Hellooo tout le monde ! Je voulais vous dire un grand merci pour votre présence, surtout au chapitre précédent, vous avez défoncé tout mes stats et ça me fait trop plaisir ! Thank you, thank you ! Merci pour vos reviews aussi, on est bientôt à 100, c'est complètement dingue !
Je suis en train de réfléchir si je vais un petit quelque chose pour la personne qui laissera la 100è, alors surveillez vos MP ;)
Le chapitre d'aujourd'hui est sûrement est de mes préférés. J'avais tellement hâte que vous le lisiez et le voilà en ligne ! J'ai mis quelques musiques sur mon profil si ça vous intéresse et celles de ce chapitre y seront aussi.
Le prochain chapitre paraîtra le 14 février ! Le jour de la Saint-Valentin, ce sera aussi le chapitre du retour du groupe! Alors big love ou grosse dispute ? ... Suspens !
Mi-Février, deux mois.
Ace avait traversé tellement d'émotion qu'il se sentait vide et mou comme un gant de toilette.
Au lycée, chez lui, au restaurant, même devant une feuille blanche et un crayon entre les doigts, il ne savait pas quoi faire de sa vieille carcasse.
Faire des croix sur le calendrier jusqu'au retour de groupe le remplissait d'espoir et de désespoir en même temps, le vingt-huit Mars lui paraissait tellement loin et en même temps ces croix rouges le rapprochaient tous les jours un peu plus de cette date.
Il faisait moche et froid, le soleil avait disparu depuis des semaines – même lui semblait ennuyé par sa besogne. Ace ouvrit sa boîte aux lettres avant de monter les escaliers, il regarda rapidement le courrier - le gouvernement en voulait à son porte-monnaie : facture d'eau, d'électricité, taxe d'habitation, redevance télé, tout cela d'un coup. Au moins certains s'ennuyaient moins que lui.
Il ouvrit son relevé bancaire dans la foulé, histoire de voir le trou abyssal de son compte. A peine plus de 150 $ pour finir le mois, ça risquait d'être juste. Il soupira en poussant la porte de son appartement, en ce-moment il n'y avait que dormir qui le rendait heureux. Il retira ses chaussures et posa le courrier sur la table du salon quand quelque chose attira son attention, une odeur particulière, si âpre et forte qu'elle le fit tousser.
- Lu' ? T'es là ? lança-t-il en se dirigeant vers la cuisine.
Son petit frère déboula devant la porte, lui interdisant l'accès. Il avait les cheveux en pétard et un peu brûlé sur le devant, de la farine partout sur le visage et surtout les yeux pleins d'inquiétude.
- Qu'est-ce que tu fabriques là-dedans ?
- Euh … un gâteau, pour toi.
- Toi, Monkey D. Luffy, tu fais de la pâtisserie ? Ton superpouvoir c'est de les bouffer les gâteaux, pas de les cuisiner !
- J'ai voulu tester, murmura-t-il.
- Ca ne sent pas le brûler ?
- Peut-être un peu …
- Pousse-toi de là !
Ace entra dans sa cuisine et écarquilla les yeux quand il vit des flammes danser sur les restes du gâteau de Luffy, à l'intérieur du four entrouvert. Il se précipita pour fermer la porte en voyant que les flammes commençaient à lécher le bois de l'étagère juste à côté
- Mais t'es dingue ! Comment t'as fait pour foutre le feu DANS le four !
- Si j'avais su qu'il fallait juste le fermer pour arrêter le carnage …
Ace fronça les sourcils et ouvrit en grand la fenêtre pour que le vent froid dissipe l'épaisse fumée qui virevoltait dans la cuisine. Luffy se tenait devant lui avec son grand sourire plein d'excuse, Ace grommela entre ses dents et ouvrit la porte du four pour sortir l'épaisse pâte carbonisé que son frère avait tenté de cuir. Il le posa rapidement sur la table et inspecta la chose : une grosse croute noire et friable comme de la cendre, en dessous le reste du gâteau pas du tout cuit.
- C'était quoi à la base ?
- Un cheesecake aux Oréo …
- Bah maintenant, c'est un cheesecake inversé, les Oréo au-dessus et le fromage blanc dessous.
