Hey ! Salut les gens ! Comment ça va ?

C'est enfin les vacances de noël ! Je suis trop contente, j'adore cette fête ! Certes il y a les cadeaux, mais on voit aussi la famille, et quand on a une famille aussi étrange que la mienne, c'est une occasion à ne pas rater ~ ! Vous avez demandé quoi comme cadeaux de noël ? Personnellement je n'ai pas été trop exigeante, j'ai demandé un Plaid ! Comme ça, je pourrais m'enrouler dedans comme un saucisson et regarder des animés au chaud aha ! Je suis assez fatiguée, la dernière semaine de cours n'a vraiment pas été facile, les profs nous ont donné plein de leçons et de contrôles, tch. ça me rappelle qu'une fois l'année dernière la prof de français nous avait donné un contrôle 30 minutes avant les vacances, c'était le dernier cours du vendredi, à croire qu'ils aiment vraiment nous embêter, parfois ! On a offert un T-Shirt à notre professeur principal (qui est un peu taré faut l'avouer), avec écrit dessus "Je peux pas j'ai aqua poney !" XD C'est une phrase qu'il dit souvent, il y en a d'autre comme "ça envoie du pâté" ou "ça va être chaud patate !", quel ouf ce prof, je vous jure. Bon, mes parents ont reçu le bulletin, 9,8 de moyenne générale... j'ai connu mieux héhé ! Mais je commence fort le deuxième trimestre, en espérant que je vais augmenter parce que bon sinon je suis bonne pour passer à la casserole !

J'ai contribué à la France grâce à la jolie carte d'électeur que j'ai reçu récemment. Eh ouais, j'ai voté ! Même si c'est rapide et pas compliqué, j'étais un peu intimidée, en plus la femme qui vérifiait la carte d'identité et la carte électoral m'a fait "c'est la première fois que vous votez ?" XD

Hm... à part ça j'attends avec impatience le voyage au Japon et appréhende les examens qui vont vite arriver, en janvier on sera déjà à la moitié de l'année, ça passe tellement vite, c'est effrayant ! Faut croire que je suis déjà une vieille, en fait, huhu.

Merci pour vos adorables commentaires ! Je suis toujours autant heureuse d'écrire cette fan-fiction, bien que cela ne se voyait pas vraiment au chapitre précédent. La plupart d'entre vous en ont été satisfait, je suppose donc que c'est moi qui voit trop les choses de manière négative... ! Enfin, je vais essayer de positiver un peu ! Vous êtes toujours aussi nombreux à me suivre et à me lire, cela me fait très plaisir et me tient beaucoup à cœur. Cette histoire, elle n'aurait pas pu avancer sans vous, sachez-le ! Un auteur qui ne reçoit pas de commentaires et/ou de vues, n'est rien ! Donc voila, un gros merci pour vos encouragements ! 3

On a passé les 30.000 vues ! Wahou ! Je m'attendais vraiment pas à en avoir autant un jour XD ! Pour d'autres auteurs c'est peut-être peu, mais pour moi c'est vraiment énorme, alors merci à vous de me lire et merci également aux lecteurs fantômes qui ne montrent pas forcément de signe de leur présence !

Réponse aux commentaires :

Ic'ilver : Merci beaucoup pour ton commentaire qui m'a fait très plaisir ! Je suis heureuse de te voir à chaque nouveau chapitre, c'est agréable de voir que d'anciens lecteurs continuent de me lire malgré la publication des chapitres qui restent assez tardive ! J'ignore pourquoi malgré tout le temps passé sur ce chapitre 20 j'étais déçue, je ressentais un manque, comme si j'avais raté quelque chose. Quoi donc ? Je l'ignore ! Cela restera un mystère ! Mais je suis très satisfaite de ce chapitre 21, et j'espère qu'il te plaira tout autant et que, toi qui a l'habitude de lire des chapitres un peu moins long, l'appréciera même s'il fait plus de 14.000 mots !

Bonne chance pour tes cours, moi je vais un peu mieux grâce à mes amies, même si ce n'est pas toujours facile, je dois l'admettre. Il m'arrive de déprimer, mais je pense à May et à tout ce qu'elle a enduré, ça me fait réfléchir et ça me donne envie de faire de mon mieux et d'évoluer à mon tour, même si elle n'existe pas ~ ! ^^

Pas de souci pour la longueur de la review, tu continues de me donner ton avis au fil des chapitres et ça c'est important et me fera toujours plaisir, alors t'inquiète pas ! Je sais que tu me lis, je sais que tu es là, c'est le principal ! :)

Bon courage !

Guest (il faudrait peut-être te créer un compte ? ^^) : Bonjour, merci de lire et de commenter mon histoire, ça me touche beaucoup ! Oui en effet il est complexe de gérer tant de situations différentes, avec des sentiments différents et propres à chaque personnage. Surtout pour Law et May, c'est affreusement difficile. Leur relation n'est pas si compliquée que ça et pourtant dans ma tête ce n'est pas tout le temps très clair ! Parfois les mots me manquent pour exprimer ce qu'ils ressentent, enfin, je ne vais pas me plaindre ! (rires) Tu me rassures, si tu as trouvé le chapitre agréable et bien, alors je suis contente ! On ne peut pas toujours relativiser par rapport à son propre travail, c'est d'ailleurs pour cela qu'il est toujours important d'avoir des avis extérieurs, c'est grâce à vous que je m'améliore de jours en jours et je vous en remercierai toujours ! Oh non je ne veux aucunement de ta tristesse sur ma conscience aha ! Ne t'inquiète pas je n'abandonnerai pas, je terminai cette fan-fiction peu importe les difficultés ! Je garderai toujours au fond de moi un grand plaisir de l'écrire, après tout je l'ai commencé il y a déjà un an et demi, alors j'ai beaucoup de volonté et de motivation ! c:

A bientôt et merci pour ta review !

Torima Kenro : Eh oui je suis une méchante fille qui aime vous frustrer durant des chapitres entier, mais que veux-tu, c'est ma passion ! Don't worry, ta frustration se termine ici, je te conseille de vite lire ce chapitre, tu auras une bonne surprise à la fin ~ Garde courage pour les cours, ce n'est pas toujours facile mais si tu t'entoures de personnes agréables qui t'acceptent telles que tu es, tout ira bien ! :) Hm... je ne m'intéresse pas beaucoup à Killer et son équipage, je préfère de loin les Heart Pirates et les Mugiwara ~ ! Oh, faut pas pleurer comme ça ! Tu le trouveras un jour, celui qui te fera encore plus tourner la tête que Killer, aha ! ^^

Merci du fond du coeur d'avoir laissé ton avis, et je te souhaite une agréable lecture !

L1109 : Hey ~ ! C'est vrai ce chapitre n'est pas décevant ! Oh, merci ! Il me semblait tellement pitoyable comparé à d'autres que j'ai pu écrire, mais beaucoup d'entre vous semblent satisfait, alors je vais arrêter de pleurnicher et de me lamenter ! En effet, pauvre Shachi, c'est un véritable Cupidon, ou un Ange Gardien, à voir ! ^^ Avec Law, il était évident dès le départ que ce ne serait pas facile ! Law agace tout le monde de toute façon en ce moment ! Mais je suis certaine que dans ce chapitre, il remontera dans votre estime, après tout ce temps à s'en être pris plein la figure de votre part, Law va revenir en beauté ! Merci de tenir compte de ce que je dis après chaque chapitre, l'auteur dont je parle à un peu de mal à se faire connaître, c'est gentil de lui rendre visite ! :)

Bonne journée/soirée, et thank you so much for your review, arigatô ! ~

Cece35 : Merci d'avoir adoré mon chapitre c'est gentil :) j'espère que celui-ci te plaira tout autant ! Non May n'était pas au courant, elle connaît un peu l'univers de One Piece mais pour autant elle ne connait pas tout de Trafalgar Law, elle n'a pas forcément vu tous les épisodes, j'ai donc trouvé normal qu'elle ne soit pas au courant que son objectif est de tuer Doflamingo. Désolée de l'attente et merci pour ton commentaire ! ^^

Trafalgaryuki : Coucou ! Aha pas de problème Law énerve tout le monde depuis quelques chapitres à force d'être têtu comme une mule ! Mais t'inquiète pas il va se rattraper dans ce chapitre, je suis même certaine qu'il remontera dans votre estime :D Heureusement que Shachi est là pour rattraper le coup, faudrait lui donner un oscar mdrr ! Merci je suis contente si la cohérence est respecté ainsi que le reste, ta frustration va enfin prendre fin, mais je ne t'en dis pas plus ~ ! Ce combat et cette discussion entre Law et Shachi n'a pas été facile, je suis donc satisfaite si elle t'a plus ^^ ! Oh merci pour tes compliments c'est trop mignon, grâce à toi je me sens un peu fière de ce que j'ai fais héhé ~

Thank you so much de suivre ma fanfiction avec autant d'enthousiasme et d'apprécier mon travail, n'oubliez jamais que c'est grâce à vous que j'ai encore envie d'écrire aujourd'hui !

Candice-crush : Coucou toi !

Merci pour tes encouragements c'est sympa ! Je plains les TL qui étudient Madame Bovary, les pauvres ! Ce n'est pas ce qu'il y a de plus joyeux en littérature ! Le tuer et le ressusciter exprès pour le tuer après ? Mais tu es une sadique ! C'est tellement ça pour Shachi, sans lui ça serait le BORDEL. Oui tes conseils m'ont bien aidée donc je te remercie d'ailleurs ! Rassure-toi Law va enfin accepter ses sentiments et agir comme un homme ! Ce chapitre se termine par un bel happy end, so don't worry ! Je vous ai embêté longtemps avec des deux-là, ça va enfin se clore toute cette histoire ! x3 Shachi est un personnage que j'aime beaucoup utilisé, certes l'interprétation que j'ai de lui n'est peut-être pas fidèle à l'anime mais ce n'est pas grave, je suis quand même satisfaite ! Désolée pour le texte déprimant à la fin, je ne sais plus si c'était parce que j'étais déprimée ou réellement déçue, mais bon ! J'avais eu tellement de mal à faire le chapitre 20... et puis j'ai toujours trouvé qu'il manquait un "petit quelque chose" dedans mais je n'ai jamais trouvé quoi, donc bon tant pis !

Tes questions trouverons réponse dans ce chapitre ! Non ne t'inquiète pas je n'étais pas déçue par le dialogue Law/May mais plutôt par l'ensemble, j'ai trouvé ton idée bonne et si elle ne m'avait pas plu je ne l'aurai pas utilisée, donc culpabilise pas et continue de m'encourager, c'est ce qui me motive ! ^^

Merci pour ce beau commentaire et je te souhaite du courage pour tout, que ce soit la vie en générale ou je sais pas quoi ^^ Ah, tu étais ma 200ème review ? Dommage, j'ai la flemme de compter pour vérifier si tu dis vrai, donc JE TE DONNERAI RIEN MOUAHAHAHAHA ! Aha Love U, et bisouuus

LilyDTrafalgar : Hey miss ! Contente que tu ais aprécié ce chapitre ! Ta frustration va prendre fin, t'inquiète pas ! C'est trop gentil tout ce que tu me dis là tu vas me faire rougir ! ^-^ J'suis contente si la discussion Law/Shachi t'a plu choupinette, ça n'a vraiment pas été facile à faire ! Difficile d'imaginer leur relation héhé ^^

Bisouuus love U ! ^^

Munwder : hey coucou toi ! Tu me fais rire à mettre des commentaires en majuscule, sérieusement, tu veux que je te réponde de la même manière ? o/ J'ai l'impression d'être agressée mdr ! Bah oui mais la baston n'a vraiment pas été facile à faire, je peux te l'assurer ! J'ai pas l'habitude de faire des trucs avec de l'action et tout, donc bon j'ai fais de mon mieux mais bon Shachi il se serait fait défoncé la gueule après s'il avait vraiment voulu casser ka figure à Law mdr ! Je suis contente si tu as apprécié l'échange entre Shachi et Law, ça non plus ça n'a pas été facile à faire tu sais ! Oui je sais je suis chiante avec Flamant Rose mais bon faut bien trouver des raisons pour que Law soit un peu réticent avec May au début XD ! Mais don't worry ta frustration va prendre fin aha ! Grosse surprise à la fin de ce chapitre mais je ne te dis rien de plus je veux pas te spoiler LOL !

NAN N'ARRETE PAS DE ME LIRE S'IL TE PLAIT JE T'AIMEEE ! TU SERAS SATISFAITE DE CELUI-CI, OKAY ? PROMIIIS XD

Sur ce, je te souhaite une bonne journée à toi aussi et espère que cet élan de vulgarité cessera bientôt, m'enfin, je suppose que c'est de ma faute à force de tous vous frustrer LOL ! :D

Bon merci pour cette review fort dynamique, on se revoit bientôt ^^ !

Otaku-chocolat : Hey, bonjour à toi aussi héhé ! C'est quoi ces menaces ? Non mais, on ne menace pas un auteur de la sorte ! Méchante fille, je te boude MOUAHAHAHA ! La voila la suite, j'espère que tu ne seras pas déçu(e) ! :D

Merci pour ton commentaire, c'est gentil d'avoir pris de ton temps pour m'en laisser un :)

Les-Fictions-de-Niils : Merci de dire que mon chapitre n'était pas nul, ça fait toujours plaisir ^^ Oui merci de ton conseil je vais arrêter de vous frustrer désormais il va y avoir enfin un peu de changement ^^ Merci pour les compliments, j'espère que ce chapitre ne te décevra pas !

Merci et bonne journée ^^

JevaisTuerLaw : Bonjour nouveau lecteur ! Wahou, tu m'as lu jusqu'à 4h du matin ? J'espère pour toi que tu n'avais pas cours le lendemain ! Il y a beaucoup de monde qui ont apprécié le "vilain garçon" j'ai l'impression, Shad commence à avoir du succès ! Voici la suite, merci d'apprécier ma fanfiction, et désolée pour l'attente ! Si tu as envie de commencer une histoire avec Law, vas-y fais-toi plaisir ! Après tout pourquoi se retenir ? :)

Pas de souci, je serai ravie de parler avec toi par MP, bye et merci pour ta review fort adorable ^^ !

nikkouyoku : Eh oui je suis une pro de tout ce qui concerne la tristesse mouahahaha ! Merci je suis contente si mon écriture te plaît, c'est ce qui me permet de me différencier des autres auteurs après tout ! ^^

Gros bisous à toi et merci d'avoir pris de ton temps pour commenter ! ~

Arya Cahill : Hey ! Oui je vais bien, et toi ? C'est enfin les vacances! Qu'est-ce que tu as demandé de beau pour Noël ? Moi je n'ai pas été très exigeante, j'ai demandé un plaid ! o/ Oh ne t'excuse pas ce n'est pas grave, je sais que tu es là, tapis dans l'ombre... Alors c'est difficile la première S ? Je ne peux pas trop avoir de préjugés car je suis en première L j'ignore donc si tu as beaucoup de devoirs etc mais quand je vois mon amie qui est en 1S et qui fous rien et qui n'a que très peu de leçons ça me dégoute aha !

Oh ne dis pas que c'est géniallisime, tu vas me faire rougir / tes commentaires sont toujours tellement adorable qu'ils me font toujours énormément plaisir ! x) Bah, en fait, ce chapitre, j'ai mis énormément de temps à le faire et ce qui m'a embêté c'est que j'ai jamais réussi à trouver ce qui manquait, car oui tout le long de ce chapitre j'ai ressenti qu'il manquait un "petit quelque chose", mais quoi ? Je l'ignore et je ne le saurai jamais XD !En effet Law cumule depuis plusieurs chapitres conneries sur conneries, on a plus qu'à prier pour qu'il change enfin de comportement aha ! Mais rassure-toi il va enfin être différent, enfin, prendre de bonnes décisions, je veux dire... un vrai tournant dans leur relation, mais je n'en dis pas plus ~ ! Aha je suis contente que le trio, Shachi et Penguin soient toujours autant appréciés,j'adore les utiliser dans des situations humoristiques, je pense même que ce sont ces passages là mes préférés ! Oh que oui May va prendre confiance en elle, beaucoup même ! ^^

Mais grave Shachi est tellement génial, il mériterait un Oscar du meilleur personnage sérieux, Law et May c'est RIEN à côté XD ! Oui au début je n'avais jamais pensé à inventé des personnages qui pourraient être dans l'équipage, mais je trouvais que se restreindre à Penguin, Shachi et compagnie était un peu tristounet, alors voila ~ C'est fou ça la réplique de Shad a eu un succès de ouf ! Il va encore apparaître dans ce chapitre avec les deux autres zozo, j'espère qu'ils t'amuseront bien ! ^^ Oh t'inquiète pas Noa il va morfler AHAHAH, bon je dis rien de plus héhé je veux pas te spoiler ! Merci pour tous ces compliments adorables qui me font chaud au coeur, tu es une lectrice qui me soutient depuis un bon moment maintenant et donc il me tient à coeur de te remercier comme il se doit ! Je t'apprécie beaucoup pour tes encouragements et j'espère qu'on se verra encore pendant longtemps ! :)

DonnySean : Salut ! Ouais les vacances ont toujours l'air trop courte, c'est pas juste ! En plus après les vacances de noël c'est l'avenir qui est en jeu avec les premiers examens etc, on est déjà à la moitié de l'année bientôt ! Toi aussi tu as ressenti dans ce chapitre qu'il manquait quelque chose ? J'ai eu cette impression tout au long du chapitre, c'était très dérangeant et frustrant ! C'est marrant que tu l'air ressenti toi aussi ^^ Wahou chanceuse ! Alors c'était bien ? Tu as l'air d'avoir adoré ce voyaeg, vivement que j'y aille en avri, en plus il y aura les cerisiers en fleurs ! A ce que je vois c'est mouvementé en internat chez toi ! x)

