Coucou tout le monde ! Voici le chapitre 19 ! Eh ouais, déjà !
Alors déjà une bonne nouvelle : Je vais aller au Japon ! J'ai été inscrite pour le voyage, il reste même des places ! On sera 24 en tout cas on partira pendant dix jours ! On ira à Yokohama je pense ! J'espère qu'il y aura des cerisiers en fleurs, même si je suppose qu'en avril il n'y en a plus… ! En tout cas je suis impatiente ! ^^ En plus il y aura des potes avec moi =D Je vous ramènerai des photos, promis ! XD
Une autre bonne nouvelle : j'ai le PERMIS ! Je l'ai eu euh… y a deux semaines, si je me souviens bien ! A la fin d'un cours avec le moniteur, celui-ci me sort « J'ai une grande nouvelle, tu passes le permis mardi ». Et moi, en mode gros bug, qui sort « WTF MARDI ? MAIS C'EST DANS QUATRE JOURS PUTAIN ! T'AS VU LE NOMBRE DE FAUTES QUE JE FAIS ESPECE DE MOLLUSQUE ? » Mais nan Monsieur s'en fout et m'inscrit quand même ! Résultat j'ai raté deux jours de cours et j'ai conduit tout ce week-end là ! Eh ouais 4 heures par jour ! Il me faisait tout le temps pleurer car je doutais de mes capacités, et le jour du permis j'étais hyper stressée, on a conduit une demi heure avant l'examen, et à ce moment-là je me suis dit « Allez tu donnes ton maximum comme ça on ne pourra pas te dire que tu as fait de ton mieux ! » et j'ai tout donné ça s'est super bien passé ! J'ai même eu un compliment de l'inspecteur comme quoi j'étais dynamique :D !
Donc voila maintenant je conduis toute seule, mais je demande quand même à avoir un proche avec moi parce que j'ai un peu la trouille aha ! Et j'ai eu 25.5 points ~ ! (Il en faut minimum 20).
Bref je suis très contente ! Par contre pour les cours je commence avec des mauvaises notes, je n'ai même pas envie de travailler, car au fond, je me dis « qu'est-ce que je fous ici ? » Pourquoi je suis dans ce lycée, alors que je ne sais pas ce que je veux faire plus tard ? Ou est-ce que je devrais être ? Bref, je déprime un peu. Je n'ai aucune motivation pour travailler, j'espère que ce manque d'enthousiasme ne va pas rester, je ne voudrais pas faire une dépression LOL ! Si vous avez des conseils sur les cours, hésiter pas à m'en donner, car tous les dimanches soir je me couche tard pour retarder le moment ou je devrais me lever pour aller en cours…
Enfin, je veux pas vous déprimer, hein ! XD
On a atteint les 24.000 vues ! Par contre, on a pas eu les 200 commentaires, alors vous n'aurez pas la figurine de Law qui danse et chante du Céline Dion ! Tant pis pour vous, NA ! XD
Je remercie tout le monde ! Vous continuez de m'encourager et de me soutenir avec beaucoup d'enthousiasme, et je continue de penser que cette fanfic est la plus belle que j'ai écrite jusqu'ici et que je suis heureuse de la partager avec vous ! Merci !
Je vous aime !
Réponse aux commentaires
COOKIESPOWA : Salut !
Mais pas de souci jeune fille, les reviews ne sont pas obligatoires, même si elles sont toujours agréables à recevoir ! On ne blâmera personne si vous n'en faites pas à chaque chapitre, mais une de temps en temps ça fait toujours plaisir. Merci tu es fort gentille ! Je suis contente de voir que ce chapitre est apprécié, je n'ai pas l'habitude de faire des scènes d'actions, donc je m'excuse si la qualité n'était pas au top ! En effet, Shachi et May sont trèèès mignons ! Ils le seront toujours nyahaha ! OUI ENFIN MAIS POUR AUTANT C'EST LA MERDE CAR LAW C'EST UN VILAIN PAS BEAU ! Et malheureusement pour toi, il va refaire une GROSSE connerie dans ce chapitre, mais je ne te dis rien, tu le découvriras par toi-même ~ !
Tu n'auras pas la figurine, car on n'a pas atteint les 200 coms désolée ! :D Par contre je te donne un cookie :sbaff :
Bisous et merci pour la review ! ^^
Torima Kenro : Hey ~ C'est que tu serais presque mignon avec ta review ! Etre de bonne humeur toute la journée… Je savais pas que mes chapitres de dépressifs pouvaient avoir cet effet-là sur les gens lol ! Oui ce serait bien d'aller dans One Piece mais il y aurait des inconvénients aussi ! :D
Merci pour ton commentaire ^^
W. D. Marka : YOUHOUUU ! Oui je suis vivante, malheureusement pour vous ! Oh merci, je suis inscrite je suis trop contente ! Je prendrai plein de photos pour vous ne vous inquiétez pas ! ~ Oui Law est con, et il va encore l'être dans ce chapitre, mais faut pas lui en vouloir il se rachètera LOL ! Que les foudres s'abattent sur lui !o/
Merci pour ton commentaire ^^
L1109 : Salut :D ! Oh que oui ça va être tendu ! May va devenir une dark LOL ! Oui le gouvernement VEUT May à tout prix les méchants ! Oui et heureusement que May sera là pour Shachi aussi, mais que ferait-on sans lui ! Ahala il est trop bien lui ! OH MON DIEU TU AIME LES CHAPITRES LONGS ? JE T'AIME ! Nan mais souvent les gens me reprochent la longueur des chapitres mais je ne peux pas m'en empêcher, héhé ! Mais merci ~ Oui je vais essayer de mettre un résumé pour vous rafraichir la mémoire, très bon conseil d'ailleurs ! :D
Bonne soirée à toi =) et merci !
LilyDTrafalgar : Salut Lily ~ J'suis contente si tu as aimé ce chapitre ! Ah oui cette réplique je l'aimais bien moi aussi ! Elle est assez courante mais bon, c'est pas grave ! XD Oh faut pas pleurer, même si c'était mon but (SBAFF) On va tourner dans du mélodramatique, youhouuu !
Pistolets, Sabres, Dynamites, demandez des allumettes pour le suicide ! LOL
ET BAH TU L'AURAS PAS parce qu'on a pas eu les 200 coms, non MAIS ! Aha de toute façon j'avais menti j'ai pas de figurine de ce genre ! Si c'était le cas je serai obligée de la ranger dans un coffre fort car il y aurait trop de gens qui la voudrait ! Ahalala monde cruel !
Gros bisous à toi et bonne soirée :D Et merci d'avoir commenté ^^
Ic'Ilver : Comment ça tu es dégoutée ? Je te l'interdis ! Bon allez je suis gentille voila la suite XD ! Mais il faut que vous restiez sur votre faim sinon je ne peux pas vous tenir en haleine moi mdr ! Oh merci de dire que je mérite les 200 reviews, mais je les ai pas eu… AWW ! Eh oui j'étais très motivée et aujourd'hui encore j'ai écris pendant au moins 6 heures de suite, à croire que je ne suis vraiment pas du genre à écrire régulièrement mais énormément d'un seul coup. Oh ce compliment ! Trop mignon ! Tu aimes pas les chapitres longs sauf les miens, c'est trop choupinou *_* Bah avoir une beta j'y pensais pas au début mais elle m'a proposé son aide alors voila mdr !
Merci ! Ouais ça se fête… j'ai pas fait de grande fête, y avait juste ma sœur et mes parents LOL ! Merci, oui je l'ai mise en photo de profil de la fanfic, pour que les gens puisse visualiser May ^^ Pour la review en espagnol ? Ah je l'ai écrite toute seule… NON JE DECONNE MDR ! Je fais de l'allemand, j'ai donc pris GOOGLE TRADUCTION et ma beta en voyant le massacre à corrigé elle-même les fautes, parce que voila, j'y connais rien en espagnol et les traducteurs ne sont pas toujours fiables mdr. D'accord je penserai à toi quand j'irai au Japon, je t'enverrais une petite carte postale mouahaha ! OUI PIKACHU C'EST THE POKEMON ! Il est trop mignon ! NON VIVE LA VANILLE ! Ah bon ? Trop drôle ! VA MANGER PETITE ! 8D
Mdr j'imagine oui la fin était assez marquante au chapitre 18, mais là c'est ENCORE PIRE VA Y AVOIR DU SAAANG. Nan je dec, mais bon, y a du dramatique, comme d'habitude ! Pauvre May. Tu peux les lisser, tant que tu aimes ce que tu es tu t'en fous, les gens superficiels sont ceux qui n'ont aucune personnalité et opinion dans la vie, tu prendre soin de toi tout en étant une personne agréable, je t'assure :D !
Vive les gifles \o/ Euh bah les cours c'est dur, on a beaucoup de devoirs et pour tout te dire je déprime énormément… mais bon, c'est la vie, et toi ça se passe bien ? =)
Gros bisous et merci pour ta review qui redonne le sourire !
HeartSakura : Merci beaucoup j'espère que ce chapitre te plaira tout autant ! :D
Bye ~
Candice Crush : Bah la rentrée… BOARF ! Mais bon, je fais avec XD ! Ah bah t'es motivée dit donc ! T'as bien aimé ce chapitre à ce que je vois mdr ! Ah bon rebondissement sur les chapitres de Shachi ? Il est pas amoureux hein, mais il se rend compte qu'il tient énormément à May, quoi ! Mais il est trop chou ! Hm… je sais pas si je vais inventer un OC qui se mettrait en couple avec lui, j'ai rien prévu de plus qu'un Law x May… on verra mdr ! Bah… je crois qu'il va falloir que tu te fâches, car on est repart pour « je m'approche, je m'éloigne, je m'approche, je m'éloigne » XD ! Je suis contente si le caractère de Law a été respecté un minimum, pas facile quand on ne voit rien de ça dans l'animé ! Voici la suite ma petite fille sensible :D !
Ah oui May a beaucoup évolué en effet ! Ah je peux comprendre que cette scène choque, mais dans ce chapitre tu verras qu'elle y pense et tu comprendras pourquoi à ce moment-là elle l'a tué sans hésitation ! Bah non je les ai pas eu mes 200 reviews :plor :
OUI TU ME HARCELES C'EST DU HARCELEMENT JE SUIS DESOLEE XD ! T'inquiète pas tes reviews me font toujours rire je les adore ! En effet May va devenir un peu plus sombre désormais, après ce qu'elle a traversé et ce qu'elle va traverser (car oui dans ce chapitre il va encore lui arrivé des conneries) ! Mais ce n'est pas à mal, elle va juste prendre en assurance et évoluer ! Elle ne pourra pas rester infiniment niaise dans le monde de OP, pas possible avec tous les dangers ! ^^ Merci en tout cas pour tes éloges, j'ai toujours eu peur que mon OC soit superficiel, mais on me certifies que non, donc je suis vraiment trop contente ! ^^
Merci pour ta review ^^ ! SPECE DE STALKER QUI MET PLEIN DE REVIEW ! XD
GUEST : Bonjour ! Sache tout d'abord que ta review m'a fait très plaisir ! Merci d'être franche et constructive ! Si je comprends bien, j'ai obnubilé ta vie XD ! May et Law vont te hanter désormais, tu verras ! 8D Merci d'apprécier May à sa juste valeur, il n'est pas toujours facile de faire des OC crédible, si tu penses qu'elle est un bon OC, alors je suis satisfaite ! Oui je vois ce que tu veux dire, et c'est difficile pour moi d'écrire des scènes « romantiques » avec Law car on voit rien de cela dans l'animé. Donc, oui, tu as raison, il est OOC dans un sens, j'avais pas vu ça comme ça ! :D Mais merci en tout cas, je comprends parfaitement ce que tu veux dire ^^ J'approuve, le lycée n'est pas facile ! Même si les gens évoluent, on a encore du mal à trouver sa propre place, ce n'est pas facile pour les personnes timides, discrètes ou solitaires comme nous, mais quand on trouve les bonnes personnes, ça s'arrange ! ^^ Je suis contente si en terminal tu as trouvé des gens qui te correspondaient ! Je suppose que je dois prendre le fait que mon histoire est imparfaite comme un compliment LOL ! En même temps tu connais des fanfics parfaites, toi ? :D Pas de souci et je remercie d'avoir laissé ton avis, des reviews constructives comme ça, ça remonte toujours le moral et ça encourage !