Luffy rigola à la blague de son frère mais celui-ci le fit rapidement taire avec en braquant ses yeux intransigeant sur lui.
- J'espère pour toi que le four n'a pas rendu l'âme !
- Si c'est le cas, il mériterait le paradis.
- Et toi, l'enfer !
Ace tourna les boutons du four dans tous les sens, espérant le voir réagir mais même l'horloge semblait hors-service. Il sentait l'angoisse de Luffy monter d'un cran. Les flammes avaient surchauffé la partie électronique, faisait fondre les composants, résultats le four était bel et bien mort.
- Ca à brûler combien de temps ?
- Euh … je sais pas trop, j'étais un peu paniqué, balbutia Luffy.
- Une estimation ?
- Cinq à dix minutes …
- Quoi ! Tu plaisantes, j'espère ! Et t'es resté planté là tout ce temps ?
- J'ai essayé d'éteindre avec de l'eau mais ça a fait encore plus de fumée…
- T'as vraiment rien dans l'crâne par moment, soupira Ace. Tu crois vraiment qu'on a les moyens de se racheter un four !?
- … Il est mort ?
- Oui, Lu', il est mort ! Juste bon pour la décharge !
- Oups ?
- … J'te jure, si t'étais pas aussi mignon, j't'aurais déjà mis à la porte !
- Mais, j'suis ton frère ! s'indigna Luffy.
- T'as intérêt à me trouver une excuse en béton pour le SAV ! Après les factures, le four, le monde veut ma peau ?
- Tu pourrais demander à Traf –
- NON ! Ne prononce pas ce nom où je te fais dormir sur le balcon pendant trois jours, compris !
- Mais !
Ace posa ses yeux sur son petit frère qui faisait une moue désolé en gonflant ses joues. Il soupira, il savait toujours comment l'avoir :
- C'est pas grave, je verrais ça demain, pour l'instant, va te laver avant que les flics ne viennent t'arrêter !
- Quoi ? Pourquoi ils feraient ça ? Le meurtre de four est passible d'emprisonnement ? J'veux pas aller en prison, j'tiendrais pas le coup ! J'ai rien à vendre et puis j'aime les filles !
- Lu' calme-toi ! J'ai dit ça parce que tu es couvert de farine.
- Oh …. Et ?
- C'est une blague …
- Ah d'accord ! Elle est bien bonne ! rigola Luffy.
- T'as pas compris ?
- Non.
- Tant pis, va à la douche maintenant, j'en peux plus de toi !
Son téléphone vibra dans sa poche, c'était sûrement le blond.
Marco. Celui-là profitait de l'absence de Trafalgar pour encore tenter sa chance avec Ace, il lui envoyait des messages toutes les heures. Mais son ex avait raison sur un point, une chose qu'Ace ne pouvait qu'avouer même si ça lui ripait la gorge : Trafalgar l'avait bel et bien abandonné pour partir en tournée.
« T'as besoin de te changer les idées, si on sortait ce soir ? »
Ace rigola presque, l'audace de son ex était sans limite, comment pouvait ne serait-ce même penser qu'Ace aller répondre favorablement.
Crève, connard.
Il envoya le message sans aucune gêne, Marco ne voulait pas comprendre, il faisait la sourde oreille, il était obligé d'utiliser des mots pareils.
« Au Sidetrack, si tu changes d'avis. Je n'irais pas sans toi. »
Ace éteignit son portable. Il regarda l'heure, vingt-et-une heure, la soirée sera encore longue, comme d'habitude rien à la télé, Luffy venait de claquer la porte après sa douche pour sa soirée pyjama et jeux-vidéos chez Usopp.
Il regarda sa tenue, t-shirt et jeans noir, convenable.
Pourquoi au juste restait-il là, seul dans son appartement, attendant un mec qui pourrait être bien mort qu'il ne le saurait même pas ? Un mec qui semblait pouvoir se passer de lui si facilement pendant trois mois.
Il se leva d'un bond et enfila son manteau. Il ferma la porte à clé derrière lui, il ne dira rien à Marco, il pourrait aller se changer tranquillement les idées autour d'un mojito au Sidetrack.
