Je n'ai vraiment pas vu ces trois semaines passer !
On est déjà en octobre ! Et pour plusieurs raisons, octobre est mon mois préféré. Déjà j'adore l'automne (opinion impopulaire #1), les belles journées fraîches et ensoleillées, les feuilles qui rougissent sur les arbres. Je préfère nettement m'habiller en automne qu'en été, j'adore mettre des chapeaux (opinion impopulaire #2) et des manteaux bien chauds. J'aime octobre parce qu'il se passe plein de chose dans ma vie : l'anniversaire de ma mère, le mien, le marché au puce dans ma ville natale (je peux pas y participer. Tristesse ultime)
BREF ! Vive octobre et vive Francis Cabrel !
Mes petits lecteurs chéris, c'est le jour que vous attendez tous je crois ! Le dernier épisode de la mini-saga "la magie de Noël", l'anniversaire d'Ace. J'vais pas vous faire un dessin, j'suis pas douée ^^
Merci à toshiro-hitsugaya222 qui a terminé la pochette du prochain album du groupe, yay ! Toshiro, tu vas halluciné quand tu verras ce que j'ai fait ... C'est parti loin.
D'ailleurs je vais faire un petit récap de l'avancer de l'histoire ! Je débute en ce-moment même le chapitre 24, je pense m'arrêter à 31-32. 274 pages Word et 122 993 mots. Vous aurez de quoi lire, mes enfants !
Quand je vois où j'en suis dans l'histoire ... J'ai tellement envie que vous lisiez la suite ! Ça me frustre de ne pas pouvoir vous en parler ! Ahlalala ... j'espère que vous serez toujours là.
Merci aux revieweurs, aux anonymes, à ceux qui ne font que passer.
J'ai beaucoup bavardé alors je vous laisse avec l'apothéose de la magie de Noël. Lâchez-vous, je resterais toute la journée devant mon PC pour entendre vos avis et oui, c'est ça aussi le dimanche avec Mika, un SAV en béton !
Le prochain chapitre paraîtra le 1 novembre. Have fun !
L'euphorie du Nouvel An restait un mystère pour Ace, fêter un jour de plus n'avait pas plus de sens que de fêter la naissance hypothétique d'un enfant prodige tout aussi hypothétique. Surtout qu'on se rendait compte qu'il était sûrement né au printemps.
Le pire de tout était que sa défunte mère lui donna naissance le premier jour du premier mois de la nouvelle année. Alors malgré ses réticences, il devait faire bonne figure parce que c'était son anniversaire. Étrangement, cette année et depuis bien longtemps, il n'avait aucun mal à sourire franchement puisque Trafalgar le conduisait en ce-moment même au bord du lac Michigan.
Ce n'était que le trente-et-un mais le chanteur insista lourdement pour être là la première minute du premier jour du premier mois de la nouvelle année. Ace envoya Luffy chez ses amis, pour qu'il aille leur casser les oreilles avec sa nouvelle guitare.
La voiture de Trafalgar s'immobilisa dans les graviers, juste devant le chalet et Ace se précipita vers la maisonnette. La nuit était claire et le froid piquant.
- Il caille merde ! s'écria Ace en entrant dans la petite maison.
- Ouais, faut aller chercher du bois pour la cheminée.
- Tu plaisante, j'espère ? Y'a pas de radiateurs ?
- La cheminée suffit amplement.
Trafalgar retira son manteau et le posa sur la table, pendant qu'Ace le regardait, désenchanté. Il pensait passer au clou du spectacle immédiatement. Trafalgar revint avec une hache :
- Qu'est-ce que tu fous avec ça !
- Tu savais pas que je découpais mes conquêtes et que je les conservais dans le congélo de la cuisine ?
- T'es pas drôle !
- Tu devrais lire plus souvent la presse people, t'en saurais plus sur moi vraiment.
- J'préfère savoir ce que les autres ne savent pas, sourit Ace.
- Allez, amène-toi, j'ai besoin d'un assistant.
- Tu vas vraiment couper du bois dans un froid pareil ? A une heure pareille ? Dans un moment pareil ?
