Bonsoir ... Non je ne vous ai pas oublié, non je ne me suis pas trompé dans mes dates ... Internet était juste contre moi, pas de connection dimanche (la faute à Pokémon Go ...) et puis aujourd'hui bah j'ai travaille, toussa toussa.

Donc bon, j'suis là ne vous inquiétez pas ! C'est l'avant-dernier chapitre (sauf épilogue)

Bonne lecture ! Et encore désolé pour ce petit retard, j'espère que ce chapitre vous plaira tout de même !

Le prochain chapitre le 3 août, sans faute !

PS : la chanson du début est de Sigur Ros, All Alright ! Un lien sur mon profil. J'boys conseille un millions de fois ce groupe Icelandais complètement mythique.


« I want him to know

What I have done

I want him to know

It's bad »

Ace avançait dans les allées, le regard fuyant et la tête basse. Tout habillé de noir, son chapeau sur les yeux, une écharpe autour du coup, il espérait faire ses courses rapidement sans provoquer d'émeute. C'est le deuxième supermarché qu'il visite, dans le premier une émeute avait éclaté et les pompiers durent intervenir pour évacuer une jeune fille qui avait fait une syncope. Il arpentait le rayon frais en réfléchissant à ce qu'il pouvait bien faire à manger pour Luffy, son chariot contenait déjà une quantité astronomique de charcuterie et de viande alors il décida de faire l'impasse sur le fromage. Il lui restait plus qu'à acheter un peu de poisson, il prit alors un ticket et fit gentiment la queue.

Il se demanda si Trafalgar faisait la même chose quand il faisait les courses – mettait-il encore les pieds au supermarché ?

La file avança tranquillement et il repéra une belle pièce de saumon ainsi que quelques crevettes grises. Luffy n'aimait pas vraiment le poisson mais Ace essayait de le détourner de la viande, de peur qu'il ne meure d'un cancer prématurément.

- Ace ?

Il se retourna à son nom et tomba nez-à-nez avec un parfait inconnu. Il fronça les yeux, celui qui l'interpellait était plutôt beau gosse, même carrément beau gosse, le sosie parfait de Trafalgar, sans cette petite singularité qui rendait le chanteur hors-catégorie.

- On s'connait ?

- Tu ne te rappelles pas de moi ? En boîte, en mars ! Le beau brun aux yeux clairs !

- Beau brun aux yeux clairs …

- Oui au Side Track ! Jamais j'aurais cru te croiser au rayon produit de la mer d'un supermarché, rigola-t-il.

- Moi non plus, marmonna Ace.

- Alors qu'est-ce que tu deviens ?

- Hm … tu ne regardes pas la télé ?

- Je suis plutôt lecture à vrai dire, sourit-il. Euh … ça te dirais de prendre un café ensemble ? Genre maintenant ?

Ace regarda son panier, il n'avait rien acheté qui craignait réellement les températures de la fin avril. Et puis le beau brun aux yeux clairs savait ce qu'il s'était passé cette nuit-là, au Side Track, alors que pour Ace, c'était toujours le flou total. Il pourrait sûrement l'aider à recouvrer la mémoire.

- Ouais … avec plaisir.

Ses yeux clairs s'illuminèrent et Ace se jura de ne lui laisser aucun espoir. Ils sortirent tous les deux du supermarché et Ace gara son chariot dans l'entrée du petit café de la galerie marchande. L'inconnu semblait très excité de le revoir, visiblement il lui avait tapé dans l'œil :

- Alors quoi de neuf depuis tout ce temps ? Tu fais souvent tes courses dans le coin ?

- Non, c'est la première fois que je viens. J'ai eu … quelques ennuis dans le magasin où je vais d'habitude.

- Tu sais, cette soirée qu'on a passée en boîte, c'était vraiment dingue !

- J'en ai que très peu de souvenir, ajouta Ace sur le ton de l'humour.

- C'est normal, avec ce que je t'ai fait fumer ! Ce cannabis n'était pas de la meilleure qualité.

