bonjour mes lecteurs chéris ! Merci à tous les lecteurs de l'ombres qui sont entrés dans la lumière, vos petits mots sont encore plus précieux comme vous n'avez pas l'habitude de reviewer. Merci aussi aux lecteurs des premières heures x) Merci à tout le monde, quoi !

aujourd'hui j'veux vous parler d'un truc super important ! Si, si, lisez attentivement. Une super histoire de malade sort aujourd'hui même, c'est un rated M et ça s'appelle :

Au Coeur de l'Abysse de WhiteMerry.

Vous avez noté ? Maintenant allez lire et dîtes que vous venez de ma part, peut-être que vous aurez un cadeau. Et surtout écrivez des reviews bien chiadées et compliquées, vous m'ferez plaisir ^^

Allez les enfants, c'est parti pour le chapitre neuf !

Dernière chose : je ne pourrais pas répondre à vos MP ce week-end (samedi + dimanche)

Le 17. Ai-je encore besoin de le dire ?


Ace jeta un coup d'œil au calendrier, déjà mi-décembre, la vie allait bien trop vite à son goût, ces derniers temps. Les jours passaient et se ressemblaient, sauf quand Trafalgar apparaissait, là tout devenait plus exaltant, vibrant. Chaque instant passé avec lui était toujours fort en émotion, parfois dures et cruelles mais il ressentait pleins de choses alors que quand il se retrouvait au lycée, il s'ennuyait profondément, même son cours de dessin le faisait bailler. Alors il regardait par la fenêtre et se demandait ce que le groupe faisait, s'il répétait, donnait un concert quelque part ou créait une nouvelle chanson, de toute façon n'importe quoi avec eux avait ce goût d'excitation et d'exaltation.

Il détestait vraiment les fêtes de fin d'année, toute cette ferveur autour d'un vieillard qui n'existait pas, cette générosité feinte juste pour se donner bonne conscience, ces résolutions ridicules. Mais ce qu'il ne supportait vraiment pas, c'était de voir toute ces familles faire les magasins, les enfants choisir le cadeau qu'ils voulaient le plus. Toutes ces familles qui lui jetaient leur bonheur à la figure, alors que lui n'en avait jamais vraiment eu, de famille.

Heureusement que Luffy était là pour lui remonter le moral puisqu'il adorait tout simplement Noël, il voulait toujours un calendrier de l'Avent et entourait encore ses cadeau dans les pubs des magasins de jouet, mais par-dessus tout il voulait chaque année mettre des décorations partout. Alors depuis qu'ils habitaient rien que tous les deux, Ace se voyait contraint de transformer leur appartement en show-room pour luminaire. Du balcon à la cuisine, il y avait des guirlandes, des personnages, des luminaires partout, même les toilettes avaient le droit à leur petite boule pailletée.

Ace soupira alors qu'il tentait de démêler une guirlande lumineuse depuis cinq bonnes minutes, mais voir Luffy aussi enthousiaste en valait bien la peine. Celui-ci déboula d'ailleurs de leur chambre avec une guirlande bleu et rouge autour du coup et un chapeau de père noël sur la tête :

- J'ai fini avec la chambre ! Tu t'en sors ?

- Ouais, c'est celle pour le balcon, fit Ace.

Il arriva enfin à démêler ce serpent lumineux et le brancha sur le secteur, les ampoules multicolores clignotaient joyeusement.

- Mets-là, mets-là !

Ace ouvrit la porte fenêtre et plaça les lumières le long de la rambarde de leur petit balcon, Luffy tritura le boitier pour savoir quel fréquence de clignotement était la plus judicieuse, il prenait les décorations de Noël très au sérieux. Pendant ce temps, Ace rêvassait un peu en regardant la nuit tomber malgré la jeune heure, un mois auparavant, il n'était qu'un pauvre lycéen un peu perdu, maintenant il côtoyait des stars, espérait gagner de l'argent avec la seule chose qui le faisait vibrer et maintenant, il y avait Trafalgar.

Il fronça les sourcils quand une voiture inhabituelle se gara juste en bas de chez lui. Un homme sortit de la voiture avec un long manteau noir et un bonnet qu'il connaissait plus que bien maintenant. Il alluma une cigarette et leva les yeux au ciel, Ace lui sourit de toute ses dents, alors qu'il lui fit un simple signe.

