Hey, c'est moi ! Me voila pour le chapitre 20 !

Je suis en vacance, ça fait du bien, mais je reprends déjà les cours mardi, c'est nul… ! Le temps passe trop vite ! [La bêta-lectrice, qui a déjà repris le chemin de la fac, tire la langue à l'auteure] Bon, je vous préviens tout de suite : ce chapitre est pitoyable, vraiment. J'ai eu énormément de mal à faire la conversation entre Law et Shachi ainsi que Law et May, donc voila, ne vous attendez pas à un super chapitre. Je ne suis pas satisfaite, et pourtant ces scènes, j'y ai passé beaucoup de temps et elles m'ont bien prise la tête, donc voila… Je m'excuse, vous l'attendiez, mais malheureusement j'ai beau réfléchir, j'y arrive pas.

Merci pour vos commentaires qui me font toujours autant plaisir, nous avons atteint les 200, si c'est pas génial ça ! C'est SUPER ! On a également atteint les 27.000 vues et bientôt les 100 followers, on avance bien ! ^^ Merci de me suivre malgré le temps que je mets à publier mes chapitres ! =)

Sur ce, je réponds à vos commentaires !

Heavenly0 : Oui je sais, je suis très cruelle. J'aime torturer les gens, je suis une vilaine fille ! Je pense que beaucoup de gens accepteront de signer ta pétition pour coller une baffe à Law, car dans la plupart des commentaires, Law est considéré comme un méchant pas beau ! héhé. Merci de dire que c'est bien rédigé, je suis contente ! J'espère que celui te plaira tout autant ! C'est marrant, ça, Shad est celui qui parle le moins et pourtant tout le monde l'adore ! Je suis contente que te trio te plaise, j'ai mis du temps à le confectionner héhé, je les ferai réapparaître je pense ! Boarf, t'inquiète pas, Noa c'est un petit con c'est tout, et May finira par se venger tu verras, mouahaha ~ ! Eh oui, Shachi il va défendre la cause de May, évidemment ! ça va péter ! Oui merci pour les ondes positives ! ^^ See you again ~

LilyDTrafalgar : Coucou ! Oui I know I know I'm a bad girl ! J'aime LE TRAGIQUE MOUAHAH ! OUI JE VEUX TOUS VOUS FAIRE PLEURER JUQU'A CE QUE VOUS NE LE PUISSIEZ PLUS AHAHAHA ! Oui, je te le confirme, Shachi va casser la gueule à Lawounet ! Merci d'avoir adoré ce chapitre et de me suivre depuis aussi longtemps ^^ Bonne lecture et merci :D

Torima Kenro : Oh t'es trop mignon à presque rater ton bus pour moi ! Faut pas rater les cours, c'est pas bien ! :P Ah je vois, pour la liberté ! Tu serais donc un pirate en recherche de cette liberté ! :D Et quel équipage te plairait ? =)

Merci pour le commentaire et bonne journée ! ^^

Candice-Crush : Kikoo petite enfant ! Oui j'aime pousser cette relation à l'extrême, c'est un véritable passe temps aha ! Je suis une grande sadique ~ Mais grave Shachi c'est le mec qui sauve tout en fait, heureusement qu'il est là MDR ! Oh t'inquiète pas Noa quand il reviendra il se fera défoncer par May, mais j'en dis pas plus mouéhéhéhé ! OUI A MORT LES HOMMES ON VA TOUTES DEVENIR LESBIENNE ! Oui elle évolue May, j'suis contente de savoir que t'a kiffé ce passage :D

Pour ton deuxième message je comprends ce que tu veux dire ! Law ne refera plus de connerie « physiquement », je veux dire par là qu'il va prendre une mauvaise décision, mais je te rassure, au prochain chapitre il y aura des trucs bien plus positif ! ;D Je pensais faire cash, mais au final à la fin j'ai écouté ton conseil et j'ai essayé d'instaurer un dialogue, j'espère que tu ne seras pas déçue !

Pas de souci, je te remercie de ta franchise et de ton soutien, j'espère que le code s'est bien passé pour toi ? =)

Bisous bisous !

L1109 : Salut ! Merci beaucoup, ça n'a pas été facile de l'avoir ^^ Oh non, Law ne s'excusera jamais, ou alors de manière très implicite ! Grave il va s'en prendre dans la figure le pauvre XD ! Tu m'en diras des nouvelles :P

Bonne journée et merci ^^ !

Ic'Ilver : Wahou, tu es choqué à ce point là ? Héhé. Oh méfie toi, je suis sûre qu'avec les Mugiwara tu peux aussi t'en prendre plein la gueule, mais d'une façon différente, surtout avec Luffy aha ! Ah je la connais cette chanson ! Elle est bien ^^ Boarf, t'inquiète pas, May elle va se venger de Noa au prochain chapitre, tu verras ! :D Shachi va bien se lâcher en effet, tu verras ;D Il n'y a pas de problème ! Je peux répondre sans souci : oui la scène du compas est du vécu, je raconte ma vie sur mon profil, tu peux te renseigner aha ^^ ! Je ne le fait plus, mais durant un moment oui je l'ai fais.

Merci ! J'ai enfin eu mon passeport, je suis impatiente ! Pas de souci je ne force personne à laisser un commentaire, même si ça fait toujours plaisir ^^ ! Et j'ai de la chance car j'ai un PC rien qu'à moi donc je peux faire ce que je veux ! Moi, spéciale ? Oh, ça m'étonnerait un peu ! Je ne suis qu'une lycéenne qui vit sa vie banale, haha. Oh c'est adorable ! Je ne sais pas si on peut dire qu'on est « amis », mais il est vrai que l'on fait d'agréables rencontres sur ce site, bien évidemment cela reste du virtuel, mais j'ai toujours apprécié de retrouver à chaque chapitre des lecteurs qui me suivent malgré tout, comme toi par exemple ! ^^

Ah tu vas donc assumer tes cheveux ! Parfait, bonne chance :D ! Bah alors quelle idée d'aimer les maths aussi ! C'est dur en S ? Oh pareil, je dois me mettre à bosser, mais j'ai tellement la flemme ! Merci de me proposer ton aide, c'est gentil =)

Aha bonne chance et merci pour ce commentaire bien constructif ! :D A la prochaine ~

Neiflheim : Bonjour ! Contente de savoir que tu as aimé ce chapitre ^^ ! Mais grave va falloir l'amener à l'hôpital si ça continue ! Oui il serait temps, mais bon, c'est Law, quoi ! :D

Bisous à la prochaine ~

FeFe758 : je t'ai déjà répondu par MP mais tu ne m'as pas reparlée depuis…

La : Voici la suite ! J'espère qu'elle te plaira, même si personnellement, je ne suis pas très satisfaite. Oui tu avais raison le permis c'est bien ! Mais je n'ai pas beaucoup d'endroits où aller, alors bon… x)

Merci bisous ! ^^

Madou : Hey ! Merci beaucoup ça me fait plaisir^^ ! Et bien non May et Law ne se réconcilierons pas encore, enfin je ne t'en dis pas plus, tu verras bien :3 VIVE SHACHI !

Les-Fictions-De-Niils : OUI JE SAIS JE SUIS SADIQUE 8D Tu verras bien, j'espère que tu aimeras le passage entre Shachi et Law, il n'a pas été facile à faire... ! J'espère que c'est pas trop guimauve, d'ailleurs. Merci pour tes encouragements, je fais au plus vite que je peux, promis ! Inutile d'attendre tous les jours, si tu es Followers tu recevras un mail certifiant que j'ai posté un nouveau chapitre normalement ! Et tu peux voir ou j'en suis rendue sur mon profil tout en bas, j'écris en pourcentage ou j'en suis dans le chapitre !

Gros bisous et bon courage à toi :3

Raineloup : Hey ! Oui Noa va encore être un vilain, mais May va lui rabattre son caquet, t'inquiète pas pour ça ! Voila le prochain chapitre, merci de me suivre depuis tout ce temps =)

JuriiGothic : Mais quelle violence envers notre Law ! Le pauvre, il prend cher aha ! Bon anniversaire, ça te fait combien ? ^^ Merci de m'avoir lu jusqu'à maintenant, voici la suite ! En espérant que tu ne seras pas déçue ^^

NimVictorine2.0 : Merci ! Non ce n'était pas un bug, il n'y avait pas la suite, tout simplement ^^ Si tu t'attaches aux personnages c'est le principal ^^ Merci pour tes encouragements, je suis un peu déçue de ce chapitre 20 mais bon, je crains de ne pas pouvoir faire mieux… D'accord, sage femme hein ? En tout cas merci beaucoup, je ne pense pas faire ce genre de scène dans l'histoire, mais pourquoi pas ! ^^

DonnySean : Oh tu vas au Japon toi aussi ! A l'heure ou je te parle, tu dois encore y être, non ? Tu me diras comment ça s'est passé ! Si j'aime la filière L mais c'est difficile et j'ai très peu de motivation, c'est surtout ça le problème. Aha et bien non j'ai 18 ans, mais physiquement je fais plus jeune, malheureusement ! Pour Mangaka je crois que c'est foutu, c'est très cher et tous les membres de ma famille sont contre, donc voila… va falloir que je trouve autre chose, tch. Quand j'y pense, j'ai envie de me barrer. Oh tu as beaucoup de choix dit donc ! :o tu me diras ce que tu auras choisi, hein ?^^ Ah les mères, je vous jure XD ! L'internat a l'air passionnant pour toi, je t'envie ^^ Nous on s'ennuie là-bas, y a rien à faire, pas de PC portable, rien… :soupir :

Shachi toujours aussi classe en effet ! Il va devenir mon perso favori en fait s'il continue LOL ! Tu sais que tu es la seule qui apprécie Noa ? MDR eh oui petite enfant, j'ai entendu ta prière ! Dieu soit loué ! \o\

PAS DE FIGURINE, NA !

PS : j'imagine bien le bordel en histoire aha

Merci pour ton commentaire et à bientôt !

Little X Dove : Hey, I'm fine, and you ? No problem, use the language that you want, it doesn't matter for me ^^ Like you, I have a lot of Homework in France, more specially work in group, so we must have organization, etc… it's difficult ! Thank you ! I hope it wasn't "marshmallow", yeah Law will be nice with May, but it's very difficult for him, because he doesn't know how to hide/show his feelings.

Thank you, I hope you will appreciate this chapter too, enjoy and thank's for your review ! =)

Manon Rodriguez: La suite, la voici ! ^^

Trafalgaryuki : Salut ! Oh tu sais ma fanfic est loin d'être parfaite, entre les incohérences, le manque de respect du caractère des personnages dans certaines situations, le fil scénaristique ou le reste… il y a beaucoup de travail et de choses à améliorer encore ^^ J'apprécie beaucoup le fait que tu me dises que tu aimes que d'autres caractères soient en premier plan, certains n'ont pas aimé mais moi je pense que c'est important, donc merci ! Maya ? C'est mignon comme prénom ! ça doit être énervant de lire ton prénom parfois alors qu'il y a un A en trop aha ! Si tu as ressenti autant d'émotions en me lisant, alors je suis contente ! Je ne peux jamais prévoir quand sortira le chapitre, à vous de patienter et d'aller en bas sur mon profil dans la rubrique « mes fanfictions » ou j'en suis rendue ! J'écris en pourcentage ou j'en suis dans le chapitre, ça vous permet de voir à peu près comment ça avance !

Oh mais j'en profiterai bien de mon voyage, ne t'inquiète pas pour ça mdr !