- On va mourir de froid, sinon …
- On se réchauffera mutuellement, comme Kate et Léo dans la voiture du Titanic.
- C'est la chose la plus gay que j'ai entendu sortir de la bouche d'un gay !
Il explosa de rire, d'une façon totalement inédite. Il n'était pas fermé et sifflant comme tous les petits rires cyniques qu'il faisait à longueur de temps, il était grandiloquent et franc, comme celui d'un enfant, aussi fort et clair que des cloches annonçant l'office. Alors même s'il était un peu vexé d'être à l'origine de ce rire un brin moqueur tout de même – il dirait toutes les choses gay du monde, toutes les conneries, il acceptera de se ridiculiser chaque jour pour pouvoir encore l'entendre une fois.
Il ouvrit la porte et Ace frissonna un peu quand la brise glaciale toucha sa peau. Il le suivit derrière le petit chalet ou du bois était entassé de sous une bâche noire. Il alluma une faible lumière qui peinait à éclairer plus loin que deux mètres.
- Génial, pas besoin de le couper !
- Tu rigoles ou quoi ! Il nous faut du petit bois pour faire partir les flammes. Passe-moi en une.
- Tu vas en faire quoi ?
- Lui défoncer la tronche avec ma hache … Allez !
- Tu m'fais vraiment flipper, par moment.
Ace prit un morceau de bois et fut surpris par son poids mais n'en fit rien, ne voulant pas passer pour stupide devant Trafalgar. Il lui prit rapidement des mains et posa le morceau sur un vieux tronc coupé, il souleva sa hache au-dessus de sa tête et frappa violemment le pauvre bout de bois qui éclata en deux. Il les ramassa et les jeta dans la brouette juste à côté du bois. Il fit signe à Ace de lui en passer un autre, qu'il dégomma aussitôt :
- Tu sais à quoi je pense quand je fais ça ?
- J'en sais rien … à quelque chose que tu détestes, j'espère, parce que t'as vraiment l'air d'un psychopathe, répondit Ace en lui donnant un autre bout de bois.
- J'pense aux fans du groupe, aux paparazzis, à la presse, à tous ces cons qui m'font chier !
- Les fans ? Ils achètent tes disques …
- Ils le piratent, ouais ! Ils en veulent toujours plus, plus de musique, plus d'interview, plus de Jewelry et moi, plus de CD, de poster, de produit dérivé, d'autographe, plus de concert !
- Traf …
- Et le pire dans tout ça, c'est qu'ils n'en ont rien à foutre de qui je suis vraiment, de ce que je ressens ! Ils veulent simplement que je fasse le show comme une otarie à Sea World ! Et ça … ça m'tue vraiment.
Le dernier rondin de bois explosa littéralement sous les coups de haches de Trafalgar, il transpirait alors qu'il faisait cinq bons degrés en-dessous de zéro. Ace ne savait pas quoi dire, il était toujours calme et flegmatique, sûr de lui, le voir ainsi, plein de rage et d'amertume le paralysait. Chaque coup de hache était un coup qu'il s'infligeait à lui-même, à ce personnage qu'il s'était construit à cause des autres, pour les autres, celui qu'il ne pouvait plus gérer :
- C'est pour ça que j'suis content que tu n'y connaisses rien en musique, continua-t-il. Tu t'en fous si mon album est pire ou meilleur que le précédent, que j'ai dit telle ou telle chose en interview, si Jewel et moi on va se marier !
- Tu vas te marier avec Jewel ! s'étrangla Ace.
- Quoi ? Mais non !
- C'est ce que tu viens de dire ! Vous avez planifié ça ?
Il planta sa hache dans le bois et serra Ace dans ses bras. Il avait dit qu'il pourrait gérer sa célébrité, ses mensonges, mais le voir en costard noir au bras de Jewelry habillée en mariée remonter l'allée de l'église sur la musique d'un orgue, c'était juste au-dessus de ses forces :
- On y pensait, avant.
- Mais un mariage, c'est pas rien, ça représente des choses, c'est pas juste un papier et une liste de cadeau ! C'est un engagement, basé sur l'amour, tu ne peux pas jouer avec ça !
