Bonjour tout le monde ! Comment se sont déroulés vos vacances ? C'était bien ?
Je suis désolée, j'ai pris du retard sur ce chapitre là, ça fait un mois que je n'ai rien posté, pardon ! Je vous avais prévenu qu'il prendrait du temps à sortir, mais pour vous dire la vérité j'étais en manque d'inspiration et également de motivation. Je me suis forcée à écrire puis c'est venu petit à petit, en tout cas, il est très long (8000 mots), disons que c'est mon moyen de me faire pardonner ! J'espère qu'il est de qualité, j'en suis assez satisfaite et j'espère que vous le serez aussi ! Vous deviez être impatient, surtout qu'au chapitre précédent il y a eu un baiser ! Enfin, un tout petit, mais bon XD !
Je suis contente du noël que j'ai passé, j'ai eu ma figurine de Law ! 25 cm, génial, non ? Je l'ai posée sur mon bureau pour me motiver à faire mes leçons :rire :. J'étais trop heureuse !
Voici même une petite photo ! ^^ :
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Soyez pas jaloux héhé !
Ma sœur m'a offert un peignoir super doux avec une tête d'ours, je le porte en ce moment même tellement il est bien ~ ! Il est juste trop mignon ! J'hésite même à l'emmener à l'internat, haha. Sinon, j'ai eu de l'argent et des chocolats, mon ventre n'a pas aimé ! ^^ Et vous, qu'avez-vous eu ? A part ça, je n'ai pas très envie de retourner en cours : le stress, les contrôles… bref, la fin des vacances me laisse un peu amer, surtout que j'ai l'impression de ne pas m'être reposée, je suis tout le temps fatiguée, même aujourd'hui alors que j'ai dormi jusqu'à 13h ! OoO
Au fait : merci d'avoir laissé vos impressions, ça me fait toujours autant plaisir ! Vous êtes adorable et je suis toujours aussi heureuse de partager cette fan-fic avec vous ! ^^ Continuons comme ça ! :p
Sur ce, je réponds à vos commentaires ~ :
Trafalgar. : Hey ! J'espère que tu vas bien et je te remercie d'avoir laissé ton avis sur le chapitre huit !
Alors merci pour la remarque, je n'avais pas remarqué cette incohérence sur le fait que Law abaisse son bonnet alors qu'il est troué et donc qu'il ne l'a pas avec lui. Merci de m'avoir fait voir cette erreur, ça montre que tu es très attentive sur ce qui se passe et ça me fait plaisir. J'ai corrigé ça ! ^^
Pour le syndrome d'infériorité, c'est la description avant qu'il la rejoigne sur le pont qui te fait penser cela ? Je suis juste curieuse donc j'aimerais bien qu'on discute ensemble de tout ça. ^^ Et oui Bepo est trop mignon. :p
TheCrazyKitty : Coucou ! Sympa ta nouvelle photo de profil ^^ Mais si continue de chanter, c'est bon pour la santé xD ! Et puis, perso, moi aussi je chante comme une casserole ! Mais on s'en fou c'est pas grave ! :p Contente que tu adore ce chapitre, meuh nan, y a intérêt que ce soit pas juste à cause du bisous que tu l'aimes justement è_é ! Je veux d'autres argumeeents xD ! Tu connais bien Law dit donc ! :P Je dirais oui et non sur le fait que ça représente rien (Ok, on est pas avancé mdr). Hm… May ne va pas vraiment se faire de faux espoirs, disons plutôt que ça va plus la faire souffrir qu'autre chose parce qu'elle sait justement que pour Law ce bisous ne représente pas grand-chose. ^^ Ah bah t'es pas la seule à avoir aimé le flash-back ! Je suis heureuse d'avoir pris l'initiative alors, c'est vrai qu'il est trop chou ! Merci de la remarque sur l'anniversaire, j'ai adoré le faire XD ! Eh ouais, Bepo est le grand vainqueur du concours du meilleur cadeau ! x)
PS : BISOUUUUUUUS XD
Yukina21 : Oh yeah, tu possèdes aussi Saphir Alpha ? Keupine ! Perso j'en suis au sixième badge, je prends mon temps, je trouve dommage d'attendre des mois pour avoir le jeu et de le finir en trois jours ! ^^ Oui je l'ai eu mon traffy ~ !
Merci de dire ce que chapitre est super, j'espère te revoir prochainement ! ^^
Aoicia : KOUKOU !
Aha t'es partie te cacher ? Là je me suis retenue de le refaire pour éviter de te faire fuir définitivement mdr ! Tu aimes trop le Flamant Rose, si ça continue on va plus être keupine é_è Nan je déconne je t'aime trop pour te laisser partir héhé. Hm… Ace/Law, j'y avais jamais pensé ! Et le Ace/Flamant Rose… tuer moi XD ! ça serait VRAIMENT trop bizarre XD !
Si t'as des soucis hésite vraiment pas à me MP je serais heureuse de te répondre et de partager ta souffrance avec toi ! :3
Oui d'accord je vois, c'est vrai que ça ne doit pas être facile de faire une fanfic autour de ce genre de sujet, mais tu vas réussir, t'inquiète paaas ! ça arrive, c'est souvent dur de commencer une fanfic et de la faire bien démarrer, mais garde confiance, tu y arriveras. Bah ça y est, les fêtes sont passées, t'es contente ? x) Pas moi, je veux pas retourner en cours XD ! Fait aussi attention à toi, repose-toi et ne travaille pas trop, ok ? ^^ Hm… Law dans un état second… on va peut-être pas aller jusque-là mdr ! Mais je compte bien utiliser Shachi, tu vas d'ailleurs remarquer que je l'ai fait dans ce chapitre ^^ En effet tu t'entendrais bien avec Flamant Rose, peut-être même un peu trop OoO', Sinon tu vas aller dans le côté de la force obscure ! Pas mal ton idée avec Shachi, je garde ça en tête, ça va faire mal ! XD Continue comme ça petit canard :p
MDR ta vision de la porte de Law m'a tuée, j'ai encore perdu un cœur à cause de toi ~ ! Ah bah oui, Tsukasa est un abrutit fini mais c'est ce qui fait son charme, non ? Oh putain oui la gérante, elle est énorme XD ! ça va, j'ai plein de cœurs dans les jeux Zelda, donc t'ai pas encore prête de me tuer définitivement, j'ai encore plein de cœurs en réserves et j'ai même une bouteille avec une fée ! Attentiooon XD
Oui elle va devoir user de son arme, et c'est… MAINTENANT ! Donc préparez tes mouchoirs petite fille, tu vas pleurer ! … Ou pas. X) Mais mais… on est télépathe toutes les deux ou quoi ? J'adore ces coïncidences LOL ! Mais j'espère bien que t'as pas mis un truc espion dans mon ordi, car j'ai déjà retrouvé avec un logiciel TROIS TROJAN ECRIT EN ROUUUUGE ! xD Et là tu te demandes comment ça se fait que mon ordi ne soit pas déjà mort, bah je sais pas ! Ah et n'oublions pas les 2000 fichiers malveillants qui allaient avec mdr ! Hm le chapitre est pas forcément si tendu que ça, un peu du côté de Law, mais sinon, ça va plus être triste, vous allez tous devenir dépressif héhé.
Je suis contente que tu ailles mieux ! Non de mon côté moi ça ne s'arrange pas mdr mais bon, j'essaye de ne pas y penser, même si je peux carrément en mourir. Comment ça je ne monopolise pas ta vie ? MAUVAISE REPONSE ! JE DEVRAIS ETRE LE CENTRE DE TA VIE, QU DIS-JE, DE TON MONDE ! D= Je suis vexée, j'te boude. :3 T'es vraiment chou d'avoir pris du temps pour faire ce commentaire alors que t'allais pas forcément bien, mais ménage-toi s'il te plait, c'est le plus important ^^
No coment sur ta remarque avec Nemo, je ne répondrai pas à ce délire XD
Contente que tu adores ce chapitre et que ce soit ton préféré ! Le bisous y est pour beaucoup aha ! What ? T'as 25 ans ? Oh la vieille ! #SBAFF# range tes tomates x) ! Bah j'enverrai Bepo pour lui donner l'antiride, lui il se fera pas tranché en deux ! Luffy est drôle et chiant ! Pauvre Traffy quoi, il s'en ait pris plein la figure, pauvre petit enfant égaré. X) Ne jamais le laisser avec des scalpels, sinon y aura une fin du monde 2015 !