Merci pour ton adorable commentaire et à bientôt ~

Muwnder : Hey ! Faut pas écrire avec autant de majuscule ! XD Je sais pas trop comment réagir en fait ! Je vais prendre tout ce que tu m'as dit pour un compliment aha ! En fait, j'arrive pas à t'imaginer derrière ton écran en train de pleurer ou d'être bouleversée mdr ! Oh non n'éclate pas au chapitre 20 s'il te plaît, il est nul ! ET C'EST QUOI CES MENACES, NON MAIS OH ON NE MENACE PAS UN AUTEUR, VILAINE !

Un coup tu es triste, en colère puis de bonne humeur ? Tu ne serais pas lunatique ? :rire :

En tout cas ton commentaire m'a redonné le sourire, merci ! =)

Mikarucchi : Yahoo ! Ne t'excuse pas autant, il n'y a vraiment aucun souci tu sais ^^ Merci beaucoup pour tous ces compliments, tu vas me faire rougir ! Oh Law se rattrapera hein, mais pas tout de suite, c'est vrai que May prend cher huhu ~ Une merveille… je ne sais pas, mais merci, c'est gentil. ^^ Arrête de t'excuser XD, je n'oblige personne à commenter, même si ça fait toujours plaisir, tu l'as fait, c'est le principal ^^

Merci beaucoup pour ton soutien ^^

Le chapitre n'a pas encore été entièrement corrigé. Je m'excuse d'avance pour les fautes, et pour la qualité de ce chapitre qui est médiocre. « Bonne » lecture ! Les personnages appartiennent à Oda sama ~

[Edit 30/10 à 22h : Chapitre corrigé les bichons! – WhiteMerry]

Résumé : Law s'occupe de l'épaule de Shachi, il essaye ensuite d'avoir une discussion avec May mais celle-ci le rejette en lui faisant comprendre qu'il avait dépassé les limites. Le lendemain, Bepo et Penguin l'informe que sa prime a augmentée et qu'elle fait la une des journaux, elle parle ensuite avec Penguin, puis avec Shachi qui lui assure que Law l'aime. Mais elle refuse de le croire. Il lui propose donc un jeu d'amoureux, le dernier, et que si ça ne marche pas, elle aura le droit d'abandonner. Elle rencontre par la suite Walter, Ban et Shad, qui se moquent ouvertement de Penguin qui doit s'occuper du ménage. Durant une réunion qui consiste à comprendre pourquoi sa prime augmente à ce point, un membre du nom de Noa dit du mal de May, qui se voit défendue par Shad, Ban, Walter et Penguin. Les jours défilent, Shachi et May font le jeu d'amoureux, ce qui déplaît fortement à Law qui finit par péter un câble et à être violent avec May. Choquée, elle explique tout à Penguin et Shachiqui la réconforte. Shachi s'apprête à aller s'expliquer avec Law.

Bon, je vous souhaite une bonne lecture, même si je trouve ce chapitre pitoyable.

Enjoy !

Wakfina ~

oO_O_Oo

Les poings et la mâchoire serrés, Shachi se dirigeait en direction de la chambre de son capitaine, bouillonnant d'une rage qui était impossible à réprimer. Ses pas se faisaient rapides, son regard semblait déterminé. Il s'affichait constamment dans son esprit l'image de May, apeurée, faible, frémissante et fortement pâle, le corps parcouru de spasmes difficiles à contrôler, ses mains frêles s'accrochant à lui comme on le ferait à une bouée. Il pouvait comprendre la frustration de Law, ainsi que la jalousie qu'il ressentait à son égard, car il avait tout fait pour le provoquer en ce moment, pour le faire bouger un peu afin qu'il se décide enfin, mais jamais, au grand jamais, il n'aurait imaginé de telles conséquences, et il considérait que la punition aurait dû lui revenir. Malheureusement, May avait été la seule à en payer le prix.

Il fit taire ses pensées lorsqu'il aperçut la chambre du Chirurgien de la Mort. Prenant une grande inspiration, il esquissa un mouvement pour aller toquer à la porte, mais un bruit résonna brusquement de l'autre côté et sa main droite se figea, à seulement quelques centimètres de la porte. Un autre bruit se fit entendre, dont la violence avait été plus grande, comme si quelque chose venait de se briser avant de s'éparpiller en milles morceaux. Le doute s'immisça alors en lui : devait-il toquer tout de même ? Il imaginait parfaitement son capitaine en train de balancer tout et n'importe quoi pour exprimer sa fureur, ce n'était peut-être pas le bon moment pour lui faire des reproches...

Sa colère soudainement retombée mais néanmoins toujours présente, le brun abandonna finalement et pivota sur ses talons pour faire demi-tour. Après seulement quelques mètres, il tourna la tête et fixa la chambre d'un air soucieux, puis, soupirant, il reprit son chemin vers la chambre de May.

Une fois arrivé, il vit celle-ci assise sur son lit, tremblante, les traits de son visage déformés par la crainte et la tristesse, son visage légèrement caché par sa propre casquette. Penguin était près d'elle, la serrant contre elle silencieusement, ne sachant que dire et peu à l'aise pour réconforter les gens dans une telle situation. Il releva la tête et écarquilla les yeux.

— Tu es déjà revenu ? Demanda-t-il, ne s'attendant pas à ce qu'il revienne aussi vite.

— Ouais, je crois que c'est pas le bon moment pour le déranger, expliqua-t-il vaguement, remarquant que la nuit était tombée.

Le haussement de sourcil de son interlocuteur lui fit remarquer qu'il n'avait pas compris ou il avait voulu en venir, mais peu importe, il haussa les épaules et se tut, reportant son regard sur May qui se muait dans un profond silence qui témoignait de son état.

— Je vais te chercher à manger, ça te fera du bien, déclara-t-il finalement en lui envoyant un léger sourire.

Il tournait sur lui-même, lorsqu'une petite main agrippa sa combinaison pour l'arrêter dans son geste. May le sonda d'un air suppliant, les yeux brillants, comme si elle lui intimait implicitement de rester à ses côtés. Elle secoua faiblement la tête de gauche à droite.

— Pas faim..., souffla-t-elle difficilement.

Il aurait pu sourire suite à sa réaction qu'en temps normal il aurait qualifié d'adorable, mais à cet instant précis, il n'y avait que le désespoir, alors il se ravisa.

— Très bien, je resterai avec toi, céda-t-il alors, prenant place à ses côtés.

Il attrapa la veste qu'elle tenait toujours dans sa main et la couvrit avec pour qu'elle n'attrape pas froid. Le silence s'installa alors, parfois interrompu par les gémissements de la jeune fille ainsi que ses sanglots. Ni Penguin, ni Shachi, ne savait que dire pour lui remonter le moral. Selon eux, les mots étaient inutiles, ridicules, et n'auraient fait qu'alourdir l'atmosphère.

Penguin, déjà épuisé par sa journée, décida de les laisser tous les deux après avoir demandé à May si ça ne la dérangeait pas. Celle-ci lui fit comprendre que ça irait et le remercia d'un sourire qui se voulu rassurant, mais qui, aux yeux de l'interlocuteur, sembla bien fade et superficiel. Il leur souhaita une bonne nuit en dépit de la situation, puis quitta la chambre sans faire de bruit.

Alors, se retrouvant seul avec la lycéenne, le brun à lunettes entoura celle-ci de ses bras, et, par ce qui était désormais devenu une habitude, la berça doucement.

[…]

Un livre s'écrasa violemment contre le mur, suivi rapidement d'un autre qui n'avait rien demandé. Law fixait le vide, haletant, la respiration rapide, entrecoupée, les épaules affaissées et l'air désemparé. Son esprit bouillonnait : comment avait-il pu lui faire une chose pareille ? Pourquoi ne s'était-il pas retenu, comme il savait si bien le faire ? Maintenant, il était rongé par une énorme culpabilité, qui l'écrasait et l'étouffait de plus en plus. Combien d'erreurs allaient-ils faire, encore ? C'était presque ça qui était le plus insupportable. Il ignorait combien de fois encore il allait la blesser, il ne faisait que des erreurs ces temps-ci. Quand avait été la dernière fois où elle lui avait souri avec spontanéité ? Quand avait été la dernière fois où il l'avait entendu rire à ses côtés avec l'innocence qui la caractérisait ? Il n'arrivait même pas à s'en souvenir. Dans son esprit ne s'affichait que des images écœurantes, dans lesquelles la jeune fille pleurait un véritable torrent de larmes, son visage exprimant de la douleur, du désespoir et de la confusion. Aucune de ces images n'étaient joyeuses ! Ces beaux moments lui semblaient déjà si loin ! Il eut presque envie de rire de lui-même. Comme un con, il avait joué au jeu du chat et de la souris sans se soucier des conséquences, parce qu'il avait toujours pensé qu'elle ne franchirait jamais la fameuse ligne, pourtant elle l'avait fait, le mettant au pied du mur et l'obligeant à se confronter à ses propres démons et sentiments.

Il leva ses yeux gris et se vit dans le miroir. Dégoûté, il l'éclata d'un bon coup de poing puis lâcha un juron. Voila que maintenant il s'était défoncé la main. Des bouts de verre s'étaient incrustés dans sa peau qui saignait désormais. Il enleva les morceaux un par un sans rechigner et nettoya les plaies avant de bander le tout. Il ne sentait presque rien, la douleur physique était risible par rapport à la douleur psychologique. Avec le temps, les blessures comme celles-ci guérissaient jusqu'à finir par disparaître, mais celle du cœur, qui marquaient l'âme tout entière, étaient si difficiles à soigner. Law observa sa propre chambre : il l'avait mise dans un sacré bordel, le même bordel qui était dans sa tête et qui lui donnait d'ailleurs un sacré mal de crâne. Haletant, il se laissa tomber sur le lit, enleva son bonnet nordique et s'ébouriffa les cheveux d'un geste qui traduisait son agacement. Il ne savait plus où donner de la tête, trop de choses s'étaient passées en si peu de temps… il avait du mal à encaisser.

Il remarqua qu'il était temps pour lui d'aller sur le pont pour faire le tour de garde. Il replaça son bonnet nordique sur ses cheveux bruns, attrapa son nodachi et laissa le bazar qu'il avait créé derrière lui.

[…]

Environ deux heures plus tard, Shachi referma silencieusement la porte derrière lui, laissant la jeune fille enfin endormie toute seule, après de longues minutes à pleurer, et lui à la réconforter avec le plus d'attention possible. Il savait qu'à cette heure-ci, Penguin ne dormait pas et traînait dans la cuisine, il profitait souvent de la nuit et de son silence apaisant pour remettre de l'ordre dans ses pensées. Lorsqu'il entra dans la cuisine, il remarqua qu'il avait eu raison, car il vit son ami avachit, son bras droit s'appuyant sur le dossier de sa chaise et tenant dans l'autre un verre d'alcool à moitié vide.

— Ça va, vieux ? L'interrogea-t-il en prenant place en face de lui.

Le concerné hocha la tête, et reporta son attention sur l'alcool qui était dans son verre et qui laissait apparaître son propre reflet.

— J'suis juste un peu... surpris par ce qu'a fait le capitaine, avoua-t-il finalement, d'un ton qui se voulut neutre.

— Ouais moi aussi, fit remarquer le brun, qui ressentait autant de peine que lui.

— Comment va-t-elle ? Quémanda Penguin, d'une voix qui montrait qu'il était encore inquiet.

— Mal, répondit-il franchement. J'ai eu énormément de mal à l'endormir.

