui faire face.
Nos deux bassins entrèrent en contact. Mes mains remontèrent lentement jusqu'à ses épaules. Mais je gardai mes yeux rivés droit devant moi, sur le haut de son torse.
Il ne cessa jamais de danser. Ses propres mains trouvèrent simplement une nouvelle place juste dans le bas de mon dos.
Le tissu léger de ma robe me permettait d'en sentir parfaitement la chaleur. Je m'en rappelai la douceur et la fermeté sur ma peau. Je me sentis trembler.
Il interpréta mal cette réaction.
« Je te promets de te laisser dès qu'il aura compris. » dit-il d'une voix contrite en essayant d'augmenter la distance entre nous.
Je brûlais d'envie de lui dire qu'il était exactement là où je rêvais qu'il soit. Mais je me rappelais trop bien la déception cuisante que j'avais ressentie après m'être laissée aller avec lui. Je ne referai pas cette erreur. Ou, en tout cas, je ne lui montrerai pas que la refaisais.
Je levai enfin les yeux vers les siens, que je trouvais plein d'excuses muettes.
« Alors d'accord. » dis-je en hochant la tête.
Et je m'accrochai presque à sa nuque, mes doigts s'enfouissant dans ses cheveux.
Ce fut à son tour de se figer.
« Qu'est-ce que tu fais ? » murmura-t-il.
Nous étions si proches maintenant que nous n'avions plus besoin de parler trop fort pour nous entendre et que je sentais parfaitement sa poitrine se soulever plus rapidement contre la mienne.
« Je joue le jeu. Sauve-moi… » répondis-je en me forçant à sourire comme si de rien n'était.
Il était tellement sérieux soudain. Il y avait un tel conflit dans son regard que j'en fus encore une fois frappée. Il ne voulait pas vraiment être là, avec moi. Il n'avait juste pas pu s'empêcher de voler à mon secours, comme quand j'étais petite.
Mais je m'en fichai. J'avais besoin de lui. Je ne supportai plus son absence de ma vie.
« Si ce gars a besoin d'un message clair, il faut que tu fasses semblant que tu as vraiment envie d'être là.» ajoutai-je en lui faisant un clin d'œil pour lui faire croire que, pour moi aussi, ce n'était qu'une comédie amusante.
Il ferma les yeux et posa son front contre le mien en soupirant.
« Comment peux-tu seulement croire que danser avec toi n'est pas la seule chose que je veux vraiment faire depuis le début de la soirée ? » souffla-t-il dans mon oreille.
Quoi ?
Il voulait me faire avoir une crise cardiaque ou quoi ?
« As-tu seulement la moindre idée d'à quel point tu es magnifique dans cette robe ? »
Je m'écartai suffisamment pour le regarder dans les yeux, pour y chercher la moquerie. Il souriait à nouveau de ce sourire taquin qu'il utilisait avant avec moi.
« Ouais, ça ne te va pas mal d'être habillée en fille pour une fois. » ajouta-t-il en riant doucement.
Ok, donc il se moquait bien de moi. Mais ça ne me vexa pas le moins du monde car, par cette raillerie, il reconstruisait entre nous cette complicité qu'il y avait avant ma connerie monumentale.
Je serrai ses mèches folles dans mes doigts en souriant enfin avec une réelle reconnaissance, le laissant m'emporter dans son mouvement.
Ma tête trouva sa place contre son torse. Il enfouit son nez dans mes cheveux. Nous n'aurions pas pu être plus proches. Même si ce n'était que de la comédie.
Ok Bella ? C'est du théâtre. Une jolie scène visant simplement à décourager les dragueurs. Rien de plus.
Pourtant, je fermai les yeux en prenant une grande inspiration, emplissant mes narines de son odeur, jouant mon rôle à fond pendant quelques délicieuses minutes.
Il commença à caresser doucement mon dos avec son pouce et je sentis ma peau se couvrir de chair de poule. Contre mon oreille, sa respiration était ample et rapide. Il resserra légèrement sa prise, me collant encore plus contre lui.
Je n'entendais plus la musique. Juste les battements de son cœur dans sa poitrine. Rapides.
Pour bien m'en assurer, je laissai une de mes mains descendre le long de son cou, de son épaule pour la poser sur son torse, la paume bien à plat sur son t-shirt, là où les battements se faisaient frénétiques. Beaucoup trop rapides pour une simple danse.
Alors je m'écartai de lui pour le regarder. Il n'y avait plus aucun amusement dans ses yeux aux sourcils froncés.
