Bonjour/bonsoir tout le monde :) je sais, aujourd'hui n'est pas un vendredi, mais puisque la semaine prochaine je serai obligée de poster en retard, je prends de l'avance pour que vous restiez contents !

Merci aux reviews ;)

Rappel des épisode précédents : Anna, 15 ans, apparaît chez Bilbo. Dans un rêve, elle apprend que ce sont les Valars et Eru qui l'ont envoyé pour "sauver une aventure", et lui octroient un don de précision. De plus, elle a trouvé le bracelet de l'héritier de Mahal, ce qui fait d'elle une mi-naine, mi-déesse. Elle rencontre les nains, et ils partent ensemble dans la quête pour Erebor. Le premier jour fut joyeux, ils ont chanté et ri. Les voilà à la première pause du soir.


Tu es mon nouveau monde

Chapitre 5 : Première leçon

Anna descendit avec difficulté de son poney, atterrissant malencontreusement sur Kili. Ce dernier grogna quelque chose ressemblant à « Ah les femmes… » en se relevant. Anna, sur les fesses, était tétanisée. D'abord, ses jambes et son dos la faisait atrocement souffrir. Mais surtout, le poney juste devant elle la terrorisait. Elle n'y avait pas fait attention lorsqu'elle était dessus, mais là sa peur des animaux revint au galop.

-Anna ? l'appela Kili. Tu as… peur des poneys ?

-Je n'ai peur de rien, réplique celle-ci avec hargne.

Kili éclata de rire et partit plus loin. Fili alla aider la jeune fille à se relever.

-S'il y a bien quelque chose duquel tu peux ne pas avoir peur, ce sont nos poneys. Ils sont bien dressés, ils ne te feront rien.

Il prit sa main, et la posa sur le flanc de l'animal.

-Tu vois ?

Elle hocha la tête, pas entièrement rassurée. Fili lui montra comment s'en occuper, retirant la selle, et allant l'attacher à un arbre.

-Il faut que le nœud l'empêche de nous fausser compagnie, mais il doit être assez lâche pour qu'il puisse s'enfuir pour sauver sa vie si besoin, tu comprends ?

Elle hocha la tête à nouveau, se concentrant pour réussir le nœud qu'il lui avait montré. Ils rejoignirent les autres qui avaient déjà installé le camp et allumé le feu. Anna s'assit – se laissa tomber au sol comme une grosse larve – en gémissant de douleur. Encore des courbatures… Elle reçut alors une épée sur les genoux. Dwalin se tenait près d'elle. Elle le fixa sans comprendre.

-Debout. Ton premier entraînement débute maintenant, lâcha-t-il avant de s'éloigner.

-Maître Dwalin, intervint Fili. Elle vient de passer une journée à cheval, elle est épuisée !

-Et alors ? Comment compte-t-elle survivre si elle ne peut pas se protéger ? répliqua le guerrier, pas attendri pour un sou.

-C'est bon, je viens, les calma Anna en se levant avec difficulté.

Elle empoigna la lame de la main droite. Dwalin soupira, revint près d'elle, et lui montra comment la tenir convenablement.

-A deux mains, tu auras plus de force. Il faudra renforcer ces bras aussi.

-Oui monsieur, répondit-elle, pour une fois dans sa vie attentive et obéissante.

Dwalin donna quelques coups au ralenti pour qu'elle s'habitue à tenir sa lame. Une fois qu'il eut jugé cela suffisant, il recula.

-Maintenant on passe aux choses sérieuses. Je vais t'attaquer, tu dois parer ou éviter jusqu'à ce que je m'arrête.

-Oui monsieur.

Il donna un grand coup sur son épée. Le choc dans ses bras fut violent, et elle lâcha la lame.

-Ramasse ton épée. On recommence, fit-il d'une voix dure.

Anna serra les dents. Il l'attaqua de nouveau. Son épée tomba encore, et elle fut éjectée quelques mètres plus loin par un coup d'épaule.

-Anna ! cria Fili en se précipitant pour l'aider, mais Thorin le retint.

Anna se releva avec moult difficulté et gémissements de douleur, mais se campa sur ses pieds et ré-empoigna son épée. Dwalin la chargea à nouveau. Nouvelle chute. Et encore. Et encore. Après être tombée une douzième fois, Anna tenta de se relever mais s'écroula à nouveau.

-Dwalin, arrête ! s'énerva Fili. Tu veux la tuer ou quoi ? Elle n'est pas en état de se battre !

Il échappa à l'emprise de son oncle et se précipita vers la jeune fille, mais elle tendit le bras pour l'arrêter.

-Anna…

-Ne t'en mêle pas. Je dois le faire.

