Il était une fois, dans une classe toute vieille, toute moche, avec du bois et des couleurs pourries, des élèves qui subissaient un cours de français…
— … Et donc c'est ainsi que vous pourriez finir votre commentaire littéraire, conclut la prof de français avec enthousiasme, alors que la plupart des élèves regardaient le plafond, jouaient avec leur crayon, parlaient à leur voisin, bref… !
- Madame, madame ! cria un élève blond en levant la main.
La Madame en question sourit en voyant un élève qui avait la volonté de participer. Elle laissa échapper un petit « oui » et l'élève put donc prendre la parole :
— Est-ce que au BAC on a le sujet à l'avance ?
Gros vent, un ange passe. Un couple d'anges passe. Un diable en caleçon rose passe. Dumbledore chantant Céline Dion sur un Sombral passe.
— Il est con, ce mec ? se demandèrent la plupart des élèves.
— Bien sûr, répondit la prof de français. Vous recevez les sujets six semaines à l'avance avec en prime les réponses aux questions, ironisa-t-elle ensuite.
— Ah, lâcha l'élève, gêné.
Voila, ça s'est passé cette semaine ! Bon, j'ai rajouté mon humour à la noix pour que ça fasse un peu rire, mais bon, c'est pas drôle, lawl.
Bref !
Bonjour ~ Comment allez-vous ? Moi très bien ! Je suis un peu fatiguée, la semaine a été dure ! En même temps, bosser les maths pendant une heure et demie un jeudi soir, c'est pas toujours facile ! Mais j'ai pas été noté sur le tableau de ménage de l'internat, j'ai bien fait mon ménage dans ma chambre ~ (Je l'ai fait le matin juste avant de partir mais chut, hein). Sinon ben j'ai eu un 14,5 en anglais, c'est bien, hein ? Hein ? Allez, lancez-moi des fleurs ! %D
Sinon ben, ça a été un peu dur hier car une de mes amies est allée à l'hôpital, j'étais inquiète pour elle, je le suis facilement avec des gens qui me sont proches. Je peux facilement imaginer le pire, donc voila… Mais maintenant elle va mieux, donc tout est réglé ! ^^ Hm… Que dire d'autre ? Ben, une fille de ma classe m'a dit que Kamisama Hajimemashita avec désormais une saison 2 ! Trop bien ~ Et je pense regarder à nouveau Ouran High School Host Club, il est trop drôle ce manga… ! Et Itazura na Kiss aussi, un de mes shoujo préféré ! ^^ Et en étude aujourd'hui j'ai dessiné Ikuto de Shugo Chara, il est trop mignon… ! *_*
Bon, plus sérieusement, j'appréhende un peu ce chapitre. Comme je vous l'ai dit cela fait des semaines que je le prépare bien au chaud et j'espère donc sincèrement qu'il vous plaira. Je crains que Law ne soit un peu OOC dans ce chapitre, vous verrez pourquoi ! J'espère que vous n'hésiterez pas à me dire ce qui ne va pas dans ce chapitre, et ce qui est bien également, ainsi que vos ressentis et la manière dont vous avez perçu les choses, c'est VRAIMENT important.
On a dépassé les 8 commentaires par chapitre ! On est rendu à… 9 ! XD Un nouveau record pour l'Homme ! Aha. Sinon on est passé à 38 favoris et followers, MERCI ! Je ne vous le dirai jamais assez, mais c'est VOUS qui faites vivre cette fanfic, même si je suis celle qui l'écris, une fanfic sans lecteurs n'est rien donc sincèrement, MERCI ! Merci aussi à ceux qui prennent de leur temps pour laisser un commentaire, ça me fait toujours plaisir de voir dans ma boite mails qu'il y a une nouvelle review, vraiment, ça me tiens à cœur de vous le dire.
Sur ce, je réponds à vos commentaires ! ^^
Ayui-Ayone : Oh my god ! Une nouvelle gentille lectrice qui commente ~ ! :D
Je suis contente que ce chapitre t'ai touchée, car c'est ce que je recherche en écrivant ! Dommage que des gens aient gâché ton moment d'émotion, quel est le nom de ces criminelles, que je le mette dans le Death Note ? Héhé.
Merci de dire que c'est super, ça me fait vraiment plaisir ! C'est toujours difficile de faire les descriptions et les sentiments, c'est limite ce que je considère comme le plus important, donc si tu te dis que tu étais à fond dedans, c'est vraiment rassurant et ça me motive à faire mieux. Et bien comment May va affronter ça, tu vas le voir maintenant ! ^^ Aha heureuse que tu ais aimé l'histoire avec la petite fille, j'ai voulu indirectement sensibiliser les gens à ce sujet, et puis, ça rajoutait de la tristesse et de la joie en même temps, car May évolue et agit d'une manière différente du monde d'où elle vient réellement, ce qui montre qu'elle change ! =) Mdr Luffy c'est un dur, faut pas l'énerver sinon… BAM ! XD J'espère pour toi que tes parents n'étaient pas près de toi quand tu l'as encouragé, sinon ils ont dû te prendre pour une folle ! x)
Hm... J'hésite pour la petite, je ne pense pas que vous la reverrez, ça compliquerait beaucoup les choses… mais je vais y réfléchir ! :p C'est marrant, t'es pas la seule à avoir dit que le sourire était flippant, et ben si elle va agir en psychopathe ou non… tu vas savoir ça… MAINTENANT ! XD
Merci beaucoup d'avoir laissé ton avis, en espérant te revoir bientôt ~ !
Yukina21 : Bonjour ! ^^
Ah, je n'avais jamais entendu parler de ça, du fait que vu que c'est la femme qui met au monde l'enfant c'est encore plus dur pour elle de supprimer une vie, merci ! J'ai appris une chose très intéressante ! Et en plus c'est cohérent, ça tient la route ! Allez, j'te donne une médaille !
En effet c'est un avantage qui ne doit pas être négligé, et si May aimait tuer les gens, ça aurait sûrement été très intéressant comme information ! Dommage pour vous, ce n'est pas une psychopathe héhé. Tu m'étonnes, j'espère ne jamais tuer quelqu'un ! La culpabilité et le reste… ça doit être vraiment dur à vivre.
Merci pour le compliment ! Bye bye ~
Guest : Bonjour à toi, ô nouveau lecteur de ma fic ! Alors ce n'est pas prévu que la petite apparaisse à nouveau dans le chapitre, mais comme vous l'aimez bien, je pense que je vais y réfléchir héhé.
Voici la suite ! Merci d'avoir mis un commentaire, ça fait très plaisir ! ^^
Raineloup : Meuh c'est pas gentil, ça ! Tu veux que Law soit triste ? Ok, prends une cargaison de pains pendant que je l'attache à un poteau et ensuite on va le forcer à en manger, d'acc ? 8D
Merci de dire que c'est super ! ^^ Hm oui ça se voit qu'il tient à elle, et en même temps c'est pas explicite donc bon… XD c'est compliqué l'amour et tout ce qui s'en rapproche hein ! x) Un couple Shachi et Penguin ? Je ne sais pas, pourquoi pas ! Je vais y réfléchir, mais bon, tout au long de ma fic je n'ai pas montré de signe comme quoi Shachi aimerait Penguin donc ça risquerait d'être compliqué ! Je vais voir ça. =)
Merci t'es gentille, et merci pour ton commentaire ! ^^
TheCrazyKitty : NYAAAAAAAAAAAA Bonjour, Madame j'aime mettre en image de profil Law qui se prend des clémentines !
Hey, oh, tu vas calmer tes ardeurs, jeune fille, je sais que tu aimes le sang mais n'en fait pas trop, d'accord ? Je ne veux pas avoir à ramasser des cadavres après ton passage ! o/ Je crois qu'on peut tous l'avouer : Oui, TU ES FOLLE, et tu sais pourquoi ? Parce que t'es CrazyKitty, LAWL ! #SBAFF# T'as un cœur de pierre ? Mais c'est vilain ça, faut y remédier ! Des fictions où Law meurs ? Naaaan, c'est pas possible ! D' :
Merci pour le compliment sur le passage où May panique ! Voici la suite, bisous bisous XD !
Neiflheim : Oui je sens que vous allez adorer ce chapitre, enfin, je l'espère en tout cas ! x) Je suis contente que leur relation te plaise ! Alors en fait ce prénom m'est venu à l'esprit grâce à Pokémon, car le prénom anglais de Flora est May et je trouvais ça jolie, donc je l'ai pris XD ! Ah personne l'a aimé son sourire glacial mdrr ! Oh non, t'inquiète pas, elle ne va pas se transformer en serial-killer [Killer : on m'a appelé ? /] !
