Bon matin tout le monde!

Nous voilà réparties pour 2 chapitres. J'espère pouvoir poster le 9 en fin de journée mais je ne promets rien car il faut que je le relise. On arrive dans les derniers chapitres que j'ai écrits (12 en tout pour que vous sachiez où on va) et j'ai eu moins de temps pour les peaufiner ceux là.

Mille merci pour votre accueil!

Je réponds aux reviews tout de suite. Je vous laisse lire pendant ce temps.

Biz

Lily

7- Crash and burn

Pov Edward

Je lâchai un grognement de soulagement en déposant le dernier verre sur l'étagère.

Il devait être plus de quatre heures du matin maintenant. Le bar avait fermé depuis une heure et Emmett et moi rangions avant de pouvoir aller nous coucher pendant que Rosalie comptait la recette de la soirée. Du coin de l'œil, je la voyais compter méticuleusement les billets avant de les fourrer dans la pochette qu'elle irait déposer à la banque le lendemain avant qu'elle et Emmett ne prennent l'avion pour une semaine de vacance à Hawaï.

Emmett retourna la dernière chaise et me rejoignit. Nous nous assîmes sur deux tabourets, chacun de son côté du bar, et il plongea le bras par-dessus le zinc pour attraper une bouteille de Bunnahabbain de dix-huit ans d'âge et deux verres à whisky.

C'était la tradition : nous ne buvions jamais pendant le service mais nous célébrions ainsi chaque fermeture.

« Bonne année, mon vieux. » dit Emmett en remplissant nos verres avec une dose qu'il aurait facilement facturée trente dollars aux clients.

Je levai mon verre pour trinquer et avalai une longue lampée qui me brûla délicieusement la gorge.

Je laissai mon regard courir sur la salle étrangement vide et calme. Pendant quelques secondes, seuls les accords blues de la guitare du morceau qui jouait encore en sourdine vibrèrent dans le silence.

« As-tu des résolutions en tête ? » demandai-je en focalisant à nouveau mon attention sur mon ami.

Il regarda dans la direction de Rosalie puis se perdit dans le fond de son verre avec un sérieux dont il n'était franchement pas coutumier.

« Ouais… » répondit-il. « Quand nous reviendrons de vacances, je pense demander à Rose de venir vivre chez moi. »

Mon verre resta suspendu en l'air un instant.

« Vraiment ? » m'exclamai-je en me penchant vers lui pour ne pas que la principale intéressée surprenne notre conversation.

Emmett se racla la gorge, visiblement gêné.

« Tu sais… » commença-t-il sans me regarder dans les yeux. « Elle passe déjà la plupart de son temps là. Et puis… je sais pas… ça me parait…juste. Tu vois ? »

Oui, je voyais ce qu'il voulait dire. Rosalie était la fille qui lui fallait. Il l'aimait comme un dingue. Il n'y avait aucune raison de perdre plus de temps. Je les enviais même un peu de ce qu'ils avaient… Mais, ça, il était hors de question que je le lui dise alors je lui lançai un coup de poing amical dans l'épaule.

« Oui, je vois surtout que Rose va finir par réussir à faire de toi un gentil petit homme au foyer, fait gaffe ! » me moquai-je.

« Arrête de rêver, Cullen. Celle qui domptera la bête n'est pas encore née ! » Répliqua-t-il en avalant une autre gorgée.

J'éclatai de rire.

J'étais heureux que mon ami se confie à moi ainsi et j'espérais vraiment que Rosalie lui dirait oui. Mais j'étais content aussi d'avoir allégé un peu l'atmosphère qui devenait trop sérieuse pour moi à une heure si avancée.

Pourtant, Emmett en avait décidé autrement.

« Alors », commença-t-il en se raclant la gorge avant de planter son regard dans le mien. « Toi et Bella, hein ? »

Cette fois, je manquai de m'étouffer avec mon whisky.

« Quoi ? Ça ne va pas ? » croassai-je à travers la brûlure de l'alcool.

Emmett posa son verre sur le zinc et croisa les bras en se redressant, l'air de fâché.

« Ne me prends pas pour un con, Cullen.

- J'arrêterai quand tu arrêteras de dire des conneries pareilles. » contrai-je, sur la défensive. Je n'étais pas prêt à aller dans cette voie avec lui, pas après ce qui s'était passé ce soir.

« Alors ce qui s'est passé tout à l'heure, ce n'était que de l'exhibition malsaine ? » demanda-t-il en levant un sourcil incrédule.

« Oh ! Ce jeu idiot, c'était ton idée, je te rappelle ! » répliquai-je agressivement. « Je ne t'ai jamais demandé de me vendre aux enchère comme un morceau de viande. »

Il éclata de rire.

« Oh, arrête, Edward. Je pourrais peut-être te croire si vous ne nous aviez pas joué la scène des préliminaires sur la piste de danse avant.

- Elle était emmerdée par un mec bourré qui ne voulait pas la lâcher ! » me défendis-je.