Merci et bonne soirée :D
Plouf : Hey ! Tu n'auras pas la figurine, désolée ! Tiens, un cookie :sbaff :
En effet ce n'est pas facile de faire un Law correct avec des sentiments et tout, mais bon, je vais essayer de me débrouiller, j'allais pas laisser leur relation au point mort quand même ! Je ne sais même pas encore comment va se dérouler la déclaration mdr ! Je trouverai bien un truc, faut prendre des risques de toute façon !
Else 1991 : Coucou ! Merci beaucoup et à bientôt ^^ !
Hiyaka : Hello ~ MDR le DRAAAAME qui va hanter ton esprit à tout jamais ! Oh t'es trop choupinou, vous l'êtes tous en fait ! Merci, May te remercie également pour tes compliments et s'incline respectueusement devant toi ! Ne t'inquiète pas ma Beta lectrice ne l'a pas mal pris, je lui ferai parvenir le message ! :D
Merci beaucoup de me suivre et d'autant aimé mon histoire, en espérant que la suite te plaira ! ^^
Heavenly 0 : MAIS PARCE QUE LA VIE EST CRUELLE ! _
Merci pour tes ondes positives, ça va grandement m'aider ! J'en ai bien besoin… :soupir : OUI JE SUIS ACCEPTER POUR LE VOYAGE JE SUIS TROP CONTEEEENTE ! Eh oui Law fait des conneries mais le pire c'est qu'il va en faire une pire à la fin du chapitre, tu verras MOUAHAHAHAHA ! C'est trop ça May va devenir tellement dark mdr ! Elle va devenir une psychopathe ! Nami non, on la laisse de côté pour le moment ! On va plutôt compter sur Shachi et Penguin ! Merci, j'ai essayé de faire la réaction de May très poétique héhé ! Je voulais que ce soit symbolique ! VIVE LE ERERI ! \o/
VIVE LA FORCE DU BONNET NORDIQUE XD !
Bye et bisouuus à toi ~
DonnySean : Hey ! Ma nuit blanche te dit « de rien » ! XD Oui je suis inscrite pour le voyage c'est bon ^^ Désolée pour le retard du chapitre . mais non je ne suis pas vieille ! MECHANTE ! Ah tu pensais que j'avais quel âge ? Déjà que physiquement on dirait que j'ai 16 ans… :pleure : genre une fois ma cop de 17 ans a voulu acheter de la bière et elle m'a dit « NON TU RESTES DEVANT LE MAGASIN SINON ILS VONT PAS CROIRE QUE JE SUIS MAJEURE BIATCH AVEC TA TRONCHE DE BEBE », donc voila je pleure huhu. Je ne sais pas pour après le lycée, je pense devenir Mangaka à Paris, mais le prix est très cher donc pour le moment je réfléchis à d'autres perspectives ! ^^ Et toi ? :D
MAIS GRAVE QUAND ON A LES CHEVEUX COURTS ON DIRAIT TOAD XD ! Quand je les ai coupé aussi étant petite, je ressemblais à un mec et à un champignon mdr ! Plus JAMAIS je les coupe ! Quand je dis que je n'aime pas le Yaoi, je veux dire que c'est trop HARD pour moi, par contre j'aime bien le Shonen ai car c'est plus mignon, du genre l'animé Sekaiichi hatsukoi tu vois ? ^^ D'ailleurs ma sœur une fois m'a offert un YAOI pour mon anniversaire sans faire exprès elle n'avait pas vu qu'il y avait écrit « PUBLIC AVERTI » MDR. J'avais ouvert le truc en mode « WTF »
Oh pauvre collocs, ils t'ont rien fait pourtant pour mériter ça ! Si ? XD Oh merci tes compliments me vont droit au cœur tu me fais rougir ! J'espère que ce chapitre te plaira tout autant *-*
PS : Bah, nous sommes au fond de nous toutes des fansgirl MDR !
Bisous et bon courage à toi et merci pour ta review ! :D
Madou : Kikou ! Ok je t'appellerai Choupinette mdr ! Merci et vraiment je suis désolée pour l'attente j'avais eu du mal à m'y mettre ! Mais ça va mieux maintenant ! Merci on va tout faire pour réussir la première L ! o/
Bon courage à toi aussi hein ? ^^ Bisous ~
Les Fictions De Niils : Oui je suis sadique, mais l'amour c'est pas pour tout de suite héhé ! Voila la suite !
Little X Dove : Hey Emy ! How are you ? Oh Okay no problem, you can write in English ! I understand you ! Oh tanks It's nice ! Oh yeah a dictionary is cool too ! XD Yeah I understand french is difficult ! I'm happy because you love « my » Law, I was always afraid about the fact that he was OOC, but people said he is go in my fanfic, so I trust them ! Yeah he doesn't be very nice with May, and in this chapter too, but we have to apologize him lol ! Thank for add me in your favorite ! And see you on the next chapter ! :D
EDIT 26/10/15 : Le chapitre a été corrigé ! -WhiteMerry
Je vous souhaite une agréable lecture et vous remercie de votre soutien, de votre encouragement et de vos adorables commentaires ! Un grand merci !
Wakfina ~
Oo_O_Oo
Les deux équipages avaient décidé de rejoindre leur navire respectif, et malgré le choc qu'il venait d'encaisser, Law fut très heureux lorsqu'il retrouva Bepo, qui avait été très inquiet. Par automatisme, la main tatouée du Chirurgien de la Mort se perdit dans la douce fourrure blanche comme de la neige de son second, et lui offrit un léger sourire pour montrer qu'il était content de le revoir, ce auquel l'animal répondit par un sourire timide. Les autres avaient presque envie de les laisser seuls tous les deux, tant ils leur faisaient abstraction. Le lien entre Bepo et son capitaine était si fort, indestructible, un lien qui se basait sur la loyauté, la complicité et l'amitié qu'il ressentait l'un envers l'autre depuis des années, et qui ne cessaient de prendre de l'ampleur au fil du temps et des aventures.
Lorsque leurs retrouvailles prirent fin, ils se dirigèrent tous ensemble à l'infirmerie, Penguin et May soutenant le blessé de leurs bras. Ils le posèrent sur le lit après lui avoir enlevé sa combinaison ainsi que sa casquette. Sans plus attendre, May alla chercher une bassine dans la cuisine et la remplit d'eau, puis elle attrapa un gant qui trainait dans l'évier et retourna dans l'infirmerie. Elle imbiba le gant d'eau, l'essora de ses deux petites mains et le posa sur le front encore brûlant de Shachi, qui avait une respiration rapide, et hachée. Ses yeux, qui étaient depuis leur retour au sous-marin jaune chargés d'une énorme déception ainsi que d'une tristesse sans fin, la fixèrent avec une immense inquiétude.
Le jeune homme au bonnet nordique, lui, sortit du placard quelques bandages ainsi que de l'antiseptique pour désinfecter la plaie. Il commença à le soigner. Son expression était neutre, très professionnel. Il ne se laissait envahir par aucune émotion pour pouvoir soigner son subordonné correctement. Il enleva tout d'abord le sang qui tâchait son épaule ainsi que son avant-bras, tout en essayant de faire attention aux expressions du brun pour voir s'il lui faisait mal ou non. Celui-ci grimaçait, et pour l'aider à supporter la douleur, May serrait doucement sa main et la caressait lentement de son pouce, tout en lui chuchotant des : « ça va aller », « tu n'es pas tout seul »…
Le genre de phrases affreusement banales et clichées que les gens disaient au moins une fois dans leur vie pour rassurer un proche, tout en sachant très bien qu'au fond, c'était inutile et ne changeait en rien le destin.
— Ça va piquer un peu, prévint Law d'un ton sérieux, un coton imbibé d'antiseptique dans la main gauche.
Le concerné ne réagit pas, trop affecté par la fièvre et la douleur. Law appliqua alors le coton sur la plaie et May sentit les doigts du brun serrer un peu plus fort les siens, par réflexe. Alors que son capitaine continuait de nettoyer, il lui sembla voir les lèvres de Shachi bouger faiblement, puis une voix, à peine audible, parvint à ses oreilles, mais elle ne comprit pas ce qu'il voulut dire.
— Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle.
— … Man…, souffla-t-il difficilement.
— Excuse-moi Shachi, je n'ai pas compris…
Il prit une plus grande inspiration.
— … Maman…, réussit-il à dire avec une voix suppliante.
Law s'arrêta soudainement dans ses gestes, les yeux écarquillés. Penguin, lui, s'était retrouvé figé et avait arrêté de parler à Bepo. Il arborait la même expression que le Chirurgien de la Mort. Ce dernier lança un regard à Shachi, toujours aussi étonné, et May crut même apercevoir dans ses yeux gris un semblant de mélancolie ainsi que de la compassion. Il finit, quelques secondes plus tard, par continuer ce qu'il avait entrepris avec le même automatisme, mais la lycéenne le voyait : quelque chose avait changé. Ses gestes se faisaient plus attentionnés qu'avant, comme si Shachi était semblable à un vase très fragile, pouvant être brisé au moindre geste brusque.
Elle ne comprenait pas ce soudain silence, ni la réaction étrange de Penguin et Law, ils connaissaient peut-être un secret à son sujet qu'elle ignorait concernant ses parents ? Elle se souvint qu'il lui avait révélé une partie de son passé, mais pour autant, savait-elle tout de lui ? Elle en conclut que non, et qu'elle avait encore beaucoup à apprendre au sujet des membres de l'équipage.
— Je suis là Shachi, je suis là…, murmura-t-elle en guise de réponse, reportant son attention sur lui.
Elle ne vit pas l'air rassuré et le léger sourire qui déformèrent le visage de Law et de Penguin, celui de Shachi, par contre, elle l'avait aperçu, son sourire. Elle eut l'envie d'être dans sa tête, se demandant ce qui se passait dans son esprit. Imaginait-il la présence de sa mère à ses côtés, un sourire réconfortant aux lèvres et sa chaleur maternelle dont tout enfant perdu et fatigué avait besoin ?
Law, qui venait de terminer de recouvrir l'épaule du brun de bandages, s'essuyait les mains.
— Il lui faudra du repos, beaucoup de repos, déclara-t-il finalement à l'ensemble de son équipage. On doit le laisser dormir, maintenant.
Chacun hocha la tête, compréhensif. May, Penguin et Bepo, sortirent donc de la pièce, laissant son capitaine seul avec le malade. Celui-ci posa le torchon sur un meuble et se pencha vers son subordonné.
— Merci de l'avoir protégée, Shachi.
Sur ces mots, il sortit de la pièce lui aussi et commença à marcher en direction de sa chambre.
S'il était resté un peu plus longtemps, il aurait pu voir l'air heureux que laissait apparaître le visage si pâle de Shachi.