C'est trop ça Noa est destiné pour être un vilain garçon. J'susi contente si tu as apprécié la baston et conversation de Law/Shachi ! ça n'a vraiment pas été facile à faire huhu. Ah tu as apprécié le passage ou il dit qu'elle n'a pas l'etoffe d'un pirate ? Hm, ça m'étonne un peu, mais il est vrai que c'est assez réaliste comme point de vue au final ! Mais tellement ! Normal qu'elle soit nostalgique, elle est peut-être dans OP mais pour autant elle a besoin de voir ses parents XD ! Oui je suis UN MONSTRE, je le sais AHA ! Mais oui ça peut devenir plus positif, je te l'assure, et tu auras la preuve dans ce chapitre ! x) je suis flattée par tes compliments et j'espèer que ce chapitre te plaira tout autant que les précédents ! Et je ne mets pas deux mois à poster, ça dépend ! Un mois et quelque quand j'ai du mal, un mois quand j'ai du temps etc ! x) Oh vas-y dis-moi les hypothèses que tu as faites avec tes coress, ça m'intéresse vraiment, je pourrais peut-être piocher dedans pour m'inspirer pour les prochains chapitres ! XD

Bonne lecture et merci pour ton commentaire ! :)

Bye et merci ~

Ruko-Yoru-Blue-Exorcist : Bonjour ! Merci d'apprécier mon histoire, c'est gentil ! Ah bah ça arrive que des auteurs aient des idées similaires comme ça, c'est drôle ^^ Merci pour tes compliments, je viendrais voir ton blog quand j'aurai le temps, je suis assez occupée en ce moment, même en vacances ! XD

Heavenly0 : Hey coucou toi ~ Je suis contente de te voir ! :3

Aha tu as la rage contre Law toi ! ça se comprend, mais tout va bien finir dans ce chapitre, donc range ces tomates, s'il te plaît XD ! Oh merci de complimenter mon style d'écriture, ça me fait sincèrement plaisir, tu vas me faire rougir vilaine ! ~ Ah bah tant mieux si tu aimes le trio, car ils vont énormément apparaître dans ce chapitre, j'espère que tu aimeras toujours autant leur humour ! Ton idée sur le fait que Bepo pourrait réconforter Law est une bonne chose mais malheureusement le chapitre était déjà assez long comme ça donc je n'ai pas pu le mettre, une autre fois peut-être ! =)

Merci pour ton commentaire très motivant, bye bye poussin jaune ! :D

Madou : Hey ! Merci c'est trop chou ce que tu me dis là, vous allez tous me faire rougir, c'est ça que vous voulez en fait hein ? XD Non perona n'a rien fait, je suis négative de nature, même si je me suis bien améliorée de ce côté là au fil des années XD ! Promis je vais essayer de positiver ! ^^

Tu vas trouver ton compte dans ce chapitre, merci de me lire et de me laisser ton avis, c'est adorable ! w

ShutUpAndLife : (C KWA CE PSEUDO XD) Hey ~ Bah écoute je veux bien, j'ai juste super mal au dos et aux yeux car j'ai écris pendant au moins 6-7 heures aujourd'hui, donc voila quoi héhé ^^ ! Ah, je ne savais pas que tu aimais quand il y avait pas mal de chapitres, ok je note ! De toute façon j'en ferai au moins une vingtaine, ça c'est sûr ! Après tu sais, y a des gens qui ont une trentaine ou une quarantaine de chapitres mais qui ont moins de mots que moi. Par exemple, j'ai fait en tout 21 chapitres et j'attends les 200.000 mots, il y en a qui avec 40 chapitres en atteignent environ 100.000, donc tu vois, tout dépend de la longueur des chapitres ^^ !

Merci de ne pas me mettre la pression, c'est important pour garder le plaisir d'écrire ! Même si le fait de publier mon histoire fait que je vous "dois des comptes" en quelque sorte, je veux prendre mon temps et garder mon plaisir d'écrire ! Merci de complimenter mon niveau d'écriture, il n'est pas toujours facile de trouver les bons mots pour définir les choses et d'être cohérent et fluide, mais si tu aimes, alors tout va bien ! :p

Ah bah j'suis contente si les personnages sont respectés, pas besoin de te dire que avec Law c'est difficile mdr ! T'inquiète pas, la relation entre May et La va bien changer dans ce chapitre, je vais enfin arrêter de vous frustrer aha ! Oh tant de félicitations c'est trop mignon ! Je sens que je vais vite t'aimer toi 8D ! Non sincèrement merci tu m'as l'air d'être un lecteur très compréhensif, ça fait vraiment plaisir =)

Joyeuses fêtes à toi aussi et à la prochaine, merci pour ton commentaire ^^

Résumé chapitre précédent

Shachi est pas content et va avoir une conversation avec Law. Il est déçu du fait que son capitaine ne leur parle jamais de ses problèmes. Pendant ce temps-là, May est choquée et muette. Law explique à Shachi qu'il ne peut pas aimer May à cause de sa vengeance et que selon lui sa place n'est pas ici. Shachi fait de son mieux pour le raisonner et l'aider à y voir plus clair, ils finissent, après une dispute, par se parler calmement et font le tour de garde ensemble, un lien plus fort s'est créé entre eux.

Law réfléchit pendant des jours et des jours. Pendant ce temps là, May reste enfermée dans sa chambre à ruminer, elle ne veut pas sortir, elle est inquiète et apeurée. Shachi réussit à la voir et à lui parler, il lui avoue involontairement que si Law refuse de l'aimer c'est parce qu'il a une vengeance à accomplir. Elle a du mal à le croire et commence même à être méprisante à son sujet. Finalement Law et May ont enfin une conversation, dans laquelle il se dispute. Elle veut savoir s'il l'aime ou non mais Law reste mystérieux à ce sujet. Il lui ordonne finalement d'avoir une relation de capitaine à subordonnée, comme avant.

Le titre de ce chapitre "Blossoming of the flower of cherry tree", signifie "l'éclosion de la fleur de cerisier" (merci le traducteur), vous comprendrez pourquoi ! ^^

Je m'excuse d'avance pour les fautes, j'ai très mal au dos et aux yeux, je suis trop fatiguée pour tout relire et corriger, et je ne voulais pas vous faire patienter plus longtemps, donc voila ! ^^ Je ferai une mise à jour et vous apporterai une vraie correction d'ici quelques jours si ma beta lectrice est disponible.

Je vous souhaite une bonne lecture ! :)

IMPORTANT : Cette fanfiction avait pour nom "Ce qui se cache derrière un nom", mais j'ai décidé de le changer et de la renommer "Ce cruel et beau monde", qui, comme l'a dit un lecteur, caractérise le mieux l'esprit de cette histoire, du moins je le pense !

One Piece appartient à Eiichiro Oda !


Debout, les bras ballants, May fixait avec stupeur la porte par laquelle Law était sorti après avoir prononcé ce qui avait été pour elle une délivrance et paradoxalement, elle devait bien l'avouer, un cauchemar. Ses mots résonnaient encore en boucle dans sa tête, comme les sons discordants d'une musique.

Il n'y a rien, et il n'y aura jamais rien entre nous.

Ses lèvres commencèrent à trembler, sa gorge à se nouer, ses yeux à s'humidifier, mais rien que pour le respect qu'elle avait pour elle-même, elle fit un effort et, de sa main droite, essuya les larmes qui apparaissaient d'un revers hésitant. Non. Elle ne pleurerait pas. Pas cette fois. Elle l'avait assez fait. Durant ces derniers jours, elle avait dû verser autant de larmes que quelqu'un le ferait en un an. C'était risible, c'était ridicule. Cette image qu'elle se renvoyait à elle-même lui semblait bien pitoyable. Elle se savait sensible et émotive, mais depuis sa rencontre avec Law, ça dépassait de loin ce qu'elle pouvait imaginer. Chacun de ses mots, chacun de ses gestes, la transcendaient malgré elle. Peu importe à quel point elle gagnait en force morale, peu importe le peu de courage qu'elle rassemblait face à lui, il faisait céder ses barrières en un seul regard.

Inspirant doucement, elle se baissa, attrapa le livre qu'elle avait inconsciemment lâché des mains et le sonda du regard. Elle l'ouvrit et, symboliquement, arracha une page au hasard avant de la réduire à l'état d'une boulette de papier et de la jeter derrière elle. Ensuite, elle referma le livre et le rangea parmi les autres dans l'étagère.

Une page venait de se tourner.

Au fond, c'était ce qu'elle voulait, non ? Avoir une réponse, peu importe sa nature. Elle avait couru après cette réponse pendant un bon moment, maintenant elle l'avait, elle devrait être satisfaite, vu le temps qu'elle avait passé à s'interroger et à souffrir. Alors pourquoi ce goût amer, cette sensation d'étouffer ? Peut-être parce que, au fond d'elle, elle avait durant tout ce temps espéré le retour de ses sentiments. Elle était profondément déçue, et c'était normal.

Seulement voila, il n'y aurait jamais rien entre elle et lui, c'était sa décision, et elle devait l'accepter. Mélancolique, elle attrapa du bout de ses doigts fins le livre de séduction qu'elle avait acheté, et le jeta lui aussi dans la poubelle.

Elle n'en aurait plus besoin.

Soupirant, elle sortit de la pièce et alla en direction de la cuisine. Dans le long couloir dans lequel résonnait seulement le bruit de ses pas, elle aperçut Shachi et Penguin, les mains dans les poches. A force de les croiser comme ça, elle avait envie de se demander s'ils leur arrivaient réellement de travailler. D'ailleurs, quel était son rôle à elle ? Elle l'ignorait. Pourquoi Law l'avait enrôlée dans l'équipage ? Elle ne s'occupait ni des machines, ni de la navigation, et encore moins de la cuisine ! Alors pourquoi ? Quel intérêt y gagnait le jeune homme à l'avoir en tant que pirate ? Toutes ces interrogations commencèrent à lui donner mal à la tête.

— Tu fais une drôle de tête, fit remarquer Penguin, penchant sa tête sur le côté d'un air interrogatif.

— Ah, tu trouves ? lâcha-t-elle sans grand intérêt, se passant la main dans son épaisse chevelure.

Les yeux de Shachi se plissèrent, sans qu'elle ne puisse le voir à cause de ses lunettes toujours collés à son nez. Pourtant, elle sentit l'intensité de ce regard la parcourir de haut en bas. D'ailleurs, ils n'avaient toujours pas abordé le sujet de ses yeux : elle les avait vu par accident à la base marine, et, spontanément, elle lui avait montré qu'elle serait là pour l'écouter s'il voulait en parler et qu'elle n'était aucunement effrayée. Malgré tout, elle s'interrogeait tout de même un peu : avoir ces yeux pouvaient-ils être naturel ? Ou, dans le pire des cas selon elle, il lui était arrivé quelque chose ? Eiichiro Oda le faisait tellement peu apparaître dans les épisodes qu'il était impossible de savoir quoi que ce soit de son passé.

— Il t'a dit quelque chose, n'est-ce pas ? l'interrogea-t-il finalement d'un ton sérieux.

Elle sursauta légèrement. Perspicace, comme elle devait s'en douter. A tel point que si ça continuait, elle irait jusqu'à se demander si ses yeux n'étaient pas des rayons X capables de percevoir les moindres détails et donc de lire en elle comme dans un livre ouvert !

— On ne peut rien te cacher ! répondit-elle en riant faussement.

Son regard se fit plus vague, éteint, voilé d'un quelque chose que ni Penguin ni Shachi ne purent définir. Une sorte de mélancolie, mêlée à une grande lassitude. Elle se mit à fixer obstinément le sol, comme pour ne pas avoir à les affronter et, ainsi, être certaine de ne pas perdre la face devant eux. Elle commença même à se dandiner gauchement sur ses deux pieds.

— Nous allons revenir à une relation de subordonnée à capitaine, expliqua-t-elle d'un ton qu'elle espéra neutre.

Son cœur se serra, mais elle fit un effort pour l'ignorer.

Penguin fut étonné, et Shachi déçu. Bien qu'il ait eu une conversation avec le capitaine, celui-ci avait choisi cette décision, qui, il en était sûr, ne lui convenait pas.

— et ça te va ? demanda Penguin.

Elle haussa les épaules et reporta son attention sur les deux jeunes hommes en face d'elle.

— Je ne sais pas…, avoua-t-elle, envahit par les doutes.

— Tu peux encore te battre, tu sais ? dit Shachi.

La lycéenne secoua la tête face à ses mots.

— Non, c'est bon, refusa-t-elle avec un sourire empreint de tristesse. J'abandonne, je n'ai plus vraiment le choix, de toute façon.

— Mais..., tenta de rétorquer son vis-à-vis.

— Pas de « mais », c'est comme ça, un point c'est tout, le coupa-t-elle, ne voulant pas en entendre plus. Merci pour tout ce que vous avez fait, ça va mieux maintenant. Il s'est excusé pour ce qu'il a fait et a mis les choses au point, ça me convient.

La remarque les stupéfièrent, mais ils n'en firent rien. Voyant que le silence s'installait, elle reprit d'un air plus enjoué, bien que superficiel :

— Bon, j'ai une faim de loup, moi !

— May…, souffla Shachi, l'observant s'éloigner d'eux pour entrer dans la cuisine.

Malgré ses mots, elle lui semblait encore tellement fragile, prête à se briser au moindre geste brusque. Il ne pouvait pas s'en empêcher : il la voyait comme la petite sœur à protéger, pour réparer son erreur du passé et aussi tout simplement parce qu'il l'adorait.

— Elle a raison, affirma son ami, le faisant sortir de ses pensées.

Shachi lui lança un regard interrogatif et haussa un sourcil. Penguin garda ses yeux verrouillés vers la porte de la cuisine.

— Au bout d'un moment, il faut savoir abandonner, fit-il remarquer calmement. Elle souffrirait en continuant d'espérer quoi que ce soit, au moins, maintenant, elle est fixée.

— Et si le capitaine ressentait quelque chose pour elle ? insista l'autre, les sourcils froncés.

— Il va falloir admettre que tu t'es trompé, mec, soupira celui au bonnet en reportant son attention sur lui avec exaspération.

La remarque énerva le brun, qui se défendit vivement :

— Je ne peux pas m'être trompé, il me l'a dit !

— Comment ça ?

— Quand je suis allé le voir… il me l'a dit. Il l'aime.

Les sourcils de Penguin se froncèrent sous l'incompréhension. Tout s'embrouillait dans sa tête.

— Alors pourquoi vouloir remettre ce genre de relation ? J'comprends plus rien, avoua-t-il, sentant un mal de crâne se pointer.

— Il a ses raisons.

— Je sais pas lesquelles, mais il faut le comprendre et l'accepter. On peut pas le forcer. T'es peut-être doué dans le rôle de Cupidon, mais t'es pas Dieu non plus.

— Hm, tu me sous estimes, là !

Penguin se retint de soupirer une deuxième fois et gratifia son ami d'un air plus que blasé.

— Quoi, tu vas encore inventer des conneries pour les mettre dans des situations embarrassantes ?

— Il est à deux doigts de craquer, ça se voit ! Avec quelques phrases bien placées, il céderait enfin ! s'enthousiasma Shachi avec motivation.

— Non.

L'enthousiasme du jeune homme retomba.

— Pourquoi ?

— Tu ne dois pas le forcer, ce n'est pas sain et ça ne changera rien. Il a pris sa décision et on doit la respecter, on en a assez fait comme ça, tu ne crois pas ? Et puis, tu veux vraiment faire de la peine à May ?

Shachi fit non de la tête.

— Alors laissons-les tranquille, conclut-il d'un ton neutre.

Shachi soupira, déçu. Il fallait croire que sur certains sujets, Penguin était bien plus mature que lui.

Un bruit résonna alors. Alertés, les deux subordonnés se dirigèrent vers la cuisine en courant, et prirent un air désabusé face à la scène qui se présenta alors à eux. La lycéenne était à terre, écrasée par le poids de Walter qui était sur elle, un sourire guilleret collé au visage. A côté, Ban se plaignait ouvertement de l'attitude rustre et d'un « profond manque de romantisme et de classe » de son ami, tandis que Shad se contentait d'observer la scène en silence, les bras croisés et le dos appuyé contre l'un des meubles.

— Qu'est-ce qui se passe, ici ? demanda Penguin, étonné.

— Juste Walter qui fait l'idiot, comme d'habitude ! expliqua Ban, se tenant le visage d'un air exaspéré. Quel manque de délicatesse… ! On sait que tu es content de la revoir, mais tout de même… !

Ban, vingt-ans. Il possédait des cheveux blancs qu'il arrivait à faire tenir grâce à un bandeau de couleur bordeaux plaqué contre son front. Son teint était assez clair, ses yeux cyans vifs comme l'océan. Contrairement à ce que l'on pourrait penser en voyant son caractère, il n'était pas le frère jumeau de Sanji. Il aimait tout simplement le romantisme et appréciait les bonnes manières ainsi que le savoir vivre. Si vous l'entendez dire un gros mot un jour, il faudra sérieusement vous demandez si vous n'avez pas des problème d'audition ou tout simplement une imagination débordante, car Ban parlait toujours de manière polie. Il était la plupart du temps assez calme, mais aimait bien rire comme Walter et embêter Penguin à chaque fois qu'il en avait l'occasion. Enfin, il aimait beaucoup le jardinage, la lecture et observer les nuages.

— Tu es vraiment un sauvage, commenta Shad, histoire de montrer qu'il était là.

