Salut les gens !
Un chapitre déprimant, un ! J'suis dans le même état donc notre petit Lulu morfle. (détail en fin de chapitre)
D'ailleurs, je l'ai tellement démonté que j'me sens vraiment mal ... Je fais de l'OOC à outrance et ça ne me plait pas, mais j'arrive pas à faire mieux. Donc à défaut on va rester là dessus et puis en verra.
Sur ce, bonne lecture, j'espère que ce ... truc ? vous plaira quand même.
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Chapitre Quinzième
Monkey D. Luffy
Il avait mal. Terriblement mal. Il lui semblait que son corps tout entier n'était plus que douleur.
Son esprit ? Dans le même état que ses os; en miettes.
Et il s'en foutait.
Il s'en foutait complètement.
Immergé jusqu'à mi-torse dans l'eau d'une Mer qu'il a tant aimé, le sel ravivait un peu plus ses blessures. Ça démangeait, ça brûlait, c'était une vraie torture.
Mais ça aussi, il s'en foutait.
Si seulement il n'y avait que ça.
Ses bras lui tiraient d'être constamment liés au dessus de sa tête. Le granit marin entaillait profondément ses poignets.
Au début, il s'était débattu, s'en était ouvert la peau jusqu'au cartilage. Maintenant, comme du reste, il s'en foutait.
Parce que de toute façon il n'avait plus rien.
Il avait tout perdu. Absolument tout perdu.
Son navire. Son rêve. Son ambition. Son sourire même.
Ses Nakama.
Surtout.
Pitoyable, sa tête retomba contre son torse alors qu'il ne cherchait même plus à retenir son sanglot. À quoi bon ? Même sa fierté, il l'avait perdu.
Il se souvenait parfaitement de ce jour. Il ne savait pas combien de temps s'était écoulé depuis. Il s'en foutait encore de toute façon.
Il s'en souvenait parfaitement parce qu'à chaque fois qu'il avait le malheur de fermer les yeux, ces même scènes repassaient en boucle. Encore et encore. C'était sans fin.
Le Sunny avait sombré. Ses si précieux Nakama avaient hurlé. Blessés, meurtris, terrorisés aussi.
Il avait tenté de les rattraper. Il avait tendu la main vers chacun d'eux. Mais tous, les uns après les autres, avaient été engloutis par l'océan.
Ses doigts avaient pourtant frôlé ceux de Nami. Il avait presque réussi à attraper une lanière du sac à dos de Chopper. Il avait été à un battement de cil de saisir le bras de Robin.
Mais non, tous lui avaient échappé et il s'était retrouvé comme ce jour-ci, sur l'archipel des Sabaody, incapable de sauver le moindre de ses Nakama.
En désespoir de cause, il s'était cramponné de toutes ses forces à la crinière de sa figure de proue.
S'il coulait, il était fichu. S'il coulait, il ne pourrait pas les sauver. S'il coulait, c'était définitivement terminé.
Le monde sous son regard n'était plus qu'un Enfer de flammes, de bois déchiré et de mer démontée.
Il avait hurlé. Hurlé le nom de chacun de ses Nakama. Hurler à s'en briser la voix. Hurler pour essayer de couvrir les cris de victoire des Marins autour de lui.
Pas une seule réponse.
La pluie et ses larmes le rendaient presque aveugle. Il ne distinguait plus la moindre silhouette familière.
Sauf une.
Il ne l'aurait pas remarqué si elle n'avait pas hurlé elle aussi.
À sa gauche, sur les misérables restes d'un bâtiment des forces navales, il avait reconnu Zoro.
Zoro qui avait laissé son combat en plan.
Zoro qui se fichait d'avoir enfin son but à porté de main.
Zoro qui offrait son dos à Mihawk pour ne serait-ce que pouvoir s'assurer que ses Nakama s'en étaient tirés.
Zoro qu'il appelait de toutes les forces qu'il lui restait.
Zoro qui ne l'entendait pas.
Zoro qui se détourna de lui lors qu'Œil de Faucon fondit sur lui.
Zoro qui vacilla lorsque la lame noire trancha les chairs jusqu'à s'enfoncer profondément dans son épaule.
