Hello mes p'tits chous !
Anga27 : merci ^^ et non, je n'ai pas prévu d'écrire une fiction sur Thorin, désolée. C'est juste que je ne suis pas tentée.
fabienne.2869 : merci beaucoup :) oui j'ai beaucoup aimé écrire la scène de fiançailles. Et pour Gandalf... bah on le connaît, ce n'est pas la personne la plus fiable de la Terre du Milieu ! XD
Triskelle sparrow : merci beaucoup ^^ bah le but est aussi de faire rire alors c'est une bonne chose :) j'espère que tu aimeras la suite.
Bonne lecture !
Tu es mon nouveau monde
Chapitre 32 : Le retour des guerriers
Le chemin jusqu'à la salle du trône fut court mais compliqué. Anna ayant un sens de l'orientation toujours aussi redoutable et redouté, elle était déjà perdue. Mais heureusement, Dis avait grandi ici avant l'arrivée de Smaug et vivait à nouveau dans ces lieux depuis quelques années, alors elles arrivèrent sans encombre à destination.
Dis se plaça au premier rang comme le reste de la Compagnie, et fit signe à Marie de s'asseoir à côté d'elle. Une vague de murmures suivirent ce geste peu protocolaire. En effet, personne à part la Compagnie et Dis ne connaissait la jeune humaine – rétrécie à une taille naine. Pour la foule elle n'était qu'une nouvelle naine, aussi la voir assise au premier rang, comme une personne de haute importance, était assez impensable pour ce peuple très attaché à ses traditions. En plus avec son bébé dans les bras, et aucun homme pouvant possiblement être son mari et le père du bébé à ses côtés !
Anna avait rejoint d'un pas digne et fier les deux neveux de Thorin, et ce dernier lui adressa un sourire bienveillant depuis son trône. Elle se plaça entre son fiancé – ça lui faisait bizarre de penser ça – et son meilleur ami, un pas en retrait. Thorin se leva et se campa face à la foule.
-Peuple d'Erebor ! lança-t-il avec force, mettant fin aux murmures. Aujourd'hui est un jour heureux ! Mes neveux, les Princes Fili et Kili, fils de Vili et Dis, sont de retour !
Des applaudissements et des cris de joie retentirent dans la salle. Thorin leva la main pour calmer l'agitation et attendit quelques secondes que le silence revienne.
-Mais ils ne sont pas revenus seuls ! Chacun d'entre vous connaît l'histoire de la Bataille des Cinq Armées, et comment le courageux sacrifice d'une jeune femme nous a permis de vaincre le Profanateur et ses troupes. Cette jeune femme était apparue dans notre monde au moment où nous avions besoin d'elle, et a fait preuve d'une totale abnégation et d'une loyauté sans faille envers notre peuple qu'elle ne connaissait pourtant pas. Peuple d'Erebor, j'ai l'immense honneur, et le plaisir, de vous apprendre qu'elle n'est pas morte ce jour-là. La grande guerrière Anna, héritière de Mahal, est de retour parmi nous !
Une immense ovation éclata alors que Thorin fit signe à Anna d'avancer. Les exclamations des nains résonnèrent de plus belle dans la voûte lorsqu'elle brandit son épée devant elle en guise de salut. Elle réussit quand même à chuchoter quelque chose à Thorin plus ou moins discrètement :
-Vous n'avez pas l'impression d'en faire un peu trop ? Je veux dire, je suis seulement un membre de la Compagnie au même titre que les autres, j'étais même plutôt un fardeau sur la route.
-Comme je l'ai dit, tu as fait preuve d'une abnégation et d'une loyauté exemplaire, et tu n'as pas hésité à te sacrifier pour sauver la vie de mes neveux et la mienne. Fili m'a tout raconté. Tu mérites cette célébration, vois ça comme des excuses de ma part.
-Je vous ai pardonné il y a longtemps, répondit-elle avec un sourire sincère.
Il hocha respectueusement la tête avant de se tourner à nouveau vers son peuple.