Wolé, Traffy, un co****d ? ça va loin XD ! Remarque c'était un peu le but, je veux pas qu'il soit « amoureux » tout de suite, mais qu'il voit plutôt en elle quelque chose qui lui revient, en effet. Ça va pimenter tout ça, et puis un Law amoureux tout de suite, c'est pas un vrai Law ! J'espère d'ailleurs que son caractère est toujours respecté. :3 Aha oui en effet tu lui mènes la vie dur ! Je crois qu'il ne voudrait pas de toi dans ton équipage, ou alors seulement si tu ranges ta hache, et tu pourrais faire le cupidon XD !
Ah ce flash-back, tout le monde l'aime ! Ben, au début j'y pensais pas, et quand Bepo lui donne son cadeau, j'ai ressenti l'envie de montrer que ces deux là sont très proches, du coup ça m'est venu d'un coup. X) Hm j'hésite encore pour faire la même chose avec Shachi et Penguin, j'y réfléchi ! Oui tu t'ai bien faite voir par l'auteur, comme toujours héhé !
Merci, fait bien attention à toi ! ^^ Bye ~
Roy D. Turquoise : Tu veux devenir May ? Ah, pauvre âme égarée, on voit que tu aimes souffrir ! 8D Nan je plaisante, on aimerait tout un petit bisou de la part de Law, mais bon ! C'est la vie héhé. Tu vas voir que May n'a pas tant de chance que ça. )
Merci d'avoir laissé ton avis ! ^^
Minimiste : Salut ! ^^ Merci beaucoup, c'est gentil de ta part d'avoir laissé ton avis , j'espère te revoir bientôt, voici le chapitre neuf !
Emrys : Bonjour ^^
Non May n'aura pas de pouvoir du genre fruit du démon, j'ai peur que ça la transforme en Mary-Sue et que ça fasse d'elle un personnage très puissant. Je pense que telle qu'elle est, elle est bien !
Merci d'avoir mis un commentaire ~
Eiliime : Saluuuut !
Contente que tu ais aimé ces passages ! J'ai bien ri en les écrivant, surtout avec Luffy XD ! Je suis contente que le rapprochement ne soit pas trop brusque, j'avais peur que vous trouviez cela trop rapide… ^^ Oh merci pour le flash-back ! Décidemment tout le monde l'a aimé XD Oui les Followers et Favorites augmente ! Merci t'es trop gentille de me faire autant de compliments ! J'espère que tu ne stress pas trop pour les cours, à la prochaine ! ~
Je vous souhaite à tous une bonne lecture, en espérant que ce chapitre vous plaira ! ^^
OoO
Contrairement à la veille, le temps était déprimant. En effet, des gouttes de pluie se fracassaient contre le sol avant de disparaître silencieusement, comme la plupart des héros anonymes que le monde voyait mourir chaque jour. Les gens se pressaient, se bousculaient, avaient vêtu leur manteau et laissé leurs lunettes de soleil sur la table du salon, en espérant avoir à s'en servir dans les jours qui suivront. Seule une jeune fille marchait lentement, sans parapluie, arpentant les longs trottoirs humides. Ses cheveux épais étaient recouverts d'une capuche en laine, ses yeux azurés et troublés scrutaient le sol, elle était discrète, voir même inexistante aux yeux de certaines personnes qui passaient à côté d'elle. Son sourire, à peine perceptible, était accentué par la musique qui résonnait dans ses oreilles.
Elle était dans ses pensées, pensées qui d'ailleurs s'entremêlaient sans jamais s'arrêter, alors que des yeux gris s'affichaient sans cesse dans sa tête. Toujours le même mot : pourquoi ? Pourquoi Trafalgar l'avait embrassé, bon sang ?! May ne savait plus où elle en était, et ça l'obsédait depuis la nuit dernière. Déjà qu'elle se sentait gênée lorsqu'elle se souvenait de la manière dont il l'avait collé contre lui, de la manière dont ses lèvres avaient parsemé son cou de baisers qui lui avaient brulé la peau… Pour en rajouter plus, il l'avait embrassé ! Ca avait été éphémère, mais il l'avait tout de même fait, et elle soupira en réalisant qu'il avait gâché son premier baiser. Elle l'avait précieusement gardé pour la personne qu'elle aimerait un jour, et même si ses sentiments envers le chirurgien étaient très proches de l'amour, quoi que, cela restait assez confus, elle aurait voulu que ça se passe différemment, que ça soit plus romantique, que ça ne se passe pas en seulement quelques secondes et dans de telles circonstances. Malheureusement, se plaindre ne changerait rien, c'était trop tard désormais. Ce qui la dérangeait aussi était le fait que pour Trafalgar, ce n'était sûrement pas son premier baiser, pour lui, ça ne signifiait sûrement rien, il s'était amusé, encore une fois. Pourtant, lorsqu'elle avait prononcé son prénom, elle avait vu son expression changer du tout au tout, imperceptiblement, alors il y avait peut-être des chances pour que son geste ait été sincère ? Qu'il lui ait demandé de l'appeler par son prénom avec tant de sérieux l'avait troublé également. Plus que la tristesse, c'était désormais la colère qui s'insinuait en elle, elle était énervée d'être si impuissante face à lui, de ne pas savoir de quelle manière agir. De plus, comment devrait-elle agir en revenant au sous-marin ? Devrait-elle l'ignorer ? Faire comme si tout allait bien ? Une chose était certaine : elle aurait dû mal à le regarder en face.
Elle décida d'arrêter de réfléchir, c'était inutile. Elle ne voulait pas se prendre plus la tête avec ça, elle était seule dans la rue sous la pluie, inutile de s'embrouiller avec des choses qui à ce moment-là étaient loin d'elle. Elle continua donc sa route avec un peu plus de gaieté, mais son manque d'attention habituelle fit qu'elle percuta un petit garçon qui regardait une peluche posée derrière la vitrine d'un magasin.
— Excuse-moi, je ne t'avais pas vu, dit-elle doucement.
Il ne répondit pas. Elle remarqua qu'il était seul, aucun adulte ne semblait l'accompagner. Qui était assez irresponsable pour laisser un enfant tout seul comme ça dans la rue, faible et fragile ? Etonnée et intriguée, elle lui demanda :
— Pourquoi tu es tout seul ?
Le petit garçon tourna ses yeux noisette vers elle et la regarda avec sérieux.
— Je veux acheter un cadeau pour ma maman.
— Cet ours-là ? l'interrogea-t-elle en désignant du doigt la peluche qui semblait attiser son intérêt.
Il hocha la tête et reporta son regard sur l'objet désiré. Les secondes défilèrent dans un silence le plus complet, parfois brisé par la conversation qu'entretenaient les passants. Alors qu'elle pensait partir et ne plus prêter attention à cet enfant, ce dernier déclara brusquement de sa petite voix fluette :
— Papa m'a dit que maman était au ciel et qu'elle veillait sur moi pour me protéger, donc pour la remercier je veux lui donner cette peluche… vous pensez que ça lui ferait plaisir ?
May écarquilla les yeux, sa maman était décédée ? Bien évidemment, son papa n'avait pas dû lui expliquer ce qu'était la mort, et surtout que le petit garçon n'allait jamais la revoir. Cette vérité sonnait pour elle comme une injustice, arracher la mère à un enfant de seulement quelques années… Elle fit de son mieux pour empêcher les larmes de couler, alors que son cœur se serrait de tristesse.
— Je suis sûre qu'elle sera contente, lâcha-t-elle avec un sourire attendrie en se mettant à sa hauteur. Tu veux que je te paie cet ours, pour que tu l'offres à ta maman ?
Les yeux du petit s'illuminèrent, ce qui submergea May d'une douce chaleur.
— Oh, oui ! s'exclama-t-il avec enthousiasme.
Elle entra dans le magasin sans plus attendre. Shachi lui avait donné des berrys pour qu'elle puisse faire des achats, autant en profiter pour faire plaisir à quelqu'un. Elle acheta l'ours et après être sortie, elle le donna au petit garçon qui le prit avec une joie immense.