Il grimpa dans sa vieille voiture brinquebalante et roula jusqu'au centre-ville. Avec Marco, il fréquentait souvent ce genre d'endroit quand ils étaient indissociables, au point que le couple acquit une certaine notoriété dans le petit monde des clubs gay de Chicago, au point qu'Ace loupait tous ses cours du matin, bien avant que l'absentéisme soit son sport favori. Il sortait et dépensait un argent qu'il ne possédait pas sans être majeur.
Puis Marco l'avait enfermé peu à peu dans sa prison dorée, avant qu'il ne la transforme en enfer.
Il se gara dans une rue adjacente, plus du tout convaincue que son idée était bonne. Il avait, comme toujours, autant de personne sur le trottoir qu'à l'intérieur. Ace joua des coudes pour rentrer, maintenant qu'il était là, il n'allait pas faire demi-tour, il voulait juste prendre un verre, écouter autre chose que The Supernovas et peut-être faire un brin de causette avec un barman compréhensif.
Il s'assit sur un tabouret libre devant le bar, un homme s'approcha de lui pour prendre sa commande :
- Qu'est-ce que j'te sers, mon chou ?
- Un mojito, cria Ace pour que sa voix dépasse la musique.
Le serveur hocha la tête et prépara son verre juste devant lui. Il le lui tendit avec un grand sourire :
- Qu'est-ce qui te tracasse ? demanda-t-il.
- Oh, pleins de choses, éluda Ace.
- Cette chose n'aurait pas un cul d'enfer ?
- … Si.
- Oublie-le, va. Si tu collais un sourire sur ton visage, la moitié des mecs d'ici ramperait à tes pieds.
- Peut-être bien, marmonna Ace.
- Il n'est pas du genre facile à oublier, hein ? Continua le serveur.
- Pas vraiment, non. Il est plutôt du genre à hanter mon esprit.
- En tout cas, si t'étais mon mec, jamais j't'aurais laissé venir ici seul, crois-moi !
- Merci.
- De rien, mon chou, profite un peu, les problèmes on les laisse à la porte ici. Je fermerai les yeux quand t'embrassera quelqu'un.
Le serveur s'éloigna en réajustant le col de sa chemise impeccablement repassée. Ace prit son verre et se tourna vers la foule. Le club était toujours bondé en fin de semaine, les hommes et les femmes discutaient joyeusement en se draguant gentiment, sans tabous, ni préjugés. La musique et la chaleur ambiante rapprochaient les corps, certains s'embrassaient à pleine bouche, d'autres dansaient collés-serrés en espérant ne pas terminer la nuit seul.
Ace avait arrêté de compter le nombre de nuit qu'il passait dans le froid et la solitude. Il soupira en prenant une bonne gorgée de son mojito, après cela il rentra tranquillement chez lui.
Il se laissa un peu entraîner par la musique, son verre d'alcool commençait à faire effet, il en oubliait le silence. Son regard se perdit un peu dans la foule quand il croisa celui clair d'un inconnu en face de lui.
L'inconnu lui sourit, il en fit de même, un peu gêné d'être pris en flagrant délit de matage. Il se concentra sur son verre et prit une gorgée comme si de rien n'était, puis il reposa ses yeux sur l'inconnu qui le regardait toujours. Ses yeux étaient d'un bleu froid, presque gris.
Il s'approcha sûrement enorgueilli par cet échange. Ace finit son verre cul-sec, bien décidé d'oublier ses tourments.
- Salut, fit l'inconnu.
- Bonsoir.
- Ton verre est vide, tu veux que j'm'en occupe.
- Volontiers.
Il sourit d'une façon tout à fait charmante et lui prit son verre. Il était à peine plus grand que lui, la peau bien bronzée malgré l'hiver et les cheveux sombre dans tous les sens. Ace s'adossa contre le bar et observa son nouvel ami, il était plutôt beau gosse mais il lui manquait ce petit quelque chose, pour le rendre exceptionnel. Il revint avec deux mojitos :
- Tu traînes souvent dans le coin ? demanda-t-il.
- Pas vraiment … ça fait longtemps que je n'étais pas venu, répondit Ace.
- Hum, j'peux juste te demander ton âge ?
- Vingt-et-un, t'en fais pas.
- Ok, ouf, parce que t'es carrément mon genre … désolé d'être aussi direct.
- Y'a pas de mal, mais, en fait j'ai déjà quelqu'un.