Je voulu m'écarter encore plus, retirer ma main. Mais il fut plus rapide et retint mon geste en l'enserrant dans son poing qu'il reposa sur son torse, exactement au même endroit.
Qu'était-il en train de faire ?
Le pervers avait disparu. Il n'y avait plus que lui et moi. Plus de jeu à jouer, j'en étais certaine.
Pourtant, lentement, il posa son front contre le mien et son souffle balaya mon visage. Menthe et tabac. Comme ce soir-là dans ma chambre.
Je me remis à trembler, les yeux rivés sur ses lèvres. Si pleines. Si proches.
J'eus soudain l'impression de manquer d'air et je me retins à son t-shirt en crispant sur son torse la main qu'il tenait toujours prisonnière. Quelque chose vibra sous mes doigts.
« Bella... »
Sa voix n'était qu'un murmure mais elle me fit frissonner encore plus. Je me maudis car, dans la position dans laquelle nous étions, il ne pouvait pas ne pas le sentir. Encore une fois, je le laissais percevoir ce qu'il faisait de moi. Encore une fois j'étais faible.
Mais il y avait quelque chose de différent cette fois. Il n'y avait pas l'urgence du désir comme dans mon dortoir avant Thanksgiving. Il n'y avait pas la désinhibition de l'alcool. Il n'y avait que les bras d'Edward qui ne me relâchaient pas. Ses mains qui me touchaient et me retenaient. Et, enfin, ses yeux perdus dans les miens qui semblaient vouloir me dire quelque chose.
« Bella… »
Dis-moi.
Je t'en supplie, Edward, dis-moi.
Mais il ne dit rien. Se balançant toujours lentement sur la musique, maintenant il regardait mes lèvres.
Et j'avais envie qu'il m'embrasse. Là. Au milieu de tous ces gens, de nos amis. Devant ces filles qui bavaient dès qu'il leur accordait un peu d'attention.
Embrasse-moi.
Des applaudissements assourdissants vinrent subitement briser la magie et il écarquilla les yeux, comme s'il se rendait tout à coup compte de là où il était. Et il relâcha sa prise dans mon dos en faisant un pas en arrière. J'eus instantanément froid, même s'il tenait toujours ma main droite dans la sienne, car il était plus que clair que ce que nous venions de partager, quoi que ça ait été, venait de partir en fumée.
Et la grande rousse qui apparut à côté de nous finit de me faire abruptement revenir sur Terre.
« Tu me fais danser, Ed ? Ce n'est pas tous les jours qu'on te voit sur la piste. »
Ed ?
Qu'est-ce que c'était que cette pétasse ?
Il avait toujours détesté qu'on l'appelle comme ça.
Heureusement pour moi et mon amour propre, Edward ne détourna pas ses yeux de moi pour lui répondre. Il ne lâchait pas ma main non plus.
« Désolée. Ma pause est terminée. »
La pouffe minaudait à côté mais je ne faisais plus attention à elle car Edward s'était à nouveau approché de moi et je recommençai à hyper ventiler.
Il déposa un léger baiser sur ma joue.
« Tu es en sécurité maintenant. » dit-il à mon oreille.
Et il recula finalement pour retourner vers le bar, me laissant seule avec miss silicone qui poussa un soupir de frustration avant de tourner les talons.
Le monde extérieur se rappela alors à moi : la musique, les danseurs, la chaleur. Il fallait que je boive quelque chose pour me remettre les idées en place.
A notre table, Ben et Angela étaient vautrés l'un sur l'autre.
« Oh ! Prenez-vous une chambre. » râlais-je en agrippant désespérant mon verre que je vidai d'un trait, sans même prendre la peine de m'asseoir.
Angela rit en se dégageant de l'étreinte tentaculaire de son petit ami.
« C'est toi ou la frustration qui parle ? » se moqua-t-elle.
« Je ne vois pas de quoi tu parles.
- Oh allez… Ce n'est pas parce que Jacob a dû partir que cette soirée ne sera pas bonne pour toi. Il y a un plein de poissons dans l'océan. » ajouta-t-elle avec une œillade suggestive.
« Merde, Jacob… » gémis-je en m'affalant sur la table et en me cachant les yeux.
Je l'avais complètement oublié. Comment avais-je pu l'oublier comme ça et danser comme je venais de le faire avec un autre ?