— Merci beaucoup madame, c'est très gentil, chuchota-t-il lentement en serrant la peluche contre lui.
— De rien, ça me fait plaisir…, lança-t-elle avec un peu plus de difficulté.
En réalité, une autre pensée résonnait dans sa tête : la vie est cruelle, bien trop cruelle. Cette innocence enfantine, elle aurait toujours voulu la garder. Le monde nous paraît meilleur avec des yeux d'enfants et ils ont toujours une grande joie de vivre. En grandissant, on prend conscience de ce qui se passe autour de nous, et la vie semble bien plus dure. Une larme coula le long de sa joue, jamais elle n'aurait cru que pendant cette balade elle allait voir ça. Elle cacha son visage de ses mains froides et laissa couler les larmes qui désiraient sortir, c'était un véritable torrent. Cette histoire était si triste…
Le garçon ne comprenait pas, pourquoi elle pleurait ?
— Madame, l'interpella-t-il avec inquiétude en tendant la main vers elle pour attraper sa veste blanche. Pourquoi vous pleurez ? Vous avez mal ?
— N-Non…, bafouilla-t-elle. Je suis juste heureuse pour ta maman, parce qu'elle va avoir un fabuleux cadeau.
Décidemment, elle était trop sensible.
— Bon, je dois te laisser, j'ai des choses à faire, l'informa-t-elle en se relevant. Tu diras bonjour à ta maman de ma part, d'accord ?
— Oui !
Elle lui accorda un dernier sourire et commença à s'éloigner, laissant le petit tout seul avec la peluche entre ses bras frêles. Cette rencontre l'avait submergée d'une tristesse amère, et en même temps, elle lui avait redonné le sourire. Sa mère lui avait toujours conseillé de garder son âme d'enfant, de profiter de chaque chose qui nous était offerte, comme si chaque moment que l'on vivait était un cadeau.
La faim se fit sentir, et elle entra dans une boulangerie pour acheter des morceaux de pains bien chauds et une bouteille d'eau. Elle alla ensuite dans un magasin qui vendait toutes sortes d'objets. Il y avait des vêtements, de la nourriture, des livres… en parlant de livre, il y en avait un dont le titre attira May :
« Séduire un homme en 8 étapes : comment attirer le mec qui vous fait craquer ! »
Elle eut un bref haussement de sourcil. Pourquoi pas ? Après tout, si Trafalgar ne l'aimait pas, elle pouvait toujours essayer de le séduire. En plus, ses amies lui avaient souvent conseillées ce genre de livre, ça aidait beaucoup, à ce qu'il paraît. Elle écarquilla soudainement les yeux et agita sa tête de droite à gauche, comme si elle reprenait ses esprits. Ah ! Mais à quoi elle pensait ? Elle n'aimait pas Law, et voulait encore moins sortir avec lui ! Où était passée la May indépendante qui ne voulait pas de petit ami ? En plus, l'amour l'effrayait. Elle lâcha un soupir, décidemment, le chirurgien obnubilait toutes ses pensées, même en étant loin d'elle. D'un côté, elle savait qu'elle ressentait plus que de l'amitié pour lui, et en même temps, est-ce qu'elle pouvait qualifier cela d'amour… elle l'ignorait. Que faire… ? Bah, autant acheter de fichu livre, de toute façon ça ne l'engageait à rien.
Elle paya la note et, quelques minutes après être sortie, elle vit, assise à terre, tremblant et égratignée, une petite fille qui observait désespérément les passants, les mains tendus, demandant de l'argent. May hésita. Dans son monde d'origine, lorsqu'elle voyait des SDF ou des gens touchés par la pauvreté, elle faisait comme les autres : elle les ignorait. C'était cruel et égoïste, elle le savait, et le pire était qu'elle les ignorait principalement par timidité. Elle avait encore plus conscience de cette réalité depuis le jour où, en cours de sciences économiques et sociales, son professeur avait lancé le débat. Certains avaient levé la main, disant qu'il fallait aider les SDF, que beaucoup de gens passaient à côté sans se soucier d'eux, et à un moment, un garçon qu'elle appréciait beaucoup avait demandé haut et fort avec assurance : « Vous dites qu'il faut les aider et tout, mais combien d'entre vous se sont vraiment arrêtés devant eux pour leur donner de l'argent ? ».
Elle se souviendrait toujours du silence qui avait suivi et des visages qui s'étaient baissés après avoir entendu ces paroles.
May était comme ses camarades de classe : elle disait vouloir aider les SDF, leur apporter du soutien, mais elle n'avait jamais agis comme tel, ce n'était que des paroles en l'air. Elle s'inquiétait pour eux, mais pour autant, elle ne faisait rien pour que ça change, et l'occasion se présentait là, devant elle. Elle fixa la petite fille aux cheveux blonds courts avec incertitude, puis, prenant son courage à deux mains, elle s'approcha d'elle doucement. Les yeux émeraude de la petite se tournèrent vers elle, et le cœur de May se serra. Silencieusement, elle prit un des morceaux de pains encore chaud qui était dans son sac et en tendit un vers la petite, qui l'attrapa rapidement, comme si elle avait peur qu'il disparaisse soudainement. Elle interrogea May du regard, cette dernière hocha la tête et la blonde, heureuse, commença à manger. May eut un petit sourire. Au fond, son monde et celui de One Piece se ressemblait grandement.
— Comment tu t'appelles ? demanda-t-elle doucement en s'asseyant à côté d'elle.
La petite s'arrêta de manger et ouvrit la bouche pour répondre, mais rien ne sortit. Elle détourna les yeux. May comprit : elle avait perdu la voix, elle ne pouvait plus parler. Elle ne chercha pas à comprendre pourquoi et voulu poser une main affectueuse sur sa tête, mais la petite s'écarta d'un bon mètre, une expression d'horreur gravée sur le visage. Elle tremblait de peur, malgré que May lui ait donné à manger, elle était terrifiée, pourquoi ? Peut-être que des personnes avaient mal agis envers elle et l'avait traumatisée.
— Je ne te veux aucun mal…, murmura-t-elle en s'accroupissant et en approchant sa main.
Les secondes s'écoulèrent sans que la petite ne la lâche des yeux, et malheureusement, elle ne bougea pas, restant méfiante. May abandonna. La pauvreté, la misère, le désespoir… y avait-il une limite à la souffrance qu'un être humain pouvait endurer ? Elle voulait tellement aider tous ces gens qui souffraient, mais comment le pouvait-elle avec ses mains de jeune fille ?
Elle donna sa bouteille d'eau à la petite fille qui hocha la tête en guise de remerciement et décida de partir. Elle avait fait assez de bonnes actions pour aujourd'hui. Elle agita son bras pour dire au revoir à la petite fille et continua son chemin. Enfin, elle fit seulement quelques pas, car elle n'eut pas le courage d'aller plus loin. Elle se retourna et ses yeux se posèrent à nouveau sur la petite qui l'observait de loin. Une idée lui vint soudainement en tête, une idée folle. Déterminée, et surtout têtue, elle retourna auprès de la blonde et tendit la main vers elle, comme l'avait fait Trafalgar lors de son arrivée dans l'équipage.
— Viens avec moi, lui dit-elle simplement d'une voix qui était maternelle.
Les yeux de la petite s'illuminèrent un instant. C'était fou, carrément dingue même, mais elle voulait vraiment aider cette petite, l'arracher au désespoir qui semblait la hanter, même si elle ne la connaissait pas, même si elle n'était qu'une lycéenne impuissante, elle voulait sauver quelqu'un. Sauf que la petite n'avait pas l'air du même avis, en effet, elle ne réagissait pas, restait comme figée sur place dans un silence inquiétant. May lâcha un soupir, il fallait croire que les choses ne pouvaient pas toujours se passer comme elle le voulait. Elle sourit tristement et fit demi-tour dans le but de retourner au sous-marin jaune, mais des bruits de pas de firent entendre derrière elle. Elle tourna la tête avec espoir et vit la petite fille qui courait pour la rattraper. Des larmes coulaient le long de ses joues, elle acceptait de suivre May. Alors, bercée par un doux sentiment, la lycéenne attrapa sa main et, ensemble, elles se dirigèrent vers le sous-marin.