Soudainement, un détail lui revint en tête : May était assez amochée, il avait vu ses hématomes, et même si ce n'était pas très grave, il fallait soigner tout ça. Seulement, parler à la jeune fille aussi peu de temps après leur altercation d'il y a une heure était risqué, il ne pouvait pas prévoir sa réaction, la gifle lui avait largement suffi. Néanmoins, il n'avait pas non plus envie de la laisser dans cet état. Il s'était d'ailleurs remis de la déclaration de la lycéenne, mais restait tout de même perplexe. Il y réfléchirait une fois dans sa chambre, au calme et certain que personne ne pourrait apercevoir son air troublé et perdu. Il inspira et se mit à la recherche de May, qu'il finit par retrouver au détour d'un couloir. Il s'avança vers elle, silencieusement. Sa tête était baissée, ses épaules affaissées, et ses mains étaient rangés dans les poches de sa veste. Elle avait l'air aussi confus que lui, désorientée, entourée de brumes impossible à dégager pour y voir plus clair. Du moins, c'était ce que son apparence et sa démarche laissait supposer.
Arrivé près d'elle, il amorça un geste pour l'attraper par le bras dans le but de l'arrêter, sans réfléchir, mais il se stoppa aussitôt et le regard mélancolique et brisé de la jeune fille lui revint à l'esprit, resserrant son cœur comme un étau. Ses sourcils se froncèrent, et il laissa son bras retomber le long de son corps. Il la fixa durant quelques secondes, la frustration et l'exaspération dans le regard, puis, finalement, sa voix, qu'il essaya de contrôler, fendit l'air :
— Il faut te soigner, tu es sérieusement amochée.
Il avait réussi à garder un ton détaché, et lorsqu'elle se retourna lentement après avoir sursauté, il cru apercevoir une larme qui s'était frayée un chemin le long de sa joue, mais elle détourna son visage, l'empêchant d'en voir plus.
May baissa les yeux, semblant soudainement s'intéresser au sol, tandis qu'une colère sourde l'envahissait au fil des secondes. Comment osait-il lui adresser la parole ? Comment osait-il même la regarder, après ce qu'il avait fait ? Ses poings se serrèrent à cause de la fureur et de l'incompréhension. Pourquoi ne la laissait-il pas juste en paix, après le rejet qu'elle venait de subir ? Etait-il sadique au point d'aimer lui déchirer son cœur déjà meurtri ? De le détruire de par son comportement et de ses remarques acerbes et blessantes ? Ça lui faisait plaisir à ce point ? Il ne pouvait pas l'ignorer, tout simplement ?
Embarrassée, énervée et perdue, elle ouvrit la bouche malgré toutes ces émotions qui jaillissaient en elle.
— J'ai pas besoin de soin, Trafalgar, rétorqua-t-elle froidement en plongeant ses yeux glacials dans les siens et en insistant bien sur son nom de famille.
Elle l'avait volontairement utilisé, pour lui montrer qu'elle voulait se protéger, qu'elle n'était pas prête de lui pardonner et qu'il avait détruit, piétiné le respect qu'elle lui vouait depuis un moment déjà. Car oui, pour elle, le comportement de son capitaine avait été plus qu'irrespectueux. Oh, elle ne le détestait pas, elle ne pouvait s'y résoudre, car elle l'aimait avant tout, mais pour autant, il n'avait pas le droit de la traité de la sorte, elle était une humaine, pas un objet ! S'il croyait qu'elle allait docilement se laisser faire, il pouvait toujours courir ! En plus, il osait avoir cette attitude nonchalante et détaché, comme s'il n'était en rien concerné par sa tristesse !
Sentant qu'elle allait exploser, elle se remit à marcher, regardant droit devant elle avec détermination, le rythme de ses pas se faisant plus rapide.
Law plissa les yeux. Bien qu'il comprenne sa réaction, elle n'avait pas à désobéir à ses ordres, elle restait hiérarchiquement inférieure et lui devait obéissance. Il la rattrapa sans plus tarder et, n'hésitant plus, il l'attrapa par le bras et la força à le regarder :
— Et te laisser dans cet état ? l'interrogea-t-il avec ironie. Hors de question, c'est mon rôle de capitaine de prendre soin de mes subordonnés, se sentit-il obligé d'ajouter.
La remarque fut comme un coup de fouet pour la lycéenne, qui préféra garder le silence. Si elle ouvrait la bouche, elle dirait une connerie qu'elle regretterait juste après, c'était certain. Elle mourrait d'envie de lui donner une deuxième gifle. Comment osait-il lui adresser la parole après la cruauté dont il avait fait part ?
— Et je t'ai donné un ordre. Tu me suis, point, poursuivit-il d'un ton un peu plus sec, sans qu'il ne puisse réellement le contrôler.
Qu'il se détestait d'agir de la sorte.
Puis il se mit à marcher en direction de l'infirmerie, la traînant par le bras et ne lui laissant aucune chance de s'échapper. Il sentait la tension qui régnait.
— Lâche-moi, Trafalgar ! s'écria-t-elle en essayant de se dégager de sa prise.
Celui-ci tint bon et garda le silence, ce qui augmenta la colère de la lycéenne qui ne supportait plus de le voir. Elle refusait de se laisser faire. Elle tenta à nouveau de se libérer et réussit cette fois-ci à le faire, le poignet endoloris. Law s'avança d'un pas, commençant à s'énerver à son tour, mais elle recula avec une grande rapidité, le visage déformée par le mépris.
— Je te l'ai déjà dit : tu as dépassé les limites ! Ce n'est pas en soignant mes hématomes que tu pourras te faire pardonner, alors tes ordres, tu peux te les garder ! Je ne te considère même plus comme mon capitaine ! cria-t-elle haineusement, la mâchoire et les poings serrés.
La violence des mots et de son comportement heurtèrent de plein fouet le jeune homme qui resta figé sur place, ne s'attendant pas à une telle vague de fureur et de reproches. C'était la deuxième fois en une journée qu'elle était à la limite de le choquer.
— Ne t'approche plus de moi, ne m'adresse même plus la parole, ajouta-t-elle en baissant d'un ton. Que tu ne m'aimes pas je peux l'accepter, mais que tu ais osé m'embrasser pour me faire taire, ça, je ne suis pas prête de l'oublier. Alors, je te le demande comme une faveur : arrête de faire comme si j'existais. J'ai... j'ai besoin de réfléchir.
Elle ne pouvait pas être plus honnête. Elle avait dit ce qu'elle ressentait, là, maintenant, elle ne pouvait pas faire mieux pour le moment. Elle devait réfléchir, prendre du recul, émotionnellement, là, pour aujourd'hui, elle n'en pouvait plus.
Sa réponse, elle ne voulait même pas l'entendre. Alors, le cœur lourd, elle pivota sur ses talons, et disparut de sa vue en courant. Plus le temps avançait, plus Law prenait conscience d'une chose :
Rien ne serait plus jamais comme avant, entre eux.
[…]
Le coussin heurta de plein fouet le sol avec une violence extrême. Le souffle entrecoupé et les larmes aux yeux, May balançait à terre tout ce qu'elle trouvait sous la main pour se libérer des émotions négatives qui l'envahissaient. Ces émotions étaient si fortes que la musique ne suffirait pas aujourd'hui. La douleur. Le désespoir. La fatigue. Tant de sentiments qui l'accablaient et rendaient sa vie si difficile. La dernière fois qu'elle avait été autant en colère, ça avait été suite à un trop grand nombre de remarques sur son apparence, au collège. Elle leur avait hurlé à la figure d'aller se faire voir, puis s'était cachée quelque part, à l'abri des regards, la gorge nouée.
Elle continua à déverser sa colère pendant une dizaine de minutes, puis, trop épuisée, elle se laissa glisser contre le mur et se replia sur elle-même, le corps parcouru de spasmes. A cet instant, son vœu le plus cher était de rentrer chez elle et d'aller dans les bras de sa mère pour obtenir un peu de réconfort. Elle avait Shachi, certes, mais celui-ci était cloué au lit et avait sûrement d'autres choses à faire que d'écouter ses plaintes continues.
Finalement, elle ôta lentement chacun de ses habits, rampa jusqu'à la salle de bain et s'engouffra dans la douche. Elle laissa l'eau chaude mouiller son corps égratigné et tenta de calmer son inspiration à maintes reprises, son souffle et les battements de son cœur se faisant plus réguliers. Elle s'amusa même au bout d'un moment à faire des dessins avec ses doigts fripés sur la vitre qui était recouverte de buée, puis, pour changer un peu, elle savonna ses mains, forma un o de son pouce et de son index et souffla doucement à l'intérieur pour créer une bulle de savon qui prit son envol, avant de s'éclater contre le mur dans une étincelle de couleurs. Elle en fit des dizaines comme ça, plus au moins grandes, tout en chantonnant une mélodie qu'elle aimait bien, lui donnant l'impression d'être redevenue une petite fille qui ne pensait à rien d'autre que rire et se détendre.
Sentant la fatigue l'envahir, elle décida qu'il était temps d'arrêter et d'aller dormir. Elle sortit donc de la cabine après s'être rincée et se sécha rapidement. Après un vague regard en direction du miroir qui reflétait une image peu avenante d'elle, elle se glissa sous les couvertures et ferma les yeux après avoir soupirer d'aise.
Très rapidement, elle trouva le sommeil.
Malheureusement pour elle, elle se réveilla deux heures plus tard, des visions désagréables plein la tête. Celui du marine baignant dans son propre sang, celui qu'elle avait abattu avec un fusil juste après que Shachi soit touché.
— Il faut croire que jamais je ne serai un pirate à part entière, se dit-elle avec un léger sourire dérisoire.
Si elle avait agi avec tant de violence à ce moment-là, c'était à cause de l'adrénaline et de la panique, tout avait été si vite, ses mains avaient attrapées d'elle-même le fusil, avant de tirer froidement sur l'ennemi. A cet instant, elle n'avait eu conscience de rien, sa tête était vide, elle ne songeait qu'à s'enfuir et à aider son ami, rien de plus. Bien sûr elle culpabilisait, mais elle savait qu'elle ne devait pas se laisser envahir par le désespoir à ce sujet, elle en avait bien trop pleuré, déjà. Il fallait qu'elle l'accepte, dans ce monde, pour survivre, il fallait parfois se montrer inhumain, elle l'avait malheureusement compris, au fil des aventures.
Ne trouvant pas le sommeil, elle décida d'allumer son portable. Il lui restait encore pas mal de batterie, et cela la rassurait, pour une raison qu'elle ne pouvait expliquer. Ses doigts défilèrent sur l'écran et choisirent au hasard une musique, puis ils naviguèrent dans la galerie d'images, où elle tomba sur une photo d'elle et de ses parents, peu de temps après son entrée au lycée. Ils étaient souriants. Les jambes repliées contre sa poitrine, le dos collé au mur et bercée par la musique qui résonnait dans ses oreilles, May se demanda ce que faisait ses parents, en ce moment, et ce qui se passait dans son monde à elle. Combien de temps s'était-il écoulé depuis sa disparition ?
Elle pensa ensuite à Shachi. Son état l'inquiétait beaucoup. Law avait certes dit que ce n'était pas très grave, mais elle tenait tellement à son ami à lunettes qu'elle n'arrêtait pas d'y penser. Il devait se sentir seul, dans l'infirmerie. Il l'avait protégée durant tout le temps où ils s'enfuyaient de la base marine, et du coup, elle culpabilisait un peu de ne pas avoir pu lui éviter la balle, si seulement elle était plus forte. Il était si difficile de protéger quelqu'un. Cela lui rappela qu'elle n'avait plus de pistolet, d'ailleurs. Génial, elle avait encore moins de moyens de se défendre maintenant ! Elle soupira.