- J'ai dit avant.
- Avant quoi ?
- Toi, idiot.
Trafalgar lui vola un baiser langoureux pour appuyer ses dires, mais Ace n'était pas vraiment rassurer. Le simple fait qu'il avait envisagé, à un moment ou à un autre de se marier avec une femme le rendait malade - même si c'était bidon, même si c'était avec Jewelry :
- Tu l'aurais fait ? demanda-t-il d'une petite voix.
- La question ne se pose plus.
- Mais si on c'était pas rencontré ...
- Tu veux quoi ? Que je te dise oui ? Peut-être que je l'aurais fait, pour la pérennité du groupe, pour ma tranquillité.
- Ta tranquillité ? Laisse-moi rire.
- C'est ton anniversaire, Ace, évite de me mettre en colère si tu veux voir un bout de ton cadeau. Passe-moi une bûche, qu'on en finisse.
Ace lui tendit un morceau de bois en lui tirant la langue, il devra se contenter de ces maigres explications. Le cri d'agonie du bois sous la gâche vengeresse de Trafalgar parlait mieux que quiconque.
Finalement, Ace rentra, frigorifié et se blottit dans un plaid sur le canapé alors que Trafalgar s'activait devant la cheminée pour que le feu réchauffe la pièce. Il s'installa à côté d'Ace et lui piqua un peu de couverture, il prit son bras pour qu'il se colle à lui. Le feu rayonnait doucement et une odeur de feu de bois s'imprégnait dans le chalet. Ils ne parlaient pas, il n'y avait pas de bruit, pas de musique, juste le crépitement des flammes charriées par l'air qui dévorait avidement chaque bûche de bois.
Il se laissa entraîner dans cet étrange volupté, sa gorge se dénoua et laissa sortir ces mots qui restaient coincés là depuis longtemps :
- Je t'aime.
Ace sentit les épaules de Trafalgar se contracter et se détendre.
Le dire pour rendre les choses réelles et arrêter d'être dans les non-dits, lui dire pour qu'il se rende compte que c'était trop tard, il avait beau le faire souffrir, lui mentir, il ne concevait plus sa vie sans lui :
- On sait tous les deux que je ne suis pas celui dont tu as besoin.
- Et alors ? C'est comme ça, j'y peux rien.
- Ace, c'est à ton tour de ne pas me faire ça.
- D'accord, à partir de maintenant, je te détesterai cordialement.
- T'es vraiment un gamin quand tu veux.
- Et toi, un connard … Un très beau connard ...
Trafalgar rigola à ce joli surnom et se pencha sur Ace pour l'embrasser. Juste un petit baiser rapide et furtif, celui qu'on faisait sans prévenir sur les lèvres de sa petite-amie ou sa femme.
- Ok, j'arrive pas à te détester … Mais si tu ne m'aimes pas pourquoi je suis là, on sait tous les deux ce qu'il va se passer.
- Je ne pourrais jamais t'aimer de la façon dont tu l'entends. Tout ce que je peux t'offrir ce sont des moments volés comme celui-ci.
- Mais tu m'aimes quand même alors ?
- Viens par là …
Trafalgar passa sa main sous son dos, le forçant à s'allonger sur le Chesterfield en cuir. Le chanteur était à présent au-dessus de lui et Ace le regardait sans gêne, profitant de cet angle de vue plus qu'agréable. Il semblait un peu plus fatigué ses derniers jours, sûrement pris d'insomnie à cause des récents événements.
Ace aimait tout chez lui, ses yeux aussi clair que de l'or blanc, sa peau chaude comme du caramel, même ses défauts il ne pouvait les détester, ses cernes le rendaient un peu plus charismatique, les poils de sur ses joues le vieillissait légèrement. Il ferma ses bras autour de son cou, l'attirant progressivement à lui. Il profitait de chaque instant avant que leur bouche ne se rencontre, car après cela, aucun d'eux ne pourrait se stopper.
Ace fêtera ses vingt-et-un ans dans quelques heures et il ne pouvait rêver mieux comme cadeau que Trafalgar Law lui-même.
