"L'espoir est le désir mais ouvert à la peur."

Citation de Georges Bataille


Ma descente s'arrête soudainement quand j'atterris sur quelque chose de mou.
Ce que je vois alors, en entrant dans cette pièce lumineuse me laisse sans voix.
Pleins de couleurs me transpercent les yeux.
Du bleu, du blanc, du rouge, du vert et d'autres encore !
Mes yeux commencent à brûler, et des larmes roulent tout doucement sur mes joues.

-Tu es vivante ! Criais-je à Rosayla

Elle était là, juste devant moi avec un sourire triste et amusé.
Je me suis jeté dans ses bras, comme une enfant qui étaient en train de retrouver ses parents, car elle s'était perdue.
Elle caressa mes cheveux tout doucement en me murmurant à l'oreille "s'est finie".
Je l'avais cru de toutes mes forces quand elle m'avait dit qu'on ne mourrait pas vraiment, à vrai dire, je l'avais espéré très fort sans vraiment savoir si ce qu'elle disait était vrai ou non.
Je relevai la tête et croisai son regard ambré.

- On parlera sérieusement plus tard de notre situation, en attendant va voir les autres.

Je regarde autour de moi, et ils ont tous là, tous ceux que l'on croyait morts. Ils me regardent tout attendant que j'aille vers eux.
Rosayla me parle une dernière fois avant que je ne me détache d'elle.

- Nous savons tous que c'est dur à digérer, donc, tu iras les voir un par un, ou pas, dit-elle en dirigeant un œil dur vers Debrah.

Je comprends son allusion et me dirige vers la première personne sur ma gauche.
J'observe un instant les lieux, nous sommes dans une salle lumineuse et grise, il n'y a qu'une porte, sûrement celle des toilettes. Le reste est rempli de lit, de table, de jeux de société, de frigidaires, ect. Enfin tout ce dont nous avons besoin pour survivre.
Je m'arrête devant Peggy en me rendant compte que je ne sais pas vraiment quoi lui dire.

- Contente de te revoir, me dit-elle avec un sourire qui me soulage.
- De même, dis-je en la prenant dans mes bras.

Elle semble un peu tendue, mais se laisse faire tout de même. Je crois que je viens de découvrir que je l'appréciais plus que je ne le pensais, comment pourrait-on se passer de la fouineuse en chef?
Je la relâche et passe à la personne suivante. Je me rends compte que je n'aurais pas supporté qu'ils me parlent tous en même temps, cela m'aurait oppressé.
Là je vais pouvoir les ressusciter un par un dans ma tête.
J'ai l'impression d'être complètement submergé par mes émotions.
J'avais ressenti beaucoup trop de choses en à peine quelques heures.
Je repense à Vicktor et mon cœur se serre. Je songerai à cela plus tard, d'abord les retrouvailles.
Nathaniel semble ravit de me revoir, je l'enlace quelques instants et remarque qu'il rougit. Il a l'air gêner, et je discute avec lui quelques instants en riant.
Avec Melody, nous ne parlons que brièvement.
Je remarque en allant vers Lysandre et Leigh qu'il n'y a aucune rivalité entre les loups et les innocents, il n'y a plus aucune raison pour qu'il y en ait une.
Rosayla m'a dit que l'on parlerait sérieusement après de notre situation.
Mais pour la prochaine heure, seul mon bonheur de les retrouver m'intéresse.
Et, pourtant, je ne peux m'empêcher de ressentir le poignard des mots que Vicktor ma lancée. Il reste là, tapi dans l'ombre, surgissant de mon esprit.
Je serre Lysandre dans mes bras, sans faire pareil à Leigh. On n'a jamais vraiment beaucoup discuté ensemble.
Nous parlons avant que ma curiosité ne prenne le dessus :

- Lysandre, vous avez vraiment tué Leigh, la première nuit ?

Il lance un regard triste à son frère avant de se rappeler qu'il est avec lui, et qu'il est vivant.

- A vraie dire, répond Lysandre, la première nuit personne n'a voté, car on ne savait pas quoi faire, et ça à tuer quelqu'un au hasard.
- Malheureusement, ou heureusement, rajoute Leigh avec un mini sourire, au moins, j'ai su tout de suite la vérité et j'ai pu prévenir Rosa.

J'allais reposer une question, mais Lysandre me coupe la parole :

- Rosayla sait tout ! Tu lui demanderas, elle répondra à toutes tes questions, mais attendant continue ton chemin.

Il me pousse gentiment vers Kim, et je lui saute littéralement dans les bras.

- Je ne savais pas que tu m'aimais autant la petite !