-Maintenant, nous fêtons le retour des Princes et de l'héritière de Mahal. Mais ce soir, nous fêterons une nouvelle des plus réjouissantes ! Le Prince Fili a trouvé son Unique ! Un grand banquet sera donné ce soir pour leurs fiançailles !
La foule éclata à nouveau en cris joyeux et applaudissements, avant de se disperser. Anna rejoignit rapidement Dis et Marie.
-Eh bien jeune fille, l'interpella gentiment Dis. On m'avait dit que tu avais tendance à envoyer paître le protocole et faire des entrées fracassantes, je suis presque déçue par ton exemplarité.
Anna gloussa face à l'air goguenard de la mère de son fiancé. Elle adorait cette femme, c'était officiel.
-J'avais besoin de faire bonne impression, dit-elle en haussant les épaules. Les nains d'Erebor ne me connaissent pas, je préfère leur garder la surprise.
Marie leva les yeux au ciel alors que le sourire de Dis s'élargissait. Les trois jeunes femmes restèrent un instant entre elles. Des nombreux petits groupes étaient répartis dans la salle, discutant tranquillement. Les membres masculins de la Compagnie s'étaient rassemblés entre eux un peu plus loin.
Dis était en train d'expliquer à Anna et Marie comment elle avait dû persuader Thorin, lorsque Vili avait manifesté son désir de l'épouser. L'anecdote comprenait des nombreux cris, quelques coups et une naine en colère qui avait poursuivi son frère pendant des heures, faisant rire les deux plus jeunes. La sœur de Thorin allait raconter comment Vili et elle s'étaient rencontrés, mais se stoppa, le regard fixé sur quelqu'un derrière Anna et Marie.
-Raënna, dit-elle avec un sourire figé qui sonnait faux.
-Dame Dis, salua la nouvelle venue avec le même sourire. Je suis navrée mais nous sommes arrivées un peu en retard, lorsque notre Roi annonçait les fiançailles du Prince Fili. Vous connaissez déjà ma fille, je crois ?
-Rana, c'est bien ça ? fit Dis en accordant un léger signe de tête à la plus jeune.
-Oui, Dame Dis, salua une jeune fille en exécutant une révérence parfaite.
La mère et la fille posèrent ensuite le même regard hautain et méprisant sur Marie et Anna, les regardant de haut en bas dubitativement.
-Oh, laissez-moi faire les présentations. Dame Raënna, sa fille Rana, fit Dis en désignant les deux naines d'un geste du bras. Raënna est la femme d'un proche conseiller de Thorin, et descend d'une longue lignée noble.
-Une lignée riche et très influente, compléta Raënna avec un sourire suffisant.
-Oui, quoiqu'il en soit, ajouta Dis en balayant la remarque d'un gracieux geste de la main, je ne crois pas que vous connaissiez ces deux jeunes femmes.
-Je connais toutes les personnes dignes d'être connues pourtant, lança Raënna avec un sourire goguenard en direction d'Anna et Marie.
Marie tressaillit à l'insulte à peine masquée, mais Anna carra les épaules en se redressant, la main sur le pommeau de son épée.
-Une femme avec des armes ? s'offusqua Raënna. Enfin, jeune fille, c'est totalement inconvenant, c'est une honte ! Vos parents ne vous ont donc pas éduquée ?
La poigne d'Anna autour de son épée se raffermit et son sourire disparut. Son sang se mit à bouillir dans ses veines, et sa vision se troubla un instant sous l'effet de la colère. Marie posa une main apaisante sur son bras, et étonnamment, ce fut elle qui fit un pas en avant et se planta face aux deux naines les mains sur les hanches après avoir placé Maëlia dans les bras de Dis.
-Nous n'avons pas relevé le fait que nous ne sommes apparemment pas dignes d'être connues selon vous, et ne croyez pas que nous n'avons pas compris l'insulte grossièrement masquée dans votre commentaire, dit-elle d'une voix aussi froide et tranchante qu'une lame de glace. Vous auriez dû vous arrêtez là. Je vous estime quant à moi indignes d'être seulement en notre présence ! Je n'aurais même pas dû m'interposer, je devrais la laisser vous couper la langue.