[…]
— Sanji, j'ai faim ~ ! se plaint une voix masculine de l'autre côté de la porte.
— C'est presque prêt, patiente encore un peu, rétorqua le cuisinier d'un ton calme.
May esquissa un sourire. Luffy était vraiment un ventre sur patte, elle se demandait parfois où allait toute la nourriture qui l'engouffrait. Pas dans son cerveau en tout cas, vu la stupidité avec laquelle il pouvait agir parfois. En tout cas, elle était heureuse que l'équipage au chapeau de paille ne soit pas déjà parti, elle avait eu peur qu'ils aient quitté le sous-marin très tôt le matin pour retourner vaquer à leurs occupations.
Elle ouvrit la porte de la cuisine et fut heureuse de voir que l'équipage au chapeau de paille était au grand complet, elle les salua poliment avec un grand sourire. Elle allait inconsciemment vers un des nombreux placards dans le but de prendre une part de brioche lorsqu'elle remarqua que Law aussi était là, buvant une tasse de thé dans le silence le plus complet, adossé contre le mur juste à côté du placard où les brioches étaient rangées. Elle s'arrêta brusquement dans sa marche et, se mordant la lèvre inférieure, alla finalement s'asseoir à la table en compagnie de Nami et Luffy. Elle prit deux sandwich du plat que venait de poser Sanji sur la table et en donna un à sa nouvelle protégée avec un regard bienveillant, essayant en vain d'ignorer la présence de son capitaine qui la mettait profondément mal à l'aise. En tout cas, elle était heureuse de voir que la petite n'avait plus peur d'elle et qu'elle savourait grandement la nourriture préparée par Sanji, ça lui mettait du baume au cœur. Les mots s'échangeaient avec enthousiasme lorsque Law, qui sembla sortir de ses pensées, releva la tête et dirigea ses yeux gris cernés vers May.
— C'est à cette heure-ci que tu rentres ? l'interrogea-t-il avec impassibilité après avoir posé sa tasse vide sur le meuble, croisant les bras.
Le cœur de la lycéenne rata un battement et elle se figea, ne sachant comment réagir suite aux évènements de la veille. Elle prit une grande inspiration et lâcha d'un ton qui se voulait neutre, comme si elle était désintéressée :
— Tu ne m'as pas dit jusqu'à quelle heure je pouvais me balader.
Elle savait que ses joues, qui étaient devenues rouges, trahissaient son embarras, le fait qu'elle ne l'ait pas regardé aussi mais elle n'y arrivait pas. Dès qu'elle le voyait, la scène de la veille repassait en boucle dans sa tête et elle se sentait défaillir. Elle risqua un coup d'œil vers lui et remarqua qu'il la fixait sans aucune gêne, ce qui augmenta son malaise. Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais fut interrompu par la porte qui s'ouvrit en grand, laissant apparaître Shachi, Penguin et Bepo, bâillant encore de fatigue et ayant la tête dans les nuages. May soupira de soulagement et eut un grand sourire lorsque le brun à lunette vint vers elle pour lui faire un gros câlin en guise de salutation.
— Salut May-chan ~ ! chantonna-t-il, tout guilleret. Tu as bien dormi ?
— Bonjour Shachi, oui très bien merci de t'en soucier, répondit-elle avec le même enthousiasme, contente de le voir.
— Je suis heureux alors. Penguin a été méchant avec moi, il m'a pris les pieds et m'a fait tomber du lit pour que je me lève, lâcha-t-il d'un air boudeur en regardant le concerné qui eut un sourire narquois.
— Parce que je savais que tu ne te lèverais pas sinon, crétin.
May lâcha un petit rire, ces deux là étaient un peu son rayon de soleil quand ça n'allait pas bien, ils étaient toujours de bonne humeur, énergiques et adorables, elle ne les remercierait jamais assez. La lycéenne et Shachi continuèrent de se sourire et de parler avec gaieté. Ils avaient presque l'air d'un couple, à se parler avec tant de gentillesse et à avoir des attentions l'un pour l'autre, il se dégageait d'eux une aura toujours chaleureuse quand ils s'adressaient la parole, Penguin avait même l'impression parfois d'avoir devant lui un frère et sa sœur.
— Vous iriez trop bien ensemble tout les deux ! fit-il d'ailleurs remarquer aux deux concernés qui se frottait la joue l'un contre l'autre avec un air niais à souhait.
— Ah, tu trouves ? questionna May en levant un sourcil. Elle n'avait jamais songé à avoir une relation autre que fraternelle avec Shachi.
— T'as pas intérêt de me la voler, sinon je serai obliger de la reprendre avec mon fidèle destrier, plaisanta Shachi en faisant un clin d'œil à son ami, faisant rire la jeune fille qu'il tenait toujours dans ses bras.
— Tu regardes vraiment trop de film à l'eau de rose, se moqua Penguin.
Tous à part Law rigolèrent joyeusement. Ce dernier, qui était désormais d'une humeur particulièrement exécrable, lâcha un « tch » méprisant et se mit dos à eux, comme si la scène qu'il avait sous les yeux le dégoutait. Bepo le remarqua et s'approcha de lui.
— Un problème capitaine ? demanda-t-il avec sa bouille trop mignonne.
— Rien, riposta-t-il, amer, en se dirigeant vers la sortie. Rien du tout.
Il ressentait le grand besoin de sortir prendre l'air.
Tous furent surpris du comportement du Chirurgien de la Mort qui semblait facilement irritable aujourd'hui. May fixa la porte par laquelle il était sorti avec inquiétude, avant de détourner les yeux avec tristesse. Nami, qui l'avait remarqué, lui donna un cou de coude.
— Hé, ça va ? s'enquit-elle en haussant un sourcil.
— Oui, désolée je suis un peu dans la lune, dit May avec un petit sourire qui se voulu réconfortant.
Elle n'insista pas. Luffy, qui semblait avoir fini de se plaindre, fixait la petite qui les observait d'un air craintif avec curiosité. Il approcha sa tête de la sienne à l'aide de son fruit du démon et l'interrogea, les yeux grands ouverts.
— T'es qui, toi ?
La blonde, apeurée, se cacha derrière May.
— Je l'ai trouvée dans la rue ce matin, par terre, expliqua la lycéenne, soucieuse. Je lui ai donné à manger et à boire, puis j'ai fini par l'emmener avec moi, ça me faisait mal au cœur de la voir comme ça.
— Alors, qu'est-ce qu'elle faisait là, à ton avis ? fit Sanji en s'allumant une cigarette, regardant le plafond d'un air vague.
— Aucune idée. Ce que je sais, c'est qu'elle à peur des humains, sauf de quelques-uns comme moi. Je pense qu'elle a fuit des gens qui ne la traitait pas très bien.
Shachi s'approcha de l'intéressée et lui ébouriffa les cheveux.
— En tout cas elle est trop mignonne ! Par contre, je ne suis pas sûr que le capitaine accepte de la garder, si jamais c'est ce que tu voulais faire, ajouta-t-il ensuite un peu plus sérieusement.
— Je ne vais quand même pas la remettre à la rue ! répliqua-t-elle aussitôt en fronçant les sourcils. Ce serait trop cruel… Pourquoi Trafalgar ne voudrait pas ?
— S'occuper d'un enfant n'est pas facile, et tu ne sais rien d'elle, vous pourriez vous attirez des ennuis en la gardant avec vous, expliqua Robin sans lever les yeux de son bouquin.
May comprit ce qu'elle voulait dire, mais ne changea pas d'avis pour autant. Elle voulait garder cette petite avec elle, l'arracher au désespoir qui semblait l'étreindre depuis qu'elle l'avait aperçue. Le problème était que Trafalgar avait tous les droits de refuser, et s'il le faisait, elle n'aurait pas le droit de répliquer, car il était le capitaine, et on ne désobéi pas à son capitaine. Shachi posa une main amicale sur son épaule.
— T'inquiète pas, je suis sûr qu'il va accepter, je le connais bien ! affirma-t-il avec un de ses grands sourires chaleureux qu'il faisait si bien. Allez, viens, on va le voir.
