Je suis en retard et je n'ai aucune excuse... désolée !

Anga27 : merci pour ta review, j'espère que ça va continuer à te plaire.

Bonne lecture !


Tu es mon nouveau monde

Chapitre 26 : Elle est mon Amrâlimê, mon Unique, mon Étoile

Anna lâcha ses flèches, qui partirent en sifflant. L'orc pâle eut à peine le temps de se tourner vers elle que trois flèches transperçaient son bras, ressortant de l'autre côté. Fili tomba en chute libre. Anna retint son souffle, voyant son amant tomber… et atterrir lourdement dans les bras de Kili qui avait eu un heureux réflexe.

Kili aida son frère à tenir debout. Tout le monde, nains, hobbit et orcs, s'était tourné vers la jeune femme à l'air déterminé. Un genou à terre dans la brume, arc bandé prêt à tirer, cheveux au vent, du sang ennemi tâchant son visage blanc, on aurait dit une déesse vengeresse, guerrière sauvage et dangereuse. Une arme.

Elle commença à tirer ses flèches. Les sbires entourant Azog tombaient un à un comme des mouches. L'orc pâle poussa un rugissement de rage terrifiant et se précipita à l'intérieur de la tour.

Anna laissa là son arc et ses flèches, et sortit de son fourreau la longue épée qui pendait à sa taille. Protéger la lignée de Durin. Sauver ses amis. Sa famille. Se sacrifier pour eux, pour qu'ils vivent. Voilà pourquoi elle avait été envoyée. Et elle tenait droite.

Elle se dépêcha de rejoindre les trois descendants de Durin, et ensemble ils partirent à l'assaut de la tour. Dwalin était parti aider Bilbo contre d'autres orcs.

Thorin engagea un duel violent contre l'orc pâle. Kili se battait près de la falaise. Anna avait décidé de nettoyer la tour et fut épaulée par son amant. Ils faisaient un massacre. Une fois la tour dégagée de toute présence ennemie, Anna comptait aller se battre aux côtés de Kili.

C'est là qu'elle croisa Tauriel dans les niveaux inférieurs.

-Tauriel ?

-Anna ?

-Que faites-vous ici ? demanda Fili.

-Bolg mène des légions d'orcs de Gundabad. Ils vont arriver d'une minute à l'autre, Ravenhill sera encerclée.

Anna se contenta de hocher la tête, et resserra sa prise sur son épée.

-Allez avec Kili vers la falaise. Nous prenons l'esplanade supérieure, ordonna rapidement la jeune femme.

-Bien.

Tauriel partit de son pas léger dans la direction opposée. Fili suivit Anna qui semblait bien savoir ce qu'elle faisait.

-Fili, écoute-moi bien.

-Je déteste quand tu commences tes phrases de cette façon.

-Je dois tuer Bolg, dit-elle en insistant bien sur le « je ». J'ai besoin que tu me couvres pendant que je m'occupe de cette saloperie d'orc.

-Il est trop fort pour toi ! C'est de la folie ! Je m'en charge.

-Non ! Tu ne peux pas… Tu mourrais… J'ai une mission à accomplir. J'ai besoin de ton aide.

Ils s'étaient arrêtés, elle le tenait par les deux bras. Fili soupira.

-Entendu.

Il l'embrassa passionnément, et la suivit à nouveau. Aussi discrètement que possible, courbés en avant, ils progressaient rapidement dans les ruines de Ravenhill. Ils n'avaient rencontré pour le moment que quelques orcs isolés heureusement, mais ils savaient qu'un long et dur combat les attendait. Ils se plaquèrent contre la roche lorsqu'une nuée de chauve-souris immenses passa au-dessus de leurs têtes en piaillant.

-Restons sur nos gardes, conseilla Fili. Je peux sentir leur présence dans ma chair…

-Shh… répondit Anna en fermant les yeux, posant le bout des doigts au sol. Ils arrivent. Je sais où est Bolg, mais il faudra se débarrasser d'une petite cinquantaine d'orcs avant.