Que devait-elle faire, maintenant que le gouvernement savait son secret et courrait après elle ? Elle n'allait pas rester cachée dans le sous-marin, tout de même… Mais en même temps, il serait risqué de se balader seule en ville, après ça. Elle ne pouvait pas s'empêcher de se demander pourquoi ils étaient tant intéressés par le fait qu'elle venait d'un autre monde. Quel but avaient-ils en tête exactement ? Ça la perturbait beaucoup, elle devrait peut-être en parler avec Law, il saurait quoi faire, lui…
Law. Ses poings se serrèrent et elle prit sur elle-même pour empêcher les larmes de couler. Ce qu'elle avait imaginé être un conte de fée s'était rapidement transformé en cauchemar. Non seulement il l'avait repoussé (ça encore au fil du temps elle aurait peut-être pu finir par le supporter), mais en plus de cela il avait employé tous les moyens possible pour la faire taire, jusqu'à l'embrasser, même, et ce geste l'avait brisée. Ce geste, qui était censé être une preuve d'amour, il l'avait utilisé pour ne pas entendre les trois mots fatidiques. Son cœur se sentait plus léger depuis qu'elle lui avait avoué son affection pour lui, mais pour autant, un poids subsistait, celui du non retour de ses sentiments et son comportement. Elle n'avait aucune idée de ce qu'il pensait, même si réaction semblait montrer qu'il ne ressentait rien pour elle hormis de l'amitié, elle ignorait toujours tout à ce sujet. Il avait réagit avec une telle violence qu'elle s'en était retrouvée figée, choquée et dans l'incapacité de réfléchir correctement. Il l'avait réellement blessée. Comment avait-il pu la traiter ainsi ? Cette gifle, il l'avait bien méritée, en tout cas !
Commençant à avoir mal à la tête, elle décida d'essayer de dormir à nouveau, ce qu'elle réussit à faire au bout d'une dizaine de minutes.
Lorsqu'elle se réveilla le lendemain, il devait être tard dans la matinée car le soleil était bien haut dans le ciel. Baillant légèrement, la jeune pirate s'habilla rapidement et coiffa ses cheveux désordonnés avec difficulté. Dérangé par une mèche qui tombait devant ses yeux, elle décida de les attacher en un chignon, et puis, ainsi, elle pourrait mieux observer ce qui se passait autour d'elle. Ayant une grande faim, elle alla dans la cuisine et se fit une brioche au Nutella, ignorant le fait qu'elle était privée de nourriture aujourd'hui car son capitaine le lui avait ordonné. Elle était seule, le calme régnait. C'est alors que Penguin et Bepo entrèrent avec panique dans la pièce.
— May ! On te cherchait partout ! expliqua Penguin, un journal dans les mains.
— Il fallait absolument que l'on te voit, compléta Bepo.
— Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-elle en haussant un sourcil.
Penguin s'approcha de la table et posa le journal à plat sur celle-ci.
— Tu fais la une des journaux, regarde !
— Quoi ? lâcha-t-elle sous l'étonnement.
Elle avança de quelques pas et constata qu'en effet, elle remplissait entièrement la première page.
Avis à toute la population. Nous sommes à la recherche de May, un pirate qui est membre de l'équipage du Heart, dont le capitaine est le célèbre Trafalgar Law. Elle est petite, yeux bleus, a des cheveux épais et porte une tunique rose. Sa prime est de 70.000 berrys. Si vous détenez une information sur le lieu où elle peut être, veuillez nous la transmettre le plus rapidement possible. Tous ceux qui essayeront de la protéger se verront arrêter et devront payer une modique somme de 1200 berrys.
— Soi-Soixante dix-milles berrys ?! s'écria-t-elle, les yeux grands ouverts. Mais ils sont complètement malades ! Par contre, ils ont enfin écrit mon prénom correctement, ajouta-t-elle peu de temps après.
— Et à mon avis, ça ne va pas cesser d'augmenter, fit remarquer Penguin.
— Si ça continue, je ne pourrais même plus sortir du sous-marin !
— C'est ce qui risque d'arriver, en effet, approuva Bepo. Mais le capitaine va trouver une solution, ne t'inquiète pas !
May ne put retenir un haussement de sourcil méprisant face à cette affirmation, tandis que le coin de sa bouche se haussait légèrement en un rictus.
— Comme si le capitaine pouvait faire quoi que ce soit… Il n'ose même pas affronter ses sentiments, alors lui demander son aide... c'est à mourir de rire, déclara-t-elle froidement avant de ricaner, surprenant au passage ses deux amis qui ne s'attendait pas du tout à cette réaction et qui ne l'avait jamais vu ainsi.
— N-ne dit pas de mal du capitaine ! s'écria Bepo en fronçant les sourcils.
Penguin, lui, se contenta de pencher la tête sur le côté avec incompréhension. La lycéenne haussa les épaules, indifférente à l'énervement de l'animal. Elle ne pouvait s'empêcher, à ce moment, d'être particulièrement désagréable. Entendre le mot « capitaine » l'avait brusquement rendu d'humeur massacrante.
— En tout cas, il va tout faire pour trouver un moyen d'arranger tout ça, car il nous a donné une réunion à 20h dans la grande salle située tout près de celle d'entrainement, continua l'ours blanc d'un ton un peu plus neutre. Sur ce, je retourne à la salle de navigation.
Et, sans un mot de plus, Bepo sortit de la pièce, toujours vexé des propos de son amie. Lâchant un soupir, celle-ci attrapa une chaise et prit place à la table, le coude posé sur la table et la main en guise d'accoudoir pour la tête. Toujours dubitatif, Penguin s'approcha d'elle.
— C'était quoi, ça ?
— Quoi donc ? questionna-t-elle, essayant de cacher son agacement pour ne pas se mettre une personne de plus à dos.
— Ta réaction, précisa-t-il.
Les épaules de May s'affaissèrent.
— Pardon. Je suis un peu sur les nerfs aujourd'hui, la journée d'hier n'a pas été facile.
— Et je le comprends, fit-il d'un ton compatissant. Mais ce n'est pas une raison pour être désagréable. Bepo n'aime vraiment pas ce genre de comportement envers le capitaine, et nous non plus.
Sa voix avait été plus sèche par la suite, pour lui faire comprendre qu'elle devait mesurer ses mots. La gorge nouée, elle hocha la tête et baissa les yeux, honteuse.
— Désolée, je ferai plus attention, s'excusa-t-elle d'une petite voix.
Le jeune homme vint légèrement tapoter son épaule avec amitié.
— C'est bon, y a pas mort non plus. Je te préviens juste.
Il lui fit ensuite un clin d'œil et la gratifia d'un sourire, ce qui la rassura et atténua les émotions négatives qui l'affligeait. Se rappelant qu'il devait faire les tâches ménagères en guise de punition, Penguin alla chercher un balai et commença à nettoyer la pièce avec un grand manque de motivation. Le silence s'installa, seul le bruit du balai glissant sur le sol se faisait entendre. Chacun était dans ses pensées.
— Je peux te poser une question ? l'interrogea-t-elle après quelques minutes de silence.
— Bien sûr ! dit-il tout en continuant à balayer.
— Pourquoi vous êtes tous aux côtés de Trafalgar ? Je veux dire… pour quelles raisons ?
Le bruit produit par le balai s'arrêta brusquement, et Penguin lança un regard étonné en direction de la jeune fille. Il s'appuya sur le sommet du manche à balai et leva les yeux au ciel, réfléchissant.
— Il m'a sauvé la vie… 'm'a raccroché à elle lorsque j'étais au fond du gouffre. Sans lui, j'ignore où j'en serai aujourd'hui, je lui dois tout.
Les mots de Penguin lui rappelèrent ceux de Shachi. Ce dernier avait utilisé à quelques différences près les mêmes termes pour qualifier sa relation avec le capitaine.
— Donc il a changé ta vie ?
— Yep ! Et je pense que c'est pareil pour les autres.
Elle lâcha un vague « hm… » en guise de réponse, les yeux dans le vide.
— Alors c'est grâce à lui que vous êtes là aujourd'hui… mais lui, qui lui a tendu la main lorsqu'il en avait besoin ?
Elle était si curieuse. Son passé restait flou, elle ne le connaissait pas, et elle se doutait bien que ses amis non plus n'était pas au courant d'énormément de choses. Il était quelqu'un de très mystérieux en ce qui concernait son passé.
— Bonne question ! Personne ne le sait. Le capitaine ne nous parle jamais de lui-même, en fait. Il sait tout de nous, mais nous… on ignore presque tout de lui.
Ce fut comme une révélation pour Penguin, qui se sentit soudainement d'humeur morose. Ils étaient tous très proches, pour autant, ils ne pouvaient pas soutenir leur capitaine quand son moral était au plus bas, car il cachait ses sentiments à merveille et ne se confiait jamais à l'un d'entre eux. Quand un subordonné essayait d'aborder le sujet du passé tragique, Law se contentait de changer de sujet de manière rusée.
— A ce point ?
— Ouais. Faut pas croire, c'est un mystère pour nous aussi !
— Et ça te convient ?
Penguin haussa les épaules, les yeux baissés sur le sol. Il semblait loin, dans ses plus profondes pensées. Il n'avait jamais vu les choses ainsi et ça le troublait. Quand l'un d'eux allait mal, Law réconfortait les autres à sa manière, mais eux, n'avaient jamais eu l'occasion de lui rendre la pareille. Et soudainement, Penguin eut l'impression d'être inutile.
— Pas vraiment. Ce serait cool s'il se confiait à nous, on est très proches mais c'est frustrant de pas savoir si derrière ses sourires un peu effrayant il ne cacherait pas un mal être, ou un truc du genre, répondit-il avec un léger sourire empreint d'amertume.
Les mots « mal être » firent écho dans la tête de May, qui se vit envahir par des images perturbantes et désagréables, dans lesquelles résonnaient des rires moqueurs ainsi que des paroles qui transperçaient le cœur d'une lente et terrible agonie. Depuis sa venue ici, elle s'était contentée de découvrir la facette extérieur de chaque membre de l'équipage, et cela lui convenait à ce moment-là. Ils riaient juste tous ensemble, et tout se passait bien, mais désormais, elle en voulait plus. Elle voulait être au courant de chacune de leur souffrance, allé au-delà d'une relation superficielle et renforcer ces liens qui les unissaient tous, mais comment aborder de tels sujets, quand on sait nous même que c'est difficile d'en parler ?
Finalement, sa bouche s'ouvrit et laissa sortir ses pensées :
— Au début, je pensais être la seule à me sentir mal dans ma peau, mais en fait, je viens de me rendre compte que ce n'est pas le cas. Aucun de nous n'a eu un passé heureux, n'est-ce pas ?
Cette réalité était si cruelle, et, inconsciemment, elle releva les manches de sa veste et fixa son bras gauche avec mélancolie, hantée par ses propres démons. Même si ce corps n'était pas celui de son monde d'origine, elle avait la sensation qu'il était presque identique. Elle pouvait parfaitement imaginer les marques d'auto mutilation qui marquaient sa peau, comme un tatouage impossible à effacer. Sauf que sur ce corps-ci, il n'y avait rien. Aucune plaie, aucune parcelle de peau lacérée par le compas.
— C'est vrai, tu n'es pas la seule à avoir ressenti ça, je peux le confirmer, dit-il sombrement.
May lui lança un regard ambigu, comprenant le sens caché de ces mots, mais il échappa à ce regard, balayant toujours le sol.
— Cette sensation d'étouffer, de ne pas savoir pourquoi on est là, on l'a tous ressenti à un moment ou un autre, souffla-t-il ensuite.