Merci d'avoir laissé ton avis ! =)
Eiliime : Bah oui le site ne veut pas afficher le lien ! =( Je vais faire un procès héhé. Je suis contente que tu ais adoré ce chapitre, l'émotion était omniprésente en effet ! Ah bah oui One Piece c'est un monde de brute, et je suis contente que la petite fille et le garçon vous ait tous plu, ça rassure ^^ Oui c'est vrai y a pas beaucoup de Law/May dans ce chapitre, je ne voulais pas trop me fixer dessus mais on remarque quand même la jalousie de Law hein XD ! Hm, quand va-t-il s'en rendre compte ? On va voiiir ~ ! :p Ah bah tu vas voir la réaction de May dans ce chapitre, j'espère d'ailleurs que cette réaction ne te décevra pas trop. ^^ Merci de dire que c'est réaliste ça me fait plaisir ! ça me rend heureuse de savoir que mon histoire se démarque des autres grâce à ce genre de détail !
« Des trésors » ? Oh t'es trop meugnonne ! Vraiment merci, t'es toujours là pour me soutenir ! =)
Bisous et bon courage à toi aussi )
Shamliu : Yow !
Wahou t'as tout lu d'un coup ? T'es un tenace, toi ! xD Merci de dire que May n'est pas une Mary-Sue, car si c'était le cas cela réduirait grandement le « succès » de cette fanfic. Je suis étonnée que tu dises aimé le sérieux qui s'en dégage, c'est vrai que je m'implique beaucoup, mais je ne savais pas que ça se voyait ! x) Sincèrement, ça me fait chaud au cœur que tu te rendes compte de ce genre de choses, c'est toujours valorisant de voir son travail remarqué et récompensé par un commentaire. =)
Comment ça mes pavés d'introduction ? Mais euh, je vais bouder si ça continue, comme ça vous n'aurez plus de chapitre, na ! Aha non je plaisante, tant mieux si ça te fait rire hein XD ! Mais même si je raconte un peu ma vie, je trouve amusant et sympa de partager mes expériences IRl avec vous etc, je trouve que ça me rapproche de mes lecteurs, plutôt que de balancer le chapitre direct ! Oh mais bien sûr que je vais continuer ma fic, tu croyais quoi ? :p
Oui je suis redoublante ! ^^ En fait, je devrais être en terminal cette année mdr ! Je serais majeur d'ici quelques mois. X') Oh c'est vraiment gentil ce que tu me dis là, je suis heureuse que mon style te plaise et j'espère justement m'améliorer en écrivant cette fanfic ! C'est mon but premier héhé.
Merciiii, voici la suite ! =)
Aoicia : J'AI LA FLEMME DE REPONDRE A UN COMMENTAIRE AUSSI LOOOONG XD !
Bon allez, courage ! Nan je plaisante, je te réponds toujours avec plaisir ma petite Aoi' ! Alors 1) ton « YOSHA ! » me fait penser à Naruto, c'est cramé direct, copieuse ! OUI on ne voit pas la photo mais c'est à cause de FF qui empêche de voir le lien D : ! Je trouverais un moyen de vous la montrer quand même e_e ! Tu m'étonnes que t'as pas relu ton ancien commentaire, vu sa longueur ~ OK, j'arrête XD ! Ohoh, tu aimes avoir peur ? C'est bon à savoir ça, je vais chercher un scalpel 8D
Mais comment on peut aimer Flamant Rose ! Raaah dès fois je me demande si on ne t'a pas converti à Doffy tellement tu l'aimes ! x) Ah j'ai jamais pensé au Ace/Law O.O faudrait que j'essaye un jour ! D Ah t'aimes pas le Law/Luffy ? Je trouve ça mignon moi, ils sont kawaii tous les deux, et puis vu comment Luffy fait tourner Law en bourrique, ça ne peut être que drôle XD ! MAIS C'EST QUOI CETTE VISION D'HORREUR DE DOFFY ET ACE ! x) Je vais faire un cauchemar cette nuit T.T
Je suis contente que la publication de tes chapitres se passe bien ! ^^ Tu vois bien que stresser ça sert à rien, écoute la voix de la sagesse ! :D Bah ça arrive de stagner sur des chapitres, fait peut-être une pause et reprends après, parfois ça aide ^^ Et puis on a tous un blocage à un moment ou un autre… ! Arrête de te poser autant de questions, ça te frêne je pense ! Continue de faire ce que tu penses être bien et surtout garde ton plaisir d'écrire ! C'est vraiment important. Oh grave les matins où on peut se lever à midi… hm… c'est génial ! Ah oui, c'est reparti les cours, là j'ai eu un 14,5 en anglais, donc je ne vais pas me plaindre ! :P Aha tu aimes voir Law rager à cause de Shachi et May hein… ! xD Bah oui on peut pas leur en vouloir, ils s'adorent, c'est tout, ils ne voient pas de mal à ça mdr ! Je crois que tu ferais mieux de faire dodo, car pour rêver d'aller vers les ténèbres et d'être sauvé par un psychopathe maniaque de scalpels, faut le faire ! 8D
J'avoue, « Trojan » c'est pourri, je préfère largement le nom que tu as mis XD ! En fait, t'es une grosse feignasse, c'est ça ? :p
Oui j'essaye de vivre quand même malgré la santé hein, et puis je sais que je ne suis pas la plus à plaindre. ^^ Je sais plus c'était quoi le délire avec Nemo, sorry XD ! Nan pas de tomates ! Vilaine ! OK ok, je ne dirai plus jamais que tu es vieille.
ESPECE DE DETRITUS PLEIN DE RIIIDE 8D #SBAFF#
Ah ouais, plus vieille que Law, OMG ! xD ça va tourner à la pédophilie tout ça mdrrr ! Ah Doffy à 41 ans ? Il sera bientôt un vrai vieux, lui ! x) Mais faut pas faire de mal à Bepo, il est trop mignooon é_è ! Je suis contente que ma vision de l'amour à propos de Law te plaise héhé, mais j'aurais besoin d'aide quand même, si je tombe trop dans le côté niais faut me le dire car ce chapitre en contient un peu quand même (j'en dis pas plus !). Très intéressant ton idée de flash-back avec Shachi, je la mets de côté ! ^^ ça le mettrait en valeur dans un chapitre, ça pourrait être intéressant, merci ! Oui May évolue en effet ^^ Je suis contente que l'histoire avec la petite fille t'ai plus, j'avais hésité au début à le mettre, c'était un risque à prendre ! Mais beaucoup on aimé donc je suis rassurée. =)
Toi, t'as pas aimé le passage sur la rambarde du pont LOL ! Je me demande si j'ai pas un peu exagéré son comportement quand même ! xD J'ai adoré le titillé avec Shachi et May, ça me fait marrer ! Si je continue je vais rejoindre Doffy moi aussi. En effet ce n'est pas encore très clair, est-il amoureux ? On pourrait dire oui, … et non. Héhé.
Alors la deuxième proposition est la plus juste, mais ce n'est pas exactement ce qui va se passer, tu le verras en lisant ! ^^ ça va tourner au drame cette histoire mdr ! J'essaye de changer l'ambiance, il y a eu deux trois chapitres où tout allait bien, et là c'est plus sombre ! Je suis heureuse de savoir que tu as aimé ! « OC torturé… » mdr. X) d'ailleurs, j'ai peur que May s'en prenne un peu trop dans la figure et qu'elle devienne une victime, je ne veux pas qu'elle soit « la pauvre fille qui a plein de soucis mais qui sourit quand même », tu vois ? Et je veux pas du drame, juste vous touchez avec les émotions qu'elle peut ressentir, voir même indirectement réveillez en vous des souvenirs, OK, ça va un peu trop loin là xD
Vivement toi aussi, femme ! ^^ Fait également attention à toi, et merci de laisser un commentaire, tu me motives, vraiment ! Bye bye ~ ! ^^
Je vous souhaite une bonne lecture, on se voit à la fin ~ !
oO_O_Oo
Le ciel était gris, rempli de nuages.