Zoro qui ne l'entendait toujours pas.
Zoro qui ne l'entendrait plus jamais.
Lorsqu'il avait rouvert les yeux, il s'était retrouvé dans cette cellule, solidement menotté au mur et barbotant dans l'eau salée.
Il se sentait faible. Horriblement faible. Et fatigué aussi.
Il avait un instant espéré ne pas être seul. Que ses Nakama étaient avec lui, qu'ils avaient été repêchés, eux aussi.
Mais rien.
Juste le silence et la solitude.
Alors il s'était énervé, avait forcé sur ses liens, avait rouvert ses blessures à peine coagulées. Il s'en fichait. Il s'en foutait. Il voulait ses Nakama. Il voulait s'assurer qu'ils étaient en vie. Il voulait s'accrocher à l'espoir que si lui s'en était tiré, les autres aussi.
Les autres étaient plus forts que lui après tout. Les autres pouvaient survivre seuls.
Pas lui.
Lui n'était rien sans ses Nakama. Il était bien incapable de survivre, de vivre sans eux.
Ils étaient son trésor le plus précieux. Bien plus important que le Chapeau qu'il avait hérité de Shanks. Qu'il n'avait même plus d'ailleurs, perdu comme tout le reste.
Il offrirait dix milles de ces foutus chapeaux si on pouvait simplement lui assurer que ses Nakama allaient bien.
C'est tout le contraire qu'on lui offrit.
Le niveau de l'eau avait baissé. Il n'aurait su dire si la mer disparaissait comme elle le faisait avec la marrée où si l'on remontait sa cage pour l'en débarrasser du liquide. Ça aussi, il s'en foutait.
Les barreaux face à lui avaient coulissés. Sakazuki était entré, tout sourire.
Il s'était déchaîné.
Il avait hurlé qu'on le libère, hurlé qu'il allait lui botter le cul, hurlé qu'on lui dise ce qu'on avait fait de ses Nakama.
Et pas un seul instant, Akainu ne s'était défait de son sourire.
Il attendit simplement que son prisonnier ne s'essouffle complètement, ne puisse plus que se contenter de le fusiller du regard. Puis il s'était approché, ses chaussures claquant sur le sol humide de sa cellule et avait laissé tomber trois sabres qu'il connaissait parfaitement entre eux deux.
Maculés de sang.
Il avait arrêté de respirer.
- Ton équipage à été exécuté. Tu en es le seul survivant.
Le monde cessa de tourner pour lui à partir de ce jour-là.
OoOoO
On avait finit par venir récupérer les lames de Zoro. Elles feraient un magnifique trophée à ce qu'on avait dit.
Et on l'avait abandonné dans cette cage, à moitié dévoré par les eaux.
Étrangement, la première chose qui vint à son esprit fut Ace. Marineford. Iva, Baggy et le Croco aussi, un peu.
Il se revoyait combattre comme un forcené pour tirer son frère des mains de la Marine.
Il se revoyait échouer.
Comme il avait échoué aujourd'hui.
Il avait juré pourtant. Il s'était promis de toujours protéger les siens, de toujours réussir à les garder à ses côtés.
Il fallait faire attention à Usopp, Nami et Chopper. Ils étaient forts, ils étaient malins mais c'était toujours eux que l'on visait dans les batailles. Les maillons faibles avait dit un jour un chasseur de prime.
Il fallait aussi surveiller Sanji. Pas qu'il se retrouve face à une femme, il se ferait laminer sinon, comme à Enies Lobby.
Il fallait également jeter un œil vers Robin pendant les combats. Elle était forte et très -trop- intelligente mais il avait toujours peur qu'elle disparaisse comme elle l'avait fait à Water Seven. Surtout si c'était pour leur sauver la mise.
Il fallait s'assurer aussi que Franky et Brook allaient bien. Qu'ils n'étaient pas débordés par le nombre de leurs adversaires. À trop se jeter dans le combat, ça leur arrivait, parfois.
Le seul moment où il cessait de s'inquiéter, c'était lorsqu'il sentait le corps de son Second derrière lui, son dos contre le sien.
Il ne s'en faisait jamais pour Zoro. Parce que Zoro avait promit.