Peu surpris par sa réponse, son vis-à-vis garda les lèvres serrées, aucun mot ne lui venant à l'esprit. De toute façon, qu'est-ce qu'il pouvait bien dire ? Rien. May était brisée, choquée, et ils pourraient bien chercher tous les moyens pour la réconforter, cela ne changerait rien. Seul le temps pouvait panser les plaies de ce genre, beaucoup de temps. Penguin était quelque peu dubitatif, mais Law restait pour autant quelqu'un qu'il estimait extrêmement. Tout comme Shachi, il savait au fond de lui que sa réaction était "normale". Leur équipage avait été jusqu'à maintenant toujours composé d'hommes, ce genre de chose n'arrivait donc jamais, mais depuis quelque temps, les deux subordonnés avaient bien remarqué la frustration de leur capitaine, et même s'il aurait dû, comme tout homme qui sait se maîtriser, calmer ses ardeurs, ils auraient dû s'attendre à ce type de dérapage. Alors, malgré une colère qu'il cachait plutôt bien, il comprenait, et ne blâmerait pas son capitaine, contrairement au brun qui semblait être déterminé à lui faire des reproches, pour que le capitaine se rende compte qu'il était vraiment allé trop loin, que les limites avaient été franchies.

Shachi lança un regard vers l'horloge : une heure vingt huit du matin.

— Qui est chargé du tour de garde, cette nuit ?

— C'est le capitaine, justement, l'informa l'autre sans détacher les yeux de son verre. Tu devrais profiter de l'occasion pour lui parler, si c'est ce que tu veux faire...

— J'y vais, alors, acheva-t-il simplement en se levant.

Penguin fixa son ami durant quelques secondes, et eut un faible sourire.

— Ok il a fait une grosse connerie, mais n'y va pas trop fort, hein ? Tu sais que parmi nous, c'est celui qui souffre sans doute le plus.

— Comment je pourrais le savoir ? Il ne nous parle jamais de lui, putain ! grogna Shachi, frappant la table de son poing. Et May n'a pas souffert, peut-être ? ajouta-t-il ensuite, ironique.

— J'ai pas dit ça, se défendit Penguin, gardant son calme. Essaye juste de comprendre que pour le capitaine aussi, c'est dur, ils souffrent tous les deux.

Shachi soupira. Ses sentiments étaient contradictoires. Il voulait bien admettre que Law n'était pas totalement coupable et qu'il n'était pas le seul à blâmer, mais paradoxalement, il ne pouvait s'empêcher de ressentir de l'animosité envers lui, malgré tout ce qu'il représentait pour lui.

— Bonne nuit, conclut-il finalement, las de la conversation.

Il gratifia son ami d'un dernier regard et fit demi-tour, se dirigeant vers l'extérieur.

Fatigué, Penguin termina son verre d'une seule traite et le déposa négligemment dans l'évier. D'un pas lent, il se dirigea vers l'entrée de la cuisine et s'arrêta juste devant celle-ci, balayant la pièce des yeux. Soudainement, des phrases résonnèrent dans son esprit tel un écho déchaîné.

Eh, vous avez entendu ? Il s'appelle Penguin, comme l'animal ! Ah la honte !

Une tristesse familière le submergea et il se secoua la tête, espérant la chasser, en vain. Ses yeux se tintèrent d'une grande mélancolie et il se remémora alors ses propres paroles :

Cette sensation d'étouffer, de ne pas savoir pourquoi on est là, on l'a tous ressenti à un moment ou un autre

— Cette sensation... est vraiment désagréable, murmura-t-il pour lui-même.

Sur ces derniers mots, il éteignit la lumière, laissant les ténèbres envahir la pièce, puis, les mains dans les poches, il retourna à sa chambre.

La grande porte qui menait à l'extérieur s'ouvrit, laissant apparaître la silhouette de Shachi qui gardait un air fermé. Il frissonna lorsque le vent frais qui soufflait s'engouffra dans sa combinaison, effleurant sa peau. Observant les alentours, il remarqua alors la présence de son capitaine, qui était assit par terre, appuyé contre la rambarde. Ses cheveux noirs ainsi que ses vêtements se laissaient guider par la brise, et il observait le ciel qui était rempli d'étoiles ce soir-là, dégagé de tout nuage. Son expression était neutre, mais ses yeux semblaient si vides. Là, les épaules affaissées et le corps tendu, Trafalgar Law n'avait pas l'air plus dangereux qu'un petit animal sans défense, juste perdu et torturé. Shachi l'avait rarement vu comme ça, voir même jamais. Le capitaine dégageait toujours une aura puissante et menaçante la plupart du temps, ses gestes étaient toujours dotés d'une très grande assurance et d'une confiance sans faille en ses capacités, pourtant, à ce moment-là, il n'y avait rien de tout ça. Il semblait juste… profondément humain.

Légèrement déstabilisé, Shachi toussota pour lui faire remarquer qu'il était là, même s'il était certain que Law le savait déjà (il était très doué pour sentir quand quelqu'un était près de lui). Cependant, cette fois-ci, il n'eut aucune réaction. C'est à peine s'il bougea le petit doigt. Celui aux lunettes se décida alors à avancer jusqu'à lui.

— Capitaine… ? l'interpella-t-il avec hésitation.

Law sursauta une fraction de seconde et reporta son regard perdu sur celui de son subordonné et ami. Shachi sentit l'étonnement le saisir : à en croire ce qu'il venait de se passer, Law ne l'avait pas remarqué depuis son entrée, ce qui était vraiment stupéfiant ! Il devait vraiment avoir la tête ailleurs. En voyant son air interrogatif, il se lança :

— Il y a quelque chose dont j'aimerais vous parler, expliqua-t-il fermement.

Toujours pas de réponse, seules les deux orbes cendrées du capitaine qui le sondait. Shachi déglutit et prit une grande inspiration.

— C'est… à propos de May, dit-il difficilement.

Dès que ces mots furent prononcés, le subordonné remarqua qu'imperceptiblement, l'atmosphère avait changée. Elle était plus froide, et plus lourde. Law se leva lentement, le visage assombri, et lui tourna le dos en s'accoudant à la rambarde. Shachi attendit une dizaine de secondes, en espérant qu'il dirait enfin quelque chose, mais rien ne sortit de sa bouche, ce qui lui déplut car il commença à se sentir submergé par l'irritation. Tant pis pour les conséquences, il se jeta alors à l'eau :

— Elle m'a tout expliqué, sur ce que vous avez fait, et j'ai du mal à comprendre : pourquoi vous avez fait ça ?

— Ce ne sont pas tes affaires, rétorqua Law d'un ton sec, ne voulant pas aborder ce sujet maintenant.

— Je suis désolé mais ça me concerne capitaine ! May est mon amie et j'en ai marre de la voir constamment pleurer par votre faute ! s'exclama-t-il en haussant la voix, les sourcils froncés.

Law soupira bruyamment et, le regard verrouillé sur les vagues, il ordonna froidement :

— Va dormir.

Les lèvres de Shachi tremblèrent de déception et de frustration. Law ne voulait pas en parler avec lui, alors que, au-delà d'être un subordonné, il était avant tout son ami. Mais comment pouvait-il honorer ce titre, alors qu'il ne savait, au fond, pas grand-chose de son capitaine ? Il ne voulait même pas leur parler de ses problèmes, alors qu'ils naviguaient ensemble en mer depuis des années, leur relation était-elle, au fond, si superficielle ? Refusant d'obéir à son ordre, il le rejoignit près de la rambarde et s'écria vivement :

— Est-ce qu'au fond vous vous en fichez de ce qu'elle peut ressentir ? C'est ça ce qu'elle est pour vous : un objet ? Ça vous amuse de lui faire du mal ? poursuivit-il, fulminant.

— Encore une fois, ça ne te regarde pas, riposta le concerné, impassible et évitant son regard.

Shachi trembla de colère. Comment pouvait-il agir avec autant d'indifférence, comme si le fait d'avoir blessé May avait peu d'importance ? Pourquoi refusait-il de se confier à lui, son subordonné et ami ? Il y avait tant de questions qui s'imposaient dans son esprit, et il ne parvenait pas à trouver de réponse ! Enragé, il agrippa violemment le sweat de son capitaine et le tira vers lui de sorte à le forcer à le regarder dans les yeux, ce qui étonna légèrement celui-ci qui ne s'attendait pas à une telle réaction. Le brun à lunettes était, selon Law, quelqu'un d'assez calme et de guilleret. Rares étaient les fois où il était en colère et utilisait la force. La surprise passée, il reprit tout de même un air fermé et foudroya même le plus jeune du regard pour son insolence.

— Arrêtez de fuir à la fin ! C'est en agissant de cette manière que vous la faites souffrir !

La dernière phrase résonna durement dans la tête de Law qui ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais il la referma aussitôt. Shachi en profita pour continuer :

— Pourquoi vous vous comportez comme ça ? Me faites pas croire que vous ne ressentez rien pour elle, je ne vous croirai pas ! Vous avez vraiment dépassé les limites ! Expliquez-moi ce qui vous est passé par la tête, enfin !

— Lâche-moi, exigea Law, gardant son calme.

Il ne voulait vraiment pas en parler, même à lui. Cette souffrance, il devait la garder pour lui. En tant que capitaine, il se devait de garder la tête haute et de pouvoir supporter le fardeau des autres, mais en aucun cas il ne s'autoriserait à ce que les autres l'aident à porter le sien, c'était une façon de voir qui était inconcevable pour lui. Et qu'est-ce que ça changerait d'en parler ? Rien. Shachi finirait par se lasser et retournerait dans sa chambre, en le laissant avec ses démons qu'il combattrait, mais seul. Personne ne devait être impliqué, personne ne devait savoir. Il vit le visage de Shachi s'assombrir soudainement, et cela augmenta la culpabilité qui l'envahissait déjà. Il n'aimait pas agir ainsi, mais c'était pour son propre bien et aussi pour se protéger lui-même. Il finit par le relâcher comme il le lui avait ordonné, le corps tendu, les lèvres pincées.

Finalement, son subordonné commença à s'éloigner sans un mot, se dirigeant vers la grande porte. Voila, la conversation allait s'achever ainsi, et même s'il avait justement cherché à éloigner son subordonné, Law sentit le goût de l'amertume à l'idée qu'il allait encore une fois être laissé seul à ruminer dans ses sombres pensées.

A son plus grand étonnement, la suite ne se passa pas ainsi. Le plus jeune s'arrêta à seulement quelques mètres devant la porte et se retourna, le regard chargé de reproches.

— Je sais qu'il n'est pas facile de parler de certains sujets, on a tous des sujets tabous, mais là… je ne vous croyais pas aussi lâche.

Law tiqua, nerveux et irrité, et sa langue vint claquer contre son palet en signe de mécontentement. Shachi s'étonnait lui-même de ses mots et de son audace, mais il avait ressenti le besoin de les prononcer. Ne voyant aucune réaction en face de lui, il reprit la marche, mais il fit à peine quelques pas qu'il se retrouva rudement plaqué contre le mur par un certain chirurgien au bonnet nordique qui l'assassinait du regard et qui n'avait guère apprécié la remarque.

— Tu ferais mieux de mesurer tes mots. Je reste ton capitaine, ne l'oublie pas, menaça dangereusement Law d'une voix ferme.

Que son subordonné soit énervé, il pouvait le comprendre, mais être traité de lâche, non. Il y avait des limites à son sang froid.

— Alors dites-moi, pourquoi vous n'acceptez pas ses sentiments ? insista l'autre, ignorant ses menaces.

Law fit apparaître sur son visage un sourire narquois.

— Qui te dit que je l'aime ? Arrête de raconter des conneries, affirma-t-il d'un ton railleur.

Ces mots étaient faux, ce sourire était faux, tout était faux.

