Bon, je fais vite alors j'espère ne pas avoir laissé de grosse faute. Si c'est le cas, je m'en excuse d'avance.

A demain pour la suite (et peut être la fin, qui sait!) et les réponses à vos reviews (là je suis trop limitée en temps, pardon pardon, vous êtes toutes géniales! ).

Bisous à toutes !

Lily

9-I'm yours

Pov Bella

Deux heures plus tard, je poussai la porte d'un petit bistro à la limite du campus.

Jacob était déjà là, assis à notre table habituelle, pianotant sur son téléphone, le regard concentré.

Une sueur froide glissa le long de ma colonne vertébrale mais je me sentis mieux quand il leva les yeux vers moi et que je n'y vit que de la joie de me revoir. Il ne devait pas encore être au courant.

Durant les premières minutes de notre repas, il me raconta ce qui s'était passé pendant son séjour dans la réserve de la Push, de son père et des amis qu'il en avait profité pour revoir.

Je l'écoutais avec attention, repoussant le moment, mais quand il me demanda comment j'allais et comment avait fini la fête du Nouvel An, je n'eus pas d'autre choix que de baisser les yeux et de prendre une grande inspiration.

Je lui racontais tout : la danse, ma dispute avec Alice qui était la raison pour laquelle je buvais un verre au bar plutôt que dans la salle avec les autres, l'idée débile d'Emmett, la ruée des poufiasses, l'air perdu d'Edward et notre baiser. Je lui parlais même de la vidéo.

Pendant tout ce temps, Jacob resta muet et, quand j'eus fini, il se recula sur son siège en soupirant et en croisant les bras.

J'attendis alors qu'il parle, ou qu'il parte en me laissant là.

Mais, à ma grande surprise, il se mit à rire.

« Cet Emmett est vraiment un grand malade ! »

Je le regardais sans trop savoir quoi répondre. Je venais de lui avouer avoir embrassé quelqu'un d'autre et lui ne relevait que la bêtise d'Emmett ?

« Tu n'es pas en colère ? » demandai-je, incertaine.

Il plissa les lèvres.

« Je ne vais pas dire que je suis ravi, évidemment. Là je te mentirais. » Répondit-il. « Mais, tu n'as fait qu'aider un ami, non ? »

Je haussais les épaules, gênée.

« Edward a de la chance d'avoir une amie comme toi parce que, a priori, il devrait revoir ses choix en la matière. » ajouta-t-il en caressant ma joue. « Et puis, c'est ma faute, je t'ai laissée seule au milieu de tous ces gens. Je ne vais pas t'en vouloir. Enfin… »

J'osai alors le regarder dans les yeux.

« … sauf si il y a autre chose que tu ne me dis pas et que je dois aller provoquer ce type en duel. Parce que là, ça pourrait tourner au vinaigre. »

Je ris doucement. L'idée qu'Edward et Jacob se battent pour moi était risible à bien des égards.

« Non, tu n'as pas à t'en faire. Je connais Edward depuis toujours, il est comme mon frère, c'est tout. »

Il passa son bras autour de mes épaules pour me rapprocher de lui.

« Alors tout vas bien. Et, pour être sûr, je ne te laisserais plus jamais seule. Il parait qu'il y a une horde de barmen qui n'attend que ça pour rouler des pelles à ma copine. »

Il se pencha pour m'embrasser et je lui rendis son baiser. C'était doux et sage.

Sincère.

C'était ça dont j'avais besoin. Pas de cette fausse intimité que j'avais cru partager avec Edward où tout n'avait été que jeux et faux semblants. Jacob était réel.

Quelques minutes plus tard, nous nous rendions main dans la main à notre premier cours de l'année. Les quelques heures suivantes passèrent relativement vite et j'étais contente d'enfin pouvoir me consacrer à autre chose qu'à ma petite vie et à mes états d'âmes.

Même les regards en coins de certains étudiants et les chuchotis sur mon passage ne m'atteignirent pas vraiment. Je m'inquiétais plus de la réaction de Jacob parce que, mine de rien, c'est lui qui sortait avec l'attraction du moment. Quelle image est-ce que cela donnait de lui ?

Mais il m'assura que ça ne le gênait pas, que toute cette agitation s'essoufflerait d'elle-même dans quelques jours, remplacée par une autre.

Alors je décidais de le prendre au mot et, c'est rassurée que je le quittais à la fin des cours pour me rendre à la bibliothèque où j'avais l'intention de réviser encore quelques heures.

Alice me rejoignit avec Démétri et Felix, puis arrivèrent Ben et Angela. Et ce fut comme si toute cette histoire n'était jamais arrivée car personne ne fit le moindre commentaire. Même Alice semblait incroyablement calme, me jetant seulement quelques regards de temps en temps tout en faisant des recherches sur son ordinateur ou en écrivant des messages sur son portable, probablement avec Jasper.