Il ne savait pas quelle mouche avait piqué le chanteur. Le voir débarquer ici, à l'improviste était complètement inattendu.

Son cœur battait à tout rompre, comme si c'était la première fois. Jamais il n'aurait cru voir Trafalgar débarquer ici, après les silences, après son nez cassé, après tout ce qu'il lui avait dit. Ace l'observa alors qu'il ne bougeait pas, fumant tranquillement de sa cigarette. Même d'aussi loin, il attira comme un aimant, il lui aurait sauté dessus si dix mètres d'une chute mortelle ne les séparaient pas.

- Tu descends ?

- J'suis en pleine folie de Noël, répondit Ace.

- Les guirlandes sur ton balcon sont vraiment dégueulasses …

- Tu vas devenir l'ennemi numéro un de Luffy !

- J'croyais qu'il m'adorait !

- Il aime plus Noël que toi, rigola Ace.

- Et toi ? Tu me laisserais tomber pour sortir avec le Père Noël ?

- Les vieux obèses et mielleux, c'est pas mon truc … j'préfère les grands avec un air sadique, sourit-il.

- Merci du compliment ! Tu veux bien descendre, j'suis pas Roméo et t'es sûrement pas Juliette !

- Pourquoi pas ?

- Ton cul est bien plus agréable à regarder ! Ramène-toi, avant que tes voisins ne me dénoncent aux fans hardcore.

- Aucun risque, y'a que des vieux ici … Par contre si Lu' te vois, tu vas devoir supporter ses assauts de groupie.

Ace jeta un coup d'œil par la porte-fenêtre, Luffy était bien trop absorbé par une figurine animée du Père Noël pour prêter attention au monde qui l'entourait. Il venait de la déplacer une énième fois, pour lui, les décorations de Noël étaient une affaire d'état. Chaque guirlande, chaque personnage, chaque boule devait être à une place précise et étudiée avec attention. Ace n'avait pas son mot à dire, il se contentait d'exécuter les ordres de son petit frère. Et là son intérieur ressemblait à une boule à neige ou l'intérieur du cul d'un lutin.

- Peut-être que j'pourrais coucher avec lui, c'est ce qu'on fait avec les groupies habituellement, ironisa Trafalgar.

- Retire-ça tout de suite ! Il a quatorze ans, espèce de vieux dégénéré !

- Des insultes maintenant … ça tourne trop au mélodrame pour moi. Je t'attends dans la voiture. Magne ton petit cul !

Ace retourna à l'intérieur, Luffy inspectait son travail les mains sur les hanches, visiblement fière de lui.

- Regarde-moi ce travail, Ace ! T'as déjà vu quelque chose de plus joli ?

- Ca clignote et brille de partout, j'vais avoir des convulsions.

- T'es méchant ! J'me décarcasse tous les ans pour Noël et toi, tu te moques !

- Lu', c'est le deuxième Noël qu'on passe ici, ne dramatise pas.

- Plus tard, ce sera une tradition ! J'déboulerai chez toi pour tout décorer, parce que ce sera tout moche et triste !

- Si tu le dis ! Bon, faut que j'y aille.

- Quoi ? Où ça ? Tu m'abandonnes pendant la phase décoration ?

- Désolé … J'dois aller travailler !

- J'croyais que Zeff t'as donné des vacances à cause de ton nez !

- Tu vois bien que j'ai plus rien ! Il faut que j'y aille, si tu veux pouvoir allumer tout ton barda jusqu'au Nouvel An !

- Mais et le sapin ?

- On ira l'acheter demain soir, j'viendrais te prendre au collège.

- Promis ?

- Oui ! Et surtout … ne m'attends pas ce soir, je risque de rentrer tard.

- D'accord … A demain alors.

- A demain, petit frère, dit-il en lui ébouriffant les cheveux. Et tu me rangeras tout ce foutoir, hein ?

Ace se précipita vers l'entré et enfila ses chaussures et son manteau, il posa son chapeau sur sa tête, celui-ci était devenu un précieux allié depuis sa petite apparition télévisuelle. Il dévala les marches quatre à quatre, un sourire énorme sur le visage. A l'extérieur, la Mini Cooper de Trafalgar attendait toujours tranquillement sur le parking, il modéra son allure pour ne pas avoir l'air d'un amoureux transit. Ace balaya un instant le parking de son immeuble des yeux, il n'avait pas si longtemps, l'endroit grouillait de paparazzi en quête du scoop du siècle; mais aujourd'hui l'endroit était désert, même si Ace ne doutait pas un instant que ces tordus serait prêt à se planquer dans les arbres où le rosier qui bordent l'immeuble pour une stupide photo.