May ouvrit lentement les yeux. Elle tourna la tête vers la droite, puis vers la gauche, et elle constata rapidement qu'elle était dans le lit de Law, et que ce dernier était absent. Elle tenta de se lever mais la douleur la submergea et elle se ravisa. Aucune pensée ne traversait son esprit, comme si elle était vide. Depuis combien de temps dormait-elle exactement ? Elle n'en avait aucune idée, elle se sentait lourde. Elle parvint à se lever au bout de quelques minutes et parcouru la chambre du regard. Elle traina les pieds jusqu'au bureau de Law où était posé des feuilles ainsi qu'un livre. Elle les feuilleta rapidement sans aucun but précis, jusqu'à ce qu'elle tombe sur le dessin qu'elle avait fait, caché en dessous de la pile. Elle l'observa longuement. Pourquoi l'avait-il gardé ? Elle pensait qu'il l'avait jeté tant elle s'était ratée ce jour-là, ça l'étonnait de le retrouver ici. Ses yeux azurés allèrent ensuite en direction du miroir qui était accroché au mur, et elle remarqua avec confusion qu'elle avait des égratignures au visage et que quelques mèches de ses cheveux étaient plus courtes, mais pas comme si elles avaient été coupées au ciseau. Ses sourcils se froncèrent et elle tenta en vain de se remémorer ce qu'il s'était passé avant son réveil. Elle eut un rictus en voyant qu'elle n'y arrivait pas, et ce fut à ce moment-là que la porte s'ouvrit.
Elle n'eut pas besoin de se retourner pour savoir que c'était Law.
— Ah, tu es réveillée, nota-t-il simplement d'un ton neutre.
May fit demi-tour pour le voir de face, le dessin toujours en main. Elle croisa les yeux gris du jeune homme et les siens s'écarquillèrent en voyant son air grave et soucieux. Doucement, elle demanda :
— Qu'est-ce qu'il y a ?
C'était au tour de Law d'être étonné, comme s'il ne s'attendait pas à ce qu'elle dise ça. May remarqua que ses épaules étaient affaissées et que ses cernes étaient bien plus nombreuses qu'avant. Avait-il mal dormi ces derniers jours ? Il avait l'air terriblement fatigué, mais pas que physiquement, elle voyait dans ses orbes cendrées que psychologiquement, ça n'allait pas fort non plus.
— Tu ne te souviens de rien ? l'interrogea-t-il sans répondre à sa question, accentuant la confusion de la jeune fille.
Elle haussa un sourcil, puis leva les yeux au ciel pour essayer de se rappeler de ce qu'elle n'aurait peut-être pas dû oublier. Elle finit par reporter son attention sur lui, haussant les épaules.
— Me souvenir de quoi ? Je ne vois pas de quoi tu parles…, avoua-t-elle avec sincérité, haussant un sourcil. Tu pourrais éclairer ma lanterne ?
Et merde. Il ne pensait pas que ça se passerait ainsi mais c'était bel et bien le cas, sa mémoire avait effacé tout ce qu'il s'était passé il y a de cela trois jours. En tant que médecin, il savait que c'était un instinct de protection, ça arrivait souvent aux gens après avoir vécu un dur moment émotionnel, sauf que la plupart du temps ça ne durait pas éternellement, tôt ou tard, elle se rappellerait de ce qu'elle avait fait, et il appréhendait la façon dont elle réagirait.
— N'essaye pas de t'en rappeler, c'est tout.
May fronça les sourcils d'incompréhension et également de colère car elle n'aimait pas ignorer quelque chose qui la concernait. Qu'est-ce qu'il lui cachait ? Si Law agissait de cette manière, c'est que c'était forcément important.
— Dis-moi ce qui se passe, exigea-t-elle d'un ton ferme en croisant les bras.
— Ne me donne pas d'ordre, miss, rétorqua-t-il froidement, ses yeux prenant un air menaçant.
Et voila, il l'avait appelé « miss » et esquivé la question. Il agissait toujours de ainsi quand elle abordait un sujet qui le dérangeait, il était vraiment têtu quand il le voulait.
— Mais je dois le savoir si ça me concerne… !
Aucun mot ne passa la barrière des dents du jeune homme et May eut l'impression que son cœur s'était arrêté, avait-elle fait quelque chose de grave ? Elle tiqua lorsqu'elle vit le vit se retourner et, ne voulant pas le laisser filer avant qu'il n'ait répondu à sa demande, elle fit quelques pas rapides vers lui et attrapa sa manche du bout des doigts. Il s'arrêta mais ne réagit pas, restant muet. May se sentit soudainement submergée par l'inquiétude et elle ne put s'empêcher de se mordre la lèvre inférieure.
— Explique-moi, s'il te plaît…, chuchota-t-elle en baissant la tête.
Law tourna la tête, la toisa silencieusement quelques secondes. Il s'apprêta à dire quelque chose mais il referma vivement la bouche et un voile d'ombre apparut sur son visage. Il s'arracha finalement à la prise de la jeune fille d'un mouvement de bras et referma la porte derrière lui, montrant clairement que la conversation était close. Il s'adossa contre le mur et posa une main sur son visage d'un air dépité, l'autre ballant le long de son corps. Le doute le submergeait, ce qui n'était pas dans ses habitudes. Devait-il tout lui révéler, lui cacher la vérité ou pire encore, lui mentir ? Il l'ignorait, lui qui était si franc, si direct, il hésitait à se comporter ainsi. Il lâcha un soupir et décida finalement de faire un tour pour se changer les idées. Cela faisait déjà trois jours qu'il surveillait le réveil de la jeune fille sans relâche, il en était assez fatigué, il avait besoin d'air.
May, de son côté, était confuse. L'échange qu'elle venait d'avoir avec Trafalgar la laissait perplexe et l'inquiétude qui était en elle montait progressivement à chaque seconde qui passait. Le jeune homme lui cachait quelque chose, c'était certain, mais quoi ? Qu'aurait-elle pu faire de si grave qui justifierait son silence ? Ne pas le savoir lui prenait les tripes. Elle s'allongea sur le lit et ferma les yeux, avant d'expirer longuement pour se calmer. Réfléchir, elle devait réfléchir. Elle se souvenait être retournée au sous-marin jaune, mais ensuite… ? Elle avait beau chercher, rien ne lui revenait en mémoire. Défaitiste, elle sortit de la chambre de Law et rentra dans la sienne pour retrouver un peu d'intimité. Ses doigts touchèrent du bout des doigts les nombreux livres poussiéreux qu'elle avait lu, puis son regard se posa sur le bureau, sans aucune raison particulière. Elle l'observa de tous les côtés, puis remarqua qu'un des tiroirs était légèrement ouvert. Ne se souvenant pas avoir rangé quoi que ce soit dedans, elle l'ouvrit doucement et vit ce qu'elle avait toujours crains au fond d'elle : le pistolet.
Elle le prit silencieusement dans ses mains et le fixa un instant avec indifférence, avant de se rendre compte que sa gorge se nouait. Elle fronça les sourcils : elle sentait en elle une peur grandissante. Pourquoi il y avait une sorte de malaise quand elle regardait l'arme ? D'habitude, l'émotion n'était pas aussi forte, et elle se demanda si ses souvenirs perdus n'avaient pas un rapport avec cet objet. Son cœur rata un battement lorsqu'elle vit les tâches de sang qui était dessus.
Soudain, tout lui revint en mémoire. La terreur qui l'avait envahit, son doigt appuyant sur la gâchette, le hurlement qui avait suivit, le sang qui tâchait progressivement le sol…
Ce fut comme un électrochoc. Elle balança l'arme dans un coin de la pièce avec violence d'un air terrifié, le souffle coupé et les larmes lui piquant les yeux. Elle recula de quelques pas, les yeux azurés observant toujours ce qu'elle détestait le plus à cet instant. Elle se souvenait de ce qu'elle avait fait. Elle se souvenait avoir tué un marine, un homme, un innocent. L'envie de vomir l'envahit brusquement et elle courut en direction de la salle de bain. Elle en ressortit quelques minutes plus tard, les yeux vitreux et les jambes tremblantes. Elle avait du mal à respirer, elle suffoquait. Sans attendre, elle ouvrit le hublot en grand et inspira longuement. Les mots s'entrechoquaient dans sa tête, elle n'arrivait pas à réfléchir correctement. Elle comprenait mieux la réaction de Law peu de temps auparavant, et elle devait l'avouer, elle aurait préféré continuer à ne pas savoir.