-Non, Anna, tu dois…

-Je t'ai dit de ne pas t'en mêler ! tonna-t-elle.

Elle se releva difficilement. Elle avait laissé échapper quelques larmes, qui avaient laissé des traînées grises sur ses joues sales. Elle s'essuya le coin de la bouche où un peu de sang coulait. Elle se baissa et ramassa son épée.

-C'est de la folie ! tenta une nouvelle fois Fili.

-Tais-toi ! hurla-t-elle. Je fais ce que je veux ! Je dois me battre ! Tu ne sais rien de moi ! Tu ne sais pas pourquoi je me bats ! Pourquoi je dois apprendre à me battre !

Il lui renvoya un regard blessé. Elle se remit à pleurer.

-Je dois le faire…

Elle sécha ses pleurs, empoigna solidement son arme, et se campa face à Dwalin, l'air féroce.

-Je suis prête.

Le guerrier remarqua la nouvelle lueur dans ses yeux. Il hocha la tête, approuvant silencieusement. Ils reculèrent de trois pas chacun, et Dwalin la chargea à nouveau. Elle bloqua la lame et se décala. Il réattaqua. Nouvelle parade. Attaque. Esquive. Attaque. Esquive presque ratée. Attaque. Parade.

Il ne suffit pas de bloquer les coups, il faut savoir attaquer dans la vie. La voix avait résonné avec force dans la tête d'Anna. Elle para un tranchant oblique et tenta un fendant latéral. Dwalin bloqua la lame. Il souriait. Peut-être arriverait-il à en faire quelque chose…

Il la força à se battre pendant encore une heure. A la fin, Anna se laissa tomber par terre, pantelante. Dwalin s'approcha pour la relever, mais s'aperçut avec surprise qu'elle s'était endormie. Peut-être avait-il trop forcé… Il la prit doucement dans ses bras et la ramena au camp. Lorsque Kili la vit inconsciente dans les bras de Dwalin, il fonça vers elle, inquiet, mais un seul regard du guerrier l'arrêta. Il l'allongea sur une couverture et la recouvrit chaudement avant de s'asseoir à côté d'elle.

Elle lui rappelait beaucoup sa fille. Penser à la petite lui serra le cœur. Il avait perdu sa femme et leur enfant dans les flammes de Smaug le Terrible, le jour funeste où leur patrie leur avait été arrachée. Anna présentait le même courage obstiné, presque inconscient, que sa petite Dwaïna. Il soupira de nostalgie.

Un peu à l'écart, tels des faucons, les deux frères veillaient de loin sur le sommeil de leur amie.

Lorsqu'elle se réveilla le lendemain matin, Anna souffrait encore des courbatures. Elle serra les dents et se mit à faire des pompes en attendant que tout le monde soit debout. Dwalin, qui avait eu le dernier tour de garde, vint la voir.

-Que fais-tu ?

-Je me muscle les bras, comme vous me l'avez conseillé.

-Allez viens, séance d'entraînement matinale.

Elle se releva et empoigna la lame qu'il lui avait lancé la veille. Elle était prête à se battre.

Elle avait passé la matinée devant Kili, discutant avec Balin qui chevauchait près d'eux. Le vieux nain lui en apprit beaucoup sur son peuple et ses coutumes. Lorsque le conseiller talonna son poney pour voir Thorin, Dori le remplaça.

-Demoiselle Anna.

-Maître Dori, le salua-t-elle à son tour.

-Votre bracelet, commença-t-il, très sérieux. Il vous confère, si vous le désirez, une place de haut rang dans notre société.

-Oui, Gandalf m'en a parlé, acquiesça-t-elle.

-Mais je me dois de vous faire part d'un problème de taille si d'aventure, lorsqu'Erebor sera reconquise, vous prenez cette place qui vous revient.

-Oui ? fit Anna en se mordant les joues pour ne pas rire.

Il avait une manière tellement ampoulée de parler !

-Je me suis aperçu que vous n'aviez absolument aucune manière.

Anna le regarda avec des yeux ronds avant d'exploser de rire.

-Voilà de quoi je veux parler, grogna Dori. Vous devez apprendre les bonnes manières, la bienséance, le maintien et la prestance !

Anna se raidit. Il était vraiment sérieux ? Un regard de côté en direction de Fili la découragea. Le blond la regardait avec l'air désolé.

-Je vous donnerai donc des cours tous les soirs après vos entraînements, conclut fièrement le nain aux si bonnes manières avant de s'éloigner.

-Quoi ? s'offusqua Anna. En plus des entraînements ? Je vais mourir…

Les deux frères lui renvoyèrent des regards emplis de pitié qui ne la calmèrent pas du tout.

