Salut Salut!

ça y est me revoilà avec la fin. Je vous prie de m'excuser pour l'attente mais, je vous avait prévenues, c'est très difficile pour moi de trouver le temps d'écrire.

je viens de finir l'épilogue et je vous le poste après seulement 2 relectures donc j'espère ne pas avoir laissé de grosses fautes mais, sinon, je ne sais pas quand j'aurais l'opportunité de revenir ici.

Je vous remercie toutes, mille fois, pour votre accueil, votre soutien, vos reviews, vos mises en alerte et favoris... Ça a été un réel plaisir de partager cette petite fable sans prétention avec vous et j'espère avoir l'occasion de le faire à nouveau un de ces jours.

Je prendrai le temps dès que possible pour répondre à vos messages, c'est promis!

Je remercie aussi les anonymes qui m'ont laissé un petit mot, KikaInLove pour ta bonne humeur, La , sochic88, vous qui n'avez pas de compte sur lequel je pourrais déverser sans retenue toute ma reconnaissance, je vous embrasse de tout coeur.

A un de ces jours

Biz

Lily

Epilogue

Pov Edward

« Bon allez ! Si tu ne te lances pas maintenant, tu ne le feras jamais. Et puis c'est sur le tas qu'on apprend le mieux.

- Je pense que tu m'as expliqué le principal de toute façon. » avisa Alec en fourrant les deux mains dans les poches de son jeans serré.

La rentrée universitaire venait d'avoir lieu et je prendrais mon poste d'assistant du professeur Banner à la mi-septembre.

Alors, à partir de la semaine prochaine, Alec me remplacerait à plein temps au Mac Carty's.

Une semaine pour dire au revoir à une partie incroyablement heureuse de ma vie. Mais pour accueillir une période encore plus heureuse, j'en étais persuadé.

La boite dans ma poche me réconfortait sur ce point autant qu'elle m'effrayait.

Alec serait parfait pour ce poste : jeune, énergique, plutôt beau gosse dans le genre grand brun ténébreux tatoué des poignets aux épaules. Les filles allaient l'adorer.

Comme moi il y avait quelques années, il cherchait un boulot qui lui permettrait de suivre quelques cours en journée. C'est ce qui m'avait décidé à pousser Emmett à l'engager même si il n'avait aucune expérience en tant que barman. Après tout, si je l'avais fait, il n'y avait pas de raison qu'un autre n'y arrive pas.

De fait, après deux heures de rush, il profita d'une accalmie pour me rejoindre derrière la tireuse à bière.

« Tu t'en sors gamin ? » me moquai-je en le voyant éponger son visage avec son tee-shirt, déclenchant les gloussements de deux étudiantes installées devant nous et qui ne ratèrent pas le point de vue imprenable qu'elles eurent sur ses abdominaux.

« Ouais, grand-père. » répondit-il, me faisant rire car ce n'était pas la première fois qu'il me renvoyait sa jeunesse à la figure. « Je pense que je me débrouille pas mal. »

Et il sortit de la poche arrière de son pantalon quelques papiers sur lesquels je pus lire des numéros de téléphone.

Je souris sans rien dire.

Effectivement, la relève était assurée.

« Est-ce que le boss à un règlement quelconque vis-à-vis de ça ? » demanda-t-il.

J'arquai un sourcil, montrant que je ne voyais pas bien ce qu'il voulait savoir exactement. Alors il s'accouda au bar pour continuer.

« Tu sais. Sortir avec des clientes. »

J'opinai avant de répondre tout en continuant à remplir des chopes de bières que Charlotte allait emmener en salle.

« Pas vraiment… Tu es grand, tu fais ce que tu veux. Du moment que tu restes correct et que ça ne nuit pas à la fréquentation du bar. »

Il acquiesça simplement, les yeux dans le vague et le sourire aux lèvres.

« Mais ne crois pas que tu pourras non plus te lever toutes les filles que tu voudras. Tu n'es pas si irrésistible ! ».

Il se releva et me toisa en souriant tout en croisant les bras sur son torse.

« On a peur de la concurrence, papy ? »

J'éclatai de rire.

« Non ! Ce n'est plus tellement mon truc, de toute façon. » répondis-je.

« Tu es trop vieux pour ces conneries ? »

Cette fois, je lui décochai un rapide coup dans l'épaule qui le fit fléchir. Il riait toujours de ma réaction mais se massa le haut du bras pendant quelques minutes après ça.