Lui, c'était Shad, vingt et un ans. Il avait des cheveux noirs, long et lisse lui arrivant juste en dessous des épaules. Comme Shachi, il avait une casquette propre à celle de l'équipage sur la tête la plupart du temps, et sous son œil, on pouvait apercevoir une fine cicatrice allant de haut en bas. Son teint, plutôt pâle, faisait ressortir ses yeux aussi noirs que le plumage d'un corbeau. De tempérament calme et discret, silencieux voir même introverti, Shad était le genre de personne qui se fondait parfaitement dans l'arrière plan comme un filtre Photoshop, à tel point que même si vous étiez resté une heure dans la même pièce, vous pourriez être surpris de l'apercevoir juste en tournant un peu la tête, alors que deux minutes auparavant vous ne l'aviez même pas remarqué, ce qui le vexait pas mal d'ailleurs. Il détestait être ignoré. On pouvait facilement dire qu'il était le plus sage des trois, mais il lui arrivait souvent d'être "emporté" par l'élan des deux autres dans leurs délires. Il était assez grand, dans les un mètre quatre vingt dix environ. Il pouvait donc paraître imposant au premier abord, mais si vous arrivez à découvrir que son passe temps favori était de collectionner les choses mignonnes (ce qu'il préférait garder secret, sachez-le si vous ne voulez pas finir empaillé puis jeté dans la mer), il vous aura soudainement l'air beaucoup moins effrayant. En lien avec sa personnalité, il était connu pour être aussi effacé qu'un homme invisible. Mais ne pensez pas que c'est quelqu'un d'ennuyant, il peut se révéler être très énergique, sur certains sujets.

— Mais ça faisait des jours qu'on l'avait pas vu… ! se défendit le blond d'un air suppliant, écrasant toujours la jeune fille de tout son poids, qui commençait à manquer d'air et à être embarrassée.

Le plus jeune des trois, Walter. Dix neuf-ans. Il avait un teint assez mat qui faisait ressortir ses cheveux blonds comme le soleil, bouclés et lui chatouillant le visage. Ses yeux, émeraudes, abritaient en eux une étincelle de joie de vivre qui caractérisait sa personnalité. Walter était une personne digne de confiance, bien que l'on pouvait en douter aux premiers abords à cause de ses farces et moqueries qu'il aimait bien faire à tout le monde, hormis son capitaine car il savait que sinon il finirait rapidement en guise de repas pour tout l'équipage. Un peu capricieux de nature, on peut compter sur lui et sa grande gentillesse, il est très loyal et ne laissera jamais tomber quelqu'un. Il n'est pas du genre à porter des préjugés sur les autres et même si son comportement peut parfois être celui d'un gamin, il sait être mature et sérieux quand il le faut. Il est très dynamique dans sa façon de parler, mais peut paradoxalement dégager la même nonchalance que son capitaine. Il adore la pêche, manger de bonnes choses et rire. Si vous vous sentez déprimé, c'est le genre de personne à aller voir, il saura tout de suite vous remontez le moral et mettre de l'ambiance ! Une chose qu'il déteste : quand il n'y a plus de chocolat dans le placard et aussi quand les gens autour de lui tire une tête de déprimé comme s'ils venaient d'apprendre que le One Piece n'était qu'une mauvaise blague de Carambar.

— C'est pas un raison pour lui sauter dessus ! réprimanda Penguin, un sourire amusé aux lèvres.

— Pff, t'es jaloux, c'est tout ! rétorqua Walter, boudeur.

— Comment tu l'as deviné ? l'interrogea le concerné avec un sourire ironique.

Shachi s'approcha de son ami et, positionnant sa main près de son visage, il demanda sur le ton de la confidence :

— Tu es de ce bord là ? s'enquit-il.

— Mais non ! Je plaisantais ! s'écria Penguin en fronçant les sourcils.

Le brun à lunettes s'éloigna et ses lèvres se retroussèrent en un sourire narquois.

— De toute façon personne ne voudrait de toi, désolé de te l'apprendre !

Piqué au vif, Penguin arbora lui aussi un air moqueur et leva les yeux au ciel.

— Parce que tu penses sérieusement que TOI tu es populaire auprès des femmes ?

— Exactement, monsieur ! riposta Shachi en croisant les bras, s'approchant de lui pour le toiser de toute sa hauteur et ainsi l'intimider.

— Tu parles, même une limace aurait plus de grâce que toi !

C'était qu'il avait de la réparti, Penguin ! Sans plus attendre, Shachi contre attaqua :

— Fait gaffe, si tu veux pas que je te tape et que tu finisses par devoir marcher comme tes ancêtres les manchots !

— Qu'est-ce que tu as contre les manchots ? C'est très mignon ! se défendit aussitôt son interlocuteur, outré qu'il ose utiliser ce genre d'argument contre lui. Toi tu étais quoi dans ton ancienne vie, hein ? Un monstre des mers peut-être ?

— Pourquoi pas ? Je suis bien plus fort que toi, affirma le brun en lui tirant la langue.

— Tu veux vérifier pour voir ? riposta Penguin en brandissant ses poings, se mettant en position de combat.

— Viens, je t'attends !

Ban le pacifiste se sentit aussitôt obligé d'intervenir. Il leva les bras en l'air et ordonna posément :

— On se calme les gars.

— Toi la ferme ! s'écrièrent les deux autres à l'unisson à l'égard du romantique.

Cela lui cloua le bec et il croisa les bras pour témoigner son agacement.

— Aucun raffinement, se plaignit-il, marmonnant dans sa barbe inexistante.

— ça doit être leur façon de relâcher la pression de ces derniers jours, expliqua placidement Shad, toujours adossé contre le meuble. L'ambiance était aussi joyeuse qu'un enterrement.

— Drôle de manière de percevoir les choses, commenta celui aux cheveux blancs.

Pendant ce temps là, May essayait de pousser Walter pour enfin respirer mais celui-ci était trop obnubilé par la scène qui se présentait autour de lui pour remarquer qu'elle était là.

— Sérieusement, vous allez pas vous bagarrer dans la cuisine ! tenta Ban à nouveau avec exaspération, alors que Shachi et Penguin discutaient d'une drôle de manière :

— Grrr ! envoyait de manière provocante Shachi.

— Grr grrrr ! renchérissait ardemment Penguin.

Et ça continuait ainsi.

— Cinq berrys que c'est Shachi qui gagne ! cria le blond avec engouement.

— Dix berrys que c'est Penguin qui gagne, dit Shad.

— Pari tenu ! accepta Walter, certain de gagner.

— Mais vous ne m'aidez pas là, les gars ! les gronda Ban en se tournant vers eux.

Le combat commença, sous les commentaires de Walter qui se prenait pour Thierry Roland. Bien évidemment, aucun des deux n'étaient réellement en colère, ils s'amusaient juste et avait trouvé n'importe quel prétexte pour se battre gentiment. Ils s'envoyèrent quelques coups durant une dizaine de minutes tout en essayant de ne rien casser dans la cuisine, histoire de ne pas se faire enguirlander par le capitaine après. Ils finirent par s'arrêter lorsque Shachi s'écroula à terre, le visage légèrement égratigné. Penguin eut un sourire suffisant et fixa son public (ici Shad et Walter, pendant que May soupirait bruyamment et que Ban restait profondément exaspéré).

— Et c'est qui le meilleur ?

— C'est Penguin ! répondit Walter.

Celui-ci, après s'être fait complimenté de toute part pour flatter son ego, tendit sa main en direction de son ami qui était toujours à terre et l'aida à se relever.

— ça faisait longtemps qu'on s'était chamaillé comme ça, lança Shachi entre deux éclats de rire.

— Ouais, ça défoule ! dit Penguin, riant aussi.

A seulement deux mètres de là, une jeune fille souffrait.

— sgqkjfvncbqsfd…., souffla May d'un ton très bas, voir quasiment inaudible. A tel point que les autres ne comprirent pas ce qu'elle avait dit.

— Tu as dit quelque chose ? demanda Walter avec surprise, comme s'il venait de se rappeler qu'elle était juste sous lui.

— Trop lourd… murmura la jeune fille.

— Eh ? lâcha l'autre, n'ayant toujours pas compris.

Elle s'énerva pour de bon :

— TU ES TROP LOURD ! cria-t-elle en le poussant violemment vers l'avant, ne supportant plus de servir de paillasson.

Il tomba au sol en poussant une exclamation de surprise. Gênée, elle se releva et se tritura les mains.

— P-pardon, je voulais pas te faire mal, s'excusa-t-elle vivement, n'ayant aucune intention de le blesser.

— Ne t'excuse pas, il l'avait bien mérité, contredit Ban. Ça lui apprendra à agir ainsi !

— Plus le temps passe, plus il me déçoit, ajouta Shad d'un ton monotone, reluquant le concerné.

— Eh, je suis là, les gars ! cria Walter, encore à terre.

— Et ? demandèrent Ban et Shad.

— Je peux entendre ce que vous dites ! vociféra-t-il, agacé par le comportement des deux autres.

Shad tendit alors sa main vers celle de Walter. Celui-ci allait la prendre pour se relever, pensant que son ami lui proposait son aide, mais il fallait croire qu'il s'était trompé en ce qui concernait la loyauté de son fidèle, car Shad secoua négativement la tête.

— Mes dix berrys, expliqua-t-il avec impassibilité.

Walter grogna. Traître. Il se releva tout seul en rassemblant le peu de dignité qui lui restait et sortit les dix berrys de sa poche. Shad les prit et les observa longuement, sous les yeux larmoyants du blond.

— Mon précieux..., chouina-t-il comme un enfant.

Pendant qu'il continuait de se plaindre au côté de May qui l'engueulait parce qu'il l'avait écrasé trop longtemps, Shachi lança un sourire à Penguin.

— Tout est redevenu à la normal, on dirait.

— Ouais, confirma Penguin. Cette ambiance… elle m'avait manqué.

— Ce ne serait pas pareil, sans elle.

— C'est sûr ! May est trop cool !

La jeune fille sursauta en entendant son nom.

— Hm ? Vous avez dit quelque chose… ?

— Rien, rien, dit Shachi, la gratifiant d'un beau sourire.

Elle haussa les épaules.

— Au fait, pourquoi tu n'étais pas là ces derniers temps ? lui demanda Walter.

La question la pris au dépourvu et la tristesse s'alluma dans ses yeux, ce qui n'échappa pas à tous les autres, sauf à Walter.

— J'étais un peu fatiguée, c'est tout, mentit-elle avec un sourire.

Il allait répliquer lorsqu'un bruit résonna. Ban sonda Walter du regard, les yeux plissés.

— Ne me dis pas que c'est ce que je pense ?

— Ce n'était pas moi ! Je n'oserai jamais, et puis, mes intestins se portent très bien ! Pourquoi je suis le premier visé ? Quel monde cruel ! s'égosilla-t-il avec exagération comme s'il jouait une pièce de théâtre.

— C'était qui alors ? Penguin ? ajouta Ban.

— Pourquoi tu t'acharnes tout le temps sur moi ? demanda celui-ci en soupirant.

Il fixa alors Shachi qui fit non de la tête, et Shad, n'y pensons même pas. Alors tous les regards se posèrent sur May qui voulu se cacher très, très loin.

— Q-quoi ? lança-t-elle.

— Ne me dites pas que la seule fille de cette équipage à oser…, se lamenta Ban.

— Pourtant, y a pas d'odeur particulière, lâcha Walter en toute délicatesse.

Voyant ou il voulait en venir, la lycéenne se justifia aussitôt :

— C-ce n'est pas ça ! C'est mon ventre, je meurs de faim ! J'étais venue ici pour ça, à la base…

Ban plaqua ses deux mains sur les épaules de la jeune fille, comme frappé par une révélation.

— Je le savais que tu n'étais pas capable d'une telle chose !

— Dis celui qui l'a accusée deux secondes avant, lancèrent tous les autres en levant les yeux au ciel.

— Peu importe, répliqua Ban, je vais te faire un bon repas !

— Tu sais cuisiner ? l'interrogea la lycéenne avec stupéfaction.

Un sourire empreint de fierté naquit sur le visage de son interlocuteur.

— Bien sûr, je suis même le chef cuisinier attitré de cet équipage ! C'est moi qui fait le repas pour tout le monde, sauf que nous on mange dans une salle à part. Seul le capitaine choisi avec qui il mange et ou. Dès fois il vient avec nous, mais la plupart du temps il mange soit dans sa chambre sois avec toi, Shachi, Penguin et Bepo.

— Oh ~ lâcha-t-elle admirative. Je suis impatiente de goûter dans ce cas !

— Je vais m'y mettre tout de suite ! ça vous dit des crêpes ?

— Ouais ! s'exclama May levant les mains en l'air.

— Il reste du chocolat ?! demanda Walter. Si y en a pas, j'en veux pas !

Oui, Walter aimait vraiment le chocolat.

— Oui, oui, il en reste. J'en ai racheté un pot neuf la dernière fois que j'ai fais les courses, confirma son vis-à-vis.

— Je t'aime ! proclama walter en lui attrapant les mains.

May sourit. Elle s'attachait déjà à ces trois-là, ils étaient bien sympathiques.

Ouvrant les placards, Shad chercha du regard son pêché mignon qui était indispensable pour accompagner ses crêpes. Il vit avec joie la boite qu'il aimait tant et l'attrapa vivement avant de vérifier à l'intérieur. Et là, ce fut le drame. La boite était vide, totalement vide. D'un air penaud, il renversa la boite et l'agita de haut en bas, comme s'il était certain qu'un miracle allait se produire. Les battements de son cœur se firent plus rapide, son corps fut submergé d'une énorme colère ainsi que d'une tristesse déchirante. Ce n'était pas possible, n'est-ce pas ? Il devait rêver. Oui, c'était ça. Il était en plein cauchemar, et quand il se réveillerait, il retournerait dans la cuisine et il trouverait sa nourriture favorite, et la vie reprendrait son cours normal. Pourtant, les secondes avaient beau s'écouler, sa boite favorite demeurait toujours vide. Sacrilège. Ô rage, Ô désespoir, Ô vieillesse ennemie ! Il n'y en avait vraiment plus !

Une lueur meurtrière brilla dans ses yeux noirs, il ne pouvait y avoir qu'un seul fautif.

Aussi rapidement qu'un adolescent en proie à une gastro aussi soudaine que prématuré, il bouscula violemment Walter qui tomba une nouvelle fois à terre et se posta devant le cuisiner, à seulement quelques mètres de son visage, ses yeux lui envoyant des éclairs. Ban haussa un sourcil, peu impressionné, alors que Walter s'écartait en se massant la tête, las de se faire brutaliser par les autres membres de l'équipage, sous l'air railleur de Penguin et Shachi et, celui plus compatissant de May.

— Pourquoi tu me fixes comme ça ? quémanda d'un ton léger celui qui avait un bandeau sur la tête.

Ce ton déplut fortement à visage pâle (alias Shad) qui trouvait que le moment n'était pas à la rigolade.

— Je ne te pardonnerai pas pour ce crime.

— De quoi tu parles ? demanda Ban, ne voyant pas où il voulait en venir.

— Je te déteste, continua de lancer Shad aussi brusquement qu'une avalanche.

Pour ce qui était de se faire comprendre, Shad avait quelques difficultés, au vue de la situation.

— Mais encore ?

— Je n'oublierai jamais ce jour de ma vie, poursuivit-il haineusement, une aura menaçante se dégageant de lui.

— Et si tu m'expliquais la raison de ces reproches aussi bien infondés qu'inutiles ? soupira le concerné.

Shad fronça les sourcils et attrapa la fameuse boite qu'il avait posé près du lavabo, avant de la balancer dangereusement en direction de Ban qui l'attrapa habilement sans aucune difficulté.

— Il n'y a plus de TAIYAKI ! s'indigna-t-il avec vivacité comme si c'était la fin du monde.

Désabusé, Ban regarda à l'intérieur de la boite. Ah oui, elle était vide. Il avait oublié d'en acheter. Quand il s'agissait de taiyaki, Shad perdait facilement son sang froid.

— Ah, dit-il simplement comme s'il y considérait autant d'importance qu'une licorne argentée qui chantait « mon petit poney » en compagnie de Severus Rogue dansant la macaréna.

— Ne prend pas cet air là ! Tu sais très bien que j'ai BESOIN de mes taiyaki ! Quel est ton excuse pour ce crime atroce ? Tu mets notre amitié en jeu, là !

Ban leva ses yeux cyans vers le plafond et pencha la tête sur le côté, fronçant très légèrement les sourcils et semblant chercher une réponse.

— Bah…

— Hm ? Je t'écoute, lança-t-il, suspicieux et impatient.

Il reporta son attention sur Shad et, avec autant d'enthousiasme qu'un caillou, expliqua sans aucun remord :

— J'ai oublié d'en acheter.

Cela fit trembler Shad de colère. Impardonnable !

— Pff ! lâcha-t-il, croisant les bras et se mettant à l'écart.

- Si tu l'avais noté sur le tableau sur lequel il y a la liste de course, on n'en serait pas là..., soupira Ban.

Ahurie, May fixa Penguin et Shachi, pointant Shad du doigt.

— Il est en train de bouder, là ?

— Ouais, il boude.

— Il est un peu lunatique sur les bords. Un coup il est calme, un coup il peut être super violent, surtout quand il s'agit de ses taiyaki ! expliqua Walter.

May rigola ouvertement.

— J'ai jamais vu des gens aussi drôles !

Ban eut un sourire, Shad ne réagit pas, Shachi et Penguin rirent et Walter aussi. Elle se sentait beaucoup mieux, toute sa tristesse s'était envolée. Comment avait-elle pu restée enfermée dans sa chambre pendant tout ce temps ? Elle était trop bien avec eux ! Ce genre de moments, dans lesquelles elle riait à ne plus pouvoir respirer, elle ne les avait jamais eu avec ses amis de lycée. Tout simplement parce que, au fond, de vrais amis, elle n'en avait jamais eu. Ceux qu'elle avait au lycée ne faisaient pas vraiment attention à elle. Elle était avec eux pour ne pas être seule, c'était plus une forme d'hypocrisie qu'un réel attachement à son groupe. Mais là, avec Shachi et les autres, elle se sentait tellement bien, elle-même, tout simplement, spontanée et sincère.