-Et c'est le sol qui t'as dit ça ? ironisa Fili.

-Les vibrations que l'on ressent lorsqu'on pose sa main au sol ne peuvent provenir que d'une armée en marche. Je sais par mes visions que Bolg est entouré d'une cinquantaine de gardes du corps. Tauriel a confirmé qu'il marchait en tête des troupes. Donc oui, c'est bien le sol qui me dit que Bolg et ses sbires sont dans le secteur. Maintenant silence, où ils vont nous repérer.

Fili resta muet après son explication. Elle était vraiment étonnante. Elle s'arrêta une nouvelle fois, mais cessa entièrement de bouger pendant trois secondes. Elle posa sa main sur son ventre et eut un sursaut.

-Anna ? chuchota Fili.

-J'ai la nausée…

A peine avait-elle prononcé ces mots qu'elle se pliait en deux et vomissait. Fili la prit par les épaules et la serra doucement contre lui.

-Il arrive…

-Tu n'es pas en état de l'affronter, répliqua le blond.

-Je le dois. C'est sa mort, ou la tienne, celle de ton frère, et celle de ton oncle.

Fili la relâcha immédiatement, choqué.

-Qu… quoi ?!

-Je suis désolée, j'aurais dû t'en parler, sanglota la jeune femme. Mais je ne savais pas comment, j'avais peur…

Fili secouait la tête, les yeux dans le vide.

-Je t'aime et je ferais n'importe quoi pour toi, dit-elle en plantant ses yeux dans les siens.

Avec ça elle se détourna, et courut sur la gauche, épée au clair. Un grondement se fit entendre. Elle se baissa, évitant ainsi l'arme de Bolg.

Fili se lança mécaniquement dans la bataille, tuant les orcs qui entouraient leur ennemi pour offrir une chance à Anna d'accomplir sa mission. Ses gestes étaient précis, fluides, mortels. Il économisait autant que possible son énergie, même si celle-ci semblait illimitée. Il se sentait fort. Il avait un but, un rêve à protéger. Un futur. Alors qu'il se battait, des souvenirs passaient comme des flashs devant ses yeux.

L'air incrédule qu'elle avait la première fois qu'ils s'étaient vus. Son air paisible et détendu lorsqu'elle était endormie. Ses chansons. Ses débuts difficiles au combat, et ses progrès fulgurants. La panique qu'il avait ressenti quand elle s'était faite agressée, quand elle avait failli mourir plusieurs fois. Leurs disputes. Son sourire d'enfant ravie quand l'un d'eux la félicitait pour quelque chose. Leur première fois. Son légendaire sens de la répartie, ou plutôt son don pour dire des bêtises aussi grosses qu'un oliphant. Ses tendances suicidaires. Son petit sourire timide et la délicieuse rougeur qui enflammait ses joues quand il la complimentait ou lui chuchotait des mots doux. Et deux grands yeux, bleus, qui le regardaient. Dedans, l'infini.

Mahal, combien il l'aimait ! Il ferait n'importe quoi pour elle, il la protégerait de sa vie sans hésiter. Aujourd'hui il ne faillirait pas. Il accomplira son devoir jusqu'au bout. Il devait la protéger. Il n'avait failli à ce devoir que trop de fois par le passé. Il jura entre ses dents que ce jour ne viendrait pas s'ajouter à la longue liste de ses fautes envers elles.

Une nouvelle ardeur s'empara de lui, et il devint encore plus meurtrier.

Anna de son côté serrait les dents. Bolg était jusqu'ici le plus redoutable adversaire qu'elle ait eu à affronter, sans surprise. Cet orc était vicieux, fort, malin… Et rompu à l'art du combat. Elle n'avait réussi qu'à lui faire une ridicule entaille sur le bras, et il ne semblait même pas l'avoir remarqué. Elle avait déjà une entaille peu profonde à l'arcade sourcilière gauche, une estafilade sur le dos, et une autre sur la cuisse, heureusement pas trop sérieuse. Le sang coulait sur son visage. L'épais liquide chaud collait à la peau, brouillait légèrement la vue de son œil gauche, et laissait un goût métallique sur le coin de sa bouche.

