Yoho ! Un chapitre pour la fin des vacances ! Avant de parler de ce qu'il y a plus bas, j'veux dire un truc : l'autre jour dans ma salle de bain, j'ai eu une révélation. Je m'explique, j'me brossais les dents en écoutant Brit Brit (oui madame !) et j'ai repensé à un autre truc que j'écoutais quand j'étais "jeune" (genre collège). Et la fou rire pendant quinze minutes, parce que ce dont je veux vous parler maintenant, c'est la honte ultime ...

Vous vous rappelez de Tokyo Hotel ? Bah ça c'était trop mainstream pour moi ... Dans la catégorie des groupes allemands qui décrédibilisent la culture japonaise aux yeux du monde, je demande ... le petit frère raté !

CINEMA BIZZARE (tout un programme ...) Pitié, si quelqu'un connait ce groupe dîtes-le moi car je sens un désert de solitude battu par les vents s'étendre autour du moi. Donc les membres sont capillairement instable et allègrement crayonné et eye-liné de noir, le genre de mec pour qui c'est Halloween H-24 ! Et j'écoutais ça sur mon lit en mode : c'est trop bien, j'suis trop fan et j'ai acheté l'album (ouais parce qu'on achetait des albums à l'époque, j'ai connu la période des singles ...). BREF, si vous voulez partager ma honte musicale, je vous conseille Escape to the star, c'était ma préféré.

Quelques temps après je découvrais Placebo avec l'excellent Sleeping With The Ghosts. L'honneur est sauf, ouf !

Bon revenons à nos mouton. Ce chapitre est un bordel sans nom. Y'aura de l'italique, du gras et même du gras italique et un POV random au milieu ! YOUHOU !

Et puis j'ai totalement oublié de vous demander vos pronostics l'autre fois ! Alors avouera, avouera pas ?

La réponse c'est maintenant ! Et la suite c'est le 22 novembre !


en gras italique : les questions du présentateur, Bill

en italique : les réponses de Traf.

La partie entre ".." et à la première personne = POV Jewelry ( c'est pas une blague.)


C'était le dernier jour des vacances et Ace espérait bien les terminer en beauté. Il attendait patiemment le début de l'émission du soir, celle où Trafalgar donnait une interview exclusive, mais sa jambe qui martelait nerveusement le sol trahissait son angoisse. Trafalgar avait refusé catégoriquement de lui faire part de sa décision, Ace espérait juste entendre la fin de son mensonge, parce que voir l'homme qu'il aimait courir dans les bras de Jewelry dès qu'ils mettaient un pas dehors l'énervait de plus en plus.

Ace posa son bol de chips sur la table en soupirant, la pub n'en finissait pas. L'émission aurait dû commencer cinq minutes auparavant, mais la télé continuait de vanter les mérites d'une cure minceur sûrement inefficace.

La sonnette retentit dans l'appartement, il fronça les sourcils, Luffy était chez son ami Usopp pour tester leur cadeau respectif, il n'attendait donc personne. Il se leva et ouvrit la porte rapidement :

- Bonne Année !

- Jewelry ? Qu'est-ce que tu fais là ?

- Et Joyeux Anniversaire aussi, je t'offre rien parce que j'ai pas envie de me sentir ridicule après ce que Law t'a offert …

Ace ne put s'empêcher de sourire et laissa entrer la rose qui abandonna son manteau et ses chaussures dans l'entrée :

- Waouh, vous êtes à fond dans le thème, s'exclama-t-elle en voyant la décoration de l'appartement.

- C'est Luffy … Je peux te demander ce que tu fais là ?

- Ah ouais, Traf passe à la télé et quelle que soit sa décision, l'un de nous devra se sentir blessé, rigola-t-elle.

- C'est vrai … Il t'a dit quelque chose à propos de ça ?

- Nan ! Je ne l'ai pas vu depuis le jour de l'An … il avait sûrement la tête ailleurs.

- Arrête avec tes sous-entendu, c'est lourd, râla Ace.

- Mais je suis tellement heureuse pour vous, même si vous avez pris votre temps !