J'ai envie de pleurer de joie de tous les retrouver, mais je me retiens. Il n'y a aucune raison de pleurer pour l'instant.
Je vais ensuite voir Kentin et lui réserve le même sort qu'a mon amie métisse.
Il se laisse faire, mais semble tout de même surpris.
Bizzarement, je ne ressens plus ce lien que j'avais ressenti quand je n'étais pas encore tombé dans le trou, c'est donc bien notre rôle qui avait tissé ce lien si étrange.
Je salue Jade, et parle un peu de Violette avec lui.
Je passe devant Debrah sans un regard pour cette fille.
Ce qu'elle a fait à Castiel, avant et pendant le jeu, me dégoûte toujours autant,
J'arrive vers Capucine qui me salue juste avant de détourner le regard, on n'a rien à se dire, c'est l'une des seules choses qui n'ont pas changé.
Je me dirige vers Castiel qui est scotché au mur. Je n'ose pas le prendre dans mes bras, connaissant son caractère imprévisible, un autre refus me briserait.
Ne pas penser à cela tout de suite.
Je lui lance un petit sourire timide auquel il répond en tapant gentiment mon épaule de sa main.

- Content de te revoir planche à pain.

Mon sourire se contracte, et je lui lance un regard mauvais.
Il sourit de plus belle, avant de me dire sérieusement :

- Au fait tu pourrais garder pour toi ce que j'ai dit sur Ambre, tu sais... quand on était encore vivant dans le jeu.
- Que tu pensais être amoureux d'elle? Dis-je taquine.
- Tu sais très bien que c'était à cause de Cupidon, répond-il en lançant un regard mauvais à Nathaniel, je ne l'aime pas.
- Justement, tu sais pourquoi il vous a mis ensemble? Demandais-je.
- Parce que, selon lui, c'était la meilleure manière de la protéger si j'avais été un loup-garou.
- Il n'a pas tort, je suis sur, tu l'aurais tué dans les deux premiers jours si tu avais été un loup.
- Pas faux, répond-il avec un sourire mesquin.

Je le regarde, il a l'air plus fort que la dernière fois que je les vis. Il a l'air de s'être remis de ce qu'il a vécu avec Debrah, c'est sûrement la colère de s'être fait trahit et manipuler qui lui permet d'y survivre. En tout cas, je suis contente qu'il me parle comme à une amie, cela fait chaud au coeur.
Malgré tout, je lance le sujet qui fâche.

- Et sinon, ça va? Tu sais par rapport à Debrah?

Son visage se ferme, et ses yeux prennent une couleur plus foncée.

- Ça va, je n'ai pas envie d'en parler.
- Elle a essayé de te parler?

Un silence s'installe avant qu'il ne réponde à la question.

- Oui, et elle ne recommencera pas.

Satisfaite de la réponse, je lui claque vite faite une bise sur sa joue.
Je pars directement avant qu'il m'engueule. Je suis rassuré, au moins, il ne se ferra pas avoir une deuxième fois par cette garce.
Ambre et Charlotte sont les prochaines, je ne pense pas que je vais vraiment parler à la brune, mais la blonde, selon son attitude, j'aurais une ou deux choses à lui dire.
Elle m'arrête avec sa main avant que je lui dise quoi que ce soit.

- Je n'ai pas l'intention de papoter avec toi comme si on était les meilleurs amies au monde et par pitié épargne-moi un "câlin", donc je serais brève.
Premièrement, je te remercie de ne pas m'avoir accusé à tort et à travers, de m'avoir aidé et cru pour ce que je te racontais. Deuxièmement, retient bien ce que je t'ai dit auparavant, car je ne te le redirai plus jamais.
- Euh... Merci?

Je ne sais pas vraiment quoi répondre à ça, principalement parce que cela vient d'elle.
Elle remonte dans mon estime depuis que l'on est rentré dans ce jeu.
Je lui prends donc la main et la lui serre avec un grand sourire, elle l'accepte et je préfère en rester là pour l'instant avec elle.
Je me jette littéralement dans les bras d'Alexy, sa merveilleuse bonne humeur m'a tant manqué.

- Et moi ? Demande Armin, je n'ai pas le droit au même accueil?

Je me détache du garçon aux cheveux bleus et observe Armin, il a l'air d'aller mieux que la dernière fois que je l'ai vu.

- Ça dépend, ta l'intention de m'accuser d'être un loup? Répondis-je moqueuse.

Il me tire la langue avant de me prendre dans ses bras, c'est très perturbant venant de la part d'Armin, il n'est pas très tactile habituellement.

- Je suis désolé d'avoir pété un câble, et si je t'ai blessé, dit-il en chuchotant.

Il se sent coupable, en même temps la "fausse mort" de son frère l'a vraiment perturbée, et je ne peux pas lui en vouloir. Il me lâche et je réponds :

- Ce n'est pas grave, t'inquiète. Mais tu sais Iris...
- Je sais, me coupe-t-il gêner, Alexy me l'a déjà fait remarquer.

