Hibou Express de l'auteur : Je voulais juste vous remercier pour l'engouement extrêmement positif que vous avez eu autour du premier chapitre. Une centaine de vues et quelques jours, je ne m'attendais pas à autant pour une première fanfiction.

Je remercie également June Green/Caprice K/Swangranger/Mel439 et Scorpon pour leurs reviews très enrichissantes et un merci particulier à Thilou Lovegood dont la review m'a fait rougir jusqu'aux oreilles et terriblement encouragée pour cette suite !

Je pense qu'il est important de préciser pour ce prochain chapitre et les suivants que je me base sur les éléments du film et non du livre en ce qui concerne une partie de l'histoire d'Hermione (vous comprendrez de quoi je veux parler en lisant la suite).

J'espère de tout coeur que ce chapitre vous plaira autant que le premier ! N'hésitez pas à laisser vos commentaires et impressions en reviews : il me tarde de les lire !

Bonne lecture.


Chapitre 2

Ce matin là, de fines gouttes de pluie vinrent s'écraser dans un bruit sourd sur la fenêtre de la chambre 18 du Chaudron Baveur. La lumière passa à travers l'interstice que formaient deux épais rideaux de velours et vint caresser l'épaisse chevelure brune de la jeune femme endormie dans le lit qui trônait au centre de la pièce. Hermione fronça les sourcils en sentant le sommeil la quitter et ouvrit des yeux encore gonflés et rougis par toutes les larmes versées pendant la nuit. Habillée encore des vêtements de la veille, à l'exception de son pantalon qui gisait froissé au pied du lit, elle s'enroula dans la couverture en laine bleue qui recouvrait ses draps et s'extirpa de son cocon douillet pour affronter la terrible matinée qui l'attendait.

Ses yeux embués parcoururent la pièce à la recherche de son sac de perles qu'elle aperçut sur l'énorme fauteuil gris qui siégeait juste à côté de la porte de la salle de douche. Elle fouilla dans celui-ci à la recherche de son tailleur noir qu'elle avait prévu pour ce moment. Elle l'enfila et attrapa au passage un écrin à bijou dans lequel se trouvait une jolie broche dorée en forme de G majuscule et l'épingla à l'intérieur du vêtement, tout contre son coeur. Elle savait qu'il ne devait pas être visible, cela soulèverait trop d'interrogations, mais elle ne s'imaginait pas ne pas la porter.

Alors qu'elle ajustait sa jupe elle entendit un cognement léger provenir de la fenêtre à côté de son lit. Elle tira les énormes rideaux et aperçu une jolie chouette rousse et blanche qui tapait du bec contre la vitre, lui signifiant qu'elle avait du courrier.
Le Chaudron Baveur prévoyait dans chaque chambre un perchoir. Celui-ci était pourvu de deux bols de nourriture et d'eau afin que les sorciers qui séjournaient ici puissent recevoir leur courrier en toute discrétion et permettaient ainsi aux volatiles de se reposer un moment en attendant la réponse du destinataire de leurs messages.

Hermione ouvrit donc la fenêtre et laissa pénétrer la chouette dans la chambre. Celle-ci fit le tour de la pièce, lâcha deux enveloppes sur le lit de la jeune femme et s'empressa d'aller picorer quelques graines avec un air satisfait.

Hermione caressa brièvement l'animal et se dirigea vers le courrier qui reposait tranquillement là où elle-même avait dormi quelques instants plus tôt. L'une des enveloppes était orange vif l'autre avait une légère teinte lila. Elle ouvrit la première et lut :

Hermione Granger, Où que tu sois.

Le temps semble long sans toi. J'espère que tu vas bien. Tu me manques.

Je t'aime,

Ron

Sa vision se troubla à nouveau et ses yeux asséchés lui brulèrent les paupières.

« Oh Ronald... » murmura-t-elle en reposant l'enveloppe sur le lit. Elle entreprit alors la lecture de son second courrier et reconnu rapidement l'écriture ronde et féminine de sa belle-soeur et amie, Ginny Weasley.