Il accéléra tout de même le pas, pas complètement tranquille et puis Trafalgar avait pris des risques inconsidérés en sortant de sa voiture, à découvert sur le parking, sous ses fenêtres et sans Jewelry. Il devrait d'ailleurs lui dire que son stupide bonnet ne trompait plus personne. Ace ne put s'empêcher de sourire quand il pense que ces risques inconsidérés, il les prenait pour lui, uniquement

- Tu viens me chercher pour le bal de promo ? demanda Ace en rigolant.

- Bonsoir …

La sensation de ses lèvres sur les siennes était tout bonnement exquise et Ace ne se pria pas la moindre instant pour répondre ardemment à son baiser. Ces moments étaient bien trop rare pour qu'il ne puisse faire autre chose que les apprécier. Ils s'embrassaient avec une douceur et une lenteur rare, la voiture devint vite étouffante et exiguë pour leur corps brûlant. Ace sentait l'accoudoir dans son dos et Trafalgar râlait parce qu'il venait de prendre le levier de vitesse dans la jambe. Les mains d'Ace exploraient ses cheveux doux et épais, ce geste était presque devenu un réflexe quand ils se rapprochaient, celles de Trafalgar adoraient parcourir des chemins inconnus dans son dos et Ace s'imaginait un peu comme ses guitares qu'il aimait tant, calé contre lui, aussi proche que possible et ses mains parcourant son corps avec talent.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive ? demanda Ace, les joues en feu

- La magie de Noël sûrement et puis, il faut bien fêter ton nez réparé.

- J'trouve qu'il est encore un peu de travers …

- Je trouve ça charmant, les gueules cassées.

- Où est-ce que tu m'emmènes ? demanda Ace, toujours à moitié allongé sous Trafalgar.

- Au studio, on va enfin commencer à enregistrer l'album. Celui-là même qui sera la vitrine de ta belle pochette, t'as pas oublié ?

- J'avoue que depuis que ta bouche ne peut plus se passer de la mienne, j'oublie la majorité des choses …

- Alors dis à ta bouche d'arrêter d'être aussi attirante, sourit-il.

Ace planta son nez dans son cou, sentant son odeur bien à lui, toujours entre eau de Cologne et cigarette – même si ce soir, c'était plus eau de Cologne que cigarette. Il pourrait rester comme ça des années durant, Trafalgar s'occupait tranquillement en lui embrassant la mâchoire et le cou alors qu'Ace appréciait sans rien dire. Il était bien rare que Trafalgar soit à l'origine de leur baiser ou leur câlin, alors quand il prenait l'initiative, il se contentait de se laisser faire gentiment, absorbant toutes les attentions qu'il lui donnait, ça lui permettait de tenir le coup pendant les périodes de disette.

- Tu vas arriver à conduire dans cette position ?

- Ça me paraît difficile.

- La prochaine fois, viens me chercher en limousine, parce que j'ai déjà le dos en compote.

- Une limousine ? T'es un mec à limousine ?

- Tout le monde aime les limousines, c'est fun !

- C'est vulgaire, oui.

- T'as jamais bu du champagne en écoutant de la techno à fond et en gueulant, « Quoi de neuf New York » par le toit ouvrant ?

- Mon Dieu non !

- J'croyais que toutes les rocks stars faisaient ça …

- Paris Hilton et Miley Cyrus, ouais. Mais pas David Gilmour !

Ace soupira gravement, mécontent qu'il lui renvoie en pleine face son ignorance. Trafalgar rigola et se redressa pour s'asseoir correctement derrière le volant. Ace fit de même en se massant les lombaires puis attacha sa ceinture :

- C'est le guitariste de Pink Floyd. Le mec qui a fait de moi ce que je suis aujourd'hui !

- J'vais lui envoyer des fleurs alors.

Les paparazzis grouillaient devant le studio comme des mouches autour d'un cadavre de gazelle dans la savane.

Alors c'était ici qu'ils campaient ?