Mon dieu, elle était une criminelle, que devait-elle faire ? Elle était dangereuse, cette arme l'effrayait. Et si cela se reproduisait ? Elle était pirate, certes, mais cela signifiait-il qu'elle devait supprimer des vies ? Les larmes commencèrent à rouler le long de ses joues et, paniquant, elle attrapa d'un geste brusque son sac et commença à ranger ses affaires avec panique. Partir. Elle devait partir. Fuir cet endroit, fuir les autres. Oublier, juste oublier ce qu'elle avait fait, c'était son vœu le plus cher. Lorsqu'elle eut fini de tout rassembler, elle ouvrit la porte de sa chambre, lança un dernier regard en arrière puis la referma silencieusement. Elle vérifia que personne n'était dans les environs, poussa la lourde porte qui menait vers l'extérieur et s'enfuit en direction de la ville.
[…]
Étrangement, Shachi avait un mauvais pressentiment depuis une vingtaine de minutes, comme si quelque chose de grave allait se passer. Toute cette histoire le dérangeait et il était aussi perdu que les autres au sujet de May. Il dormait mal en ce moment, tous étaient affectés par les évènements d'il y a trois jours, et il se demanda finalement si recruter la jeune fille avait été une bonne idée. Il l'appréciait énormément, mais est-ce que pour autant May devait subir toutes ces épreuves ? Pouvait-elle rester à leurs côtés tout en étant pirate ? Il savait que son capitaine recrutait rarement et seulement les personnes qu'il jugeait digne d'intérêt, mais si elle n'arrivait pas à tenir le rôle qu'on lui avait confié, que ferait-il d'elle ? Lui demanderait-il de partir ? Si jamais c'était le cas, leur amitié serait-elle brisée ?
Une main se posa sur son épaule, le sortant de sa torpeur.
— Un problème, vieux ?
Le brun à lunette bougea la tête négativement avant de reporter son attention sur la baie vitrée, contre laquelle s'écrasait de fines gouttes de pluie.
— Rien Penguin, ça va. C'est juste un peu dur, en ce moment, avoua-t-il dans un murmure.
Son ami hocha la tête.
— Comment elle sera à ton avis, quand elle se réveillera ? ajouta-t-il ensuite en prenant un air grave.
— Je l'ignore. Elle est sensible et n'avait jamais tué quelqu'un avant…
Shachi baissa la tête, ne sachant que répondre. Il soupira ensuite et lâcha un petit rire, comme s'il se moquait de lui-même.
— … C'est pas toujours facile de chercher une liberté qui nous oblige à supprimer des gens, hein ? demanda-t-il plus pour lui-même que pour Penguin qui lui lança un regard intrigué avant d'étirer ses lèvres en un faible sourire.
— Ouais, répondit-il en ouvrant le frigo, cherchant une bouteille d'alcool à se mettre sous la main. C'est le prix à payer, malheureusement.
Un silence pesant recouvrit la pièce et aucun mot ne franchit la barrière de leurs dents durant quelques minutes, jusqu'à ce que Shachi descende de la table sur laquelle il était assis.
— Je vais voir le capitaine, elle est peut-être réveillée.
— Ok, tu me tiens au courant ? quémanda-t-il en plongeant sa main dans un paquet de biscuits déjà entamé.
La main de Shachi se leva en guise de réponse positive tandis qu'il sortait de la cuisine, et c'est d'un pas lent qu'il se dirigea vers la chambre de Law. Il toqua deux fois et attendit que la voix de son capitaine résonne pour s'autoriser à entrer, sachant pertinemment que ce dernier n'aimait pas être dérangé en plein travail. Sa bouche s'entrouvrit lorsqu'il vit que son lit était vide.
— May est réveillée ?
— Depuis un moment, l'informa vaguement Law sans le regarder et d'un ton qui montrait qu'il n'avait pas la forme.
— Et… comment a-t-elle réagit ? l'interrogea Shachi avec appréhension.
Le chirurgien soupira, referma son livre d'un coup sec et fixa son subordonné.
— Elle a oublié ce qu'il s'est passé, expliqua-t-il d'un air agacé.
— Quoi ? Comment est-ce possible ? s'écria l'autre après avoir lâché un hoquet de stupeur.
— C'est fréquent lorsqu'une personne a été victime ou témoin de quelque chose de dur émotionnellement, comme un viol, un accident grave, ou encore un attentat. Il existe plusieurs cas : soit la personne a des troubles de mémoire, et donc, ne se souvient plus de rien, soit elle va revivre en permanence l'expérience traumatique, comme un cauchemar par exemple.
Comme d'habitude, Shachi était étonné de tant de savoir, son capitaine était vraiment très doué. Il avait de véritables connaissances sur la médecine et ce qui tournait autour, et il l'avait toujours admiré pour ça.
— Et vous allez lui en parler ?
Law haussa les épaules.
— Je ne sais pas, je vais attendre de voir ce qu'il se passe d'ici quelques heures, si elle agit bizarrement ou non. Je crois qu'elle est dans sa chambre, si jamais tu veux la voir.
Shachi hocha la tête et le remercia. Il allait refermer la porte derrière lui lorsque la voix du capitaine résonna une dernière fois.
— Shachi.
L'interpellé lui lança un regard interrogateur.
— Fait attention à ce que tu dis, on ne sait pas comment elle peut réagir.
— Entendu.
Il sortit et se posta devant la chambre de May. L'hésitation le submergea, que devait-il faire ? Il avait soudainement peur, les mots de Law résonnaient en boucle dans sa tête. Il espérait en entrant ne pas voir une autre May que celle qu'il connaissait, qu'elle lui dise joyeusement bonjour et qu'ils parlent tous les deux de tout et de rien, comme n'importe quels amis le ferait. Il prit son courage à deux mains et entra. Il balaya la pièce du regard ainsi que la salle de bain, et à son plus grand étonnement il ne la trouva nulle part. Bizarre. Il eut une soudaine envie d'en profiter pour fouiller dans ses affaires mais se ravisa, pensant que ce n'était guère le moment. D'ailleurs, ses affaires semblaient s'être envolées, il ne voyait son sac noir nulle part et il avait remarqué que les tiroirs de la salle de bain étaient vides. Il se mordit la lèvre inférieure, anxieux.
Avec plus de rapidité qu'avant, il passa au peigne fin toutes les pièces du sous-marin, le cœur lourd. Elle n'était pas là non plus, ni sur le pont, ni à l'intérieur. Mais où était-elle à la fin ? Il retourna auprès de Penguin et lui demanda s'il l'avait vu depuis son absence.
— Non, pourquoi ? J'aurai dû ? fit celui-ci en haussant un sourcil.
Il pâlit en entendant sa réponse.
— Le capitaine m'a dit qu'elle était réveillée et je ne l'ai pas trouvée, j'ai regardé partout…, dit-il d'une voix blanche, avant de serrer les poings et de courir à nouveau vers la chambre de Law, suivit de Penguin qui commençait à paniquer.
Au diable les formalités. Il entra brusquement et cria sans retenu :
— Capitaine !
— Quoi ? demanda celui-ci d'un ton irrité, pivotant sur sa chaise pour le fusiller des yeux, n'ayant pas apprécié d'être dérangé une seconde fois.
— May… elle a disparu !
Law écarquilla les yeux, se leva aussitôt et prit un air alarmé. Ses yeux cendrés se posèrent sur l'homme aux lunettes noires et il fronça les sourcils.
— Comment ça disparu ?
— Ben… elle est introuvable. J'ai regardé dans sa chambre, vraiment partout, et-
Il ne put finir sa phrase que Law sortit de la pièce en courant après avoir attrapé son nodachi d'un geste rapide. Il entra dans la chambre de May et constata qu'en effet, il y manquait sa présence. Il enleva la couverture d'un geste rageur, comme s'il espérait la trouver en dessous et qu'elle lui dise : « Aha ! Je t'ai bien eu, hein ? » Avant de rire joyeusement comme une enfant. Ses yeux parcoururent le reste de la pièce, et il remarqua qu'il ne restait que les vêtements qu'elle lui avait empruntée peu de temps après leur rencontre. Ils étaient posés sur le bureau, propres et sans plis, comme s'ils n'avaient jamais été utilisés. Il attrapa le sweat et le toucha du bout du doigt avec une expression indéchiffrable. Son regard se posa ensuite vers le sol, sans aucune raison particulière, et il vit, près du lit, le pistolet de la lycéenne. Il ramassa l'arme, la regarda d'un air soucieux. Cela avait-il une signification ? Il n'en avait aucune idée.
Il observa à travers le hublot les nuages d'un air distrait, alors que des mots lui revenaient en tête, ainsi qu'une voix féminine.