Elle faisait de son mieux pour esquiver, et ne parait les coups que lorsque cela était vraiment nécessaire. Les attaques de ce monstre étaient si puissantes que les bras de la jeune femme en tremblaient dès que leurs lames se rencontraient. Elle savait que si elle continuait ainsi, elle serait épuisée avant d'avoir pu le blesser mortellement. Elle cherchait désespérément une tactique, une idée pour le battre.

Ils étaient au bord de la falaise à présent. Kili et Tauriel étaient plus haut sur une corniche, se battant également. Fili contenait du mieux qu'il le pouvait les orcs qui venaient vers eux. Anna para un coup de Bolg.

-C'est tout ce que tu as ? cracha la créature, la prenant au dépourvu.

-Tu n'as encore rien vu, bestiole transgénique ! répliqua Anna.

Au lieu d'être décontenancé, l'horrible humanoïde éclata d'un rire gras.

-Une faible petite femelle… Tu crois vraiment faire le poids face à Bolg, fils d'Azog le Profanateur ? Je vous écraserai comme la misérable vermine que vous êtes, toi, ton enfant et ce stupide nain qui croit pouvoir te protéger !

Anna se décala pour éviter un coup de taille et réussit à le blesser dans les côtes. Soudain ses paroles la frappèrent comme un poing dans l'estomac.

-M… Mon… enfant… Mon enfant ?!

La peur, l'incompréhension, le désarroi l'envahirent brutalement. Bolg se lécha les babines en s'approchant.

-Petite idiote… Je prendrai du plaisir à vous tuer, toi et l'héritier de cette lignée de lâches.

Anna vit rouge. Sa poigne sur son épée se serra et elle sembla se ressaisir. Elle bondit et abattit son épée de toutes ses forces sur l'épaule de Bolg. Celui-ci para mais trop tard, et la lame d'Anna crissa contre la sienne avant de déchirer sa chair.

-Je te tuerai de mes mains s'il le faut, gronda-t-elle. Mais tu ne toucheras pas à un cheveu de mes amis !

Avec un cri de rage elle l'assaillit de toutes parts, mettant toute sa force dans chaque coup, toute sa volonté dans chaque mouvement. Aveuglée par la haine pure, elle ne se rendit pas compte qu'elle avait entraîné son ennemi à l'écart. Seuls sur une petite corniche, ils se livraient un duel féroce et sans pitié. Bolg, d'abord surpris du regain de vigueur de son opposante, était maintenant concentré à l'extrême, prêt à tout pour la tuer. Un premier choc violent fit voler l'épée d'Anna et l'envoya vers le sol. Elle accepta la chute et se servit de cet élan pour rouler plus loin, hors de portée. Elle sortit ses deux dernières dagues, de beaux coutelas d'une trentaine de centimètres environ. Elle repartit à l'assaut presque immédiatement. Elle fléchit les jambes, se baissa pour éviter un coup qui l'aurait décapitée, feinta à gauche, bondit sur un rocher à droite et réussit à sauter sur le dos de l'orc, plantant ses deux poignards dans sa poitrine, toutefois trop haut pour que les blessures soient mortelles. L'orc la saisit par le bras et la balança avec une violence inouïe contre le mur en pierre des ruines qui les entourait. Anna, sonnée, mit beaucoup de temps à se relever. Fili, juste au-dessus, paniqua et sauta entre Bolg et la jeune femme au sol. Il réussit à détourner l'attention de l'orc suffisamment longtemps pour qu'Anna puisse se relever et reprendre ses esprits.

Sauf qu'il avait oublié un détail. Anna l'avait pourtant prévenu. Il ne para pas assez rapidement. Une première entaille, peu profonde, laissa une ligne rouge de son épaule gauche à sa hanche droite. Une lame fut plantée dans sa cuisse droite. Il tomba au sol, hébété, quasi-inconscient.

-FILI !