La lycéenne ne savait pas si elle devait être heureuse ou non de cette affirmation. Quand elle était dans son monde, elle avait toujours eu l'impression d'être la seule à souffrir, tant les autres rayonnaient par leurs sourires et leur joie de vivre. A cette période, égoïstement, elle désirait voir d'autres personnes souffrir, pour pouvoir se dire « Ah, finalement, je ne suis pas la plus malheureuse », et se sentir ainsi un peu mieux, car il était tellement facile de comparer sa souffrance à celle des autres. Seulement maintenant, cette réalité ne faisait que l'accabler et la rendre encore plus triste. Des gens partout dans son monde ou dans celui de One Piece avait éprouvé — ou éprouvait encore le même désespoir qu'elle, le sentiment de n'être à sa place nulle part, et de ne servir à rien.
Elle dû prendre sur elle-même pour empêcher les larmes de couler.
Elle informa Penguin de son départ et lui expliqua qu'elle allait rendre visite à Shachi, son humeur étant au plus bas. Il la gratifia d'un léger sourire et lui rappela de ne pas oublier la réunion qui avait lieu à 20h.
Elle arpenta de nombreux couloirs du sous-marin jaune jusqu'à arriver à l'infirmerie. Elle posa la main droite sur la poignée et entrouvrit légèrement la porte, jetant un coup d'œil à l'intérieur. Elle vit Shachi qui dormait encore profondément. Elle entra et s'approcha du lit à pas de loup pour ne pas le réveiller et toucha son front du bout des doigts avant de constater qu'il était moins chaud. Voyant que le gant était sec, elle l'imbiba d'eau à nouveau, épongea le visage du brun avec et le reposa sur son front. Sa respiration était sereine, calme, apaisée. Ses lèvres s'étiraient en un léger sourire, comme s'il faisait un merveilleux rêve.
Il ne savait pas où il était, mais il se sentait bien et ne voulait en aucun cas se réveiller. Un doux sentiment de flottement l'envahissait, léger, comme s'il était sur un petit nuage. Dans son esprit, il n'y avait que du noir, mais peu à peu, ce noir s'effaçait et laissait place à une image assez floue qu'il avait du mal à distinguer. Il voyait de l'herbe, beaucoup d'herbe, ainsi que des oiseaux qui voletaient, chantonnant. L'image commença à devenir plus nette. Une maison, petite, mais qui semblait agréable à y vivre, et devant cette maison, deux personnes. L'une d'elle était plus petite que l'autre et ils avaient l'air de bien s'amuser. Il finit par reconnaître son petit frère, Shinobu, et lui, jouant joyeusement ensemble. Ah, quel beau souvenir. Tout allait bien, à ce moment-là.
Si seulement rien de tout cela n'était arrivé.
Si seulement il avait pu le protéger.
Si seulement...
Dans son esprit, il cria à Shinobu d'effacer ce sourire, d'arrêter de l'appeler « grand frère », car selon lui il ne méritait pas ce titre. Il n'avait rien pu faire pour le protéger, alors qu'il était si jeune ! Ils étaient mort un par un par sa faute !
« Tu sais, je suis content que tu sois mon grand frère ! »
Les remords l'accablaient, toujours plus lourds et difficiles à supporter, et dans son for intérieur, il hurla de tout son être.
C'est alors qu'il se réveilla brusquement, comme si ses propres songes étaient devenus insupportables. Il ouvrit lentement les yeux et, durant un instant, il crut reconnaître le visage chaleureux de sa mère, mais il réalisa aussitôt qu'il se trompait et qu'il était à l'infirmerie. Il amorça un geste avant de serrer les dents, submergé par la douleur qui se réveillait elle aussi. Son regard se posa sur son épaule bandée, et il eut un soupir.
— Comment tu te sens ? demanda une voix familière.
Sursautant, son regard se détacha de son épaule pour se diriger vers sa droite, où il vit May, assise sur une chaise et le fixant avec inquiétude. Soudainement, il se rappela de tout ce qu'il s'était passé avant qu'il ne s'endorme et, par réflexe, sa main vint tâter son visage, et il fut rassuré d'y trouver ses lunettes.
— Je suppose que j'ai évité le pire, lâcha-t-il avec un air rassurant, histoire de ne pas l'inquiéter davantage.
Une lueur de mélancolie traversa les yeux de May.
— Je suis désolée. La dernière fois je t'avais dit que ce serait à moi de te protéger, s'excusa-t-elle sincèrement, se maudissant de sa faiblesse, ses yeux azurés fixant le sol avec un sentiment de culpabilité qu'elle ne parvint pas à dissimuler.
Shachi tiqua, et il se remémora ce qu'elle avait dit, cette fois-là, peu de temps avant qu'elle ne se fasse enlever :
« Merci de m'avoir protégée, j'espère que je pourrais te rendre la pareille, un jour »
Ces mots, qu'elle venait d'employer, lui faisait mal au cœur. Peu importe ce qu'il se passait, May ne voyait que les choses négatives, dû moins, c'était son impression. Elle voulait toujours faire de son mieux et se surpasser, mettre la barre un peu plus haut, augmenter les exigences. Elle ne réalisait pas ce qui était positif : elle était libre. Ils avaient réussi à la délivrer, et personne n'était gravement blessé, ils s'en étaient sortis plutôt bien, pour une mission de secours de ce genre.
— Je te l'ai déjà dit : c'est le rôle que je me suis donné. Ne culpabilise pas pour ça, c'est inutile.
— Mais..., commença-t-elle aussitôt pour répliquer, ayant trouvé une raison de le contredire.
— Pas de "mais", la coupa-t-il brusquement. Laisse les autres veiller sur toi. Tu ne peux pas protéger tout le monde, May.
Cela sonnait comme une affirmation, une simple vérité qu'elle devait admettre, mais elle n'y arriva pas. Elle referma finalement la bouche, vexée, ses mots faisant écho dans sa tête, ce que Shachi remarqua immédiatement, commençant à la connaître par cœur.
— Pardon, je ne voulais pas te blesser, mais c'est la réalité. Il faut que tu l'acceptes, dit-il d'un ton doux.
Le visage de Shinobu apparut dans son esprit, souriant.
— Par contre… je comprends parfaitement ce que tu ressens, poursuivit-il après un silence.
Son expression avait changée, May le vit tout de suite. Ses yeux semblaient tout d'un coup plus ternes, bien qu'elle ne les distingue pas très bien derrière ses lunettes, perdant de cet éclat qui brillait à l'intérieur la plupart du temps. Il avait l'air dépité, accablé par des remords, et elle ignorait pourquoi. Ses épaules affaissées en étaient la preuve. La curiosité la submergea, et elle eut soudainement l'envie de lui poser des questions sur sa vie privée, mais elle se retint, par politesse et par timidité. Même si Shachi semblait être quelqu'un de très ouvert, elle ne pouvait prévoir toutes ses réactions, il pourrait très bien se braquer.
— Je n'aime pas ça. Ne pas pouvoir protéger les autres… c'est un sentiment vraiment désagréable. Je veux devenir plus forte, autant physiquement que… émotionnellement, avoua-t-elle.
Son visage s'assombrit et son cœur se serra douloureusement comme un étau. Le "émotionnellement" était sorti tout seul à l'image de Law dans son esprit, ce qui l'envahit d'une grande tristesse, qu'elle essaya de cacher derrière un sourire rassurant. Seulement, son ami n'était pas dupe, et avait compris où elle avait voulu en venir. Discrètement, ses doigts serrèrent fortement la couverture.
— ... Il t'a encore fait du mal, n'est-ce pas ? demanda-t-il à voix basse.
— Je te mentirai si je disais que non… mais ça va aller, répondit-elle vaguement, ses yeux observant le sol avec un intérêt aussi bien soudain que futile, son sourire toujours accroché aux lèvres, comme un masque qu'elle gardait à tout prix pour n'inquiéter personne et ne pas être plus brisée qu'elle ne l'était déjà.
— Arrête de sourire, alors que la seule chose que tu veux faire c'est pleurer.
Les yeux de la lycéenne s'écarquillèrent et elle releva la tête.
— Tu en as le droit, précisa-t-il face à son regard intense.
— J'en ai marre de pleurer. Je ne sais au fond pas grand chose sur toi, mais je ne t'ai jamais vu te plaindre ou pleurer, alors, je pense qu'il serait temps pour moi de faire pareil, lâcha-t-elle en riant faiblement.
— Tu es fragile, May, c'est normal que tu...
— Arrête de me prendre pour une petite fille ! s'écria-t-elle vivement en fronçant les sourcils, le faisant sursauter. Tu ne me vois vraiment que comme une amie faible et fragile ?
Elle en avait tellement marre d'être un fardeau ! Voyant qu'elle était énervée, Shachi crût bon de se rattraper :
— Non, ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Juste qu'il est normal de pleurer quand est aussi sensible que toi, mais rappelle-toi : ce n'est en aucun cas un défaut.
— Peut-être, mais je veux être plus forte ! assura-t-elle en croisant les bras d'un air déterminé.
— Tu en veux toujours plus, j'ai l'impression…, soupira-t-il, mais malgré tout amusé par la réaction de la plus jeune.
Il posa ensuite une main dans son épaisse chevelure et l'ébouriffa d'un geste affectif, alors qu'un sourire amusé fleurissait sur ses lèvres. May apprécia grandement le geste. Elle ne pouvait pas faire de câlin à ses parents, pour le moment, alors, chaque geste qui témoignait d'une grande affection, elle les acceptait avec joie, car ils étaient faibles, et cela lui manquait.
— Tu ne te rends toujours pas compte du chemin que tu as fait jusqu'à maintenant ? Regarde-toi, tu as gagné en maturité et en puissance, je peux te l'assurer. Tu n'es pas aussi forte que nous, certes, mais tout ce que tu as accompli depuis que tu es ici... nous, on n'a jamais autant évolué en si peu de temps, je peux te l'assurer.
— Merci, je n'avais jamais vu les choses de cette façon, remercia-t-elle.
Sa longue tirade avait eu le mérite de lui redonner un peu le moral. Elle toucha son front pour voir s'il avait encore un peu de fièvre, et constata qu'elle pouvait enfin être rassurée, car la fièvre était tombée. Il avait même repris quelques couleurs, dormir avait dû lui faire beaucoup de bien.
— Je ne suis plus malade, comme tu peux le voir ! lança-t-il avec enthousiasme.
La lycéenne eut un air attendri. Il ressemblait à un enfant, parfois. Une dizaine de secondes s'écoulèrent sans un mot de prononcé.
— Qu'est-ce qu'il ait fait qui t'a blessée, cette fois-ci ? questionna-t-il soudainement, redevenant très sérieux.
May eut un rictus en comprenant de quoi il voulait parler. Elle n'avait vraiment pas envie d'aborder le sujet, la plaie était bien trop récente, et puis, elle ne voulait en aucun cas le déranger avec ses plaintes et ses soucis.
— Je ne veux pas t'embêter avec ça…
— Si je te le demande, c'est que ça ne me dérange pas, affirma-t-il d'un ton persuasif.
— J'ai voulu lui dire mes sentiments, expliqua-t-elle, mais il m'a interrompue avant même que je ne fasse quoi que ce soit, ajouta-t-elle avec un sourire amer.
— Comment ça ?
Ses yeux se firent ternes, vides. Elle lui raconta comment il lui avait ordonné de se taire, puis qu'elle avait insisté et qu'il avait fini par l'embrasser pour ne pas entendre ce qu'elle avait à lui dire. Choquée, elle l'avait giflée, avant de retourner vers les autres.
— Je suis vraiment déçue. Qu'il ne retourne pas mes sentiments, d'accord, je peux le supporter. Mais là, ce qu'il a fait... ça m'a vraiment fait mal. j'ai décidé de l'ignorer, je refuse de lui adresser la parole ! C'est sans espoir, Shachi. J'ai fait des efforts, énormément d'efforts, mais là, je n'en peux plus, je laisse tomber.