Plus tard, toute la troupe décida d'aller manger ensemble dans notre restaurant de bagels préféré où Jacob nous retrouva. Et la soirée fut vraiment agréable. C'était à ça que devait ressembler une soirée d'une étudiante de première année : des amis, des bières, des rires. Et pas les prises de tête dont je devenais coutumière ces dernières semaines.

Edward avait probablement raison. C'était à ça que je devais me raccrocher.

C'est probablement pour ça que, quand Jacob me raccompagna, pour la première fois, je le laissai monter jusqu'à ma chambre et je ne le repoussai pas quand il m'embrassa sur le pas de ma porte avec plus d'empressement que d'habitude, ni quand il me poussa à l'intérieur de la pièce plongée dans le noir.

Il était temps, non ? Je l'avais assez fait attendre. Alors je le laissai faire quand il passa mon pull par-dessus ma tête et qu'il caressa mes seins.

Ma peau frissonna légèrement à ce contact. Ce n'était pas l'excitation à laquelle je m'étais attendue mais ce n'était pas désagréable. Ses lèvres sur les miennes étaient un peu rudes et maladroites. Mais nous étions tous les deux jeunes et c'était normal.

Nous apprendrions ensemble.

C'était comme ça que les choses se passaient.

Je le tirais jusqu'à mon lit où il me fit m'étendre doucement pour couvrir mon corps du sien. Ses mains étaient partout sur moi et il murmurait inlassablement mon prénom, me répétant comme il me trouvait belle et quelle chance il avait de m'avoir, qu'il ne pouvait plus attendre pour me faire sienne.

Je ne savais pas quoi lui dire alors je me contentais de l'embrasser en caressant son dos et ses cheveux, attendant l'étincelle qui allait bien finir par s'allumer.

Mais, au lieu de ça, ce fut le plafonnier qui s'alluma brusquement quand Jessica entra en tirant sa valise.

« Oups ! » s'écria-t-elle en cachant ses yeux de sa main libre. « Excusez-moi, je ne savais pas ! Oh mon dieu, Bella, je suis désolée ! »

Moi, j'avais fait un bond pour m'extirper de mon lit et je me cachais derrière mon pull que je maintenais maladroitement contre ma poitrine.

« Non… Jess… Ce n'est pas grave… » bafouillai-je. « C'est nous qui… Oh misère ! »

Je me cachais le visage, probablement rouge de honte. Et je ne relevais les yeux que quand j'entendis Jacob rire, toujours allongé sur mon lit.

« Hey, Bella, on ne faisait rien de mal. Je suis sûr que Jessica en a vu d'autre.

- Peut-être, mais quel accueil ! » s'exclama ma colocataire. « La prochaine, fois, accrochez une chaussette à la poignée et je saurai ce que ça veut dire. Tout étudiant qui veut s'envoyer en l'air connait le signal.

- Non ! Je… » marmonnais-je encore. « Nous n'étions pas en train…

- Du calme, Bella. Vous faites ce que vous voulez, vous êtes adultes. Vous voulez que je vous laisse ? » demanda Jessica en commençant à faire un geste vers la porte.

« Non ! » m'écriai-je alors. « Il est tard et tu rentres à peine de vacances, je ne veux pas te mettre dehors. »

Jacob grogna en se relevant.

« Ouais, et puis j'ai promis à Seth de passer le voir. Alors je vais vous laisser. Bella ? »

Je le rejoignis à la porte qu'il était déjà en train d'ouvrir. Il se pencha vers moi et m'embrassa.

« Ce n'est que partie remise. Tu es toute à moi maintenant. » murmura-t-il en caressant mon cou encore endolori de ses baisers.

Je lui souris aussi sincèrement que possible avant de refermer la porte sur lui.

« Je suis navrée, Bella. » continua Jessica. « Si j'avais su je serais passée voir Lauren ou Mike. Peut-être que j'aurais pu dormir chez lui, qui sait ?

- Ne t'inquiète pas, Jess. Tout va bien. » répondis-je en enfilant rapidement un tee-shirt et en venant remettre de l'ordre sur mon lit.

« Pourtant ça avait l'air chaud. » dit-elle en riant. « Je regrette de ne pas être arrivée un peu plus tard parce que je suis sûre que Jacob est bâti comme un dieu.

- On s'embrassait, c'est tout.

- Ouais, bien sûr. » répliqua-t-elle en me regardant avec un sourire en coin et en désignant mon cou.

Prise d'un doute, je me ruai vers le miroir accroché sur la porte de mon placard et constatai que deux marques violacées barraient mon cou, à la limite de mon épaule.