Le cri à glacer le sang d'Anna retentit dans tout Ravenhill. Elle venait de se relever pour le voir tomber. Elle fonça tête baissée sur Bolg et réussit à le faire chanceler. Elle ramassa une lame par terre et la planta de toutes ses forces dans le ventre de l'orc. Celui-ci semblait indestructible, et grogna à peine sous le coup. Il retira une dague et déchira le flanc de la jeune femme avec. Elle pâlit en criant sa douleur. Il la gifla violemment, fendant sa lèvre inférieure. Anna dodelina de la tête, relâchant sa garde juste assez pour que Bolg la saisisse fermement par l'épaule droite. Elle vit le bout pointu de sa masse d'armes au-dessus d'elle, et ferma les yeux, refusant d'assister à sa propre mort. Puis soudain elle sentit que la poigne de l'orc avait disparue, et elle atterrit lourdement sur le sol. Elle entrouvrit les yeux.

L'elfe blond de Mirkwood était là. Legolas venait de lui sauver la vie… Elle ne réfléchit même pas et décida de lui faire confiance pour s'occuper de ce monstre. Elle se releva avec peine et se précipita auprès de Fili, qui peinait à rester conscient.

-Anna… murmura-t-il.

-Je suis là, sanglota-t-elle. Je suis là. Tout va bien.

-Je suis… désolé…

-Non, shh… Ne dis rien. Je vais nous sortir de là.

Sans plus se préoccuper du duel épique qui se déroulait à quelques mètres de là, Anna se remit debout, et avec force cris de rage et de douleur mêlés, réussit à passer Fili en travers de ses épaules. Elle rassembla ses dernières parcelles d'énergie et se traîna jusqu'à une petite caverne où elle tenait à peine debout. Elle assit son amant contre la paroi aussi délicatement que possible, et s'agenouilla près de lui.

-Tu vas vivre, sourit-elle faiblement. Nous avons réussi.

-Tu as réussi, corrigea Fili sur le même ton. Je t'aime, Amrâlimê.

-Je t'aime aussi.

Ils se pressèrent l'un contre l'autre, leurs mains cherchant fiévreusement à toucher chaque parcelle de peau de l'autre, leurs lèvres indissociables, dans une étreinte aussi violente que passionnée. En quelques instants seulement leur ardeur se calma, leur baiser se fit plus lent, plus langoureux.

-Je t'aime, souffla Anna en lui glissant quelque chose dans la main.

Fili la regarda avec tendresse. Puis sa tendresse se transforma subitement en panique. Elle avait glissé au sol, les yeux fermés.

-Anna ? ANNA !

Il vérifia son état, la panique augmentant à chaque blessure découverte. Elle était pâle comme la neige. Elle perdait bien trop de sang. Il avait beau l'appeler, la secouer, elle ne répondait pas. Elle avait un air étrangement serein. Du sang perlait de sa lèvre fendue. Il tenta de l'embrasser, faisant abstraction du goût métallique qui se répandait dans sa bouche, mais rien n'y fit. Il sentait son cœur se serrer si fort qu'il aurait voulu hurler de douleur, mais aucun son ne sortit. Sa souffrance était trop grande. Il la souleva comme une jeune mariée. Son corps inerte reposait entre ses bras. Il sortit de la caverne à pas lourds, ivre de chagrin.

Combien de temps a-t-il marché ? Il ne saurait le dire. Rien n'avait plus d'importance, le monde était gris. Sur la grande esplanade de glace, au milieu, il s'écroula sur ses genoux, poussant un long cri déchirant vers la voûte céleste. Dwalin et Bilbo arrivèrent en courant, mais se stoppèrent net, choqués. Tauriel. Kili. Thorin, qui avait tué Azog entre temps. Legolas qui avait tué Bolg. Thranduil, apparu on ne sait comment. Ils arrivaient au bord de l'esplanade les uns après les autres, et se figeaient face à la scène se déroulant sous leurs yeux.