Rassurée, May fit un signe d'au revoir à la petite et, accompagnée de Shachi, se dirigea vers la chambre du capitaine. Ils toquèrent mais rien ne se fit entendre de l'autre côté, ils décidèrent donc de faire un tour sur le pont et le virent, assit sur la rambarde, une jambe pendant dans le vide alors que l'autre était repliée contre son torse, son bras tatouée posée sur le genou. Il observait les vagues qui apparaissaient et s'effaçaient peu de temps après, la brise faisant virevolter ses cheveux bruns. Shachi toussa pour faire signe de sa présence et prit la parole, tandis que May préférait rester en retrait.
— Euh, capitaine, on aimerait vous parler de quelque chose, annonça-t-il avec une légère hésitation, une main derrière la tête.
Le chirurgien sursauta et tourna la tête vers son subordonné, ce qui étonna celui-ci qui connaissait la facilité de son capitaine à sentir une présence humaine à plus de dix mètres de lui. Il devait vraiment être dans la lune pour ne pas l'avoir remarqué. Il ne fit cependant aucune remarque, ne voulant pas le froisser.
— May a trouvé une enfant dans la rue ce matin et l'a ramené ici, vous devez l'avoir vue dans la cuisine. Et voila, on aimerait savoir si on pouvait… ben…
La lycéenne fit un pas en avant pour aider son ami qui perdait ses mots fasse au regard étrangement noir de Law.
— Si on pouvait la garder avec nous, acheva-t-elle avec une assurance qui lui était rare.
Shachi la remercia silencieusement, mais la réponse de Law fut sans appel :
— Hors de question.
May grimaça et regarda Shachi avec ironie : « Je le connais bien » hein ? Elle pouvait comprendre que s'occuper d'un enfant pouvait être dur, et que lui donner une vie de pirate n'était pas ce qu'il y avait de mieux, mais elle n'allait quand même pas la remettre à la rue, si ?
— Pourquoi ? l'interrogea-t-elle. Je suis prête à m'occuper d'elle, si c'est ce qui…
— Non, refusa-t-il encore plus sèchement en reportant son attention sur le paysage.
Pourquoi il lui avait coupé la parole ? Et pourquoi il parlait et agissait de cette manière ? C'était quoi son problème ? Un coup monsieur joue les contacts physiques, puis le lendemain, il est aussi gentil et doux qu'un bloc de ciment ! Il commençait vraiment à lui taper sur les nerfs !
— ça va ! C'est bon, j'ai compris ! Je vais la ramener à sa merveilleuse vie, qui d'ailleurs n'en est pas une ! cria-t-elle, sans retenue en le fusillant du regard.
Elle commença à faire demi-tour sous l'air peiné de Shachi et murmura avant de franchir la lourde porte :
— Abrutit de capitaine sans cœur… !
Elle disparut du champ de vision du brun à lunette qui la rejoignit peu de temps après. Il lui expliqua que le capitaine était juste de mauvaise humeur et elle lui répliqua que Law pouvait « gentiment aller se faire voir » sans oublier de lâcher un grognement. De mauvaise humeur, elle entra dans la cuisine à nouveau, expliqua brièvement ce qui s'était passé aux autres et à la petite et ramena celle-ci sur le pont, le cœur serré. Suivis de l'équipage au Chapeau de Paille qui songeait qu'il était temps de partir, elle retourna sur le pont, ignora superbement Law qui n'avait pas bougé d'un poil et serra l'enfant dans ses bras.
— Je suis désolée, tu ne peux pas rester avec nous, pardonne-moi…, susurra-t-elle en la serrant plus fort contre elle, se sentant coupable de ne rien pouvoir faire.
La petite lui fit un grand sourire pour lui faire comprendre que tout irait bien et qu'elle avait déjà fait beaucoup pour elle. Elle posa ses lèvres fines sur sa joue droite pour lui montrer sa reconnaissance et, d'un geste de la main, salua la totalité des personnes présentes avant d'atterrir sur la terre ferme. Elle lança un dernier regard à May avant de commencer à disparaitre de son champ de vision. Tout allait à peu près bien à ce moment-là, mais ce fut de courte durée : une femme étrange apparut soudainement et attrapa la petite par les cheveux sans aucune douceur. Elle était de grande taille, habillée de vêtements de hautes qualités, et possédait des cheveux bruns attachés en un horrible chignon ainsi que des yeux noisette. Elle observait les passants qui fuyaient d'un air méprisant, hautain, comme s'ils n'étaient que de vulgaires insectes.
— C'est… commença Nami, étonnée.
— Alors c'était ça, lâcha Sanji en fronçant légèrement les sourcils. Elle est une esclave des Dragons Célestes.
— Comme ceux qu'on a vus à Sabaody ? demanda Penguin en penchant la tête sur le côté, faisant mine de réfléchir.
May écarquilla les yeux d'effrois.
— Oh non…, souffla-t-elle.
Alors, cette femme faisait partie des Dragons Célestes. Ces personnes écœurantes qui descendaient des vingt rois fondateurs de l'organisation connue sous le nom de Gouvernement Mondial. Derrière son écran déjà elle avait commencé à vouer une haine sans nom à ces gens qui possédaient une trop haute opinion d'eux même, à tel point qu'ils vivaient en portant une bulle autour de leur tête, de sorte à ne pas respirer le même air que les autres êtres humains, comme si cet air n'était pas pur, pas assez digne pour eux. Ce n'était pas tout, ils étaient également de grands acteurs du trafic d'esclaves, et si Law ne l'avait pas sauvée, elle aurait sûrement finie entre les mains de l'un d'entre eux à Sabaody. Elle aurait pu avoir, comme ceux qui s'étaient fait acheter, le symbole maudit des Dragons Célestes sur son dos.
— Alors ? Tu pensais pouvoir m'échapper encore longtemps ? siffla la noble avec mépris en fixant la petite qui restait silencieuse, les yeux vides. J'ai été étonnée lorsque j'ai remarqué que tu avais réussi à partir, mais c'est terminé, sale vermine !
La lycéenne sentit la rage la submerger lorsqu'elle vit la main droite de la femme claquer la joue de la petite dans un bruit assourdissant. Sa mâchoire se serra et, inconsciemment, elle fit un pas en avant.
— Hé, lâche-là ! Espèce de…, vociféra-t-elle vivement.
Sa phrase fut coupée par Shachi qui lui attrapa le bras et plaqua sa main contre sa bouche pour la faire taire. Elle l'interrogea du regard, et le brun fut étonné en voyant la haine qu'il y avait dans ses yeux. Il posa ses deux mains sur ses épaules.
— May, je comprends ce que tu ressens, déclara-t-il d'un ton compatissant. Mais c'est un dragon céleste, on doit se faire discret ou un amiral va rappliquer !
— Mais… Elle n'a pas le droit de la frapper, elle…, bafouilla-t-elle plus timidement après qu'il l'ait lâchée, les larmes lui montant aux yeux.
Law observait silencieusement la scène du coin de l'œil, les bras croisés, tandis qu'elle baissait la tête. C'était cruel d'agir ainsi envers une enfant, trop cruel ! En plus, elle se sentait impuissante, elle n'avait pas le droit d'agir, c'était trop dangereux, elle ne pouvait pas mettre son équipage en danger une seconde fois. Elle comprenait mieux pourquoi la petite avait peur des humains et avait perdu l'usage de la parole. Elle était donc l'esclave de cette horrible femme ? Elle cacha son visage de ses mains, c'était déjà la deuxième fois qu'elle pleurait aujourd'hui. Shachi, n'aimant pas voir son amie ainsi, la prit dans ses bras et lui chuchota des mots doux pour la calmer. Tous regardaient la femme qui continuait de rabaisser et d'humilier la petite avec une colère qu'ils devaient s'obliger à ignorer pour ne pas déraper. Au bout de quelques minutes, elle s'arrêta et plaça des chaînes aux mains de la petite fille, avant de la tirer par celles-ci pour la trainer comme un vulgaire chien.
— Je te ramène, affirma-t-elle froidement, les yeux lançant des éclairs. Et si tu essayes encore une fois de t'échapper…
Un pistolet de couleur noire se posa sur le front de la petite qui trembla de terreur, alors qu'un sourire malsain s'agrandissait sur le visage du Dragon Céleste.
