Hibou Express de l'auteur :Par Merlin... Avouez le... Vous me haïssez ! Cela fait plus de 4 longs mois maintenant que je n'ai plus écrit. Ou plutôt que je n'ai plus eu beaucoup l'occasion de le faire... Entre le travail, la préparation d'un heureux événement et quelques gros soucis délicats à gérer : je me suis laissée déborder et j'ai mis l'écriture de cette fiction de côté. Sans jamais l'oublier pour autant, j'ai ressenti à nouveau l'envie et le besoin de vous écrire cette suite récemment. Sans compter que ma capacité horaire s'est montrée assez clémente que pour me laisser le temps de vous rédiger ce nouveau chapitre ! J'essayerai sincèrement de ne plus mettre autant de temps avant de vous proposer les prochains malheureusement cela ne dépend pas toujours de moi. Quoiqu'il en soit j'espère que vous apprécierez ces nouvelles lignes. J'attend vos retours avec impatience.

Thilou Lovegood : La noble suite se sera fait attendre bien longtemps j'espère que tu m'en excuseras ! Surtout après être resté sur le cliffhanger précédent... Décidément je n'ai pas d'âme ! Merci infiniment pour ces merveilleux compliments qui me vont, comme à leur habitude, droit au coeur.

Swangranger : C'est ce sens du sacrifice qui est l'une de ses plus nobles qualités et qui me vaut une admiration, sans borne aucune, envers ce personnage. Merci à toi pour ton retour.

Tsukasa-Kokoro : Tes exigences seront encore mis à rude épreuve vu ce qui arrive et surtout le temps que j'ai mis pour le pondre huhu ^^ . J'espère toutefois que cette suite te plaira et que tu m'accorderas ton pardon et ton indulgence en attendant la suite (qui je l'espère ne sortira pas dans 4mois sinon je t'enterre pour de bon !).

Lalite : Quel plaisir de lire ces quelques lignes ! Je suis heureuse que tu puisses trouver une nouvelle dimension à ces personnages et qu'ils te plaisent. Bon chapitre à toi !

Luinw : J'essaye de rester le plus fidèle possible à ce qui a été créé auparavant car c'est ce qui m'a plu et m'a fait m'attacher autant à la saga. Contente d'y arriver, à tes yeux en tout cas. Merci pour ta review !

Bon chapitre à tous, j'espère qu'il vous plaira ! N'hésitez pas à me laisser vos impressions en reviews pour en discuter au prochain chapitre.

Bonne lecture !


Chapitre 6

Le soleil matinal caressait de ses rayons encore timides la rosée qui perlait sur la végétation de la forêt. Le gazouillement lointain des oiseaux qui s'éveillaient était le seul son qui perturbait le silence apaisant de cet havre de paix.

« CRAC »

Un craquement sonore brisa soudain la quiétude de l'endroit et une valise s'écrasa sur le sol, répandant l'ensemble de son contenu dans l'herbe encore humide. Un second bruit sourd retentit un bref instant plus tard tandis que le corps nauséeux de Draco Malfoy heurtait le sol de plein fouet. Son atterrissage après un transplanage n'avait jamais été aussi brutal, les sens en alerte il avait l'impression d'être complètement désorienté, ce voyage avait sans aucun doute été le plus désagréable de sa vie. Il releva péniblement la tête et observa les alentours, une dense forêt baignée d'une douce lumière s'élevait tout autour de lui. Au loin il pouvait percevoir le murmure de l'eau dont les clapotis résonnaient en écho à travers les arbres. Le contenu de sa valise s'éparpillait à quelques mètres de lui et il se releva péniblement pour aller rassembler ses affaires désormais humides. La main sur le ventre, il ne cessait d'observer les alentours, il avait la sensation d'avoir récupéré instantanément la gueule de bois qui l'avait quittée quelques heures plus tôt.