En tout cas, saches que si tu meurs, il y aura au moins une personne qui pensera à toi
Il lâcha un juron et claqua violemment la porte derrière lui, avant d'aller faire le tour des autres pièces du sous-marin. La dernière qu'il visita fut la cuisine, et le silence qui y était lui fit soudainement froid dans le dos. Il avait l'habitude de la voir à cet endroit là, le sourire aux lèvres alors qu'elle mangeait une bonne part de brioche, rendant l'ambiance plus chaleureuse.
Bon anniversaire, capitaine !
Partie, elle était partie. Pour quelle raison ? Elle s'était sûrement souvenue de ce qu'il s'était passé pendant son absence. Il n'arrivait pas à comprendre, avait-elle finalement décidé de quitter l'équipage ? Pensait-elle que ça valait mieux pour tout le monde ? Qu'elle était trop dangereuse et mettait la vie des autres en péril ?
Quelle idiote !
Il ordonna à Penguin qui le rejoignait de prévenir Bepo et de lui expliquer la situation, puis il sortit du sous-marin et parti à sa recherche.
[…]
Il pleuvait.
Chaque pas était douloureux pour elle, et en même temps elle n'en avait rien à faire. Elle marchait, errait plutôt, sans but, sans savoir où aller exactement. Tout ce qu'elle voulait, c'était s'éloigner du sous-marin jaune, s'éloigner des personnes qui l'avait accueilli, fait rire durant tout ce temps. L'image de Law s'afficha dans son esprit et elle grinça des dents avant qu'une larme ne coule le long de sa joue. Brusquement, elle se mit à courir avec le peu de force qui lui restait, elle bouscula des gens qui passaient mais ne s'en formalisa pas, la douleur qui étreignait son cœur, elle désirait la faire disparaître, mais elle n'y arrivait pas. Le bruit du pistolet résonna dans sa tête. Elle se sentait coupable, et une angoisse incontrôlable lui prenait les tripes quand la scène défilait encore une fois dans son esprit. Ça l'effrayait au-delà de l'imaginable. Elle avait trop souffert, elle n'en pouvait plus, malgré les merveilleux moments passés aux côtés de Shachi, Penguin, Bepo et lui…
Au fond, elle savait qu'elle voulait être avec eux, être avec lui, retourner le voir et lui montrer que tout allait bien, qu'elle était assez forte pour passer au travers de ça, et pourtant, elle savait que ce n'était pas possible, que ce n'était qu'une utopie irréalisable. Elle s'arrêta de courir et posa son regard sur le ciel, les larmes roulant sur ses joues.
— Parfois Law, j'aimerais qu'à l'aide de tes pouvoirs tu m'arraches le cœur, affirma-t-elle en souriant. Ainsi, je ne pourrais plus ressentir la souffrance qui me submerge…
Rien ne lui répondit, ce qui accentua sa désolation. Elle baissa la tête et se remit à marcher, posant ses yeux fatigués sur les passants. Elle aperçut un couple d'adolescents qui marchaient main dans la main, le visage marqué par la joie. Un instant, elle imagina que c'était elle qui tenait la main de Law avec tendresse, puis elle ferma les yeux et les rouvrit avant de lâcher un grand soupir. Le vent fit virevolter ses cheveux épais et elle trembla de froid. Elle n'aimait pas avoir froid, c'était une sensation désagréable. Elle décida finalement d'entrer dans un café pour être au chaud. Elle s'installa à la table la plus éloigné de la sortie pour éviter les courants d'airs et posa son sac à terre, elle avait déjà moins froid. Un serveur vint la rejoindre peu de temps après et elle commanda un chocolat chaud, qui lui fut servis cinq minutes plus tard. Elle s'empressa de boire une gorgée, puis elle posa la tasse et sortit le portable de son sac, ainsi que ses écouteurs. Elle l'alluma et mis une musique au hasard. Les paroles se répercutèrent dans son esprit, accompagné des notes du piano qui s'enchainaient lentement, comme si elles voulaient écrire une histoire. Pendant quelques instants, elle oublia totalement ses soucis, ne pensa pas à Law et au reste, elle songeait juste à sa vie de lycéenne, à ses parents, aux moments heureux qu'elle avait vécu et à ce qui l'attendait dans son monde d'origine.
L'idée de trouver le moyen de quitter le monde de One Piece lui vint à l'esprit, mais étrangement, elle n'arriva pas à réfléchir plus sur le sujet, comme si elle n'avait pas envie de partir malgré les récents évènements. Elle aimait ce monde et les gens qu'elle y avait rencontré, et sans qu'elle ne puisse s'en empêcher, l'image de Law et des autres lui souriant lui vint à l'esprit et un tendre sourire naquit sur son visage. Elle les considérait presque comme une deuxième famille, et le sous-marin comptait également beaucoup pour elle, car elle s'était durement entrainé là-bas pour devenir plus forte et y avait vécu énormément de choses, c'était un lieu où elle se sentait chez elle.
Son sourire s'effaça soudainement. C'était peut-être fini, tout ça.
Elle esquissa un geste pour boire une autre gorgée mais vit que sa tasse était déjà vide, elle était tellement dans ses pensées qu'elle ne l'avait pas remarqué. Ses yeux mélancoliques se posèrent sur une petite fille qui mangeait avec enthousiasme sa part de gâteau sous l'air joyeux de ses parents, et à nouveau, elle repensa à sa famille. Ses parents lui manquaient, c'était certain. Depuis combien de temps n'avait-elle pas reçu d'amour parental ? Elle l'ignorait, elle avait arrêté de compter les jours qui s'écoulaient. Elle ne put réfléchir plus que son ventre lui fit part de son besoin de nourriture. Elle attrapa machinalement son porte-monnaie avant de constater que celui-ci contenait seulement l'argent qu'il fallait pour payer son chocolat chaud, lui donnant une raison de plus d'être abattue. Pour en rajouter, une odeur agréable régnait dans le bâtiment, et elle posa sa tête contre la table en signe de désespoir. Peu de temps après, des bruits de pas se firent entendre tout près d'elle. Elle leva les yeux et vit la petite fille qu'elle avait observée deux minutes auparavant. Elle avait de magnifiques cheveux bruns attachés en couettes qui faisaient ressortir ses yeux noirs remplis d'innocence. La robe rose qu'elle portait la rendait adorablement mignonne, et May se retint même de la prendre dans ses bras.
— C'est pour vous madame, affirma d'une voix douce la petite en tendant une part de gâteau, les joues rouges. Vous aviez l'air triste alors mes parents m'ont dit de vous apportez ça.
Etonnée, May la contempla longuement, accentuant la gêne de la gamine, avant de sourire tendrement et de remercier du regard les deux adultes qui la fixait. Elle attrapa la part du bout des doigts et s'autorisa à poser une main sur les cheveux dorés de la petite avec affection.
— Dis merci à tes parents de ma part, et merci à toi, c'est gentil de me l'avoir donné.
L'enfant ria joyeusement en guise de réponse, faisant ressortir ses petites joues rondes qui donnaient envie de la croquer. Elle hocha la tête en signe d'au revoir et retourna auprès de ses géniteurs. May n'attendit pas plus pour mordre dans le dessert, heureuse de manger. La venue de cette petite avait été comme un petit rayon de soleil et elle se surprit même à chantonner un peu, mais ce fut de courte durée lorsqu'elle vit un bonnet nordique apparaître à l'entrée du café. Son cœur rata un battement et elle paya l'addition avec empressement tout en essayant de rester discrète, ne lâchant pas des yeux le chirurgien. Elle se glaça lorsque les yeux fatigués du jeune homme croisèrent les siens et elle attrapa violemment son sac avant de partir en courant.
— May, attends ! cria-t-il avant de partir à sa poursuite, attirant l'attention des personnes présentes qui tournèrent la tête dans sa direction.
Elle ne l'écouta pas, continuant de courir pour échapper à sa vue alors qu'il la rattrapait au fil des secondes. Elle n'était pas prête à le voir, pas maintenant ! Tout se bouleversait encore dans sa tête, pourquoi était-ce si compliqué ?
Elle alla dans un des nombreux hôtels de la ville et se hâta de demander une clé à la jeune femme qui était au comptoir. Avec empressement, elle attrapa la clé au vol et monta les escaliers pour arriver dans le couloir. Paniquée, elle chercha sa chambre des yeux alors qu'elle entendait Law qui n'était pas loin. Elle déglutit, ouvrit la porte et, alors qu'elle allait la refermer pour lui échapper, un pied se plaça dans l'ouverture et elle lâcha un hoquet de stupeur, alors qu'une main s'était posée sur la porte pour l'ouvrir en grand, réduisant les chances de May d'empêcher son capitaine d'entrer. Elle recula de quelques pas, ne sachant comment réagir, alors que Law avançait lentement, arborant un air grave qui remplaçait le sourire qu'il affichait la plupart du temps. Son cœur commença à battre la chamade, et elle baissa la tête en voyant les sentiments qu'il y avait dans les yeux de Law.