Son frère prend le brun par les épaules et le taquine en lui disant :

- Et aussi maintenant je sais à quel point, il m'aime ! Que serait-il sans moi !
- C'est bon arrête aussi avec ça ! Tu l'as déjà assez répété! Dit Armin avec les joues rouges de honte.

Les mecs et leurs sentiments, beaucoup trop de complications pour rien. Je leur parle encore un peu avant que Rosayla m'interpelle.
Je viens juste de remarquer qu'elle commande toute la petite bande, pourquoi?
Elle donne l'ordre à tout le monde d'aller se coucher avant de m'entraîner dans un coin de la pièce où l'on s'assoit sur des chaises.
C'est vraie qu'il fait nuit, je l'avais oublié.

-Bon, commence Rosayla, il est tard et nous avons besoin de dormir toutes les deux. Donc, je répondrais aux questions les plus importantes que tu a et on continuera la suite demain matin.

Je réfléchis un instant, j'ai beaucoup de choses à lui demander. Mais celles qui ne peuvent pas attendre demain, je les lui demande d'une traite :

-Pourquoi c'est toi le chef? C'est vraiment grâce à Leigh que tu as su que nous n'allions pas mourir? Pourquoi tu ne l'as pas dit à tout le monde quand tu étais encore dans le jeu? Avez-vous trouvé un moyen de quitter cet endroit?

Je respire et attends que mon amie réponde, je vois un sourire, se former sur ses lèvres et elle commence :

- D'abord, je suis le chef parce que Leigh m'a légué ce rôle quand je suis morte et la plupart ont approuvé. Comme il a été le premier tué, c'est lui qui a tout pris en main ici. Ensuite, oui c'est grâce à lui que je sus et je n'ai rien dit, car j'avais peur de donner des faux espoirs ou que certain ne me crois pas, de plus c'était un indice sûr son rôle et on n'avait pas le droit de nous dévoiler. Pour finir, nous pensons que pour sortir d'ici, il faut finir ce jeu merdique.

Je cogite un instant sur ce qu'elle vient de me dire, et une question me brûle les lèvres :

- Tu savais que Vicktor était le loup?

Elle hoche la tête et me prend les mains avec hésitation avant de rajouter quelque chose:

- On a vu ce qui s'était passé avec lui, est-ce que ça va?
- Comment ça "vous avez vu"? Dis-je avec un tremblement dans ma voix.
- Grâce à ce miroir, dit-elle en me le désignant de la main, nous voyons tout ce qui se passe grâce à celui-ci, et c'est aussi lui qui me permettait de contacter les morts la nuit.

Je jette un coup d'œil avant de regarder mes mains. Je me sens encore plus mal en pensant que tout le monde a pu voire mon désespoir, j'essaye de ne pas y penser, de me fixer sur les personnes que j'ai retrouvé vivant, mais ma gorge se bloque et une larme innocente s'échappe de mes yeux. J'en ai marre de pleurer, cela commence à m'irriter les yeux et me faire mal.

- Tu penses qu'il m'a tué cette nuit à cause de ce que je lui ai dit? Dis-je dans un murmure.
- Non, bien sûr que non. Je suis convaincu que c'est l'enfant sauvage qui l'a fait, et tu sais pourquoi? Me demande-t-elle dans me laisser le temps de répondre, parce qu'il t'aime, depuis le début, il te protège et essaye de te garder en vie.

Je renifle, j'ai envie de la croire, mais j'ai du mal.

- Je te le jure Lynn, il t'aime. La raison pour laquelle il t'a repoussé, c'était parce qu'il avait un plan, et visiblement ta mort n'en faisait pas partie. Je pense qu'il voulait rendre sa perte moins difficile pour toi, comme s'il avait prévu sa propre mort.
- C'est idiot, dis-je en essuyant mes larmes.
-Je n'ai jamais prétendu le contraire, dit-elle avec un sourire.

C'est plausible, et je me raccroche à cet espoir.
Je ne suis pas folle, j'ai bien vu qu'il était amoureux de moi.

- Allez, maintenant faut aller te coucher.

Je me lève pendant qu'elle me dirige discrètement, pour ne réveiller personne, vers un lit.

- Au fait, demandais-je, qu'est-ce qu'elle devait faire, Violette?

Ce souvenir me rend curieuse, cette discussion secrète qu'elles avaient eue n'a toujours pas de réponse. Elle réfléchit, se demandant d'abord de quoi je parle avant de répondre :

- Ah, tu nous avais entendus cette fois-là finalement. Je demandais à Violette d'utiliser sa potion de mort sur Viktor si jamais, il ne restait qu'un seul loup en vie, et j'étais certaine de sa culpabilité, car Ambre m'avait révélé son rôle après être morte.

Elle me laisse seule, assise sur mon lit. Ambre avait donc regardé le rôle de Vickor, et Violette était donc la sorcière que m'avait sauvée la vie.