- C'est pas à moi qu'il faut dire ça …

Ace ne dit rien, la rose était bien décidé à squatter chez lui. Elle s'installa sur le canapé et aperçut l'appareil photo flambant neuf sur la table basse :

- Waouh, il est beau ton appareil ! s'exclama-t-elle.

- Cadeau de Noël de Traf.

- Il a toujours été doué pour les cadeaux !

- J'vais pas dire le contraire, rigola Ace.

- J'savais pas que tu faisais des photos !

- Moi non plus ! J'commence seulement, mais avec cet engin mais un truc mal cadré et sans luminosité ressort en œuvre d'art.

- Tu pourrais faire les photos de notre livret.

- Traf me l'a déjà proposé …

- T'as dit oui, j'espère !

- C'est pour ça que je m'entraîne. Mon frère est mon modèle préféré.

Jewelry afficha la bibliothèque d'images et sourit en voyant les photos de Luffy, toute en noir et blanc. Le petit frère d'Ace était vraiment photogénique, sa bonne humeur constante rayonnait à travers toutes les photos.

- Tu fais que du noir et blanc ? demanda-t-elle.

- Oui, j'aime bien, je trouve que cela adoucit les photos. Cela les rend plus intimes aussi.

Jewelry lui rendit l'appareil photo avec un incroyable sourire. A la télé, la pub s'arrêta enfin et le générique de l'émission résonna dans l'appartement :

- Ca commence ! s'écria Jewelry.

Bonsoir cher téléspectateurs ! Bienvenue dans ce nouveau numéro du Night Show ! Ce soir, on envoie du lourd puisque nous avons la chance d'accueillir en exclusivité Trafalgar Law ! Je suis Bill, votre humble présentateur, c'est parti !

Elle prit le bol de chips entre ses jambes comme si c'était dans son salon qu'elle se trouvait. Ace trainait un peu des pieds et s'assit à ses côtés alors que sur l'écran, le présentateur grisonnant accueillait Trafalgar. Il avait un sourire tout sauf naturel et portait une chemise serré avec un jeans sombre plutôt élégant même si Ace préférait nettement le voir avec ses vieux t-shirt sérigraphiés.

- Oulà ! Il n'est pas à l'aise, fit Jewelry en prenant une poignée de chips.

- Je le trouve plutôt souriant et décontracté …

- T'es pas sérieux, là ! Regarde ses jambes serrées comme ça et ses bras croisés, il n'a qu'une envie, se barrer loin de là !

- Merci de me faire remarquer que tu connais l'homme que j'aime mieux que moi, grommela Ace.

Jewelry braqua ses yeux violacés sur lui puis son visage s'illumina d'un grand sourire, dévoilant ses dents blanches parfaitement alignées. Elle se reconcentra sur l'émission :

- Tu lui as dit ? demanda-t-elle.

- Ouais …

- Il a dit quoi !

- Rien de ce que j'espérais, soupira Ace.

- Qu'importe ce qu'il va dire ce soir, il le fait pour toi.

Après un petit reportage qui résumait la vie musicale du groupe, l'interview commença sérieusement.

Vous préparez votre troisième album en ce moment, en quoi sera-t-il différent des deux autres ?

- Eh bien, je pense qu'il est temps pour nous de devenir … grand. Les gens nous attendent au tournant, ils veulent qu'on confirme leur sentiment sur nous.

- Qu'est-ce qu'il est pompeux, siffla Jewelry. Dis simplement que ce sera de la bombe au lieu de faire de la métaphysique des mœurs !

- … J'espère vraiment qu'on touchera un public plus large tout en satisfaisant nos fans les plus exigeants.

Pouvez-vous nous parler de vos inspirations pour ce nouvel album ?

- Je ne veux pas embêter vos téléspectateurs ! Je peux devenir très pompeux quand il s'agit d'influence, rigola-t-il.

Allons, allons, je suis sûre que vos fans n'attendent que ça !

