Bonjour tout le monde, ça fait longtemps ! Bonne année à tous :-) Voici un nouveau bonus !

Je ne sais pas quand le prochain sortira, ni quand je commencerai une autre histoire : ces temps-ci, j'ai du mal à écrire et surtout à trouver quelque chose qui me plaise ... Je suis inspirée par les avions, les colonies anglaises du début du XXè, rien de très passionnant pour une histoire. Peut-être pouvez-vous m'aider, qu'avez-vous envie de lire ?

A bientôt (je ne sais pas quand sortira le prochain bonus ni sur quoi il portera).

PS : Oasis - Don't go away, les paroles en italique ( en live acoustique, c'est toujours mieux ;-))


Londres, une heure et quelques minutes après minuit, The Supernovas sortirent de scène alors que le publique hurlaient encore à se damner pour un rappel. Mais deux rappels c'était le mieux que Trafalgar Law puisse faire, même quand il jouait à la maison. Il s'affala sur le canapé dans la loge et posa le masque de son respirateur sur sa bouche. Chaque bouffée soulageait son cœur complètement épuisé par ces deux heures de show. Les autres le rejoignirent avec des bières pour fêter la fin de cette tournée marathon aux quatre coins du monde. Même dans la loge, ils entendaient le public crier leur nom, entamer leur plus grand classique pour espérer les revoir monter sur scène mais malgré toute la volonté du monde, son corps ne pouvait plus faire un geste. Il voyait ses amis trépigner, Kidd n'avait pas quitter ses baguettes et il évacuait sa frustration en tapant sur ses cuisses, Jewelry avait le sourire jusqu'aux oreilles en entendant son nom hurlé par plusieurs milliers de personnes et même le visage de Zoro, d'habitude impassible, exprimait l'envie. La tournée venait de s'achever et l'adrénaline des concerts, l'énergie incroyable du public et cette communication profonde et intense avec leurs fans disparaîtront petit à petit, jusqu'à que le manque de la scène ne soit trop insupportable et qu'ils se lancent à nouveau à corps perdus dans une tournée qui les épuisent toujours un peu plus :

- Allez-y sans moi, lança alors Trafalgar.

- C'est pas notre tête qu'ils veulent voir, crétin, c'est la tienne ! répliqua Kidd.

- Il a raison, on ne peut pas y aller sans toi.

Tous le regardaient sans oser rien dire car ils connaissaient son état mais leurs yeux étaient pleins d'espoir, ils voulaient y retourner juste pour un dernier tour de piste, offrir un dernier moment de magie, un dernier partage.

- On joue quoi ? demanda alors Law. Un truc calme, je vous en supplie.

- Ne t'en fais pas, répondit Jewel, le visage radieux.

Trafalgar prit un dernier grosse bouffée d'oxygène et se leva doucement, la guitare sur le dos. Les quatre membres de The Supernovas réapparurent sur scène et le bonheur du public empêcha Trafalgar de flancher. Il prit un tabouret et s'assit devant son micro, les autres prirent aussi leur place sous un tonnerre d'applaudissement.

- Merci tout le monde, fit Trafalgar dans son micro. Vous êtes juste incroyable et cette fois-ci, ce sera bien la dernière.

Et la guitare commença et les autres musiciens entrèrent eux aussi dans la danse. Depuis quelque temps toutes les chansons qu'il chantait avait une résonance particulière. Il leur trouvait des sens jusqu'alors caché, des phrases qui lui parlaient et lui faisaient penser à un homme. Chaque chanson qu'il chantait était une déclaration pour Ace mais sûrement que le principal intéressé ne s'en rendait pas compte, après tout il n'en avait que faire de la musique.

Le refrain arriva et la foule chanta à tue-tête d'une seule voix d'une justesse et d'une force incroyable. Law ne pouvait pas cacher le bonheur intense qu'il ressentait dans ces instants qui lui disaient : ta place est ici.