Mais où diable avait bien pu l'emmener cette miss-je-sais-tout ? Il écarquilla alors les yeux et souffla d'une voix à peine audible :

« Granger ? ... »

Il jeta des coups d'oeil tout autour de lui. Bon sang où était elle ? Son atterrissage l'avait tellement secoué qu'il n'avait même pas pris conscience de l'absence de son escorte. Une légère plainte s'éleva alors dans son dos et Draco fit aussitôt volte face. Hermione se tenait péniblement contre un arbre, les jambes tremblantes sous son corps mince, elle ne semblait pas avoir heurté le sol avec violence comme Draco mais le voyage semblait avoir été encore plus éprouvant pour elle qu'il ne l'avait été pour lui. Hermione se plia alors soudainement en deux et, secouée par des spasmes, recracha la bile acide qui venait de lui remonter à la gorge. La mine dégoutée, Draco s'éloigna de ce spectacle peu appétissant et, sans compassion aucune, retourna ramasser ses affaires qui parsemait le sol autour de sa valise. D'un revers de la main, Hermione s'essuya le coin des lèvres. Cet épisode peu plaisant semblait cependant lui avoir rendu son équilibre et elle se redressa avec un peu plus de facilité. Elle contempla avec soulagement la forêt qui l'entourait et le chuchotement de cet environnement familier fit naître un léger sourire sur son visage. Mais cette sensation de bien-être ne fut que de courte durée quand les grommellements d'un Draco mécontent vinrent bourdonner à ses oreilles. Hermione leva les yeux au ciel en se demandant si les minutes à venir n'allaient pas être encore plus désagréables que le terrible voyage qu'ils venaient de faire. Après un bref moment d'hésitation, elle s'avança alors vers Malfoy, récupérant au passage quelques uns des effets personnels du jeune homme qui jonchaient le sol puis les lui tendit en silence. Sans la remercier, Draco lui arracha ses affaires des mains et les fourra dans sa valise avant de la refermer. Celle-ci était à présent détrempée par toute la rosée matinale qui avait imbibée ses affaires. D'ailleurs pourquoi y avait-il encore de la rosée à une heure aussi avancée de la journée ? Granger et lui avaient quitté le bureau de Potter vers 17h et là le soleil semblait seulement démarrer son ascension.

« Mais bon sang quelle heure est-il ? »

Hermione le regarda à peine, elle semblait chercher autre chose du regard.

« Il doit être aux alentours de 8h du matin... »

Draco écarquilla les yeux, complètement interloqué.

« 8h du mat... ? Bordel Granger tu transplanes pas en instantané ou quoi ? Et dire que tout le monde vante tes aptitudes en magie... »

Hermione ne broncha pas face à sa remarque acerbe et commença à marcher quand elle aperçut au loin le chemin de terre qu'elle cherchait.

« Il n'est pas 8h du matin parce que je ne transplane pas assez vite mais parce que nous avons transplané loin... C'est simplement le décalage horaire Malfoy. »

« Le décalage horaire ? Attend... 9h de décalage ? Bon sang Granger où est ce que tu nous a emmené ? »

« Nous sommes au Lac Tahoe... »

Draco, qui lui avait emboité le pas, s'arrêta net. Le souffle coupé et l'air stupéfait, il sentit ses jambes s'ancrer dans le sol suite à la révélation de l'ancienne Gryffondor. Hermione, qui n'entendait plus, à sa suite, les pas trainants de son interlocuteur, fit volte-face et lui jeta un air interrogateur.

« T'as... T'as transplané jusqu'en Californie ? »

« Oui Malfoy... Tu sais : mes aptitudes en magie, tout ça... »

Sans un mot de plus, Hermione se retourna à nouveau et poursuivit sa route jusqu'à rejoindre le chemin de terre qui leur faisait face. Draco, toujours sous le choc de cette révélation, lui emboîta le pas avec un air décontenancé. Pendant une fraction de seconde il se mit, lui aussi, à admirer les compétences magiques de la jeune femme mais s'empressa aussitôt de chasser cela de son esprit. Admirer Granger? Et puis quoi encore !

Hermione bifurqua à droite pour continuer son parcours le long d'une pente douce. A mesure qu'ils avançaient en silence, Draco perçu de plus en plus distinctement le murmure de l'eau qu'il avait entendu un peu plus tôt. Après un énième virage entre les arbres gigantesques, ils aperçurent enfin la source de ce bruit paisible.

Sous le regard déconcerté du jeune homme, s'étendait l'immensité bleu azur d'un lac qui se confondait au loin avec la base d'une chaîne de montagnes. Le sommet de celles-ci était, malgré la douce chaleur estivale, toujours recouvert dune fine couche de neige. Le soleil naissant faisait miroiter des reflets multicolores sur les courageux galets qui pointaient la tête hors de l'eau. Draco n'avait même pas pris conscience qu'il s'était à nouveau arrêté de marcher quand il entendit Hermione se racler bruyamment la gorge au loin.

« C'est ici... »

D'un geste de la main elle lui montra un joli chalet en bois, à moitié caché par les pins qui l'entouraient et dont le porche faisait face à la berge. Avec une appréhension palpable, et une fois que Draco l'eut rejoint, Hermione s'avança doucement vers la porte d'entrée en sortant sa baguette magique.