— Il ne faut pas May ! rétorqua-t-il. N'abandonne pas en si bon chemin !
— Mais tu vois bien que c'est inutile ! répliqua-t-elle, tremblante. Il faut te rendre à l'évidence, Shachi, il ne m'aime pas, et ne m'aimera jamais !
Voyant qu'elle était sur le point de craquer, il attrapa son visage et colla son front contre le sien, tout en faisant en sorte qu'elle croise son regard.
— Il t'aime, je peux te l'affirmer. Je ne l'ai jamais vu sourire autant de fois en aussi peu de temps, il a changé depuis ton arrivé ! Tu ne sais pas comment il était avant que tu sois là, tu ne vois donc aucune différence, mais nous, si ! Et je te le dis haut et fort : Law a changé, et il tient énormément à toi, seulement il se voile la face et se ronge l'esprit avec toutes sortes de questions que l'on ne se pose même pas toi et moi. Il doit avoir ses raisons de douter et de ne pas s'ouvrir.
— Et pour ces raisons je devrais continuer, au risque de souffrir toujours et encore plus ? demanda-t-elle avec ironie.
— Tu sais très bien que ce n'est pas ce que je voulais dire…, soupira-t-il en levant les yeux au ciel. Mais le capitaine n'a jamais été amoureux auparavant, il lui faut du temps.
— Mais je ne peux pas attendre plus longtemps dans le doute ! s'écria-t-elle.
— Alors écoute : faisons ce que nous avions fait il y a longtemps : un jeu d'amoureux.
Elle fronça légèrement les sourcils.
— Tu veux le rendre jaloux ? ça ne marchera pas…
— Si si, ça marchera. La dernière fois, il avait marché, couru même ! Si après ça il ne se déclare pas, c'est que c'est vraiment un cas désespéré, expliqua-t-il en riant à gorge déployé.
— Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée…, avoua-t-elle, l'air réticente.
Elle n'aimait pas jouer avec les sentiments des gens. Elle trouvait cela cruelle.
— C'est le dernier plan foireux que l'on fera. Si ça ne marche pas, alors tu pourras abandonner, et il ne pourra pas te reprocher d'avoir tout donné, d'accord ?
— Je suppose que je n'ai pas le choix… mais après ça, j'arrête, et on va attendre que tu sois rétabli, lâcha-t-elle.
Il hocha la tête et eut un sourire. Il lui ébouriffa les cheveux une deuxième fois, puis lui fit comprendre qu'il avait besoin de se reposer encore un peu. Le sourire aux lèvres, elle lui colla un bisous sur la joue en guise de remerciement, ce auquel il répondit par un « garde tes bisous pour le capitaine », ce qui eut comme effet sur la jeune fille de prendre le premier coussin qui lui tomba sur la main et de le lui balancer en pleine figure pour le faire taire, rougissante. Sous les rires de son ami, elle sortit de la pièce pour le laisser tranquille.
Ne sachant que faire, elle décida d'aller dans la salle d'entrainement. Elle voulu sortir son pistolet pour s'améliorer dans ses tirs, mais elle se souvint qu'elle ne l'avait plus. Et merde. Elle n'allait quand même pas aller voir monsieur bourreau des cœurs pour en récupérer un ? Bon, elle allait devoir faire sans. Autant améliorer sa condition physique, c'était toujours ça de gagné. Elle enleva sa veste et commença à donner des coups de poings et de pieds dans le vide, l'air déterminé. Sa tunique la gênait dans ses gestes, elle l'avait déjà remarqué lors de sa libération. Quand elle le pourrait, elle irait acheter de nouveaux vêtements. Tant pis pour l'aspect physique, il lui fallait des vêtements confortables.
Après plusieurs heures d'entrainement, elle s'essuya le visage et entendit son ventre gargouiller. Son regard se posa sur le hublot et elle remarqua que le soleil était en train de se coucher. Elle retourna dans la cuisine et remarqua que d'autres membres de l'équipage étaient là, des gens qu'elle ne connaissait pas. Ils avaient tous les trois la combinaison des Heart Pirates. Le premier possédait des cheveux blancs en pétards qui restaient en l'air grâce à un bandeau qu'il avait mis sur son front. Le deuxième était blond et ses cheveux étaient bouclés, certaines boucles chatouillaient même son visage mate et lui donnait un air assez séduisant. Le troisième, lui, avait des cheveux noirs comme un corbeau et cachait son visage avec une casquette qui était semblable à celle de Shachi. Il dégageait une aura mystérieuse.
— Allez Penguin ! Tu peux bien le faire pour nous ! s'écria le premier entre deux rires.
Les deux autres rigolèrent ouvertement.
— Tu sais quoi Ban ? Va faire foutre, marmonna le concerné qui faisait la vaisselle, l'air profondément agacé et exaspéré.
— Ah, il va sortir les griffes ! se moqua le blond.
— Mais non Walter, il n'a pas de griffes, puisque c'est un pingouin !
Puis ils éclatèrent de rire, se tenant même les côtes.
Le concerné sentit ses mains se crisper sur son assiette ainsi qu'une grande envie de meurtre s'allumer en lui. Voila depuis déjà dix minutes qu'ils le charriaient parce qu'il devait faire le ménage !
— Allez, et après on te laisse tranquille, promis ! insista Walter. Ce tablier t'irait tellement bien !
En effet, histoire d'enfoncer encore plus la victime, Walter tenait dans ses mains un tablier sur lequel était dessiné un bébé pingouin qui avait des yeux brillants et qui faisait une moue adorable, bref, rien de très viril pour notre ami Penguin, qui commençait vraiment à perdre patience. Etrangement, cela rappela à May le pingouin de son monde nommé Pingu, qui passait à la télé lorsqu'elle était petite. .
— Je ne mettrai pas cette horreur, point final, conclut-il en se séchant les mains, ayant terminé sa tâche.
— T'es pas drôle, se plaignit Ban, faisant la moue.
— Et notre projet de sensibilisation envers la protection des animaux, tu en fais quoi ? fit remarquer Walter en s'approchant du concerné.
— Quel projet ? lâcha Penguin avec une grimace.
— Laisse, il vient de l'inventer, expliqua le plus mystérieux, Shad, en levant un peu les yeux au ciel.
May lâcha un rire face à la scène qui était fort comique. Elle se décida à entrer, car la faim la tenaillait beaucoup. Tous les regards se posèrent sur elle et elle rentra dans la tête dans ses épaules, peu habituée à parler aux autres membres de l'équipage. Elle n'en voyait que très peu, jusqu'ici ses seules véritables connaissances étaient Penguin, Shachi, Law et Bepo. Les autres, elle les voyait à peine. Elle ne savait même pas combien ils étaient dans l'équipage.
— May, ma sauveuse ! s'écria Penguin en allant vers elle, suppliant. Aide-moi à me débarrasser de ces tarés ! Si tu le fais, je t'appelle « maître » pendant une semaine !
— Je ne peux rien faire pour toi, désolée, s'excusa-t-elle, un léger sourire aux lèvres, alors qu'elle cherchait une pomme bien mure des yeux.
Lorsqu'elle l'eut trouvée, elle croqua dedans avec une joie non dissimulée, bien heureuse de se remplir la panse. C'est alors que Ban lui tendit une fleur sortit de l'on ne sait ou, se penchant légèrement en signe de respect.
— Pour la seule jolie fleur de cet équipage, perdue au milieu de cette mer hostile et de tous ces hommes dont les bonnes manières semblent avoir disparu au fil du temps qui s'écoule, déclara-t-il de façon poétique.
— M-merci… c'est gentil, se contenta-t-elle de répondre en attrapant la tulipe, embarrassée et ne sachant que dire face au compliment de son interlocuteur.
Il y avait donc un deuxième Sanji dans ce monde ? Derrière eux, des éclats de rire se firent entendre.
— « Pour la seule jolie fleur de l'équipage »… ! répéta Walter en ricanant avec une voix trop aigue pour être naturelle.
— Décidemment tu ne changeras jamais, riposta Shad, le coin de ses lèvres se retroussant en un sourire narquois.
Penguin se contentait de se faire petit. Pour une fois que l'attention n'était plus sur lui et qu'ils se défoulaient sur quelqu'un d'autre, il pouvait bien en profiter ! Il décida donc, en traître, d'abandonner notre cher May à son sort et de sortir en toute discrétion de la cuisine.
— A la prochaine escale, j'achète des poupées vaudous et je les torture tous les trois, se dit-il intérieurement après leur avoir lancé un dernier regard exaspéré.
Sans plus attendre, il retourna dans la salle des machines pour faire son boulot habituel : c'est-à-dire réparer quelques trucs et/ou aider les autres membres.
— Ignore ces rustres, jolie demoiselle ! lui conseilla Ban en lui faisant un clin d'œil, pas du tout atteint par les commentaires des deux autres. D'ailleurs, quel est ton prénom ? Je suis sûr qu'il est magnifique !
Un peu gênée d'être le centre de l'attention, elle déglutit et répondit avec hésitation :
— May…
— Oh, quel beau prénom ! Il te va à ravir !
— Merci…, remercia-t-elle à nouveau.
C'est alors qu'une alarme désagréable résonna dans tout le navire, les forçant à se boucher les oreilles. Une fois l'alarme éteinte, Walter, qui avait les mains dans les poches, lâcha avec nonchalance :
— Ah, c'est l'heure de la réunion.
— Vaut mieux qu'on se dépêche, le capitaine n'aime pas trop attendre, conseille Shad qui sortait déjà.
— Tu viens avec nous, May ? demanda Ban.
Celle-ci hocha la tête et les suivit jusqu'à la salle où avait lieu la réunion. Celle-ci était gigantesque. Une dizaine de tables décoraient la pièce, éclairant celle-ci par des lanternes qui émettaient une faible lueur. Sans plus attendre, May prit place à côté de Penguin pour se rassurer, ne connaissant guère l'identité de la plupart des pirates qui étaient autour d'elle.
La porte claqua dans un bruit assourdissant, et un jeune homme de taille moyenne entra dans la salle d'une démarche assurée. May le reconnut immédiatement à son bonnet nordique. Law. Celui-ci semblait fatigué. Il se plaça au devant de la salle et ordonna le silence, qui arriva aussitôt.
— Je ne vais pas tourner autour du pot, déclara-t-il avec autorité. Vous êtes au courant de ce qui est paru dans le journal, ce matin.
Des chuchotements s'élevèrent, qu'il fit taire en levant la main.
— Le gouvernement utilisera toutes les armes possibles pour avoir May, car elle vient d'un autre monde et suscite donc un intérêt certain, poursuivit-il. Je vous demande donc de la protéger à tout prix lors des missions et d'être discrets. Si quelqu'un découvre que notre équipage a accosté à tel ou tel lieu, l'information va vite se répandre et arrivera aux oreilles des marines, qui finiront par nous localiser. Cela pourrait finir par devenir dangereux.
De nouveaux chuchotements se firent entendre, et les regards se posèrent sur la jeune fille qui fit de son mieux pour paraître petite, submergée par une gêne immense. Evidemment, peu de gens étaient avant cela étaient au courant de son secret, maintenant, tout l'équipage le savait, ça la perturbait un peu.
— Et ça leur servirait à quoi de la capturer ? demanda un subordonné après avoir levé la main, piqué par la curiosité.
— Je l'ignore, répondit franchement Law, sérieux. J'ai quelques hypothèses mais je préfère attendre avant de les confirmer.
— Et toi, t'as une idée ? questionna un autre en direction de la lycéenne.