Il avait promit qu'il ne perdrait plus jamais.
Et il l'avait cru. Il savait qu'il tiendrait parole. Il tenait toujours parole.
Il savait qu'il serait à ses côtés pour veiller sur les autres. Que même si lui n'était plus capable de défendre ses Nakama, Zoro pourrait le faire à sa place.
Sauf que là, on lui les avait tous arrachés.
Il ne savait pas où, ni même quand. Il savait juste que cette fois, il ne reverrait plus jamais ses Nakama, si précieux à ses yeux.
Bêtement, il se revit sur le pont du Sunny.
Lui prenant le soleil sur la figure de proue, se retournant vers le pont pour poser son regard sur ses compagnons.
Zoro serait dans l'herbe et soulèverait ses altères aux poids improbables, complètement imperméable au reste du monde.
Nami et Robin se seraient installées sur les transats du pont supérieur et profiteraient de l'ombre des mandariniers de la Navigatrice.
Sanji sortirait de sa cuisine, un plateau rempli d'une collation dont lui seul avait le secret et se tortillant comme une algue ballottée par les flots devant les filles.
Usopp et Chopper, jusqu'ici occupés à pêcher, se jetteraient sur le cuisinier avant que ses bras élastique ne leur chipent leurs portions.
Franky lâcherait la barre pour aller lui aussi récupérer sa part, non sans se dandiner sur une SUPER chorégraphie.
Et Brook accompagnerait l'énième dispute opposant le cook et le sabreur d'une mélodie endiablée comme il savait si bien les jouer.
Tout l'équipage rirait, ils feraient sans doute même une fête une fois les étoiles levées, chantant, dansant, buvant autour d'un festin.
Il n'y aurait pas de cage, pas d'exécution, pas de sabres teintés de sang, pas de sanglots non plus.
Et le monde tournerait encore.
Mais rien de tout ça.
Juste cette maudite cage. Juste les images d'une exécution à laquelle il n'avait même pas assisté, créées de toutes pièces par son esprit à l'agonie. Juste les trois sabres de son premier Nakama, encore poisseux de carmin, imprimés sur sa rétine. Juste ses pleurs, sa seule compagnie, ses larmes qui se mêlaient à la Mer léchant ses plaies.
À quoi bon ? À quoi bon s'être acharné pendant deux ans ? À quoi bon avoir tout fait pour devenir plus fort ? Ça n'avait strictement servi à rien. Ces vingt-quatre mois d'entraînement intensif, du vent. Au final il avait trimé pour rien, il restait trop faible. Incapable de protéger qui que ce soit. Il aurait beau se faire toutes les promesses qu'il voulait, hurler à qui pouvait l'entendre qu'il ne laisserait personne toucher aux siens, s'égosiller à prétendre pouvoir sauver ceux qui lui importait. Il était tout simplement impuissant, condamné à se voir arracher tout ceux lui étant chers.
Un gamin, voilà ce qu'il était. Un chien qui aboie mais qui ne sait même pas mordre. Un minable.
Si seulement … Si seulement les autres avaient eux un autre Capitaine … Peut-être seraient-ils tous encore en vie …
Un pauvre sourire étira ses lèvres.
Zoro aurait bien trouvé un moyen de se détacher du poteau auquel il l'avait trouvé saucissonné.
Nami aurait sans nul doute réussi à amasser ses Cent Millions de Berrys.
Usopp aurait trouvé le courage de prendre la Mer de lui-même, il en était convaincu.
Sanji serait au pire resté sur le Baratie, à distribuer des coups de semelles aux clients et à frétiller devant les femmes, heureux comme un Pape.
Chopper, lui, avait encore Doctorine, il serait resté sur Drum et aurait continué d'étudier.
Robin aurait trouvé un autre équipage à rejoindre, ou une autre organisation à qui faire profiter de ses talents.
Franky avait toute sa bande et les gars de Galley-La Company.
Brook aurait fini par retrouver son ombre, c'était certain.
Personne n'avait réellement eu besoin de lui au final. C'était tout l'inverse en vérité; il était le seul à dépendre des autres.