Elle désigna Anna d'un mouvement du menton. Rana pâlit considérablement et Raënna fusillait Marie du regard.
-Petite insolente, commença-t-elle.
-Je n'ai pas fini ! fit Marie en levant une main. C'est effectivement regrettable que vous soyez arrivées en retard, vous avez manqué une annonce très importante. Peut-être, entre deux séances de commérages de bas étage, avez-vous entendu parler d'Anna, héritière de Mahal, guerrière de la Compagnie de Thorin Oakenshield. Vous savez, la jeune fille qui, à seize ans à peine, a aidé Bard à tuer un dragon, et a combattu dans la Bataille des Cinq Armées, sauvant ainsi les Princes Fili et Kili, ainsi que le Roi Thorin, face à Azog le Profanateur ?
Raënna hocha négligemment la tête.
-Alors maintenant devinez qui est la jolie guerrière qui se tient juste derrière moi et qui voudrait vous trancher la tête à cause de votre commentaire extrêmement déplacé sur ses parents ?
Les deux naines écarquillèrent les yeux avec un mouvement de recul. Elles se reprirent rapidement et plongèrent dans des révérences précipitées.
-Je ne savais pas que vous étiez vivante, bredouilla Raënna. Je ne savais pas que c'était vous…
Anna souffla de colère et d'exaspération. Cette femme lui donnait des envies de meurtre.
-Non, en effet, mes parents ne m'ont pas éduquée. Mon père a abandonné ma mère lorsqu'il a appris qu'elle était enceinte de moi. Ma mère est morte à ma naissance. J'ai été élevée dans un orphelinat puis je suis allée vivre avec mon frère. Il est mort lui aussi récemment, laissant derrière lui sa femme enceinte, dit-elle avec une colère à peine contenue, désignant Marie qui avait repris Maëlia. Maintenant si vous osez encore une fois faire un commentaire méprisant à propos de cela, je jure sur la mémoire de mon frère que vous le regretterez amèrement. Très amèrement.
Le sous-entendu dans sa voix fit frissonner les quatre autres femmes présentes.
-Serait-ce là une menace ? grogna Raënna – Rana s'était cachée derrière les jupes de sa mère après que Marie les ait remises à leurs places.
-Non, c'était une promesse, sourit Anna. Laissez-moi vous montrer. Si vous osez nous manquer de respect une nouvelle fois je vous trancherai la langue. Ça, c'était une menace. Vous voyez la différence ?
Dis retenait son début de rire derrière un sourire poli difficilement maintenu. Raënna déglutit mais se reprit et offrit un sourire faux à Anna.
-Nous avons commencé du mauvais pied, dit-elle mielleusement. Vous êtes donc Anna. Et votre amie, qui est-ce ?
-Marie. Et ma fille s'appelle Maëlia, dit froidement Marie.
-Nous sommes enchantées de faire votre connaissance, sourit Rana.
-Ce n'est pas réciproque, grommela Anna discrètement, faisant pouffer Marie.
-Oh, mais nous oublions le sujet principal, fit Raënna en reprenant son sourire, s'adressant à Dis. Les fiançailles de votre fils, le Prince Fili, quelle bonne surprise, félicitations ! Mais Thorin n'a pas dit qui allait devenir l'heureuse Princesse et future Reine…
Anna allait parler mais Dis lui fit un signe discret.
-Voyons, mère, fit Rana d'un air suffisant. Je connais le Prince depuis toujours et j'ai toujours été la naine la plus proche de lui. Nous savons toutes les deux qu'il a fait le choix le plus avantageux pour lui. Je lui avais dit, avant qu'il parte pour cette stupide aventure, que je l'attendrai. Il ne m'a pas oubliée, comment aurait-il pu ?
Marie faillit s'étouffer dans son rire, Anna hésitait entre exploser de rire ou étrangler les deux naines. Dis maintenait avec difficulté sa façade calme et affable.