« Ta gueule, morveux ! » raillai-je. « Si tu veux tester mes réflexes on peut régler ça dehors mais je n'ai pas envie de te botter le cul dès le premier soir. Je vais laisser Emmett s'en charger quand tu commenceras à déconner. »

C'est dans la bonne humeur que nous continuâmes le service, de nouveaux clients venant d'arriver.

Pourtant, quelques minutes plus tard, il revint sur le sujet.

« Je ne vois pas pourquoi tu renonces à tout ça ! » s'exclama-t-il. « Je sens que je vais adorer ce boulot.

- Et tu auras raison. J'ai pris mon pied à bosser ici. Mais ça n'a jamais été mon projet de rester.

- Alors profites-en avant de partir, mec ! »

Et il retourna à l'opposé du bar pour service un groupe d'étudiantes déjà passablement éméchées.

Je voyais bien ce qui le rendait si euphorique. Pour moi aussi, au début, le côté festif du sexe sans engagement m'avait grisé. Mais j'avais dépassé tout ça maintenant.

Observant la salle, je mesurai les changements qui étaient intervenus dans ma vie durant les mois écoulés.

Bella faisait partie intégrante de ma vie maintenant.

Après la soirée où j'avais prouvé à tous que nous étions réellement ensemble, il y avait encore eu quelques mauvaises langues pour prédire le crash de notre relation. Mais, le temps passant, chacun s'était rendu compte que, elle et moi, ce n'était pas juste une passade.

Je ne pouvais pas me tenir éloigné d'elle. Jamais.

Nous passions chaque nuit, soit chez moi, soit dans sa nouvelle chambre universitaire. Elle avait réussi à obtenir une chambre individuelle pour son second semestre, ce qui était bien pratique car je crois qu'elle ne parlait plus à son ancienne colocataire.

Et, lorsqu'elle venait passer la soirée au Mac Carty's, il ne se passait pas dix minutes sans que nous ne nous touchions.

Emmett s'était beaucoup moqué de moi au début. Mais ça lui avait passé à lui aussi.

Et, petit à petit, les filles avaient cessé de me faire des avances parce que je n'y répondais plus jamais et qu'il était devenu évident que seule Bella comptait à mes yeux. C'était assez reposant finalement.

Du coin de l'œil, j'aperçu la chevelure rousse de Victoria à l'autre bout de la salle. Elle avait mis du temps à comprendre, mais même elle avait fini par se rendre à l'évidence.

Il y avait également eu quelques changements dans la clientèle.

Tanya n'avait jamais remis les pieds dans le bar après cette fameuse soirée.

Emmett l'avait fichue dehors quand il avait su que c'était elle qui avait diffusé la vidéo du nouvel an dans le but de nuire à Bella. Et, voyant la réaction de tous les membres de l'équipe du bar face à cette nouvelle, Tanya avait préféré faire profil bas et trouver un autre endroit à hanter tant il était évident que tout le monde appréciait vraiment Bella ici.

Ses amies ne l'avaient pas suivie. On avait senti un moment de flottement dans la ruche après le départ de la reine des abeilles mais Irina, sa meilleure amie, avait fini par reprendre le flambeau et menait maintenant leur petite troupe de greluches.

Ça en disait long sur leur sens de l'amitié si elles avaient pu abandonner ainsi l'une des leurs.

Mais, personnellement, la solitude de Tanya n'allait pas m'empêcher de dormir. Et j'étais bien contente qu'elle soit sortie de nos vies.

Jacob avait été plus persistant.

Lui et ses potes avaient continué à passer leurs soirées au Mac Carty's pendant quelques temps et, à chaque fois que j'avais surpris l'ex de Bella à regarder dans notre direction, j'avais eu envie d'aller le trouver pour lui péter la gueule. Mais Bella m'avait retenu à chaque fois, me frustrant incroyablement par la même occasion.

Finalement, j'avais eu ma vengeance environ deux semaines après leur rupture.

Emmett et moi avions été alertés par un fracas près de l'entrée et nous n'avions eu que le temps de nous précipiter dehors quand nous avions vu le videur, Sam, sortir violemment un mec dans la rue.

Sur le trottoir, constatant que, en plus du gars roulé en boule par terre, il y avait quatre autres types qui lui faisaient face, nous nous étions mis de part et d'autre de Sam pour lui venir en aide si besoin. Mieux valait être trois contre cinq que de le laisser gérer seul.

C'est à ce moment-là que j'avais reconnu Jacob Black au sol.