Tout d'abord : de la colère, ce qu'elle pouvait parfaitement comprendre, mais il y avait pire, oh oui, bien pire, elle avait également vu dans ses prunelles une grande déception. Il était déçu, mais de quoi exactement ? Du fait qu'elle se soit enfuie comme une lâche au lieu d'être allée le voir ? De réagir ainsi parce qu'elle avait tué quelqu'un ? Elle l'ignorait, mais une chose était certaine : elle avait honte de voir cela sur son visage.
— Alors c'est de cette manière que tu règles tes problèmes, tu les fuis, eux et ceux qui sont sensés être tes alliés, lança-t-il froidement sans la lâcher du regard, la respiration hachée.
Elle eut l'impression qu'un poignard lui avait transpercé le cœur tant la remarque avait été dit d'un ton acerbe, presque méprisant. C'était comme si son comportement le révulsait au plus haut point. Il lui en voulait de ne pas être allée lui parler de tout ça, comme elle aurait dû le faire avec un ami, et aussi, elle le devinait, il s'en voulait, car il se sentait impuissant. Il ne pouvait ni changer le passé, ni quoi que ce soit d'autre. Elle avait tué un homme, point. Ça ne sera jamais autrement.
— Je ne vous fuis pas, se défendit-elle tout de même, évitant le contact visuel. J'avais juste besoin de prendre l'air.
Elle sentit sa gorge se nouer sous le mensonge, et la tristesse l'envahit à nouveau comme un ras de marré.
— Tu mens, rétorqua-t-il sans hésitation, plissant les yeux avec méfiance. Sinon tu ne te serais pas enfuie et n'aurais pas pris toutes tes affaires avec toi.
Elle se mordit la lèvre inférieure et recula d'un pas, esquivant toujours ses yeux cendrés.
— ça aurait peut-être été différent si tu m'avais tout dit dès le début, dit-elle sur un ton de reproche, ce qui lui fit froncer les sourcils.
Il ne répondit pas, que pouvait-il dire de toute façon ? Son silence arracha un sourire fade à May.
— De toute façon ça ne change rien : j'ai tué un homme, je suis une criminelle.
— Tu n'es pas une criminelle, May, contredit-il aussitôt. Tu l'as tué, oui, mais ce n'était pas volontaire.
C'était la pure vérité, elle n'était pas une tueuse, et elle ne le serait jamais. Elle avait réagit par instinct de survie, n'importe quel humain aurait agis de la même façon et il ne savait pas comment le lui faire comprendre. Il avait du mal à respirer et ses membres étaient endoloris. Il était fatigué, lui aussi. Il voulait juste la réconforter et la convaincre de revenir, mais pour autant il n'avait pas pu s'empêcher d'être froid, parce que la voir, ainsi, le fuir avec acharnement, l'avait blessé, irrité. Au lieu d'être allée le voir après s'être rappelée de tout, elle avait pris ses affaires et était partie, le submergeant lui et les autres d'une grande inquiétude.
Il ressentait la tristesse qui l'envahissait. Non, ce n'était pas de la tristesse, c'était une détresse sans fin. Elle lui semblait si faible, ainsi, debout devant lui et les bras ballants, son torse bougeant au rythme de sa respiration. Ses cheveux étaient emmêlés, sales, lui donnant un air sauvage. Dans ses yeux brillaient un nombre immensurable d'émotions. Il pouvait y voir un désespoir déchirant, de la peur, de la confusion et, paradoxalement à ses reproches, une reconnaissance éternelle, comme si elle le remerciait silencieusement de tous leurs moments passés ensemble. Leurs taquineries, leurs rires, leurs disputes… toutes ces choses se reflétaient dans le bleu de ses yeux. Il ne savait pas s'il avait le droit de penser cela dans une telle situation, mais elle était belle ainsi. Elle dégageait une aura différente de celle qu'il avait connu au début de leur aventure, et il en était comme hypnotisé.
- Je l'ai quand même tué ! s'écria-t-elle vivement, les larmes lui piquant les yeux. J'ai appuyé sur la gâchette, tu crois que le fait que ce soit involontaire va changer quelque chose ?
Il voulut lui répondre, et c'est donc pour cette raison qu'il ouvrit la bouche, mais il la referma aussitôt et réfléchit aux mots qu'il allait utiliser. Il devait répondre calmement et ne pas dire n'importe quoi, sinon il risquerait d'envenimer les choses.
— Oui, ça prouve que tu n'avais jamais eu l'intention de le tuer.
En entendant les mots de son capitaine, May lâcha un petit rire. Law aurait pu en être heureux si ce rire n'avait pas été aussi froid qu'effrayant.
— Et pour cette raison je devrais faire comme si rien ne s'était passé ? ironisa-t-elle en plantant ses yeux dans les siens.
Il fut déstabilisé.
— Je n'ai pas dit ça, rétorqua-t-il sèchement en essayant d'afficher un air calme, voir même impassible, alors que la colère se faisant de plus en plus grande en lui. Tu dois juste vivre avec, tu aurais très bien pu venir nous voir, mais tu es partie sans nous dire quoi que ce soit.
- Juste vivre avec ? l'interrogea-t-elle en serrant la mâchoire. Ne parle pas de ça comme si c'était aussi simple, car ça ne l'est pas ! Oui je n'ai rien dit, mais c'est parce que j'avais peur ! Comment tu aurais réagis en comprenant que je n'étais pas capable de tuer ? Tu m'aurais dis de prendre mes affaires et de partir ! Et je ne mérite pas de rester avec vous, après ce que j'ai fait !
— Et ? répondit-il d'un ton posé, presque avec indifférence.
Il s'approchait au fur et à mesure qu'elle parlait alors que les larmes roulaient sur ses joues pâles.
— C'est impardonnable ce que j'ai fait, j'ai supprimé une vie !
— Et ? demanda-t-il un peu plus fort, alors qu'il n'était plus qu'à quelques centimètres d'elle.
Cette fois-ci il était vraiment énervé. La voir ainsi se plaindre, prendre le rôle d'une petite fille fragile, tout ça le mettait dans une colère noire. Il pouvait comprendre qu'elle était sensible et émotive, mais là, il n'en pouvait plus. Law était quelqu'un de résistant psychologiquement et physiquement, mais lui aussi avec ses limites comme n'importe quel autre humain, et là, il n'était pas loin de les franchir. Elle devait comprendre qu'il fallait au bout d'un moment arrêter de jouer la victime et assumer ses actes ! Si les gens arrêtaient de vivre à chaque fois qu'ils faisaient une erreur, ce monde serait vide de présences humaines ! Pourquoi ne comprenait-elle pas qu'en ce comportant ainsi elle faisait également du mal aux autres ?
Et ça voulait dire quoi : « tu m'aurais dit de prendre mes affaires et de partir » ? Elle pensait vraiment que, juste parce qu'elle ne remplirait pas son rôle de pirate, il lui ordonnerait de quitter sa vie et celle de ses subordonnés ? C'est ainsi qu'elle considérait leur amitié et leur complicité ?
— Je ne mérite pas de vivre ! cria-t-elle violemment.
Ces mots qu'elle avait prononcés lui firent l'effet d'une baffe, et le poing partit sous la rage qui le consumait. Il n'avait pas pu se retenir, et lorsqu'il se rendit compte de son geste, il s'écarta d'elle de quelques mètres, les yeux écarquillés. Il porta son regard sur son poing et grinça des dents avant de fermer les yeux de dépits, la culpabilité l'envahissant. May, qui était à terre, le fixait avec stupeur, un tourbillon de sentiments déferlant en elle, alors que sa joue se colorait de rouge et que le goût du sang se répandait dans sa bouche. Elle n'arrivait pas à croire ce qu'il venait de faire, c'était la première fois qu'il levait la main sur elle. Physiquement, elle avait mal, mais psychologiquement, c'était bien pire. Elle se sentait misérable, impuissante. Soudain, il rouvrit les yeux et la fixa avec mélancolie, comme s'il ressentait sa souffrance.
— Qu'est-ce que ça peut faire ? lui demanda-t-il, la gorge noué. Tu comptes fuir toute ta vie parce que tu as tué quelqu'un ? Alors ça y est, ta vie est fichue et tu vas te donner la mort, c'est ça ?