-Puisque vous semblez si sûre de vous, très chère, sourit finalement l'aînée, pourquoi ne pas attendre ce soir, je ferais semblant d'être surprise.
Raënna éclata d'un rire purement conventionnel et inclina une dernière fois la tête avant de s'éloigner, suivie par sa fille.
-Rana, ça veut dire grenouille en italien, lâcha Anna.
Marie repartit de plus belle dans une crise de rire, suivie par Anna.
-Allons, jeunes filles, toussota Dis. Reprenez-vous, il est temps d'aller déjeuner.
Elles partirent dans la salle à manger royale, retrouvant la Compagnie autour de la table. Le repas se passa dans une excellente ambiance, Marie se régala d'anecdotes que les nains avaient à raconter sur Anna, qui les rembarrait gentiment, mais ne pouvait cacher l'affection qu'elle avait pour chacun d'entre eux. Anna s'était assise entre Fili et Nori. Ce dernier fouilla un moment dans sa poche avant de tendre un carnet de cuir à son amie.
-Oh, merci Nori, qu'est-ce que c'est ?
-C'est… c'est pour toi. Ori l'avait fait lui-même, nous l'avons aidé à le compléter. Il m'a chargé de le déposer au mémorial lorsqu'il est parti, mais je n'ai jamais eu le courage d'y aller, alors le voilà.
-Lorsqu'il est parti ? C'est vrai ça, où est-il ? Et où sont Balin et Oïn ? s'étonna Anna.
-Balin a monté une expédition il y a quatre ans, intervint Bofur. Ils sont partis reconquérir l'ancien royaume de la Moria. Balin est devenu le Seigneur des lieux, c'est ce qu'il racontait dans sa dernière lettre.
-Mais je n'en avais jamais entendu parler, lâcha alors Kili.
-Ce n'est pas étonnant, dit Thorin. Vous êtes partis depuis quarante-neuf ans. On est en janvier 2993.
L'annonce jeta un léger froid pendant quelques instants, les deux Princes se regardaient avec des yeux ronds pendant que Anna essayait d'assimiler ce que le Roi venait d'annoncer. Pour alléger l'atmosphère, elle décida d'ouvrir le carnet et déchiffra avec difficulté les runes de la première page.
-C'est… mon histoire ? s'étonna-t-elle. De Bag-End jusqu'à ma… enfin quand je suis… quand j'ai…
Nori hocha joyeusement la tête.
-Mais c'est génial ! s'exclama-t-elle. Merci !
Elle lui claqua un bisou sur la joue, le rendant écarlate.
-Hey, pourquoi il a droit à un bisou lui ? s'offusqua Fili, les poings sur les hanches.
-Parce qu'il m'a offert un cadeau, répondit Anna en haussant les épaules.
-Je t'ai demandée en mariage hier et je t'ai offert une bague de fiançailles, rappela Fili.
-Et je ne t'ai pas assez remercié la nuit dernière peut-être ? répliqua narquoisement sa fiancée.
-Tu sais bien que je n'en aurais jamais assez, fit le blond avec un mouvement suggestif des sourcils.
Il saisit Anna par le col de sa chemise et plaqua violemment sa bouche contre la sienne. Elle s'avança et passa carrément sur ses genoux.
-Les enfants ! les calma Dis. Gardez ça pour plus tard, pas en public !
Ils eurent la bonne grâce de rougir et elle se recala dans son siège.
-Merci les gars, pour le livre, c'est vraiment adorable. Je vais pouvoir le lire à la petite, elle saura à quel point sa tante est la naine la plus cool du monde !
Marie secoua la tête en riant. Le déjeuner se termina dans la bonne humeur et Thorin prit congé en précisant bien à tout le monde d'être à l'heure pour le banquet du soir. Anna se leva précipitamment et le rattrapa dans le couloir, elle avait besoin de sa complicité pour ce qu'elle prévoyait pour le soir. Il secoua la tête en soupirant une fois qu'elle eut fini d'exposer son idée, mais accepta néanmoins, comprenant parfaitement ses motivations. Et il voulait s'amuser un peu aussi.
