Bon dimanche les filles!

Aujourd'hui, j'essaye de finir la publication. Il reste 3 chapitres. Ils sont écrits et relus donc ça ne devrait pas poser de problème.

Je vous remercie toutes pour vos réactions et je réalise que je vous ai laissées hier sur un suspense pas très sympa alors, vite, voici la suite!

Je vous embrasse encore, même si je viens de le faire en Mp pour la plupart d'entre vous.

KikaInLove: j'espère que tu as réussi à te calmer espèce de folle! J'ai adoré tes messages! Par contre, pour d'autres fics, ce ne sont pas les idées qui manquent mais le temps ( Baby Swan était commencée depuis plus d'un an... J'en ai une autre encours mais je ne sais pas du tout quand je pourrai me libérer quelques jours comme cette semaine pour en venir à bout donc je ne peux pas promettre quoi que ce soit. Je t'embrasse.)

Bonne lecture!

10- Love song, drug song

Pov Edward

Pour la millième fois, je vérifiais mon portable. C'était ridicule, je le savais, puisque je le rangeais dans la poche arrière de mon jean's. Mon cul aurait déjà vibré au moindre message.

Mais je ne pouvais pas m'en empêcher.

Depuis la nuit de Nouvel an, je vivais greffé à mon téléphone. Dans l'attente d'un signe, d'une réponse.

Mais il ne se passait rien.

Je n'avais pas eu le courage de monter dans sa chambre cette nuit-là. Ça me semblait une bonne idée sur le moment : attendre sa réaction face à mon message.

Mais maintenant, devant ce silence qui me tuait, je regrettais de ne pas avoir défoncé sa porte et de ne pas avoir joint le geste à la parole. Au moins j'aurais eu ma réponse, sous la forme d'une gifle ou de ce que j'imaginais qui aurait pu être la meilleure nuit de ma vie tant j'avais besoin d'elle.

Tout plutôt que cette incertitude.

Elle avait forcément eu mon message depuis le temps.

Alice m'affirmait le contraire, cependant.

Oui, j'avais cédé. Quand elle était venue me confronter, j'avais tout dit à ma cousine. J'en avais même oublié de lui faire la morale à propos de Jasper. De toute façon, qui aurais-je tromper alors que je nourrissais moi-même de telles pulsions pour une femme qui avait huit ans de moins que moi ?

Par contre, la traitresse n'avait levé aucun de mes doutes.

Je savais qu'elle avait vu Bella, qu'elle lui avait parlé de tout ça. Mais, à part me dire que Bella semblait complètement perdue elle-même, elle n'avait rien voulu dire pour exacerber ou casser tous mes espoirs. Je l'avais presque suppliée, je l'avais harcelée de texto tout l'après-midi parce que je savais qu'elle devait retrouver Bella à la bibliothèque, mais elle n'avait rien laissé filer.

Et, je me retrouvais au boulot ce soir alors que j'aurais préféré être à mille lieues d'ici et je tentais de faire la conversation aux clients comme si tout allait bien. Malgré l'absence d'Emmett, il fallait bien que le bar tourne. Et puis, la première semaine de janvier était toujours calme. Les gens se remettaient des fêtes. Le bar était à peine rempli et, comme j'étais seul avec Charlotte et Sam, nous fermions plus tôt que d'habitude.

Il était presque 23h. Encore une heure à tenir puis je pourrais virer tout le monde et me remettre à broyer du noir tranquillement.

Le plus dur, c'était de supporter les commentaires goguenards des habitués sur la soirée du Nouvel An. Un connard avait même essayé de grimper sur le bar en me demandant de l'embrasser un peu plus tôt dans la soirée.

Entre les répliques perverses des mecs qui me félicitaient et me demandaient des nouvelles de Bella ou les œillades des filles qui, entre mon détour par la piste de danse et ma participation presque forcée à ce jeu débile, voyaient une nouvelle ouverture pour m'aborder, je ne savais pas ce qui était le pire.

Je brûlais de tous les envoyer chier mais ce ne serait pas bon pour le commerce. Alors je faisais comme si c'était drôle.

A son retour, j'allais tuer Emmett juste pour passer mes nerfs.

Depuis quelques minutes, j'étais aux prises avec Tanya et Victoria qui, accoudées au bar dans des positions qui devaient avoir pour but de me faire plonger dans leurs décolletés, y allaient de leurs petits commentaires.

« A dix secondes près, c'était moi qui remportais le prix. » minaudai la rouquine en entortillant une mèche de ses cheveux autour de son index. « Mais ces gamines ont du ressort.