Il fit un pas vers elle, et, instinctivement, elle se colla un peu plus contre le mur avant de se laisser glisser à terre, la peur la submergeant. Cette vision dégouta Law, mais il ne recula pas pour autant, le cœur lourd. Il savait que s'il la laissait, elle ne pourrait plus jamais aller vers quelqu'un, ni tendre la main à qui que ce soit
— Je… bafouilla-t-elle, la voix cassée. Je ne sais pas… J'ai… Je suis perdue…, avoua-t-elle ensuite en prenant un air horrifié. Je suis venue dans ce monde pour une raison inconnu… mais si c'est pour faire ça… si c'est pour tuer des gens… je…
Elle mit ses deux mains sur son visage, comme pour se cacher. Lentement, Law s'approcha puis s'accroupit en face d'elle à environ un mètre de sorte à ne pas l'effrayer davantage. Elle tourna la tête vers lui et il fit quelque chose qui l'étonna.
Il lui tendit la main.
Cette main froide qui l'avait sauvée à plusieurs reprises et qui avait attrapé la sienne dans les moments difficiles, encore une fois, il la tendait, comme pour lui proposer un nouveau départ… Ses yeux azurés se plantèrent dans les siens pendant un long moment, puis, fébrilement, elle approcha sa petite main de la sienne, alors que son cœur se gonflait d'espoir. Il l'attrapa et emmêla ses doigts aux siens, avant de tirer doucement dessus pour qu'elle tombe dans ses bras. Etonnée, elle écarquilla les yeux mais les referma rapidement, bercée par cette étreinte, appréciant la chaleur qui émanait du jeune homme ainsi que son odeur masculine.
— Tu ne tueras plus personne, May, murmura-t-il. Je te promets que si l'envie d'appuyer sur la détente t'envahit à nouveau, je t'arracherai le pistolet des mains pour qu'elles ne soient pas tâchées de sang. Et pourquoi continues-tu de te sous-estimer en pensant que tu n'es pas importante pour nous ?
Elle vit la tristesse qui était visible dans son regard, et son souffle se coupa. Pourquoi prenait-il autant de risques pour elle ? Pourquoi était-il si… protecteur ? Rassurant ? Qu'avait-elle fait pour recevoir autant d'attention de sa part ? Elle avait l'impression de ne pas mériter autant, mais elle décida tout de même d'accepter ces mots réconfortants, car au fond d'elle, cela faisait longtemps qu'elle espérait qu'on la traite ainsi, qu'on remarque sa simple présence. Elle avait l'habitude d'être laissée derrière, comme une simple poupée sans vie, qui par ses yeux figés observent le monde qui tourne sans cesse, le cœur rongé par la solitude. Law l'avait remarqué, lui avait donné une raison de vivre, il lui avait proposé son aide de nombreuses fois, et elle lui en serait éternellement reconnaissante.
— Et si on tombe sur un ennemi qui est trop fort pour moi… ? Je serai alors obliger d'utiliser mon pistolet, je ne vais pas t'abandonner, quand même !
— Tu cours pendant qu'il en est encore temps, répondit-il simplement.
Elle fronça les sourcils. Elle ne voulait pas qu'il augmente le nombre de personnes qu'il avait tué par sa faute. Elle ne désirait pas souiller la réputation de Law encore plus qu'elle ne l'était déjà, car derrière ce nom, derrière « Trafalgar Law », il y avait en réalité autre chose que de la cruauté et du sadisme. Il s'y cachait aussi de la gentillesse, de la tendresse et de l'humanité, et elle voulait que le monde entier le comprenne.
— Je refuse de te laisser derrière. Les gens auront encore plus une mauvaise image de toi, et ça pourrait être dangereux, tu ne peux pas risquer ta vie à cause de moi… !
Il soupira.
— Je m'en moque de ce que pensent les autres, et il n'y a pas d'autre solution !
— Le mieux est que je quitte ce monde, que je disparaisse de ta vie.
Il fronça les sourcils. Il avait longuement réfléchi à cette possibilité ces derniers jours, sans relâche, se demandant si c'était mieux pour elle et pour eux. Et à chaque fois, le seul mot qui lui venait en guise de réponse était celui-ci :
— Jamais, refusa-t-il sèchement en la coupant, le visage fermé.
— Pourquoi ?
Son regard se fit plus doux. Il ne répondit pas et posa sa main droite sur la joue encore rouge de la jeune fille. Il planta ensuite ses yeux sombres dans les siens, et elle se noya dedans, alors que la décadence de son cœur s'accélérait. Lentement, il commença à approcher son visage du sien sans rompre l'échange visuel, leur souffle se mélangeant. Elle le regardait faire, paralysé, son corps refusant de faire quoi que ce soit. De toute façon, voulait-elle vraiment l'arrêter ? Elle comprit que non, et tout s'éclaira soudainement dans son esprit. Depuis combien de temps ? Pourquoi ? Elle l'ignorait, la seule chose dont elle était certaine était que quand il lui souriait, elle se sentait fondre comme neige au soleil. Elle pensait tout le temps à lui, à ce qu'il faisait. Quand il n'était pas là elle s'inquiétait, et peu importe où elle allait, il la retrouvait toujours, comme s'ils étaient liés par les fils rouges du destin. Elle était rassurée lorsqu'il se trouvait à ses côtés, et il l'avait aidé à évolué, à prendre de l'assurance. Il lui accordait sa confiance, et elle appréciait grandement les piques qu'ils s'envoyaient. Il était celui qui blessait son cœur et le guérissait en même temps, un mot de lui pouvait la faire pleurer ou rire, il était le centre de tout.
Elle l'aimait.
Ses pensées furent interrompues par des lèvres froides qui se posèrent sur les siennes, et un feu d'artifice explosa dans tout son être. Ses mains devinrent moites, et elle commença à se sentir enivrée par les sensations qui l'envahissaient tant elles étaient fortes, incontrôlables. Elle agrippa fébrilement son sweat, tremblante. Elle avait l'impression d'être sur un nuage et que toutes ses émotions négatives s'envolaient, comme s'il effaçait d'un baiser tout ce qu'il y avait de mal en elle. C'était tendre et possessif à la fois. Elle lâcha un hoquet de stupeur lorsqu'elle sentit une langue taquine caresser ses lèvres pour quémander l'entrée. Elle la lui accorda et leur baiser devint langoureux et passionné. La main gauche du jeune homme passa dans ses cheveux alors qu'elle poussait un soupir d'aise et il la serra plus fortement contre lui. Elle avait l'impression que son cœur allait lâcher, personne ne l'avait fait battre cette manière, et lorsqu'il la tenait, ainsi, elle se sentait comme importante pour lui. Des papillons voletaient dans son ventre, des frissons parcouraient son échine et toutes ses pensées se dirigeaient vers lui, était-ils seulement conscient de l'effet que ses gestes lui faisait ?
Ils restèrent plusieurs minutes ainsi, à profiter de ce moment de bonheur qui leur était accordé. Ils se séparaient pour reprendre leur souffle et ainsi mieux se retrouver, comme s'ils assouvissaient enfin un désir qui s'était éveillé depuis longtemps, comme si leur vie en dépendant. S'embrasser, juste s'embrasser, c'était la seule chose qui comptait. May avait complètement oublié le reste, et ne pensait désormais qu'à une seule chose.
Law
A bout de souffle, ce dernier finit par s'écarter, son visage à seulement quelques millimètres d'elle. May se perdit à nouveau dans ses yeux gris. Ils étaient si beaux, envoutants, elle y lisait des promesses d'avenir, et des émotions indescriptibles. Elle n'avait jamais rien vu d'aussi beau.
— Parce que tu m'appartiens, répondit-il finalement.
Sa phrase avait été murmurée si bas qu'elle crût avoir rêvé, et une bouffée de chaleur la submergea, colorant un peu plus ses joues déjà rosie par la gêne. Les mots qu'il avait employé étaient simples, et pourtant, elle avait sentit quelque chose la transpercée lorsqu'il les avait prononcé. Elle ne put s'empêcher de poser une main sur sa bouche pour traduire son émoie, et elle comprit que plus jamais elle ne parviendrait à s'éloigner de lui, elle tenait trop à lui. Peu importe ce qu'elle pourrait faire pour résister à ses sentiments, elle n'arriverait à les effacer d'un revers de main. Elle ne savait pas comment elle allait gérer sa peur de blesser d'autres gens et sa culpabilité, mais si Law restait à ses côtés, tout serait plus facile. Elle devait se reprendre, admettre qu'elle avait tué quelqu'un et que les prochains jours allaient être dur, mais si il était là, à ses côtés, prêt à la réconforter, alors elle voulait essayer d'aller de l'avant. Elle ne savait pas si elle serait capable de prendre de nouveau le pistolet dans ses mains, mais qui sait, un jour, peut-être qu'elle y parviendrait ?