Soudainement, un détail lui revint en tête : Walter l'avait approchée, Ban aussi, et pourtant, elle n'avait pas paniquée, ça ne l'avait aucunement dérangée. Elle s'était peut-être inquiétée pour rien, finalement. Ça la rassurait de pouvoir avoir des contacts avec les autres sans être terrifiée. Tous allèrent s'asseoir à table hormis Shad qui continuait de bouder dans son coin. Ils discutèrent joyeusement pendant que Ban préparait la pâte avec calme et rigueur. En l'observant, May crut un instant voir Sanji à sa place, mais cette image s'effaça pour laisser apparaître celui aux cheveux blancs. Non, ce n'était pas pareil. Ban ressemblait plus à un artiste quand il cuisinait. Ces gestes, bien que très habiles comme Sanji, étaient contrairement à ce dernier, empreint d'une grâce qu'elle ne lui connaissait pas ainsi que d'une certaine beauté. Ils étaient mesurés, mais également lents, doux, comme s'il dirigeait un orchestre.

Hm… dans mon monde, il aurait été artiste. Ça se voit rien qu'en le regardant, pensa-t-elle.

Elle fronça les sourcils.

Comment arrive-t-il à adopter ce comportement pacifique et empreint de gentillesse, dans ce monde où il faut être impitoyable ? pensa-t-elle ensuite. Pourtant, il a l'air très fort, aussi.

Contrairement à moi.

Elle voulait tellement changer, être quelqu'un d'autre. Elle était capable de donner n'importe quoi pour la place d'une autre personne. Une personne plus forte physiquement et mentalement, qui ne faiblirait pas face à l'adversité et qui, telles les étoiles dans la nuit noire, éclairerait tout, même les ténèbres les plus oppressantes, sans chanceler, sans aucune crainte. Oui… C'était ce genre de personnes qu'elle voulait être. Pas une pleurnicharde qui passait son temps à se plaindre et à croire obstinément que chaque personne possédait une part de générosité et de gentillesse.

Tu ne te rends toujours pas compte du chemin que tu as fait jusqu'à maintenant ? Regarde-toi, tu as gagné en maturité et en puissance, je peux te l'assurer. Tu n'es pas aussi forte que nous, certes, mais tout ce que tu as accompli depuis que tu es ici... nous, on n'a jamais autant évolué en si peu de temps, je peux te l'assurer.

Shachi avait-il pensé ces mots lorsqu'il les avait prononcés ? Elle en doutait. Elle avait beau cherché dans sa tête, elle n'avait pas la sensation d'avoir tant évolué que ça. Certes, elle était capable de tirer sur des marines pour se défendre, mais rien de plus. Elle restait la jeune fille de dix sept ans qui pleurait pour un rien, timide et réservée.

Une fois la pâte prête, Ban la laissa reposer une heure, durant laquelle ils discutèrent tous joyeusement. Même Shad avait arrêté de bouder au bout d'une demi-heure et, lorsque Walter lui avait fait remarqué qu'il s'était comporté comme un gamin, le brun aux cheveux long lui avait donné un coup de pied sous la table pour le faire taire, avant de reprendre son calme légendaire.

A la fin de l'heure, Ban décida qu'il était temps de faire les crêpes ! Il imbiba donc un mouchoir d'huile et graissa la poêle avec, puis, d'un geste parfaitement maîtrisé, étala la pâte un peu partout, et comme ils s'y attendaient tous, la forme était parfaite. Il la retourna d'un mouvement souple du poignet au bout de quelques minutes, peu de temps plus tard, la crêpe était terminé et reposait dans une assiette. Walter se léchait déjà les babines, et on pouvait voir un filet de bave couler le long de son menton. Il observa Ban et remarqua avec joie que celui-ci était concentré à faire la deuxième crêpe. Gourmand, il profita de son attention sur ce qu'il faisait pour approcher doucement sa main vers la cible tant convoitée, c'est-à-dire la jolie crêpe qui brillait de milles feux et qui n'attendait que d'être recouverte de chocolat et d'être mangée.

Alors qu'il allait touché son but, sous l'œil amusé des autres membres de l'équipage, une main plus ferme frappa son avant bras pour le faire reculer, d'un geste ferme et autoritaire.

— Pose tes mains pleines de bactéries sur cette crêpe innocente et je t'envoie faire un câlin au mur, menaça Ban sans lui lancer un seul regard. Et en plus de cela, je tiens à rajouter que c'est May qui a faim, pas toi.

Le blond qui en avait marre de se faire taper (c'était tout de même la troisième fois en à peine deux heures), soupira et lança :

— Mais elle me fait de l'œil, cette crêpe ! Et puis, je commence à avoir faim, moi aussi…

— Tu attends ton tour, point, dit l'autre indifférent.

— Sans cœur !

— Par contre May je te l'offre avec tout mon amour, poursuivit-il en lui attrapant les mains, avec un arrière plan rose et plein de cœurs tout beau et tout niais.

— Je peux attendre, mais merci, c'est gentil, se contenta-t-elle de répondre, ne sachant que dire.

Après avoir bien mangé, May déclara qu'elle voulait faire des magasins. Elle les saluait donc d'un geste de main lorsque le bruit d'une chaise qui racle le sol se fit entendre. La lycéenne se retourna et haussa un sourcil. Shachi s'était levé et la sondait avec sérieux.

— Je t'accompagne, affirma-t-il.

— Pourquoi ? Je serai prudente, tu sais, dit-elle pour le rassurer.

— Le capitaine nous a formellement donné l'ordre de te protéger à chaque fois que tu vas à l'extérieur, fit remarquer Penguin en se levant à son tour avec un léger sourire.

Ah oui, lors de la réunion. Elle l'avait complètement oublié. Sans qu'elle ne puisse s'en empêcher, elle leva les yeux au ciel.

— Je ferai attention, contredit-elle, têtue comme une mule.

Elle ne voulait pas qu'ils se sentent obligés de la protéger.

— Hors de question de te laisser partir toute seule, insista le brun aux lunettes, croisant les bras d'un air autoritaire. On doit t'accompagner et puis tu n'as plus de pistolet, non ?

Elle soupira, pensaient-ils vraiment qu'elle était si faible que ça ? Elle savait qu'elle aurait beau sortir des arguments, ils ne céderaient pas. Après tout, ils respectaient les ordres de leur capitaine.

— D'accord, d'accord... comme vous voulez, souffla-t-elle.

Elle allait sortir de la pièce, lorsque Shachi l'interpella. Elle se retourna et vit celui-ci l'observer de haut en bas, avant de hocher la tête comme pour montrer que quelque chose n'allait pas.

— Il faut changer tes vêtements, les gens pourraient te reconnaître, après tout tu es passée dans le journal.

— Je voulais justement m'en acheter, se justifia-t-elle.

— Oui mais en attendant que tu les ai sous la main, il faut que tu sois méconnaissable.

— Je sais ! On pourrait lui donner une combinaison de notre équipage ! proposa Penguin après avoir claqué des doigts, fier de son idée géniale.

Les quatre autres approuvèrent, trouvant l'idée plutôt bonne.

— M-mais..., voulut rétorquer May, ayant un mauvais pressentiment à ce sujet.

— Pas de "mais" ! s'exclama Shachi en lui faisant un clin d'œil, amusé d'utiliser la phrase qu'elle avait employé juste avant d'aller dans la cuisine.

N'ayant guère le choix, elle attrapa la combinaison qu'ils leur tendirent après être allés la chercher. Retenant un air de chien battu pour les amadouer, elle alla dans sa chambre et se changea tout en évitant de se regarder dans le miroir, certaine d'être ridicule. Elle retourna auprès d'eux, peu rassurée. Son mauvais pressentiment se confirma alors : il se passa une minute de silence, dans lequel les différentes personnes présentes passèrent par plusieurs étapes émotionnelles. Dans un premier temps l'étonnement, car ils avaient eu jusqu'à maintenant l'habitude de la voir habillé autrement qu'avec ses vêtements mignons, puis la satisfaction en pensant qu'ainsi elle était méconnaissable, et enfin, la pire des réactions : la raillerie. En effet, leurs joues augmentaient de volume au fil des secondes qui défilaient, leur visage se teintait d'un rouge vermeille, leurs mains tremblaient et l'on pouvait entendre s'échapper des bruits sourds semblable à un rire franchir la barrière de leurs lèvres.

May plissa les yeux. Ils avaient envie de rire, ces phoques, ça se voyait à un point... ! Elle n'y pouvait rien, si cette tenue ne lui allait pas ! On ne voyait même pas sa bouche, celle-ci était dissimulée derrière le vêtement tant celui-ci était grand pour elle, ses mains flottaient littéralement dedans et ses jambes qui étaient plutôt maigres et petites semblaient affreusement larges. On aurait dit... non, elle n'avait même pas de mot pour se décrire.

— C-ca te va très bien ! mentit Penguin en essuyant une larme de rire, essayant de se retenir d'éclater.

May laissa sortir un grognement semblable à celui d'un animal. Tu parles, il avait les joues gonflées à bloc, comme Shachi, qui sous son regard menaçant, se sentit obligé de commenter lui aussi :

— O-oui, tu es magnifique ! dit-il avec enthousiasme.

Puis les deux idiots se lancèrent un regard et, sans qu'ils ne puissent s'en empêcher, explosèrent de rire à tel point qu'ils finirent par se rouler par terre. Cette scène sembla familier à la lycéenne, qui se rappela qu'ils avaient déjà eu cette réaction après avoir vu pour la première fois son avis de recherche.

Je vais les tuer, pensa-t-elle haineusement, ayant anticipé à ce genre de réaction de leur part.

— Il manque un petit quelque chose... fit remarquer Walter. Ah ! Je sais.

Il sortit de la pièce et revint avec une casquette dans les mains. Elle était semblable à celle de Shachi : bleu avec un bord rouge. Sans de plus ample explication, il sourit et la posa sur l'épaisse chevelure de la lycéenne.

— Là, tu es parfaite !

Shachi et Penguin l'observèrent durant quelques secondes, puis explosèrent à nouveau, allant même jusqu'à frapper le sol et à pleurer, tellement ils trouvaient la scène comique.

— Putain, j'en peux plus ! avoua Shachi entre deux rire.

— Là c'est sûr, tous les marines vont avoir peur de toi, c'est encore pire que ton avis de recherche ! se moqua Penguin à son tour, le souffle rapide et entrecoupé.

— Arrêtez, c'est pas drôle ! se crut-elle bon d'intervenir, gênée et énervée. Vous tenez à votre espoir de reproduction ?

— Tu nous l'as déjà faite celle-là ! rétorquèrent les deux clowns sans s'arrêter de railler pour autant.

— Pff..., marmonna-t-elle, se détournant d'eux pour ne plus voir leur sale tête.

Ban s'approcha d'elle pour la réconforter.

— Ne les écoute pas, cette tenue te va à ravir.

N'ayant aucune confiance en ses paroles, May lui lança un regard suspicieux. Pas moins de dix secondes plus tard, Ban rejoignit Shachi et Penguin dans leur éclat de rire.

— Désolée, mais là c'est vraiment trop ! s'excusa-t-il, conscient que son comportement n'avait rien de celui d'un gentleman.

— Pauvre May, tu devrais dire quelque chose Shad, pour la réconforter.

Et qu'est-ce qu'il voulait qu'il dise l'autre blondinet ? Il s'en foutait lui de comment elle était habillée. C'est alors que, en observant la lycéenne, Shad eut une vision, une vision désagréable qui le glaça sur place.

— Tes cheveux..., commença-t-il.

Tous s'arrêtèrent de pouffer, attendant avec impatience ce qu'allait dire le jeune homme pour la réconforter.

— On dirait la sœur de Ivankov, conclut-il franchement sans aucune pitié.

Une flèche imaginaire se planta douloureusement dans le cœur de May qui se figea sous la remarque. Les trois jeunes hommes qui se moquaient d'elle depuis tout à l'heure gloussèrent à nouveau et se retrouvèrent une deuxième fois à s'esclaffer à ne plus pouvoir en respirer tant le constat de Shad les avaient étonnés et amusés à la fois. Ne sachant que dire pour les faire taire, la lycéenne n'eut d'autre choix que de croiser les bras d'un air boudeur et d'attendre qu'ils se calment, les joues rouges et le corps bouillonnant d'une colère qu'elle aurait bien laissé exploser, mais elle se ravisa et décida de garder son calme qui, dans cette situation, pouvait être qualifié de légendaire. Garder son sang froid avec ceux-là était presque impossible voir même inhumain.

Le silence revint enfin, les trois idiots retrouvant leur calme après cinq minutes qui avaient semblé interminables pour la jeune fille. Ils allaient franchir la lourde porte menant à l'extérieur lorsque Shachi prit la parole

— Je préfère le dire avant qu'il ne soit trop tard : si tu comptes aller dans une pharmacie, je reste dehors, annonça-t-il marqué par la fois où il s'était fait agressé par la vendeuse alors qu'il devait juste acheter des serviettes hygiéniques en compagnie de Penguin.

— Pareil pour moi, rajouta celui-ci.

Ne comprenant pas vraiment pour quelle raison ils disaient ça, elle haussa les épaules et franchit la porte, avant d'atterrir sur la terre ferme et de commencer à déambuler discrètement dans les rues de la ville. Elle allait entrer dans le premier magasin, lorsqu'elle s'arrêta et observa les cinq jeunes hommes qui l'escortaient tels des chevaliers servants.

— Vous voulez pas rester là ? C'est vraiment gênant. Déjà que je porte cette tenue..., avoua-t-elle.

La remarque, bien que prononcée sur un ton innocent et sans aucune arrière pensée, toucha les cinq subordonnés.

— Merci du compliment, je te rappelle qu'on l'a depuis des années, nous ! rétorqua Walter, vexé.

— Ah ! s'exclama-t-elle. Pardon, je voulais pas vous offensez ! s'excusa-t-elle en agitant ses mains devant elle.

— Mais pourquoi tu veux de nouveaux vêtements ? Tu n'aimes pas ceux que l'on t'a offert ? fit remarquer Penguin.

— Si, si, ils sont super ! contredit-elle aussitôt pour ne pas le blesser. Mais ils ne sont pas pratique pour se battre, ils me gênent dans mes mouvements, et...

— et... ? répéta-t-il en soulevant un sourcil.

— Et avec ces vêtements, j'ai l'air d'une gamine de quinze ans qui va au parc d'attraction. Je veux avoir l'air d'un pirate, un vrai !

Il hocha la tête en guise de réponse.

Après cela, elle dû se faire à l'idée qu'ils l'accompagneraient et ne la lâcheraient pas d'une semelle, malheureusement pour elle. Elle soupira alors pour au moins la centième fois depuis qu'elle était dans le monde de One Piece et entra dans le magasin, penchant précautionneusement un peu plus sa casquette pour ne pas être repérée. Depuis la parution dans le journal, elle savait qu'elle devait redoubler de vigilance, elle ne pouvait plus se déplacer librement désormais. Quelle tristesse. Elle qui appréciait se balader en ville tout en observant le paysage et les passants, elle allait devoir trouver autre chose pour s'occuper. Il était si désolant de rester la plupart du temps cloîtrer à l'intérieur à ne rien faire !

Sans plus attendre, elle commença à chercher ce qui pourrait lui plaire et ce qui serait confortable pour se battre, tout en essayant d'ignorer le regard curieux des autres personnes présentes face aux cinq jeunes hommes qui l'encerclaient tels des gardes du corps un peu trop dévoués. Ils l'étouffaient presque ! Une fois les vêtements choisis, elle se dirigea vers la cabine d'essayage, mais s'arrêta juste devant, se sentant obligée de se retourner et de fixer ses chevaliers.

— Celui qui rentre, il est mort, compris ?

Walter, qui avait amorcé un pas pour justement faire le contraire de ce qu'elle venait de dire, s'arrêta et déglutit légèrement sous les yeux menaçants de la lycéenne. Il se recula aussitôt et se rangea auprès de ses camarades tout en lâchant un rire jaune, sous l'air exaspéré de ceux-ci.

Quelques minutes plus tard, elle sortit à nouveau avec la combinaison et se dirigea vers la caisse. Elle allait sortir son porte monnaie pour payer lorsque Ban la stoppa dans son geste.

— Je te les offre, considère-le comme un cadeau, déclara-t-il en lui faisant un clin d'œil, ses lèvres se retroussant en un sourire amical.

May, qui détestait avoir une dette envers quelqu'un, voulut rétorquer mais il ne lui laissa pas le choix. Une fois les vêtements payés, elle retourna dans une cabine et les enfila, impatiente. Elle s'observa d'un dernier regard satisfait et ils sortirent alors du magasin. Shad avait été nommé "ange gardien", alias celui qui devait porter le sac dans lequel était la combinaison et tout ce qui allait avec. Encore une fois, il se demanda ce qu'il foutait là.

Ban s'empressa de la complimenter sur sa nouvelle tenue, compliment qu'elle accepta humblement. Shad en avait juste rien à faire, Walter la trouvait à la fois classe et gracieuse, tandis que les deux autres restaient un peu dubitatifs. Il n'y avait rien de mignon dans ce qu'elle avait acheté, comme si elle voulait enterrer cette facette de sa personnalité pour quelque chose qui inspirait un peu plus de confiance en elle et de détermination.

La jeune fille alla ensuite acheter un nouveau pistolet, des munitions et, à la stupéfaction de tous, une dague.

— Qu'est-ce que tu vas en faire ? demanda Shachi en haussant un sourcil, les bras croisés contre son torse.

— Au cas où je n'ai plus de munition, expliqua-t-elle vaguement.

— Tu en seras capable ? l'interrogea Penguin à son tour avec un faible froncement de sourcil, mêlé à une certaine inquiétude. Je veux dire, tuer à distance et tuer de ses propres mains, ce n'est pas pareil. Si jamais tu refaisais des crises...