Ça y est, sa bouche venait entrer en contact avec la sienne, une place de plus en plus naturelle. Elles s'effleurèrent quelques instants avant de s'embrasser franchement. Leur langue bougeait dans un ballet ancestral qu'il connaissait par cœur. Les mains d'Ace dans les cheveux de Trafalgar et les mains de Trafalgar dans le dos d'Ace, ces endroits sur le corps où l'un et l'autre allait naturellement, comme des vieux amants. Sauf qu'aujourd'hui Ace pouvait étendre son territoire bien plus loin, il mourrait d'envie d'explorer son torse qu'il devinait divin, de toucher ses jambes fines et ses fesses bien fermes. Quand il passa ses mains sous son pull bien trop épais, le chanteur ne dit rien, au contraire il l'encouragea en marquant lui aussi son territoire sur le peau blanche de son cou.
Ace s'était fait mille et un films sur ce moment, cette communion totale avec Trafalgar. Il attendait ça comme la pluie après la sécheresse, comme des mots pendant un silence pesant, comme le jour après la nuit. Et alors qu'il ne faisait que de s'embrasser plus ou moins fiévreusement, Ace se sentait déjà brûlant.
Trafalgar agissait sur lui comme le vent sur un feu de camp, faisant danser ses flammes et ravivant toujours un peu ses braises pour ne pas le laisser mourir.
Trafalgar grogna quand Ace lui retira son pull et s'attaqua à sa clavicule saillante, lui offrant la plus belle des satisfactions. Ace ne doutait nullement de ses talents d'amant, Marco avait hurlé bon nombre de fois son nom avec plaisir avant que cela ne se transforme en cris de détresse mais celui-ci avait aussi emporté sa foi en l'amour et sa confiance en lui.
Trafalgar était le premier homme à pouvoir le toucher ainsi sans qu'Ace ne se crispe.
La chemise d'Ace devint, elle-aussi, rapidement de l'histoire ancienne. Trafalgar arrêta un peu ses baisers fiévreux pour contempler le jeune homme. Malgré qu'il ne lui avait jamais parlé de sport ou d'activité physique, Ace pourrait sans problème éclipser le quaterback de l'équipe de foot tant son torse était ciselé. Trafalgar était plutôt du genre mince et élancé, même si on devinait quelques muscles çà et là, sa consommation excessive de cigarette l'avait desséché complètement.
Ace se redressa et Trafalgar le conduisit droit dans la chambre au lit immense. Ils ne prirent pas la peine de le défaire, se jetant immédiatement sur la couette fraîche. Leur pantalon disparut à leur tour, les dévoilant presque totalement. Ace ne contrôlait plus du tout cette passion qui l'animait totalement, il redécouvrait totalement les feux de la peau d'un autre alors que Trafalgar caressait ses hanches.
S'il pouvait penser à cet instant, il dirait sûrement qu'il entrevoyait le paradis. Un paradis de plaisir et d'attention.
Leurs câlins durèrent encore de longue minute, Trafalgar était conscient qu'il ne fallait pas le brusquer – ses antécédents étaient toujours très présent. La lune était haute dans le ciel à présent, on entendait et voyait déjà quelques feux d'artifices par la fenêtre.
La majorité d'Ace approchait à grand pas et plus l'horloge les approchaient du premier janvier, plus les caresses de Trafalgar devenaient indécente, faisant gémir Ace sans aucun répit.
Il était prêt, prêt pour ce moment qu'il attendait depuis presque deux mois maintenant, il était prêt à sentir cette vague de bonheur le submerger petit à petit.
Mais Trafalgar posa sa main sur son genou et remonta doucement jusqu'à sa cuisse. Ace écarquilla les yeux et se figea soudainement. Tout se mélangeait, le visage de chanteur se brouillait peu à peu avec ses horribles souvenirs.
Ce geste. Ce geste anodin, c'était Marco. Le blond avait l'habitude de le toucher de cette façon.