— … Je t'explose la cervelle, compris ?
L'esclave hocha la tête pour montrer qu'elle avait bien compris et la femme fit demi-tour sans plus attendre, elle menaçait indirectement les gens qui étaient restés autour de les tuer, gardant son pistolet bien en main, sauf qu'une personne s'en moquait des Dragons Célestes et de faire venir un amiral, un seul :
Luffy.
C'est pour ces raisons que, sous les yeux de tous, le jeune homme au chapeau de paille sauta hors du sous-marin et fit quelques pas en avant, pointant du doigt l'odieuse femme, les sourcils froncés.
— Hé, la fille avec le truc bizarre autour de la tête ! Laisse-là tranquille ! l'appela-t-il sans crainte, faisant soupirer Nami de dépit qui s'attendait à cette réaction de la part de son capitaine.
— Tu n'aurais pas pu te taire Luffy ? On va avoir des ennuis maintenant ! cria Ussop avec un air paniqué.
— Bah, c'est lui, quoi, fit Nami, une main posé sur le visage comme si elle était désespéré.
Luffy ne répondit pas, fixant toujours le Dragon Céleste de ses yeux noirs. Celle-ci, n'ayant guère apprécié l'intervention du jeune homme, se retourna avec un rictus méprisant et pointa son arme sur lui. Comment ce moucheron osait-il lui adresser la parole ? Il était inférieur à elle, il allait avoir la punition qu'il méritait !
— A ta place je me serais fait petite, microbe, mais comme tu as du cran, je vais te faire une faveur : ta mort ne sera pas douloureuse.
— Euh… il est en danger là, non ? questionna May avec une grimace.
— En danger ? répéta Sanji, levant un sourcil. C'est plutôt pour elle que tu devrais t'inquiéter, ajouta-t-il ensuite avec amusement tout en tapotant sa cigarette.
La lycéenne écarquilla les yeux. Elle savait que Luffy était fort, mais tout de même ! Même si c'était un homme élastique, il avait tout de même quelques faiblesses. Pour la réconforter, Shachi attrapa sa main et la serra très fort, geste auquel elle répondit en accentuant la prise sous les yeux expérimentés de Law qui n'avait toujours pas lâché un mot. Voyant que Luffy ne réagissait pas, la femme s'énerva et tira dans sa direction, sauf qu'elle ne s'attendit pas à ce qui suivit : il esquiva avec une aisance impressionnante. Grinçant des dents, elle tira à plusieurs reprises alors qu'il s'approchait silencieusement tout en esquivant, les poings serrés.
— Tu commences à me taper sur les nerfs ! Meurs ! cria-t-elle alors que son pistolet était froidement sur le front de Luffy.
Elle appuya sur la détente mais rien ne se produisit, elle n'avait plus de balle. Luffy eut un sourire, retroussa ses manches et lui lança un bon coup de poing dans la figure qui la fit voler à une bonne dizaine de mètres. Elle ne bougeait plus, complètement sonnée. Satisfait, il lâcha un petit rire idiot et reporta son attention sur ses amis.
— ça, c'est fait ! Bon, désolé, un amiral et la marine vont débarquer, s'excusa-t-il, une main derrière la tête.
Tous tombèrent à la renverse.
— Fallait y penser avant, espèce de crétin ! crièrent Chopper, Nami et Ussop, exaspéré de son comportement.
— Franchement, il aurait pu se retenir, commenta Zoro avec agacement en rangeant son sabre dans le fourreau. J'allais la découper en rondelles.
— Shishishi !
Rassurée, May eut un sourire, sourire qui disparu aussitôt en voyant que la petite détalait comme un lapin.
— Elle s'en va ! cria-t-elle en la désignant du doigt. Mais pourquoi elle n'est pas restée ? On aurait pu la garder juste le temps de la soigner et d'attendre qu'elle soit hors de danger !
— La peur, sans doute. Elle a quand même été menacée d'un pistolet…, expliqua le cuisinier en s'approchant d'elle.
— Il faut que j'aille la chercher.
Penguin prit un air soucieux et ne put s'empêcher de donner son avis :
— Mais ça pourrait être dangereux, la marine ne va pas tarder. D'autant plus que tu n'es peut-être pas encore prête pour te battre !
— Je comprends votre inquiétude, mais je veux vraiment faire quelque chose.
C'était son rôle, elle était responsable d'elle. Après tout, c'était elle qui l'avait recueillie, tout ça était de sa faute et c'était à elle de régler ça. Elle lança un regard vers Law qui hocha la tête pour montrer son approbation. Comme Luffy, elle sauta donc hors du bateau pour aller chercher la petite qui avait pris la fuite. Elle devait faire vite, la marine n'allait pas tarder à arriver et même si elle avait son pistolet, elle n'était pas sûre de réussir à s'en servir. Heureusement qu'elle avait un minimum d'endurance !
Elle espérait tout de même que la petite n'était pas partie très loin, elle savait à quel point les enfants couraient vite, et la peur qui devait la submerger ne devait pas l'aider. Elle observa les alentours avec rapidité et son cœur rata un battement lorsqu'elle vit une masse blonde disparaitre au coin d'une ruelle sombre. Elle augmenta la cadence de ses pas et suivit ses traces, avant de se figer brutalement. La petite était là, contre le mur, repliée contre elle-même. Elle tremblait. La mélancolie se peignit sur le visage de May, qui ne savait comment réagir. Elle s'approcha doucement pour éviter de l'effrayer, car, elle s'en doutait, la petite devait être traumatisée. Pas étonnant, un pistolet avait été pointé sur elle, il y avait de quoi être bouleverser. Arrivée à sa hauteur, elle s'accroupit devant elle et, cette fois, réussit à poser une main réconfortante sur ses cheveux dorés.
— Tu peux pleurer, tu sais…, chuchota-t-elle tendrement en voyant qu'elle se retenait.
Un corps frêle se colla contre le sien, puis ce fut le silence. Les larmes de la petite coulaient le long de ses joues avant de disparaitre sur le sol, et May continuait de la bercer, comme l'avait fait Shachi quelques minutes avant. Elle ne pouvait s'empêcher d'être touchée, d'essayer de se mettre à la place de cette petite qui devait déjà en avoir marre de la vie, à tel point qu'elle commença elle aussi à pleurer. Non, elle devait se reprendre, son but était de la mettre en sécurité pour qu'elle ne se fasse pas récupérer, elle sécha donc ses larmes d'un revers de main avant d'arborer une expression déterminée. Il était temps d'arrêter de verser des larmes, il fallait qu'elle soit plus courageuse que ça si elle voulait protéger des gens. Elle s'était assez plainte comme ça ! Comme envahit d'un sentiment nouveau, elle se releva, enleva les larmes de la petite à l'aide de sa manche et se colla au mur pour vérifier qu'il n'y avait pas de danger aux alentours. Elle grimaça en voyant les marines qui arrivaient, armés de fusils et de sabres. Elle attrapa la blonde par les épaules.
— Je vais trouver un endroit où te cacher, car faire demi-tour maintenant serait dangereux, d'accord ?
Elle hocha la tête.
Toute seule, il allait être difficile de la protéger, mais May allait faire de son mieux. Le sang battant contre ses tempes, elle sortit de la ruelle et courut à la recherche d'un hôtel ou d'un endroit où elle serait en sécurité. Elle essayait de croire que tout se passerait bien, mais au milieu des cris et du reste, un marine réussit à les apercevoir.
— Là-bas ! Un pirate s'échappe ! hurla-t-il.
— Merde ! jura-t-elle ouvertement en le voyant qui arrivait vers elle.
Elle fixa la petite d'un air soucieux. Elle ne pouvait pas l'obliger à courir plus vite, elle ne tiendrait pas, elle était trop fatiguée, autant émotionnellement que physiquement. Il n'y avait qu'un seul moyen de la sauver. Elle lui attrapa les épaules et planta ses yeux dans les siens.
— Cours, cours le plus vite que tu peux ! ordonna-t-elle d'une voix suppliante. Ne te retourne pas et ne t'inquiète pas pour moi, d'accord ? Ça va aller, alors s'il te plaît, fuis !