- Tu m'as fait fumer, répéta Ace.

- Ouais … mais t'inquiète pas, c'était pas méchant et puis t'étais bien alcoolisé aussi !

- Mon Dieu.

- Et ton numéro sur Britney Spears, waouh de la dynamite !

- Britney Spears ?

- Ouais … Baby one more time … J'me suis retenu de ne pas t'baiser dans les chiottes !

Baby one more time.

Baby one more time.

Il entendait encore la voix chaude de Trafalgar lui murmurer ces mots dans le creux de son oreille … Puis il se revoit devant une foule de gens.

Puis il revoit tout, absolument tout.

Le barman compréhensif, ses baiser indécents avec le beau brun aux yeux clairs, le joint dans les toilettes, sa performance.

Et Marco. Surtout Marco.

Il se leva d'un bond sous le regard intrigué de son vis-à-vis :

- Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Merci, milles fois merci ! Tu viens de me sauver la vie !

- Quoi ? Mais attends ne pars pas ! Tu ne veux pas qu'on se revoit ?

- Désolé, mais je dois retrouver mon mec, j'ai quelque chose d'important à lui dire !

Ace disparut et courant derrière son charriot comme un damné. Le beau brun aux yeux bleus soupira, déçu et but une gorgée de café en regardant la télé sans faire attention.

Trafalgar Law, qui a annoncé son homosexualité dans le Night Show de Bill Dickens, subit depuis l'annonce un flot de propos haineux sur les réseaux sociaux. Les associations LGBT et la communauté gay s'insurge …

Il recracha le liquide chaud sur sa chemise en voyant celui qui se tenait à côté de son chanteur préféré.

Ace roulait à toute vitesse en direction de l'appartement de Marco. Avant de révéler son erreur à l'homme qu'il aimait, il voulait mettre un point final à son histoire avec Marco, enfin. Cette fois-ci, le blond ne lui retournera pas le cerveau, il ne se laissera pas avoir par ses belles paroles et ses mensonges.

Il ne s'était absolument rien passé entre Marco et lui, ce fameux soir de mars. Son chantage reposait sur du vent et Ace était absolument hors de lui, parce qu'il s'était fait avoir comme un bleu, parce qu'à cause de sa peur de perdre Trafalgar il était tombé dans un piège éhonté. Le jeune homme était aussi colère pour toutes les années de sa vie gâchées par l'influence du blond.

Rien ne pourrait lui rendre tout ce que Marco lui a pris, mais il ne pouvait pas le laisser impuni. Il devait comprendre la douleur, la peur et les nuits où il ne pouvait pas fermer les yeux.

Il se gara sauvagement devant l'immeuble du blond. Il sortit de la voiture en fixant l'appartement de Marco, peut-être qu'il savait déjà qu'il était là.

Il monta les marches de l'escalier, doucement, comme s'il grimpait une montagne gigantesque. Son esprit ne pensait qu'à Marco, qu'aux mots qui lui dira dans quelques instants et à l'expression de son visage. Son cœur battait à tout rompre, il sentait son sang bouillonner au bout de ses doigts.

Ace toqua de façon brutale, la porte ne tarda pas à s'ouvrir.

- J'apprécie ton sens de l'initiative, dit le blond.

Ace lui balança son poing aussi fort qui le pu dans le nez. Marco en tomba presque à la renverse alors que des glaires ensanglantées se déversaient sur sa bouche et ses joues.

- T'es malade ou quoi ! Tu m'as pété le nez !

- Ça c'est pour m'avoir fait chanter et ça c'est pour toute les autres fois où tu m'as considéré comme ton objet sexuel !

Le jeune homme avait du mal à contenir sa rage et il enchaina les coups de poings jusqu'à que ses bras et ses mains ne tombent de fatigue. Marco se protégeait comme il le pouvait mais il n'avait jamais subi un tel déferlement de haine.