Dès lors, Ace eut beau essayer de chasser ces images de sa tête, les caresses de Trafalgar le brûlaient comme de la lave, il ne ressentait plus aucun plaisir, en un instant, ce moment de plaisir s'était transformé en une douce torture. Il ne voyait plus Trafalgar, il ne voyait de que les yeux vides de Marco et ses mains puissantes et acérées sur lui.
Le chanteur ne semblait pas remarquer le manque de réponse de son partenaire, trop occupé à le satisfaire pleinement. Mais il voulait juste que tout s'arrête maintenant, que cette torture cesse.
Il stoppa le bras de Trafalgar dans un mouvement rapide, le chanteur posa ses yeux voilés de désir sur lui, le visage baigné d'incompréhension.
- Arrête !
Il ne répondit rien, voyant bien qu'Ace était dans la tourmente. Il se redressa et Ace couvrit son corps nu avec le dessus de lit, il s'assit au bout du lit, dos à Trafalgar. Il ne pouvait pas soutenir ses yeux pleins de désir, pleins d'insatisfaction.
Comment il pouvait le stopper ainsi ? Lui qui lui faisait constamment du rentre dedans, qui voulait toujours plus. Si près du but il renonçait, refusait, hanté par ses vieilles peurs. Trafalgar se glissa sous les couvertures et plaça un coussin derrière son dos en silence, il attendait sûrement qu'Ace prononce un mot.
Les larmes montaient progressivement au bord de ses yeux. Il renifla discrètement et tenta de reprendre ses esprits.
Il n'était pas Marco, il ne serait jamais comme cet abruti, il n'abusera jamais de lui, ne le frappera jamais.
Il avait beau répéter ces mots comme une prière, mais ce soir, Trafalgar ne pourrait plus poser ses mains sur lui. Ace se détestait tellement en ce moment, il éprouvait le même genre de dégoût pour lui-même lorsque Marco le laissait couvert de bleus et de griffures.
Cette personne faible, influençable et un peu paumé qu'il avait enfouis au plus profond de lui, venait de refaire un retour tonitruant. Il sentait bien avec Trafalgar, il retrouvait peu à peu son estime dans ses bras, mais il y avait ce blocage, ce caillou coincé dans sa chaussure, ce morceau de passé bloqué en travers de sa gorge et qui l'empêchait de respirer.
Trafalgar ne disait toujours rien mais Ace sentait son regard inquiet dans son dos. Il prit une grande respiration pour contrôler ses paroles :
- Je suis désolé, murmura-t-il. C'est pas toi, c'est moi …
- J'aurais du buter ce con quand j'en avais l'occasion. Tu ne peux pas garder ça en toi, c'est grave.
- Je sais … Ne m'en veux pas. Je ne peux pas.
- Je ne t'en veux pas, Ace. Je m'inquiète, c'est tout.
Le chanteur traversa le lit et entour les épaules d'Ace avec ses bras fort et chaleureux pour calmer ses soubresauts. Ace tempéra sa respiration mais rien ne marchait sur ses larmes :
- Quand tu as touché ma jambe … Marco faisait souvent ça … avant qu'on se haïsse.
- Je ne savais pas, chuchota Trafalgar, d'un calme olympien. Excuse-moi.
- Des fois, il me tenait les bras si fort que je ne sentais plus mes ce qu'il veux c'est dominer, posséder quelqu'un.
- Tu l'as aimé ? demanda-t-il, toujours calme.
- … Oui, j'aimais ce fou, ce malade mental. Je l'aimais vraiment … Traf, qu'est-ce qui cloche chez moi ?
- Rien, Ace, t'es parfait. Il a profité de tes faiblesses au lieu de les combler.
- Et tu ne feras jamais ça toi, hein ?
- C'est pas dans mes intentions.
- Tu me feras jamais de mal ?
- Ace … on sait tous les deux que je t'en ai déjà fait. Je ne suis pas un saint, mais jamais je ne te frapperai.
Trafalgar déposa un petit baiser sur ses cheveux, rien de plus. Le vase du jeune homme débordait déjà un peu moins :
- Viens te coucher maintenant.