Mais Zoro aurait fini par se faire exécuter s'il n'était pas arrivé le jour même.
Mais Nami aurait perdu tout espoir s'il ne s'était pas imposé à elle.
Mais Usopp se serait fait tuer par Kuro et son équipage s'il n'avait pas été là.
Mais Sanji aurait dû abandonner son rêve d'All Blue pour se consacrer à une dette que lui seul voyait s'il n'avait pas insisté pour qu'il devienne son cuisinier.
Mais Chopper aurait vu son pays disparaître à cause de Warpol s'il n'avait pas été là pour le défendre.
Mais Robin aurait fini par se faire prendre par le Gouvernement s'il n'avait pas été celui s'étant élevé contre le monde pour la récupérer.
Mais Franky aurait été une victime collatérale des ambitions du CP9 s'il ne l'avait pas embarqué à sa suite.
Mais Brook n'aurait jamais su que Laboon vivait encore s'il n'était pas venu lui l'apprendre lui-même et lui redonner le goût de vivre.
Alors quoi, au final il n'avait fait que retarder l'inévitable mort de ses compagnons ? C'était donc tout ce qu'il avait à leur offrir ? Un sursit ? C'était risible.
À croire qu'il était destiné à perdre la moindre personne à laquelle il avait le malheur de s'attacher.
D'abord Sabo, puis Ace. Et maintenant, tous les autres, son équipage. Et il ne pouvait même pas aller pleurer sur leurs tombes. Il ne savait même pas s'ils avaient eu le droit à une sépulture ! Il ne savait même pas comment la vie leur avait été arrachée.
Toutes ces questions l'obsédaient, lorsque ce n'étaient pas ses souvenirs qui le faisaient, transformant le peu de sommeil qu'il avait en véritable cauchemar.
Non, c'était sa réalité qui était devenue ce cauchemar.
Ah ! Qu'il était beau le Futur Grand Roi des Pirates ! Rien qu'un gamin en larmes hanté par la disparition de ses compagnons !
Bien loin d'un Roi, il n'était qu'un perdant.
OoOoO
La cage était remontée. Les eaux s'étaient retirées, ne laissant que le sel sur sa peau et ses blessures qui, comme son cœur, refusaient de cicatriser.
Et il s'en foutait toujours.
Deux soldats entrèrent dans la cellule. Le premier lui décocha un direct dans l'estomac qui lui fit rendre le contenu de son ventre vide; une bile amère qui lui brûla la gorge.
Il s'en foutait.
Le second ricana, le traita de minable, de moins que rien, d'épave.
Il s'en foutait.
On détacha la lourde chaîne enserrant ses menottes de granit marin, le faisant tomber face la première sur le dallage encore trempé. Les marins rirent de son état lamentable.
Il s'en foutait.
On le força à se relever, le tirant par les bras. Ça faisait mal.
Il s'en foutait.
Il tituba un instant, le monde tanguant aussi bien devant ses yeux que sous ses pieds, ses forces trop faibles pour ne serait-ce que lui permettre de tenir debout. Alors il se laissa retomber à terre. ''Déchet'' entendit-il dire.
Il s'en foutait.
Deux paires de bras enserrèrent les siens, le contraignant à revenir sur ses jambes qui refusaient toujours de le porter. Incapable de marcher, on le traîna en dehors de sa geôle.
Un espoir morbide enfla subitement en lui.
Allait-on enfin l'exécuter ? Mettre un terme à sa souffrance ? Comme il aimerait, le souhaitait ardemment même. Qu'enfin, tout s'arrête. Qu'il puisse rejoindre ses Nakama, si chers.
La tête basse et les yeux rivés sur les bracelets de Kairōseki entaillant toujours ses poignets et le vidant du peu de force qu'il pouvait encore avoir, il ne cessait de désirer cette fin qui semblait lui tendre enfin les bras. Il se fichait de savoir s'il y avait un ''après''. Ici, il n'y avait de toute façon absolument plus rien pour lui.
Parce qu'il le savait, il était bien incapable de se relever d'une telle épreuve.
Il n'était pas comme Zoro, capable de surmonter la peine et la douleur, aussi immenses soient-elles.