« Alohomora ! »

Un cliquetis sonore se fit entendre et Hermione poussa la porte, suivie par un Draco toujours taciturne qui traînait péniblement sa valise détrempée derrière lui. Elle s'affaira aussitôt à aller ouvrir les tentures poussiéreuses, sans doute fermées depuis longtemps. La pièce sombre fut alors baignée d'une douce lumière et Draco vit se dévoiler peu à peu l'intérieur du chalet. La pièce à vivre dans laquelle ils se trouvaient devait sans doute être la plus grande de la battisse : elle se séparait en un coin cuisine dans lequel un ilot central était entouré de chaises hautes tandis que de l'autre côté de la pièce une imposante cheminée en pierre faisait face à un coin salon dans lequel Hermione prenait le soin d'enlever les draps qui recouvraient les canapés. En levant les yeux, il aperçu une mezzanine accessible depuis un petit escalier en bois qui surplombait deux autres pièces cachées derrière des portes fermées.

Des bibelots et des cadres couverts d'une épaisse couche de poussière était déposés ça et là sur les diverses surfaces planes de la pièce. Draco, silencieux et immobile, était resté sur le pas de la porte. Sur un guéridon à sa droite, se trouvait les vestiges d'un bouquet de pivoines que le temps avait desséché et, juste à côté, une photo de famille encadrée. Il y observa les souvenirs d'une scène joyeuse d'une petite fille aux longs cheveux bruns en bataille, poussée par un grand homme bienveillant sur une balançoire de fortune suspendue à un arbre. Ils semblaient rire aux éclats. Draco se mit à la recherche de la dernière fois qu'il avait ri comme ça avec son père mais sa mémoire ne put lui offrir aucun souvenir de la sorte.

« Hum... Je vais te montrer la chambre d'ami... »

Les pensées de Draco furent soudain chassées par la voix d'Hermione qui s'adressait à lui. Quand il reporta son attention sur elle il aperçu brièvement les yeux embués de la jeune femme. Elle lui tourna alors le dos et se dirigea vers l'escalier qui menait à l'étage. Elle déverrouilla la première porte qui se trouvait à leur droite et pénétra dans la pièce suivie par Draco. L'endroit était tout aussi chaleureux que le reste du chalet, un imposant lit double faisait face à une grande fenêtre devant laquelle s'étendait la forêt d'arbres qu'ils venaient de traverser quelques minutes plus tôt. Une seconde pièce, que Hermione désigna comme étant la salle de bain, se trouvait à l'intérieur de la chambre et Draco rêva presque instantanément d'une bonne douche. Comme si elle avait lu dans ses pensées Hermione prit à nouveau la parole.

« Je te laisse t'installer. Il y a des draps et des serviettes de bain dans la commode. Voilà... »

Visiblement mal à l'aise, elle tourna les talons pour quitter la pièce mais s'arrêta brusquement sur le seuil de la porte pour à nouveau faire face à Draco. Elle tendit alors une main ouverte devant lui.

« Ta baguette... »

Draco leva un sourcil et afficha un sourire narquois qui contrastait avec le ton dépourvu d'humour de sa voix. Sa main droite se referma sur sa baguette qu'il avait gardé dans la poche intérieure de sa cape.

« Tu plaisantes là ? Tu ne penses quand même pas que je vais te donner ma ba... »

« Expelliarmus. »

Sans qu'il ait eu le temps de terminer sa phrase sa baguette fit un bond avant d'atterrir dans la main libre de Hermione. La fatigue qu'il avait accumulé ne lui avait même pas laisser l'occasion de riposter. Le visage déformé par la colère, Draco serra le poing dans lequel s'était trouvé sa baguette un instant plus tôt.

« Granger si tu ne me rends pas immédiatement ma baguette, par Merlin, je vais... »

« A l'heure qu'il est le Ministère a très certainement placé une Trace sur toi. Si tu utilises ta baguette ici, Harry aura de graves problèmes et moi aussi. Sans parler de ce qui t'attend ! »

« Je sais très bien me débrouiller seul ! Je n'ai pas besoin que Potter me colle une baby sitter. »

« Alors cesse de faire l'enfant ! »

Hermione était restée calme, en apparence... Car Draco perçu sans mal le flamboiement, dans les pupilles de l'ancienne Gryffondor, tinté d'agacement et d'irritabilité. Le jeune homme, littéralement désarmé, s'avança alors avec fureur vers Hermione. La jeune femme, surprise, recula d'un pas tandis que Draco la fusillait de son regard d'acier.