Même si nous n'étions sorti ensemble que quatre ou cinq fois et que nous n'avions pas encore dépassé le stade des baisers et du pelotage dans sa voiture quand il me raccompagnait chez moi, on pouvait dire que nous avions une relation tous les deux. Je n'avais simplement pas le droit d'avoir ce genre de comportement quand il n'était pas là.
Voilà. Maintenant je me sentais coupable en plus.
« Qu'est-ce que tu as ? » demanda Angela.
« Isabella Swan, qu'est-ce que c'était que ça ? » s'écria en même temps une Alice survoltée qui vint s'asseoir à côté de moi en me donnant un coup de coude qui me força à me redresser.
Je restai muette, incapable de répondre à l'une ou à l'autre.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? » s'empressa de demander Angela.
« Oh rien. » répliqua innocemment Alice. « Juste une danse en collé-serré entre miss pivoine ici présente et mon frère. »
Je gémis en reposant la tête sur mes bras. Je voulais juste disparaitre maintenant pour pouvoir échapper à l'inévitable interrogatoire qui allait forcément suivre.
« Quoi ? Où ça ? » s'écria Angela.
Elle semblait à la limite de la crise d'apoplexie et Alice me regardait avec ces yeux rieurs et perçants, comme si elle venait d'enfin découvrir la solution au mystère du siècle.
« Juste là, » répondit Alice en désignant la piste. « Tu n'aurais pas loupé le spectacle si tu avais décollé ta langue de la gorge de Ben pour respirer. »
Angela grogna, rageant d'avoir raté ça.
« Et toi,» poursuivit ma meilleure amie en croisant les bras. « Je t'écoute. »
Elle me faisait flipper quand elle employait ce ton là avec moi.
« Je… Il n'y a rien à dire. Un mec bizarre me tournait autour. Edward est venu m'aider à m'en débarrasser, c'est tout. »
J'essayai de ne pas rougir et d'avoir l'air convaincante, les yeux rivés sur une serviette en papier que je déchirais en petits morceaux mais, au petit rire d'Angela, je me doutai que je n'étais pas très douée.
« Je n'ai pas vu de mec bizarre. » trancha Alice, toujours aussi sérieuse.
« Tu dansais avec Jasper. La reine des neiges aurait pu apparaitre au milieu de la piste que tu ne l'aurais pas vue. » répondis-je du tac-o-tac et elle resta quelques secondes sans voix.
Bravo Bella !
« Pas faux. » dit-elle. « Mais je vous ai vu, toi et Edward. Et ça ne ressemblait pas du tout à une simple tentative de dissuasion si tu vois ce que je veux dire. »
Elle faisait tressauter ses sourcils de manière suggestive et je me sentis rougir à nouveau, me rappelant comme je m'étais senti, serrée dans les bras d'Edward.
« Ça ressemblait à quoi ? » questionna Angela d'un air gourmand.
« C'était chaud. » répondit Alice avec un sourire entendu.
Merde.
Je le savais que c'était chaud, j'y étais.
« Veinarde… » geignit Angela, soulevant une remarque outrée de Ben. « Quoi ? On parle d'Edward Cullen, là. Tu ne peux pas être jaloux. Il est sur ma liste juste après Ryan Gosling et George Clooney.
- Edward est sur ta liste ? » s'amusa Alice.
« Bien sûr, je le trouve à tomber.
- Merci pour moi. » se renfrogna Ben.
Alors Angela grimpa à califourchon sur ses genoux.
« Ne sois pas jaloux, je te dis. Toi je t'aime.
- Mais tu fantasmes sur le barman.
- Comme les trois quart des femmes dans ce bar. » contra Angela.
« Pas moi. » dit Alice.
« Normal, ce serait dégueulasse. » grimaça Angela. « Mais c'est juste l'aura du type hors d'atteinte. » ajouta-t-elle en parlant à nouveau à Ben pour le rassurer avant de recommencer à l'embrasser.
Alice pouffa de rire à côté de moi.
« C'est vrai qu'il est sexy. » dit-elle en me faisant un clin d'œil. « C'est de famille. »
Je levai les yeux au ciel.
Angela descendit de Ben et reprit une place plus normale sur la banquette.
« Et puis il y a un truc avec ces cheveux. » gémit-elle en se penchant vers moi. « On a toujours l'impression qu'il sort d'un lit. Ça donne juste envie d'être celle qui y a foutu le bazar.
- Et bien ce soir c'était Bella. » dit Alice
Je me levai d'un bond avant qu'elle en rajoute.