- T'es qu'un fils de pute ! Je sais que tu m'as fait chanter depuis tout ce temps ! Et qu'on n'a pas couché ensemble après le Side Track !

- Oh …

- C'est tout ce que t'as à dire, salopard !

Ace lui saisit le col et la plaqua violemment contre le mur, Marco détournait le regard, incapable de le regarder dans les yeux alors Ace empauma sa mâchoire pour qu'il lui fasse face :

- Tu me pourris la vie depuis le jour où je t'ai rencontré. Pourquoi t'as fait ça, hein ?

Marco resta silencieux, terrorisé par la fureur dans les yeux d'Ace.

- REPONDS !

Ace hurla en lui donnant un deuxième coup de poing qui le fit chuter à terre. Marco fut sonner quelque seconde puis releva la tête alors qu'Ace le surplombait, comme l'ombre de la mort :

- Tu sais ce que ça fait d'être à ma place maintenant. Tu sais ce que j'ai ressenti quand on sortait ensemble. La sensation d'être une sous-merde, cette peur qui te broie l'estomac et qui t'empêche de bouger. POURQUOI TU M'AS FAIT CA ?!

- Parce que je voulais que tout redevienne comme avant.

Le jeune homme resta interdit puis un ricanement saccadé sortit de sa bouche avant de devenir un rire franc et bruyant. Marco essaya de se relever mais Ace l'en empêcha, il se baissa pour se mettre à la hauteur du blond :

- Mais t'es complétement à l'ouest, mon gars. Je ne t'aime pas. Et aucunes de tes combines ne changeront ça !

- J'ai compris ne t'en fais pas … J'espère juste que tu te rends compte que tu es devenu pire que moi.

- Tu plaisantes, j'espère ?! Jamais je n'aurais fait chanter mon mec, jamais je ne l'aurai frappé, je ne lui aurais mentit, je ne l'aurais rabaissé plus bas que terre !

- Il n'y a rien de pire pour un homme de se sentir trompé et trahi. Tu as fait les deux.

Ace le frappa à nouveau, incapable de voir Marco lui renvoyer sa culpabilité à la figure. Il sentait sa rage diminuer, comme à chaque fois qu'ils parlaient, le blond essayait de reprendre le dessus sur lui.

- C'est de TA faute si je l'ai trompé, connard ! C'était pour le protéger !

- Laisse-moi rire … La vidéo était fausse.

- Quoi ?

- C'est un truc que j'ai filmé un soir pendant qu'on était ensemble. Si t'avais mieux regardé, tu l'aurais tout de suite vu …

Ace le frappa une nouvelle fois, puis une autre et encore une autre. Sa colère monta en flèche et il rua de coup le blond qui se protégeait comme il le pouvait, roulé en boule.

- J'vais te buter, connard !

- Arrête de faire l'enfant trop gâté, tu étais bien content de venir me voir.

- T'es un grand malade ! Dis tout de suite que j'étais consentant !

- C'est exactement ce que je suis en train de dire …

Ace recula d'un pas, laissant le blond qui avait le nez ensanglanté et la lèvre fendue se relever. Une sensation qui connaissait bien enveloppa Ace, cette sensation d'impuissance qu'il ressentait quand Marco le dominait totalement :

- Tu restais dans mon lit uniquement pour lui faire autant de mal qu'il t'en a fait.

Voilà, Marco avait à nouveau le dessus, Ace se sentait complètement désemparé devant le blond et ses mots. Il tremblait presque et toute la colère qui l'animait avant se transforma en une peur intense. Son corps fut alors pris de soubresaut, sa salive devint épaisse et indigeste, tombant lourdement au fond de son estomac. Ses cils papillonnaient pour essayer de retirer cette sensation de picotement, mais rien ne pouvait empêcher les larmes de couler à présent. Son cœur se décrocha, le fil amaigri qui le maintenait en équilibre venait de céder. Et l'organe palpitant s'écrasa lamentablement tout au fond de ses entrailles.