- Non, pas tout de suite …
- Comme tu veux, je serais le grand truc sous les couettes, si t'as envie de coller tes pieds bouillants sur les miens, je ne dirais rien.
- Merci.
- Joyeux Anniversaire, quand même.
Trafalgar lui embrassa simplement la joue sans plus insister, il se glissa sous les couettes et éteignit la lumière. Ace regardait par la fenêtre, le ciel se parait de couleurs scintillantes et chaleureuses, pleine de liesses.
On était le premier Janvier de la nouvelle année et Ace avait tellement espérer de vivre ce moment différemment. Il pensa à Luffy qui devait s'éclater avec ses amis en buvant du Champomy.
Ce jour devait marquer une étape importante pour la vie de Trafalgar et Ace, une pierre de plus dans le « nous » qu'ils construisaient doucement et dont les fondations étaient bien fragiles encore. Fragile à cause de lui encore une fois, leur relation l'était déjà à cause de son empressement, de son comportement d'enfant gâté et elle se retrouvait encore une fois ébranlée maintenant qu'il ne pouvait pas supporter les caresses de Trafalgar.
Il avait imaginé ce jour comme un feu d'artifice d'émotion, l'explosion de leur sentiment pur et simple. Juste tous les deux, loin de la presse, loin des mensonges, loin des soucis.
Ace resta plongé ainsi dans ses pensées, essayant de comprendre son comportement, son blocage. Mais il n'y avait rien à comprendre, Marco l'avait marqué bien plus profondément qu'il ne le pensait, c'était comme ça, c'était en lui. Il devra faire avec en espérant juste que le temps adoucisse un peu ses peurs.
Trafalgar ralluma alors la lumière, faisant sursauter Ace :
- Ça fait une heure que t'es dans le noir comme ça, grommela-t-il. Ramène-toi maintenant.
- … J'arrive.
Ace délaissa son dessus de lit et se glissa entre les couvertures un peu fraîche. Il éteignit les lumières et se coucha sur le côté. Ace frissonna un peu et colla ses pieds aux siens comme il le lui avait autorisé. Le chanteur, à moitié endormi, soupira d'aise et étira ses jambes pour les mêler aux siennes. Ace se rassura un peu, la peau de Trafalgar le réchauffait simplement au lieu de lui brûler les chairs. Finalement il se retourna complètement et se colla à son dos, en passant ses bras autour de lui. Trafalgar caressa doucement son bras, il venait de lui donner l'autorisation de le toucher à nouveau. Ils s'endormirent ainsi, sous le tonnerre provoqué par les feux d'artifices.
Les premières minutes de la première année, ils étaient ensemble. Pas comme espéré, mais ensemble tout de même.
.
Quand Ace ouvrit les yeux, le lit était vide et la lumière aveuglante. Il jeta d'œil pour voir que la neige avait complétement recouvert le paysage, on ne distinguait même plus le lac Michigan de la terre ferme. Il se précipita vers la pièce principale, uniquement vêtu de son caleçon, excité comme un petit garçon :
- Bonjour.
Ace se retourna vivement pour voir Trafalgar assis sur le canapé avec une tasse de café à la main. Il ne rougit pas quant à sa tenue plus que légère et s'approcha de lui :
- Tu as l'air en forme, remarqua-t-il.
- La neige, dehors, t'as vu !
- Ouais, je ne sais pas quand la route sera praticable pour rentrer.
- On s'en fiche ! Viens on va dehors, j'adore la neige !
- Mets-toi quelque chose sur le dos, dans ce cas.
Ace rougit à ce moment-là, il ramassa son pull qui traînait toujours au sol et fila dans la chambre récupérer son jeans. Dix secondes plus tard, il avait mis sa veste et ses chaussures et traîna Trafalgar à l'extérieur. Ace était comme un gamin, il voulait marcher là où personne n'avait mis les pieds – c'est-à-dire partout. Le chanteur le regardait courir dans tous les sens, sans rien dire en fumant tranquillement sa première cigarette de la journée, jusqu'à qu'une boule de neige lui heurta le bras. Ace ne cacha pas sa fierté d'avoir touché sa cible et préparait un autre missile :
- Ne joue pas à ça avec moi, s'écria Trafalgar.