Anna reposait dans les bras de Fili, inanimée. Fili la serrait contre lui en murmurant une berceuse. Les larmes coulaient librement le long de ses joues, laissant des traînées sales et grises. Son cœur se déchirait lentement, c'était une torture insoutenable. Il serra Anna plus fort contre lui. Comment pouvait-il la laisser partir ? Le visage noyé de larmes, une douleur infinie dans le cœur, il se pencha pour donner à sa bien-aimée un dernier baiser d'adieu.

-Attendez ! lâcha Thranduil d'une voix forte où résonnait l'incrédulité.

Là-haut, le vieil homme retient son souffle. Il se tourne lentement vers l'épais grimoire sur le pupitre au centre de la pièce. La page qui était en train de se tourner s'arrêta juste avant d'être entièrement tournée. Le vieil homme ferma les yeux avec un sourire triste.

-Les dés sont jetés.

Tout le monde s'était tourné vers Thranduil, le même air médusé flottait sur tous les visages. Fili jetait un lourd regard au seigneur elfe.

-Laissez-nous en paix, gronda Thorin.

Thranduil l'ignora superbement et à la surprise de l'assemblée, s'agenouilla près d'Anna, de l'autre côté de Fili.

-Serait-il possible… ? murmura le nain.

Thranduil ne répondit pas, scrutant le corps de la jeune femme.

-Je vous en supplie Roi Thranduil, Seigneur de Mirkwood, faites ce que vous pouvez pour la ramener… Elle est mon Unique, mon Amrâlimê. Mon Étoile du Nord. Elle est tout ce que j'ai…

Le roi elfe posa sa main sous le cou d'Anna, murmurant des paroles anciennes comme le monde. Il fronça les sourcils, avant de retirer sa main.

-Cela ne se peut, à moins…

Son regard glacial tomba alors sur le bracelet.

-Elle ne mourra pas, mais ce sera à elle de faire le chemin jusqu'à vous, souffla inaudiblement Thranduil avant de se relever et partir sans se retourner.

Legolas et Tauriel partirent à sa suite, non sans avoir lancé un dernier regard compatissant au nain blond qui pleurait en silence sur le corps de sa bien-aimée.

Gandalf, Dain, Bard, quelques humains ainsi que le reste de la Compagnie arrivèrent à ce moment-là, pensant arriver au milieu d'une bataille sanglante entre leurs amis et les hordes d'Azog. Aussi le choc fut-il d'autant plus violent lorsqu'ils virent Fili prostré sur le corps sans vie d'Anna. Bofur fut le premier à poser un genou en terre, la tête baissée. Il enleva son chapeau et le plaça sur son cœur. Dwalin fit de même, ramenant son poing fermé sur son cœur. Bard. Kili. Thorin. Balin. Tous. Tous rendirent un douloureux hommage silencieux à l'étrange jeune femme qui était apparue quelques mois plus tôt et s'était sacrifiée pour la victoire.

-Tu avais à peine seize ans… articula Kili avec peine. Tu étais ma meilleure amie, tu étais comme une petite sœur. Tu avais un don incroyable pour le tir à l'arc. Je suis honoré de t'avoir connue et de m'être battu à tes côtés.

Thorin approuva d'un léger signe de tête la déclaration de son neveu. Dwalin fut le suivant à prendre la parole.

-Je te considérais comme ma fille. Tu avais un grand potentiel pour le combat, et je suis fier d'avoir pu t'enseigner cet art. Je suis honoré de t'avoir connue et de m'être battu à tes côtés.

-Nous nous connaissions peu mais j'ai toujours admiré votre courage. Je suis honoré de vous avoir connue et de m'être battu à vos côtés, ajouta le hobbit au bord des larmes.

-Tu n'étais qu'une enfant, tu avais l'envie de vivre et l'optimisme de la jeunesse. Je suis honoré de t'avoir connue et de m'être battu à tes côtés, dit Balin.

-Tu étais la meilleure aide en cuisine que j'ai jamais eu. Je suis honoré de t'avoir connue et de m'être battu à tes côtés, fit Bombur.