- Cet album sera différent, en accord avec les autres membres du groupe, on a eu envie de faire quelque chose de plus musical et de moins … brute. On a abandonné les riffs gras et saturée pour quelque chose de plus complexe, recherché. Je dirais que le nouvel album penche plus vers le rock progressif. On a un peu abandonné le format FM et les compositions hyper nerveuse pour se diriger vers quelque chose de plus long, qui fait la part belle aux instruments. Evidemment, l'âme du groupe reste intact, la guitare sera toujours omniprésente ainsi que la batterie et les parties chantés de Kidd, mais je pense qu'on prend un tournant plus … sage et mature.

Donc on peut oublier vos concerts rempli d'adrénaline et d'énergie ?

- On verra ça quand j'aurais trente ans !

Vous avez presque dix ans de carrière et seulement deux albums dans les bacs, c'est plutôt inhabituel !

- J'ai toujours aimé prendre mon temps dans tout ce que je faisais, je suis quelqu'un de patient et de perfectionniste. Et puis, c'est sur scène que je m'éclate vraiment, les séances studios peuvent devenir un vrai parcours du combattant avec les autres.

- Si t'étais moins perfectionniste, patate ! C'est toujours toi qui veux recommencer cinq fois le même morceau ! gueula Jewelry contre la télé.

Les critiques sont pratiquement unanimes concernant vos deux premiers albums, pourtant certains pensent que vous n'êtes qu'un groupe à midinette. Qu'avez-vous à leur dire ?

- Rien. Je ne pense pas que je dois rendre des comptes aux journalistes sur ma musique. J'en parlerais plus volontiers avec des vrais musiciens qui comprennent nos intentions.

Vous ne pouvez nier que votre physique avantageux attire plus un public féminin que masculin !

- Et alors ? Notre public est super, d'une énergie dingue, il nous donne beaucoup quand on monte sur scène. J'en ai rien à foutre que ce soit des femmes ou des papis édentés résistant de la guerre du Vietnam !

Vous êtes le guitariste et le chanteur du groupe. Beaucoup de personne vous considère comme le leader …

- Ce n'est pas le cas pourtant, dans The Supernovas, la place de chacun est essentielle, sans eux je ne serais rien.

Pouvez-vous nous parler un peu de votre processus créatif ?

- Un peu ? Ça va être dur, sourit-il. Je dirais que tout part d'une inspiration, une envie de n'importe lequel d'entre nous, puis on en discute ensemble. C'est là que ça devient coton, on s'fout sur la gueule à propos des arrangements, de la partie vocale, de l'arrangement des phrases musicales ou de la structure du morceau. Heureusement que Jewelry est là sinon j'aurais déjà tué Kidd et réciproquement ! Je tiens à préciser que, même si l'envie est forte, je ne l'ai jamais frappé !

Roronoa Zoro vous accompagne sur scène en tant que deuxième guitariste ainsi que certain de vos morceaux studio, pourtant il ne fait pas parti officiellement du groupe. Est-ce un choix de sa part ?

- Zoro est élément important du groupe et j'ai beaucoup de respect pour lui en tant que guitariste, mais je crois qu'il n'a pas envie d'être associé publiquement à nous. Il a toujours été un homme de l'ombre, être le centre de l'attention ce n'est pas son truc.

Le groupe semble traverser une période difficile en ce moment, plusieurs rumeurs courent à votre sujet, plus précisément sur votre couple avec Jewelry qui semblait très solide depuis de longues années. Que se passe-t-il ?

- Voila le sujet qui fâche, soupira Ace.

- Les auditeurs sont là pour ça, tout le monde connait l'histoire du groupe.

- … Pas moi.

- Sérieux, il ne t'a pas raconté tout ça ? s'étonna Jewelry.

- Non !

- Vous n'êtes pas croyable tous les deux !

- Vous savez on se voit presque vingt-quatre heures sur vingt-quatre alors on a besoin de faire des choses de notre côté, pour encore avoir des sujets de discussion.