« Bon, vous me faites chier avec vos remarques. » dis-je en tentant de garder l'air digne face à leurs mines goguenardes. « J'ai dansé avec Edward, ok, remettez-vous. Maintenant je vais me chercher à boire parce que mon verre est vide. »
Et je me détournai d'elle pour aller vers le bar.
« Ramène-moi un mojito ! » cria Alice derrière moi et je me retins de lui répondre avec mon majeur.
Il y avait foule devant le bar et je mis un moment à l'atteindre. Quand enfin, je parvins à m'y agripper, je grimpai rapidement sur un tabouret pour ne pas me faire déloger.
Edward était plus loin sur ma gauche, penché en avant pour discuter avec un groupe d'étudiantes gloussantes. Emmett et Rosalie étaient à ma droite, en train de servir des clients aussi mais je croisai les doigts pour que l'un d'eux me voit avant Edward.
J'attendis ainsi quelques minutes sans que quiconque remarque ma présence. Je m'apprêtais à interpeler Rose qui revenait dans ma direction, tout en surveillant Edward du coin de l'œil quand nos regards se croisèrent.
Merde.
Il se redressa et dit quelque chose à ses groupies sans même les regarder avant de venir vers moi.
J'étais à nouveau hypnotisée par ses yeux et sa démarche.
« Je m'occupe de Bella, Rose. » dit-il.
Ainsi la belle Rosalie attendait que je passe ma commande ? Je ne m'en étais même pas rendu compte… Putain Swan, arrête de débloquer comme ça avec lui !
« Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? » demanda-t-il. Et, là encore, il me fallut quelques secondes pour retrouver ma langue.
« Un mojito… »
Il hocha la tête avec un petit sourire prudent et commença à s'éloigner.
« Et un lait-fraise ! » criai-je par-dessus le brouhaha, retrouvant enfin l'usage de mon cerveau.
Il se retourna alors en haussant un sourcil surpris.
« C'est pour Alice. » expliquai-je.
« Elle a horreur de ça. » contra-t-il.
Je haussai les épaules.
« Elle n'avait qu'à se bouger le cul pour venir chercher son verre alors. »
Il rit, franchement cette fois, et alla préparer les 2 verres qu'il posa rapidement devant moi. Puis il s'accouda pour s'approcher. Je me forçai à me rappeler que c'était juste pour pouvoir me parler plus facilement.
« Qu'est-ce qu'elle t'a encore fait ? »
Je baissai les yeux car je n'avais pas envie de répondre à cette question. Surtout pas à lui.
« Allez, bébé ! Raconte-moi ! Comment tu veux que j'aille la punir pour qu'elle ne recommence pas sinon ? »
Je souris malgré moi, me rappelant les nombreuses fois où il avait joué l'arbitre dans les querelles entre Alice et moi quand nous étions petites.
« Ce n'est rien, elle se fait des films, c'est tout. » tentai-je de dédramatiser.
« A propos de quoi ?
- Elle nous a vu danser. » lâchai-je finalement.
« Et ?
- Et elle doit déjà être en train de choisir les prénoms de nos futurs enfants. »
Il éclata de rire et je le suivis. Même si les questions d'Alice m'avaient gênée, j'étais la première maintenant à trouver risibles les idées qu'elle avait pu se faire. Penser à Edward et moi comme à un couple ? C'était bon, j'avais déjà donné et je m'étais bien ramassée. Donc mieux valait en rire.
J'avais besoin de lui dans ma vie, alors je prendrais ce qu'il me donnerait et je mettrai mes propres sentiments en veilleuse.
« Qu'est-ce qui lui a pris ? » demanda-t-il, l'œil pétillant encore de son rire.
« Il parait que… que c'était chaud. Notre danse. » marmonnai-je. J'avais quand même un peu de mal à dire ça.
« Ah oui ? »
Je haussai les épaules. Je ne savais pas quoi répondre. Moi, je m'étais sentie à la limite de la combustion spontanée. Je n'avais pas la moindre idée de ce que lui avait bien pu ressentir pendant cette danse.
« Et bien, en ce qui me concerne, j'ai passé un moment formidable. » dit-il, plus sérieusement.
« Merci. » répondis-je, en osant cette fois le regarder dans les yeux.
« De quoi ?
- D'être venu m'aider. Je ne sais pas si j'aurais réussi à me dépêtrer de ce type. »
Il hocha la tête.
« Et, finalement, ça ne me déplait pas tant que ça d'avoir fait réagir mes copines. Je crois même qu'Angela est un peu jalouse. » ajoutai-je, en prenant une gorgée de mon mojito.
Il rit encore, m'arrachant aussi un grand sourire.