Pour l'après-midi, Anna décida d'aller faire un tour à l'armurerie avec Dwalin, Fili partit s'entretenir avec Gloïn, Kili emmena Marie pour une promenade, Dis se proposa pour s'occuper de Maëlia, et le reste des membres de la Compagnie repartirent chacun à leurs occupations.
Anna suivit Dwalin à travers les forges et les étals d'armes, appréciant à sa juste valeur le travail des forgerons. Dwalin saisit une épée et lui lança.
-Voyons voir si tu n'es pas trop rouillée, lâcha-t-il en prenant une lame à son tour.
-Tu es sûr ? Je ne voudrais pas te forcer à faire trop d'efforts, ce ne serait pas bon pour tes vieux os, répliqua-t-elle en faisant quelques moulinets.
-Garde ton énergie pour notre duel, petite.
-Je ne suis pas petite ! s'énerva Anna en se ruant en avant.
Dwalin s'écarta et lui tapa légèrement sur le bras avec le plat de sa lame. Anna tomba en avant et utilisa son élan pour rouler plus loin et se redressa d'une pirouette, reprenant sa garde sans quitter Dwalin du regard.
-Tu ne retiens jamais rien hein ? Je t'ai déjà dit de ne pas foncer tête baissée ! la tança-t-il gentiment.
Les nains autour arrêtèrent ce qu'il faisait pour regarder le duel entre le meilleur ami du roi, et la jeune fille qui paraissait si frêle à côté de lui.
-Tu ne sais bien que je n'écoute jamais personne, répondit-elle avant de repartir à l'assaut en courant.
Elle commença à se pencher vers la droite, bondit vers la gauche pour feinter et se glissa sous son bras à droite, prit appui sur sa jambe gauche qu'elle tendit, et balança son pied droit avec force en pivotant alors qu'elle continuait sa glissade, envoyant Dwalin tituber vers l'avant. Elle dérapa plus loin, une main au sol pour garder son équilibre, un sourire déterminé étirant ses lèvres. Dwalin n'arriva pas à cacher son sourire, et décida de se porter à l'attaque. Il l'attaquait de toute part, ne négligeant aucune opportunité ni aucune ouverture, mais Anna était particulièrement souple et agile, aussi pouvait-elle éviter sans peine la plupart des coups, parant efficacement ceux qu'elle ne pouvait éviter.
Seulement la force de Dwalin restait hautement supérieure à la sienne et il la désarma d'un coup bien placé. Elle s'élança en arrière et atterrit sur ses mains avant de reposer les pieds au sol, attentive à son environnement. Dwalin eut un sourire triomphant et s'élança pour la bloquer et ainsi la vaincre, mais elle grimpa prestement sur une table vide, l'attendant. Il donna un large coup circulaire. Elle sauta par-dessus la lame et recula d'un pas pour se mettre hors de portée.
-Alors, bloquée ? lui dit-il sarcastiquement.
Elle lui sourit et se plaça à un bout de la longue table, à l'opposé de lui. La planche de bois faisait bien quinze foulées de long. A peine suffisant. Dwalin avait toujours son sourire goguenard.
-Tu sais bien que tu ne peux pas t'échapper, alors descend de là que je termine de te coller une leçon !
Elle ne répondit pas et se mit à courir vers lui. Il fronça les sourcils, ne voyant pas ce qu'elle comptait faire.
-Rentre la tête ! cria-t-elle en s'élançant au-dessus de lui d'une puissante détente.
Elle plana une seconde, se roula en boule et effectua un saut périlleux avant d'atterrir en dérapant juste devant une autre table. Elle saisit deux épées et se tourna vers Dwalin dans le même mouvement, déjà prête à enchaîner.
-Ah, les cours de stratégie auraient-ils porté leurs fruits ? la provoqua le nain.