So don't go away,

Say what you say,

Say that you'll stay,

Forever and a day,

In the time of my life,

Cos I need more time,

Yes I need more time just to make things right

Il chantait avec tant d'ardeur, espérant atteindre celui qui l'attendait à Chicago. Ils ne s'étaient pas quitté en très bon terme et il avait juste peur qu'à son retour il le verrait avec quelqu'un d'autre, quelqu'un de moins compliqué. Jamais il n'avait voulu le faire souffrir mais il ne pouvait s'empêcher de mettre un frein à son enthousiasme, à son excitation comme si tout l'amour qu'il lui portait l'effrayait. Peu de gens l'avaient aimé comme Ace l'aimait, de façon presque inconditionnelle, comme si ses pires défauts n'existaient pas dans ses yeux. Et cette vision de lui-même, totalement inédite, le mettais mal à l'aise, le dérangeait. Lui qui avait tellement connu d'amour et de passion aussi éphémère que désastreuse, il ne voulait pas s'impliquer dans celui-ci, s'il prenait au fur et à mesure ce coup trop amer et acide qu'il ne supportait plus.

La chanson se termina et la foule hurla et applaudit pendant de longues minutes. Le groupe fit une courbette et disparut dans les coulisses une fois pour toute. De retour dans les loges, Law ne lâchait plus son respirateur, il le retirait seulement pour boire un peu de bière. Les autres étaient satisfait de leur prestation et étaient plus euphoriques que jamais. Trafalgar lui restait en retrait, littéralement vidé de toutes ses forces. Il regardait son portable, hésitant, puis se décida à composer un numéro.

- Ramène-toi Traf, tout le staff a préparé un pot de fin de tournée ! Faut pas les décevoir !

Kidd le tira par le bras, portant sa bonbonne d'oxygène sous le bras, à travers toutes les coulisses jusqu'à arriver devant une immense table prête à s'écrouler sous le poids des bières et des pizzas qu'elle supportait. L'instant d'après il avait déjà bu deux bières et un cocktail made in Kidd – son portable et le numéro partiellement composé était loin dans son esprit.

Les membres de The Supernovas fêtèrent comme il se devait la fin de la tournée et tous ne pensaient qu'à une chose : rentrer à la maison. Ils étaient à l'aéroport de Londres, entourés d'une armée de gorille aux épaules larges et aux bras épais comme des troncs d'arbres qui peinaient à écarter une impressionnante horde de fans. Trafalgar fixait l'horloge de l'aéroport toutes les deux minutes, le temps ne lui avait jamais paru aussi long – si seulement il pouvait se téléporter directement à Chicago.

Juste avant le décollage, il décida de lui envoyer un sms. Il avait tant de fois voulu le faire ces trois derniers mois … mais c'était reconnaître son attachement un peu trop fort.

Il n'hésita pas longtemps et envoya son message :

« On atterrit à 21 heures, toi et moi au chalet à 22 heures »

Il se rendit compte après que ses mots montraient un peu trop son impatience :

- Ils ne veulent pas nous servir du champagne ! Tu parles de la première classe … fit Jewelry en s'asseyant brutalement à côté de lui. C'est quoi cette tête ?

- Quelle tête ?

- La tienne, ducon. T'as enfin appelé Ace et il t'a raccroché au nez en t'insultant ?

- Nan.

- Dommage, tu l'aurais bien mérité, proclama-t-elle en croisant les bras. Qu'est-ce que j'ai hâte d'arriver !

- Ouais, moi aussi …

- Crois-moi que vous n'allez pas voir ma tête pendant au moins deux semaines ! J'en peux plus de vous tous !

- C'est réciproque, ne t'en fais, rigola Trafalgar en lui donnant un petit coup de coude.

- Thatch me manque …

- Tu l'as appelé deux fois par jour pendant la tournée.

- Et alors, il n'est pas là, avec moi. Rien ne remplace une présence, n'est-ce pas ?

- Oui …

Arrivé A Chicago, Trafalgar Law n'a jamais été aussi impatient de sa vie. Il pressa ses amis, prenait les devants pour récupérer leur bagage et les fourra dans le van. Il s'installa derrière le volant et démarra alors qu'aucun d'eux n'étaient attachés :

- Magnez-vous le tronc, je suis pressé !