« Qu'est-ce qui s'est passé, Sam ? » avait interrogé Emmett.

« Il insultait les clients. » répondit-il sans ciller alors que Black se relevait en époussetant son jeans.

« Putain, ça va pas ! » s'énerva-t-il. « On ne peut plus boire un verre tranquille ?

- Pas si c'est pour troubler la soirée de mes habitués. » contra Emmett d'une voix ferme.

« Je ne faisais que discuter avec mes potes. Et je ne trouble personne si la personne dont je parle n'est même pas là. Ce mec se mêle de ce qui ne le regarde pas. » s'énerva l'indien.

Bella n'était justement pas là ce soir. Mon sang ne fit qu'un tour et je serrais les poings.

Emmett compris également tout de suite ce qui avait dû se passer.

« Bella t'a remplacé, mec. Passe à autre chose. » lança mon ami, menaçant.

En le regardant du coin de l'œil, je pouvais voir qu'il était presque aussi en fureur que moi. Cela amusait visiblement Jacob qui s'était mis à rire.

« Et bein, elle en a de la chance la petite Bella d'avoir autant de chevaliers servants. Mais accrochez-vous les gars, il va falloir vous fatiguer pour décoincer cette salope frigide. »

Dans un grognement, je m'étais élancé mais Sam m'avait retenu, provocant encore plus d'hilarité chez Jacob et ses copains.

« Allez Edward. Je te la laisse. » continuait-il à se moquer. « Et je te souhaite bon courage pour réussir à lui écarter les cuisses. »

J'avais vu rouge et m'était débattu dans la prise de Sam qui grognait sous l'effort qu'il faisait pour me retenir.

Pourtant, à côté de moi, Emmett avait subitement éclaté de rire.

« Putain, c'est donc ça ton problème ? » avait-il demandé alors entre deux fous rires.

Jacob avait eu l'air perplexe quand il s'était rendu compte que sa provocation tombait à plat. Et Emmett en avait profité pour continuer.

« Le fait que tu n'aies pas réussi à te faire Bella ne prouve pas qu'elle a un problème mais que c'est toi qui ne sais pas t'y prendre, ducon ! Parce que, crois-moi, je préfèrerai que mon barman n'utilise la réserve qu'à des fins professionnelles. »

J'avais cessé de lutter contre Sam, me rappelant que, quelques jours plus tôt, ne pouvant supporter l'idée d'attendre encore plusieurs heures avant de me retrouver seul avec ma belle, je l'avais attirée dans la réserve pour prendre un peu d'avance.

Mais putain, j'avais cru que nous étions seuls dans le bar à cette heure avancée de l'après-midi.

« De quoi tu parles ? » avais-je tout de même demandé.

« Me prends pas pour un con, Cullen. J'habite au-dessus et ta copine est plutôt expressive, si tu vois ce que je veux dire. Félicitations, ceci-dit.»

A la fois fier et gêné, j'avais claqué dans la main qu'il me tendait en riant toujours.

Puis, je m'étais à nouveau tourné vers Black et je l'avais regardé bien en face pour voir que la moquerie avait laissé la place à une colère froide. Il ne méritait pas que je me salisse les mains pour lui.

« Allez, tire-toi maintenant. » lui avais-je finalement lancé.

« Et trouvez-vous un autre bar les gars. » avait ajouté Emmett. « Je ne veux plus vous voir ici. »

Les amis de Jacob avaient commencé à s'éloigner mais lui gardait son regard planté résolument dans le mien.

« Je n'aurais pas de mal à trouver mieux. » avait-il dit, laissant évident le double sens de sa phrase.

Alors j'avais fait un pas qui m'avait rapproché de lui au point qu'il doive lever légèrement la tête pour soutenir mon regard.

« Elle non plus… Et, tu sais quoi, je crois que tu n'étais déjà qu'un mauvais souvenir pour elle quand elle est venue me retrouver chez moi juste après que tu l'aies raccompagnée la dernière fois. Tu crois peut-être que c'est toi qui l'a roulée dans cette histoire mais elle n'a jamais pensé à toi toutes les fois où je l'ai touchée ou embrassée alors que tu avais le dos tourné. Tu n'aurais jamais pu l'avoir. Elle était à moi. »

Il avait cligné des yeux sans rien dire et je l'avais abandonné sur le trottoir, le sortant de ma vie définitivement.

Je savais que Bella l'avais croisé régulièrement ensuite car ils avaient toujours des cours en commun mais ils n'avaient plus jamais eu le moindre contact.