Est-ce que ces gens-là dormaient ici, est-ce qu'ils rentraient chez eux de temps en temps, parce qu'ils étaient là qu'importe le temps ou l'heure. Etre femme de paparazzi était un peu comme être femme de militaire, un métier à risque aux absences interminables. Ace commençait un peu à connaître les règles de ce jeu qu'est la célébrité, depuis le ramdam en bas de son immeuble. La presse était comme un chien jamais rassasié, un aspirateur qui avalait tout ce qu'il pouvait sans faire le tri, alors même si on pense avoir une bonne répartie ou qu'on pense être maître du jeu, il était préférable de ne rien dire, car le moindre mot, la moindre attitude restait gravé dans le marbre, à tout jamais et sera ressortit sans le moindre scrupule bien des années plus tard.

Ils sortirent de la voiture, sans un mot, un regard. La presse connaissait déjà Ace alors un petit groupe se dirigea vers lui, l'aveuglant avec leur flash, le rendant sourd avec le bruit de leur obturateur. Ace avançait en essayant de marcher droit – mais la tête baissé, ce n'était pas évident. Il jeta un coup d'œil discret à Trafalgar, celui-là était cerné, prisonnier d'une ronde d'appareil photo et de micro, assommé par des cris et des phrases sans queue ni tête, condamné à répondre à leur question pour espérer en réchapper.

Ace lui sourit et ouvrit la porte du studio, bien décidé à ne pas participer à cette torture, il n'avait qu'à se débrouiller tout seul. Il avança dans le couloir rouge et regarda à nouveau les photos qui décoraient le mur, celles-là même qui lui avaient causé tant de douleur un mois auparavant. Aujourd'hui, il était content de reconnaître les coiffures impeccables des Beatles, la moustache de Freddie Mercury, la guitare à double-manche de Slash ou le bandeau de Keith Richard.

Il en apprenait toujours un peu plus sur la musique et sur les gens qui la font et qui l'ont faite grâce à Trafalgar, grâce au CD qui lui faisait écouter, à sa façon de jouer de la guitare. Avant, il ne comprenait pas toute cette euphorie, ces fans déchaînés à leur passage, mais maintenant, il comprenait parfaitement ses banaux qui voulaient voir leur idole de plus près, espérer vivre un peu de leur vie, car depuis que Trafalgar l'avait repérer, sa vie n'avait jamais été aussi excitante, palpitante, et vivante.

Dans le salon, tous les membres du groupe étaient réunis, même Zoro, et Ace se rendit compte qu'il ne lui avait jamais adressé la parole. Il s'assit sur le canapé et remercia Jewelry qui lui tendait une bière – ça aussi, il avait appris à aimer, le goût fruité et acide de l'orge, même s'il en raffolait pas, il pouvait l'avaler sans grimacer.

- Où est Traf ? demanda-t-elle.

- A l'extérieur, le pauvre a été capturé par des paparazzis sauvages !

- Et tu l'as laissé là-bas, tout seul ?

- J'l'aime de plus en plus ce gamin, rigola Kidd.

- J'suis capable de sortir une connerie grosse comme moi, alors vaux mieux que je ne reste pas avec eux, répondit Ace en buvant une gorgée.

- T'es Ace, c'est ça ?

La voix de Zoro claqua comme la foudre. Ace tourna les yeux vers lui et il se sentait comme une pauvre antilope prête à être dévorer par un crocodile géant. Kidd avait ce look un peu bariolé qui le rendait plutôt amical au final, mais Zoro avait les cheveux plaqués en arrière, en regard perçant et sa bouche toujours pincée en une ligne fine et sévère. Malgré qu'il soit plus jeune que lui, Ace ne put se sentir qu'impressionné, il se demanda s'il avait déjà ri une fois dans sa vie.

- Euh … ouais. J'vais m'occuper de la pochette !

- Qu'est-ce que tu vas faire ?

- J'ai déjà quelques pistes mais rien de définitif.

- Tss.

Ace fronça les sourcils et jeta un regard à Jewelry qui se moquait gentiment de lui. Il commençait tout juste à être à l'aise avec Kidd et Jewelry – surtout Jewelry et voilà que Zoro le renvoyait à la case départ, comme la première fois qu'il les avait vus, aussi gracieux qu'un dindon dans un abattoir. Zoro semblait l'analyser avec attention, voir des lasers sortir de ses yeux ne l'étonnerait même pas. Apoo entra dans la pièce et la tension retomba instantanément :

- Salut Ace ! Ton frère n'est pas là ?