- Tu n'étais que là pour le faire souffrir, Ace. Tu t'enfermais dans ton secret, dans ton erreur, la laissant grandir, l'arrosant même.

- TA GUEULE.

Ace hurla, il ne voulait pas se laisser abattre cette fois-ci car s'il ne se battait pas maintenant, il sera toujours sous l'emprise du blond.

- Tout ça pour voir son visage se décomposer quand tu lui annonceras. Pour le voir crier, hurler, agoniser, meurtri comme tu l'as été.

- J'suis pas comme toi, Marco. La souffrance des autres ne fait pas mon bonheur, murmura-t-il.

- Pas celle des autres, uniquement la sienne. C'est vrai, après tout, pourquoi n'aurais-tu pas le droit de jouer avec son cœur comme il l'a fait avec le tiens. C'est le juste retour des choses.

Marco avait ce don particulier, ce don de faire ressentir de la culpabilité à ses victimes, ce don d'implanter en elles le sentiment inébranlable que tout cela est de leur faute. Le blond voyait bien qu'Ace était perdu et qu'il pouvait faire ce qu'il voulait de lui à présent. Il avança vers le jeune homme jusqu'à que celui-ci soit acculé par le mur de l'entré.

Ace voyait encore et encore les mêmes scènes se dérouler devant ses yeux, comme s'il était prisonnier de ses erreurs.

- Toi et moi nous ne sommes pas si différents, c'est pour ça qu'on s'aimait plus que tout, parce qu'il n'y a que moi qui comprend ce que tu ressens quand il t'a abandonné car tu as fait la même chose avec moi.

Ace ne pouvait rien répondre, car il ne savait quoi dire. Et son cerveau se complaisait dans les mots du blond, comme s'il avait pénétré son bastion le plus intérieur et qu'il y avait vu tous ses secrets.

- Finalement, entre toi et moi, qui est le méchant ?

Le jeune homme s'en voulait d'être parti du jour au lendemain, de l'avoir totalement ignoré, de lui avoir fait perdre la raison, de l'avoir traité comme un monstre alors qu'il était juste blessé.

Le jour où il lui avait donné cette gifle – la première, Ace décida de rentrer en guerre contre lui, au lieu de le comprendre, de l'aider.

Et il voyait les vieilles histoires se répéter. Le jour où Trafalgar l'avait laissé pour partir en tournée, il décida de garder cette haine en lui pour plus tard, pour la lui cracher au visage, au lieu de le comprendre, de lui parler.

Un goût amer envahit sa gorge, comme du dégoût. Du dégoût pour lui-même.

Marco sourit en voyant les larmes sur le visage d'Ace et ses yeux perdus, il avait encore gagné. Il essuya le sang qui coulait sur son visage pour effacer les traces de la domination d'Ace sur lui et se détourna de lui :

- Je suis désolé Marco, murmura Ace. Désolé d'avoir baissé les bras alors que tu y croyais encore, de t'avoir quitté de jour au lendemain, tu ne le méritais pas.

Le blond se retourna, il voulait entendre ses mots depuis longtemps.

- Et je suis désolé de t'avoir considéré comme un fou alors que tu étais simplement amoureux.

- Tu ne regrettes pas de m'avoir frappé ?

- Je ne te pardonne pas ce que tu m'as fait, Marco, j'accepte juste ma part de responsabilité. Je ne t'aime plus et ça ne changera jamais, qu'importe ce que tu fais.

- Je suis content de te l'entendre dire, soupira Marco.

- Tu vas me ficher la paix maintenant ?

- Dans tes rêves, sourit-il.

- Tu ne comprends pas l'indifférence, tu ne comprends pas la violence ni les mots, décidément je ne peux plus rien faire pour toi !

- Si, tu peux me dire que tu as fait une erreur en me quittant, que tu regrettes et que tu aimerais que tout soit comme avant.

Comme avant ?

Comme au premier jour de lycée où il avait vu ce grand blond toujours entouré de monde qui rayonnait totalement ?