Mais qu'est-ce que…

« C'est pas vrai ! » m'exclamai-je.

Il m'avait fait des suçons !

Mais quel âge avait-il ?

On n'était plus au lycée ! On avait passé l'âge de conneries pareilles ! J'allais devoir porter des cols roulés pendant plusieurs jours maintenant…

« Oh allez, Bella. Ce type marque juste son territoire. Et d'après ce que j'ai entendu, il a raison. »

Je la regardais sans comprendre un instant avant de réaliser ce qu'elle voulait dire.

« Tu as vu la vidéo. » compris-je.

« Hum hum. Et ça aussi c'était chaud, alors on ne peut pas en vouloir à Jake de vouloir se rassurer un peu. Il aurait pu pisser aux quatre coins de la chambre. Estime-toi heureuse ! »

Cette fois, je ne pus m'empêcher de rire et je me laissai tomber sur ma chaise de bureau dans l'espoir de me changer les idées avec un peu de littérature italienne. Mais mon regard fut attiré par un papier qui était sur le sol, près de la porte.

« C'est à toi ? » demandai-je à Jessica en désignant la forme blanche.

Elle me répondit que non tout en levant à peine la tête de sa valise qu'elle était en train de défaire. Alors je me levai pour aller la ramasser. Il semblait qu'on avait glissé cette feuille sous la porte pendant l'après-midi et que je ne l'avais pas vu en entrant car nous n'avions pas allumé la lumière.

Ce n'était pas une simple feuille.

C'était un origami.

Un pliage compliqué en forme de cygne.

Je ne connaissais qu'une seule personne qui faisait ce genre de chose, j'en avais toute une boite cachée dans ma penderie.

Mon cœur battait fort dans ma poitrine.

Cette fois, ce n'était pas une simple cocotte en papier. Pas un bébé. Un cygne.

Swan.

Qu'est-ce que cela voulait dire ?

« Bella, d'où est-ce que ça vient » me demanda ma colocataire qui s'était approchée.

Edward.

« Je ne sais pas. » répondis-je pourtant.

« C'est très joli, en tout cas. » ajouta-t-elle en retournant à ses occupations.

Délicatement, je retournais l'oiseau dans mes mains. J'avais peur de l'abimer ou qu'il disparaisse sans prévenir. J'avais peur d'être en train de rêver.

Edward avait déposé un cygne sous ma porte. Il était venu ici pour m'apporter un message.

Car, sur une des ailes de l'oiseau, écrits de sa belle écriture, on pouvait lire deux mots :

Réponds-moi

Répondre à quoi ?

Quelle question m'avait-il posée ?

Tout à coup, je me rappelai qu'il m'avait laissé un message sur mon téléphone et que je ne l'avais pas écouté.

J'attrapai rapidement mon sac et ouvris la porte de la chambre.

« Tu sors ? » s'étonna Jessica.

« Oui, je… j'ai soif. Je vais acheter une bouteille au distributeur en bas. »

Et je refermai rapidement la porte derrière moi pour éviter toute question supplémentaire.

Je courais presque dans le couloir dans l'espoir de trouver rapidement un endroit calme. Finalement, je sortis du bâtiment et me retrouvai sur un banc, dans la nuit glaciale, frigorifiée, mais seule.

Avec des doigts tremblants, je fis défiler les différents messages qui encombraient ma boite vocale. Je dus supprimer une bonne quinzaine d'enregistrements de la voix hystérique d'Alice qui me menaçait des pires tortures si je ne répondais pas rapidement à mon téléphone avant de trouver ce que je cherchais.

Le 1er janvier, à 5h13.

« Bella… c'est moi…

Ecoute, heu… J'ai déconné.

Je sais que ça fait des semaines que j'essaie de te faire croire qu'il n'y a rien entre nous… qu'il ne peut rien y avoir. »

Le silence s'étira quelques secondes dans le combiné dans lequel je n'entendais que sa respiration.

J'avais cessé de respirer.

« Mais, je … Bella… Je ne peux plus faire ça. Je crois que je deviens fou. Je ne peux plus faire comme si tu étais encore… »

Nouveau silence peuplé de son souffle laborieux et haché.

« Bella, ce soir, c'était moi, seulement moi. Je ne jouais pas. Bella je… ça fait des semaines que je ne pense qu'à toi, que je veux être près de toi et… te toucher, bon dieu, Bella… te toucher comme ça, tu ne peux pas savoir ce que ça me fait. Je suis complètement à ta merci. Alors… s'il te plait…

Est-ce qu'on peut juste… arrêter de jouer ?

Je suis en bas de chez toi là. Appelle-moi.

Bella, je… »

Fin des messages.