Hermione,

Ronald est passé à la maison hier soir.

Harry et moi nous inquiétons pour toi.

Donne moi de tes nouvelles dès que possible.

Je t'embrasse,

G.

Hermione se dirigea une nouvelle fois vers son sac de perle et en sorti un petit nécessaire à courrier. Elle en sortit l'une de ses jolies enveloppes qui sentaient la myrtille ainsi qu'un petit morceau de parchemin puis s'arma de sa plume et son encrier afin de rédiger quelques phrases.

Ginny,

Rejoins moi chez Fleury et Bott vers 15h.

Ne dis rien à Ronald s'il te plaît...

Hermione

Elle déposa soigneusement la lettre dans l'enveloppe bleu clair et se dirigea vers la chouette rousse et blanche qui s'était assoupie sur le perchoir. Elle lui gratta le sommet du crâne pour la réveiller en douceur et l'oiseau se blotti un peu plus contre le poignet d'Hermione lui signifiant qu'elle n'était pas contre davantage de caresses. La jeune femme eut un léger sourire et annonça de sa voix encore un peu enrouée :

« J'ai une mission pour toi ma jolie... »

L'oiseau posa ses yeux sur l'enveloppe qu'Hermione tenait au creux de sa main droite et secoua vivement les plumes en bombant fièrement la poitrine comme pour indiquer qu'elle était prête à reprendre du service. Hermione lui sourit et lui confia la lettre en prenant soin de glisser quelques noises dans la bourse qui était attachée à la patte de l'animal. La jolie chouette pris alors son envol en direction du 12, Square Grimmaurd où vivaient Harry et Ginny depuis la fin de la guerre.

Hermione referma la fenêtre qui laissait entrer quelques gouttes de pluie et jeta un bref coup d'oeil à la pendule qui était accrochée près de la porte de la salle de bain : celle-ci indiquait 9h45... déjà !

Elle s'approcha alors avec prudence de la table de nuit, comme si celle-ci lui faisait peur et pris entre ses mains ce qui ressemblait à un dépliant froissé.

La veille, Hermione s'était rendue dans une clinique de la ville où elle était venue, comme chaque mois depuis quatre ans, déposer un bouquet de fleur à une vieille patiente sans famille et atteinte de la maladie d'Alzheimer.

Comme chaque mois, elle avait prétendu s'appeler Nora James et être la nièce de la vieille dame pour n'éveiller aucun soupçons auprès des infirmières.

Comme chaque mois, elle était discrètement passée prendre un thé devant le petit cabinet de dentiste où, son père, Mr Granger faisait des permanences mensuelles pour des patients en difficultés financières.

Mais cette fois-ci elle ne l'avait pas aperçu rire avec les infirmières, ni aider un patient dans l'embarras ou offrir une nouvelle brosse à dent à un enfant bien courageux dont il venait d'extraire une méchante carie. A la place elle avait trouvé, accroché sur la porte close du cabinet, un faire part avec une photo de son père qui souriait.

Le souvenir d'un être aimé ne peut s'éteindre car la lueur de son passé nous suit toujours et à jamais.

Mrs Granger et l'ensemble du corps médical ont la tristesse de vous annoncer le décès du

Dr J. Granger

né le 27 mars 1960 et décédé le 9 juin 2003.

La célébration des funérailles aura lieu ce samedi 14 juin 2003 à 11h l'église St Margaret de Londres.

Mrs Granger remercie toutes les personnes qui s'associeront à son deuil.

Hermione senti à nouveau sa gorge se nouer en se remémorant les évènements de la veille et le sol sembla se dérober sous ses pieds. Elle s'effondra, à genoux, sur le sol et poussa une plainte muette qui déchira son corps de part en part. La douleur paraissait être bloquée à l'intérieur d'Hermione et elle sanglota, une nouvelle fois, silencieusement. Elle resta prostrée ainsi pendant un long moment puis se releva péniblement et se dirigea, telle un zombie, vers la salle de douche où elle releva ses cheveux en un chignon sobre et classique et tenta quelques sortilèges pour dégonfler ses yeux rouges et bouffis. Si elle voulait assister aux funérailles, elle devait passer le plus inaperçu possible.