Pouvez-vous nous parler de ce jeune homme qui vous suit depuis quelques mois ? Selon les photographes, vous êtes plutôt proches …

« C'est mon petit-ami et je l'aime » il attendait tellement que ces mots sortent de sa bouche. Jewelry se tendit aussi à ses côtés, la rose attendait le feu vert de son petit-ami imaginaire, un signal pour qu'elle aussi puisse enfin tourner la page et avancer, maintenant qu'elle avait trouvé quelqu'un qui comptait. Quelqu'un qu'elle pouvait aimer pour de vrai.

Les deux étaient tendus comme des arcs sur le canapé et Trafalgar avait décidé de les faire souffrir en prenant bien son temps pour répondre à la question. Jewelry et Ace restaient suspendu à ses lèvres, interdis.

L'émission s'arrêta et laissa à la pub.

Ace soupira bruyamment pour relâcher la pression et Jewelry fit de même en fourrant une quantité impressionnante de chips dans sa bouche.

- Encore la pub ! s'écria Ace.

- Ils veulent faire monter la mayonnaise, ils savent que ça rapporter gros ! Tu vaux cher, gamin !

- Très drôle … Qu'est-ce qu'il va dire, à ton avis ?

- Aucune idée, vraiment. J'aimerais qu'il sorte du placard, parce que ça le ronge et en même temps, je ne sais pas s'il le fera devant l'Amérique entière ...Il ne t'a vraiment rien dit sur le début du groupe et notre faux couple ? s'exclama-t-elle, indignée.

- Non …

- Ok, alors j'vais le faire sa place !

..

La Jewelry âgée de seize ans n'était pas beaucoup différente, mes tenue étaient simplement plus osée et mon langage plus châtié. Je vivais dans un quartier populaire d'Aurora et mon voisin d'en face s'appelait Eustass Kidd. On se côtoyait depuis l'école maternelle, malgré que mes parents ne l'appréciaient pas vraiment, je voyais en lui mon alter-ego, le seul ami qui me comprenait vraiment. On passait nos journées à échanger des CD et des magazines au lieu d'aller au cours. Kidd jouait de la batterie depuis qu'il était assez grand pour s'asseoir sur le tabouret et c'est lui qui me poussa dans cette voix, j'ai testé la vieille basse de mon père dans le grenier et expérimenté pour la première fois le bonheur de produire quelque chose de beau et mélodieux juste avec quatre cordes de métal. Kidd me montra aussi un peu de piano mais je n'aimais pas la rigueur imposée par cet instrument.

Un jour, durant l'été de notre première année au lycée, Kidd m'annonça son départ d'Aurora, il avait réussi à intégrer par miracle un lycée difficile de Chicago. Mais il s'en foutait des cours et du lycée, il allait dans la grande ville pour percer dans la musique, pour trouver quelqu'un qui l'inspirerait, quelqu'un capable de jouer à son niveau et créer quelque chose de solide. Un partenaire, un musicien, un frère pour monter un groupe et enfin faire quelque chose qui le faisait vibrer sur cette terre.

Je me sentis profondément trahi, je voulais suivre son seul ami, je voulais aussi un avenir meilleur et même si je n'étais pas aussi bonne musicienne que Kidd, je croyais à mes chances. Malheureusement, mes parents m'interdirent de quitter Aurora et le lycée pour une vie de bohème à Chicago. Kidd ne rentrait que pendant les vacances pour faire croire à sa famille qu'il allait au lycée, mais il me racontait les soirées, les gens incroyables, le bouillonnement perpétuel qui agitait Chicago. Des gens tous plus dingues les uns que les autres, plus inspirants, le genre de personne qui ne disait jamais de banalité et qui voulait tout avoir et même temps.

Et puis un jour, durant les vacances d'automne de la dernière année de lycée, il me parla d'un mec qu'il avait rencontré dans un bar étudiant. Le bougre étudiait la médecine et jouait de la guitare dans un groupe minable. Quand Kidd m'expliqua sa façon de jouer, les émotions qu'il avait ressentis la première fois, je ne pus qu'être fasciné par ce mystérieux inconnu qui selon les mots de Kidd : il jouait de la guitare mieux que personne. Pour lui, c'était lui le guitariste de ce groupe qu'il voulait plus que tout, seul lui avait les épaules et le talent pour les mener toujours plus haut. Et en prime, toujours selon Kidd, il n'était pas dégueulasse à voir.