- Vraiment, il est dans l'coin ?
- Non, il est à l'autre bout du monde.
- Oh … si tu veux mon avis, il est vraiment inconscient de te laisser seul dans c'bar.
Ace lui sourit et but son verre. Trafalgar s'amusait à l'autre bout du monde, alors il était bien décidé à faire la même chose ici. L'inconnu semblait attendre un signe de sa part, Ace termina rapidement son verre et le posa sur le comptoir :
- Tu danses ? demanda-t-il.
Les yeux de son inconnu pétillèrent instantanément. Ace ne voulait rien savoir de lui, ni son nom, ni son adresse ou sa profession, il voulait juste qu'il lui fasse oublier pour une heure ou deux son cœur qui se mourrait dans le froid dans l'hiver.
La musique était plutôt bonne, apparemment la soirée était consacrée aux années 90 et 2000. Les deux jeunes hommes dansaient l'un en face de l'autre en échangeant quelques regards complices. Le DJ changea alors de disque, pour une chanteuse qu'Ace connaissait par cœur – Britney Spears.
I'm a slave 4 U.
Ace se rapprocha alors de son inconnu, galvanisé par la voix délibérément outrageuse de Britney. Son cerveau baigné d'alcool oublia un peu l'autre homme qui était intimement lié à la blonde. Son inconnu se rapprocha aussi et maintenant ils dansaient hanches contre hanches au rythme des percussions.
Il voulait juste oublié sa solitude au milieu de ses corps bouillants.
- C'est quoi ton nom ? Chuchota-t-il dans son oreille.
- Ace.
- Tu veux pas savoir le mien ?
- Beau brun aux yeux clairs me convient parfaitement.
Les mains du beau brun aux yeux clairs se perdaient sur son torse, froissant son t-shirt. Ace ferma un peu les yeux, l'alcool l'avait mis en orbite et il n'arrivait pas à réprimer la vague de plaisir qu'il ressentait en ce-moment. Ace se déhancha encore plus et mis ses mains sur les fesses de son inconnu qui embrassait son cou, lui aussi échaudé par le comportement d'Ace.
Il faisait incroyablement chaud dans le club, les lumières peinaient à éclairer tous les visages, la musique contrôlait chaque mouvement indécent d'Ace, il n'aurait jamais pensé faire ce genre de chose avec un mec qu'il connaissait que depuis cinq minutes.
La musique s'arrêta et Ace s'écarta subitement gêné par son comportement mais le beau brun aux yeux clairs le tira vers lui pour l'embrasser à pleine bouche. Ace ne répondit pas et le repoussa violemment, l'inconnu le regardait avec incompréhension :
- Pourquoi tu m'chauffes comme ça ?
- J'en sais rien …
- Viens, t'as besoin d'un coup de pouce pour te libérer complètement.
Il lui prit la main et ils se faufilèrent entre la foule pour atteindre les toilettes. Il n'y avait pas grand monde et le beau brun aux yeux clairs l'emmena dans un cabinet vide. La tête d'Ace tournait dans tous les sens. L'homme sortit un petit sachet de la poche de son jeans :
- Attends, fit Ace. J'touche pas ça, moi !
- T'inquiète, elle n'est pas coupée avec des trucs chelou. C'est d'la bonne, comme on dit !
Il sortit un joint déjà tout prêt de son sachet transparent et l'alluma. Il aspira une bonne dose de fumée et ferma les yeux pour en apprécier les effets, puis il le tendit à Ace. Il avait déjà fumé des cigarettes légales mais jamais d'illégales. Le beau brun aux yeux clairs sourit et posa le joint au bout de ses lèvres :
- J'vais t'aider.
Il aspira à nouveau la fumée mais la garda en bouche puis plaqua ses lèvres sur celles d'Ace, la fumée s'infiltra dans sa bouche en même temps que sa langue. Ace sentit la substance toxique irriter sa trachée et ses bronches mais la langue du bel inconnu empêchait toute protestation, il embrassait vraiment bien.
- Tu te sens comment ? demanda-t-il.
- Bien, un peu embrouillé, balbutia Ace.
- C'est normal, sourit-il. Il t'en faut un peu plus pour planer haut.