- Il fallait bien qu'elle tente sa chance. » renchérit Tanya en me reluquant dessous ses cils. « Un baiser d'Edward Cullen, ça se mérite. Tu attends un appel ? »

Je remis rapidement mon portable dans ma poche arrière et essuyait mes mains moites sur mon jeans.

« Non, rien d'important. Je vous resserre quelque chose, les filles ? On va bientôt fermer. »

Elles échangèrent un regard complice.

« Ça dépend… » roucoula Tanya en mordillant la paille de son cocktail. « Pour une fois, c'est peut-être nous qui aurions quelque chose à t'offrir. »

Je rêvais ou elles me proposaient un plan à trois, là ?

Je cachais ma gêne sous un sourire de façade et me redressai.

« Là, vous me surestimez ! » m'exclaffai-je.

« Je sais exactement de quoi tu es capable, Edward. » répliqua la blonde avec un clin d'œil.

Evidemment qu'elle savait de quoi j'étais capable. C'était elle la dernière fille que j'avais ramenée chez moi. Est-ce que c'était maintenant que je lui avouais que je n'avais pas vraiment pensé à elle cette nuit-là ?

A côté d'elle, Victoria me dévorait des yeux comme elle en avait l'habitude. Il fut un temps où ça m'aurait probablement excité et où je lui aurais proposé de faire un tour après la fermeture. Mais plus maintenant. Je la trouvais juste vulgaire avec ses yeux trop maquillés et son soutien-gorge trop apparent sous son tee-shirt.

Du coin de l'œil, j'avisais de nouveaux clients qui venaient d'entrer et de s'asseoir à l'autre extrémité du bar. Voilà la diversion qu'il me fallait.

« Le devoir m'appelle. » dis-je nonchalamment en m'éloignant.

« On ne bouge pas ! » s'écria Victoria.

Putain, que quelqu'un lui jette un seau d'eau !

Je n'avais fait que quelques pas quand je me mis à regretter de ne pas être resté avec les deux nymphomanes car je reconnus immédiatement un des deux types qui venaient d'arriver : Jacob Black.

Qu'est-ce qu'il foutait là ?

Pour me donner une contenance, j'attrapai un torchon que je jetai sur mon épaule en arrivant vers eux.

« Et pour ces messieurs ce sera ? »

Jacob se redressa, bombant le torse autant que possible, et ce fut son pote qui prit la parole.

« Un pichet de bière et deux verres, s'il te plait.

- ça marche. » répondis-je en faisant un pas vers la tireuse à bière qui était juste face à eux.

« Comment vas-tu, Edward ? » me lança Jacob, sans quitter sa posture guindée.

« Pas mal, et toi ? Jake, c'est ça ? »

Il sourit, apparemment pas dupe de ma supercherie. Il savait très bien que je l'avais parfaitement reconnu.

« Ça fait un peu bizarre d'être là mais on ne va pas laisser un jeu idiot me jeter de mon bar préféré, non ? »

Je soupirai, encore plus fatigué tout à coup. Il était donc venu pour ça. Il voulait qu'on en parle, alors on allait en parler.

« Ecoute mec, » commençai-je. « Je ne sais pas ce que tu t'imagines mais…

- J'ai vu la vidéo. » me coupa-t-il.

Je soupirai encore une fois, légèrement énervé cette fois. Et, tout en soutenant son regard, je déposai le pichet et deux verres devant lui.

« Bien. Alors qu'est-ce que tu veux que je te dise ? »

Il se relâcha alors et rempli les verres.

« Rien. Bella m'a déjà tout raconté.

- Ah. »

Que lui avait-elle dit exactement ?

Je ne pouvais pas lui demander mais je crevais d'envie de le questionner. Et, apparemment, il avait aussi envie de continuer sur le sujet.

« Ouais. Elle m'a raconté comment elle a dû venir à ton secours pour ne pas que tu te fasses violer par une horde de filles en rut. »

Et ce connard éclata de rire, suivi par son pote qui ne pipait pas mot pour l'instant.

« Je sais me défendre tout seul. », contrai-je, cachant mon énervement.

« Je vois ça. » dit-il en désignant Tanya et Victoria du menton. « Belles prises.

- Ce ne sont que des clientes. » répliquai-je.

« Ouais… exact… En tout cas, ma pauvre petite Bella était tellement mal après tout ça. Heureusement que j'ai les idées larges et qu'elle a eu des bons arguments pour me demander pardon. »

Je retins une grimace.

Ainsi ils étaient toujours ensemble.

Putain, Alice aurait pu me le dire !

Et dire que j'étais allé jusqu'à glisser un mot sous la porte de la chambre de Bella cet après-midi pendant qu'elle était en cours. J'allais complètement me ridiculiser dans cette histoire.

Un grand froid m'envahit soudain.

J'allais la perdre.