Ce qu'il avait dit fut l'effet d'une baffe pour Shachi, et le poing partit automatiquement sans qu'il ne puisse l'empêcher, faisant chavirer Law quelques mètres plus loin. Il s'avança de quelques pas, il ne se contrôlait plus, son capitaine l'avait mis en rogne, tout son corps tremblait sous l'émotion. Ces mots, il se refusait à les croire, il était sûr et certain qu'il mentait, c'était évident ! Le voir nier ainsi ses sentiments l'écœurait au plus haut point, quand il voyait tous les efforts que May avait fait pour attirer son attention, avoir confiance en elle et qu'il puisse enfin la remarquer et la voir comme une femme… ça le mettait dans un état pas possible de voir son capitaine faire comme si de rien n'était et d'ignorer tous ses efforts !

Sans même attendre que Law se relève, le jeune homme attrapa une nouvelle fois ses vêtements et le secoua comme un prunier, faisant grogner l'autre.

— Je peux savoir ce qui te prend ?

— Il y a que je suis énervé par ce que vous avez fait à May, elle ne méritait pas ça ! cria-t-il

Il y eut un silence. Law comprenait parfaitement sa réaction, et lui-même se dégoûtait de ce qu'il avait fait, mais de là à ce qu'il le gifle, lui, son capitaine… !

— Ces gestes, ces regards que vous lui envoyez constamment, cette attitude que vous avez envers elle, c'est de la simple complicité, peut-être ? Ne me faites pas rire ! Vous êtes amoureux, capitaine ! Admettez-le, bordel ! lui hurla-t-il en pleine figure.

Law détourna les yeux, comme pour continuer à nier la vérité. L'irritation devenait de plus en plus grande au fil des secondes. Tout ce qu'il voulait c'était répliquer et extérioriser ses sentiments négatifs.

— Répondez, bon sang ! Qu'est-ce qu'il y a de mal à aimer quelqu'un ?!

Enragé à son tour, Law envoya un coup de poing bien placé à son subordonné qui se retrouva par terre, le visage bien amoché et le nez en sang. Ses lunettes volèrent et atterrirent brutalement sur le sol, heureusement pour lui, elles restèrent intactes. Il s'empressa de les ramasser et de les remettre sur son nez, mal à l'aise.

— Oui, je l'avoue, tu as raison, avoua finalement le jeune homme au bonnet nordique d'un ton polaire en se relevant, essuyant le sang qui coulait au coin de ses lèvres à cause du coup qu'il s'était pris juste avant. Mais ça ne change rien, je ne peux pas l'aimer ! continua-t-il en lui jetant une œillade courroucée.

— Qu'est-ce qui vous retient de le faire ?! cracha le brun avec vivacité, fonçant dans sa direction pour lui remettre un coup de poing tellement il était énervé.

D'un calme légendaire, le capitaine attrapa son poignet et plongea ses yeux dans le sien, l'arrêtant dans son geste. Shachi contrecarra avec l'autre poing que Law arriva aussi à arrêter sans trop d'effort. Désarmé, il lui envoya cette fois-ci coup de pied dans le ventre, le faisant valser un peu plus loin et lâcher un juron à cause de la douleur.

Décidemment, il n'arrivait vraiment pas à imaginer les raisons qui le poussaient à agir ainsi. Cela semblait si logique pour lui : quand on aime quelqu'un, on accepte ses sentiments et on les partage, non ? Pourquoi se prenait-il autant la tête ? Quelles raisons pouvait-il avoir pour refuser d'avancer et de se laisser aller ? En tout cas, il n'avait pas retenu ses coups, son corps lui faisait un mal de chien !

Law s'approcha de lui de quelques pas, une aura inquiétante émanant de lui. Les poings serrés et les sourcils froncés, il dominait le brun qui était encore à terre de toute sa hauteur. La tension était à son comble, il y avait comme de l'électricité dans l'air.

— Je dois tuer quelqu'un, annonça-t-il.

— Qui ?

Le silence revint, moins lourd qu'il y a quelques minutes. Plus calme, plus sérieux. Remarquant que son vis-à-vis était fatigué et ne l'attaquerait plus, il retourna à la rambarde, attrapa son nodachi et sortit la lame de son fourreau. Il l'observa avec attention. On voyait dans le reflet de celle-ci toute la détermination du chirurgien et toute la rancœur qu'il gardait tapis à l'intérieur de lui-même.

— Don Quichotte Doflamingo, avoua-t-il lentement, donnant l'impression qu'il était à l'agonie, ses sourcils se fronçant encore plus, comme si le fait de prononcer ce simple nom le dégoûtait au plus haut point.

On pouvait clairement voir de la répulsion dans ses prunelles grises et perçantes.

Shachi réfléchit. Ce nom lui disait quelque chose, il l'avait déjà entendu quelque part. Si sa mémoire était bonne, cet homme était l'un des sept Grands Corsaires, ces puissants et célèbres pirates, dirigeant ou non un équipage, qui étaient alliés au Gouvernement Mondial.

Jusqu'à maintenant il avait tout ignoré à ce sujet. La raison pour laquelle Law naviguait en mer, la raison pour laquelle il restait en vie, toutes ces choses, ils n'en avaient jamais parlé, parce que le chirurgien avait toujours esquivé la question. Lui et Penguin avait tout fait pour lui faire cracher le morceau, mais le capitaine était habile en ce qui concernait de manipuler les gens, il arrivait donc à chaque fois à changer de sujet sans même que l'un des deux s'en rende compte. Cette soudaine révélation le surprenait et atténuait sa colère. De toute façon, il lui avait collé une droite, c'était suffisant pour lui. Selon lui, le capitaine avait mérité une bonne baffe, il le la lui avait donné et lui avait fait comprendre pourquoi il était si énervé. Maintenant, il devait essayer retrouver son calme et d'être plus compréhensif.

— Cet homme… qu'est-ce qu'il vous a fait ?

— Je ne veux pas en parler.

La remarque ralluma l'animosité qui venait tout juste de s'éteindre dans le corps de Shachi

— C'est ça le problème capitaine ! Vous ne voulez jamais parler de ce qui vous tracasse ! s'indigna-t-il, exaspéré. Comment on fait, nous, après, pour vous soutenir si vous ne nous dites même pas vos problèmes ?

Cette réalité l'attristait réellement.

— Personne ne doit être impliqué, riposta le concerné après avoir rangé la lame de Kikoku, touché malgré lui par les mots de son vis-à-vis.

Un peu perdu et tourmenté par un beau mal de crâne qu'il n'avait pas vu venir, Shachi se releva et s'épousseta rapidement, enlevant également au passage le sang qui coulait depuis son nez. La prochaine fois, il tournerait cent fois la langue dans sa bouche avant de provoquer Law.

— Alors c'est ça ? Vous préférez nous mettre à l'écart ?

— Si cela peut à nouveau empêcher la mort des gens me sont chers, oui.

Le cœur de Shachi rata un battement. « à nouveau » … ? Alors le capitaine avait déjà perdu des êtres chers, lui aussi ? Il n'était pas le seul à avoir perdu de la famille ou des proches ?

Toujours près de la rambarde, Law fixait les vagues et semblait soudainement dans ses pensées. Le visage de son bienfaiteur revenait sans cesse dans son esprit, ainsi que d'autres visages qui lui étaient bien familiers. Ses lèvres tremblèrent et il serra les dents, envahi par des images désagréables qui revenaient toujours le hanter. Un hôpital. Du feu. Des cadavres qui jonchaient le sol. Les balles qui l'effleuraient alors qu'il tentait de s'enfuir… Sans qu'il ne puisse se contrôler, il commença à trembler. Sa gorge se noua et il eut l'impression qu'un étau resserrait son cœur pour le serrer le plus fort possible et le faire suffoquer.

Shachi remarqua aussitôt ses tremblements. Il alla donc avec une légère hésitation poser une main sur son épaule en un geste amical.

— Capitaine… ? lâcha-t-il, peu habitué à le voir ainsi.

Les images se dissipèrent et Law reprit ses esprits. Il lança un regard à Shachi avant de le détourner aussitôt.

— J'ai déjà perdu ce qui m'était cher dans le passé, je refuse de faire la même erreur.

Il avait l'air si fragile à cet instant.

— J'ignore ce qui est arrivé mais… vous ne pouvez pas supporter un tel fardeau tout seul, laissez-nous vous aider.

— Pour quelle raison ? l'interrogea-t-il avec un regard froid et un imperceptible froncement de sourcil.

— Parce que nous sommes amis, capitaine. Vous méritez d'être heureux, vous devriez accepter d'aimer May.

— Je ne peux pas, rétorqua-t-il d'une voix persuasive. Tant que ma vengeance ne sera pas accomplie, je refuse d'aimer qui que ce soit.

— Une vengeance est donc plus importante qu'elle ? s'informa celui à la casquette.

Le tatoué plongea ses yeux dans ceux du plus jeune, de sorte à ce que le message soit clair :

— Oui, ça l'est, confirma-t-il.

— Je ne comprends pas, en quoi l'aimer serait une mauvaise chose ?

Law soupira, reporta son attention sur le paysage, encore une fois. Il se dégageait désormais de lui une nonchalance familière ainsi qu'une grande lassitude.

— Ce n'est pas comme dans son monde. Ici, dans le nôtre, on ne peut jamais savoir ce qui va se passer le lendemain. Nous sommes des pirates, nous frôlons la mort et le danger chaque jour. Si May se fait capturer encore une fois, ou si elle me fait perdre mon objectif de vue… je ne pourrais pas me le pardonner.

— Alors rendez la plus forte, plus puissante, pour qu'elle puisse se défendre, proposa Shachi avec un léger sourire pour détendre l'atmosphère.

— C'est un risque que je ne peux pas prendre ! s'emporta son interlocuteur, ses mains se renfermant sur la rambarde à cause de l'agacement. Sa trop grande gentillesse, sa générosité, sa timidité ou encore sa sensibilité font d'elle une personne trop faible !

Il savait bien qu'il ne le pensait pas vraiment. Certes, elle n'avait pas énormément de puissance, mais sa rapidité et sa petite taille lui offraient souvent pas mal de possibilités, et puis, la puissance ne faisait pas tout chez un pirate, n'est-ce pas ? C'était surtout sa sensibilité qui lui faisait défaut. Durant les combats, malgré le masque qu'elle arborait pour ne pas paniquer, il voyait bien qu'elle avait du mal à garder la tête froide. Il était certain que parfois, May aimerait juste faire autre chose que tuer des gens et naviguer en mer, ce n'était pas une vie idéale pour une jeune fille venue de nulle part.

Inconsciemment, sa bouche s'ouvrit à nouveau pour débiter un flot de paroles qui à l'oreille de Shachi fut bien risible et surprenant :

— Elle n'est pas faite pour être pirate. Sa place n'est pas ici, elle est…, poursuivit-il avant de se taire aussitôt, ses yeux s'écarquillant.

Il se figea soudainement, comme surpris par ses propres mots. Venait-il réellement de penser qu'elle devrait être ailleurs et pas avec eux ? Que sa place était ailleurs et que ses efforts pour devenir plus forte était vain car son caractère ne collait pas avec celui qu'un pirate devrait avoir ? Non, ce n'était pas possible, n'est-ce pas ? Et pourtant… il l'avait dit.

Bien qu'il fut ahuri par ce qu'il venait d'entendre, Shachi ne fit aucune réflexion et prit le temps de penser à une réponse convenable.

— Regardez comme elle a évolué, elle peut se défendre toute seule, et si ça ne vous suffit pas, on continuera à l'entrainer, comme ça vous n'aurez pas à vous inquiéter. Tous ces traits de caractères font justement sa force, vous ne trouvez pas ? Elle peut aider les autres à sa manière. Pas avec sa force physique, mais avec sa force morale.