L'inconnu recommença son manège jusqu'au filtre de son joint. Au fur et à mesure, Ace ne savait plus s'il préférait la douce sensation de la marijuana dans sa bouche ou la langue particulièrement douée du beau brun aux yeux clairs. Ace était complètement désinhibé, il baladait ses mains partout sur son inconnu en l'embrassant comme un dingue.
- Viens, on retourne danser.
Ace se laissa encore une fois traîner au milieu du dancefloor. Son inconnu l'abandonna un instant et revint avec un shooter :
- C'est quoi ? cria Ace.
- La ferme et bois !
Son bon sens s'était envolé depuis longtemps alors il haussa les épaules et bus son petit verre cul-sec avec un grand sourire. Quelque seconde furent nécessaire pour qu'il retourne à la réalité, il avait l'impression de s'être dédoublé, que son esprit venait de quitter son corps, le rendant incontrôlable. Le beau brun sourit et se colla à lui pour profiter de la musique, il parsemait son cou de baiser papillons. Ace se laissa faire, plus vraiment avec lui, rêvant d'un autre.
Il ne savait plus l'heure ou le jour, ni comment il s'était retrouvé à danser torse-nu sur le comptoir du bar avec son brun dans les bras. On lui avait tendu un micro qu'il avait accepté avec un grand sourire et maintenant il braillait les paroles de sa voix déglinguée :
Show me how you want me to be
Tell me Baby
'Cause I need to know now, because …
My loneliness is killing me !
I must confess I still believe
Still believe ...
When I'm not with you I loose my mind
Give me a sign
Hit me baby one more time
Toute la communauté homosexuel de Chicago l'écoutait chanter comme une casserole, certain avait même sortis des briquets pour l'encourager, quand il eut terminé, son inconnu l'embrassa à pleine bouche. Ace rigolait et voulu descendre de son perchoir, malheureusement tout son corps tremblait à cause de la quantité astronomique d'alcool qu'il avait ingérer. Il ne voyait plus sa propre personne clairement et son pied manqua pitoyablement le tabouret et il s'écroula comme une pauvre loque au milieu de ses fans d'un jour.
Le beau brun aux yeux clairs le releva en rigolant, dans le même état que lui. Il s'agrippa à ses épaules fines mais solides et l'embrassa comme un sauvage, sans plus de cérémonie. Le beau brun aux yeux clairs ne se fit pas prier pour lui répondre avec autant de ferveur, bien décidé à terminer la soirée en sa compagnie.
Les deux amants d'une soirée se pavanèrent jusqu'au milieu de la piste où le DJ avait repris les rênes de la soirée et alors que l'inconnu prit la main d'Ace pour l'inviter à danser, celui-ci se figea.
Malgré qu'il fût aussi sobre qu'un biscuit imbibé de rhum, il remarqua immédiatement la personne qui se tenait sévèrement devant lui. Il prit appui sur l'inconnu ainsi qu'une grande inspiration pour paraître le plus normal du monde.
- Ace, qu'est-ce que tu fais là, demanda-t-il.
- Bah … J'm'éclate, balbutia-t-il. J'te présente beau yeux aux bruns clairs … non. Beau clair aux yeux brun … C'est quoi ton nom déjà ?
- Beau brun aux yeux clairs.
- Ramène-toi, t'es dans un état pas possible.
Ace se laissa traîner en faisant des gestes stupides à son inconnu, celui-là n'appréciant pas de se faire voler sa proie, s'interposa :
- Minute, Ace est avec moi ! T'es qui pour l'embarquer comme ça ?
- Bouge de là, répondit-il.
- Héééééééé, cria Ace. Vous battez pas ! De tout façon … Marco est trop fort, j'le sais parce qu'il m'en mit des tannés !
- Attends, c'est vrai ? S'étonna l'inconnu.
- Il divague simplement ! C'est toi qui l'a drogué d'la sorte ?
- C'était juste un petit joint, ok !
Marco le poussa en arrière puis passa devant lui, le bras d'Ace fermement dans sa main. Il le traîna jusqu'à l'extérieur :
- Wahou … C'est l'hiver maintenant ! s'exclama-t-il.
- T'es venu comment ?