Walter, Ban et Shad se lancèrent une œillade interrogative, ne voyant pas ou l'autre voulait en venir.

— Je n'en referai plus, c'est terminé, rétorqua-t-elle franchement, se voulant convaincante. J'ai décidé d'être plus forte, je ne veux plus être un poids pour qui que ce soit.

— Mais tu n'es pas..., commença Shachi en s'avançant d'un pas.

May secoua la tête de gauche à droite avec un sourire mélancolique, le coupant dans sa phrase.

— C'est gentil, vraiment, affirma-t-elle d'une voix douce, attendrie par le fait qu'il ait voulu nier son constat. Mais j'ai compris que c'était la vérité, alors s'il vous plaît, faites-moi confiance, je sais ce que je fais.

Ils se turent, abasourdis par cette soudaine prestance qui émanait d'elle. Depuis quand semblait-elle si fragile et si forte à la fois ? Elle avait l'air d'être la même que la journée de la veille, et pourtant, ils sentaient bien que quelque chose avait changé.

La lycéenne leur lança un sourire amical et pivota sur ses talons dans le but de rentrer au sous-marin jaune. Une certaine fierté l'envahissait. Law l'avait fait souffrir, énormément, mais grâce à cela, elle avait pris conscience de sa faiblesse, qu'elle considérait comme physique mais également morale. Elle savait depuis le début qu'elle était un fardeau pour l'équipage et qu'elle possédait plus de défauts que de qualités, et si c'était l'une des raisons pour laquelle Law refusait ses sentiments, alors elle allait changé, pour lui, mais surtout pour elle. Elle en avait marre de pleurer à cause de sa sensibilité, son désir était de devenir plus forte, plus déterminée, et de pouvoir enfin trouver sa place dans cet équipage et, plus généralement, dans ce monde qui, malgré quelques différences, ressemblaient beaucoup au sien. Elle était considérée comme une étrangère, comme une gamine qui n'avait rien à faire là, et ça aussi, ça commençait à l'agacer. On lui collait un post-it à la figure avec écrit "colis venue d'ailleurs" ! Pour qui se prenaient ces marines, à la fin ? Certes, c'était la vérité, elle n'était pas d'ici, mais pour autant, ne pouvait-elle pas y mettre sa pierre et y montrer son passage ? Ne pouvait-elle pas, comme n'importe quel artiste de son monde, marquer les esprits et laisser quelque chose derrière elle ?

Bien qu'avant d'atterrir dans One Piece elle faisait de son mieux pour s'effacer et être discrète, était-elle en tort de vouloir désormais s'imposer et s'affirmer telle qu'elle était ?

Sûrement pas. Et peu importe si cela déplairait aux autres !

— May, il ne faut pas aller par là, il y a...

Elle était tellement dans ses pensées qu'elle se cogna contre quelqu'un. La casquette de Heart Pirate qu'elle avait gardé pour cacher son visage tomba sous le geste. Elle releva la tête et vit un homme d'une vingtaine d'année aux yeux noirs. Il portait une casquette qui lui rappelait quelque chose.

— Des marines..., acheva Ban avec une grimace.

La lycéenne eut un rictus. Et Merde. Elle s'écarta de quelques pas, et ce qui devait arriver, arriva :

— Les gars, la fille qui est recherchée par les supérieurs est là ! hurla-t-il à l'encontre de ses camarades, alertant les autres.

Sans plus attendre, Walter l'assomma d'un bon coup dans la figure.

— On ferait mieux de pas rester ici ! cria-t-il.

Sans plus attendre ils commencèrent à courir en direction du sous-marin jaune, poursuivis par des marines qui criaient encore et encore. Mais ils furent rapidement obligés de commencer à se battre, sans plus attendre, Shachi sortit son Den Den Mushi pour appeler Law. Celui-ci qui était dans la salle des machines, sortit l'escargot de sa poche et décrocha sous l'attention des autres subordonnés.

Capitaine, on s'est fait repéré à l'extérieur par les marines, May en a bousculé un sans faire exprès, informa le brun à lunettes.

Noa, qui étai présent, leva les yeux au ciel et retint un soupir d'agacement.

— Comment se présente la situation ? demanda Law pour plus de précisions.

Mal. On est six en tout mais il y a beaucoup de marines, et May a du mal à se défendre. Elle-

La communication fut alors coupée, avant de redémarrer à nouveau.

May, derrière toi ! hurla Shachi, abîmant les tympans de Law qui grinça des dents.

Pauvres tympans.

— Bon écoute-moi, reste à l'écart et observe la situation, expliqua le capitaine. Si ça dégénère, on arrivera.

Très bien capitaine, mais... Merde !

— Qu'est-ce qu'il se passe ?

C'est May, elle-

La communication fut coupée à nouveau. Law patienta, mais l'escargophone restait silencieux. Alarmé, il décida qu'il devait se rendre sur les lieux. Sans plus attendre il ordonna à Bepo de s'occuper du sous-marin pendant son absence et, sous les yeux des autres personnes présentes dans la salle, il sortit d'un pas pressé.

Noa eut un sourire narquois, et ne put s'empêcher de faire une remarque :

— Je vous l'avais dit, cette gamine ne nous attirera que des ennuis.

—Il arrive quand ? déclara Bepo.

— Qui ? lâcha Noa, ne comprenant pas.

— Celui qui s'intéressera à ce que tu dis.

Énervé, Noa retint un juron et reprit sa tâche après avoir fusillé l'animal d'un dernier regard menaçant, ce auquel il répondit par l'indifférence la plus totale.

Il fallait croire que Bepo savait se défendre, quand il s'agissait de personnes auxquelles il tenait.

[...]

Le silence régnait lourdement.

Comment pouvait-elle s'échapper ? Elle était prise au piège. Elle était en train de se battre avec son pistolet, à l'écart, ça se passait plutôt bien même si elle avait plusieurs fois frôlé la lame des soldats, jusqu'à ce que l'un des leurs arrive par derrière et lui donne un coup à la tête, ce qui l'avait un peu assommé. Ensuite, il l'avait attrapé par les cheveux et avait menacé aux autres personnes de l'équipage de lui couper la tête s'ils continuaient de combattre. Résultat, ils étaient tous en difficulté par sa faute.

Ses cheveux étaient emprisonnés entre les doigts du marine qui les serraient sans aucune retenue pour l'empêcher de s'échapper. Les sourcils froncés, May réfléchissait à toute vitesse. Elle était dans une grande position de faiblesse. Elle venait tout juste de changer de vêtements pour symboliser un changement dans sa manière d'être, et pourtant, la voilà qui était sur le point de se faire capturer ou tuer pour une bien belle somme. C'était comme si l'illusion qu'elle avait fondée se brisait en milles morceaux. Il n'était pas aussi facile de devenir forte, n'est-ce pas ? L'impatience la rongeait, elle désirait tellement être un pirate à part entière et être plus puissante mentalement et physiquement. La frustration la submergeait. Allait-elle rester faible toute sa vie ?

Ses lèvres tremblèrent. Non. Elle ne devait plus se poser se genre de question, si elle voulait avancer il fallait qu'elle fasse des efforts et arrête de se lamenter !

Le capitaine pense que... tu pourrais nuire à son objectif

Elle était considérée comme un boulet. Et ça, il en était hors de question ! Jusqu'à maintenant elle avait réussi à changer tout au fond d'elle, si cela ne suffisait pas, elle pouvait continuer à donner tout ce qu'elle avait ! Même si elle devait pour cela perdre un tant soi peu de son humanité pour parvenir à se défendre et protéger les autres, elle le ferait ! L'espoir d'une fin heureuse était minime, la mort guettaient constamment les hommes, là où ses yeux teintés de sa souffrance se posaient, elle ne voyait que la misère, le sang et la mort. Au début, elle avait agi comme si elle ne le remarquait pas, mais la vérité était bien là, devant elle : ce monde était cruel, aussi barbare que le sien.

Tu as bien fait, nous manquions de marchandises, justement

Papa m'a dit que maman était au ciel et qu'elle veillait sur moi pour me protéger, donc pour la remercier je veux lui donner cette peluche… vous pensez que ça lui ferait plaisir ?

Alors c'était ça. Elle est une esclave des Dragons Célestes.

Cette sensation d'étouffer, de ne pas savoir pourquoi on est là, on l'a tous ressenti à un moment ou un autre

C'était difficile, mais elle devait l'accepter, pour qu'un vrai changement ait lieu. D'accord, elle n'avait pas l'étoffe d'un pirate, et c'était normal, elle ne venait même pas de ce monde, mais cela ne devait pas l'empêcher de faire de son mieux ! Sa décision était prise, elle n'allait plus se laisser faire !

— Te voilà dans une position désagréable, petite, commenta celui qui la tenait par les cheveux d'un sourire narquois.

May eut un sourire, léger, qui fleurit sur ses lèvres, ce qui fit hausser les sourcils de son ennemi. Dans le silence oppressant qui régnait, elle laissa échapper un rire enjouée, qui rendait le paysage étrange et original, au vue de la situation.

— Je peux savoir ce qui te fait rire ? l'interrogea l'autre d'une voix agacée.

Elle s'arrêta brusquement de rire, laissant ses lèvres se retrousser en un sourire satisfait. C'était comme si tout s'éclairait dans son esprit.

— Je l'ai trouvé... La raison pour laquelle je suis dans ce monde, la raison pour laquelle je navigue en mer à leurs côtés au péril de ma vie. Je l'ai trouvé... souffla-t-elle lentement, son visage dissimulé par un voile d'ombre.

Elle marqua une pause, et son regard se fit flamboyant, brillant d'une intensité nouvelle, d'un éclat qui marquait un tournant dans sa manière de concevoir les choses.

— Je suis peut-être pleurnicharde, faible et sans intérêt, mais des gens m'acceptent telle que je suis et ont besoin de moi. Si je suis ici, c'est parce que je devais vous rencontrez ! Ce monde n'est pas le mien, mais je peux y trouver ma place, personne ne pourra dire le contraire !

C'est alors que, brusquement, elle attrapa la dague qu'elle avait cachée sous son haut d'une main ferme et déterminé, puis, sans aucun regret, elle trancha d'un geste rapide la masse de cheveux que tenait l'homme entre ses mains. La prise s'enleva alors et il fit un pas en arrière, stupéfait, alors que les cheveux épais de May tombaient au sol. Sans plus attendre, la jeune fille sauta sur ses deux pieds et lui fonça dessus avant de lui asséner un violent coup de pied, le faisant voltiger un peu plus loin. Il atterrit à terre, le nez en sang et gémissant de douleur. Il releva la tête et fixa de ses yeux écarquillés celle qui deux minutes auparavant était en mauvaise posture. En même pas dix secondes, elle avait fait basculé la situation, il ne s'y attendait pas du tout. Sur la photo de journal, elle semblait sans défense, alors que là, devant lui, elle était différente.

Les cheveux désormais coupés et s'arrêtant à quelques centimètres de la nuque, laissaient apparaître le Jolly Roger qui était fièrement dessiné d'une marque indélébile en guise de loyauté et d'appartenance. L'air hautaine, les yeux chargés de froideur, May balaya les alentours d'un seul regard, de sorte à capter l'attention de tous.

— Oui, c'est vrai. Je viens d'un autre monde, avoua-t-elle avec assurance, c'est une vérité que je ne peux plus nier, mais cela ne veut pas dire que je dois pour autant être différente des autres ! Vos supérieurs peuvent m'affubler de tous les surnoms qu'ils veulent en lien avec le fait que je ne sois pas d'ici, je m'en moque ! Je m'appelle May, et je suis une Heart Pirate ! Je ne laisserai plus personne me dire où est ma véritable place ! Je serai à jamais loyale à mon capitaine, Trafalgar Law, ainsi qu'à son équipage !

Un vent soufflait, plus léger, plus agréable, comme pour sonner le début d'une nouvelle ère.

Law, qui venait d'arriver sur les lieux, l'observa avec stupéfaction. Le regard déterminé, les cheveux volants au vent, les sourcils froncés, elle faisait face. Elle inspirait la grâce, la détermination, la volonté et le respect. Elle portait un haut noir assez simple à bretelles et à manches longues qui laissaient juste entrevoir ses épaules dénudées. Un short en jean, décoré d'une ceinture noire grâce à laquelle était accrochée une pochette dans laquelle elle avait rangé ses munitions, enserrait sa taille. Elle avait remplacé ses fidèles ballerines noires par des converses à lacets, marrons, assez hautes et à talons stables, qui lui arrivaient un peu plus haut que les chevilles. Des chaussettes hautes elles aussi, noires, montaient jusqu'au dessus de ses genoux. Enfin, pour compléter le tout, elle avait enveloppé son cou d'une écharpe beige épaisse à carreaux qui bougeait au gré du vent.

Elle était si différente de d'habitude.

Il devait se l'avouer, car au fond de lui, son esprit lui criait la pure vérité : Elle avait l'étoffe d'un pirate, un vrai.

— Vous pouvez lancer des avis de recherche, mettre des photos dans le journal, augmenter ma prime autant de fois que vous le voudrez, je ne me laisserai pas faire ! cria-t-elle vivement d'une voix puissante et convaincante. Ne me sous-estimez pas !

On pouvait appeler ça une résurrection, en quelque sorte, comme si elle renaissait de ses cendres. En puisant dans sa propre souffrance, May trouvait la force de se battre. Law, qui était resté silencieux jusqu'au bout, tiqua lorsqu'elle se tourna vers lui.

— Désolée, je vais peut-être encore vous attirer quelques ennuis, mais m'acceptez-vous tout de même à vos côtés, capitaine ? demanda-t-elle avec un sourire. Puis-je faire entièrement partie de votre équipage ?

Son cœur battait si fort contre sa poitrine.

— Tu as toujours été l'une des notre, répondit-il sérieusement, bien qu'un peu dérangé par le vouvoiement. Mais c'était lui qui avait changé leur relation, alors il ne se plaindrait pas.

— Serai-je pour vous un fardeau moins lourd, à partir de maintenant ?

Le Chirurgien de la Mort hocha la tête, et il sentit le poids qui était constamment présent sur ses épaules s'alléger un peu. Il vit les yeux de la lycéenne s'écarquiller, puis son visage s'illuminer, tandis qu'une larme roulait le long de sa joue.

— Alors je suis contente..., avoua-t-elle avec sincérité, ses lèvres s'étirant en un sourire heureux.

Le souffle de Law se coupa, et il sut que ce moment resterait à jamais gravé dans son esprit, ainsi que cette image de la lycéenne qui étincelait de mille feux, chassant les ténèbres qui semblaient l'entourer en ayant seulement prononcé ces quelques mots. Shachi avait raison. Ce qui faisait la plus grande force de May, c'était sa force morale, sa personnalité et tout ce qui la caractérisait. Peu importe sa force physique, avec un peu plus d'entrainement, elle deviendrait puissante. Et plus le temps passait, plus elle évoluait à une vitesse phénoménale, que ce soit dans sa manière de penser, ses incertitudes, ses peurs, elle ne cessait jamais de le surprendre. Le doute s'insinua alors en lui, devait-il revenir sur sa décision ? Il le désirait tellement.

— Maintenant, nous allons faire un peu de ménage, n'est-ce pas les gars ? lança-t-elle avec enthousiasme.

— C'est parti ! répondirent Shachi, Penguin et Walter à l'unisson, levant un bras en l'air pour montrer leur motivation.

— Voila une situation intéressante, commenta Ban avec un sourire.

Sans plus attendre, ils se lancèrent à l'assaut des marines qui arrivaient au loin. Les civils observaient la scène avec curiosité tout en gardant une certaine distance de sécurité. May sondait de ses yeux bleus ses amis qui allaient se battre, en retrait. Elle inspira profondément avant d'expirer doucement, elle se sentait bien. C'était comme si une partie d'elle s'effaçait pour laisser sa place à une autre, plus puissante et déterminée. Voyant que des marines continuaient de s'approcher, elle rangea sa dague, attrapa son nouveau pistolet, ouvrit la pochette accrochée à son short et en sortit des munitions. Une fois prête, elle recula de quelques pas, visa précautionneusement ceux qui étaient trop près et tira plusieurs fois.

Pendant ce temps-là, Law avait rejoint le combat, s'amusant un peu en coupant quelques marines par-ci par-là et les associant à d'autres objets des alentours. Shachi, qui venait d'en tuer un, s'approcha de son capitaine.

— Vous êtes arrivé bien vite, pour quelqu'un qui la considère juste comme une subordonnée, commenta-t-il avec un air amusé.

— Subordonnée ou non, elle fait partie de l'équipage, se contenta de rétorquer Law, impassible.

— Et c'est pour cette raison que vous l'avez embrassée, évidemment, ironisa l'autre en priant tout de même de ne pas se faire tuer par son supérieur.

Tout ce qu'il reçut fut un regard froid qui le fit tressaillir.

— Bon ben... je vais y retourner, hein ? lança-t-il d'un ton hésitant, laissant échapper un rire jaune tout en s'éloignant face au regard plus que meurtrier de son interlocuteur.

Ils continuèrent à se battre durant une dizaine de minutes chacun de son côté, jusqu'à ce que May et son capitaine furent encerclés par sept soldats. Ils se retrouvèrent tous les deux le dos collé contre celui de l'autre, ce qui les firent tressaillir bien qu'ils se refusèrent à admettre que la présence de l'autre faisait encore et toujours de l'effet. Pourtant, ils savaient au plus profond d'eux mêmes que, ils auraient beau continuer à proclamer des mensonges comme quoi un retour en arrière dans leur relation était faisable, ce n'était qu'illusion et stupidité. May aimait Law, et Law aimait May, c'était plus qu'un simple constat, c'était la réalité. Et ils en avaient tous les deux consciences.