Dix coups de cloche venaient de résonner dans les rues de Londres lorsque Hermione franchit la porte du Chaudron Baveur. Elle bouscula par mégarde un voyageur encapuchonné qui marmonna mais celle-ci ne s'excusa pas, non pas ce matin. Elle se contenta de soupirer et poursuivit, avec hâte, son chemin tête baissée.


Draco Malfoy avait quitté le manoir familial vers 7h30 du matin. Le bruit de tous ces stupides volatiles qui cognaient sans relâche contre les fenêtres lui avait fait passé une nuit atroce et il s'était du coup levé aux aurores pour empaqueter ses affaires et celles d'Astoria. Il avait confié la valise de celle-ci à 4 hiboux qui semblaient assez robustes pour la transporter puis s'était empressé de refermer les fenêtres avant que leurs congénères ne les repèrent et essayent de pénétrer dans la demeure. Draco savait que le Manoir Malfoy ne serait plus un lieu sûr pendant un temps et il pouvait remercier son très cher père pour cela. Il savait aussi qu'il lui serait impossible à présent de transplaner sans être repéré immédiatement par le ministère et c'est pourquoi il avait décidé de se rendre, via le réseau de cheminée, chez son ancien camarade de Poudlard, Zabini Blaise.

Draco jeta un dernier regard à sa sombre demeure, la seule qu'il ait jamais connue et un frisson lui parcouru l'échine. L'idée de quitter cet endroit semblait davantage l'apaiser qu'il ne l'aurait cru.

Il entra dans le foyer de l'immense cheminée de pierre, serra très fort sa valise contre lui et pris un peu de poudre de cheminette.

« Pavillon Ecaillé » dit-il distinctement.

Une flamme émeraude l'enveloppa complètement et Draco ferma les yeux, emporté par un tourbillon de fumée. Il atterrit quelques instant plus tard au beau milieu d'un grand séjour raffiné aux teintes bleu marine et dorées. Un jeune homme d'une beauté envoutante à la peau noire et au regard soucieux, était installé dans un canapé en cuir noir, une enveloppe du Ministère de la Magie à la main.

« Ils savent déjà que tu es là. Je viens de la recevoir. »

Blaise tendit la lettre à Draco en jetant des coups d'oeil furtifs par la fenêtre. Il semblait vraiment nerveux.

« Fais chier. Ils surveillent aussi les cheminées maintenant ? » rétorqua Draco en arrachant la lettre des mains de Blaise pour la parcourir rapidement « Ces abrutis me convoquent à 16h30, ils veulent discuter des mesures à prendre pour le procès d'appel. »

Draco observa l'enveloppe en détail : seul son nom était inscrit dessus.

« Il n'y rien pour Narcissa. »

Draco planta son regard acier dans celui de Blaise qui semblait avoir lu dans ses pensées. Il se sentit soudain soulagé puis entendit une voix douce et familière provenir de la pièce à côté.

« Draco ? Mon chéri ? Oh merci Merlin, tu es là... »

Narcissa était arrivée en trombe dans le séjour et avait serré avec force Draco dans ses bras. Celui-ci quelque peu gêné par cette marque d'affection s'était dégagé de son étreinte avec douceur puis il posa ses yeux gris remplis d'une bienveillance rare sur sa mère. Celle-ci réprima un sourire et déposa délicatement sa main sur l'épaule de Draco. Narcissa sembla prendre soudain conscience de quelque chose et balaya la pièce du regard avant d'interroger son fils :

« Astoria n'est pas avec toi ? »

Draco se figea mais ne répondit pas, il se contenta de presser légèrement la main de sa mère puis se tourna à son tour interrogatif vers Blaise :

« Que fait-elle encore ici ? Tu étais censé l'amener dès l'aube à la Cabane des Brumes ! »

Le regard bienveillant de Draco avait complètement changé et jetait des éclairs en direction de Zabini qui ne baissa pas les yeux. La Cabane des Brumes était une vieille maison située à Oxford. Elle avait appartenu à l'un des nombreux maris de la mère de Blaise et celui-ci avait accepté de la mettre à disposition de Draco et sa mère durant le procès de Lucius. Bien sûr rien n'était jamais gratuit dans la famille Blaise, même pour les plus vieilles connaissances. Draco avait dû mettre la main sur d'anciens parchemins de valeur que possédait son père pour monnayer leur protection. Les anciens camarades se dévisagèrent un long moment et ce fut la voix de Narcissa qui brisa la confrontation silencieuse des deux hommes.