— May ! appela une voix masculine.
L'interpellé et Law tournèrent la tête et virent Shachi et Penguin qui les fixaient, essoufflés, à la porte d'entrée, une main posé contre la porte et l'autre sur le genou. Les yeux de May s'écarquillèrent, que faisaient-ils ici ? Law se leva et tira sur sa main pour qu'elle se lève elle aussi, puis il remercia du regard ses deux hommes, qui lui répondirent par un grand sourire. Ces derniers s'approchèrent de quelques pas, et May remarqua qu'eux aussi avaient des cernes sous les yeux.
— Ouf, tu n'as rien, lâcha Shachi après avoir soupiré de soulagement. On était inquiet, ne nous fait plus jamais aussi peur !
— Pourquoi tu es partie ? interrogea Penguin.
May lança un regard à Law qui le lui rendit, puis il accentua la pression qu'il exerçait sur sa main pour lui donner du courage.
— J'ai paniqué. L'idée d'avoir tué quelqu'un me répugne, et j'ai peur d'être devenue une criminelle, vous comprenez ? Vous êtes peut-être habitués à supprimé des vies, pas moi, avant d'atterrir dans votre monde je menais une vie normale de lycéenne.
C'était sortit tout seul, elle ne voulait plus leur cacher ça désormais.
— A… Atterrir dans notre monde ? Tu veux dire que… ?
Ils étaient stupéfaits par la révélation, ils ne s'y attendaient pas, tout simplement. Ils avaient toujours trouvé May légèrement étrange de par son comportement ou les phrases qu'elle employait parfois, mais maintenant ils comprenaient d'où ça venait. Penguin avait déjà digéré la nouvelle sans broncher, mais Shachi lui avait du mal à accepter qu'elle lui ait caché cela pendant tout ce temps, surtout qu'il avait compris que son capitaine était déjà au courant depuis un bon moment.
— Tu aurais pu nous le dire plus tôt, quand même, reprocha-t-il en croisant les bras d'un air boudeur.
— Désolée, j'avais vraiment envie de vous le dire, mais je ne savais pas quelle réaction vous pouviez avoir…, s'excusa-t-elle en baissant la tête. Promis, je ne vous cacherais plus rien.
Shachi resta silencieux quelques secondes, puis un large sourire naquit sur ses lèvres et il ébouriffa les cheveux de la jeune fille.
— Si tu tiens parole, ça me va.
May sourit à son tour, reconnaissante, et elle se laissa bercée par le geste. Il cessa tout de même en voyant l'air menaçant de Law, qui aurait pu le tuer s'il avait des fusils à la place des yeux.
— Et pour en revenir au sujet principal : tu es tout sauf une meurtrière, tu t'es juste protégée, n'importe qui aurait fait pareil, fit remarquer Penguin.
— … Tu crois ?
— Oui, alors arrête de culpabiliser, approuva Shachi.
— Je… Je ne sais pas trop…
Le doute avait envahit son cœur, encore une fois.
— May, interpella Law qui ne l'avait toujours pas lâchée.
Ses yeux azurés se noyèrent dans ceux, gris, de son interlocuteur.
— Tu as le droit de vivre.
Cette phrase celle qui la fit craquer à nouveau. Les larmes roulèrent une seconde fois sur son visage déjà mouillé. Shachi posa une main sur son épaule gauche, Penguin en fit de même avec celle de droite, et Law se contenta de serrer encore plus sa main (si c'était possible). Elle ne pleurait pas de tristesse, non. Là, c'était juste des larmes de joie, elle était heureuse d'avoir autant de personnes sur qui compter, des gens qui pensaient à elle, qui s'inquiétaient pour elle, qui étaient juste là quand elle en avait le plus besoin. Peut-être que pour beaucoup de personnes, l'argent, le grand amour et un bon travail étaient ce qui rendait heureux, mais pour May, le fait d'être aussi bien entourée, d'avoir des amis qui lui donnait l'impression d'être à sa place, c'était amplement suffisant. Elle comprenait désormais que pour passer au travers des obstacles, elle devait y mettre du sien, et qu'elle avait des gens formidables sur qui elle pouvait compter. Arrêter d'être la victime, se battre pour ses opinions et mener sa propre vie, voila ce qu'elle devait faire. Au fond d'elle, elle avait gagné en maturité, elle le sentait.
— Allez, souris, enlève donc ces larmes déplorables à voir, j'ai moins envie de t'embêter si tu fais cette tête, déclara Penguin d'un air attendrit.
— Dis pas ça, abrutit, elle va t'en faire baver sinon, ajouta Shachi en lui donnant un coup aux côtes.
— Dis celui qui s'est pris deux bosses en seulement quelques minutes avant qu'on aille à Sabaody, rétorqua-t-il vivement en levant les yeux au ciel.
Ne sachant que répondre pour lui clouer le bec, le brun à lunette prit un air innocent et lâcha d'une voix aigüe :
— Je ne vois pas de quoi tu parles ~.
May ne put s'empêcher de rire face à leur pitrerie, ce qui inconsciemment rassura le capitaine qui avait été le plus inquiet des trois. La vision qu'il avait eu d'elle tout à l'heure l'avait effrayé au plus haut point, il pensait l'avoir perdue à jamais. Heureusement, elle avait choisi de se relever et de vivre, il sentait que son cœur était plus léger, car il devait bien l'avouer, la disparition de son amie l'avait beaucoup affectée, et encore, pouvait-il considérer May comme une amie? Il l'ignorait, et ne voulait même pas y réfléchir pour le moment. Ce qui comptait était qu'elle allait bien. May lâcha la main de Law et hocha la tête en guise de remerciement, le cœur battant la chamade.
— Je vous adore, vous ne pouvez pas savoir à quel point…, affirma-t-elle doucement en les regardant tous les trois.
Ils sourirent en entendant ces mots, puis, sans prévenir, Shachi et Penguin attrapèrent chacun une main de la jeune fille et commencèrent à l'emmener à l'extérieur, lui arrachant un hoquet de stupeur.
— Allez les enfants, on rentre à la maison ! s'écria Shachi d'une voix forte avec enthousiasme.
— Ce qu'il ne faut pas entendre dès fois…, commenta son ami en soupirant.
Ils franchirent le seuil de la porte, laissant Law seul dans la chambre. Ce dernier balaya une dernière fois la pièce du regard avec impassibilité, avant d'esquisser un sourire et de rejoindre son équipage. May le gratifia d'un sourire qu'il qualifia de remplie de douceur, et ses yeux lui renvoyèrent ce sentiment. Ils allèrent ensuite tous ensemble vers le sous-marin jaune qui représentait leur foyer, et retrouvèrent Bepo qui dormait profondément dans sa cabine. Ils décidèrent de faire la fête pour oublier cette dure journée, et c'est en observant ses amis, et plus particulièrement le capitaine, qu'elle comprit que sa vie n'était pas si mal, finalement.
Tu sais, Law, jusqu'à maintenant je n'étais rien d'autre qu'une fille perdu, tourmentée. Je me sentais vide, lassée du quotidien que je menais. Mais je me rends compte désormais que, la plus belle chose qui m'arrive dans cette vie que je déteste tant, c'est d'exister ne serait-ce qu'un peu dans la tienne…
oO_O_Oo
Et voila, ce chapitre est terminé. J'appréhende un peu, mais je sais que s'il y a des choses à dire, vous saurez me le dire sans être méchant ou blessant, je vous fais confiance. =) Donc voila : qu'avez-vous ressentis ? Avez-vous été déçu de ce chapitre ? Est-ce que Law est OOC ? Trouvez-vous la réaction de May exagérée ? Est-ce que les descriptions sont détailles, les émotions/sentiments également ?
Je sais que je vous en demande beaucoup, mais c'est très important. Comme d'habitude n'hésitez pas, une review fait toujours plaisir à l'auteur ! =)
Le chapitre onze est commencé mais encore loin d'être fini, je ne peux donc pas vous promettre qu'il sera publié dans deux semaines ! En attendant portez-vous bien, faites attention à vous car il fait très froid, et soyez heureux, tout simplement ! ^^
A bientôt ~