- Non, j'l'ai lâchement abandonné à la maison. Il refait notre déco façon village des petits lutins.

- Il va encore gueuler quand il apprendra que t'es avec nous, remarqua Jewelry.

- J'lui ai dit que j'allais bosser au resto.

- Bon, ils en font quoi de l'autre dégénéré ? J'veux commencer, déjà que ça va durer des plombes …

- Tu sais bien que quand la presse nous attrape, elle ne nous relâche que quand on a vomis tout ce qu'on pouvait, soupira Jewelry.

- De quoi peuvent-ils parler ? Tout est sur notre site officiel !

- De lui, fit Zoro.

Ace se sentit à nouveau comme une pauvre bête traquée, mais Zoro n'avait pas tort. Kidd soupira gravement et Jewelry semblait nerveuse :

- C'est vrai que t'es passé à la télé la dernière fois, dit-elle. Ils commencent à se poser des questions.

- Et toi, pour améliorer l'tableau, tu remues ton cul devant d'autre gars, grogna Kidd.

- Hey, déjà je ne me remue pas mon cul, sale con ! Thatch et moi, c'est sérieux.

- Quoi ? C'est vrai ! s'exclama Ace.

- Oui, sourit-elle.

- Il ne m'en a même pas parlé ! Félicitation à vous deux !

- Voilà autre chose, ronchonna Kidd. J'sais même pas c'que j'fous avec vous, vos histoires, c'est pire que les Feux de l'Amour et en plus ça nous attire des emmerdes !

- Tu dis ça uniquement parce que toi, t'en a pas d'histoire ! Tu te contentes d'une groupie et basta !

- Zoro n'a pas d'histoire et tu le fais pas chié !

- Il a dix-huit ans !

- J'ai des histoires, pour votre info, c'est juste pas des soap-opéras, lança Zoro de sa voix posé.

- T'as une copine et tu me l'as pas dit !?

- Ça te regarde pas !

- Evidemment que ça m'regarde ! Tout ce qui se passe dans vos vies me regarde, Kidd, Traf, Ace ou toi, tout me regarde !

Ace ricana, Jewelry était une sorte de maman de substitution pour les membres du groupe. Elle gueulait souvent mais toujours de façon justifiée, comme le ferait une mère après son gosse. Même si elle semblait dépassée par moment, voir même carrément désespérée, elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour les autres.

- Encore heureux que tu t'intéresses à Traf, t'es censé sortir avec lui, pas le laisser sortir avec un gamin mineur, rétorqua Kidd.

- J'suis pas sa mère à Traf, hein ! De toute façon, ce couple bidon était une mauvaise idée !

- Tu disais pas ça au début …

- Kidd, sérieusement, la ferme.

- Faudra bien lui dire un jour …

- Me dire quoi ? demanda Ace qui osait enfin ouvrir la bouche.

- Law n'a pas toujours aimé … rentrer son véhicule par la porte de derrière …

- Eustass, ta gueule, vraiment !

Le ton plus que menaçant de Jewelry et l'utilisation de son prénom cloua le bec de Kidd mais Ace n'était pas née de la dernière pluie, voilà encore un caillou dans la chaussure, un sujet de dispute, un coup au moral pour Ace.

- Si on parlait de la session qui nous attend ? proposa Zoro, calmement.

- Traf m'a dit qu'il avait prévu cinq titres pour aujourd'hui.

- Cinq ! S'égosilla Kidd. Pourquoi il en met toujours autant, on finit jamais de toute façon !

- Putain, j'vais sortir un flingue un jour et j'vais les buter, ces cons !

La voix de Trafalgar tonna dans le couloir, il entra dans le salon en furie, avec les sourcils froncé comme jamais et des yeux remplis d'éclair prêt à foudroyer le premier qui dirait quelque chose de travers.

- Il m'faut un verre !

Kidd ouvrit le mini-bar sans bouger du canapé et lui lança une bouteille scotch. Il en but une quantité astronomique en une fraction de seconde, puis il alluma une cigarette dont la fumée toxique se dirigea immédiatement vers ses poumons. Il ferma les yeux et se massa les tempes, puis leva la tête vers Ace :

- Ils sont au courant.