J'adorai cette complicité entre nous. Je devais me raccrocher à ça.
« Jalouse ? » demanda-t-il encore.
« Allez ! Tu sais bien que tu fais craquer la plupart des filles, ici.
- Angela aussi ? » insista-t-il.
Je levai les yeux au ciel. Il jubilait littéralement. Frimeur !
« Ouais… va comprendre… Je crois qu'il y a un truc avec tes cheveux qui la rend toute chose. »
Il passa une main dans sa tignasse en riant encore mais fut interrompu par Emmett qui lui donna une grande claque sur l'épaule en passant derrière lui.
« Arrête donc de faire le joli-cœur Cullen. Au boulot !
- Je croyais que c'était justement pour ça que tu m'avais engagé, pour faire le joli cœur ? » se moqua Edward, et je tendis une oreille attentive.
Emmett s'approcha à nouveau de nous.
« Peut-être, » dit-il, « mais cette beauté et beaucoup trop bien pour toi. Va donc exercer ton charme sur tes poules habituelles. Tu n'as plus beaucoup de temps avant l'heure fatidique. »
Puis il se pencha vers moi.
« Ces consommations sont pour moi. » me dit-il en faisant un clin d'œil avant de repartir vers un autre groupe de clients.
J'aimais bien Emmett.
Edward et moi le suivîmes des yeux alors qu'il éclatait de rire en faisant de grands gestes devant un habitué.
« C'est quoi l'heure fatidique ? » demandai-je à Edward.
Il regarda sa montre.
« Il va être minuit. Je ne sais pas ce que ce malade a prévu mais il n'arrête pas de faire des allusions bizarres depuis tout-à l'heure. Il commence à me faire peur. »
Il releva la tête.
« Bon, j'y retourne sinon il va finir par m'en coller une.
- Je vais rester ici pour finir mon verre. » dis-je. « Je n'ai pas envie de retourner à Alice et ses questions pour l'instant. »
Il hocha la tête et s'éloigna en me souriant, déclenchant une envolée de papillons dans mon estomac.
Ça allait être dur de les calmer ces sales bestioles !
Alors je bus encore quelques gorgées en écoutant la musique. Le dernier groupe termina son set dans un tonnerre d'applaudissement.
A peine les musiciens eurent-ils quitté la scène qu'Emmett fit retentir une grosse cloche derrière le bar. Celle-là même qu'il sonnait habituellement pour annoncer la fermeture imminente du bar. Une huée monta de la foule des clients.
« Pas de panique ! » tonna sa grosse voix, amplifiée par un micro. « La fête est loin d'être finie. »
La foule hurla de plaisir.
« Mais, les enfants, il va être l'heure de dire adieu à 2015 et je souhaiterais faire un cadeau spécial à l'un d'entre vous pour cette occasion. »
Nouveaux cris.
« Je vais avoir la chance d'entrer dans cette nouvelle année avec la plus belle femme du monde à mes côtés ! »
Des sifflets s'élevèrent d'un peu partout alors qu'il attrapait Rosalie par la taille pour l'attirer avec lui.
« Et, croyez-moi, j'ai bien l'intention de célébrer ce passage en 2016 en embrassant à pleine bouche cette beauté époustouflante. »
Levant les yeux au ciel, Rosalie lui donna un coup de coude dans le ventre, obligeant Emmett à la lâcher sous les rires de la clientèle.
« Aouch ! » s'écria-t-il en riant lui-même avant de reprendre. « Alors je voudrais faire profiter quelqu'un d'autre de ce bonheur.
- Quoi ? » s'offusqua Rosalie, les poings sur les hanches.
« Ne t'inquiète pas chérie. Le premier qui te touche, je lui refais le portrait à coup de poings. »
Il l'embrassa rapidement avant de reporter son attention sur la foule de l'autre côté du bar.
« Non, Non. Mais, je sais que beaucoup de jeunes filles ici présentes se désespèrent de n'avoir personne à embrasser à minuit alors je vais leur offrir un baiser. Mais pas de moi évidemment. Mon cœur est définitivement pris dans les filets cette femme formidable. »
Je commençai à avoir peur de comprendre ou il voulait en venir et, à voir la tête d'Edward plus loin de l'autre côté du bar, je pensai ne pas être la seule.
« Emmett… » gronda Edward, mais Emmett était lancé.
« Allez mesdemoiselles ! Ce soir, je vous offre mon ami, et employé dévoué, Edward Cullen ! »
Des cris hystériques résonnèrent partout dans le bar et je me demandai sur quelle planète j'avais bien pu atterrir.