Un regard complice, un sourire, et les voila à se battre ensemble pour la toute première fois, côte à côte, d'égal à égal. La lycéenne n'était pas à cet instant une personne précieuse à protéger du danger, mais quelqu'un qui le soutenait et restait près de lui pour se battre. Il ne ressentait aucune inquiétude, contrairement à d'habitude. L'image qu'il se faisait de la jeune fille changeait au fil des secondes, à chaque fois que ses yeux s'attardaient sur elle, et seul Dieu savait ô combien de fois il l'avait regardé depuis qu'il l'avait rencontré. Il ignorait même s'il avait déjà autant observé quelqu'un durant sa vie entière. Elle semblait si déterminée qu'il en oublia même qu'elle n'avait que dix-sept ans. A ce moment-là, elle paraissait un peu plus âgée. Il se rendit compte que, jusqu'à maintenant, il ne l'avait vu que comme une gamine, précieuse tout de même, à ne pas perdre de vue à cause de la mort qui les entourait constamment.

Il se sentit stupide. Il s'était tellement pris la tête avec des questions farfelues, questions qui se résolvaient d'elles-mêmes maintenant. May n'était pas assez forte ? Il l'entraînerait. Elle voudrait un jour retourner dans son monde ? Cela ne devait pas l'empêcher de vivre quelque chose avec elle, d'autant plus que pour le moment il ne l'avait jamais vu se plaindre de quoi que ce soit à ce sujet. ll devait en priorité tuer Doflamingo ? Certes. Mais devait-il s'empêcher de vivre pour autant ? Ne pas céder à ses sentiments à cause de cet enfoiré, cela ne revenait-il pas à lui donner raison ? A lui montrer qu'il était en quelque sorte dépendant de lui et de son idée de vengeance ? Il ne voulait pas laisser ce bâtard lui pourrir la vie encore plus. Merde ! Ne pouvait-il pas avoir droit à un peu de bonheur, lui aussi ? Là, il avait vraiment envie de foutre sa résolution en l'air et d'embrasser May sur le champ - pas sur le champ de bataille, non.

— Attention ! entendit-il près de lui.

Law cligna des yeux et vit May blesser un marine qui s'était dangereusement approché de lui. Voila que maintenant à cause d'elle il relâchait son attention !

Elle le rendait complètement fou.

— Vous n'êtes pas très prudent, capitaine, lui fit-elle remarquer.

Appelle-moi encore une fois capitaine et je te jure que je vais te faire crier mon nom à tel point que tu ne pourras plus prononcer que ça, pensa-t-il alors, agacé par le titre.

Il se reprit tout de même de ses pensées peu catholiques et laissa un sourire sadique et narquois se peindre sur son visage.

— Rappelle-moi qui a attirer l'attention et comptait sortir en ville sans aucune protection ?

— Ok, j'ai rien dit ! capitula-t-elle face à son argument.

Le carnage se termina quelques minutes plus tard. Ils décidèrent de vite rentrer dans le sous-marin avant que d'autres marines arrivent. Ils étaient dans l'un des couloirs lorsqu'une main alla ébouriffer les cheveux de la jeune fille. Celle-ci se retourna et vit Shachi.

— T'as géré, tu as bien progressé dit donc !

— Merci, remercia-t-elle joyeusement.

— Il faudra faire quelque chose pour tes cheveux, ils ont l'air encore plus épais maintenant, se moqua Law.

— Je ne savais pas que l'apparence de vos subordonnés pouvaient vous semblez important, capitaine, rétorqua-t-elle froidement.

Décontenancé par le soudain changement de comportement de la jeune fille envers lui, ledit capitaine fronça légèrement les sourcils. Il garda le silence, ce qui surprit May qui l'avait déjà connu avec plus de répondant. Il finit même par quitter le petit groupe pour aller s'enfermer dans sa chambre, pour retrouver un peu de solitude et réfléchir.

Alors que May avançait, elle aperçut Noa qui se dirigeait vers eux.

— Mais qui voilà, la gamine, lança-t-il, provocateur.

— La leçon de la dernière fois ne t'as pas suffit ? Demanda Penguin, les yeux plissés.

— C'est mignon, un chien qui te protège tout le temps. Tu as dû lui faire des faveurs, si tu vois ce que je veux dire..., dit-il d'un regard plein de sous entendu.

Énervé, Penguin s'avança d'un pas, mais May plaça son bras devant lui pour l'arrêter, ce qu'il fit. Désabusé, il fixa la jeune fille qui ne sourcillait pas. Elle commença alors à avancer dans la direction de Noa. Celui-ci s'attendait à une quelconque réaction, mais sentit l'irritation le gagner lorsqu'il la vit le dépasser sans aucune attention, indifférente.

— Fait pas comme si j'étais pas là, sale gamine !

Sans plus attendre, May se retourna, attrapa son bras et balança son corps vers le sien, avant de lui faire un croche pied et de le faire tomber à terre sous l'air étonné des autres hommes. Noa voulut parler, mais le pied de May se retrouva sur son torse et elle le fusilla des yeux, calme. Cette prise, elle l'avait apprise grâce à Eren lors de sa dispute avec Jean, dans le manga nommé Attaque Des Titans.

— Je me tairais, à ta place, lança-t-elle d'un ton neutre. A moins que tu ne veuilles te mettre l'équipage à dos ainsi que le capitaine, tu finirais peut-être même par être viré.

— Tu te crois trop importante petite, je ne vois pas pour quelles raisons le capitaine te privilégierait.

— Je vais t'expliquer pourquoi : parce qu'il aurait plus d'intérêt à me garder que toi, et tu es au courant que le capitaine garde principalement les personnes qui lui apportent quelque chose et lui rende service, n'est-ce pas ? L'intérêt est son premier objectif. Je suis peut-être faible que toi et je possède peu de connaissances dans tous les domaines, mais contrairement à vous tous je suis capable de tirer à distance, et ça, c'est un avantage qui est important aux yeux de Law. Les garçons comme toi, on peut en trouver plein, tu es facilement remplaçable, pas moi.

Stupéfait, il ne dit rien, trop étonné. May eut un sourire méprisant et fit même claquer sa langue contre son palais, avant d'enlever son pied et de partir comme si de rien n'était sous l'air moqueur de ses amis qui la suivirent et rirent de Noa qui était encore à terre, éberlué. Shad eut même l'humour de lui lancer un "mauvais garçon" en pleine face avec un air impassible.

Shachi lança un regard empli d'appréhension en direction de la jeune fille, qui l'étonnait de jour en jour.

Il était content pour elle si elle souffrait moins en ce comportant de cette manière. Tant mieux si, de cette façon, elle pouvait se battre contre les marines et ne plus être triste comme elle l'était régulièrement ces derniers temps.

Il espérait seulement qu'elle garderait sa douceur, sa gentillesse et sa générosité, car malgré la joie qui la submergeait, il avait une nouvelle peur qui le submergeait : celle de voir sa "nouvelle personnalité" prendre petit à petit le dessus sur l'autre, jusqu'à ce qu'elle finisse par disparaître définitivement. Bien sûr, ce n'était que supposition et il se faisait même sûrement des idées, mais il allait garder un œil sur elle, on ne sait jamais.

— Je propose un festin pour fêter la venue de May dans notre équipage, on n'a jamais fait de fête de bienvenue pour toi ! s'exclama Penguin enjoué.

— Un festin, un festin ! répéta gaiement Walter, les bras en l'air, heureux d'entendre parler de nourriture.

— Je ne pense pas que ça vaille la peine..., avoua-t-elle, bien que flattée.

— Mais si, ça nous fera du bien ! approuva Shachi.

Ils allèrent donc dans la cuisine, la lycéenne n'ayant pas vraiment le choix. Tu parles, faire une fêter pour sa soi-disant "résurrection", n'était qu'une excuse pour faire la tête ! N'étaient-ils jamais fatigués de s'amuser, d'ailleurs ? Aussi rapidement qu'il le put, Ban prépara un grand nombre de bons petits plats, pendant que le brun à lunettes extirpa du frigo les bouteilles d'alcool, pour le bonheur de tous.

Tout le monde s'installa joyeusement, et alors qu'ils attendaient les plats, Walter annonça avec un énorme sourire :

— Il faudrait qu'on te trouve un surnom !

— Pourquoi faire ? demanda la jeune fille en haussant un sourcil, sa main servant d'accoudoir à sa tête.

— On en a tous un, ça fait super classe ! expliqua-t-il avec enthousiasme. Tu trouves pas ? Genre Shad c'est L'Ombre Déferlante, Ban c'est Le Nettoyeur, parce qu'il a jamais de tâche sur lui même après un combat, comment il fait d'ailleurs ? ajouta-t-il à l'égard des autres.

— C'est un secret ! répondit le concerné en lui faisant un clin d'œil, amusé.

May reporta à nouveau son attention sur le blondinet.

— Et toi, c'est quoi ton surnom ?

— Moi ? On me surnomme Le Furtif, parce que je suis très rapide ! précisa-t-il en bombant le torse avec une fierté non dissimulée.

— Je vois..., se contenta-t-elle de répondre en souriant.

Pour s'occuper en attendant le repas, chacun se mit à réfléchir à un surnom qui conviendrait à la jeune fille. Quand ils en trouvèrent enfin, chacun énonça le sien :

— Je propose "La Fine Gachette", parce que j'ai remarqué que tu te battais avec un pistolet ! proposa Walter.

— Pas mal, mais je trouve que "Passe Partout" irait mieux, elle est tellement petite qu'elle peut se cacher dans tous les endroits ! renchérit Penguin, qui se fit taper juste après par la concernée qui n'avait pas aimé l'offense à sa taille.

Le surnom de Shachi ne leur plaisait pas non plus, tous se tournèrent alors vers Shad qui était resté silencieux jusque-là, les bras croisés et un air de blasé de la vie collé au visage.

— Quoi ? soupira-t-il face à la soudaine attention dont on lui faisait preuve.

— T'as pas une idée, toi ? demandèrent les autres, curieux.

Celui aux cheveux noirs leva la tête, fixant le plafond d'un air rêveur. Environ cinq secondes plus tard, il sonda à nouveau ses compagnons et lâcha le plus naturellement du monde :

— "La sœur de Ivankov."

Tous tombèrent de leur chaise, tandis que Ban n'avait pas été loin de se brûler les doigts avec sa poêle.

— T'es sérieux ?! s'exclamèrent-ils, exaspérés.

Juste à côté d'eux, devant les fourneaux, Ban soupira.

— Vos surnoms sont tout, sauf raffinés ! se plaignit-il, outré.

— Bah t'as qu'à en proposer un, toi ! rétorqua Walter, vexé.

Le blanc au bandeau réfléchit à son tour, puis expliqua en se tournant vers eux de façon théâtrale :

— Hm... Que diriez vous de "Fleur De Cerisier" ? Les fleurs de cerisiers sont synonymes d'évolution, de vie et de beauté. Chaque année au printemps, ces fleurs renaissent, toujours plus belles. Je trouve que cela sonne comme une résurrection, un peu comme l'éclat qu'elle a produit aujourd'hui.

— J'adore ! commenta May, ravie de ce surnom qui semblait bien agréable à ses oreilles.

— "Les fleurs sont synonymes d'évolution, de vie et de beauté ~", répétèrent Shachi et Penguin d'une voix trop aigu pour qu'elle soit naturelle, une main sur le torse et l'autre en l'air, se moquant avec exagération de la façon de parler de leur ami.

Ils finirent tous les deux assommés par une poêle qui passait par là.

— Alors c'est vendu, May, désormais, tu seras Fleur De Cerisier ! affirma Walter en levant les bras en l'air, tout content.

Un quart d'heure plus tard, tout était prêt. L'alcool coulait à flot et la nourriture aussi. Si Luffy avait été là, il aurait été extrêmement comblé.

Penguin proposa un verre à May, qu'elle refusa poliment, ne voulant pas toucher à ce genre de chose.

— Aller, pour l'événement ! Tu vas pas en mourir tu sais ! insista-t-il tout de même.

— Tu serais pas en train d'essayer de la corrompre ? demanda Ban d'un air suspicieux, le fusillant du regard.

Elle haussa les épaules. Bah, pourquoi pas après tout, le faire une fois ne pouvait pas faire de mal. Elle ignora le sourire espiègle du jeune homme en face d'elle et attrapa le verre, avant d'en fixer le contenue d'un air peu convaincu. Finalement, elle se jeta à l'eau - à Law... Bon, d'accord, prenons la porte. Comme dit précédemment, elle se jeta à l'eau et commença donc à boire sans aucune retenue, ce qui alerta ses amis.

— Eh, vas-y doucement ! crièrent-ils.

Trop tard, elle avait déjà terminé son verre d'une seule traite, la gorge brûlante. Et son corps en ressentit rapidement les effets. Sa tête devenait rouge au fil des secondes et les traits de son visage se détendaient, jusqu'à laisser apparaître la béatitude la plus totale. Tiens ? Pourquoi la pièce était flou soudainement ? Et sa tête lui tournait tellement ! Elle avait l'impression de voir plein d'étoiles, et les autres avaient des têtes complètements déformés, c'était drôle. Elle avait chaud, aussi. Quelle sensation étrange.

— Oh merde, elle est saoule, constata Shachi. C'est de ta faute ! reprocha-t-il à l'égard de Penguin qui se recroquevilla contre sa chaise.

— Ahahahaha... pouffa-t-elle avec une voix étrangement aiguë, sa tête se dandinant de gauche à droite.

Tous l'observait avec étonnement, ne sachant comment réagir face à la situation. La jeune fille commença à débiter un flot de paroles incompréhensibles et ridicules, qui n'avait ni queue ni tête.

— V-vous savez, hic, j'adore ce sous-marin, il est trèèèès bôôôô ! s'exclama-t-elle d'un ton enthousiaste, une expression de stupidité profondément gravé sur son visage. M-mais i-il serait mieux en rooooose ! Parce que c'est bô le roooose ! T'es d'acc', hic, avec moi, Shasha ? poursuivit-elle en regardant le brun à lunette.—

— C'est Shachi, pas Shasha, répondit calmement Penguin qui avait un peu pitié pour elle en la voyant dans cet état.

May se tourna alors vers lui et ses yeux s'émerveillèrent.

— Ohhhh ! Pingu, je t'avais pas reconnuu ! cria-t-elle encore plus fort, des étoiles dans les yeux. Et puis y'a Bannou, Walt Disney et Shadooow !

— C'est quoi ces surnoms débiles ?! s'écrièrent les concernés, outrés.

Une chose était sûre : elle planait complètement.

[...]

Pendant ce temps-là, Law passait simplement du temps avec Bepo, qui était assez discret ses derniers temps. Celui-ci s'était grandement inquiété du comportement étrange de son capitaine, et avait eu peur de le déranger. Mais Bepo était Bepo, son second, celui qu'il avait recueilli un jour de pluie, celui en qui il avait le plus confiance dans cette équipage, alors avec lui, le jeune homme n'était jamais nerveux et se sentait même apaisé de sa présence. Calé contre son pelage doux et agréable, Law lisait un bouquin de médecine, pendant que l'ours somnolait, tout en gardant les sens en alerte au cas ou son capitaine aurait un ordre à lui donner.

Il allait passer à un autre paragraphe, lorsqu'un bruit se fit entendre. Relevant la tête, Law se demanda d'où provenait ce bruit. Un bruit résonna à nouveau, avec des éclats de rire. Cela venait de la cuisine. Mais qu'est-ce qu'ils foutaient encore ? Sans plus attendre, le jeune homme s'écarta lentement de Bepo qui s'était réveillé à cause du vacarme, et sortit de la chambre, l'animal le suivant. Ils entrèrent et virent alors le spectacle qui s'offrait à eux avec des yeux ronds comme un ballon de foot.

May remarqua leur présence et beugla comme une ivrogne :

— Oh, y a Bepo aussiii ! Coucouuuu ! Tu me tends la patte ? Allez, tends-moi la patte !

L'ours prononça un "désolé" qui n'avait rien à voir avec ce qu'elle avait dit, tandis que Law ne savait pas vraiment comment réagir. Comment en étaient-ils arrivés là ? Brusquement, la tête de la jeune fille chancela, son corps commença à vaciller et avant qu'elle n'ait eu le temps de dire One Piece elle s'effondrait déjà à terre, heureusement Law fut rapide et s'empressa de la rattraper, lui empêchant un beau bleu. Elle vit alors son visage sérieux et l'air enjoué qu'elle arborait fut remplacé par de la mélancolie.

— Naaan, toi je veux pas te voir, t'es méchant avec moi ! Un coup t'es gentil un coup t'es pas gentil, je sais plus quoi faire moi...

Le silence retomba lourdement.

— Moi je veux rester avec toi, mais tu veux paaas, tu m'aimes pas hein ? C'est ça, t'en as rien à foutre de moi, espèce de connard !

Il ne s'était jamais attendu à entendre ce genre de mot de sa part, comme quoi, l'alcool la rendait extrêmement vulgaire, la petite May. La scène devenait presque déchirante, tant la jeune fille semblait sincèrement accablée par la mélancolie.

Constatant qu'elle pouvait à peine marcher à cause de l'état dans lequel elle était, il la souleva, la calant contre son torse, une main au niveau des épaules et l'autre sous ses genoux. Il quitta la pièce non sans avoir oublier de lancer un regard menaçant aux cinq autres abrutis et l'emmena dans sa chambre, avant de l'allonger dans son lit et de recouvrir son corps de sa couverture. Il amorça ensuite un pas pour s'éloigner, lorsqu'une petite main fragile attrapa la manche de son sweat avec une certaine hésitation mêlée à une douceur qui lui était familière. Les yeux gris plongèrent dans les yeux azurés qui le suppliait.

— Reste, ne me laisse pas toute seuuule, j'aime pas quand t'es pas lààà.