-Plutôt le fait d'avoir regardé Pirates des Caraïbes une bonne vingtaine de fois, grommela-t-elle en évitant un coup. [Jack Sparrow, pardon, CAPITAINE Jack Sparrow, je t'aime, épouse-moi !]
Il lui donna un coup d'épaule solide qui l'envoya trois bons mètres plus loin, avant de tenter un fendant oblique, qu'elle évita en se glissant le long de la lame. Elle remonta son genou à toute vitesse et frappa solidement le coude du guerrier, mais il ne lâcha pas son épée pour autant. Elle croisa ses lames, parant un coup violent qui venait d'en haut, et esquiva la balayette sournoise que son mentor tenta. Il lui retira une épée des mains d'un mouvement sec du poignet.
Il tendit son bras, dans un mouvement droit et net qui aurait empalé Anna s'il y avait mis toute sa force, et si elle ne s'était pas décalée au tout dernier moment sur la gauche, saisissant son épée à deux mains fermement en la levant haut au-dessus d'elle. Elle abattit la lame de toutes ses forces sur celle de Dwalin, lui arrachant des mains.
Il ne lui laissa pas le temps de crier victoire, et l'envoya sur le sol d'un coup de coude dans l'estomac.
-Très joli, admit-il en l'aidant à se relever.
-Tu as plus de force que moi, grogna-t-elle en se remettant sur ses pieds.
-C'est normal, petite. Mais tu n'as pas perdu la main, je suis fier de toi.
Anna rosit de plaisir, et sentit même quelques larmes lui picoter les yeux. Aucun compliment, d'aucune autre personne vivante, n'aurait pu lui faire plus plaisir. Elle lui serra brièvement la main pour faire passer son émotion. Un nain châtain à la barbe tressée s'approcha d'eux et tapa virilement dans le dos de Dwalin.
-Serait-ce là la petiote dont tu nous as parlé, Dwalin ?
-C'est bien ma petite Anna, confirma-t-il avec un rire. Son talent est encore un peu brut mais avec le temps, ça deviendra une excellente guerrière.
-Arrête de charrier, Dwalin, intervint un autre. Elle est déjà meilleure que la plupart de nos guerriers, et ce n'est pas peu dire. Elle n'a pas beaucoup de force, c'est vrai, mais elle est maligne, elle sait parer et éviter. Elle se bat intelligemment je trouve.
Anna rougit encore un peu.
-Merci, Maître Nain, dit-elle avec respect à celui qui avait parlé. Ça me touche beaucoup.
-Tu le mérites, jeune fille. Je n'avais pas vu quelqu'un désarmer Dwalin depuis un long moment, j'avoue être assez impressionné. Quel âge as-tu ?
-Bientôt vingt-et-un ans. Enfin, ça fait environ quatre-vingt-un ans en âge nain.
-Je comprends mieux l'expression « la fougue de la jeunesse », rit le nain. Tu devrais la prendre avec toi pour entraîner les plus jeunes, Dwalin.
Dwalin regarda Anna un instant, réfléchissant.
-Hmm, pourquoi pas, marmonna-t-il.
-C'est vrai ? s'extasia Anna.
-Je verrai, fit le nain avec un petit sourire en coin. Maintenant jeune fille, tu devrais retourner voir Dame Dis, je suis sûr qu'elle veut t'aider à te préparer pour le banquet de ce soir. Aller, file.
Alors, que pensez-vous de tout ça ? Dites-moi tout par review !
Je ne vais pas donner de faux espoirs quant aux futurs rebondissements : je ne vais développer les personnages de Raënna et Rana, je ne tiens pas à apporter plus d'embrouilles que nécessaires dans mon histoire. Quant au côté improbable des quarante-neuf ans d'absence pour Fili et Kili, c'est entièrement voulu ! Une suite de cette fiction qui se déroulera pendant le Seigneur des Anneaux est prévue, et pour la plausibilité de l'enchaînement des histoires, cette longue absence était un mal nécessaire.
Voilà, à la semaine prochaine.