Quant à ses amis, ils avaient été plus fidèles que le cercle de Tanya et on ne les avait pas revus non plus. Non pas que je m'en plaigne, mais notre relation avait été beaucoup plus sereine après ça.

Bella avait enfin été totalement à moi, sans plus aucune retenue.

J'avais l'impression de tout redécouvrir avec elle, d'être neuf. J'avais pris tout mon temps pour qu'elle accepte de me faire confiance sans aucune peur et, finalement, je ne savais plus vraiment lequel de nous deux nous avait poussés si loin. Au point que, seulement neuf mois après le début de notre histoire, je ne m'imaginais plus vivre sans elle.

Ma vie d'avant baignait dans le brouillard, comme si je l'avais toujours attendue. Et, une fois que je l'avais trouvée, je ne voulais plus la lâcher.

Elle était partie voir ses parents quelques jours pendant l'été et j'avais cru devenir dingue. Le manque me causant une douleur presque physique.

C'est alors que j'avais pris ma décision. Et ce soir, c'était le grand soir. Je n'avais plus que quelques heures à attendre pour me retrouver seul avec elle et avoir ma réponse. Il était hors de question que je fasse ça ici, au milieu de la foule, même si c'était un contexte qui nous avait plutôt bien réussi jusqu'ici.

Vers vingt-trois heures, Alec me rejoignit à nouveau, semblant encore plus en forme qu'en début de soirée alors que je sentais déjà la fatigue me gagner.

« Ça y est ! J'ai un rencard après la fermeture ! » fanfaronna-t-il par-dessus la musique. « Et toi ?

- Je t'ai dit que ce n'était plus mon truc. » lui rappelai-je.

« Ça c'est ce que tu dis, papy. Mais en fait c'est juste que tu n'es plus capable. Il était temps que la relève arrive ! »

Il commençait à me faire chier le petit con. Il avait, quoi, vingt, vingt-deux ans. Je n'étais pas beaucoup plus vieux que lui finalement. Il allait voir de quoi j'étais capable.

« Je n'aime pas les prises faciles, c'est tout. » le narguai-je.

Et sa réaction dépassa toutes mes espérances : il roula des épaules et me regarda de haut avec un air bravache.

« Ah ouais ? Je parie que je peux choper le numéro de n'importe quelle fille ici. Vas-y, choisis. » dit-il, sûr de lui.

Je désignais une table dans le fond de la salle.

« La brune. »

Alec suivit mon regard puis revins vers moi.

« Cheveux longs ou cheveux courts ?

- Celle aux cheveux longs. » tranchai-je après avoir fait semblant de réfléchir.

Il sourit en reportant les yeux sur sa proie désignée.

« Ça va être du gâteau. » décréta-t-il en s'éloignant.

Je le regardai s'approcher des deux jeunes filles et ne sentis pas Emmett arriver dans mon dos.

« Abandon de poste ? Déjà ?» demanda-t-il, l'air faussement fâché.

« Je le prends sur moi. » dis-je. « Il est temps d'apprendre la vie à ce frimeur sinon il fera fuir toutes tes clientes.

- Ah, si c'est pédagogique alors je n'ai rien à dire. »

Et il s'accouda au bar à côté de moi pour assister à la scène, l'air aussi impatient que moi de voir la suite des évènements.

De son côté, Alec avait abordé les filles et commençait à rouler de mécaniques. Pourtant, au bout de quelques minutes passées à faire des sourires charmeurs et à rouler des biceps, il parut évident qu'il n'arriverait à rien et qu'il commençait même à sérieusement ennuyer celle qu'il essayait tant bien que mal de séduire.

Quand il revint, la queue entre les jambes, Emmett et moi tentions de garder un air sérieux.

« Ça ne peut pas marcher à tous les coups. » se consola Alec en reprenant sa place derrière le bar.

« Tu t'es bien défendu. » l'encouragea Emmett en fronçant les sourcils.

Moi qui le connaissais depuis des années, je savais bien que c'était sa façon d'empêcher ses sourires.

« Je pense que je peux le faire. » dis-je avec sang-froid.

Emmett secoua la tête comme pour me décourager d'y aller. Quant à Alec, il haussa les sourcils, incrédule.

« Tu vas te casser les dents mon pote. » répliqua-t-il. « J'ai tout essayé, ces filles sont soit en couple soit déjà prises. Y a pas moyen.

- Je le tente quand même. »

Et je partis d'un pas décidé vers la scène de ma petite représentation.