J'ai passé mes journées sans Kidd à me perfectionner à la basse, dans l'espoir qu'il me demande d'intégrer son groupe. Et dès qu'il revenait à Aurora il ne me parlait que de ce Trafalgar Law et de sa guitare envoûtante, presque mystique. Il disait qu'il n'avait jamais entendu de tels sons sortir de cet instrument, il disait aussi qu'ils s'engueulaient tout le temps parce que tous les deux avaient des caractères de merde. Parfois ils restaient plusieurs semaines sans s'adresser la parole à cause de leur fierté.

Puis le lycée se termina, j'ai pas eu mes diplômes à cause de mes absences et de mes rêveries. J'ai dit à mes parents, infiniment déçus, que je partais à Chicago pour trouver du travail et qu'ils seraient fiers de moi. J'ai donc rejoint Kidd dans la grande ville et celui-là ne tarda pas à me présenter le fameux Trafalgar Law. Quand je suis entrée dans le garage miteux qui leur servait de studio de répétition, je pris un coup au cœur. On ne voyait que lui, son charisme attirait tous les regards, toutes les attentions. Il avait toujours ce calme et cette nonchalance ainsi qu'un reste d'accent britannique. Il était si beau, le monde brûlait dans ses prunelles grises.

Kidd lui dit que je jouais de la basse et il dévoila pour la première fois son petit sourire en coin. On commença donc un bœuf, comme ça sans aucune préparation. J'étais un peu stressée et je ne pu même pas jouer. Je n'arrivai pas à détacher mon attention du jeu de guitare de Trafalgar, rien n'était comparable à ceux qu'il faisait, il ne copiait personne. Il avait son propre style, un style moderne, presque futuriste. Kidd avait un sourire jusqu'aux oreilles derrière sa batterie, sûrement que mon air idiot l'a fait marrer. J'ai réussi à joueur la deuxième fois, il y avait une bonne alchimie entre nous, la brutalité de la batterie de Kidd, la virtuosité de Trafalgar et ma basse, plus discrète et simple qui imposait une vraie structure, une ligne de conduite à nos morceaux, empêchant les autres de s'emballer avec leur instrument.

Le groupe était né, Trafalgar avait immédiatement parlé du nom The Supernovas. Une explosion d'étoile, quelque chose de grandiloquent qui ne laisserai personne indifférent, l'explosion de trois instruments pour créer une musique fiévreuse et pleine d'énergie. On était tous d'accord, il ne manquait plus qu'à nous produire sur scène.

On a fait la tournée des bars les plus miteux de Chicago, des fois devant trois personnes avec nos cinq chansons. Mais tous les soirs Trafalgar se donnait à fond pour le groupe, c'est un vrai show-man. Plus le temps passait, plus je le trouvais incroyable, il était inspirant, toujours une idée en tête – une bonne idée. Il nous tirait vers le haut, Kidd et moi.

Au début, avant qu'on perce vraiment, Trafalgar continuait ses études en parallèle, jusqu'à qu'un producteur nous repère. On sortit alors un EP qui fut un échec total, même pas vingt milles copies écoulées, notre producteur se dit alors qu'on avait un problème de communication. On était jeune, beau et talentueux mais notre image était trop lisse, alors il eut l'idée de nous mettre en couple. J'étais aux anges, parce que j'allais passé tout mon temps Traf, rendre jalouse des dizaines de filles. Je ne savais pas encore qu'il était gay, Kidd le savait mais il ne dit rien, son rêve de musique était si proche.

Alors on commença à « sortir » ensemble, on faisait des soirées arrosées, on s'embrassait comme des fous sous le regard des photographes tout en donnant des concerts à droite et à gauche. C'est comme ça que les gens ont commencé à s'intéresser à notre musique et je pense qu'ils furent surpris qu'elle soit aussi bonne. J'étais vraiment heureuse à cet époque, même si c'était pour de faux, je passai quand même mes journées avec Trafalgar, j'étais complètement en admiration devant lui, comme une groupie.