« Emmett ! » cria cette fois Edward, me faisant comprendre qu'il n'avait pas le moins du monde été prévenu des plans de son ami.
Mais Celui-ci n'en avait toujours rien à faire.
« La première d'entre vous qui arrivera à passer le barrage de notre équipe de sécurité pour grimper debout sur ce bar aura le privilège d'embrasser Edward au douzième coup de minuit ! En piste les filles !»
Quatre armoires à glace prirent place devant le bar pour bloquer le passage. Je reconnu le videur qui était habituellement à la porte d'entrée, Sam, quand il vint se mettre debout juste à côté de moi. Si cela apaisa le mouvement de foule que venait de créer l'annonce d'Emmett car beaucoup de filles qui avaient commencé à s'approcher semblèrent impressionnées par l'équipe de sécurité, certaines continuèrent quand même à jouer des coudes pour accéder au bar.
Sam repoussa doucement une brune qui essayait déjà de grimper. Un autre videur ceinturait une blonde un peu plus loin tout en retenant une autre par le bras. Mais ils allaient bientôt se faire dépasser et l'une de ces filles allait bien finir par arriver à son but.
Je regardai ma montre. Il serait minuit dans moins de deux minutes. Le petit jeu d'Emmett n'aurait plus aucun intérêt si personne ne grimpait sur ce bar avant l'heure.
Sam me jeta un regard suspicieux mais, comme je restai complètement scotchée sur mon tabouret, il reporta son attention sur une autre fille qui essayait de se faufiler un peu plus loin.
De l'autre côté du bar, Edward, furieux, jetai des regards assassins à Emmett et semblait le traiter de tous les noms pendant que celui-ci riait de bon cœur, content de son petit effet.
Du coin de l'œil, je vis la rousse qui avait invité Edward à danser un peu plus tôt. Elle profita que l'un des videurs se débattait avec une fille qui avait réussi à s'asseoir sur le bar pour s'approcher. Elle avait déjà les deux mains sur le zinc. Personne ne la voyait. Elle allait réussir à monter.
Edward avait l'air toujours aussi en colère. Il ne voulait pas ça.
Malgré sa réputation de tombeur, il ne voulait pas monter sur ce bar et se donner en spectacle pour embrasser n'importe quelle fille.
Je voyais ça clairement. Et ça me rendit malade qu'Emmett lui ait fait ce coup tordu sans lui en parler.
Edward allait devoir embrasser la rouquine qui avait maintenant posé un de ses talons aiguilles sur le zinc et s'apprêtait à s'y hisser. Elle souriait fièrement. Dans quelques secondes, elle aurait ce qu'elle voulait.
Je ne sais pas exactement ce qui se passa alors mais, poussée par une impulsion subite, je me redressai sur mon siège, pris appui à deux mains sur le bord du bar et, d'un seul bond, je me hissai comme on sort d'une piscine et me retrouvai les deux pieds sur la surface étroite en bois.
Des hurlements résonnèrent derrière moi alors que je me redressai difficilement.
« Nous avons une gagnante ! » tonna la voix d'Emmett.
Mais moi, je regardai désespérément mes chaussures. Comment avais-je réussi à monter jusqu'ici avec ces chaussures à talons qu'Alice m'avait obligée à porter ?
Comment avais-je pu me fourrer dans ce pétrin ?
« On applaudit Bella Swan ! » cria à nouveau Emmett. Et le tonnerre d'applaudissements et de sifflets qui retentit me donna le vertige.
Je ne pouvais pas relever la tête. Sinon j'étais certaine que j'allais tomber. Ou vomir.
Qu'est-ce qui m'avait pris, bon sang ?
Je restai ainsi ce qui me sembla une éternité, complètement tétanisée. Les cris et les applaudissements redoublèrent.
Des doigts relevèrent doucement mon menton que je laissai rentré dans mes épaules complètement contractées. Il fallut qu'Edward force légèrement pour ramener mes yeux vers les siens. Je ne l'avais pas vu me rejoindre.
« Qu'est-ce que tu fais là ? » demanda-t-il doucement en me souriant calmement malgré le vacarme.
Il n'y avait plus trace de colère dans ses yeux.
J'inspirai profondément, me détendant maintenant que je n'étais plus la seule à être ridiculement perchée sur ce bar.
« Je suis venue de sauver. »
Il sourit et laissa échapper un petit rire.
« Me sauver ? Mais de quoi ?