- En voiture … Mon pur-sang noir n'était pas là …
Marco fit un tour sur lui-même et aperçu la vieille voiture d'Ace dans une rue à côté. Il farfouilla dans ses poches pour trouver les clés :
- Hey, me touche pas, sale anananas !
- La ferme, Ace.
Il déverrouilla la voiture et installa Ace côté passager, celui-ci tenait à peine assis sur son siège. Marco se mit derrière le volant et conduisit jusqu'à son appartement.
- Pourquoi t'es allé là-bas sans moi ?
- Parce que j'veux plus voir ta tête de psychopathe ! T'es pas un mec bien Marco, grommela-t-il.
- On est sorti ensemble pendant un an, j'te rappelle.
- … Bah, t'étais cool avant, maintenant tu crains.
Marco soupira et sortit de la voiture. Il aida Ace à en faire de même et ils traversèrent le parking avec une vitesse proche de celle d'un vieux en déambulateur :
- Ramène-moi chez moi, espèce de kidnappeur ! A L'AIDE ! ON ME CAPTURE !
Marco lui mit la main devant la bouche pour le faire taire et l'installa sur son canapé :
- Quand il saura ça, il va te faire la tête au carré, peut-être même au triangle ! cria Ace en essayant de se relever.
- Ah ouais, tu vas lui dire quand ? Au téléphone ? J'suis sûr qu'il t'appelle même pas.
- … T'es méchant !
- C'est pas moi le méchant, Ace. Il t'a abandonné, moi je suis venu te chercher alors que t'allais faire une connerie.
- Il est parti …, balbutia-t-il. Il est parti.
- Oui, tu vas mal et il s'en fiche complètement.
Ace sentit son cœur se serrer dans sa poitrine, sa joyeuse euphorie venait de s'envoler à la seconde. Tous ce qu'il avait espéré oublier, lui revenait en pleine face puissance cent milles. Il posa ses yeux humides et aux bords des larmes sur Marco :
- Il m'aime pas ?
- Non … sinon il serait là. Il ne t'a jamais aimé, Ace. Ouvre les yeux, bon sang !
Il s'écroula dans les bras du blond qui ne pouvait réprimer un petit sourire alors qu'il passait ses mains dans le dos d'Ace. Il souleva son menton et le regarda droit dans les yeux :
- Je t'aimerai toujours, tu le sais, murmura Marco.
Ace ne dit rien, se contentant de le regarder, complètement retourné par la situation. Alors Marco profita de sa faiblesse pour l'embrasser, Ace ne se débattit pas. Il se laissa faire alors que le blond l'entraîna dans sa chambre.
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Ace grogna et ouvra les yeux, même la nuit de la chambre était beaucoup trop lumineuse pour sa tête. Il bougea un peu et sentit un boule de bowling aller et venir entre ses oreilles, écrasant tout sur son passage. Il avait l'impression de mâcher du dentifrice tant sa salive était devenue pâteuse, sa gorge brûlait sous la sécheresse. Il avait mal partout, incapable de lever les bras ou de bouger les jambes, un zombie était dans un meilleur état physique que lui.
Il essaya de comprendre où il était puisqu'un immense point d'interrogation remplaçait ses souvenirs de la nuit dernière. Malgré la faible lumière, il connaissait cette endroit, ce n'était pas sa chambre. Il tourna doucement la tête pour ne pas la blesser et vit une touffe blonde dépasser des couvertures.
Il cligna plusieurs fois des yeux, non ce n'était pas un rêve Marco était bien à côté de lui, dans son lit. Il passa sa main dans son visage en soupirant, puis souleva la couette pour sortir de lui.
Ses yeux s'écarquillèrent comme des soucoupes au vue de sa condition – il était nu comme un ver. Il s'interdit toute pensée l'espace d'une seconde puis souleva à nouveau le drap pour observer Marco.
Nu, tout comme lui.
- Putain de merde, murmura-t-il.
Il se prit la tête entre les mains, essayant de se concentrer pour retrouver ses souvenirs, mais tout ce qu'il entendait c'était des tambours assourdissants.
Impossible, improbable, inimaginable.
Il n'avait pas pu faire ça. Comment avait-il pu laisser Marco le toucher une nouvelle fois ? Comment avait-il pu faire ça à Trafalgar, comment lui dire ?