Comme après leur première discussion où Ace avait des papillons dans le ventre à s'en tordre l'estomac ?

Comme après leur premier baiser où ses lèvres étaient tellement brûlante qui lui fallait celles de Marco pour les apaiser ?

Comme après leur première nuit où Ace ne pensait jamais rien vivre de plus fort et de plus beau ?

Comme après sa première claque qu'il pensait être simplement une erreur ?

Comme après sa énième claque qu'il ne sentait plus ?

Comme quand il se rendit compte que celui qu'il croyait dieu n'était en fait qu'un démon ?

Comme après s'être rendu compte que Marco aimait plus sa personne et le fait qu'on l'aime qu'Ace lui-même ?

Comme après avoir récupérer ses affaires discrètement le soir ?

Comme après s'être retourné une dernière fois vers lui sans ne plus rien sentir ?

Tout ce qu'il croyait être de l'amour à l'époque n'était que le brasier un peu fou et destructeur du premier amour. Celui qu'on idéalise, celui qu'on aimerait éternel et qui se termine souvent dans la douleur. Mais le premier amour c'est aussi celui qu'on ne voudrait revivre pour rien au monde, celui qu'on veut garder dans le cocon chaud de notre mémoire, parce que tout grand amour qui suit le premier est infiniment meilleur.

Il n'est plus idéal, il est vrai il n'est pas éternel, il se renouvelle chaque jour et il se termine pour commencer quelque chose d'encore plus grand.

Ace savait que l'amour qu'il portait à Trafalgar était totalement différent de celui qu'il portait à Marco. Il le sait plus sincère, un plus rationnel aussi, il sait qu'il est unique et que pour rien au monde il ne voudrait le perdre.

Ace regarda son poing endoloris par les coups qu'il lui donna puis il posa ses yeux sur Marco. Il n'était plus que l'ombre de lui-même, un fantôme sans aucune couleur.

Ace se dirigea vers la porte :

- Où-tu vas ?

- Je rentre chez moi, répondit-il simplement.

- Je ne te lâcherais jamais, Ace.

- Fais ce que tu veux, je m'en fous.

- Tu m'as dit ça et tu reviens à chaque fois, ne crois pas que se sera différent cette fois-ci.

- A cause de toi, j'ai trahi l'homme que j'aime. Je vais peut-être même le perdre à la minute où je vais passer sa porte. Mais quand je sais que je ne serais jamais aussi pathétique que toi. Alors fais ce que tu veux, envoie ta vidéo, contact la presse, appelle-le même pour lui dire ! Tes mots n'ont plus de valeur car tu n'es qu'un pauvre fou.

- Ace, reste-là ou je lui envoie la vidéo !

- Vas-y, si ça peut te soulager mais ça n'est pas comme ça que tu me récupéras.

- Ne passe pas cette porte ! cria-t-il.

- Adieu Marco, je t'aimais, vraiment.

.

Le moment était arrivé, il allait enfin lui dire soit il perdait tout, soit il gagnait. Quitte ou double.

Il passa la porte de l'appartement du chanteur, le calme régnait à l'intérieur, on pouvait entendre un morceau de piano et le soleil passait entre les rideaux. Il posa ses affaires dans l'entrée et entra dans le salon, là il tomba nez-à-nez avec un homme qu'il n'avait jamais vu :

- Euh, bonjour, lança Ace.

- Ah, salut !

- Tu prends toujours du Baileys avec ton café ? lança la voix du chanteur depuis la cuisine.

- Ouais merci, répondit l'homme.

- Euh … Vous êtes ?

- Ah pardon, j'me suis pas présenté ! Drake, enchanté !

- Ace.

Trafalgar arriva alors dans le salon avec du café sur un plateau. Ace se tourna vers lui et il le trouva plus beau que jamais alors qu'il ne portait qu'un t-shirt gris et le vieux pantalon qu'il mettait quand il restait à la maison. Il passa à côté d'Ace en lui adressant un petit sourire puis s'installa sur le canapé avant de poser son plateau sur la table basse :

- Vous avez pu faire connaissance ? demanda-t-il.