Toute l'attention se posa sur elle, ce qui la déstabilisa. Elle déglutit difficilement et lança avec un manque d'assurance certain :
— Je… Je ne sais pas non plus. Mon monde est plus avancé d'un point de vue technologique que le votre, donc… peut-être que…, commença-t-elle en fixant son capitaine, avant de s'arrêter.
— Que ? insista Law en voyant son hésitation.
Elle détourna les yeux.
— Peut-être qu'en allant dans mon monde, ils espèrent trouver d'autres moyens d'éliminer les pirates…, acheva-t-elle.
Un silence s'abattit sur la salle, lui donnant l'envie de se cacher et de disparaître à jamais.
— M-mais ce n'est qu'une hypothèse, reprit-elle en voyant que l'atmosphère s'alourdissait, alors…
Elle se mua dans un silence, sous le regard intense de Law qui ne pouvait s'empêcher de la fixer.
— En attendant, je vous demande de la protéger et de minimiser les aller retour en ville, c'est un ordre. Nous ne devons surtout pas attirer l'attention, c'est bien compris ?
— Oui capitaine ! crièrent-ils tous, obéissant, hormis May qui était dans ses pensées.
— Pff… cette gamine va nous attirer des problèmes, j'en suis sûr, fit alors remarquer une voix désagréable.
Le cœur de May rata un battement. L'ayant entendu, la jeune fille se retourna et vit un jeune homme qui la sondait. Il était assez grand, au moins un mètre quatre vingt. Son crane était rasé, ses yeux petits et menaçants. Ses traits étaient crispés, il semblait irrité.
— T'es contente ? A cause de toi, les marines vont peut-être prendre l'avantage sur nous. Si tu n'étais pas venu ici, on aurait été tranquille, ajouta-t-il d'un ton dur, la transperçant du regard.
Des voix fendirent l'air, et May eut la sensation d'étouffer. La plupart des pirates, hormis quelques-uns l'observaient avec un air mauvais et approuvaient les paroles de celui qui lui avait fait des reproches, comme si sa présence n'était pas désirée ici. Ses mains commencèrent à trembler sous l'accusation, et sa gorge se noua.
Malheureusement pour elle, l'homme au crane rasé continua sur sa lancée :
— D'ailleurs, je ne t'avais jamais croisé dans le sous-marin, est-ce que tu sers à quelque chose, au moins ? Parce que je vois pas pourquoi je prendrai des risques pour une gamine dans ton genre.
— Noa, l'interpella Law d'un ton sec, lui ordonnant indirectement de mesurer ses paroles, voir même de se taire.
Beaucoup approuvaient ce qu'avait dit Noa avec des « ouais, il a raison », ou encore des « c'est vrai ça ! », ce qui se transforma en un tumulte épouvantable. Law tenta tant bien que mal d'imposer le silence, mais rien n'y faisait, les accusations fusaient toujours, tel un poison. La jeune fille ne savait plus ou se mettre. Elle voulait sortir de la salle mais ses jambes refusaient de bouger, pétrifiées par la peur. Sa tête bourdonnait, elle ne se sentait pas bien du tout. Cela commençait presque à dégénérer, lorsque brusquement, Penguin aplatit sa main contre la table.
— Vous allez la fermer ?! s'exclama-t-il après s'être levé, balayant la salle d'un regard menaçant.
Le silence revint, et May lança une œillade étonnée à son ami.
— Ce n'est pas de sa faute ! Elle n'y est pour rien et n'est en aucun cas coupable des reproches que vous lui faites ! May fait partie de notre équipage, il est donc de notre devoir de la protéger, non ? déclara-t-il fermement d'un ton qui se voulut convaincant. Ceux qui disent du mal d'elle auront affaire à moi, j'espère que c'est clair ! ajouta-t-il plus froidement.
— Penguin…, pensa-t-elle, émue.
Ban se leva à son tour, plus calme et posé.
— Je suis d'accord, et puis, ce n'est pas très respectueux de traiter ainsi une jeune femme, approuva-t-il.
— Vous portez des préjugés sur une personne que vous ne connaissez même pas, je ne suis pas sûr que le capitaine ait apprécié d'entendre vos propos, continua Walter, nonchalant.
Penguin, Walter et Ban fixèrent alors Shad qui, contrairement à eux, ne s'était pas levé et n'avait rien dit. Celui-ci haussa un sourcil.
— Quoi ?
— Bah dit quelque chose ! s'écrièrent les trois autres.
— Et vous voulez que je dise quoi ?
— Qu'ils lui a manqué de respect, je ne sais pas, moi… ? fit remarquer Walter, penchant la tête sur le coté.
Quelques secondes s'écoulèrent, puis, lentement, Shad pointa Noa du doigt, et lança avec indifférence :
— Vilain garçon.
Penguin, Walter et Ban se tapèrent le front de leur main droite avec exaspération. Law leur informa de d'autres choses qui n'avaient rien à voir avec May, puis, déclarant que la réunion était terminée, autorisa tout le monde à sortir de la salle. Noa, qui était de mauvaise humeur, allait s'en aller lorsque le capitaine l'interpella d'une voix sèche. Il se retourna et croisa les deux orbes glacés de son supérieur.
— Ne t'avise plus jamais de parler d'elle de cette façon, j'exige un minimum de respect entre les membres de mon équipage, est-ce que c'est bien compris ?
— Oui capitaine.
— Bien. Que ça ne se reproduise plus à l'avenir.
Noa hocha la tête et s'inclina légèrement pour se rattraper de sa bêtise, puis s'en alla le plus rapidement possible pour ne pas finir en charpie.
[…]
Une semaine s'était écoulée. Shachi était désormais parfaitement rétabli et avait repris toutes ses fonctions. Son épaule lui faisait par contre encore un peu mal et il évitait d'y toucher et de trop forcer, ce qui l'agaçait un peu. Penguin lui avait expliqué ce qu'il s'était passé durant la réunion et ce qu'avait dit le capitaine. Tout le monde était content de retrouver le brun car il avait constamment l'air heureux et dégageait une bonne humeur contagieuse. Il était très apprécié dans l'équipage, et chacun était rassuré de le voir rapidement sur pied. La relation entre May et Law était toujours au point mort. La jeune fille l'esquivait le plus possible. Dès qu'il entrait dans une pièce elle en sortait, faisant mine d'avoir quelque chose à faire, ce qui agaçait profondément le capitaine qui essayait en vain de communiquer avec elle. Le plus énervant pour lui était le rapprochement qui s'était opéré entre Shachi et May. En effet, les deux complices avaient décidé de mettre leur plan en marche et, lorsque Law était dans les parages, le brun s'amusait à prendre des initiatives, du genre la prendre dans ses bras, lui faire des petits bisous partout sur le visage, s'assoir tout le temps à côté d'elle lors des repas ou encore lui attraper la main.
Toutes sortes de choses qui rendaient Law extrêmement jaloux et frustré. Ces derniers temps, il avait beaucoup réfléchi, mais n'avait pas tant avancé que ça. Il savait qu'il l'aimait et ne pouvait plus le nier, mais il était certain qu'il pouvait encore résister à ses sentiments. Seulement, plus le temps passait, et moins il en était sûr. La voir si rayonnante aux côtés de Shachi le rendait malade. Elle ne rougissait pas quand il s'approchait d'elle, ne semblait jamais blessée par ses paroles. Son comportement était totalement différent selon si c'était lui ou Shachi qui lui adressait la parole, il l'avait bien remarqué.
Ces sentiments et cette attirance physique était en train de le ronger du plus profond de son être, et à ce moment-là, ce n'était plus de l'affection qu'il ressentait, mais une haine incommensurable. Il la détestait de la voir si proche des autres et de l'ignorer, lui. Dès qu'il était dans les parages elle fuyait comme s'il représentait la pire chose qui soit, son regard ne croisait plus le sien, et quand il lui adressait la parole, il n'émanait d'elle que froideur, mépris et désespoir. Il avait eu beau essayer d'arranger les choses en essayant une trentaine de fois de lui parler, mais rien n'avait changé. La frustration qu'il ressentait était au maximum, dès qu'elle passait près de lui et que son parfum flottait jusqu'à ses narines, il était saisit par un violent désir qu'il n'était même plus sûr de pouvoir réprimer. Il voulait sentir sa poitrine contre lui, parcourir sa main dans ses cheveux, coller sa peau contre la sienne, recouvrir son corps de milliers de baisers fiévreux dont elle ne pourrait résister, entendre son nom sortir de sa bouche dans un cri de jouissance, la faire sienne, la posséder corps et âme, tout simplement.
Frustré, il décida de prendre l'air sur le pont, mais il se referma sur lui-même lorsqu'il vit justement May et Shachi qui était déjà dehors, adossés contre la barre. Ils riaient et semblaient bien s'amuser ensemble. Law plissa les yeux.
— Si je t'ai recruté dans mon équipage Shachi, ce n'est pas pour que tu sois là à rien faire, fit-il froidement remarquer, les bras croisés.
— Oui capitaine, ça n'arrivera plus.
Le brun envoya un dernier sourire à la lycéenne et retourna à l'intérieur. May allait le suivre, mais le capitaine lui bloqua le passage, les mains dans les poches.
— Quoi ? marmonna-t-elle.
Sa colère était toujours présente. May n'était pas de nature rancunière, mais elle pouvait l'être lorsque ses sentiments avaient sérieusement été blessés. Elle mourrait d'envie de lui sourire, et en même temps, elle voulait pouvoir le détester pour le restant de sa vie.
— Il serait peut-être temps d'arrêter ce jeu stupide, tu ne crois pas ? demanda-t-il en plongeant ses yeux gris dans les siens.
— Ce n'est pas de ma faute si une certaine personne m'a cruellement manquée de respect, rétorqua-t-elle vivement.
Elle le devança mais il lui attrapa le bras pour l'arrêter.
— Tu me détestes donc à ce point ?
— Non, je ne te déteste pas, je ne pourrais jamais le faire, avoua-t-elle doucement.
— Qu'est-ce que tu veux alors ? Pourquoi tu continues de me fuir ?
— Je veux des excuses, et que tu me dises clairement ce que toi tu veux de moi, conclut-elle plus froidement.
Law tiqua. Des excuses ? Il n'en avait jamais faite dans sa vie, et ce n'était pas prêt d'arriver, même pour ce qu'il avait fait. Il avait bien trop de fierté et d'orgueil pour ça. Et pour ce qui était de ce que lui il attendait elle, il l'ignorait. Ou plutôt si, il le savait : il la voulait tout entière, mais que faire ? Sa vengeance faisait obstacle, et il ne se sentait toujours pas prêt à aimer une personne du sexe opposé.
May fronça les sourcils face à son silence qui voulait tout dire, et se détacha de sa prise, ce qui sortit Law de ses pensées.
— Je vois.
Et sans plus attendre, elle retourna dans le sous-marin. Le chirurgien soupira et se prit la tête entre les mains.
La suite allait être dure. Il ignorait encore combien de temps il pourrait tenir face à cette froideur et cette indifférence.
[…]
Trois jours passèrent et la situation était toujours la même. Il passait la plupart de ses journées dans sa chambre à ruminer, à réfléchir, à se prendre la tête comme pas possible. Il se sentait piégé, en position de faiblesse. Tout dépendait de lui, cette fois. Ce n'était pas à May de s'excuser, de prendre des initiatives ou de faire des efforts, non, c'était à lui, cette fois, ou rien ne changera. Il dormait très mal, faisait beaucoup de nuits blanches, ses cernes se faisaient toujours un peu plus grandes. Peu importe les conséquences que cela pouvait avoir, il avait besoin de céder, c'était au-delà du supportable, il était désormais incapable de résister. Même si elle devait le considérer comme un monstre après ça, il ne pouvait faire demi-tour. Il devait la posséder !