Il se leva difficilement et enfila rapidement ses vêtements qui traînaient un peu partout dans la pièce – ce qui ne le rassura pas du tout. Il traversa à tout allure le couloir, heureusement, le blond laissait toujours les clés de voiture sur le petit meuble de l'entrée.
Il fallait qu'il parte avant que Marco se réveille et qu'il lui confirme tout ça.
Il prit doucement ses clés et ouvrit la porte sans un bruit :
- Tu t'enfuis comme une call-girl, fit une voix derrière lui.
Ace se retourna, le blond se tenait nonchalamment adossé contre le mur, une robe de chambre sur le dos.
- Tu ne veux pas qu'on parle de ce qui s'est passé hier ?
- Non, surtout pas !
Il sourit, narquois, et avança vers Ace qui avait perdu tout réflexe de survie. Maintenant il était juste à côté de lui, ses yeux bleus dans les siens :
- Pourtant, je n'ai que des éloges à te faire, marmonna-t-il.
- On a …
- Oh que oui. Et tu es toujours aussi doué, à mon humble avis.
- … C'est pas possible, tu mens ! Jamais je ne retomberai dans tes bras !
- Et pourtant, c'est le cas. Regarde, tu es seul ici, ton pathétique chanteur t'a laissé derrière lui, comme je te l'avais dit.
- La ferme, tu ne sais pas ce qu'il y a entre nous !
- Je sais que c'est moi qui t'es fait bander hier soir et ça m'suffit.
- LA FERME ! LA FERME !
Ace sortit de l'appartement en trombe, dévala les escaliers et s'engouffra dans sa voiture. Il mit le contact et quitta le parking en trombe.
Impossible, impensable … inexcusable.
Il n'avait pas pu tromper Trafalgar avec Marco ! Pourquoi son stupide cerveau ne pouvait pas s'en rappeler.
L'autoradio se mit en marche :
Where were you when I was burned and broken
While the days slipped by from my window watching
Where were you when I was hurt and helpless
Because the things you say and the things you do surround me
- La ferme David Gilmour ! s'écria-t-il en coupant le son.
Il s'arrêta sur le bas-côté, trop endommagé pour continuer sa route sainement. Son corps battait à tout rompre, il n'avait pas pu faire ça. Malgré tous ses défauts, il était fidèle. L'image du chanteur n'arrêtait pas de lui revenir en tête, comment avait-il pu mettre en péril sa relation avec lui ?
Ace se tapa la tête contre le volant, faisant hurler le klaxon en même temps. Il ne savait pas mentir, au moment où il le reverra sa culpabilité explosera. Cette histoire agira comme une lame de fond, Trafalgar le remarqua puisqu'il remarquait tout. Il devra s'expliquer et le chanteur le laissera tomber comme une vieille merde au bord de la route.
Impossible, impensable … inévitable.
Il restait encore un mois pour digérer tout ça, laisser ses souvenirs monter à la surface, peut-être que Marco le menait encore en bourrique, même s'il avait la sensation que le blond ne mentait pas. Il redémarra sa voiture pour rentrer chez lui. Le chemin était interminable, il se faisait klaxonner dans tous les sens mais s'il dépassait les trente kilomètres heures, il ne voyait qu'une bande floue autour de lui.
Chez lui, il resta sous la douche jusqu'à que l'eau soit glaciale puis se prépara un plat de pâtes pour être sûr de ne pas gerber plus tard. Il était midi, il alluma la télé et tomba sur les infos :
« The Supernovas vient d'annuler leur concert de ce soir à la Halle Tony Garnier de Lyon. Jewelry Bonney a annoncé que le chanteur avait subis un gros coup de fatigue et il n'était pas en mesure d'assurer le show comme ils le voulaient. Le groupe termine actuellement une tournée marathon de trois mois autour du monde. La bassiste du groupe a aussi dit qu'il se reposait et que la date à Paris Bercy était bien évidemment maintenue. Les fans français, bien que déçu se sont vus rembourser leur billet ou échanger contre une autre date. Nous rappelons que The Supernovas sera après-demain à Marseille puis à Paris pour terminer leur tournée en Angleterre, pays d'origine de Trafalgar Law pour trois soirs exceptionnels au Royal Albert Hall »
Super, vraiment super.