— Et en quoi la force morale peut être un avantage dans un monde comme celui-ci ? contrecarra-t-il, le coin de sa bouche se relevant en un sourire ironique. C'est la loi du plus fort, Shachi. C'est pas avec ses idéaux niais qu'elle va réussir à se protéger.

— Vous… vous vous cherchez des excuses pour la rejeter, balbutia-t-il, pas très sûr lui-même de ce qu'il disait.

— Enfin, soit réaliste ! Réponds-moi franchement, tu trouves qu'elle a l'étoffe d'un pirate ?

— Un pirate est-il obligé d'être une machine à tuer ? répliqua-t-il

Law souffla face à la répartie de son subordonné, alors que celui-ci s'exaspérait une nouvelle fois de l'entêtement de son capitaine, qui refusait de lâcher prise et de penser autrement.

— Un pirate n'est pas forcément quelqu'un qui peut tuer plein de gens, vous savez, continua-t-il plus doucement. N'est-ce pas avant tout quelqu'un qui recherche la liberté ? N'est-ce pas pour cette raison que nous sommes ici aujourd'hui ?

Seul un haussement d'épaules lui répondit. Le jeune homme au Sweat jaune l'écoutait, mais ne savait pas quoi riposter face à ses arguments.

— Elle a même réussi à vous changer, capitaine.

Il avait raison, et c'était ça le problème.

— Justement, je ne veux pas changer. Si je change, je finirai par perdre mon but et ma propre raison de vivre. Je dois tuer cet homme, je refuse de mourir avant de l'avoir fait.

— … Il y a autre chose, n'est-ce pas ?

Law hocha la tête en guise de réponse positive.

— Un jour ou l'autre, elle voudra retourner dans son monde, c'est inévitable et, au fond, sa place est là-bas.

Il y pensait depuis pas mal de temps maintenant, et plus les jours passaient, plus il avait peur que cela soit réel. May voudrait un jour retourner dans son monde, c'était inéluctable, peu importe à quel point elle se sentirait bien ici, ses parents devaient lui manquer et ses amis aussi. A quoi bon commencer une histoire tout en sachant que celle-ci devra mal se terminer ?

— Vous l'aimez oui ou non ?

Le Chirurgien de La Mort ouvrit la bouche, lança une œillade contrariée à Shachi et referma la bouche, avant de détourner les yeux et de laisser planer quelques secondes de silence, ou seul le souffle du vent se fit entendre, faisant virevolter leurs cheveux.

— Oui.

— Alors pour une fois capitaine, écoutez votre cœur, au lieu d'écouter votre tête.

— Si c'était si facile…, lâcha-t-il avec une pointe d'ironie.

Shachi fut rassuré, le ton ironique de son capitaine montrait qu'il était redevenu lui-même, non pas qu'il avait été jusque là une autre personne, mais inconsciemment, ça le rassurait un peu quand même, ça prouvait qu'il reprenait du poil de la bête et ne se laissait plus toucher par la tristesse qui l'envahissait. En tout cas, il était désormais entièrement pardonné, cette discussion lui avait permis de mieux le comprendre, malgré sa discrétion sur certains sujets.

Il posa ses deux coudes sur la rambarde, tournant le dos à la mer et à sa tranquillité. Il ferma les yeux et profita un instant du calme, de cette ambiance qui était plus légère, plus agréable

— Ça peut l'être, mais vous vous prenez trop la tête avec vos questions. Faites juste ce que vous avez envie de faire, arrêtez de penser au futur, profitez un peu du présent.

— Je vais y réfléchir.

— Vous avez intérêt ! s'égosilla-t-il.

Les lèvres de Law s'ouvrirent pour laisser passer un rire, faible certes, mais bel et bien un rire, sincère et spontané.

— Qu'est-ce qu'il y a de drôle ? se renseigna le brun en croisant les bras, l'ayant entendu.

Law cessa de rire, et laissa un sourire amusé fleurir sur son visage qui semblait bien plus détendu qu'il y a une heure.

— Voir mon propre subordonné me faire des reproches… je ne pensais pas que ça arriverait un jour, plaisanta-t-il

— Vous allez me vexer.

Quelque chose avait changé entre eux, ils le savaient tous les deux.

— Tu as bien grandi, depuis que l'on s'est rencontré, avoua-t-il après avoir planté ses yeux dans les siens.

Dans un premier temps, Shachi eut envie de secouer à nouveau Law comme un prunier pour lui demander de répéter car il pensait avoir mal entendu tant il ne s'y attendait pas, puis, pensant que ce serait une mauvaise idée, il décida de faire de l'humour à son tour :

— Et maintenant vous me faites des compliments ? Reprenez-vous, capitaine ! lâcha-t-il entre deux éclats de rire.

— Par contre, vu que tu as l'air de t'être remis de ta blessure de l'autre jour, tu pourras bien faire une semaine de ménage pour violence physique envers ton capitaine.

— Quoi ? Mais… ! Vous savez, mon épaule n'est pas encore totalement guérie…, dit-il en se tenant celle-ci et en faisant apparaître un rictus sur son visage. Aïe, aïe, j'ai si mal… !

Même un enfant pouvait voir qu'il mentait, et s'il y avait bien une personne qui était difficile à duper, c'était bien Trafalgar Law. Celui-ci lui envoya alors un regard noir pour lui faire comprendre qu'il n'était pas con.

— D'accord, d'accord, je ferai le ménage ! céda-t-il en voyant son regard de vilain méchant pas beau.

Il devait être tard, il ignorait depuis combien de temps ils parlaient, mais en tout cas il se sentait mieux maintenant. Avoir évacué cette colère lui avait fait énormément de bien ! S'étirant les bras, Shachi décida qu'il était temps de laisser son capitaine et d'aller se coucher. Il lui souhaita donc une bonne nuit et pivota sur ses talons, se dirigeant vers la lourde porte. Sa main venait de toucher la poignée lorsqu'une voix résonna derrière lui :

— Je ne peux rien promettre, mais je vais essayer de ne plus fuir à l'avenir, sur les sujets tabous.

La voix avait été neutre, mais l'intention y était. Shachi savait que son capitaine faisait des efforts.

— Prenez tout votre temps, il n'y a rien d'urgent. Par contre, vous devrez lui faire des excuses, et promettez moi de ne plus lui faire ce genre de chose.

Law ne répondit pas. Shachi eut un sourire amusé, peu importe à quel point son capitaine pourrait changer grâce à May, il resterait toujours le même au fond de lui, n'est-ce pas ? Tant mieux, il voulait que celui qui l'ait sauvé quelques années auparavant reste le même.

Il allait donc partir, lorsqu'une idée un peu farfelue lui traversa l'esprit.

— Dites…

— Hm ?

— Je peux faire le tour de garde avec vous ? Je ne suis pas fatigué, quémanda-t-il un peu timidement.

— Juste pour cette fois, alors, et que ça ne devienne pas une habitude, dit-il, sarcastique.

Tout content, le brun à lunettes le rejoignit aussitôt en courant d'un air guilleret.

— Tu as un beau bleu sur ta joue droite, ça te va à merveille, ne put-il s'empêcher de lancer, moqueur.

— A qui la faute ? marmonna celui à la casquette. J'ai mal à cause de vous, vous n'avez pas perdu en puissance.

— Je ne te savais pas si pleurnichard, se moqua ouvertement le chirurgien, retrouvant son fameux sourire fourbe qui le caractérisait tellement bien.

— Désolé, je me suis emporté, mais comprenez aussi que vous aviez dépassé les limites.

Law perdit brutalement son sourire et observa le ciel.

— Je le sais, je n'ai pas réussi à contrôler ma frustration, et résultat, je l'ai encore blessée, répondit-il, son visage ne montrant que de l'indifférence, bien qu'il était toujours déchiré par cette même culpabilité.

— C'est aussi de ma faute, c'est moi qui lui ai dit de faire ce jeu d'amoureux, pour vous rendre jaloux.

— Tu as toujours des plans aussi foireux, à ce que je vois.

— Vous avez fini de vous moquer de moi ?

Ah, qu'il adorait embêter ses hommes. Au début, Law pensait qu'il aimait juste taquiner May, mais en fait, c'était comme ça avec toutes les personnes qu'il appréciait.

— Elle finira par vous pardonner, mais il lui faudra du temps, vous l'avez choquée, et moi aussi un peu, je dois l'avouer. En tout cas, vous devez prendre une décision : à force de mettre de la distance puis de faire comme si de rien n'était, vous allez vous détruire.

— C'est ce que je vais faire.

— C'est bon pour la punition alors ? Vous pouvez me la retirer vu que je suis un bon conseiller ? demanda-t-il avec un énorme sourire radieux qui pourrait faire rougir de jalousie n'importe quel dépressif.

Il regretta aussitôt ses mots et se plaignit lorsque son vis-à-vis lui tapa légèrement le crane à l'aide du fourreau de Kikoku.

— Je croyais qu'un subordonné devait exécuter les ordres sans rechigner ? affirma le capitaine, les yeux allumés par une faible lueur joueuse.

— Mais je ne suis pas n'importe quel subordonné ! se vanta le brun qui se massait la tête et riait légèrement.

Les lèvres de Law s'élargir en un sourire sincère et amusé.

— Sur ce coup-là, je dois bien admettre que oui.

La conversation s'arrêta là. Ensemble, ils fixèrent l'horizon, des rêves plein la tête. Cette nuit-là, seule la lune avait pu être spectatrice du lien qui venait de se renforcer et de marquer un tournant dans leur relation de capitaine à subordonné, et avant tout d'ami à d'ami.

Law pensait qu'en se confiant, même un tout petit peu, il ne se passerait rien, mais il avait eu tort.

A présent, son cœur était plus léger. Il regarda son subordonné. Finalement, ce fardeau, il acceptait de le partager avec quelqu'un.

Et ce n'était pas si mal, en fait.

Le lendemain matin, lorsqu'ils se retrouvèrent par hasard dans la cuisine avec Bepo, celui-ci remarqua qu'ils avaient tous les deux le visage égratigné. Il ne put donc s'empêcher de poser la question de sa petite bouille trop mignonne :

— Désolée mais… qu'est-ce qui vous est arrivé, à vous deux ?

— Oh, on a juste eu une petite conversation, pas vrai capitaine ? répliqua innocemment Shachi en lui lançant une œillade pleine de sous-entendus.

— Exactement.

Ils se lancèrent un regard, complices. Bepo pencha la tête avec un air interrogatif. Pourquoi avait-il l'impression d'avoir raté quelque chose ?

[…]

Les jours défilèrent, calmes, dénués de toute vie. Shachi, Penguin et Bepo faisaient leur travail, tandis que Law et May passaient la plupart de leur temps dans leur chambre. Le brun avait plusieurs fois rendu visite à la jeune fille pour essayer de lui parler, mais celle-ci s'était soudainement renfermée sur elle-même et refusait même de voir du monde. Ça les inquiétait tous, il ne savait pas quoi répondre lorsque Ban, Shad et Walter venaient lui demander sans arrière pensée comment elle allait.

Law, lui, restait dans sa chambre à réfléchir. Il parlait peu, était assez souvent dans la lune et ne mangeait pas à leurs côtés. Il se contentait de donner quelques ordres par-ci par-là sans grande volonté, et ses nuits étaient très courtes, durant lesquelles il pensait, encore et encore, à la décision qu'il allait prendre et qui serait décisive : accepter les sentiments de May, ou se refuser définitivement à un quelconque changement dans leur relation. La conversation qu'il avait eu avec Shachi lui avait permis de mieux comprendre et d'y voir plus clair, mais pour autant, ça ne changeait en rien le principal problème : la vengeance ou May ? Pour lui, l'un des deux devait être choisi, il ne pouvait pas faire les deux en même temps. Il était sûr et certain qu'en étant avec la lycéenne, il finirait par perdre son objectif de vue, il n'arrivait pas à se dire qu'il pouvait être heureux avec elle et poursuivre son but en même temps, à savoir tuer Doflamingo.