La frustration ne pouvait pas être plus haute. Il la désirait plus que tout. Alors, quand il la vit marcher dans les couloirs, insouciante et rêveuse, ses lèvres étirées en un faible sourire ravageur, toutes ses barrières cédèrent. En une fraction de seconde, il s'approcha d'elle avec une rapidité déconcertante, les yeux vitreux, les mains tremblantes, comme s'il ne se contrôlait plus lui-même, comme si son instinct et ses pulsions avaient pris le dessus. Etonnée par son étrange comportement, May l'interrogea du regard. Il voulut dire quelque chose, mais aucun mot n'arriva à sortir. Une colère grandissante bouillonnait en lui. Comme possédé, il lui attrapa le bras et commença à courir en direction de sa chambre. La jeune fille, étonnée, essaya de s'en aller, mais sa poigne était terriblement forte, il lui faisait mal et elle voyait déjà sa peau devenir bleue. Il ouvrit la porte de sa chambre et la jeta à l'intérieur sans aucune douceur, submergé par des pulsions animales.
— Mais qu'est-ce qui te prends, Trafalgar ?! s'écria-t-elle, se massant le poignet avec agacement.
Elle ne s'attendait pas à un tel revirement de sa part, et commençait même à s'inquiéter. Dans ses yeux régnait une lueur inquiétante, elle avait l'impression que le vrai Law n'était pas devant elle.
— Qu'est-ce que tu-
— Pourquoi ? Lâcha-t-il soudainement, la coupant dans sa phrase.
Stupéfaite, elle ne sut que dire et ne comprit pas.
— Pourquoi quoi… ?
Il la regarda droit dans les yeux.
— Tu m'appartiens, tu t'en souviens ? Tu n'as donc rien à faire avec Shachi.
Elle fut stupéfaite, ne s'attendant pas à cette réponse, qui n'avait aucun sens avec sa précédente question. Etait-il jaloux de Shachi ? Y avait-il enfin un espoir pour qu'il lui révèle ses sentiments ? Néanmoins, le mot « appartiens » l'avait refroidie, elle n'était pas un objet, à la fin !
— Je ne sais pas ce qui te prends, mais sache une chose : je ne suis pas un objet ! s'exclama-t-elle avec vivacité.
— Je ne suis pas le seul à dépasser les limites, tu le sais, ça ? souffla-t-il d'un ton sec. Tu crois peut-être que je n'ai pas compris ton petit jeu avec Shachi ?
— Mais enfin… de quoi tu parles ? lâcha-t-elle avec hésitation, ne comprenant pas où il voulait en venir.
Sa réponse sembla énerver le jeune homme car il fronça les sourcils. Son cœur rata un battement lorsqu'elle le vit lentement s'approcher d'elle, son souffle se mélangeant au sien, alors que ses mains commençaient à trembler. Soudain, il lui attrapa le poignet, la faisant sursauter, ses yeux la sondant. Elle déglutit, étonnée de ce soudain changement de comportement, alors que ses joues prenaient une teinte rosée. Elle tenta de s'arracher à sa prise, mais ce fut vain, il la tenait fermement. Il plissa les yeux.
— Pourquoi tu rougis ? Et pourquoi tu tentes de t'échapper ? Pourquoi tu me fuis ?
— Arrête, tu me fais peur… ! dit-elle avec inquiétude, la peur l'envahissant.
Il l'effrayait à agir ainsi, elle ne l'avait jamais vu dans un tel état ! Il la regarda avec une froideur qui la glaça de la tête aux pieds. Elle avait mal au poignet.
— Répond-moi, ordonna-t-il froidement.
— Je ne comprends pas ce que tu veux, et lâche-moi, j'ai mal ! Qu'est-ce qui te prends ?
Poussé par un excès de colère, il attrapa de sa main droite le menton de May et plaqua violemment ses lèvres contre les siennes. Elle se figea, ne s'attendant pas à ce geste, ce qui la fit ouvrir la bouche. Il en profita pour mélanger sa langue à la sienne dans un ballet fougueux, violent et passionné, faisant gémir la jeune fille qui ne savait pas comment réagir. Il la poussa contre le lit avec brutalité et se plaça au dessus d'elle, n'arrêtant toujours pas de l'embrasser. Il finit tout de même par lâcher ses lèvres et entreprit de recouvrir son cou de baisers papillons avant de faire un suçon, alors que sa main, qui s'aventurait sur sa tunique rose, entreprit de défaire les quelques boutons un par un. Le souffle coupé, May essayait de réfléchir à la situation, mais tout était embrouillé dans sa tête et une angoisse incontrôlable l'envahissait. Qu'est-ce qui lui prenait ? Pourquoi Law agissait ainsi ?
Celui-ci avait complètement perdu la raison, et avait laissé ressortir son côté sauvage et sadique. Ce n'était plus un humain qu'il y avait devant la jeune fille, mais une bête assoiffée que l'on aurait pendant trop longtemps enfermée dans une cage.
— Tu m'appartiens, May, affirma-t-il, les yeux vitreux, dans lequel brillait un grand désir.
Elle ne sut que dire, la situation lui échappait, Law était devenu fou, complètement fou ! Et si elle ne l'arrêtait pas maintenant, Dieu sait ce qui pouvait lui arriver ! Elle sortit de sa torpeur lorsque sa main tatouée et froide glissa sous sa tunique rose, brûlant chaque paradoxalement la parcelle de sa peau.
— Arrête ! cria-t-elle en le poussant brusquement en avant, tremblante.
Il écarquilla les yeux, comme s'il venait de prendre conscience de la situation, et il fut encore plus étonné de voir des larmes rouler sur les joues pâles de la jeune fille, ce qui l'envahit d'une grande culpabilité. Elle le regardait avec une peur immense, comme si elle avait la mort devant elle, et ça le dégouta grandement. Il serra les dents, alors que son visage était recouvert d'un voile d'ombre, les poings serrés. Le souffle coupé, May l'observa quelques secondes, ne comprenant pas son changement de comportement. Il semblait si triste, et elle pouvait voir dans ses yeux de la douleur. S'inquiétant pour lui, elle approcha une main de son épaule pour le réconforter, mais il l'écarta d'un sec mouvement de bras qui trahissait sa colère. Il planta ses yeux, froids et menaçants, dans ceux inquiets de May, puis, il murmura d'une voix rauque :
— Va-t-en.
Choquée et terrifiée par la lueur qui brulait dans ses yeux, May s'éloigna de lui et sortit de la chambre en courant. Law se replia contre lui-même et se mordit les lèvres à tel point qu'il en saigna. Il avait merdé et l'avait fait souffrir, encore une fois. Il ne s'était pas contrôlé, et avait empiré les choses. Il voulait pleurer, pouvoir verser des larmes pour sortir toutes ces émotions négatives, mais il n'en était pas capable, Law ne pleurait pas, et ne pleurerait jamais.
Sa souffrance, il n'avait aucun moyen de l'exprimer et de l'apaiser.
Finalement, il en était peut-être véritablement un.
Un monstre.
May de son côté, courrait dans les couloirs sans regarder où elle allait, ta unique totalement ouverte, laissant apparaître son soutien gorge. Un torrent de larmes coulaient le long de ses joues et elle tremblait de tout son être. Elle avait encore du mal à assimiler ce qui venait de se passer. C'est alors qu'elle croisa Shachi qui se dirigeait vers sa chambre. Alerté par son état plus qu'inquiétant, il lui demanda avec panique :
— Qu'est-ce que tu as May ?
La jeune fille l'ignora et continua de courir sans lui lancer un regard. Sa tête tournait, elle avait envie de vomir. Stupéfait, le brun se retourna et la vit s'éloigner au loin. Sans plus attendre, il courut après elle pour la rattraper, sachant pertinemment qu'il ne pouvait pas la laisser dans un tel état. C'est alors qu'elle glissa et tomba lourdement à terre, gémissant toujours. Shachi arriva à elle et posa une main sur son épaule.
— Hey, qu'est-ce qui ne va pas ? Dis-moi…, quémanda-t-il d'une voix douce.
La dernière fois qu'il l'avait vu dans un tel état était lorsqu'elle avait tué un marine. Le souffle coupé, May ouvrit la bouche pour essayer de parler, mais aucun son ne sortit. Il la prit dans ses bras et la berça lentement pour la calmer, lui murmurant qu'il était là pour elle. Cela dura un quart d'heure, durant lequel elle trembla violemment, le corps parcouru de spasmes. Elle finit par réussir à lui expliquer la situation, la voix enrouée, le visage pâle, les cheveux emmêlés et un air apeuré au visage. Shachi n'en crut pas ses yeux. Il ne s'attendait vraiment pas à ça. Il sentit la culpabilité le submerger. C'était lui qui avait proposé ce plan d'amoureux, et maintenant, voila quelles étaient les conséquences. C'était de sa faute. Il ne pensait pas que son capitaine irait aussi loin, il en était limite choqué. Il savait que Law pouvait parfois se montrer cruel, sadique ou encore effrayant, mais là, ça dépassait de loin ce qu'il aurait pu imaginer.
Il attrapa son escargophone et intima à Penguin de venir les rejoindre. Celui-ci arriva aussitôt en comprenant que quelque chose de grave était arrivé. Il lui expliqua tout et lui demanda de rester près d'elle, l'air assombri. Penguin hocha la tête.
— Je vais te ramener dans ta chambre, ça vaut mieux, dit-il en s'adressant à May, la prenant par les épaules pour l'aider à se lever.
Celle-ci ne répondit pas et fixa Shachi avec inquiétude en voyant la fureur qui émanait de tout son être. Celui-ci enleva sa casquette et la posa sur la tête de la jeune fille qui laissa échapper un hoquet de stupeur. Il la gratifia d'un léger sourire et la devança dans le but d'aller dans un endroit bien précis. Alors qu'il s'éloignait, May reporta son attention sur Penguin.
— Qu'est-ce qu'il va faire ? l'interrogea-t-elle avec inquiétude.
— J'ai ma petite idée, et crois-moi, ça ne va pas être joyeux.
Encore plus inquiète, elle observa la silhouette de Shachi qui disparaissait dans la pénombre. Ce dernier, qui avait la mâchoire serrée et une lueur presque meurtrière dans le regard, se dirigeait vers la chambre de son capitaine, le corps bouillonnant d'une rage qui n'était pas prête de s'éteindre.
oO_O_Oo
Et voila chapitre 19 terminé ! Vous l'avez apprécié ? J'espère que vous n'êtes pas déçu de la fin, j'ai peur que ça fasse un peu bâclé et brusque la scène du « viol », mais le chapitre était déjà très long, je n'allais pas en rajouter ! Bref, j'ai décidé de faire participer d'autres membres de l'équipage histoire de rajouter un peu de piment ! N'hésitez pas à laisser vos avis ! Je vous assure que c'est la dernière fois que Law fera une telle connerie ! Non je déconne, il va en faire d'autres, mais don't worry, May ne souffrira pas éternellement !
Bon, je vous laisse ! Je vous remercie pour votre soutien et tout le reste ! J'adore partager ma passion avec vous ! Soyez francs tout en étant assez doux lorsque vous voudrez me dire les défauts de ce chapitre, please ! XD Je suis très sensible ! J'accepte les critiques évidemment, mais si c'est dit de manière brutale, je vais perdre confiance en moi, donc voila, soyez constructif et doux comme des agneaux ! Comme le disais mon prof de SES : « Je peux être doux comme un agneau, mais si vous m'énervez je deviendrai aussi brutal qu'un crocodile. Vous ferez ressortir le dragon qui sommeille en moi. » !
Bisous et à la prochaine ~