« Et alors, tu n'aurais pas juste pu le foutre dehors ? Si tu commences à sauver toutes les demoiselles en détresse de ce bar en allant danser avec elles pour faire fuir les dragueurs, je vais être obligé de trouver un autre barman. Parce que ce sera un travail à plein temps !»

Je restai sans voix. Je ne l'avais pas vu venir celle-là. Emmett se détendit et se pencha à nouveau pour s'accouder devant moi.

« Et puis, ce n'est pas un crime. Elle est à croquer la petite Swan. » ajouta-t-il avec un sourire.

« Elle n'a que dix-huit ans. » claquai-je, comme si c'était un argument imparable.

Mon seul et unique argument à vrai dire.

Mais Emmett s'en fichait visiblement.

« Et alors ? Ce n'est qu'un chiffre. Tu ne vas pas me dire que tu ne t'es jamais tapé de nana de dix-huit ans.

- Si. Bien sûr. Quand j'avais le même âge. » répondis-je, buté.

Emmett éclata de rire à nouveau.

« Je suis ravi de te faire marrer à ce point. » grognai-je en finissant mon verre, décidé à finir ici cette conversation.

« Franchement, Edward, tu ne vas pas me faire croire que tu demandes leur carte d'identité à toutes les filles que tu te lèves ici.

- Non, effectivement, je n'en ai pas besoin. » contrai-je. « Sam fait une présélection pour moi à l'entrée avec son tampon pour nous signaler les clients qui n'ont pas l'âge de boire d'alcool. Tu te rappelles, c'était ton idée ?

- Ok. Je te l'accorde. Mais, honnêtement, Bella n'a peut-être pas encore vingt-et-un ans mais elle a légalement le droit de conduire ou même de se procurer une arme, et elle a aussi le droit de s'envoyer en l'air avec qui elle veut. Et, ce soir, je peux te jurer que, celui qu'elle voulait, c'était toi. »

Je le fusillai du regard.

« Je n'ai pas envie de parler de la maturité sexuelle de la meilleure amie de ma cousine avec toi, Emmett. »

Il soupira et se leva lourdement de son siège.

« La meilleure amie de ta cousine, hein ? Bon, écoute mec, il est tard, je suis crevé et tu t'obstines à jouer au con. Alors je vais aller jeter deux ou trois shorts dans une valise et je vais me coucher. »

Je restai muet et ne le regardai même pas s'éloigner.

Qu'il aille se faire foutre. Il ne savait pas dans quel merdier je me fourrerais si j'ouvrais plus grand cette porte que je ne l'avais déjà fait.

« Mais laisse-moi te dire une chose. » ajouta-t-il tout de même après avoir fait quelques pas. « Je ne crois pas que le mec de la meilleure amie de ta cousine se posera autant de questions quand il aura décidé de la mettre dans son lit. Il ne faudra pas venir pleurer sur mon épaule à ce moment-là. »

Et il disparut derrière la porte qui menait à son appartement situé à l'étage au-dessus.

Mais quel con !

De quoi se mêlait-il à la fin ?

C'était sa faute si j'avais embrassé Bella ce soir. Sa faute…

Je n'avais pas besoin qu'il me rappelle qu'il n'y avait plus de bébé Swan. Il ne savait pas de quoi il parlait.

Il n'avait pas dansé avec elle. Il n'avait pas ressenti cette envie d'elle sur la piste de danse. Il n'avait pas eu besoin de fuir quand cette envie s'était faite trop forte.

Pourtant, il m'avait infligé un véritable supplice.

Pourquoi avait-il fallu que ce soit elle qui monte sur ce bar ?

Qu'est-ce qui lui avait passé par la tête, bon sang ?!

Je n'aurais joué le jeu pour aucune autre fille. Jamais je n'aurais marché dans cette combine foireuse et humiliante si ce n'avait pas été elle. La pauvre fille qui serait montée s'en serait tirée avec une petite honte et j'aurais collé une raclée à Emmett puis on n'en aurait plus parlé.

Mais non. Il avait fallu qu'elle le fasse. Pour m'éviter d'embrasser n'importe quelle fille. Pour me sauver.

Mais c'était tout le contraire.

Parce que, depuis, je grillais littéralement dans les feux de l'enfer.

Tout ce que je refoulais à toute force depuis Thanksgiving m'était revenu en pleine figure.

Je la voulais.

Putain, je lui avais même dit que je crevais d'envie de l'embrasser !

Après l'avoir repoussée, humiliée, j'avais presque réussi à me convaincre que je l'avais fait pour la bonne cause. Et, ce soir, pour la première fois depuis des semaines, nous avions parlé et je pensais être capable d'arranger les choses.

C'était en bonne voie. Elle m'avait dit qu'elle ne m'en voulait pas.

Et j'avais tout gâché, j'en étais certain, par cette seule phrase.

« Je crève d'envie de t'embrasser, Bella. »

Connard ! Connard ! Connard !

Qu'est-ce qui n'allait pas chez moi ?

Pourquoi n'étais-je pas capable de juguler ce que je ressentais pour elle ? Pourquoi n'avais-je pas été capable de fermer ma grande gueule ?