Il n'était pas comme Nami, capable d'imaginer un plan pour au moins essayer de s'en tirer.
Il n'était pas comme Usopp, capable de créer un tissu de mensonge et s'en draper pour oublier ou même simplement alléger ses tourments.
Il n'était pas comme Sanji, capable de se donner corps et âme dans une passion au point que le monde autour de lui n'existe plus.
Il n'était pas comme Chopper, capable de panser toutes les blessures, même les plus graves.
Il n'était pas comme Robin, capable de se donner les moyens d'aller de l'avant et de taire ses larmes.
Il n'était pas comme Franky, capable de réparer son corps pour continuer d'avancer et rêver.
Il n'était pas comme Brook, capable de supporter la solitude et la perte des siens.
Non, lui tout ce qu'il savait faire à présent, c'était attendre. Attendre qu'on le délivre enfin et que tout s'arrête, pour de bon. Que ces regrets, ces amertumes qui le poursuivaient s'en aillent.
Oh oui, pitié …
Mais les Marins ne disaient plus rien. On le trimbalait tel un corps sans vie -ce qu'il était, à son sens- à travers un long couloir sombre. Juste des torches mouchetant sa vision trouble d'éparses tâches de couleurs rythmant son avancée il ne savait vers où.
Puis on s'arrêta. Ses pieds nus touchaient à peine le sol et la prise des soldats sur ses biceps lui donnait l'impression que ce n'était pas des doigts qui le maintenaient debout, mais de véritables serres.
La douleur, encore. Il n'était plus que ça.
Que ça s'arrête …
Devant lui, une porte de bois. Derrière elle, la voix d'Akainu. Il ne chercha même pas à savoir ce qu'il disait. Il s'en foutait. Il voulait simplement que tout cesse, maintenant. Alors si le chien de magma s'était décidé à l'abattre enfin, il n'allait pas s'en plaindre.
- Amenez-le.
On le tira à nouveau. La porte pivota sur ses gonds et il entra dans une pièce bien trop lumineuse à son goût, lui ayant été privé de lumière depuis … Depuis quand déjà ?
Il s'en foutait.
Il ferma les paupières, trop éblouit et fatigué pour faire face. Ses yeux lui faisaient mal d'être taris de leurs larmes. C'était comme si seul le sel de ces dernières voulait se frayer un chemin jusqu'à ses joues.
- Ah oui, c'est vrai … Tu ne dois même plus le reconnaître avec un œil dans cet état …
Un court instant, sa curiosité fut piquée. À qui parlait-il ? Ce fichu Amiral en chef, à qui il pouvait bien s'adresser ?
Mais finalement son esprit fatigué et las décida qu'il s'en foutait. Alors il laissa tomber.
- Laisse-moi t'aider à mettre un nom sur ce que tu vois, Roronoa.
Ah, c'est marrant, il aurait juré qu'il avait prononcé le nom de Zoro. Mais ça devait encore être son imagination qui lui jouait des tours. Ça lui arrivait parfois.
Combien de fois avait-il vu les barreaux de sa cage voler en éclats et ses précieux Nakama juste derrière, bien vivants, venus le chercher pour le ramener sur un Sunny qui n'avait finalement pas coulé ?
Des centaines. Des millier de fois. Un rêve fou. Un espoir impossible. Qui ne rendait son retour à la réalité qu'un peu plus douloureux encore.
Tout à coup, les prises des gardes se défont d'autour de ses bras. Il chute le temps d'une milliseconde puis une poigne de fer le rattrape et sert son cou.
Ça fait mal.
Puis la poigne devient brûlante, bouillante, incandescente et tellement plus que ça encore. Il sent et entend sa chair crépiter sous l'étau des doigts de Sakazuki. L'odeur de sa propre peau calcinée lui parvient alors qu'il ne peut retenir un cri.
Non.
Un hurlement de douleur.
Ça fait tellement mal. Et il est tellement fatigué.
Sa voix lui échappe, déraille, résonne dans cette pièce trop vide. Mais il la perçoit à peine tant le rire d'Akainu est fort, juste à côté de lui.
Il en distingue un autre, déformé, comme passant au travers d'un Den den mushi.