- Pas plus que ça, sourit Drake.

- Drake, voici Ace, le graphiste du groupe Ace voici Drake, l'avocat du groupe et mon plus vieil ami.

- Oh, je vois, s'exclama Ace. Enchanté, Drake.

- Bon, bien que je sois flatté que tu ais fait le voyage depuis Londres pour venir me voir, qu'est-ce qui t'amènes ? demanda Law en prenant son café.

- Tout d'abord, j'suis passé voir Kidd et sa mère à Aurora et puis j'ai ça pour toi.

Il lui tendit une enveloppe, Trafalgar posa son café et s'en saisit, intrigué puis l'ouvrit :

- Je ne sais pas si tu es au courant, mais Kidd avait fait un testament.

- Quoi !?

- Il y a quelques années de ça, alors que ça commençait à vraiment marcher pour vous. C'est son notaire qui me la transmis il y a un mois, tu devrais le lire.

Trafalgar sortit le testament de son meilleur ami de l'enveloppe et fit les cent pas en même temps qu'il le lisait. Son visage se para de toute sorte d'émotion alors que la tension montait doucement dans la pièce :

- C'est une blague, murmura-t-il, les bras ballants.

- Ce sont ses dernières volontés.

- Quel connard, souffla-t-il.

- Qu'est-ce que ça dit ? demanda Ace d'une petite voix.

Trafalgar relut le testament, à voix haute cette fois-ci :

Ce document est mon testament.

Moi, Eustass Kidd, résidant à Chicago et né à Aurora, je déclare le texte suivant comme mon testament et mes dernières volontés. Tous ce que j'ai pu dire ou noté avant le présent testament est définitivement révoqué.

Je nomme Me Drake comme mandaté pour mettre en œuvre et faire respecter mes dernières volontés.

1.Je lègue à Mme Kidd, ma mère, 5 millions de dollars ainsi que ma Porsche 911 Vintage et mes villas à Dublin, Irlande et à Bali, Indonésie. Je lui lègue aussi tous mes effets personnels et la nomme destinataire de tous revenus qui me seront alloués après ma mort et ceux jusqu'à la fin de sa vie.

2.Je lègue à Mlle Jewelry Bonney, ma très estimée amie, un versement mensuel de 5, 000 dollars pour sa future famille et cela jusqu'à la fin de sa vie.

3.Je lègue à M. Roronoa Zoro, le plus fidèle des guitaristes, la somme nécessaire pour son inscription à l'Université de Chicago et ainsi qu'à tous les frais auxiliaires à sa scolarité. Car tu es trop intelligent pour devenir guitariste.

4.Enfin, je lègue à M. Trafalgar D. Water Law, la personne que j'admire le plus sur cette Terre, la marque et l'entreprise The Supernovas. Je lui lègue également mes parts du groupe The Supernovas. Il sera le seul à pouvoir prendre une décision à propos de tout ce qui porte le nom The Supernovas. Néanmoins, je souhaite qu'après ma mort, aucun profit d'aucune sorte ne soit fait avec la marque The Supernovas, que ce soit concerts, vente d'album, de produits dérivés ou tout autre activité à but lucratifà compter de la réception et l'acceptation de ce testament.

Ce testament doit être accepté par la totalité des bénéficiaires ou il se verra annulé pour la totalité des bénéficiaires.

Je souhaite rajouter que les personnes nommées dans ce testament sont les plus importantes pour moi et que je considérais tout refus de ce présent lègue comme un affront impardonnable et que je viendrais tourmenter leur sommeil.

- T'étais au courant ? Demanda Drake.

- Non, bien sûr que non ! Mais qu'est-ce qu'il avait dans la tête ! D'où ça sort ce truc, ça fait trois mois qu'il est mort !

- Il a d'abord été remis à la mère de Kidd qui ne savait pas trop quoi faire, alors elle l'a donné à Apoo qui me l'a confié. Ca a pris un peu de temps.