- QUOI !? s'écrièrent les autres à l'unisson.

- Ils sont au courant !

- Comme ça c'est fait, chuchota Ace.

- Qu'est-ce qui est fait !? La baisse des ventes ? L'acharnement médiatique ? La fin de ta vie normale ? Mon humiliation publique !

- Calme-toi, Traf ! Ace n'y est pour rien, tempéra Jewelry.

- Que j'me calme ? Mais vous êtes tous devenu dingue ou quoi ?!

Trafalgar se leva d'un bond et sortit par la porte de derrière, laissant les autres en plan. Ace semblait complètement abasourdi par la situation, une part de lui était contente de savoir que son histoire avec Jewelry était définitivement terminée mais vu la réaction de Trafalgar, le rêve de l'avoir rien que pour lui s'éloignait encore un peu. Ace se leva à son tour et rejoignit Trafalgar à l'arrière du studio, entre les bennes et les poubelles. Il était adossé au mur, une nouvelle cigarette déjà bien entamé.

- J'ai pas confirmé, on peut encore rattraper le coup, murmura-t-il.

- Pourquoi tu n'as simplement pas dis que c'était vrai …

Il posa ses yeux gris sur Ace qui soutenait son regard, déterminé à avoir des réponses claires, même s'ils allaient s'engueuler comme jamais. Il n'en pouvait plus, il fallait crever l'abcès :

- Tu sais quel est ton point faible, Ace … tu ne sais pas te contenter de ce que tu as, tu veux toujours plus, dit-il.

- Tu parles de moi comme si j'étais un enfant pourri gâté ! J'ai pas de parents, j'te rappelle, j'élève un gamin tout seul, j'bosse dans un restaurant pour boucler mes fins de mois, alors que j'ai pas vingt ans ! Comment tu peux me dire, ça !

- Donc pour toi, tu n'es que ce pauvre gamin, c'est ce qui te définit entièrement ? Toute l'attention que je te donne, les gestes, tout ça, t'en a rien à foutre ! Tu ne penses qu'à me mettre dans ton lit, que je sois le petit-ami parfait qui t'attends en rentrant et qui te cajole comme un toutou. Mets-toi ça dans le crâne, je ne serais jamais ce que tu désires !

- … Tu ne vaux pas mieux que moi … Tu as peur constamment, peur de ce que disent les autres, peur de l'échec, peur d'être toi-même, peur de l'oubli et surtout tu as peur de tes sentiments !

- La musique c'est tout pour moi, si je n'ai pas ça, je n'ai rien, murmura-t-il.

- Si c'est tellement important, pourquoi t'as même pas les couilles de quitter le groupe ?

- Pardon !

Ace recula d'un pas, pétrifier par son regard de mort. La fureur transpirait par tous les pores de sa peau, ses yeux étaient aussi fins et plissés que ceux d'un serpent prêt à étouffer sa proie. Ace déglutit, tentant de reprendre contenance :

- J'y connais peut-être pas grand-chose, mais ça crève les yeux que tu détestes ce genre de musique ! J't'ai vu jouer du piano, de la guitare folk, pas des bruits et des hurlements !

- T'as toujours rien compris à notre musique, hein ?

- J'croyais que t'étais content que j'sois une bille en musique ! rétorqua Ace.

- Finalement tu ferais un bon paparazzi, ressortir des trucs que j'dis hors contexte, t'es balèze pour ça !

- Et toi t'es fort pour me faire souffrir, tu t'en rends même pas compte ! J'suis en train d'me battre pour nous !

- Nous ? Quand est-ce qu'il y a eu un nous ? Tu passes ton temps à me réclamer de l'attention, à me reprocher mon attitude, sans jamais te mettre une seule seconde à ma place ! Il n'y a jamais eu de nous, il y a seulement un toi.

- Si t'acceptais de faire un pas vers moi aussi, avec ta fierté stupide, là !

- Tu rejettes encore la faute sur les autres, remets-toi un peu en question, merde. Je ne suis pas le mec idéal et tu es aussi loin de l'être ! Hors de question que je bousille tout ce que j'ai construit avec le groupe pour un mec de passage.