Et ses yeux trouvent encore quelques larmes à verser, lesquelles roulent sur ses pommettes pour aller s'écraser sur la main ardente qui ne cesse de consumer son derme, les faisant s'évaporer dans l'instant.
- Une semaine. Tu as une semaine pour m'apporter une première tête.
Il ne comprend pas. Tout est confus et sa tête hésite entre essayer de réaliser ce qu'il se passe ou de continuer à s'en foutre. Sa gorge elle, sèche, comprimée par la prise du Commandant Suprême de la Marine et profondément brûlée, ne cesse pas un seul instant d'hurler sa douleur, comme si sa raison et sa retenue ont décidé d'abandonner leur poste de concert.
- Ose désobéir et ce sera bien pire.
Plus qu'un ''pourquoi' ?', un ''qui' ?' s'impose à son esprit.
Pour qui Sakazuki se sert-il de lui ? Pour qui est-il une monnaie d'échange ?
Il songe un court instant à son père. La bonne blague. Comme si son paternel avait une quelconque considération pour lui ! Ils ne partageaient que le même sang, point barre. Aucun lien entre eux.
Sa seule famille, Sabo et Ace. Son unique attache, son équipage. Et il a perdu les deux.
Et pourtant, il veut savoir. S'il est utilisé de la sorte, c'est qu'il importe encore pour quelqu'un, qu'il n'est pas totalement mort pour tout le monde.
C'est un effort surhumain pour lui, mais il parvient à relever les yeux vers son bourreau, puis suit la direction de son regard.
Il n'y voit rien tant la lumière l'aveugle encore, tant ses larmes brouillent encore sa vue. Il devine plus qu'il ne voit un écran dévorant un pan de mur.
Il ferme vivement les paupières, sa douleur transperçant toujours sa voix qu'il ne pense même pas à faire taire. Les larmes glissent sur ses joues, les dévalent et disparaissent sur le magma de la poigne le maintenant toujours en l'air.
Débarrassé du voile que les pleurs ont jeté sur sa vision, il discerne enfin l'interlocuteur de son tortionnaire.
Et il doit encore rêver, parce que devant lui, c'est le visage de Zoro. Mutilé, son œil doré aussi rouge que le sang et sa peau plus pâle qu'il ne l'a jamais vu. Il ne semble même pas respirer.
Et ça doit forcément être un rêve, parce que Chopper et Brook sont là eux aussi, dans un coin de l'écran, tout petits par rapport à son Second.
Et ça ne peut être qu'un rêve parce qu'à peine eut-il reconnu ces figures familières qu'elles disparaissent, ne laissant qu'un écran blanc.
C'est un rêve, parce que tout autour de lui devient d'un noir d'encre et qu'il ne sent plus rien. Plus de douleur, plus de chair brûlée, même plus ses propres cris et encore moins la poigne enserrant son cou.
C'est un rêve, rien d'autre.
Le monde ne s'est pas remis à tourner.
Bon voilà, je peux oser demander un avis ?
Bien que je commence à me douter que je n'en aurais pas en fait ... Déprimant ce manque de review, ça m'dépite.
Je m'explique:
Pour moi, partager mes écrits sur ce site, c'est m'exposer aux critiques, c'est demander un avis, c'est aussi chercher quelques encouragements.
Mais en ce moment, rien ou presque. Ça me déçoit. Je vois le compteur des lectures s'envoler mais rien derrière. Ça me remonte le moral sur l'instant mais au final, mon but premier n'est pas atteint. A ce train-là, autant taper la fic et la laisser pourrir sur mon disque dur, ça m'évitera au moins d'avoir à la poster dans le vent.
J'dois avouer que cette option me tente de plus en plus. C'est con hein ? Au pire, je partagerai la suite de cette histoire avec les quelques fidèles qui me soutiennent réellement, eux le méritent. Pour le reste, j'ai bien envie de dire tant pis pour vous.
Voilà, c'était mon coup de gueule du jeudi en fin d'aprèm.
J'espère que vous me prouverez que j'ai eu tord.
En attendant, peut-être à bientôt, je sais pas encore. Quitte ou double on va dire.
Ainari.