- Mais il était bourré quand il l'a écrit, c'est pas possible !

- Il voulait protéger son rêve en te le confiant.

- Et m'empêcher de le continuer !? Ça n'a aucun sens ! s'énerva Law.

- Ce sont ces dernières volontés Traf, tu ne peux rien n'y faire.

Ace tiqua quand Drake utilisa le même surnom que lui, les deux étaient-ils plus proche qu'il n'y paraissait ? Le jeune homme n'osait pas trop s'immiscer dans la discussion car Trafalgar semblait à bout de nerf mais il avait compris quelque chose : s'il acceptait le testament, l'album et sa pochette ne sortira pas dans les bacs.

- J'peux pas accepter, souffla-t-il finalement en s'asseyant dans le canapé. J'avais encore des projets pour le groupe !

- Si tu refuses, les autres n'auront pas le droit à leur part !

- Qu'est-ce qu'ils ont dit ?

- Ils veulent tous l'accepter, évidemment, mais Jewel m'a dit qu'elle se rangera à ta décision et je pense que c'est pareil pour Zoro et même pour la maman de Kidd.

- C'est toujours pareil, moi contre le reste du monde, soupira-t-il. Quand est-il de la maison de disque, elle possède une large part du groupe.

- Plus maintenant.

- Comment ça ?

- Jewelry a cédé ses parts et a fait en sorte qu'elle te revienne. Kidd t'a légué les siennes et comme il te désigne comme seul décisionnaire de la marque The Supernovas, toutes les décisions te reviennent.

- Tout cela surpasse le contrat qui nous lie à Machive Records ?

- Machvise Records possédait le même pourcentage du groupe de Kidd donc ils ne pouvaient pas prendre de décision sans son accord. Lorsque Jewelry t'a cédé ses parts donc tu possèdes le même pourcentage que Kidd et Machvise. Elle a sûrement fait ça pour protéger vos intérêts après le décès de Kidd. Mais maintenant qu'il t'a légué ses parts, tu possèdes 60% du groupe, Zoro en possède encore 10% et Machvise Recors 30%. Tu es donc le propriétaire majoritaire du groupe, rien ne peut se faire sans ton accord donc la maison de disque n'a plus aucun pouvoir de décision sur vous.

- Cela vaut pour tous ce qu'on a fait avec eux ?

- Non, uniquement à partir de la date où Jewelry t'a légué ses parts. Donc la maison de disque peut techniquement toujours vendre vos anciens albums mais tu peux annihiler ce droit grâce à la close du testament de Kidd, si tu l'acceptes. Ils sont coincés.

- Je comprends pour les anciens disques mais pourquoi il m'interdit de continuer !

- Allons, Traf, tu sais bien que le groupe c'était avant tout Kidd. Sans lui, plus rien qui porte le nom de The Supernovas ne mérite d'exister.

- J'aurais aimé lui rendre un dernier hommage en sortant les dernières chansons qu'on a faites ensemble, murmura-t-il.

- C'est lui qui te rends hommage en te confiant son trésor, la prunelle de ses yeux.

- J'ai un peu de temps pour réfléchir ?

- Bien sûr autant que tu voudras, je reste à Chicago pendant deux semaines, j'ai encore des choses à régler avec Apoo. Dis-moi quand tu auras pris ta décision, dit-il en se levant. J'vais vous laisser, tu connais mon numéro.

- Merci Drake.

Alors que Trafalgar raccompagna son ami, Ace resta prostré sur le canapé – décidemment le monde était contre lui. Le chanteur revint dans le salon et termina son café sans dire un mot :

- Ça va ? demanda Ace.

- Pourquoi Kidd ne m'a rien dit pour son testament, je ne comprends vraiment pas.

- Il savait sûrement que tu aurais été contre.

- Evidemment que je suis contre ! M'empêcher de faire de l'argent avec le groupe, quelle idée de merde !