Elle la prit dans ses bras une dernière fois et la poussa ensuite en avant pour l'inciter à s'en aller, alors que la petite la fixait avec inquiétude, hésitant à abandonner celle qui avait rendu cette journée si différentes des précédentes.
— Aller ! insista May en accompagnant la parole d'un geste de main vers l'avant.
La petite forma alors avec sa bouche un « merci » silencieux et s'éloigna d'elle en courant, les larmes ruisselant à nouveau sur ses joues. May lâcha un soupir de soulagement, si elle pouvait être sauvée, alors elle était heureuse. Elle allait partir dans une direction opposée lorsqu'elle aperçut du coin de l'œil une lame qui se dirigeait vers elle. Avec la rapidité nouvelle qu'elle avait acquise au fil des entrainements, elle s'écarta vivement et déglutit en voyant quelques mèches de ses cheveux tomber mollement sur le sol. Une seconde de trop et elle aurait fini en deux ! Sauf qu'elle avait crié victoire trop vite, car un instant plus tard il était derrière elle, son sabre sous son cou, prêt à lui trancher la tête. Une goutte de sueur glissa le long de son front et le marine l'interrogea avec amusement :
Un dernier mot avant de mourir, pirate ?
— Oui : Achtung, Meerschweinchen (1) ! s'exclama-t-elle.
— Hein ? Lâcha-t-il en haussant un sourcil, n'ayant pas compris ce qu'elle avait dit.
Elle lui tira la langue.
— Tant pis, t'avais qu'à apprendre l'allemand !
Sans plus attendre, elle lança sa jambe droite vers l'arrière pour un coup bien placé dans ce qu'elle appelait « les bijoux de famille » et se hâta de partir tandis qu'il se tordait de douleur. Elle avait eu chaud sur ce coup-là ! Elle s'était bien moquée de lui, mais elle n'était pas rassurée pour autant, sa vie était réellement en danger et ses amis étaient trop loin pour l'aider. En tout cas, il fallait qu'elle l'avoue, elle n'osait pas mettre la main sur son pistolet, ça la terrorisait. La fuite était donc la meilleure solution. Arg, il allait vite en plus ! Plus vite qu'elle ! D'un coup de tête, elle entra dans la première maison qu'elle vit et remarqua que c'était un hôtel vide de présence humaine. Sûrement à cause du Dragon Céleste.
— Tu es fichue, maudit pirate ! cria l'homme avec un sourire en entrant.
La peur aux tripes, May monta les escaliers pour tenter de lui échapper mais déglutit en voyant que le long couloir menait à un cul de sac et que les chambres étaient fermés. Bloquée, elle se retourna lentement vers le marine qui arborait un sourire moqueur et elle sentit sa gorge se nouer. Là, au moins, ça avait le mérite d'être clair : soit elle le tuait, soit c'était elle qui se faisait tuer, mais c'était toujours le même problème, elle n'était pas capable de tuer, et si jamais elle le faisait…
Son instinct réagit au quart de tour en le voyant avancer : elle sortit finalement son pistolet et le pointa dans sa direction, ce qui ne le fit même pas sourciller. Il n'avait pas peur, car il voyait sa main qui tremblait.
Allez May, tire ! Sinon, tu vas mourir.
Il voyait l'angoisse qui était présente dans ses prunelles.
Tire !
… Il savait qu'elle était faible et impuissante.
Tire…
Tant de phrases s'entrechoquaient dans sa tête. Certaines disaient de le tuer, d'autres hurlaient de ne rien faire, car il restait un être humain et qu'elle ne supporterait pas de tuer quelqu'un. Pourtant, à ce moment-là, ce n'était pas ça qui comptait le plus pour elle, sa priorité était de survivre. Une peur indescriptible l'envahissait. Elle avait l'impression de vivre un cauchemar. Ses membres étaient paralysés, chaque battement de son cœur était douloureux, insupportable. Son souffle était irrégulier, elle suffoquait, comme si on était en train de la noyer. Elle voulait reculer encore, mais son dos était déjà contre le mur froid, elle ne pouvait que regarder l'homme s'approcher d'elle, comme si la mort elle-même allait l'arracher au monde des vivants. Les seules fois où elle avait eu aussi peur, c'était dans ses rêves, dans ses plus sombres cauchemars.
Ce qui la sortit de sa torpeur fut la grande main de l'homme qui encercla son cou avec force. Et May, ne se contrôlant plus, comme possédée par une force invisible, sentit son doigt bouger et appuyer sur la détente.
Le bruit du coup de feu lui fit l'effet d'une douche froide.
Le hurlement qui suivit la glaça, et elle savait déjà qu'elle ne pourrait jamais oublier ce cri de douleur atroce. Puis plus rien. Tout était noir, il n'y avait que les ténèbres. Seul le sang qui tâchait le sol s'affichait dans sa tête sans cesse, comme un écho sans fin. Elle fixait, figée, le corps désormais dénué d'âme qui était devant elle, et soudainement elle reprit ses esprits. Sa main commença à trembler avec virulence, puis la prise se desserra brusquement et son pistolet percuta le sol. Ses jambes cédèrent et elle se retrouva assise par terre, les lèvres tremblantes, alors que des sons presque inaudibles sortaient de sa bouche, comme si elle était en transe.
— N... Non..., chuchota-t-elle, la voix tremblante et le souffle coupé.
Des larmes apparurent et roulèrent sur ses joues pâles, puis son visage afficha une expression de terreur et elle se prit la tête entre les mains. Soudain, elle hurla. Une fois, deux fois, trois fois. Elle ne pouvait que hurler. La scène tournait en boucle dans sa tête et elle voulait juste que quelqu'un la réveille, qu'on lui arrache le désespoir et l'horreur qui la hantait, elle voulait croire que c'était irréel.
Mais la réalité la frappait de plein fouet : Elle avait tué quelqu'un de ses propres mains, mains qui étaient tâchées de sang, de son sang.
Elle se laissa tomber sur le côté et ferma les yeux pour ne plus voir le sang, pour imaginer quelque chose de plus beau. L'image de Law lui souriant lui vint à l'esprit et elle essaya de l'ancrer dans sa tête pour qu'elle ne s'efface jamais. Le hurlement résonna à nouveau dans son esprit, et elle fit un énorme effort pour garder le visage de son capitaine en tête. De l'aide, elle voulait de l'aide, elle le suppliait intérieurement, dans son esprit, car sa bouche n'arrivait à sortir rien d'autre que des hurlements déchirants. Elle haletait, elle avait froid. Elle se sentait emprisonnée dans une cage, une boucle sans fin.
A l'aide !
Soudain, elle entendit des bruits de pas, puis une voix masculine résonna dans la pièce, avant de s'interrompre brusquement :
— May ! Qu'est-ce que…
L'espoir gonfla le cœur de la jeune fille qui rouvrit les yeux et les posa difficilement sur son capitaine, qui regardait la scène avec stupeur, les yeux écarquillés. Ses prunelles cendrées allaient du cadavre à elle, puis elles se posèrent sur le pistolet et il prit soudainement un air grave. Pensant que les explications n'étaient pas la priorité, il accourut vers elle et la releva avec douceur, remarquant les émotions qui l'assaillait. Lui-même avait du mal à suivre les événements et tout se bousculait dans sa tête, et lorsqu'il vit les yeux vides de May, il comprit qu'il devait l'éloigner au plus vite de cet endroit, avant que son état psychologique empire. Il attrapa le pistolet et le mis dans sa poche, puis il plaça son bras autour de son cou et l'aida à marcher jusqu'à la sortie. Une fois dehors il l'attrapa par les épaules et la secoua comme un prunier.
— May.
Elle ne réagit pas, comme si elle était un corps sans vie.
— May, reprit-il un peu plus fort, contrarié.
Toujours rien. Il sentit la colère et l'inquiétude monter en lui et il ne put s'empêcher de crier cette fois, perdant son sang froid :
— May !