Je grognai en empoignant mes cheveux à pleines mains.

Un raclement de gorge me fit me redresser. Rosalie se tenait près de moi. Elle me tendait une liasse de billets.

« Bon boulot, Edward. » dit-elle. « Avec une soirée comme ça, tu vas pouvoir inviter ta copine dans un bon restau. »

Je fronçai les sourcils. Elle n'allait pas s'y mettre elle aussi !

Elle leva immédiatement les deux mains en signe de défense.

« Hey ! Garde ce regard là pour Emmett. Je ne fais qu'émettre une idée. Tu fais ce que tu veux de tes pourboires. »

Je me radoucis alors et elle en profita pour s'approcher et déposer un baiser rapide sur ma joue.

« Je monte. Je te laisse fermer ?

- Bien sûr, Rose. Vas-y. Et dis à ce connard d'Emmett que je vous souhaite de bonnes vacances. »

Elle sourit et s'éloigna.

« Pour ce que ça vaut, » me lança-t-elle depuis l'autre bout du bar. « Vous faites un joli couple.

- File à Hawaï, pétasse ! » lui criai mais elle me répondit par un clin d'œil, pas dupe deux secondes de ma mauvaise humeur.

Que pouvais-je faire si mes meilleurs amis avaient décidé de se lier contre moi ainsi?

Ils ne voyaient pas l'étendu de mon problème. Emmett avait raison, l'âge de Bella n'était qu'un chiffre. Le problème venait de moi. Je n'étais pas quelqu'un de bien pour elle parce que je n'étais pas certain d'être capable de ne pas lui faire du mal.

Je lui en avais déjà fait.

Je savais que cette attirance que je ressentais pour elle était plus forte que tout ce que j'avais déjà ressenti auparavant mais qui savait combien de temps ça durerait avant que je ne recommence à déconner ?

Et que se passerait-il alors ?

Je la perdrais.

Me revinrent alors les paroles d'Emmett et je pensai à Bella et son Jacob. Emmett se trompait forcément : depuis le temps qu'ils se voyaient, Bella avait forcément déjà couché avec ce type.

Tout mon corps se crispa à cette pensée.

Je savais par Alice qu'ils se voyaient souvent, en cours et en dehors.

Mais quel mec abandonnait sa copine le soir du nouvel an ?

Et, Bella serait-elle montée sur ce bar si les choses avaient été sérieuses entre eux ?

L'aurait-elle fait si elle ne l'avait pas vraiment voulu ?

Aurait-elle dansé avec moi de cette façon ? M'aurait-elle embrassé comme ça ?

Ce soir, ça avait été comme si ce Jacob n'existait pas. Il n'y avait plus qu'elle et moi.

Alors, quitte à la perdre un jour, valait-il mieux la perdre pour un autre sans jamais l'avoir eue ? Ou prendre le risque…

Je ne savais plus quoi penser.

Je rinçai rapidement nos deux verres puis j'éteignis les dernières lumières et sortis sur la rue en fermant la grille qui protégeait l'entrée du Mac Carty's.

Une fois dans ma voiture, je vérifiai mon portable. J'avais deux messages d'Alice.

Pas un seul de Bella.

Quelque chose se creusa dans ma poitrine.

Arrête de déconner Edward !

Je fis défiler les messages de ma cousine. Le premier m'annonçait qu'elle allait boire un dernier verre chez Jasper. Le deuxième m'informait qu'elle ne rentrerait pas cette nuit et qu'elle éteignait son portable pour que je ne la harcèle pas.

Et merde !

Je laissai retomber mon téléphone sur le siège passager.

Alice et Jasper… Merde !

J'avais bien vu leur manège à tous les deux ces dernières semaines mais je n'étais pas encore prêt. Alice m'en avait parlé plusieurs fois et je savais qu'il se passait quelque chose. Je savais qu'ils se plaisaient et qu'ils s'étaient trouvé plein de choses en commun malgré le fait que Jasper avait mon âge, et Alice avait l'âge de…

Merde !

Ça ne pouvait pas marcher. Si ?

La douleur dans ma cage thoracique était plus présente que jamais.

Je démarrai ma voiture et roulai quelques minutes avant de me rendre compte que, plutôt que de prendre le chemin de chez moi, j'entrai dans la cité universitaire.

Je retrouvai rapidement la résidence de Bella et me garai devant.

Toutes les fenêtres étaient éteintes. Je ne savais pas laquelle était celle de Bella.

Je me rendis compte que je ne savais même pas si elle était bien rentrée.

Je ne réfléchis pas longtemps avant de prendre mon téléphone et de composer son numéro.

J'en avais ma claque de réfléchir. J'en avais marre de me contraindre.

Emmett avait Rosalie.

Alice avait Jasper.

Moi, je voulais Bella.

Je voulais Bella.

Quitte à m'écraser en beauté, je prendrais le risque de me brûler les ailes.

Deux tonalités puis :

« Salut, vous êtes bien sur le portable de Bella. Vous savez quoi faire. »

Bip.