- De toutes ces harpies. » répondis-je. « Celle qui allait monter ici allait surement en profiter pour te dévorer. »
Il rit franchement cette fois, ses doigts toujours sous mon menton.
« Ça va être à mon tour de te remercier, alors ? »
Je secouai la tête.
« Non. Comme ça on sera quitte. Je ne t'ai pas correctement remercié pour tout à l'heure. »
Il devint plus sérieux.
« Tu n'avais pas à le faire. Je veux être là pour toi, Bella. »
Je me perdis un instant dans son regard de jade mais Emmett se mit à nouveau à hurler.
« Dix !... »
Je paniquai.
« Neuf !... »
« Tu n'es pas obligé de faire ça, Edward ! » me précipitai-je.
Il leva un sourcil interrogateur.
« Huit !... »
La foule reprenait le décompte avec Emmett, me vrillant les oreilles. Et je dus m'approcher d'Edward pour continuer.
« Je veux dire…
- Sept !...
- si tu ne veux pas faire ça, il n'y a pas de problème.
- Six !...
- Tu n'es pas obligé de m'embrasser. » réussis-je enfin à finir.
« Cinq !... »
Edward eut un drôle de sourire avant de répondre.
Quatre !...
« Bien sûr que si je vais t'embrasser. »
Il passa une main dans mon dos et m'approcha encore plus de lui et souffla à mon oreille
« Les harpies ne se satisferaient jamais d'une simple poignée de main ou d'une bise sur la joue. »
Trois !...
Une de ses mains remonta dans mon cou, sous mes cheveux.
Deux !...
« Et puis… je crève d'envie de t'embrasser, Bella. »
Un !...
Et soudain elle était là, la même étincelle dans son regard qu'un mois auparavant. Elle embrasa mon corps tout entier juste avant que ses lèvres fondent sur les miennes.
« Zéro ! »
Ce baiser ne fut pas timide, ni même progressif. La bouche délicieuse d'Edward pris immédiatement possession de la mienne avec passion. Mes mains partirent tout de suite dans ses cheveux, exactement là où elles étaient quand nous avions dansé, comme si c'était ce que nous avions tous les deux voulu à ce moment-là sans avoir osé le faire, comme si nous ne faisions que reprendre là où nous avions été interrompus quelques minutes plus tôt.
Je sentis chacun de mes nerfs prendre feu, mon corps allant désespérément à la rencontre du sien alors qu'une de ses mains se plaquait sur le bas de mon dos, dans mes reins pour me pousser encore plus contre lui. Et je ressentis son désir alors, dans la ferveur de ses lèvres, quand il écarta les siennes pour venir pousser sa langue délicieuse dans ma bouche.
Contre mon ventre, je ressentis la dureté dans son jeans et ça me rendit folle. Je griffais son cuir chevelu et me hissai sur la pointe des pieds pour m'approcher encore.
Jamais on ne m'avait embrassée comme ça. Même pas lui.
Quand nous avions dérapé à Thanksgiving, ça avait été incroyable. Mais là, il y avait presque de la rage dans cette étreinte. J'y mettais ma frustration, ma passion et tout cet amour pour lui que je ne pouvais pas exprimer. Et il répondait avec une ardeur égale à la mienne. Comme si…
Les cris et les huées me percèrent soudainement les oreilles. Depuis quand tous ces gens criaient-ils ?
Edward se détacha de moi, s'éloignant seulement de quelques centimètres, son front toujours posé contre le mien. Nous étions à bout de souffle tous les deux.
Je reposai mes talons sur le bar et descendis mes deux mains sur son torse. Il tenait toujours ma taille dans ses bras.
« Wahou ! » s'écria Emmett en contrebas. « Ça c'est du spectacle ! »
Edward ferma les yeux et son visage se crispa.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » demandai-je, inquiète qu'il regrette déjà ce qui venait de se passer.
Mais, quand il me regarda à nouveau, il se détendit et me sourit.
« Rien, j'avais juste oublié où j'étais. Le réveil est un peu brutal. » souffla-t-il.
Je soupirai de soulagement. Il ne regrettait pas. La situation ne serait peut-être pas moins inconfortable après tout ça, mais mon amour propre n'aurait pas supporté un nouveau rejet.
Il sauta souplement pour descendre du côté du bar réservé aux employés et je me retrouvais à nouveau seule sous le regard de tout le monde. Mais il tendit immédiatement la main pour m'aider à le rejoindre. Je réussis encore la manœuvre sans tomber. Cela relevait du miracle étant donnés les tremblements de mes jambes. Et, une fois les deux pieds au sol, Edward me tint un peu plus longtemps que nécessaire contre lui.