« Très bien « Nanny » dans ce cas tu ne verras pas d'inconvénient à ce que je reste dans ma chambre ! »

Il empoigna la porte en bois qu'il fit claquer avec rage devant la mine déconfite de Hermione qui se retrouvait indésirée au sein de son propre chalet. Dans un bruit sourd, il l'entendit formuler une centaine de noms d'hippogriffe, sans aucun doute destinés à l'égard du Serpentard avant des percevoir ses pas, lourds de mépris, dévaler les escaliers. Les poings toujours serrés, il arpenta avec rage la pièce pendant de nombreuses minutes. Il avait abandonné son rang, son foyer, sa mère et même Astoria... Ou bien était ce elle qui l'avait abandonné ? Les yeux larmoyants de colère il fit abattre son poing contre le mur de sa chambre. La douleur lancinante qui lui tordait l'estomac se propagea alors vers sa main rougeoyante qui s'était mise à saigner. Lui qui avait été un si bon occlumens se retrouvait à nouveau pris au piège dans le tourbillon de ses émotions, et il détestait ça.

Il attrapa quelques serviettes dans la commode que lui avait désignée Hermione et se dirigea vers la salle de bain où il fit couler un fin filet d'eau sur sa main ensanglantée. Sans sa baguette il ne pouvait avoir recours à quelconques sortilèges de soin et l'absurdité de la situation faisait remonter sa colère. Il inspira profondément et s'avança vers la douche qu'il fit couler à son tour. Il se débarrassa de ses vêtements qui étaient couverts de poussières, de terre et d'une odeur persistante de whisky pur feu.

« Cette journée n'a aucun sens... » pensa-t-il à haute voix.

Avec un soupir, Draco se glissa sous le filet d'eau chaude. La chaleur des jets qui parcouraient sa nuque détendirent son corps endolori par toutes les tensions qu'il avait accumulés au cours des dernières heures. Il sentit son corps raide s'affaisser peu à peu au rythme de ses lentes respirations. Ses yeux gonflés laissèrent échapper les quelques larmes que la fatigue l'empêchait de retenir plus longtemps. Elles furent aussitôt balayées par le ruissellement de l'eau qui coulait sur son visage et disparurent aussi vite qu'elles n'étaient arrivées. Pendant de longues minutes, Draco s'efforça de faire le vide dans sa tête, il dressa avec précaution de solides barrières invisibles derrière lesquelles il enferma méticuleusement toutes ses émotions.

Au bout d'une bonne demie heure, Draco sorti enfin de la douche et s'enveloppa dans l'une des serviettes de bains. La chambre était baignée d'une douce lumière, la poussière qui virevoltait à travers les rayons lumineux était semblable à de fines particules d'or. Draco resta un instant silencieux et immobile, il écouta la mélodie irrégulière des feuilles qui se balançaient au rythme du vent. L'atmosphère qui régnait tout autour de lui était sans doute la plus paisible qu'il ait connue au cours des dernières années. Pour la première fois depuis très longtemps, la boule qui lui entravait la gorge avait disparue, son estomac s'était dénoué et ses poings, rougis par leur pression constante, s'étaient desserrés. Un étrange sentiment de sécurité lui parcourait le corps et il détestait plus que tout que Potter et Granger en soient les responsables. Il fronça les sourcils et poussa un long soupir.

Sa valise était restée près de la porte et, en voulant y récupérer de quoi se changer, il se souvint que l'ensemble de ses affaires était imbibé de la rosée du sol humide qu'elles avaient jonchées une petite heure plus tôt.

« Et merde... »

Instinctivement il chercha sa baguette du regard avant de se souvenir que celle-ci était en possession de Granger. Son front se plissa un peu plus encore. Il était hors de question qu'il aille lui demander poliment de l'aide pour sécher ses affaires, et encore moins en serviette de bain ! Il entreprit alors d'étaler ses affaires un peu partout dans la chambre. De part et d'autre de la pièce les vêtements se mélangeaient avec les livres ouverts dont les annotations écrites à l'encre étaient désormais semblables à de l'aquarelle. Du nécessaire à potion était éparpillé sur toutes les surfaces planes que Draco avait trouvé. Un vent tiède s'engouffra par la fenêtre laissée ouverte et les tissus à proximité ondulèrent légèrement. Le jeune homme s'allongea dans le lit qui lui avait été attribué et passa de longues minutes à fixer les poutres du plafond dont les nervures semblait former tantôt des Centaures en train de s'affronter tantôt un Nifleur assoupi. Tout était si calme... Le bruit de sa respiration lente n'était troublée que par les cognements sourds de son coeur qui martelait en rythme sa cage thoracique. Il entendit par moment le bruit tamisé d'une ancienne Gryffondor qui semblait s'affairer au rez de chaussée. Les yeux mi-clos il pensa à sa pauvre mère qui devait, en ce moment même, subir la présence de cet empoté de Londubat.