- Refuse alors.

Le chanteur posa un regard un peu surpris sur Ace qui ne pensait qu'à ses intérêts : s'il refusait, ça signifiait un aller direct pour le Baratie pour espérer se payer un morceau d'étude dans une université pas trop naze. Il refusait de voir son si beau plan de carrière être contrarié si tôt :

- Et les autres, tu y as pensé ?

- Je ne pense pas que Jewelry ou Zoro n'aient besoin d'argent …

- Bien sûr qu'ils n'en n'ont pas besoin ! Ils ont besoin de savoir que leur ami disparu les aimait et qu'il a pensé à eux jusqu'au bout. Ce n'est pas une question d'argent !

- Pour moi si, répondit Ace d'une petite voix.

- … je vois, c'est ça le couac. Si j'accepte, l'album ne sort pas et tu ne touches rien.

- Oui.

- L'argent ne fais pas le bonheur, Ace, crois-moi.

- Peut-être mais il le facilite, j'ai démissionné de mon boulot, j'te rappelle et j'dois toujours m'occuper de Luffy et de mes factures ! Je n'ai pas de quoi payer des études ou autres choses ! Si l'album ne sort pas, je suis coincé ! s'exclama-t-il.

- Tu ne penses vraiment qu'à ça ?! Tu oublies que ce sont les dernières volontés de mon meilleur ami, qu'il est mort sous mes yeux dans une voiture que je conduisais ! Ce n'est pas simplement une histoire d'argent !

- Je sais ! Mais tu pourrais continuer ce que vous avez commencé ensemble, c'est aussi un bel hommage, non ?

- Ce n'est pas ce qu'il voulait ! s'écria Trafalgar, agacé.

- Il est mort, alors je crois qu'il s'en fiche …

Trafalgar resta interdit un instant, les yeux écarquillés :

- J'peux croire que tu viens de dire ça.

- C'est vrai, non ? Il est plus là, alors tu dois continuer pour lui, c'est ce que tu disais à Londres.

- Non, non ! Ce que je dois faire pour lui, c'est respecter ses dernières volontés !

- Et me laisser dans la misère, rétorqua Ace.

- T'as donc rien appris depuis qu'on se connait ! L'argent, la notoriété, tout ça c'est que du vent, un miroir aux alouettes, un écran de fumé !

- Et tu ne comprends pas que j'ai besoin de cet argent pour assurer un minimum de confort à mon frère.

- J'y reviens pas qu'on ait cette discussion ! Si tu le veux tellement ton argent, j'te ferais un chèque, mais ne compte pas sur moi pour refuser ce testament !

- J'en veux pas de ton argent ! cria Ace.

- Alors qu'est-ce que tu veux !? Ton quart d'heure de gloire, ton doigt dans l'engrenage ? Dans quelle langue je dois te le dire : la célébrité est un poison qui te dévore tout entier !

- Peut-être que ça sera différent pour moi !

- On aura tout entendu ! Pourquoi tu crois que cela sera différent pour toi ?

- Parce que t'es là, marmonna-t-il.

- Alors écoute-moi, bordel ! Je ne vais pas refuser le testament de Kidd qui ne concerne pas que moi juste pour satisfaire tes ambitions vénales !

- Mais –

- Non ! Stop ! Jamais j'aurais pensé t'entendre dire des choses pareilles ! Je pensais que tu avais des valeurs, visiblement je me trompais ! J'appelle Drake pour lui dire que j'accepte le testament, point barre.

Le chanteur sortit du salon avec son portable à la main, il s'apprêta à composer le numéro de Drake quand il vibra entre ses mains. Il ouvrit le message qu'il venait de recevoir et sa colère n'augmenta que d'avantage. Il se retourna vers Ace et lui tendit son téléphone :

- Tu peux m'expliquer ?

Devant ses yeux, la vidéo de lui et Marco. Ace ravala bruyamment ses larmes devant le visage fermé du chanteur.

Now he'll know what I am telling.