- Un mec de passage ! C'est ça c'que j'suis pour toi ! Un mec de passage ! Putain, Traf, t'es complètement aveugle ou quoi ?! Je t'aime comme un con, je t'aime à en crever ! Tu m'fais souffrir comme pas possible mais j't'aime quand même !

Il devait partir avant que les larmes qu'il retenait depuis le début ne s'écoulent de ses yeux gonflés. Il se détourna de lui et traversa le parking désert, les vautours rassasiés étaient enfin rentrés chez eux, puis monta dans le premier taxi qui croisa sa route. Trafalgar n'essaya pas de le retenir, à la place il entendit juste un bruit assourdissant, il venait de se défouler sur les poubelles, ainsi qu'un hurlement :

- PUTAIN DE MERDE !

Trafalgar s'était perdu lui-même, coincé dans son mensonge, celui-là même qui aurait dû le libérer de toute contrainte, grâce auquel il aurait pu tout vivre sans concession. Ce mensonge n'était pas dur à vivre quand rien d'autre ne comptait à ses yeux, il était même plutôt agréable. Jamais il n'aurait pensé que tout cela se retournerait contre lui dans cette façon, il venait perdre beaucoup plus de chose que prévu. La presse n'oubliera jamais Ace, leur possible relation, tout cela induira des tensions entre le groupe, et surtout il venait de perdre quelqu'un qui l'appréciait pour ce qu'il était réellement.

Ace poussa la porte de chez lui, Luffy regardait la télé, il passa devant le salon sans un mot, il n'avait pas envie de parler ou de subir les questions maladroites de son petit-frère. Il claqua la porte de la salle de bain et fit couler l'eau bouillante de la douche sur sa tête, enfin ses pensés s'arrêtèrent. Le flux de l'eau sur ses oreilles le rendait complètement au sourd du monde et de lui-même, le liquide se mêlait à ses larmes qui coulaient toujours.

Pourquoi ça devait se passer ainsi ? Son cœur renaissait tout juste de ses cendres, l'incendie laissé par Marco se dissipait enfin. Il avait recommencé à aimer quelqu'un, il était prêt à faire un pas vers l'avenir, alors pourquoi ?

Il avait l'impression d'être puni pour avoir trop aimé et il ne comprenait pas son erreur.

L'amour avait toujours été quelque chose de bon, de grand. L'église en faisait la propagande comme personne, les films au cinéma, les livres, les histoires qu'on se racontait au coin du feu, il y avait toujours de l'amour. Quand quelque chose est bon, il l'est tout le temps. Il n'avait jamais compris comment les choses atteignaient un point de non-retour, avec le temps et se transformaient en malheur. C'est comme si on devenait aveugle après avoir regardé trop longtemps le ciel bleu.

Il y avait des gens qui se quittaient pour ne s'être pas assez aimés, Ace faisait partie de ceux qui se retrouvaient seul pour avoir trop aimé.

Au fond son raisonnement était stupide, on pouvait devenir aveugle à trop aimer regarder le soleil, on pouvait mourir pour avoir mangé trop de beignets aux fruits.

A trop vouloir vivre on finit par mourir.

Peut-être valait-il mieux que tout cela explose maintenant, avant que l'attachement soit trop fort. Mais même si cela ne durait qu'un jour, une heure ou même une seconde, l'attachement était le même et le sentiment de rejet insupportable.

Il s'en voulait d'avoir pu croire une seule seconde qu'il était assez fort pour supporter cet ouragan. En réalité, il était faible et il avait terriblement besoin d'attention, d'être rassuré mais il était tombé amoureux de la seule personne qui ne pouvait lui offrir rien de tout cela.

Quelque chose turlupinait Ace, comment avaient-ils su, sur la photo de la télé, les autres membres du groupes apparaissaient, rien ne laissait présager qu'il avait quelque chose de plus intime entre lui et Trafalgar. Quelqu'un les avait forcément vu rien que tous les deux, ici ou chez Trafalgar, malgré qu'ils avaient pris mille précautions pour ne pas être aperçut rien que tout les deux.

Quelqu'un qui était proche d'eux avait forcément vendu la mèche. Un fan trop hard-core ? Un journaliste particulièrement perspicace ?

Ace ne voyait pas vraiment l'intérêt de divulguer ce genre d'information ...

L'argent sûrement, foutre la merde peut-être, la vengeance ?

Ace ouvrit subitement les yeux, comme frappé par la foudre.

Marco.