-Et merde, jura-t-elle en boudant.

A la pause déjeuner, Anna resta silencieuse, mangeant ce que Bombur avait préparé. Elle caressait de temps à autres son collier auquel elle tenait beaucoup, l'air songeuse.

-Tout va bien ? lui demanda gentiment Fili.

Elle hocha faiblement la tête. Ils se remirent en selle, elle avec Fili cette fois, et repartirent. Les minutes s'égrenaient, étrangement silencieuses pour ceux qui étaient près d'Anna. Fili, mal-à-l'aise, se creusait la cervelle pour trouver un moyen de la dérider, sans succès.

-C'est mon grand frère qui me l'a offert, finit-elle par dire.

Fili comprit qu'elle parlait du collier. Il attendit la suite.

-Il s'appelle Thomas. Il a dix ans de plus que moi. C'est un acteur, il est très célèbre. J'ai vécu dans le même orphelinat que lui depuis ma naissance, mais nous étions séparés. Puis le jour de mes neuf ans, il est venu me chercher. Il avait tourné dans un film, avait gagné beaucoup d'argent, était devenu célèbre. Il avait acheté une grande maison. J'étais choyée, je ne manquais de rien, on était très complices. Il partait souvent longtemps pour des tournages, alors je passais beaucoup de temps avec ma meilleure amie, Marie. Elle aussi elle est plus âgée que moi. Je la considère presque comme ma sœur. J'étais avec elle, le soir où… où… j'ai disparu de chez moi. Je me suis retrouvée devant la porte de Bilbo. Et vous êtes arrivés.

Les nains respectèrent son silence ensuite. Elle aussi avait perdu sa maison et sa famille. Fili la serra brièvement contre lui pour lui témoigner son empathie.

-En fait, je viens d'un autre monde je crois. Nous n'avons pas de magie, nous avons la technologie. Et il y a aussi…

Elle parla de chez elle. Des avions. Des voitures. Des téléphones portables. De tout ce à quoi elle pensait. Elle s'étendit longuement sur ses plats préférés, pour le plus grand plaisir de Bombur qui promit d'en essayer certains. Ori notait compulsivement tout ce qu'elle disait. Les deux frères lui posaient plein de questions auxquelles elle répondit avec plaisir. Le monde normal lui manquait cruellement, mais en parler faisait tellement de bien…

Thorin les mena jusqu'à un petit village fortifié.

-Une auberge, se réjouit Kili. Un bon lit, un repas chaud, et de la bière…

Son air rêveur en mentionnant la boisson n'échappa pas à Anna et Fili, qui d'un seul regard comprit qu'ils avaient eu la même idée. Anna tint fermement les rênes de leur poney pendant que Fili poussait son frère pour le faire tomber du sien. Kili s'écrasa au sol avec autant de grâce qu'un pachyderme cacochyme. Fili passa un bras autour de la taille d'Anna pour la maintenir, et de l'autre récupéra les rênes pour lancer leur monture au galop. Les insultes hurlées par Kili se perdirent au loin alors qu'ils prenaient de la vitesse. Anna avait d'abord fermé les yeux très fort, s'agrippant au bras de Fili comme si sa vie en dépendait. Puis elle avait commencé à se relâcher, et finalement éclata d'un rire joyeux en écartant grand les bras. Fili stoppa le poney en haut d'une colline, et Anna se tourna vers lui.

Elle avait un air sauvage, avec ses cheveux au vent, le visage rosi, et son rire heureux qui sonnait comme la plus douce des mélodies aux oreilles du nain blond.

-J'avais l'impression de voler… C'était magique. Merci.

-De quoi ? s'étonna le nain.

-D'être le premier à me montrer cette sensation, répondit-elle en souriant. C'est mon premier galop !

-Que dirais-tu de faire le deuxième ? On devrait rejoindre les autres si on ne veut pas se faire tirer les oreilles par mon oncle…

-C'est parti !

Elle savoura à nouveau la sensation, l'adrénaline. Elle se sentait tellement bien en train de galoper, dans les bras de Fili, et… Non, attendez. Les bras de Fili n'avaient rien à voir là-dedans. « C'est juste un ami ».

Lorsqu'ils reprirent leur place dans la Compagnie, ce ne fut pas Thorin qui vint leur faire la morale, mais Dwalin, à l'étonnement des deux frères.

-Petit inconscient ! s'énerva le guerrier à l'encontre de Fili. Qu'est-ce qui t'as pris de t'éloigner ainsi avec elle, sans protection ? Vous auriez pu vous faire attaquer ! Elle aurait pu être tuée ! Et si elle était tombée ? Qu'aurais-tu fait, tout seul ?