Il hésita, pensant que ce serait malsain de sa part et qu'elle le verrait comme un profiteur. Il continua de la fixer alors, envahit par les doutes. Finalement, le regard de la lycéenne eut raison de lui. Il posa son bonnet nordique sur le bureau et s'allongea à ses côtés. Elle se cala contre lui et poussa un soupir d'aise. Voyant qu'elle s'endormait, il décida de fermer les yeux et de profiter de cet instant et de ce bonheur éphémère. Il allait fermer les yeux et se laisser aller, lorsque la voix à peine audible de May retentit doucement :

— Je t'aime Traffou, je t'aime beaucoup beaucoup. Même si le monde entier était hic contre toi, moi je serai lààà, avoua-t-elle, l'esprit encore embrumé par l'alcool.

Un sourire attendri s'étira dans l'obscurité, et une expression de tendresse s'alluma dans les orbes cendrées. Il laissa même échappé un rire amusé, bien qu'empreint d'une certaine tristesse. Il posa ses lèvres contre son front, signe de l'affection sincère qu'il ressentait envers elle à ce moment là. Il ferma ensuite les yeux, bercé par la respiration de celle qu'il aimait. Peu importe ce qu'elle dirait demain, il voulait profiter de ce moment. Tout ce qu'il désirait était d'être avec elle désormais, il ne reculerait plus et ne se chercherait plus d'excuse. Il était prêt à l'aimer, même s'il ne savait pas réellement ce que cela signifiait.

Même si la nuit n'était guère avancée et qu'il avait l'habitude de se coucher très tard, Law sentit le sommeil le gagner, peut-être à cause du petit être frêle qui était à ses côtés, et qui lui prodiguait un apaisement certain. Cette remarque intérieur le fit légèrement rire et, d'un geste possessif, il referma la taille de May de sa main droite, enfouissant son nez dans ses cheveux épais et rebelles, tandis que son esprit perdait petit à petit le fil de la réalité.

C'est ainsi que, contrairement aux autres jours, Law s'endormit le coeur léger, l'âme libérée de ses tourments quotidiens qui, habituellement allaient même jusqu'à le ronger après la tombée du crépuscule.

La nuit allait être longue et courte à la fois.

[...]

Deux yeux papillonnèrent, lentement, avant de s'ouvrir avec peine.

Sa vue était trouble, les objets déformés, les couleurs peu nettes, et la lumière aveuglante. Ses yeux se fermèrent aussitôt. Pourtant, May devina tout de suite qu'elle n'était pas dans sa chambre. Sa tête chancelait, comme si elle s'était amusée à tourner sur elle-même durant des heures comme le ferait un enfant. Immobile, elle réussit néanmoins à sentir tout près d'elle une chaleur humaine. Il lui semblait même qu'une main entourait sa taille et qu'on la tenait fermement, comme pour l'empêcher de s'échapper. Il y avait aussi une odeur particulière et familière, qui lui rappelait vaguement quelque chose. L'odeur de la mer, ainsi que du thé noir. Un sentiment d'apaisement la parcourut de tout son être. Elle était vraiment bien, là où elle était. Ses oreilles remuèrent soudainement. Un bruit, faible, ainsi qu'un souffle tiède chatouillait son visage comme une légère caresse. Elle fit un effort et ouvrit à nouveau les yeux. La première chose qu'elle vit fut un sweat, jaune, qui semblait bien trouble. Elle monta un peu plus haut : des lèvres légèrement entrouvertes, qui, inconsciemment, lui donnèrent envie d'y poser les siennes, puis, en remontant encore, elle aperçut deux yeux clos, qui laissait entrevoir une expression sereine comme elle n'en avait jamais vue. Encore plus haut, elle vit des cheveux noirs, ébouriffés, qui chatouillaient ce visage aux traits forts, masculins et qui, malgré le flou que sa vue lui offrait, semblait bien attirant et agréable à regarder.

Qui était capable de lui procurer autant de bien être ?

Sa vue se fit alors moins trouble au fil des secondes, et elle commença à voir petit à petit ce qui l'entourait plus nettement. Elle remarqua alors la silhouette de Law et sentit son cœur faire un bond. Cela lui fit l'effet d'une douche froide et elle allait s'extirper du lit et s'enfuir comme une voleuse sans réfléchir plus que ça à la situation, lorsque ses yeux azurés croisèrent une deuxième fois ceux clos de son capitaine. Il semblait tellement... apaisé. Ses traits étaient bien plus détendues qu'à l'habitude, comme s'il faisait de beaux rêves. Inconsciemment, elle approcha doucement son visage du sien, comme hypnotisée. Elle l'observa ainsi avec une expression d'incertitude mêlée à une tendresse qu'elle ne pouvait retenir, et sa main vint cueillir son front avant de dégager quelques mèches rebelles, allant même jusqu'à enfouir cette main dans ses cheveux dans une caresse intime et presque maternelle.

Le voir si désarmé, presque fragile face à elle, lui donnait envie de faire céder ses barrières à elle et de se caler contre lui comme elle l'était à son réveil. Mais ce n'était pas possible. Ses lèvres s'approchèrent de sa joue, centimètre par centimètre, mais s'arrêtèrent à seulement quelques millimètres de celle-ci. Finalement, elle se retira et soupira, avant d'enlever sa main des cheveux du jeune homme. Elle sursauta fébrilement lorsque l'œil droit de Law s'ouvrit et captura le sien, tandis qu'un sourire narquois s'étirait sur son beau visage.

— Si tu voulais me toucher, il fallait le dire tout de suite, ironisa-t-il d'une voix rauque qui la fit frissonner.

Légèrement désarçonnée, la jeune fille laissa contre son gré apparaître un soupçon d'étonnement, avant de reprendre une expression fermée qui ne faisait rien paraître de ses sentiments envers le Chirurgien de la Mort. Celui-ci fut exaspéré par la froideur qui émanait de May, mais n'en fit rien.

— Ce n'était pas mon intention, riposta-t-elle d'une voix glaciale, agacée par son air moqueur et fourbe qui le caractérisait tant.

Ne voulant pas rester une minute de plus à ses côtés, May se leva du lit, mais sa tête lui tourna et elle chancela. Son corps bascula en avant mais avant qu'elle ne touche le sol deux bras puissant la rattrapèrent par la taille. Rougissante, la lycéenne s'empressa de s'écarter vivement de la poigne de son capitaine, les sourcils froncés, sous l'air indifférent de Law qui aurait bien apprécié de la garder ainsi contre lui. Elle lui lança un regard empli d'incompréhension, que le Chirurgien ignora.

— Assis-toi et attends, je vais aller te chercher quelque chose pour que tu te sentes mieux, ordonna-t-il fermement d'un air neutre.

Il n'attendit aucune réponse de sa part et pivota sur ses talons, se dirigeant vers la porte qu'il ouvrit, avant de s'arrêter et de se tourner à nouveau vers elle.

— D'ailleurs, je ne te savais pas si dévergondée, ricana-t-il avec un sourire qui s'élargissait.

— Gardez vos commentaires, rétorqua la plus jeune avec un soupçon d'agacement, se retenant de hausser le coin de ses lèvres en une grimace méprisante.

Le sourire de Law se fana aussitôt, et ses yeux gris fusillèrent ceux presque insolents de May.

— Ne me donne pas d'ordre, miss, gronda-t-il d'un ton autoritaire, une aura menaçante se dégageant de lui.

La lycéenne sursauta, l'esprit subitement envahi par des images effrayantes qui lui rappelaient la violence dont son capitaine pouvait faire preuve. Les mains tremblantes, elle déglutit difficilement et hocha la tête, les yeux baissés vers le sol et le cœur rongé par une inquiétude soudaine.

— Pardon..., souffla-t-elle sans s'en rendre compte, apeurée.

L'expression de son vis-à-vis s'adoucit face à la faiblesse et la fragilité q'elle laissait entrevoir devant lui. Comme quoi, elle n'était pas encore prête à se remettre de ce qu'il lui avait fait, ce qui le plongea dans l'amertume et la culpabilité.

— C'est bon, tant que ça ne se reproduit pas, se contenta-t-il de répondre avant de sortir en direction de l'infirmerie.

May expira, relâchant la pression qui s'était accumulée sur ses épaules. Il n'avait pas claqué la porte, elle voulait donc espérer qu'il n'était pas en colère, elle n'était pas prête à affronter encore une fois sa nervosité. Elle examina alors la pièce pour se changer les idées. Le bureau était toujours autant en désordre, avec des livres et des dizaines de papiers le recouvrant. Elle se leva lentement pour ne pas re tomber et examina de plus près ces papiers, mais abandonna rapidement en constatant que cela abordait la médecine. Ses mains se figèrent lorsqu'elle vit un dessin familier qui existait depuis déjà plusieurs semaines. C'était le dessin de Law qu'elle avait fait après s'être infiltrée dans sa chambre. Elle se remémora ce moment comme si c'était hier : elle, piégée par le Chirurgien qui voulait absolument voir son "chef d'oeuvre", et elle, timide et innocente. Elle ria intérieurement en se souvenant également de la course poursuite qui s'en était suivit. Oui, elle s'était bien amusée ce jour-là...

Comme quoi, quand elle réfléchissait à ce qui la reliait à Law, il n'y avait finalement pas que de mauvaises choses.

Elle aperçut également le petit sac qu'elle lui avait offert pour son anniversaire, dans lequel étaient encore présents des biscuits qui représentaient le visage de son capitaine, arborant différentes expressions faciales fortes amusantes. Un sourire attendri prit place sur son visage. Elle restait tout de même étonnée de voir qu'il avait gardé tous ça, il semblait si peu attaché à ce genre de souvenirs qu'elle en était réellement stupéfaite.

Entendant des pas résonner de l'autre côté, May replaça chaque chose là où elle était et se rassit vivement pour ne pas attirer la suspicion de Law. Ce dernier entra dans la pièce, avec dans la main un verre rempli d'un étrange liquide gazeux qui devait être composé de tout sauf d'un bon goût. Les lèvres de la victime s'élargirent en un rictus empreint de dégoût.

— ça fera disparaître ton mal de tête, l'informa le jeune homme qui riait intérieurement de la tête qu'elle faisait, tendant le verre dans sa direction.

— Pas besoin, je me sens déjà beaucoup mieux ! mentit-elle avec enthousiasme, se levant vivement pour lui prouver ses dires, avant de retomber lourdement sur sa chaise à cause de sa tête qui tournait.

— Bois, ordre de ton capitaine, ordonna-t-il, insistant.

— Aww..., gémit-elle face à son triste sort.

Elle attrapa le verre du bout des doigts, frôlant involontairement ceux de Law au passage, enveloppant son corps d'une décharge électrique qui la fit sursauter. Bien que les deux aient ressenti quelque chose, aucun ne fit de commentaire ou n'afficha de réaction. Les yeux bleus comme le ciel fixèrent le liquide douteux durant quelques secondes, avant d'implorer les yeux cendrés du regard, mais ceux-ci restèrent fermes et autoritaires : elle n'avait pas le choix, elle devait boire ce... truc. Hésitante, elle avança ses lèvres et goûta le liquide pour s'en imprégner le goût, idiote comme elle était. Comme elle aurait dû s'y attendre, il était infect, et elle regretta aussitôt son geste.

Elle lança une œillade larmoyante à Law qui s'était assit sur son lit et la sondait avec amusement, une main sous le menton en guise d'accoudoir.

— Alors comme ça, mademoiselle est capable de menacer le gouvernement mondial, mais pas de prendre un médicament ? l'interrogea-t-il, sa voix grave retentissant en un rire qui, même s'il était empreint de moquerie, sonnait doux aux oreilles de la lycéenne.

La victime se mordit la lèvre inférieure, et, désemparée, bu la totalité du verre d'une seule traite, avant de le poser sur la table et de tirer la langue avec un air écœuré.

Note à moi-même : ne plus jamais boire d'alcool, pensa-t-elle.

Au moins, ça avait le mérite d'être efficace : son mal de tête avait déjà disparu.

— Qu'est-ce qu'il s'est passé hier ? quémanda-t-elle en posant le verre sur la table.

— Quand je suis arrivé dans la cuisine tu étais déjà saoule. Je crois que tu as un peu trop bu.

Elle hocha la tête. Cela expliquait qu'elle ne se souvenait de rien et son énorme mal de crâne.

— En tout cas, c'était un sacré spectacle à voir, la taquina-t-il, la fixant avec un sourire.

— Désolée de vous avoir infligé ça, capitaine, s'excusa-t-elle.

— Arrête de m'appeler ainsi et de me vouvoyer, ordonna-t-il, ses yeux cendrés se tintant d'une colère grandissante.

— C'est pourtant vous qui m'avez dit vouloir retrouver une relation de subordonné à capitaine, renchérit-elle plus froidement, insistant sur le mot "capitaine" juste pour l'agacer.

L'atmosphère, qui jusque là avait été assez calme et supportable, avait changé du tout au tout, elle était désormais lourde et oppressante.

Il se tut, piégé. Elle avait raison, c'était lui qui lui avait demandé d'avoir à nouveau une relation de capitaine à subordonnée. Devant son silence, May eut un sourire attristé, qui s'effaça aussi rapidement qu'il était venu. L'amertume, le dégoût, le désespoir, il y avait tant de sentiments négatifs en elle qui bouillonnaient, et paradoxalement, elle était submergée par la tendresse, la compassion, et aussi par ce sentiment si universel et si unique à la fois qu'était l'amour. Son corps lui hurlait de s'éloigner dès qu'elle le pouvait, mais son cœur criait encore plus fort d'oublier sa demande à la con et de repartir sur de bonnes bases, comme avant. Non, pas comme avant. Car "comme avant" signifiait "le jeu du chat et de la souris", et elle, elle désirait une vraie relation, être avec lui et savoir qu'il tenait à elle, tout simplement, sans jouer avec les sentiments de l'autre.

Décidée à dire le fond de sa pensée, elle déclara avec assurance :

— Vous avez pris une décision, assumez-là.

Un faible rire s'échappa des lèvres de Law, comme s'il trouvait la remarque de la jeune fille risible. Bien qu'en réalité, c'était la peur qui le saisissait du plus profond de son être, la peur de voir que May était réellement en train d'effacer tout ce qui les liait tous les deux. Jusqu'à maintenant, il pensait que c'était lui qui avait le contrôle sur elle et sur leur relation, qu'elle était au fond indépendante de lui, mais la réalité le frappait maintenant de plein fouet : c'était lui qui avait le plus besoin d'elle et de sa présence, comme une drogue dont il lui était impossible de s'éloigner.

Il était apeuré, rien qu'en imaginant qu'elle était vraiment capable de tout effacer.

— Tu dis ça comme si tu avais déjà tourné la page, ironisa-t-il pour ne pas perdre contenance face à elle, car au fond de lui, il était effrayé à l'idée qu'elle réponde par l'affirmative. Mais elle n'allait pas le faire, n'est-ce pas ?

Ce qu'elle annonça par la suite d'un ton décidé, sans faille ni hésitation, ses yeux magnifiques plongeant dans les siens de façon brutale et empreint de la même détermination dont elle avait fait preuve contre les marines, le fit défaillir et comprendre le contraire :

— C'est le cas.

Law fut saisi d'une sensation désagréable, comme si un étau se refermait autour de son cœur jusqu'à le faire étouffer. Depuis quand était-elle si sûre d'elle ? Dire qu'avant elle rougissait tout le temps, baissait constamment la tête et se mordait la lèvre inférieure pour traduire son anxiété, c'était comme si il ne lui faisait plus aucun effet ! Sans qu'il ne puisse l'empêcher, ce constat l'énerva et l'inquiéta encore plus.

Têtu comme il était, il ne pouvait, non, ne voulait pas le croire, c'était inconcevable pour lui. Le souffla de May se coupa : l'expression du Chirurgien de la Mort avait changée, il n'y avait plus cette froideur et cette malice qui le caractérisait, non. Il ne brillait dans ses yeux qu'une colère sourde, et, avec incertitude, elle crut également apercevoir de l'appréhension mêlée à de l'anxiété.

Elle tiqua lorsqu'elle le vit se lever, alors qu'il continuait de l'analyser du regard. Lentement, il commença à marcher vers elle, sans rompre le contact visuel, mais May avait décidé de ne pas se laisser faire. Sans plus attendre, elle tendit un bras dans sa direction, les sourcils froncés.

— Ne vous approchez pas, restez où vous êtes ! s'exclama-t-elle.

Elle savait que, proche de lui, elle ferait plus facilement céder les barrières qu'elle avait construites pour se protéger. Mais le jeune homme continuait d'avancer, ignorant sa remarque. Il était droit comme un piquet, les bras le long de son corps, l'air neutre. Ce n'était pas bon pour elle, quand Law affichait ce genre d'indifférence, cela cachait quelque chose, car il avait pour habitude de toujours arborer un sourire fourbe ou d'avoir une expression railleuse. Le sang affluait jusqu'à ses tempes, et ses pensées peinaient à être claires et précises, il n'était même pas dans son espace vital qu'elle paniquait déjà et sentait sa résistance céder. Néanmoins, elle reprit du poil de la bête lorsque ses doigts touchèrent le sweat de son vis-à-vis.

— Continuez d'approcher et je sors mon pistolet, menaça-t-elle, ses yeux se chargeant d'une sévérité implacable.

— Tu n'en serai pas capable, riposta-t-il après avoir froncé les sourcils.

May ouvrit la bouche mais la referma aussitôt, silencieuse. Il semblait confiant, il pensait vraiment qu'elle en était pas capable, et il n'avait pas tort : jamais elle ne pourrait pointer quoi que ce soit sur lui, elle tenait bien trop à lui. Voyant son manque de répondant, Law continua sur sa lancée :

— Je ne suis pas dupe, tu as été très différente aujourd'hui, je l'admets, poursuivit-il en reprenant un air plus sérieux. Mais tu auras beau prétendre avoir déjà oublié ce que tu ressentais pour moi, je ne te croirais pas.