- On avait compris, l'zombie ! Calme-toi, maintenant, merde, j'ai la tête dans le cul, grogna Kidd en s'asseyant à la place du mort.

- Qu'est-ce qu'il a, à être si pressé ? demanda Zoro.

- Moi, je sais, fanfaronna Jewelry, assise à l'arrière.

- Tout le monde sait dans cette voiture, crétine, fit Kidd en levant les yeux au ciel.

- Fermez-là tous.

Trafalgar démarra en trombe et se dirigea vers l'autoroute. Aucun des membres de The Supernovas ne releva sa vitesse excessive, ils voulaient tous rentrer chez eux le plus vite possible. Et alors que la ligne de gratte-ciel de Chicago apparue au loin, telle une galaxie lumineuse aux confins de l'univers noir et froid, Trafalgar se déporta à gauche pour doubler un poids-lourd qui commençait à former un bouchon.

Les phares des autres voitures heurtaient toujours un peu plus fort sa tête lourde et fatiguée, le compteur allait toujours plus haut – ils étaient presque arrivés. Presque.

Alors qu'il était à la hauteur du camion, une lumière l'aveugla l'espace de quelques secondes. Et au moment où il retrouva la vue, un choc violent terrassa la voiture par le flanc droit. Elle heurta de plein fouet la glissière de sécurité, puis, suite à la violence du choc, la voiture devint incontrôlable. Trafalgar tourna le volant dans tous les sens mais rien n'empêcha la voiture de partir en tonneau au milieu de la circulation. Trafalgar Law se voyait tourner comme dans une machine à laver, incapable de bouger, incapable de ressentir ou d'entendre la moindre chose autour de lui.

Puis il y eut un choc plus violent que les autres, puis plus rien.

Trafalgar ouvrit les yeux, la tête dans l'airbag. Il n'entendait toujours rien, rien qu'un bruit sourd et oppressant. Il pouvait voir autour de lui des tas de lumières de toutes les couleurs, des rouges, des bleues et des jaunes, certaines d'entre-elles clignotaient. Il voyait aussi des ombres, des silhouettes, des figures passer encore et encore autour de lui, comme des diables qui dansaient autour d'un feu de camp. Il essaya de bouger mais sa ceinture l'entravait, alors de ses mains tremblantes il se détacha et sa tête heurta violemment le toit de la voiture. C'est là qu'il comprit que la voiture gisait à l'envers.

Tous son corps semblait peser une tonne et le moindre mouvement lui demandait un effort considérable. Mais peu à peu ses sens s'éveillaient à nouveau, il sentait un horrible poids sur sa tête et sur son flanc gauche. Il passa ses mains sur son front et vit tout le rouge qui recouvrait ses mains.

Son ouïe revint aussi et il n'entendait que les sirènes beugler tout autour de lui – il aurait préféré rester sourd. Mais entre deux sirènes assourdissantes, il y avait un son moins évident, beaucoup plus discret mais terriblement plus effrayant. Le bruit d'une respiration lourde et encombrée qui semblait se noyer à chaque fois un peu plus. Il tourna la tête, ignorant l'horrible douleur dans sa nuque et tomba nez-à-nez avec les yeux écarquillés de Kidd.

Son ami avait du sang au coin des lèvres, sur les tempes et au creux des mains. Mais par-dessus tout, le t-shirt blanc qu'il portait n'était plus blanc du tout. Kidd était conscient, ses yeux était remplis de douleur et d'espoir. Il regardait Trafalgar comme son sauveur, sa lumière divine qui le tirerait de ce mauvais pas, lui qui se sentait mourir depuis de longues minutes maintenant :

- T'es … enfin réveillé. J'ai cru que tu y étais passé … Dieu merci.

- Kidd … je-je.

Trafalgar ne savait pas quoi faire, ni quoi dire alors que la main poisseuse de Kidd attrapa son t-shirt déchiré avec les maigres forces qu'il lui restait. Trafalgar savait que la vision des yeux de Kidd le fixant ainsi ne le quitterait plus jamais : il y avait tant d'espoir dans ses pupilles qui brillaient à la lueur des gyrophares. Tant de rêve dans ses yeux qu'il avait longtemps cru vide et sans émotion. A travers son regard, il sentait que Kidd comptait sur lui maintenant plus qu'à n'importe quel moment, qu'il remettait sa vie entre ses mains :

- Il faut sortir de la voiture, balbutia Law.