Puis on entra en studio pour la première fois, je me rappelle que la première semaine on avait carrément dormit dedans tant on était content. Law et Kidd se disputaient sur tout et n'importe quoi mais pour donner le meilleur, améliorer les morceaux, les peaufiner pour que chaque notes, chaque rythme soit parfaitement à sa place. Trafalgar avait vraiment un don pour la composition – musique et parole, ses mélodies étaient toujours comme de la dentelle fine, pleine de grâce et ses paroles souvent lourdes de double-sens. Kidd lui apportait son incroyable énergie qui mettait en relief les compositions parfois un peu plates de Trafalgar et moi j'agissais comme un tampon entre ses deux caractères forts et sauvages. On a mis un mois à boucler l'album, le perfectionnisme de Trafalgar acheva deux ingénieurs du son ainsi que toute notre énergie. On se sépara alors un peu, mais je devais rester avec lui comme on était censé être en couple. Les vacances que j'ai passé avec lui en Angleterre restent encore un très bon souvenirs.

Notre premier album cartonna, on était aux anges mais quelque chose clochait.

- T'étais amoureuse de lui ? demanda Ace.

- … oui. A l'époque, je faisais tout mon possible pour qu'il tombe amoureux de moi. Je l'aimais de tout mon cœur, de tout mon corps.

- Vous avez … couché ensemble ?

- Une fois, c'est là que j'ai compris qu'il n'aimait pas les femmes.

Ace fit les gros yeux, jamais il n'aurait pensé qu'il avait plus qu'un mensonge et des bisous maladroits entre eux. Mais Jewelry avait la voix basse et fragile, elle ne mentait pas, elle l'avait vraiment aimé, l'espace d'un instant.

- Peu de temps après, j'ai remarqué qu'il ne regardait jamais. Alors j'ai commencé à sortir à droite et à gauche pour trouver l'attention qu'il ne voulait pas me donner, ça a failli tout faire foirer ! Notre groupe est fragile, il repose sur un mensonge.

- Mais les gens vous aiment pour votre musique aussi.

- Certes, mais si Trafalgar avoue la vérité ce soir, on s'en relèvera pas. Je sais que c'est dur à entendre pour toi, mais s'il ne dit rien, c'est autant pour toi que pour le groupe.

- Je ne pige pas ! Pourquoi vous ne voulez pas dire la vérité ! Je suis sûr que vos fans comprendront, vous serez toujours aussi populaire !

- Ce n'est pas à cause des fans, Ace. Si Traf parle, les liens fragiles qui nous unis se dénoueront à jamais. Et les liens entre vous deux aussi.

- Mais pourquoi !? On peut surmonter tout ça !

- Les photographes devant chez toi, les gens qui te dévisagent dans la rue, ce n'est que le début. Bientôt tu recevras du courrier d'inconnus gentils ou particulièrement virulents, peut-être même des coups de téléphone ! Tes amis se détourneront de toi parce que tu auras changé, alors que ce ne sont qu'eux les jaloux. Tous ceux qui te parleront le feront seulement par intérêt ou cupidité. Tu ne feras confiance à personne, tu seras constamment sur les nerfs !

- Mais, Traf sera entièrement à moi !

- Il l'est déjà, Ace ! Ouvre les yeux ! Crois-moi, il vaut mieux qu'il ne dise rien. Le secret de notre couple est qu'il est justement bidon ! S'il m'aimait vraiment, jamais il n'aurait laissé les journalistes dire des conneries sur nous ! Et c'est ce qu'il fait pour toi. Il n'a jamais fait d'interview pour démentir une information sur notre relation, justement on construisait notre histoire autour de ça.

- Pourquoi ce n'est pas lui qui me dit ça !