-Tu étais une bonne chanteuse et une danseuse hors pair, et je me souviendrai à jamais des mélodies que nous avons partagées, mon amie. Je suis honoré de t'avoir connue et de m'être battu à tes côtés, lança Bofur avec conviction.

-Tu étais toujours gentille avec moi et tu m'as appris tant de choses, jamais je ne pourrais assez te remercier, sanglota Ori. Je suis honoré de t'avoir connue et de m'être battu à tes côtés.

-Je ne crois pas qu'on ait déjà eu une vraie discussion, fit Bifur – en langue commune ! Mais tu étais une fille bien, je le sais. Je suis honoré de t'avoir connue et de m'être battu à tes côtés.

-Ton manque de manière était insupportable, mais il me manquera à jamais, lâcha Dori avec émotion. Je suis honoré de t'avoir connue et de m'être battu à tes côtés.

-J'ai surtout été là pour te soigner après tes crises suicidaires, mais je n'échangerai ces souvenirs pour rien au monde. Je suis honoré de t'avoir connue et de m'être battu à tes côtés, dit Oïn.

-Ton sens de l'humour et tes répliques légendaires resteront gravées dans ma mémoire, ma jeune amie, ajouta Nori. Je suis honoré de t'avoir connue et de m'être battu à tes côtés.

-Tu étais toujours en train de parler, et je n'en pouvais plus sur la route, mais tes questions absurdes et ton entrain me manqueront. Je suis honoré de t'avoir connue et de m'être battu à tes côtés, prononça Gloïn avec force.

-Je ne t'ai pas connue, mais ta disparition ne m'afflige pas moins. Je suis honoré de m'être battu à tes côtés, fit Dain.

-Tu étais une jeune fille pleine de vie et de rêves. Tu passeras dans la légende et je te promets que ton souvenir ne s'effacera jamais de nos mémoires. Je suis honoré de t'avoir connue et de m'être battu à tes côtés, dit Bard.

Thorin releva la tête, posant ses yeux brillants de larmes sur le corps de la jeune fille.

-Anna… Je n'ai pas été juste envers vous. Vous avez prouvé à de maintes reprises qu'une femme, et plus encore, une enfant, peut se battre pour une cause, peut gagner une bataille et une guerre. Vous avez tenu tête à des rois, vous avez tué un dragon, vous avez défendu cette Compagnie au péril de votre vie, vous avez sauvé la vie de mes neveux. De la loyauté, de l'honneur, et un cœur vaillant. Vous avez mérité votre place autant que les autres dans cette Compagnie et à Erebor. Malgré vos tendances suicidaires et votre tendance à ouvrir la bouche avant de réfléchir. Je suis honoré de vous avoir connue et d'avoir combattu et vaincu à vos côtés.

-Puissiez-vous reposer en paix, conclut Gandalf avec un sourire triste.

-Adieu Amrâlimê, lâcha Fili dans un souffle.

Il allait se relever, emportant le corps avec lui pour enterrer son Unique dans la crypte d'Erebor, quand un rayon de lumière se posa sur la jeune femme. Le rayon devint de plus en plus intense. Le corps sans vie d'Anna se mit à flotter dans les airs, s'élevant jusqu'à trois mètres au-dessus du sol sous les yeux médusés de l'assistance. Elle était là, sans vie, le corps à l'horizontale, les bras ouverts comme deux ailes imaginaires, nimbée dans une lumière blanche éclatante. La lumière s'intensifia progressivement, jusqu'à être si puissante que tout le monde tourna la tête en fermant les yeux. Lorsqu'ils regardèrent à nouveau, il n'y avait plus rien. La lumière, Anna, disparues.

Le son mat d'une chute attira l'attention générale. Fili avait perdu connaissance. Dans son poing serré, le collier d'Anna.


Ne me haïssez pas ! On arrive donc avec ce chapitre à la fin du Tome 3 : La Bataille des Cinq Armées. Mais ne partez pas, il y a une suite ! Dans deux semaines vous aurez le chapitre 27, le premier chapitre du Tome 4. Alors à dans deux semaines, bisous mes p'tits chous !