C'était certain maintenant.

« Passez une bonne soirée. » dis-je d'une voix blanche en m'écartant des deux gars qui commencèrent à discuter ensemble sans plus s'occuper de moi.

Je me rendis à l'évier et entrepris de laver et relaver les quelques verres qui s'y trouvaient pour me donner une contenance.

De là où j'étais, j'entendais encore parfaitement les conversations autour de moi.

« C'est vrai qu'elle a de beaux arguments ta copine. » ironisa le pote de Black.

« Tu n'as pas idée. Cette histoire l'a complètement décoincée. Elle a eu tellement peur que je lui en veuille.

- Franchement, moi, à ta place, je ne suis pas sûr que je lui aurais pardonné comme ça. Et, puis, il y a cette vidéo qui circule… »

La vidéo.

Je ne comptais plus combien de fois je l'avais regardée celle-là. Pour essayer de déchiffrer le moindre de nos gestes. Pour essayer de trouver ce que j'avais loupé.

C'était devenu une drogue depuis deux jours. Je revivais la scène, encore et encore, me demandant pourquoi elle ne m'appelait pas. Le langage du corps ne mentait pas. Et, en plus de ce que j'avais ressenti en l'embrassant, les images étaient venues confirmer la sensualité de notre baiser. Elle m'avait embrassé comme ça. Je ne l'avais pas rêvé.

Et pourtant, elle était toujours avec ce type.

Et ce connard continuait à déblatérer sur combien elle était repentante et comme elle avait réussi à se faire pardonner en… quoi ?

« Je me fous de la vidéo, Seth. Ce n'est rien à côté de ce qui s'est passé tout à l'heure quand je l'ai raccompagnée dans sa chambre. »

Un verre éclata dans ma main, entaillant profondément ma paume.

« Edward ! »

Je ne réalisai que je pissais le sang que quand Charlotte sortit ma main de l'évier pour l'entourer en vitesse dans un linge propre.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? » s'inquiéta-t-elle.

« Je ne sais pas… Je n'ai pas fait attention… » grognai-je.

« Tu vas avoir besoin de soins. » me gronda-t-elle. « Vas-y, on va fermer.

- Je peux t'emmener à l'hôpital. » proposa alors Tanya qui s'était matérialisée en face de nous.

« Non. Ça va, je vais rentrer, j'ai ce qu'il faut à la maison.

- Alors, je t'emmène. Tu ne peux pas conduire avec une seule main. » insista-t-elle.

« Non. Je te remercie. Je vais marcher. Ce n'est pas loin. »

Et, pour couper court à toute autre proposition, j'attrapai ma veste et sortis sous le regard amusé des deux mecs qui n'avaient rien loupé de la scène.

Le froid me saisit à l'extérieur.

Ma paume me lançait atrocement.

Mais tout ce à quoi je pouvais penser, c'était les mots d'Emmett l'autre soir : « Quand il aura décidé de la mettre dans son lit. Il ne faudra pas venir pleurer sur mon épaule à ce moment-là. »

Il fallait bien que ça arrive. Bella était une femme. Une magnifique jeune femme qui avait fait ses choix.

Et, manifestement, ce n'était pas moi.

Il fallait que je me fasse une raison.

J'avais eu ma chance et je l'avais laissé filer. Il était temps de payer les pots cassés.

Mais, putain, pourquoi est-ce que ça devait faire aussi mal ?

J'avalais difficilement la boule qui obstruait ma gorge.

Je ne vis pas la route, marchant au radar jusqu'à ma maison qui était entièrement plongée dans la noir.

Dans un état de demi-conscience, je me dis que c'était tant mieux : je n'aurais pas supporté les commentaires d'Alice.

De ma main valide, je fouillai ma poche à la recherche de mes clés.

Dormir.

Oublier.

Voilà tout ce que je voulais.

Mon regard fut cependant attiré par un mouvement sous le porche.

Telle une apparition, je la vis sortir de l'ombre. Le lampadaire le plus proche éclairant doucement son visage pâle.

« Bella ? »

Je n'en croyais pas mes yeux. Je devais halluciner. Jacob avait dit que…

Mes yeux tombèrent sur la feuille blanche qu'elle serrait contre sa poitrine. Mon message. Elle avait trouvé mon message et elle était venue ici.

« Bella, qu'est-ce que tu…

- Oui. » me coupa-t-elle en faisant encore une pas vers moi.

Je la regardai sans comprendre, en me refusant de commencer à croire.

« Oui, Edward. Ma réponse est oui. »

Qui de nous deux fit le dernier pas ?

Ça n'avait plus aucune importance car, la seconde suivante, elle était dans mes bras et mes lèvres retrouvaient les siennes.

Enfin.