L'interpellé cligna des yeux d'un air absent avant de regarder Law qui était vraiment préoccupé, Il croyait avoir devant lui un pantin qui n'avait plus d'âme. Les lèvres de May s'étirèrent en un sourire glacial qui lui fit froid dans le dos, puis soudainement, ses sourcils se froncèrent, sa mâchoire se crispa et elle se mit à hurler à nouveau. Il pouvait sentir le désespoir qu'elle ressentait, c'est comme si cette dernière le transperçait de partout. Il décida de parler doucement pour éviter d'envenimer les choses.
— May, calme-toi.
— Je… J'ai… Je suis…, balbutia-t-elle en hoquetant, avant qu'un autre de ses cris se fasse entendre.
Il la regarda avec tristesse. Des paroles ne changeraient rien, elle avait besoin de réconfort, juste de réconfort. Dans un mouvement de désespoir, il l'attira contre lui et la serra fort, très fort, comme si elle était sa bouée de sauvetage. Son chapeau nordique tomba sous le geste et une de ses mains vint se loger dans ses cheveux pour entamer un mouvement de vas et viens dans le but de la calmer, alors que ses larmes mouillaient son sweat, La seule chose qu'il voulait, c'était pouvoir lui apporter ce dont on a besoin dans ces moments-là, de montrer qu'il était là.
Au bout de plusieurs minutes qui avaient semblé éternelles, les hurlements cessèrent doucement, le cœur de May reprit un battement régulier et sa voix, faible et mélancolique, fendit l'air.
— Je l'ai tué… Je l'ai tué… !
Ses petites mains fragiles agrippèrent le sweat du jeune homme et elle répéta la même phrase plusieurs fois, comme si elle ne pouvait rien faire d'autre. Elle avait totalement oublié la colère qu'elle ressentait envers Law peu de temps auparavant, là, elle avait juste besoin de lui. Elle voulait qu'on la punisse, qu'on lui renvoie la douleur qu'avait ressenti cet homme, elle désirait disparaître, effacer sa présence ! Law l'écoutait calmement sans broncher, c'était malheureusement tout ce qu'il pouvait faire pour le moment. Les pirates comme lui étaient habitués à avoir les mains tâchées de sang, c'était un quotidien, c'était la voie qu'ils avaient choisi. May aussi en était une, mais c'était différent. Elle tenait à la vie humaine, elle était sensible, douce et timide, elle voulait juste apporter le bonheur à son entourage et découvrir de nouvelles choses. En venant dans son monde, elle imaginait vivre des aventures palpitantes, amusantes et remplies de joies, elle ne savait pas encore que la vie de pirate n'était pas remplie que d'avantages, elle avait juste l'innocence dans la peau. Et cette innocence, elle venait de la perdre.
Par il ne sut quel miracle, les pleurs de la jeune fille s'arrêtèrent, puis elle ferma les yeux et s'endormit contre son torse. Elle devait être très fatiguée, elle venait de vivre un dur moment émotionnel et il lui faudrait beaucoup de temps pour s'en remettre. D'une tendresse qui lui était rare, il posa ses lèvres sur son front, puis il plaça une main sous ses jambes et l'autre autour de ses épaules afin de pouvoir la ramener au sous-marin. Il ne devait surtout pas la réveiller, quand elle dormait elle était apaisée et les problèmes semblaient bien loin.
Il retourna là où il avait laissé ses hommes et leur ordonna de rentrer. Ils acquiescèrent et prirent un air inquiet en voyant May, blessée, dans les bras du capitaine. Penguin et Shachi abattirent deux Marines qui les gênaient et, suivit de Bepo, ils prirent la route en direction du sous-marin jaune en courant, alors que les coups de feus retentissaient. Une fois arrivé, Law soigna les quelques plaies qui étaient présentes sur le corps de la jeune fille, avant de l'allongé sur le lit de sa chambre et de la recouvrir d'une couverture. Voyant que Shachi et Penguin s'impatientaient de l'autre côté de la pièce, il leur fit signe d'entrer.
— Qu'est-ce qu'elle a capitaine ? Demanda le brun, préoccupé, alors que son regard se dirigeait vers la concernée.
— Elle va bien ? Ajouta Penguin avec empressement.
Le Chirurgien leva la main pour exiger le silence.
— Calmez-vous. Elle va bien, elle a juste quelques égratignures, ce qui est une chance. Je l'ai retrouvé dans un bâtiment, par terre et sous le choc. Il y avait également un marine qui était mort.
Ils hochèrent la tête pour montrer qu'ils écoutaient. Law savait très bien que ses deux hommes se posaient la même question.
— Je sais ce que vous vous demandez et je vous réponds que oui, c'est elle qui l'a tué, acheva-t-il d'un air grave, alors que son visage prenait un air contrarié.
Penguin et Shachi s'exclamèrent, étonnés. Law fit quelques pas vers le lit où elle dormait profondément et la fixa quelques secondes, avant de reporter son regard sur ses deux hommes.
— Il lui faudra du temps pour s'en remettre, j'exige donc de vous de la discrétion sur cette affaire, vous ne devez surtout pas en parler, ça la ferait encore plus culpabiliser.
— Mais capitaine, quand vous lui avez donné ce pistolet, vous saviez que cela finirait par faire des morts, non ? L'interrogea le brun, intrigué.
Un silence s'installa, puis la voix du capitaine résonna dans la chambre.
— C'était inévitable en effet, approuva-t-il en posant ses yeux gris vers Shachi, avant de les reporter sur May. Maintenant elle doit nous montrer qu'elle est assez forte pour surmonter cet obstacle. La vie de pirate n'est pas toute rose, elle devait bien le comprendre un jour ou l'autre.
— On ne peut vraiment rien faire ? La pauvre…, commenta Penguin.
Le manque de réponse du capitaine montra que non, il n'y avait rien à faire. May avait sa vie entre les mains, et c'était à elle de décider ce qu'elle allait en faire. Penguin et Shachi sortirent et retournèrent dans leur dortoir, histoire de réfléchir à tout ça. Law, lui, s'assit devant son bureau et posa ses yeux cendrés sur la jeune fille, une lueur indescriptible dans le regard.
— Il serait peut-être temps que tu rentres chez toi, miss, souffla-t-il avec un sourire fade.
Un grognement lui répondit, puis la concernée changea de position tout en marmonnant des mots incompréhensibles. Les traits de Law se détendirent et il arbora même un air amusé. Il enleva son sweat et balança ses chaussures d'un mouvement des pieds avant de s'installer dans son lit à côté de l'endormie. Il coinça derrière l'oreille de celle-ci une mèche rebelle qui chatouillait sa joue, puis il appuya sur l'interrupteur, laissant les ténèbres envahir la pièce, ainsi que son cœur.
oO_O_Oo
Achtung, Meerschweinchen : Attention, cochon d'Inde ! (gros délire huhu)
Et voila, ça y est, May a utilisé son arme ! Quelles sont vos impressions sur ce sujet-là ? J'espère avoir réussi à retranscrire ses émotions car je me suis beaucoup focalisée là-dessus. On peut également sentir que Law est énervé à cause du rapprochement entre Shachi et May et de la réflexion de Penguin, surtout qu'elle tente de ne pas lui accorder beaucoup d'attention vu qu'il l'a embrassée la veille. J'espère que les passages avec la petite vous ont plu et que ça n'allait pas trop vite, le chapitre faisant déjà beaucoup de mots, je n'ai pas osé développer plus. Je veux juste que les gens se rendent compte à travers ce chapitre que le monde de OP et le notre se ressemblent grandement, que la pauvreté, la misère et le désespoir sont présents dans les deux et qu'il suffit d'y mettre du sien pour apporter du bonheur autour de soi. ^^
Vous vous attendiez peut-être à plus du côté de Law et May, mais ça, ça viendra au prochain chapitre, oh oui, je sens que vous allez l'adorer… !
Désolée encore pour le retard, le prochain chapitre sera posté la semaine prochaine ou celle d'après. Il est déjà fini, mais je veux qu'il soit parfait dans tous les sens du terme, c'est un chapitre que je considère comme important et je veux donc qu'il soit de grande qualité. ^^
N'hésitez pas à laisser des commentaires sur ce que vous avez ressentit, si vous avez sorti un paquet de mouchoirs ou non, bref, tout ! XD Je suis curieuse de savoir vos impressions ^^
A bientôt !