Autant dire que les journées étaient monotones. L'ambiance n'était plus la même sans le capitaine et sans la jeune fille. Un vide se faisait sentir, vide qu'ils essayaient de combler avec un enthousiasme feint et des blagues lancées par-ci par-là, mais au fond, ils savaient qu'il manquait quelque chose.

Assise sur le lit, May lâcha un soupir et replia ses jambes contre elle, le dos collé au mur et la tête enfouie dans ses bras. La pièce était plongée dans le noir, seule la porte laissait traverser un faisceau de lumière qui venait du couloir. La musique qui s'échappait des écouteurs qu'elle avait dans les oreilles était apaisante, avec une pointe de tristesse qui traduisait son humeur du moment. Une bulle invisible s'était créée autour d'elle, enfermée dans son propre monde, elle avait coupé toute communication avec les autres. Ses yeux, vides, étaient devenus rouge à force de pleurer, ses cheveux étaient emmêlés, le suçon était encore présent sur sa peau marqué par ce qui lui était arrivé, sa gorge était nouée, son cœur, lui, était brisé. La peur lui prenait les tripes. Les seuls moments où elle sortait, c'était lorsque tout le monde dormait. Elle allait dans la cuisine, prenait quelques morceaux de brioche et se renfermait tout de suite dans sa chambre sans un mot de prononcé.

Terrifiée, elle l'était. Depuis l'incident, elle refusait de sortir, de peur de croiser le capitaine. L'idée de le voir l'angoissait et l'inquiétait terriblement, depuis l'incident. Shachi était déjà venu la voir plusieurs fois, sans trop de succès. Penguin aussi avait essayé, en vain. Ce n'était pas qu'elle ne voulait pas le voir, mais elle avait besoin de réfléchir à tout ça. Depuis qu'elle s'était réveillée le lendemain de l'incident, ce n'était plus pareil, quelque chose avait changé. Elle ne voulait plus affronter le monde extérieur. Elle ne savait pas si elle pouvait appeler ça un traumatisme, mais ça y ressemblait. Law ne l'avait pas non plus violée, mais la violence dont il avait fait preuve l'avait profondément choquée, ce moment-là, elle ne parviendrait jamais à l'oublier. Elle se hurlait de se bouger, de sortir et d'aller voir du monde pour arrêter d'inquiéter les autres, mais ses jambes tremblaient et refusaient de bouger. Alors elle restait là, entourée par les ténèbres et la solitude.

— Papa et maman… ils me manquent, murmura-t-elle d'une voix enrouée.

Depuis combien de temps était-elle dans ce monde ? Environ un mois et demi, si le compte était exact. Au quotidien, ça ne posait pas trop de problèmes, elle arrivait à ne pas y penser à l'aide de ses amis et de ses aventures, mais lorsque ça allait mal, comme maintenant, elle ne pouvait que désirer les revoir. Un mois et demi sans amour parental, sans ses tomes de manga, sans son ordinateur, c'était difficile.

Soudainement, quelqu'un toqua à la porte. May sursauta mais resta sur le lit, silencieuse.

— May, c'est Shachi, déclara la voix de l'autre côté, douce. Je suis venu te parler, je peux entrer ?

Les lèvres de la concernée restèrent serrées, se refusant à émettre le moindre son qui témoignerait de sa présence.

— Je sais que tu es là, poursuivit-il en voyant qu'elle ne répondait pas. Tu es dans cet état depuis plusieurs jours, il faut que ça cesse… On s'inquiète pour toi.

Aucune réponse. Exaspéré, Shachi tapa une nouvelle fois contre la porte, en vain. Combien de temps encore resterait-elle ainsi, coupée du monde ? Ce n'était pas une solution, juste un moyen de fuir, rien ne se résoudrait de cette façon. Si ça continuait, on allait devoir lui donner le titre « D'Ange Gardien qui amène la paix dans le monde », à force de jouer le subordonné qui écoute attentivement son capitaine et le grand frère réconfortant.

— Ecoute, il faut vraiment que tu m'ouvres. Je ne sais même pas dans quel état tu es, et le capitaine est comme toi, il passe tout son temps dans sa chambre. Vous nous inquiétez beaucoup tous les deux. J'ignore ce qui te fait peur, mais s'il te plaît, ouvre… Laisse-moi t'aider.

Il était décidemment très tenace. Finalement, elle se décida à parler, sachant qu'il ne lâcherait pas le morceau :

— Attends deux minutes… je… j'arrive.

Satisfait, le brun eut un léger sourire victorieux et s'écarta un peu. Telle une limace, la lycéenne se leva lentement de son lit après avoir enlevé ses écouteurs. Elle marcha lentement en direction de la porte et ouvrit celle-ci, laissant apparaître la silhouette de Shachi. Il était heureux de la voir enfin, même si sa tête était déplorable et faisait vraiment peine à voir : elle était pâle et des cernes étaient visibles sous ses yeux rougis.

— T'as vraiment une sale tête, commenta-t-il spontanément, avant de se mettre une baffe mentale pour son manque de délicatesse et de classe dans son entrée en matière.

La remarque eut au moins l'effet de lui arracher un sourire. Avant d'aborder les choses sérieuses, il voulait au moins la voir rire. Il continua donc sur sa lancée :

— Je peux te mettre un scotch sur les deux côtés de ta bouche pour que tu gardes le sourire ?

— Même pas en rêve, riposta-t-elle, amusée malgré elle par l'humour de son ami.

Elle s'écarta pour le laisser entrer, il s'exécuta et se hâta d'ouvrir le hublot pour laisser l'air frais entrer dans la chambre poussiéreuse qui aurait bien besoin d'un petit coup de balais.

— Ça sent le pourri ici, c'est même pire que l'odeur qui se dégageait du repas que tu nous avais fait, avec la viande bizarre et tout ! s'exclama-t-il en se bouchant le nez, lui donnant une voix nasillarde.

— Il était pourtant très bon, mon repas, se défendit-elle en faisant la moue, boudeuse.

— Tu parles ! Si tu avais voulu nous tué dès le départ, c'était réussi !

Le rire doux et spontané de la jeune fille résonna dans la pièce entière.

— Tu es vraiment trop drôle, avoua-t-elle.

Ah, qu'il aimait cette expression là sur son visage, ainsi que ce sourire agréable qu'elle arborait, ce regard rempli de tendresse et cette joie de vivre naturelle qui émanait d'elle. Il s'approcha d'elle et coinça une mèche rebelle derrière son oreille avant de la fixer intensément. Le remarquant, elle haussa un sourcil et l'interrogea, un peu mal à l'aise :

— Qu'est-ce qu'il y a ?

— Tu as ri, expliqua-t-il simplement, heureux de la voir ainsi.

Le fait que ses joues se colorèrent de rouge juste après lui donna envie de la taquiner encore plus, mais il se retint. Embarrassée, la lycéenne lui tapa légèrement les côtés et alla s'asseoir sur son lit douillet. Shachi tira la chaise qui était devant le bureau et la posa devant le lit de la lycéenne avant de prendre place et d'arborer un air un peu plus sérieux. Bien que la conversation ait commencé de manière agréable, May se doutait en voyant l'expression de son visage qu'il voulait parler de quelque chose en particulier.

Quelque chose qui allait lui faire mal.

Il leva les yeux et aperçut le suçon que lui avait fait Law, au niveau du cou. Ses yeux s'écarquillèrent alors avec stupéfaction et une lueur s'alluma dans ses yeux. Malgré les lunettes qui cachaient une grande partie de son regard, May sentait la pression qu'exerçait ce regard à cet endroit précis de son corps. Gênée, elle replaça ses cheveux correctement pour cacher le suçon qui était la preuve même de l'incident d'il y a quelques jours.

Les mains sur les jambes, Shachi serra les poings et baissa la tête.

— Pardon, souffla-t-il, honteux. Si à ce moment-là je ne t'avais pas proposé ce jeu… Tu…

Il se tut lorsque les mains frêles de la jeune fille attrapèrent son visage pour le relever, lui permettant de voir ses yeux azurés qui reflétaient toute la tristesse qu'elle ressentait.

— Tu n'as pas à t'excuser, ce n'est pas de ta faute, répondit-elle tendrement. J'aurai dû abandonner dès le départ et ne pas me montrer si entêtée.

— Si, je suis fautif, insista-t-il en fronçant les sourcils. Quand je pense qu'il… qu'il t'a fait du mal… ça me…

Elle le fit taire une deuxième fois en entourant ses épaules de ses bras pour un câlin amical. Certes, si Shachi n'avait pas proposé ce plan, peut-être que l'incident ne serait pas arrivé, mais elle avait sa part de responsabilité, et il émanait de lui tant de chagrin qu'elle ne pouvait même pas lui en vouloir.

— Ça va aller, maintenant, assura-t-elle doucement. Tout va s'arranger, alors arrête de te blâmer, s'il te plaît…

Touché par la gentillesse de son amie, le brun la serra fortement contre elle. Il savait que ces paroles n'étaient qu'illusion, c'était le même genre de paroles risibles que l'on prononçait lorsque quelqu'un n'allait pas bien. « Ça va aller » ; « Ça va s'arranger » … Comment pouvait-on le savoir, que tout allait rentrer dans l'ordre ? N'était-ce pas un autre moyen de fuir et d'éviter d'affronter la réalité ?

— J'ai eu une conversation avec lui, annonça-t-il après un moment d'hésitation. J'étais dans une colère noire, j'ai même fini par le frapper, ajouta-t-il en riant faiblement.

May s'écarta et remarqua qu'en effet, son visage était amoché.

— Vous vous êtes battus… ? l'interrogea-t-elle en touchant du dos de sa main les égratignures.

— Ouais, et il s'est plutôt bien défendu. Il est toujours aussi fort.

— Alors, c'est parce que tu as voulu me défendre que tu as mal ?

Son regard s'était voilé, elle n'avait pas voulu mêler Shachi à ça.

— Eh, lâcha-t-il en posant une main sous son menton pour qu'elle le regarde. Tu n'y es pour rien, j'avais d'autres raisons pour être en colère, dit-il pour la réconforter.

Elle hocha la tête pour lui faire remarquer qu'elle avait compris.

— De quoi avez-vous parlé ?

— J'ai réussi à lui tirer un peu les vers du nez, expliqua-t-il. J'en suis vraiment sûr et certain : il t'aime, May.

Le visage de la concernée s'assombrit. Ces mots, elle les haïssait.

— Ne redit plus ça, s'il te plaît. Je ne veux plus courir après une illusion, dit-elle un peu plus froidement qu'elle ne l'avait voulu.

— C'est pourtant la vérité, insista-il tout de même, faisant abstraction du ton qu'elle venait d'employer car il comprenait qu'elle puisse être de mauvaise humeur. Ecoute, il est tiraillé entre toi et quelque chose qui le concerne, c'est pour ça qu'il n'a jamais été très clair avec toi au niveau de ses sentiments.

— Quelle chose ? quémanda-t-elle en haussant un sourcil.

— Je ne peux pas en dire plus. Tu comprends je respecte le capitaine, je préfèrerais qu'il te le dise lui-même.

La lycéenne soupira et se leva, faisant le tour de la pièce. Elle s'arrêta devant le bureau et y fit glisser son index, recueillant la poussière qui s'y était posée, avant de souffler dessus et de s'essuyer à l'aide de sa tunique rose.