- Notre histoire bidon, c'est un gilet pare-balle pour chacun d'entre nous. Je sais que tu voudrais l'entendre dire à tout le monde que vous êtes ensemble, mais on n'est pas dans une cours de récré, on est des personnages publics et tous nos gestes, toutes nos paroles ont des conséquences. Traf en est infiniment conscient.

- Ça veut dire qu'il ne dira rien … ? murmura Ace.

- Ce silence est plus grande preuve d'amour qu'il puisse te donner.

Trafalgar réapparut sur l'écran en souriant alors que le public l'applaudissait. Ace stoppa son flot de pensée pour se concentrer sur l'émission, il allait enfin prononcer son nom. Il appréhendait seulement les mots qui l'accompagneraient.

Nous sommes de retour avec Trafalgar Law, chanteur et guitariste principal du groupe The Supernovas. Avant la coupure nous parlions de votre actualité la plus brûlante et notamment un jeune homme qui semble être proche du groupe depuis quelques mois. Pouvez-vous nous en dire plus ?

- Ce n'est pas un mystère, il s'agit de Portgas D. Ace, il a vingt-et-un ans et c'est un jeune artiste plein de talent. Il est graphiste et travaille en ce-moment même sur notre prochaine pochette.

Vingt-et-un ans, il est à peine majeur …

- Je ne pense pas que le talent soit une question d'âge Bill, plutôt de maturité. Sinon je ne serais sûrement pas là !

Très bien, ce jeune homme ne travaille que pour vous, ni plus ni moins. Néanmoins, je pense me faire le porte-parole de tous vos fans, en voulant comprendre ce cliché qui est sorti juste avant Noël, c'est bien Portgas D. Ace qu'on voit ici ?

- Effectivement, c'est bien lui. Nous étions dans ma voiture …

Le cœur d'Ace battait à tout rompre, ses mains serraient ferment son t-shirt, il attendait ça depuis des jours, entendre Trafalgar dire qu'ils étaient ensemble à la face du monde, le hurler à qui avait des oreilles. Parce que c'était ça qu'on ressentait quand l'amour pointait le bout de son nez ? Le besoin vital et irrépressible d'envoyer son bonheur au visage des autres.

Malgré les mots de Jewelry, malgré qu'il comprenait mieux la position délicate du chanteur, que cette décision impacterait tout le groupe et plus encore. Il voulait le voir les envoyer au diable, tous ces curieux qui se faisaient du fric sur son dos, il voulait le voir combattre une foule en folie, graver une montagne, tuer des géants pour lui. Ace voulait juste une preuve de cet amour qui semblait si évident dans la bouche de Jewelry mais qu'il avait terriblement de mal à voir, à comprendre.

Parce que s'il pouvait le garder pour lui, qu'il n'avait pas envie d'en parler à la terre entière, il s'en foutait non ?

Juste une preuve, un mot différent d'un autre. Il ne voulait que ça, l'entendre avec sa voix, sortir de sa bouche, à lui.

- … et on discutait de la pochette et rien d'autre. La personne qui a envoyé cette photo à fait un vulgaire montage pour faire croire à une quelconque histoire entre nous. Nous savons déjà qui c'est et il ne restera pas impuni.

Vous confirmez donc que toutes ses rumeurs de votre homosexualité n'étaient que pures calomnies et que vous êtes toujours avec Jewelry Bonney ?

- Absolument. Il n'y a rien entre Portgas D. Ace et moi. Jewelry et moi sommes toujours un couple solide.

Ace sentit à peine la main réconfortante de Jewelry dans la sienne. Malgré les mots de la rose, le voir nier tout sentiment envers lui et confirmer la solidité de ces liens avec la rose lui faisait atrocement mal.

Son monde venait de s'écrouler autour de lui.

Il avait beau essayer de se convaincre que tout cela ne changerai rien, qu'ils se verront toujours en privé et que ces moments, bien que rare, seront les plus précieux.

Ça faisait terriblement mal.

- Quand tu le verras ne lui fait pas la gueule, il n'est pas si fort que tu crois.


Moi aussi, j'vous aime ... A la prochaine !