— Il va pourtant falloir que vous vous fassiez une raison.

— Non May, tu m'aimes, tu ne peux pas le nier, contredit-il d'un ton qui faisait sonner ses dires comme une évidence.

La jeune fille se figea imperceptiblement, ahurie par la remarque de celui qu'elle aimait et s'obligeait à détester à la fois. Alors selon lui, elle l'aimait ? Il en était sûr et certain ? Il était vrai qu'elle l'avait clamé haut et fort, sur la plage, il y a peu, mais comment pouvait-il aujourd'hui être si confiant en affirmant cela ? Comment pouvait-il rester si calme, et paraître si sûr de lui ? Cette assurance l'irrita profondément, à tel point que la colère s'empara d'elle, jusque dans ses entrailles, au plus profond d'elle. Ce n'était plus de l'énervement qu'elle ressentait, mais une colère sourde qui avait besoin d'exploser comme un volcan.

Les traits de son visage se déformèrent violemment : ses sourcils étaient froncés au maximum, sa mâchoire serrée, ses mains tremblaient et ses yeux envoyaient des éclairs.

— Vous avez vraiment du culot ! cria-t-elle vivement. Ne me faites pas rire, j'ai assez souffert comme ça, je ne suis pas suicidaire non plus ! Et puis qu'est-ce que ça peut vous faire ? ça devrait vous arranger que je vous oublie, non ? C'est ce que vous recherchez depuis le début ! ajouta-t-elle en haussant le ton.

— Non, ça m'énerve, se contenta-t-il de répondre posément, gardant son sang froid.

Elle fut sidérée par le calme dont il avait fait preuve ainsi que par sa réponse, et, comme lors de leur conversation qui avait marqué un tournant dans leur relation, l'amertume s'alluma dans ses prunelles et un sourire mélancolique fleurit sur son visage.

— Ne me mentez pas.

— Je suis sincère, et il est inutile de le nier : tu m'aimes, tu me l'as dit hier soir.

— Quoi ? lâcha-t-elle, surprise.

Elle avait vraiment dit ça ? Elle n'avait aucun souvenir de ce qu'elle avait dit en fin de soirée, l'alcool l'avait rendu bizarre, elle ne se rappelait de rien. Avait-elle sérieusement dit qu'elle l'aimait ? Ou était-ce un leurre pour qu'elle arrête enfin de prétendre le contraire ?

— Tu étais saoule, c'est pour ça que tu ne t'en souviens plus, expliqua-t-il en voyant son trouble.

— Je... Je ne vous crois pas. Je n'aurai jamais pu dire une chose pareille ! s'emporta-t-elle.

— C'est pourtant la pure vérité, contre attaqua Law.

— Menteur ! s'écria May.

Enragée, la jeune fille fonça vers son capitaine dans le but de le frapper, ce qu'elle réussit à faire en touchant une des côtes de Law avec une énorme fureur, le faisant gémir de douleur. Sans plus attendre, elle continua en lançant son poing en direction de son visage, mais il ne se fit pas avoir une deuxième fois et attrapa son poignet pour l'arrêter. Elle était peut-être rapide, mais il avait bien plus d'expérience et de force qu'elle.

— Calme-toi, exigea-t-il doucement, légèrement surprit par la colère qui émanait d'elle.

Elle était comme possédée, sa rage était si grande qu'elle ne se contrôlait plus. Le fait qu'il clame haut et fort qu'elle l'aimait avec une assurance sans faille l'avait mise hors de ses gongs, il arrivait en seulement quelques mots à la mettre hors d'elle et à lui faire changer de comportement. Peu importe les efforts qu'elle faisait, Law les balayaient d'un seul regard ! Elle n'était qu'un château de carte qui s'écroulait sous son souffle, et ça, elle avait énormément de mal à l'accepter.

Il avait raison, toujours raison, et c'était effrayant pour elle, presque angoissant. Il arrivait à lire en elle comme dans un livre ouvert. Elle aurait beau faire énormément d'efforts pour être plus forte mentalement, elle serait à jamais sous l'emprise de Law et de ses réactions. Tous ses regards, tous ses mots, tous ses gestes, la touchaient de tout son être, c'était indéniable.

Elle continua pendant une dizaine de secondes de se déchaîner, de crier des mots qui n'avaient aucun sens, de lui jeter à la figure des phrases incompréhensibles. Sentant l'agacement le saisir, le jeune homme répéta son ordre en haussant la voix :

— Calme-toi !

Il parvint avec difficulté à arrêter le poing qui s'élançait vers son visage de manière fulgurante. Puis plus rien. Les coups cessèrent, les cris également, que le silence, pesant et lourd, et leurs deux corps, avachis à terre, qui était tombés sous le choc. La tête baissée, May ne réagissait plus. Son visage était caché par un voile d'ombre et ses poings étaient désormais sur le torse du jeune homme qui ne bougeait pas, ne sachant comment réagir. C'est alors qu'elle recommença à s'énerver :

— Tu avais dit qu'il ne se passerait jamais rien entre nous, mais j'ai tout le temps l'impression du contraire ! Tu me donnes sans arrêt de faux espoirs, tu es vraiment cruel ! lui reprocha-t-elle durement d'une voix enrouée, oubliant le vouvoiement à cause du fait qu'elle était émotionnellement chamboulée. Tu te moque de ce que je peux ressentir !

Elle lui cria des injures, lui fit un si grand nombre de reproches qu'il n'osa même pas les compter, lui martela le torse de ses poings, durant de longues, très longues minutes, tandis qu'il se muait dans le silence, écoutant ses plaintes, la laissant se décharger du poids qui l'oppressait depuis un bon moment. Les cris s'arrêtèrent finalement, et May se tut, épuisée. La respiration hachée, elle laissa retomber ses mains contre le plancher, froid et poussiéreux. Elle fit tomber ses dernières barrières, ses derniers remparts. A cet instant, il suffisait d'un seul mot pour la briser. Un seul mot de Law et tout pouvait changer.

Mais qu'allait-il faire, après tout ce qu'elle lui avait reproché ?

Elle fut soudainement envahie par la peur et un scénario se construisit dans sa tête : il la gronderait en lui reprochant de lui avoir crié dessus, puis il lui demanderait de sortir, ensuite, il l'ignorerait pendant une semaine, et enfin, il finirait par la renvoyer de l'équipage.

Son corps vacilla légèrement, mais elle se reprit, la gorge nouée, les lèvres tremblantes.

Elle était terrifiée.

Elle voulait pleurer.

C'est alors que, à sa grande surprise, une main ferme et froide attrapa son poignet et l'attira contre le torse de Law, dont elle n'essaya même pas de s'échapper tant elle était fatiguée. Effarée, elle sentit ses yeux s'écarquiller et son souffle se couper face au geste du jeune homme. Elle s'était attendue à tout, sauf peut-être à ça. Dans sa tête, tout se mélangeait, elle ne comprenait plus rien, il n'y avait que de le brume. Elle était perdue, comme une enfant.

— Tu te trompes, May, chuchota-t-il d'une voix presque inaudible. Il m'arrive de souvent à penser à ce que tu peux ressentir.

La remarque la stupéfia, mais elle ne répondit rien, gardant la bouche fermée. Venait-il réellement de penser ce qu'il venait de dire ?

— Tu es importante pour moi, ajouta-t-il face à son silence, un peu incertain sur la façon dont il devait agir.

A ce moment précis, il se disait juste que, le mieux, était d'être sincère, tout simplement.

— Menteur, rétorqua-t-elle d'un ton peu convaincu. Tu ne fais que jouer avec moi. Mais c'est terminé, j'ai tourné la page... ça n'a plus rien à voir avec toi ! Rien du tout !

Elle essaye de s'échapper mais il la tint fermement malgré ses protestations, il ne voulait surtout pas qu'elle s'échappe, pas encore, plus jamais. Les mots qu'elle venait d'employer résonnèrent dans son esprit, puis d'autres, qui prétendaient le contraire et qu'elle avait prononcés la veille :

Je t'aime Traffou, je t'aime beaucoup beaucoup. Même si le monde entier était contre toi, moi je serai là.

Elle avait dit cela sous l'effet de l'alcool, certes, mais il était certain qu'elle avait été sincère, May ne plaisantait jamais sur ces sujets-là. Il attrapa le bras de la jeune fille et arriva à capter son attention, plantant ses yeux cendrés dans les siens, de sorte à ce qu'elle soit attentive à ce qu'il allait dire. Elle le sondait, le visage tiré par la mélancolie.

— Pourquoi ça n'aurait rien à voir avec moi ? Celui que tu aimes c'est moi, tu ne peux pas aimer quelqu'un d'autre ! déclara-t-il fermement.

Le silence tomba, telle une sentence. Le désespoir de May se renforça et elle baissa à nouveau la tête, les épaules chancelantes.

— Comment tu fais pour être aussi arrogant et confiant ? demanda-t-elle douloureusement. Alors que moi... je ne sais plus quoi penser ! Je ne suis jamais sûre de rien avec toi... !

Une larme perla le long de sa joue, et termina son chemin sur le sol, avant de disparaître aussitôt. Law fut saisit par l'étonnement. Elle pleurait. Son visage était mouillé et caché par ses mains qui le dissimulait à sa vue. Elle ne voulait pas qu'il la voit si faible, si fragile. ça y est, la dernière barrière venait de se détruire. Plus les secondes défilaient, plus elle gémissait, plus la culpabilité du Chirurgien de la Mort s'agrandissait.

— O-Oui... Oui ! C'est vrai, je t'aime ! admit-elle en criant, énervée de son propre constat. Mais à quoi bon continuer à souffrir ? Tu ne m'aimes pas !

Pour faire taire ce qui était selon lui des conneries, Law attrapa son visage et posa ardemment ses lèvres sur les siennes dans un baiser fougueux et spontané. La tête de May commença à tourner sous l'émotion et elle manqua de tomber en arrière, mais le jeune homme l'attrapa par la taille et la serra fortement contre lui, essayant de la rapprocher au maximum pour profiter au maximum de ce contact. Le cœur de May battait si durement contre sa poitrine... il n'y avait que Law pour lui faire ressentir autant d'émotions. Elle était comme sur un petit nuage, si elle avait pu arrêter le temps, elle l'aurait fait volontiers.

Il se détacha lorsque le besoin d'air se fit ressentir, et découvrir en face de lui une jeune fille à l'air bien penaud et confus. Cela lui donna envie de rire mais il se retint, de peur qu'elle ne l'interprète mal. Ses bras allèrent encore une fois l'enlacer de façon possessive.

— J'ai besoin de toi, avoua-t-il faiblement. Ne t'éloigne plus.

— Capitaine..., murmura-t-elle, encore secouée.

-— Ne m'appelle plus comme ça. Appelle-moi par mon prénom, comme avant, ordonna-t-il.

Était-elle en train de rêver ? Si c'était le cas, elle ne voulait pas se réveiller.

— L- Law..., prononça-t-elle timidement dans un souffle.

Il frissonna, et l'embrassa délicatement sur le front.

— Encore, chuchota-t-il à son oreille.

— Law..., répéta-t-elle.

Ses lèvres touchèrent sa joue, puis son nez, alors qu'elle continuait de susurrer son prénom d'une voix qui selon lui était irrésistible. Il s'éloigna de quelques millimètres, et rencontra ses beaux yeux bleus qui brillaient d'une intensité nouvelle.

— Law...

Il l'embrassa à nouveau, et elle se laissa totalement faire, se laissant fondre dans ses bras. Elle voulait céder une bonne fois pour toute, elle en avait marre de se battre contre lui mais également contre elle-même.

— Tu... tu joues encore avec moi ? l'interrogea-t-elle, envahit malgré elle par les doutes.

— Non, c'est terminé.

— Tu ne t'enfuiras plus jamais ?

— Plus jamais, je t'en fait la promesse, confirma-t-il, plus sérieux que jamais, alors qu'il observait son visage rougit par les larmes.

May avait du mal à y croire, mais elle avait cru au père noël durant des années, alors, elle pouvait bien croire en elle et en Law pour quelques minutes, n'est-ce pas ?

— Alors je resterai avec toi, annonça-t-elle, le visage rayonnant.

— Plus d'obstacle entre nous ? proposa Law, un fin sourire aux lèvres.

— Plus d'obstacle entre nous, répéta-t-elle, attendrie.

Elle ria doucement, le genre de rire qu'il aimait entendre d'elle, un rire qui lui indiquait qu'elle était heureuse, et ce sourire qui étincelait, il espérait qu'elle le garderait pour un long moment, et que cela signifiait qu'elle l'avait entièrement pardonné.

— Tu sais..., commença-t-il.

Elle hocha la tête, attentive.

— J'ai réfléchi, encore et encore, je n'ai fait que ça ces derniers temps. Je pensais que mettre de la distance serait la meilleure chose à faire, mais rien n'y fait, tu me rends fou, May.

— T-tu..., bafouilla-t-elle sous la révélation, rougissante.

— Je ne te donnerai plus jamais l'ordre de t'éloigner de moi. Tu m'appartiens.

La lycéenne se sentit obligée de riposter :

— Je ne suis pas un objet !

— Non, mais tu restes quand même à moi, rétorqua-t-il avec malice. Donc tu peux effacer de ta mémoire tous les contacts qu'il y a entre Shachi et toi.

— D'accord, mais dans ce cas-là, pas de sourire charmeur aux autres femmes, hein ? exigea-t-elle à son tour avec hésitation.

Une lueur d'amusement traversa les prunelles grises.

— Serais-tu jalouse ? demanda-t-il, espiègle.

— Pas du tout... ! répliqua-t-elle aussitôt, ayant soudainement envie de bouder. Enfin, disons-juste que... si une fille te parle, te regarde plus d'une seconde, pense à toi, ose prononcer ton prénom ou se place à moins de dix mètres que toi, je la tue.

— C'est bien ce que je pensais, railla Law, amusé par ses mots.

Craignant qu'il ne se moque à nouveau, elle se tut. Mais une question lui brûlait les lèvres, alors elle la posa tout de même :

— Et toi Law, tu ne seras pas jaloux ?

— Aucune chance que quelqu'un s'intéresse à toi. Les hommes de ce monde ne sont pas attirés par les serpillières.

L'agacement s'empara d'elle au mot "serpillières", décidément, elle aurait dû se taire.

— Merci pour le compliment, bougonna-t-elle.

— Voit les choses du bon côté : tu es la plus jolie tête à serpillière que j'ai jamais vu.

Elle lui remit un coup dans les côtes sous la remarque, ce qui fit le fit rire.

Ils restèrent ainsi durant un bon moment, profitant de ce moment de bonheur qui leur était accordés.

— Law ? l'appela-t-elle.

Il l'interrogea du regard.

— Je... Je peux t'embrasser ? quémanda-t-elle d'une voix presque impossible à entendre, alors qu'elle désirait se cacher dans un trou de souris tant sa demande l'embarrassait.

Le jeune homme eut un sourire taquin et l'embrassa, avant de se retirer et de la gratifier d'un air séducteur et coquin.

— Pas besoin de demander, idiote, railla-t-il, les yeux ravivés d'une étrange lueur.

Elle laissa échapper de ses lèvres un faible éclat de rire, puis, bien qu'indécise, elle alla se lover contre lui.

Dans son esprit, le monde semblait se colorer peu à peu, comme si un rideau monochrome qui l'avait jusqu'à maintenant rendue aveugle à la beauté de la vie s'élevait et laissait place à un feu d'artifice enchanté. Les larmes lui montèrent aux yeux sans qu'elle ne puisse le retenir, dévalant sur ses joues en un torrent impossible à arrêter. Mais pour cette fois, ce n'étaient pas des larmes de tristesses, non, c'étaient des larmes de joie.

Est-ce que c'était ça, le bonheur ?

Elle l'ignorait, mais elle l'espérait du plus profond de son cœur.

Une page se tournait à nouveau, et annonçait le commencement d'une aventure différente de celles des pirates, une aventure plus poétique, une aventure à deux.

Une aventure qui, elle en était certaine, la marquerait à jamais.

Une aventure portant à ses oreilles le doux nom de Trafalgar Law.


Chapitre terminé ! Est-ce que vous l'avez apprécié ? N'hésitez pas à commenter pour me le dire ! Je veux savoir toutes vos impressions, car j'appréhende un peu vos réactions, la fin est un peu guimauve, mais ce n'était pas facile à faire, respecter le caractère de Law etc, c'était difficile ! Donc voila, dites-moi vos impressions, bonnes ou négatives, si le chapitre n'était pas trop long, etc !

La métamorphose de May vous plaît-elle ? Qu'en pensez-vous ? Arrivez-vous à visualiser comment elle est désormais ? J'ai fait un dessin d'elle que j'ai mis en avatar pour cette fan-fiction, n'hésitez pas à me dire si vous l'aimez ou pas ! L'image n'est pas entière, je l'ai également posté sur Deviantart si des personnes veulent la voir. Mon compte sur Deviantart est Wakfina, comme pour !

IMPORTANT : Cette fanfiction avait pour nom "Ce qui se cache derrière un nom", mais j'ai décidé de le changer et de la renommer "Ce cruel et beau monde", qui, comme l'a dit un lecteur, caractérise le mieux l'esprit de cette histoire, du moins je le pense !

Sur ce, j'attends vos avis avec impatience et vous souhaite à très bientôt ! Désolée pour le temps de publication mais ce chapitre est très long et je le voulais de bonne qualité ! J'espère que vous n'êtes pas trop déçu d'avoir dû attendre !

A la prochaine et merci encore de me lire, je vous adore !

Bye,

Wakfina ~

(1) : Taiyaki : gâteau japonais en forme de poisson, la plupart du temps fourré de « anko », une pâte de haricots sucrés.