Il distingua clairement le visage mince de sa mère encadré de ses longs cheveux blonds, une main rondelette et protectrice posée sur son épaule. Mais plus il s'approchait d'elle, plus la pièce devenait sombre. Les meubles qui l'entouraient semblaient décrépir et des cendres encore flamboyantes étaient suspendues dans l'air. Le sentiment de sécurité qu'il lisait sur son visage se transformait progressivement en une grimace d'effroi. La main rondelette avait fait place à de longs doigts grisâtres et décharnés qui se déplaçaient lentement vers la gorge de leur victime. Au plus il avançaient au plus leur emprise se resserrait autour de la gorge de Narcissa. Draco hurlait mais seul un sifflement atroce et presque inhumain résonnait autour de lui. Un ricanement aigu et froid retentit. Il aperçu enfin la silhouette encapuchonnée à laquelle appartenait la main émaciée. Derrière le morceau de tissu noir qui cachait le visage du monstre qui riait, Draco vit flamboyer deux yeux rouges dont la pupilles était semblables à celles d'un chat.

Il était revenu, à nouveau...

Un homme recouvert d'un masque de Mangemort apparu à son tour, à genoux à côté du Seigneur des Ténèbres. Bien que son visage fut caché, Malfoy reconnu sans mal les longs cheveux blonds argentés de son père, entravé par des chaines invisibles qui semblaient lui brûler la peau. Draco entendit un bourdonnement sourd qui lui arracha les tympans et, tandis qu'il s'effondrait de douleur, il vit le Lord Noir sortir de sa manche une longue baguette sombre que le jeune homme, lui même, l'avait aidé à obtenir. Le décor s'effaça dans un aveuglant éclair vert tandis qu'une douleur lancinante parcouru la poitrine de Draco. Il entendit des pas qui se rapprochait de lui, la silhouette encapuchonnée s'approchait de lui la baguette tendue, prêt à frapper à nouveau.

Haletant, le visage rempli de perles de sueur, Draco ouvrit les yeux sur la pièce qui accueillait les premiers rayons du crépuscule. Son cauchemar désagréablement familier avait été interrompu par des pas feutrés et hésitants qui s'avançaient près de la porte de sa chambre. Le fil des événements des derniers jours mirent un bref instant à se remettre en place dans son esprit et ils permirent à Draco d'identifier la présence derrière la porte comme étant celle de Hermione Granger. Il s'était endormi, sans potion... Et à juger l'avancée solaire, son sommeil avait dû être profond. Avait-il hurlé cette fois encore ? La présence silencieuse de la jeune femme derrière la porte semblait lui indiquer que oui. Il se leva d'un bond et attrapa quelques habits, désormais secs, qu'il enfila avec hâte et plus bruyamment que nécessaire. La soudaine activité sonore de la chambre poussa Hermione à regagner, avec une discrétion manquée, l'étage inférieur.

Une fois habillé, Draco sentit la faim lui creuser les entrailles. Il n'avait pas emporté de provisions avec lui et son regard se porta à nouveau sur la porte. Il devrait bien finir par se résoudre à quitter cette pièce et subir la présence forcée de son hôte. Il ferma la fenêtre de sa chambre et enfila un gilet en maille anthracite. La main posée sur la poignée de la porte, il prit une profonde inspiration. Il savait que les confrontations à venir n'auraient rien d'évident, voir même d'agréable pourtant il serait bien forcé de cohabiter avec elle. Dans un soupir las, il poussa la porte qui menait à la mezzanine.

Le regard perdu sur l'immensité du lac, coloré des teintes chatoyantes du coucher de soleil, Hermione semblait aux prises avec une intense réflexion personnelle. En entendant le grincement de la porte qui s'ouvrait au premier étage, elle fit volte face et son regard intense croisa les yeux acier du jeune homme qu'elle avait entendu hurler dans son sommeil quelques instants plus tôt.