« Alors les amoureux ? » claqua la voix d'Emmett dans mon dos et le corps d'Edward se raidit alors qu'il s'écartait un peu de moi. « Vous m'aviez caché ça. »
Emmett semblait aux anges. Edward lui envoya un coup de poing dans l'épaule.
« Ta gueule, Emmett ! Tu ne me refais plus jamais un coup comme ça !
- Oh allez… Ose me dire que tu n'as pas apprécié. » répondit-il en souriant. « Quant à toi Bella, chapeau ! Je me doutais que tu avais ça en toi. Tu es torride ma belle. Les poules d'Edward n'ont qu'à bien se tenir. »
Je rougis en baissant et Edward donna un nouveau coup de poing vers Emmett qui, cette fois, l'évita de justesse et se dépêcha de s'éloigner de nous.
« Excuse-le.. » me supplia-t-il, de la colère encore plein les yeux.
Je secouai la tête, incapable de dire quoi que ce soit alors que je réalisai ce qui venait de se passer, que je commençai à remarquer les regards innombrables posés sur nous.
Mon dieu, je venais de me donner complètement en spectacle !
« Je vais… je vais rentrer. » dis-je en reculant.
Mais il me retint par le bras.
« Attends. Tu ne peux pas partir comme ça. Je vais te raccompagner. »
Il commençait déjà à chercher quelque chose dans un tiroir. Ses clés probablement.
Mais, non, je ne pouvais pas lui demander d'abandonner son boulot juste parce que j'avais une crise de conscience. Je me reconfectionnais alors rapidement un visage plus calme.
« Non ! Reste. Tu as encore du travail ici. Je vais voir si Alice veut rentrer aussi et, sinon, je prendrai un taxi. Je serai vite rentrée. »
Il me dévisagea un long moment.
« Tu es sûre ?
- Oui. Je… J'ai passé une très bonne soirée. C'était marrant, merci. »
Voilà. Ça c'était bien. Lui faire croire que je m'étais amusée, pas que j'avais failli lui demander de me faire l'amour sur le bar quelques minutes plus tôt.
« Ok… »
Il ne paraissait pas encore très sûr de devoir me croire alors je lui fis un grand sourire et, l'air de rien, je m'accrochai à son biceps pour me hisser sur la pointe des pieds et poser un baiser sonore sur sa joue. Comme si de rien n'était. Comme si son simple contact ne me donnait pas envie de me liquéfier.
« Bonne nuit, Edward.
- Bonne nuit Bella… et merci. »
Sa main glissa elle aussi sur mon bras, me prenant de court dans mon plan de fuite.
« Merci pour quoi ?
- Pour la danse… pour m'avoir évité de devoir repousser une de ces filles… pour ne plus être fâchée contre moi.
- Je n'étais pas fâchée contre toi. J'étais fâchée contre moi. » répondis-je honnêtement.
« Et c'est fini ? » demanda-t-il.
Je hochai la tête en souriant, honnête encore une fois, je n'avais plus la force de me tenir éloignée de lui. Je me contenterais de prendre ce qu'il me donnerait et de chérir chaque souvenir, comme ce baiser ce soir.
« Alors merci, ma belle. »
Et il se pencha à son tour pour embrasser ma joue. Ça commençait à devenir une habitude. Mais j'aimais ça.
« Et je n'aurais voulu embrasser personne d'autre pour célébrer cette nouvelle année. Bonne année Bella. »
Le cœur battant, je me reculais.
« Bonne année à toi aussi… Edward. »
Puis je quittai l'espace derrière le bar.
Je ne retournai pas à la table de mes amis. Je récupérai mes affaires au vestiaire, sortis directement du Mac Carty's et je hélai un taxi. Une fois à l'intérieur du véhicule, j'envoyai un texto à Alice pour lui dire que je rentrai puis j'éteignis mon portable.
La tête contre la vitre, je repensai à cette folle soirée.
Jamais je n'aurais imaginé tout ce qui avait pu se passer. Et je ne voulais pas encore penser aux ennuis qui allaient m'attendre dans les prochains jours. Il allait me falloir gérer Alice, Jacob… et Edward.
Je ne voulais juste pas y penser maintenant.
Je fermai les yeux et revis Edward. Son visage si proche du mien.
Et j'entendis à nouveau sa voix.
« Je crève d'envie de t'embrasser, Bella. »