Mais Ace l'ignora royalement et lança sa boule qui atterrit dans ses cheveux. Il grogna et secoua la tête comme un chien mouillé. Ace rigola comme un gamin et courut vers le chanteur pour se jeter dans ses bras, celui-ci le réceptionna difficilement :
- Fais un régime, Portgas.
- Ça compense avec ton look d'asperge !
- J'suis une asperge, moi ?
- Exactement, j'ai plus d'abdos que toi ! Faut te mettre au sport, mon vieux.
Trafalgar sourit, Ace était toujours accroché à ses épaules se noya un peu dans ses yeux gris pleins d'étincelle avant de l'embrasser sans qu'il ne s'y attende. Tout de suite passionnées sûrement à cause d'hier soir, leurs langues se retrouvèrent à nouveau. Puis Ace empauma ses joues et planta son regard brûlant dans le sien :
- J'ai envie de toi.
- T'es sûr ?
- Absolument. C'est mon anniversaire, t'as pas le droit de refuser !
- Qui a dit que j'allais dire non ?
Trafalgar porta Ace jusqu'à l'intérieur en l'embrassant comme un damné. Le plus jeune avait déjà retiré la moitié des vêtements du chanteur alors qu'il l'allongea dans le canapé.
Cette fois-ci ils n'eurent pas le temps d'aller jusqu'à la chambre pour atteindre le septième ciel. Trafalgar avait évité les jambes d'Ace alors que celui-ci ne quitta pas ses yeux dans lesquels il se sentait l'homme le plus important du monde. Heureusement que le chalet était perdu au milieu de la forêt et que la neige absorbait leur gémissement indécent.
Finalement après de longue minute de fièvre, ils s'avouèrent vaincu, allongé sur le tapis devant la cheminée crépitante. Ace n'avait jamais rien connu de tel, même au début de sa relation avec Marco, quand ils s'aimaient simplement. Trafalgar lui avait fait vivre des sentiments inédits, il avait trouvé des zones érogènes qu'il s'ignorait, de nouveaux endroits qui lui appartenait totalement, des zones où Marco n'avait jamais mis ses mains et où il ne les mettrait jamais.
Trafalgar se redressa et enveloppa leur corps nus avec un plaid en laine. Ace restait collé à lui, ses jambes ne pouvait plus le porter. Il tendit le bras pour attraper le paquet de cigarette dans sa veste échouée sur le sol. Il l'alluma en regardant les flammes danser dans la cheminé, Ace lui retira de la bouche et pris une grosse taffe :
- Hé !
- J'suis majeur maintenant, j'fais ce que je veux !
- Vous n'avez que cette phrase dans la bouche, les jeunes. Mais tu es bien placé pour savoir que ce n'est pas le cas …
- Effectivement, mais dans ce chalet, toi et moi on fait ce qu'on veut !
- Ça n'inclut pas de me voler ma clope de la sorte, grommela-t-il.
- J'veux tout partager, même ton futur cancer des poumons !
- En tant que rock star, j'ai plus de chance de mourir d'une overdose de drogues ou de médicaments ! C'est statistiquement prouvé.
- T'es trop vieux pour le Club de 27, tu seras jamais une légende, laisse tomber.
- Ça tombe bien, j'avais encore deux-trois prévu avant de mettre un pied dans la tombe !
- J'fais partie de ces deux-trois trucs ?
- Peut-être bien.
Ace s'appuya sur ses avant-bras pour l'embrasser en rigolant un peu. Sa crise de l'autre soir n'était plus qu'un mauvais souvenir, il avait enfin effacé ce plaisir coupable de son esprit, le sexe n'était plus associé à l'affreuse image de Marco maintenant. Il ne voyait que le sourire en coin de Trafalgar Law.
- A propos de truc prévu, demain soir, je passe à la télé.
- Vraiment ? C'est cool, j'peux venir ?
- Même pas en rêve, tu restes chez toi et tu fermes la porte à clé !
- Pourquoi ?
- Il est temps de parler de toi, de moi et de Jewelry au monde entier.