— C'est dur pour lui aussi, tu sais. Quand je l'ai vu, il n'avait vraiment pas l'air d'aller bien.

Elle haussa les épaules.

— Il doit surtout se demander ce qu'il va faire cette fois pour me faire souffrir encore plus, lâcha-t-elle avec une pointe d'ironie, alors qu'un sourire méprisant naquit sur ses lèvres.

La stupéfaction la submergea lorsque Shachi se plaça devant elle et attrapa ses épaules avec un très grand sérieux.

— Je te raconte pas de connerie, May, déclara-t-il d'un ton ferme. Law s'en veut vraiment de ce qu'il t'a fait. Il aimerait vraiment pouvoir répondre à tes sentiments mais selon lui tant que sa vengeance ne sera pas faite, il ne pourra pas.

— Sa vengeance ? Quelle vengeance ? répéta-t-elle en fronçant les sourcils.

Le jeune homme plaqua ses mains sur sa bouche. Merde. Il avait gaffé.

— Ne lui dit surtout pas que je t'en ai parlé, il va me tuer sinon ! s'écria-t-il en agitant ses mains devant lui, paniqué.

— Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? se renseigna-t-elle à nouveau, ignorant son commentaire.

— Fait comme si tu n'avais rien entendu, d'accord ? tenta le jeune homme.

— Je veux savoir Shachi, c'est important ! s'exclama-t-elle en faisant un pas vers lui, alertée.

Ce dernier enleva sa casquette de sa main droite et s'ébouriffa les cheveux de l'autre, exaspéré. Comment empirer la situation par Shachi, chapitre un. Il souffla et incita la lycéenne à se rassoir, ce qu'elle fit. Il évitait son regard, comme si le fait de parler de cette histoire le dérangeait, comme s'il trahissait la confiance de son capitaine.

— Il… Il doit tuer quelqu'un, avoua-t-il difficilement. Et il considère que… tant qu'il ne l'aura pas fait, il pourra pas t'aimer, en gros.

— Pourquoi ?

Il se tut, douteux. Lui en parler ne serait pas forcément une bonne idée. Voyant son silence, May dit vivement :

— Shachi, j'ai besoin de savoir.

Il garda la bouche fermée, hésitant.

— S'il te plaît…, demanda-t-elle d'un ton suppliant.

Il souffla à nouveau. Il ne pouvait que céder face à cet air de chien battu.

— Très bien. En fait… le capitaine pense que… tu pourrais nuire à son objectif.

Elle se figea. Qu'est-ce que ça signifiait ?

— Comment le pourrais-je… ? murmura-t-elle.

— Il pense qu'en acceptant tes sentiments et en vivant quoi que ce soit avec toi, il finirait par perdre de vue cette vengeance qui lui tient à cœur, ou quelque chose comme ça.

— Donc, pour lui je suis un obstacle, un fardeau ?

— Je… je n'irai pas jusque là, bredouilla-t-il, gêné.

Elle plissa les yeux face à l'expression qui était inscrite sur son visage.

— Tu en doutes.

Mal à l'aise par le comportement de son amie, il commença à se dandiner sur sa chaise pour exprimer cet embarras.

— Il t'a dit autre chose, n'est-ce pas ?

Peu rassuré face au regard de May qui le sondait d'une manière qu'il ne lui connaissait pas, il baissa les yeux.

— Hm, lâcha-t-il en hochant la tête. J'aimerais vraiment que ce soit lui qui t'en parles, ce n'est pas à moi de le faire.

— Je vois… merci quand même.

Alors c'était ça, Law avait un objectif et considérait que ses sentiments étaient un obstacle pour le réaliser. Elle était terriblement déçue. Elle avait l'impression d'être prise pour une idiote. Depuis le début il niait ses sentiments alors qu'il les avait, tout ça pour une vengeance dont il ne lui avait même pas parlé. Elle comprenait qu'il était difficile pour lui d'aborder le sujet, mais pourquoi nier ses sentiments pour autant ? Il aurait très bien pu lui expliquer la situation. Elle aurait été blessée, mais elle aurait su pourquoi elle était rejetée. Là, elle avait été obligée de l'apprendre par Shachi. Law avait-il donc si peu confiance en elle ? Avait-il peur d'être jugé ? Un fardeau, voila ce qu'elle était. Parce qu'elle ne savait pas se défendre dans ce monde cruel, Law mettait la patte dans l'eau avant de remettre de la distance entre eux. Au final, malgré les efforts qu'elle avait fait, elle restait à ses yeux une personne trop faible qui avait besoin d'être protégée, et plutôt que d'essayer d'améliorer ça, il préférait ne rien essayer du tout, comme si le résultat serait obligatoirement négatif.

Le problème restait au fond le même : Law ne lui avait jusqu'à maintenant donné aucune réponse définitive et honnête, son comportement allait d'une extrême à l'autre et la laissait dans le noir complet. Non, ce n'était pas possible, Law ne l'aimait pas. Ça ne pouvait pas être vrai. Ça devait juste être une bonne blague. Elle se refusait à y croire, elle avait assez couru après cette illusion !

— Tu te trompes, Shachi. Il ne m'aime pas, et ce qu'il m'a fait… je suis sûr qu'il ne le regrette même pas, déclara-t-elle.

— C'est toi qui a tort, là ! renchérit-il aussitôt pour la convaincre. Il culpabilise énormément, il suffit de voir sa tête pour le comprendre ! Pour l'histoire de la vengeance, je peux comprendre ton énervement, mais pour ce qu'il s'est passé il y a quelques jours, tu pourrais essayer de lui pardonner.

— Je ne te crois pas ! s'écria-t-elle en secouant la tête.

Shachi était exaspéré, elle se comportait presque comme le capitaine !

— Mais enfin, tu vas pas faire ta têtue, toi aussi ?

Elle n'arrivait pas à y voir clair, tout se chamboulait dans sa tête. Pourquoi était-ce si compliqué ? Le désespoir l'envahissait tel un raz de marée, ainsi qu'une grande colère.

— S'il considérait vraiment sa vengeance comme quelque chose de plus important, pourquoi il s'éloignerait pour finalement revenir vers moi ? Il ne fait que ça depuis des semaines ! cria-t-elle.

— Parce qu'il est indécis, voilà tout, riposta Shachi, gardant son sang-froid face à elle.

— Et c'est ça le problème ! Il ne sait pas ce qu'il veut ! Tu n'as toujours pas compris ? Il s'en fout de moi, il s'en fout ! Je suis peut-être un pirate, mais je reste avant tout une humaine ! Et la façon dont il me traite, ce n'est pas humain !

Elle commençait à s'agiter dans tous les sens, un peu comme lors de son traumatisme au sujet du marine qu'elle avait tué. Ses gestes étaient nerveux, violents. Elle était vraiment en train de faire une crise de nerfs. Voyant son état, il lui attrapa les poignets.

— Calme-toi !

Ignorant son ordre, elle continua de crier ses plaintes et ses pensées :

— Même s'il est gentil de temps en temps, même s'il a des gestes ambigus, Law ne me considéreras jamais comme autre chose qu'un jouet avec lequel il croit pouvoir changer de comportement sans aucune conséquence ! J'en peux plus, tout ça… ça me fait mourir à petit feu ! Entendre son nom me fait mal, penser à lui me fait mal, IL me fait mal !

Et pour au moins la troisième fois de la journée, elle fondit en larmes dans ses bras, sans aucune retenue. Shachi ne trouva cette fois-ci rien à dire, il avait fait de son mieux pour arranger les choses, c'était maintenant à Law de prendre sa décision et de pouvoir enfin donner la possibilité à la jeune fille de tourner la page. Il avait les cartes en main, à lui de savoir de quelle manière il allait s'en servir. Ce que le brun à lunettes ignorait, était que le capitaine avait entendu la dernière réplique de May. Dos au mur du couloir, juste à côté de la chambre, les bras croisés, les yeux fermés et la tête baissé, le Chirurgien de La Mort avait été spectateur de la souffrance de celle qu'il aimait. Les derniers mots qu'elle avait employés résonnaient en boucle dans sa tête comme un poison venimeux, et même s'il n'avait pas vu l'expression qu'elle arborait lorsqu'elle les avait prononcés, Law l'imaginait très bien : sa mâchoire serrée, ses mains moites et tremblantes, son regard azuré désespéré et perdu. Oui, May avait mal.

N'ayant pas besoin d'en entendre plus, il se décolla du mur et s'éloigna d'un pas feutré.

Sa décision était prise.

[…]

Les heures s'écoulèrent. Shachi avait fini par laisser May pour retourner travailler. Celle-ci était allée faire un tour dans la cuisine en espérant ne croiser personne, ce qui avait été le cas, et était ensuite retournée dans sa chambre pour continuer à réfléchir. Entre la vengeance de Law, les sentiments et le reste, elle était complètement perdue. Pourquoi Law ne lui avait pas dit dès le début qu'il avait quelque chose à accomplir et qu'avant cela il ne pourrait pas répondre à ses sentiments ? Pourquoi avait-il préféré les nier ? Cela mettait le doute dans son esprit, elle continuait à penser que Shachi se trompait. De toute façon, que pouvait-elle penser d'autre ? Law passait son temps à remettre de la distance entre eux, avant de revenir aussi brusquement qu'il s'était éloigné. Comment pouvait-elle avoir les idées claires ?

On frappa à la porte. May alla ouvrir, se demandant si c'était le brun qui avait oublié quelque chose, et son cœur rata un battement lorsqu'elle vit Law. Instinctivement, la scène d'il y a quelques jours apparut dans son esprit et, alors qu'il s'avançait pour entrer et pouvoir parler tranquillement, elle lui claqua la porte au nez, littéralement. Réprimant un juron, le jeune homme attrapa son nez endoloris et grinça des dents.

J'avais imaginé toutes les situations possibles, sauf celle-là, pensa-t-il en soupirant, agacé.

Après le chapitre un de Shachi « comment empirer la situation », il y avait maintenant le chapitre de Law « comment bien commencer une conversation polie. »

Collée à la porte, May essayait de calmer les battements de son cœur. Après des heures à réfléchir, voila qu'il était désormais devant elle. Comment devait-elle réagir ? Elle l'ignorait. La colère qui s'était éteint en elle après avoir crié auprès de Shachi se ralluma alors, et elle sentit un mal de crâne se pointer. Elle était tellement énervée contre lui ! Elle avait juste envie de le chopper par son sweat et de lui remettre une gifle, avant de prendre sa chaise et, avec, de le forcer à aller ailleurs avec des coups dans le derrière ! Rien que de voir sa tête… ça l'étouffait !

Elle entendit sa voix graver résonner de l'autre côté.

— Faut qu'on parle, miss, annonça-t-il sérieusement.

— Et qui te dit que MOI, j'ai envie de te parler ? riposta-t-elle aussitôt d'un ton acide, les bras croisés contre sa poitrine. Qui me dit que tu ne vas pas me refaire du mal, comme la dernière fois ?

Il lui sembla qu'un « s'il te plait » de la part de Law se fit entendre, mais elle n'arriva pas à savoir si c'était son imagination ou non.

De toute façon, elle allait devoir un jour ou l'autre lui adresser la parole, non ? C'était inévitable, même si elle n'en avait vraiment pas envie.

Soupirant, elle posa la main sur la poigné et ouvrit légèrement la porte, hésitante. Law apparut alors dans son champ de vision, et elle remarqua que quelque chose chez lui avait changé. Elle ne savait pas si c'était la lueur de mélancolie qui brillait dans ses prunelles, ses horribles cernes, son bonnet qui était de travers ou encore ses épaules affaissées qui lui donnaient cet effet-là, mais elle avait presque pitié pour lui. Il émanait de lui une si grande tristesse, qu'elle fut presque prise par les regrets.