-Maître Dwalin, tenta Fili.

-Non, pas de Maître Dwalin qui tienne ! Elle monte avec moi maintenant. Et ce n'est pas négociable.

Anna se glissa à contrecœur derrière Dwalin. Fili lui lança un « désolé » silencieux, et elle hocha la tête.

-Dori a raison, tu as besoin qu'on t'inculque quelques manières, jeune fille, lâcha Dwalin.

Anna était choquée. Comment avait-il eu connaissance de ça ? Dwalin se tourna vers Fili et Kili.

-Vous feriez bien de vous souvenir de ce que j'ai dit le premier jour si vous ne voulez pas finir en cible d'entraînement pour la petite ! C'est compris ?

-Oui Maître Dwalin, firent en chœur les deux frères, penauds.

Dwalin hocha la tête d'un ait satisfait et replaça sa monture dans la file. Il ne put s'empêcher de sourire lorsqu'il entendit un « j'suis pas petite… » marmonné derrière lui.

Au bout de quelques minutes, Anna s'ennuyait à mourir. Dwalin n'était pas du genre à passer des heures à discuter comme le faisaient Fili et Kili, et à part ses séances de combat, elle n'avait eu aucun contact avec lui jusqu'alors. Elle releva la tête en pensant ça.

-Maître Dwalin ? demanda-t-elle timidement, ayant quand même assez peur de se faire envoyer promener.

-Qu'y-a-t-il fillette ?

Elle soupira. Ce n'était pas gagné…

-J'suis pas une fillette, grommela-t-elle. J'avais un service à vous demander, reprit-elle plus haut.

-Quel est-il ?

-J'aimerais apprendre la théorie, dit-elle.

-La théorie ? releva le guerrier, perdu.

-Bah oui, vous m'apprenez à me battre, ça c'est la pratique, mais je veux apprendre la théorie.

-Euh…

-Les différentes armes, la façon dont on les fait, la théorie quoi !

-Ah, ça ! comprit Dwalin.

Il sourit. Ça c'était dans ses cordes. Il lui tendit la main.

-Passe devant, ça sera plus simple de t'expliquer.

Il la souleva pour l'aider à s'asseoir en amazone devant lui. Il lui donna l'épée qu'il lui prêtait pour ses entraînements.

-Bon, ça c'est une épée, commença-t-il. Mais il y a différents types d'épées. Celle-ci a un double tranchant, et la lame est droite. Cela a des avantages comme des inconvénients…

Jusqu'à ce qu'ils descendent de poney une fois à l'auberge, il lui expliqua beaucoup de choses sur les armes. Mais à peine fut-elle à terre qu'elle fut étouffée par deux bras musclés.

-Anna ! Tu vas bien ? Il n'a pas trop râlé ? Tu n'es pas morte d'ennui ?

-Kili, le tança-t-elle en se dégageant. Je vais très bien, nous avions une discussion très intéressante jusqu'à ce que tu m'agresses…

-Moi, t'agresser ? fit-il avec son air de chien battu.

Elle lui donna un coup dans l'épaule.

-Arrête, ce regard-là ne marchera jamais avec moi.

-Ah oui ? fit une autre voix.

Anna se tourna.

-Fili…

Le voir lui faire un regard tout attendrissant style Chat Potté dans Shrek la fit frissonner. Sa bouche devint sèche.

-Ah…

Le corps massif de Dwalin apparut soudainement entre les deux et Anna réussit à reprendre sa respiration.

-Maître Dwalin, fit Fili, tout à coup moins sûr de lui. Vous tombez bien, je voulais vous demander quelque chose !

-Hm ?

-Je pensais emmener An… demoiselle Anna chez le forgeron pour lui trouver un bon arc. J'ai assez de sous pour lui offrir.

-Soyez de retour dans une heure maximum, fit le guerrier.

« Eh ben ça c'était une réponse rapide… ». Kili allait suivre Anna et son frère quand une main se posa sur son épaule. C'était Dwalin.

-Pas toi, sale garnement. Jamais je ne laisserai la petite sous ta surveillance…

Et avec ça il le força à entrer avec les autres malgré ses protestations.


Donc... on en sait plus sur Thomas, le grand frère d'Anna, et sur elle.

Par rapport au passé de Dwalin, c'est pure invention de ma part ^^ je voulais justifier toutes ces attentions "paternelles" qu'il a pour Anna. J'aime ce côté gros nounours chez ce personnage.

Et, nous avons le premier vrai tête à tête entre Fili et Anna qui arrive !

A bientôt pour la suite, n'oubliez pas de laisser une review en passant, ça compte vraiment beaucoup ! Bisous !