Arrivé devant la table, je me plaçais de façon à tourner le dos au bar pour ne pas que les gars voient mon visage. Sinon il n'y aurait pas eu moyen que je ne me trahisse pas dans la seconde.

« Bonsoir mesdemoiselles. »

Quand elles levèrent les yeux vers moi, je ne pus retenir mon sourire et plongeai avec délice dans l'océan chocolat du regard de la femme que j'aimais.

« Hey. » répondit-elle, affichant le même sourire.

A côté d'elle, Alice poussa un soupire.

« Quand allez-vous enfin devenir moins dégoulinants d'amour, vous deux ? » se plaignit-elle. « Dégage, Edward, c'est une soirée entre filles.

- Il ne fallait pas venir dans mon bar, alors. » lui répondis-je sans quitter Bella des yeux. « Ça fait des heures que je me retiens de venir te la voler. »

Et, sans attendre qu'elles m'invitent à leur table, j'attrapai une chaise pour m'asseoir avec elles.

« Tu passes une bonne soirée ? » demandai-je à ma belle, mes mains me démangeant de ne pas la toucher.

Elle fronça les sourcils en penchant son corps vers le mien, vraisemblablement surprise que je ne l'embrasse pas. Je ne me retenais pas d'habitude. Mais j'avais besoin de quelques minutes encore.

« Oui. » répondit-elle, d'un ton qui passait plus pour une question. « Le nouveau barman est venu se présenter il y a quelques minutes.

- Il est hot ! » l'interrompit Alice. « Je vais enfin avoir le droit de fantasmer sur le barman moi aussi.

- Et que va en penser Jasper ? » lui demandai-je.

« Il s'en remettra. » dit-elle en portant son verre à ses lèvres.

Alice et Jasper vivait pratiquement ensemble maintenant. Cela ne voulait pas dire pour autant que j'avais retrouvé de la place dans ma maison qui était toujours encombrée de plein de trucs dont je ne comprenais même pas l'utilité. Et je soupçonnais que l'appartement de Jasper commençait à ressembler à la même chose.

« Il est bizarre. » ajouta Bella. « On aurait dit qu'il voulait me draguer…

- Et ce serait si étrange ? » interrogeai-je. « Tu es la plus belle femme de ce bar. Tous les soirs, tu es la plus belle femme de ce bar.

- Hey ! » s'offusqua ma cousine.

Bella rougit et baissa les yeux alors je me penchais encore plus vers elle pour retrouver son regard.

« N'en doute jamais.

- Je… Ce n'est… Bon sang Edward, arrête de me regarder comme ça ou je ne réponds plus de rien. » souffla-t-elle.

Je ris doucement en m'écartant, heureux comme un roi de lui faire cet effet-là. Si elle avait la moindre idée de l'effet qu'elle avait sur moi, elle, elle aurait été autrement plus gênée.

« Et puis, il n'y a pas une sorte de code d'honneur entre barmen ? » reprit-elle, plus à l'aide. « Je ne sais pas un truc de genre : tu ne convoiteras point la copine de ton voisin. »

Je ris de plus belle et son visage s'illumina encore d'un sourire éblouissant.

« Probablement que si, mais là, je plaide coupable car je ne lui ai rien dit. Et c'est moi qui te l'ai envoyé. » annonçai-je, ce qui eut comme effet de transformer le sourire que j'aimais tant en mine perplexe.

« Il fallait que je prouve quelque chose. » continuai-je en m'approchant doucement, de plus en plus près, jusqu'à sentir son souffle sur mon visage.

Tout mon corps s'éveilla quand son odeur emplit mes narines et ma propre respiration devint plus laborieuse.

Ses yeux fixaient mes lèvres, suppliants. Mais je voulais faire durer l'attente, juste un peu.

« Qu'est-ce que tu voulais prouver ? » murmura-t-elle, semblant se forcer à garder un minimum de retenue.

La distance entre nous devenait insupportable.

« Je ne sais plus… Tout ce que je sais c'est que je vais t'embrasser. » dis-je, au bord de l'explosion.

« Alors fais-le. » gémit-elle.

Mais ce fut elle qui ferma la distance entre nous, ses lèvres effleurant les miennes d'abord doucement, puis passionnément quand je joignis ma force à la sienne. Ses mains étaient dans mes cheveux avant même que les miennes n'aient trouvé son corps délicieux. Et, comme à chaque fois, le monde extérieur disparut complètement de mon champ de perception.