« Il était hors de question que je parte sans toi ! »

Narcissa avait dit ça d'une voix froide et autoritaire qui ne laissait place à aucune contestation. Les traits tirés de Draco ne semblaient vraiment pas d'humeur à débattre avec elle et il se contenta d'attraper sa valise en soupirant.

« J'ai des affaires à régler avant. Je te rejoindrai là bas dès que je le pourrais. »

Comme pour appuyer ses propos, Draco embrassa sa mère sur le front et jeta un regard entendu à Zabini.

« 19h... Si elle n'est pas là bas... »

Blaise se contenta d'acquiescer d'un mouvement de tête et alla chercher le balai que Draco avait déposé la veille en même temps que sa mère.

« Si les cheminées sont surveillées, cela reste le moyen le plus discret ! Londres n'est pas tout près mais... »

« Ca ira ! » trancha Draco en empoignant le manche en bois sombre du balai volant. Il sortit une cape sombre de sa valise qu'il enfila aussitôt. Celle-ci enveloppa sa chevelure argentée et ne laissait apercevoir que le bas de son visage, il était dès lors sûr de ne pas être reconnu quand il arpenterait les rues de Londres. Il serra fermement la main de Blaise et se dirigea vers l'entrée du Pavillon Ecaillé. Il pénétra dans une petite cour intérieure au milieu de laquelle se dressait une majestueuse fontaine et le bruit de l'eau l'apaisa quelque peu. Il enfourcha son balai et jeta un dernier regard sur le visage soucieux de sa mère qui était restée dans l'embrasure de la porte d'entrée.

« Ca ira... » répéta-t-il avec un léger sourire puis, d'un coup de pied sec, il s'éleva dans les airs.


Un bruit sourd fendit le ciel de Londres et un jeune homme enveloppé d'une longue cape noire sortit d'une ruelle qui menait vers le Chemin de Traverse. Il tenait une grosse valise dans une main et un balai volant dans l'autre. De lointains sons de cloches qui sonnaient les premiers coups de 10h lui parvinrent aux oreilles tandis qu'il se dirigeait vers le Chaudron Baveur. Une jeune femme en tailleur sombre le bouscula alors qu'il s'avançait vers la façade du pub. Il marmonna quelques jurons incompréhensible en réajustant sa cape devant ses yeux mais la jeune brune poursuivit son chemin sans daigner lui accorder la moindre excuse. Il lui jeta un regard noir tandis qu'elle s'éloignait et pénétra dans la taverne. Il déposa ses affaires au service de bagagerie tenu par une petite sorcière ronde toute vêtue de rose qui semblait prendre son travail à coeur. Elle lui donna son ticket de reçu en échange de quelques pièces et, quelques instants plus tard, le jeune homme alla s'asseoir sur l'un des tabourets du comptoir.

Tom, le tavernier chauve, s'avança vers son nouvel arrivant et s'exprima d'une voix entraînante.

« Je vous sers quelque chose Monsieur ? On a du jus de citrouille fraîchement pressée ! »

« Un whisky pur feu. Merci. »

Tom écarquilla les yeux et fronça les sourcils en regardant la pendule qui surplombait l'escalier. Il servit toutefois la commande du voyageur et déposa un verre de liquide ambré en face de celui-ci.

« N'est il pas un peu tôt pour cela Monsieur ? »

« Tôt pour qui ? » demanda le jeune homme en redressant la tête, laissant apparaître deux billes d'acier qui glacèrent son interlocuteur. Il attrapa alors son verre et le vida d'une traite.