- Peux pas bouger.

- Qu'est-ce que tu as … ?

Il demanda sans être sûre de vouloir connaître la réponse. Kidd sourit sans que Law sache pourquoi, lui il n'avait qu'une envie, s'effondrer en larme.

- L'accoudoir dans l'poumon droit, j'dirais …

Kidd se mit à tousser de plus en plus fort jusqu'à qu'une gerbe de sang coula d'entre ses lèvres, sa respiration devenait désespérée et ses membres encore valide saccadaient dans tous les sens comme si eux aussi cherchait l'oxygène que ses poumons réclamaient. Il ferma les yeux pendant une éternité pour Law, puis il réussit à se calmer et reprendre une respiration un peu plus sereine :

- Law … sauve-moi.

Eustass Kidd pleurait devant lui en le suppliant, car Eustass Kidd était quelqu'un d'intelligent et il se savait en train de mourir. Law, complètement paniqué, essaya de bouger autant que ses membres douloureux et sûrement cassés le lui permettaient, mais il devait se faire une raison : il était entravé, compressé entre l'airbag, la taule déformée et le siège.

- Je suis coincé Kidd !

Mais Kidd ne répondait pas.

- Kidd ! Putain, Eustass, réponds-moi merde !

Il tendit les bras et agrippa les épaules de son meilleur ami, le pilier de sa vie et il secoua avec le plus de force possible. Kidd ouvrit alors les yeux mais ceux-ci ne brillaient presque plus, ils étaient comme prisonnier d'une voile terne et opaque :

- Kidd, parle-moi, je t'en supplie !

- Law … t'es le meilleur … truc qui m'soit arrivé. Grâce à toi … j'ai réalisé mon rêve.

- Non, non, non ! Je sais ce que tu es en train de faire ! Ne m'dis pas des trucs gentils, insulte-moi comme toujours !

- T'es qu'un idiot … laisse-moi vider mon sac, crétin.

Une quinte de toux le reprit et le sang coula abondamment de sa bouche. Sa respiration était sifflante, comme le passage laissé à l'air était toujours plus étroit. Il grimaçait et son visage se tordait de douleur jusqu'à qu'une étrange sérénité s'empare de ses traits. Une sérénité qui terrorisait Trafalgar Law :

- Trafalgar Law … T'es mon guitariste et j'suis ton batteur … n'oublie jamais ça …

- Kidd, fais pas ça, bats-toi !

- … les temps seront durs … mais je serais toujours avec toi, mon frère.

Eustass Kidd sourit et le bruit lancinant de sa respiration s'arrêta. Son visage clair pâlit encore un peu plus et le froid émana de lui.

- Kidd …

Law pouvait à peine le toucher et ses propres douleurs devenaient insupportables. Il essaya de s'étirer au maximum pour le réveiller. Sa voix répétait sans cesse son prénom, se déformant à chaque fois un peu plus. Les sanglots prenaient possession de sa voix, les larmes perlaient aux revers de ses yeux alors que son cerveau encaissait l'information. Il savait, sans vouloir le dire ou même le penser, mais il savait, tout au fond de lui. Il plissa les yeux de douleur et malgré ses paupières fermement closes, un torrent de larme put s'échapper. Son cœur lui aussi se tordit, ce qui le rendit plus amer et acide qu'il ne l'était déjà.

Ses yeux croisèrent le reflet renvoyé par le rétroviseur brisé : le visage en sang de Jewelry, inconsciente et le corps de Zoro qui avait traversé la fenêtre arrière.

L'organisme de Law décida que cela en était trop. Ses yeux se fermèrent et ses oreilles devinrent sourdes aux sons et aux douleurs qui l'entouraient.

Il espérait juste être assez fort pour les ré-ouvrir et serrer celui qu'il l'attendait contre son cœur.

Mais à l'heure actuelle, plus aucune force ne vibrait dans son corps inerte.