Il n'y avait plus qu'elle.

Et le désir que chacun de ses effleurements déclenchait dans mes veines.

Il fallut un puissant raclement de gorge de ma cousine pour me ramener sur Terre et que, lentement, je ne détache sa prise sur ma nuque en ramenant ses mains sur mon torse, juste là où mon cœur battait à tout rompre.

Front contre front, je luttais contre l'envie de l'embrasser encore.

« Il faut que j'y retourne… » grognai-je, la voix enrouée de désir.

Elle hocha la tête, tout aussi perdue que moi.

« On se voit tout à l'heure. » dis-je en m'écartant doucement.

Elle ne tenta pas de me retenir, sachant que c'était une promesse. Nous rentrerions ensemble.

Je me refis une contenance en marchant vers le bar où Alec m'attendait, l'air légèrement ahuri, à côté d'un Emmett hilare.

L'air de rien, je repris ma place et commençai à servir quelques bières aux clients les plus proches.

Alors qu'Alec était toujours immobile, je choisis de l'éclairer sur un point.

« Oh, Je ne t'avais pas prévenu. C'est Bella.

- Bella ? » bredouilla-t-il.

« Sa copine, abruti ! » s'exclama Emmett en lui tapant dans le dos.

Cela eut le mérite de le remettre en marche et il se massa la nuque en riant à son tour.

« Ok, je suppose que je la méritais, celle-là. » concéda-t-il. « Bien joué Edward. »

Et, il s'éloigna pour se remettre au travail.

« Mais ça ne change rien. » s'écria-t-il alors qu'il s'était éloigné de quelques mètres. « C'est moi le nouveau beau gosse du Mac Carty's ! »

Emmett s'approcha à nouveau de moi.

« Tu crois que j'ai du souci à me faire ? » demanda-t-il.

« Non. Il est cool. Il fera du bon boulot. Et puis je viendrai lui botter le cul de temps en temps. » répondis-je.

Mon ami soupira.

« C'est la fin d'une époque, mon vieux.

- Je sais. » acquiesçai-je.

« Est-ce que je vais devoir t'appeler monsieur le professeur ? »

Je ris.

« Pas tout de suite, Em. Mais, un jour, j'y compte bien.

- Beaucoup de changements en perspective, hein ? »

Il ne croyait pas si bien dire…

Je repensais alors à la discussion que nous avions eu tous les deux quelques mois plus tôt, quand il m'avait annoncé qu'il allait demander à Rosalie de vivre avec lui. Elle avait dit oui, évidemment. Mais je me rappelais son angoisse qu'elle le repousse.

Il était peut-être temps de partager à mon tour un secret avec lui.

« Je peux te dire un truc ? » demandai-je, pas très sûr de comment faire ça.

Il opina alors je sortis la petite boite noire de ma poche et la posai sur le bar devant lui.

« Oh, Oh, mec, tu sais que je t'adore mais je suis déjà pris ! » s'écria-t-il en se redressant.

Je secouais la tête.

« Arrête de déconner, Emmett, je suis sérieux. »

Et j'ouvris la boite, découvrant une simple clé que j'avais fait faire il y avait quelques jours.

« Putain. J'ai cru que tu me demandais en mariage ! » soupira Emmett, avec son habituelle ironie.

Je levai les yeux au ciel, il n'y avait pas moyen que cette boite passe pour un écrin à bijou. Je m'étais assuré de trouver quelque chose qui ne prête pas à confusion.

Je voulais que Bella emménage chez moi, pas la faire fuir.

Je voulais l'avoir avec moi, à chaque instant de chaque jour. Un engagement plus sérieux viendrait en son temps.

Emmett passa son bras autour de mes épaules, beaucoup plus sérieux cette fois.

« C'est une bonne chose. » dit-il. « Ce truc entre vous, je ne sais pas ce que c'est mais ce n'est même plus de l'amour à ce stade.

- Arrête tes conneries. » râlai-je en tentant de me dégager mais il resserra sa prise sur moi, faisant durer cette étreinte virile quoique légèrement gênante.

« Je te jure, mec. Je te connais et je sais que c'est elle. Il n'y aura jamais qu'elle pour toi maintenant. Alors jette-toi à l'eau. »

Cessant de résister, je regardai dans la même direction que lui, croisant encore une fois le regard souriant de Bella.

Ma Bella.

Je lui demanderai.

Ce soir.

Et j'étais certain, au plus profond de moi-même, qu'elle dirait oui.