Il commença à entrer et elle recula aussitôt de quelques pas, légèrement apeurée. Il pouvait avoir l'air aussi pitoyable qu'il le voulait, cela ne l'empêcherait pas d'oublier ce qu'il lui avait fait. Ayant remarqué son recul, Law sentit son cœur se serrer mais ne fit aucun commentaire à ce sujet, il comprenait sa réaction, elle était parfaitement normale. May commença à observer le ciel à travers le hublot, les bras toujours repliés contre sa poitrine, alors qu'un silence pesant s'installait. Au bout d'une dizaine de secondes, elle finit par lui demander la raison de sa venue :

— Alors ? Tu viens me faire des excuses ? quémanda-t-elle, sa voix restant neutre et son visage impassible.

Elle était presque cruelle d'enfoncer le couteau dans la plaie, alors que ça se voyait qu'il s'en voulait, mais elle ne pouvait pas y résister. Elle désirait qu'il ressente toute la souffrance qu'elle-même avait ressenti ses derniers temps. Elle était vraiment rancunière quand il s'agissait de lui.

Law ne savait pas vraiment comment agir. Il était assez confus. Il était venu pour lui dire quelque chose d'important, la décision qu'il avait prise. Pourtant, il ne savait pas vraiment pas ou commencer, après ce qu'il s'était passé. Son orgueil lui soufflait de ne pas s'excuser, et pourtant, il aimerait bien le faire.

— Je n'ai jamais voulu te faire du mal, déclara-t-il sérieusement.

Il ignorait si le rire qui s'échappa des lèvres de la lycéenne était un bon présage ou non. Vu l'expression qu'elle arborait, c'était plutôt mauvaise signe.

— Je ne savais pas que tu pouvais faire de l'humour, répliqua-t-elle, ironique.

La remarque fut comme une douche froide pour le capitaine qui s'efforça à garder son sang froid.

— Je suis sincère, assura Law en s'avança d'un pas vers elle. Je n'ai jamais…

La lycéenne, qui avait senti qu'il s'approchait, plaça sa main devant elle en guise de protection, les sourcils froncés.

— Ne t'approche pas ! s'écria-t-elle vivement.

Il se figea et s'arrêta, la mâchoire et les poings serrés, à nouveau envahi par cette frustration qui était devenue familière. Il avait tellement envie de la serrer contre elle et de s'excuser.

— Je ne sais pas ce qui m'a pris ce jour-là, mais je ne l'ai jamais voulu.

May plongea ses yeux azurés dans les siens, qui pouvaient se caractériser par une mer d'acier. Elle l'observa de haut en bas durant un instant. Il semblait vraiment regretter son geste. Cette constatation atténua légèrement sa colère et elle se demanda même si elle devait lui pardonner ou non. Peut-être le pouvait-elle, après tout…

— Très bien, affirma-t-elle, avant de continuer en voyant la lueur qui s'était allumée dans les yeux de son interlocuteur : mais ne pense pas que je vais te pardonner facilement, il me faudra du temps, beaucoup de temps.

Il hocha la tête, compréhensif. Il était tout de même heureux de voir qu'elle ferait peut-être un effort pour le pardonner.

La jeune fille soupira. Il serait peut-être temps qu'ils se comportement comme des adultes capable d'avoir une conversation sérieuse. Ils devaient faire une mise au point. Peu importe l'issue, peu importe le résultat, May voulait juste y voir plus clair. Elle tira alors la chaise et la posa au centre de la pièce après être passé à côté du jeune homme en retenant un frisson, puis, lentement, elle alla s'asseoir sur son lit et lui lança une œillade qui montrait qu'elle était sérieuse.

— On pourrait peut-être essayer de parler calmement et de faire une mise au point ? proposa-t-elle en l'incitant à s'asseoir.

Elle en avait marre de s'énerver contre lui, elle voulait comprendre, point. Law approuva d'un signe de tête et alla s'asseoir, une jambe par-dessus l'autre. May réfléchit aux mots qu'elle allait employer. Elle voulait lui demander clairement s'il l'aimait ou non et avoir enfin une réponse, ainsi, elle pourrait passer à autre chose, au lieu de continuer à se prendre la tête, mais elle avait peur qu'il fuie à nouveau.

Finalement, elle décida de se jeter à l'eau :

— J'aimerais savoir quelque chose…, commença-t-elle, un peu hésitante. Tu m'aimes, oui ou non ? Et je ne te parle pas de si tu peux ou non, mais de si tu le veux, Law.

Elle vit son interlocuteur se figer, et ça lui laissa le goût de l'amertume.

Oui, il le voulait plus que tout. Mais, comme il l'avait dit précédemment à Shachi, la vengeance comptait plus que tout. Il devait tuer Doflamingo. Cela signifiait donc que même s'il voulait l'aimer, il ne le pourrait pas. Cette réalité était cruelle et bien triste, mais c'était comme ça. Il ouvrit la bouche, et la referma aussitôt, ne sachant que répondre. May plissa les yeux, et se sentit écœurée. Law la regarda d'un air dépité, ce qui accentua l'animosité qui s'allumait en elle. Elle lâcha un faible rire, qui était dénuée de joie.

— Ne me regarde pas avec ces yeux-là, dit-elle avec un sourire empreint d'amertume, détournant les yeux d'un air blessé.

En voyant son silence, elle sentit sa gorge se nouer et soupira. Allait-il ne jamais lui donner de réponse définitive ?

— Shachi m'a raconté, tu sais, que tu voulais te venger de quelqu'un, avoua-t-elle.

Law tiqua et fronça les sourcils.

— Il ne m'a pas tout dit, ne t'inquiète pas. Juste une partie, expliqua-t-elle pour éviter que son ami ne finisse ensevelis sous les reproches de son capitaine.

Le silence s'installa à nouveau, plus pesant, plus lourd.

— J'avais pensé être assez forte pour me tenir à tes côtés, mais il faut croire que ce sentiment n'est pas réciproque, dit-elle avec un léger sourire, sarcastique.

— Ce n'est pas ça, contredit aussitôt Law avec assurance, c'est…

— Pas ça ? Ce n'est pas ça ? Qu'est-ce que c'est, alors ? le coupa-t-elle brusquement, commençant à perdre patience. J'en ai marre, tu ne sais pas ce que tu veux à la fin ! Moi, je considère que j'ai fait assez d'efforts comme ça. Si toi tu ne veux pas en faire, je n'y peux rien. Quand vas-tu être capable de me dire ce que tu désires ?!

N'ayant guère apprécié les reproches et la manière dont elle avait dit ces mots, les yeux gris du Chirurgien se tintèrent d'une colère grandissante.

— Parle-moi sur un autre ton, miss.

— Sinon quoi ? Tu vas me priver de nourriture ?

— Fait juste attention aux mots que tu emploies, je suis ton capitaine, rétorqua-t-il sèchement en croisant les bras, la regardant presque d'un air hautain.

— Tu changes encore de sujet, Law ! Tu vois ? Tu ne me réponds jamais ! Quand je t'ai avoué mes sentiments c'était pareil, tu fuyais encore et encore !

— Parce que je ne peux pas ! s'emporta-t-il, crachant ses mots avec irritation.

Tremblante de rage, May se leva et commença à ranger les livres qui était sur son bureau pour s'occuper les mains, car elle sentait une fureur incontrôlable grimper en flèche en elle. Si elle ne s'occupait pas, elle allait lui remettre une gifle.

— Peu importe, j'ai quelque chose à te dire, déclara-t-il après s'être calmé.

— Quoi donc ? soupira-t-elle, exaspéré.

Les mots sortirent, telle une sentence inéluctable.

— Revenons à notre ancienne relation, celle de capitaine à subordonnée.

May se figea, et le livre qu'elle tenait dans les mains tomba lourdement à terre. Le souffle coupé, elle se tourna vers lui avec une stupéfaction non dissimulée, avant de reprendre un air sérieux, et, malgré elle, légèrement inquiet.

— C'est ça, au final, ta réponse ? souffla-t-elle, le cœur battant la chamade.

Il hocha la tête, et ce qu'il prononça ensuite, il aurait voulu ne pas avoir à le faire.

— Oui, May. Il n'y a rien, et il n'y aura jamais rien entre nous.

oO_O_Oo

Voila, c'était… pff, j'ai même pas de mot pour le dire tellement ce chapitre est pourri. C'est peut-être le plus nul que j'ai fait, et ça me dégoûte. N'hésitez pas à me faire des reproches, ça ne me vexera même pas, je les mériterais même amplement, je ne vous ai pas offert de la qualité sur ce coup-là. Et ça m'énerve, parce que si je fais des chapitres pourris ben ça me donne pas envie d'écrire, donc bon… Je veux dire, autant arrêter si c'est pour vous donnez de la mauvaise qualité.

Enfin, je n'abandonne pas pour autant la fanfic, ne vous inquiétez pas, je suis juste déçue, c'est tout…

Merci de me lire et à bientôt ~

PS : WHITEMERRY MA BÊTA LECTRICE ÉCRIT EN CE MOMENT MÊME UNE FANFICTION SUR TRAFALGAR LAW ! VENEZ LIRE SA FANFICTION S'IL VOUS PLAIT ELLE A BESOIN D'AVOIR DES LECTEURS, LA FANFIC SE NOMME "Au cœur de l'abysse" ET ELLE EST SUR FFNET ALLEZ Y ET VOUS AUREZ UN TRAFALGAR LAW QUI FAIT DU TWERK AVEC UN CALEÇON DE SUPERMAN EN TUTU ROSE.

ELLE EST SUR FANFIC FR AUSSI !

Résumé de sa fanfiction : "Kisa n'aime pas être prise pour une bourrique. Mais alors pas du tout. Alors qu'elle voit ses espoirs s'envoler, elle comprend vite que rester dans la Marine n'allait pas lui permettre de réaliser les desseins qu'elle a. S'échappant alors d'un organisme un peu trop conservateur à son goût, lors de la Grande Guerre Au Sommet, Kisa se retrouve propulsée dans le sous-marin des Heart Pirates.

Qui sème le vent récolte la tempête. Dans le Shinsekai, il vaut mieux éviter de prononcer cette phrase. Surtout lorsqu'une folle furieuse débarque et qu'elle compte bien se faire accepter, malgré son statut de Marine, faisant d'elle l'ennemi numéro 1 de tout un équipage commandé par un homme des plus dangereux. Kisa n'aurait pas pu mieux tomber. Quitte à se faire démembrer de temps en temps, être sous sa protection et sa surveillance risquait d'être une situation plutôt confortable au final, non ?

Enfin pas aussi confortable lorsqu'on sait qu'à chaque pas de travers, on risque de se faire scalper non pas par le capitaine, aussi sadique qu'il soit, mais bien par les membres de l'équipage, qui n'apprécient mais alors pas du tout sa présence au sein du Nautilus.

Ah et aussi, lorsqu'on sait qu'une fois que son bienfaiteur et sa protection disparaît, on ressemble étrangement à un petit poisson jeté en pâture aux Sea Kings. Et que ceux-ci ont les crocs aiguisés comme des lames de rasoir.

Kisa, autant que les Heart Pirates sauront-ils survivre aux menaces du Shinsekai ? "

Sur ce, on se revoit d'ici quelques semaines ! ~

Love U,

Wakfina ~

PS : Et ne vous inquiétez pas, cette frustration sera terminée au prochain chapitre, il y aura plus de positif, don't worry ! Mais je ne vous en dit pas plus ~