Bonjour tout le monde !

Me voila enfin après deux mois d'attente ! Je tiens dans un premier temps à vous remercier de votre patience et de votre compréhension. Vous avez continué à me soutenir malgré le temps de publication et avez été compréhensif quant au fait que j'avais énormément de travail ces temps-ci. Rien que pour cela je vous dis un grand merci ! Mes professeurs ont pour le moment un avis favorable pour mon passage en terminal et je m'en sors avec 11,7 de moyenne durant ce deuxième trimestre. Cela reste peu mais j'ai quand même augmenté !

Bonne nouvelle : je vais au Japon dans à peine un mois ! Je pars exactement le 7 avril et revient le 18 ! Nous partirons en avion (16h de trajet my god…), nous avons déjà nos correspondants, malheureusement la mienne ne m'a toujours pas répondu, j'avoue que cela m'inquiète, mais bon… ! J'essaye de comprendre comment marche les yens, au niveau de leur valeur en euros, pour quelqu'un comme moi qui suis nulle en maths, c'est la galère aha ! D'ailleurs si vous avez des conseils pour ce voyage n'hésitez pas, car je ne suis jamais allée aussi loin… !

Maintenant, j'aimerais m'excuser. Oui, je m'excuse de ne pas avoir totalement été honnête avec vous. Certes j'avais de bonnes raisons de ne pas écrire, mais j'étais également las de la fanfiction car je suis dessus depuis déjà un an et demi, ce qui est déjà beaucoup. Mais je ne compte pas l'abandonner pour autant, non. Je veux réellement la terminer et j'arrive encore à trouver du plaisir à l'écrire. Donc voila, pardon de ne pas avoir été correcte avec vous et de ne pas vous avoir dit que je n'avais pas envie de faire la suite. Je ferais de mon mieux pour être honnête désormais et être un bon auteur ! Alors restez comme vous êtes, en commentant, en me lisant, en appréciant ce que j'écris, et comptez sur moi ! :D

MERCI pour vos commentaires, on est rendu à 278 ! Essayons d'atteindre les 300, ça serait formidable ! w On a atteint les 35.000 vues également, ainsi que la centaine de followers ! Je sais pas comment vous remercier c'est génial OwO ! Alors merci ! w

Autre nouvelle : j'ai quitté l'internat depuis maintenant trois semaines ! J'en avais marre, alors je suis partie, mais sur le coup j'étais triste, car j'ai quand même passée presque trois ans dans une même chambre d'internat ! Je peux donc écrire tous les soirs, mais parfois je suis trop fatiguée pour le faire, car même si je viens en train, je prends également la voiture pour aller jusqu'à la gare, ce qui fatigue le cerveau huhu. Le pire c'était jeudi, on a fait course de durée, j'ai tellement pas l'habitude de courir autant que j'ai eu envie de vomir sur le coup… Et la SNCF m'a embêtée TOUTE LA SEMAINE ! Mercredi : grève, impossible d'aller en cours. Vendredi : train supprimée, heureusement celui d'avant avait dix minutes de retard, donc je l'ai pris, et pendant le trajet PAF, arrêt pendant dix minutes car problème de signalisation ! Résultat je suis parie à 7h26 de ma gare et je suis arrivée à 8h20 à l'autre gare, alors que normalement y a que trente minutes de trajet ! Les cours commencent en plus de cela à 8h20, donc en comptant le temps de marche, vous devinerez que je suis arrivée en retard aha !

(a part ça, je prie pour que le bulletin qui arrivera prochainement dans ma boite aux lettres soit cool _ )

C'est parti pour répondre à vos commentaires ! Merci de toujours me suivre et de me lire ! 3

Réponse aux commentaires :

Hiyaka : Hey ! Merci, tu me suis depuis un bon moment maintenant ! Merci pour le compliment envers le dessin, c'est gentil héhé ! Décidemment, je t'empêcherai toujours de dormir XD ! Tes commentaires me dont droit au cœur, je suis contente de voir que tu as aimé le chapitre 21, j'espère que ce chapitre 22 te plaira tout autant ! J'espère sincèrement te revoir prochainement ! ^^

Thank you ! ~

ClemTrafalgar : Bonjour nouveau (nouvelle ?) lecteur/lectrice ! Je suis contente de voir de nouvelles personnes ici ! Oui je comprends que tu n'aimes pas trop les fanfics avec des OC, c'est généralement bourré de clichés malheureusement ! Je te remercie d'avoir dépassé tes préjugés, c'est très mature de ta part d'avoir dépassé la première impression que tu as pu avoir de mon histoire ^^ ! Ah bah le coup des règles j'avoue que c'était un peu foufou, je crois que je ne le referais pas une deuxième fois XD !

Aww, merci je vais rougir w c'est trop chou ce que tu dis là ! Si ce que tu dis est vrai, alors je devrais te revoir bientôt pour ce chapitre 22 ! Alors au plaisir de te revoir et merci ! :D

La : Coucou ! Wahou tant de motivation dans ce commentaire, ça boost ! OK je vais m'y mettre à fond w ! gros merci à toi ! ^^

Lamia : Hey ! Non rassure-toi ce n'est pas la fin ! Oui tu as raison ce jeu dure trop après, je devais l'arrêter et les mettre ensemble ! Aww merci, j'espère que tu aimeras autant ce chapitre là, bye miss ! :D

Guest : Merci ça me fait énormément plaisir de voir des gens me soutenir de cette façon ! =) Je vais continuer à faire de mon mieux ! YEAH !

Merci d'avoir pris de ton temps pour poster ton avis, à la prochaine =)

Les-Fictions-De-Niils : Hey ! Ah mais Bepo est très fort en terme de répartie, même s'il est mignon, faut pas croire qu'il est inoffensif XD ! Contente de savoir que la métamorphose de May t'as plu ! Pour la coiffure j'y avais pas pensé, mais pourquoi pas ? Je note ça dans un coin de ma tête ! Mais vu qu'elle a les cheveux assez courts maintenant, c'est chaud pour elle de se faire des coiffures aha ! En effet il était temps d'arrêter de vous frustrer ahlala… !

Désolée pour l'attente et merci de me suivre depuis maintenant un bout de temps ! =D

Bye ~

DonnySean : Salut ma vieille lectrice ! ça va bien ? (pas taper !)

Yeah je vais faire de mon mieux ! Genre t'as eu une figurine, vilaine ! MAIS LA MIENNE EST PLUS BELLE XD ! Oui notre prof est barge, complètement ! T'inquiète je ramènerai plein de photos, promis ! MAIS COMMENT ON PEUT AIMER NOA ? J'avoue que là je te comprends pas mdr ! Oh quitter le navire ? JE VAIS Y REFLECHIR MOUAHAHAHA !

« Et fini dans le lit de Law », tu m'as tuée XD ! J'aime ta réflexion philosophique sur le titre de l'histoire, merci ça m'a bien fait rire ^^ C'est d'ailleurs grâce à toi que je l'ai renommé ainsi, tu m'as convaincu héhé !

Merci pour ta compréhension et ton enthousiasme, j'espère te revoir prochainement ! =)

Ic'Ilver : Oh non, pas cette personne… :SBAFF : 8D

Comment je fais pour écrire 14.000 mots ? DON'T KNOW ! Oui c'est vrai que j'aurai pu atteindre les 30 chapitres avec ça, mais bon, tant pis pour moi XD ! Gary Suesiser, ce mot est tellement… chelou XD

OUI FALLAIT DU TEMPS POUR QU'ILS SOIENT EN COUPLE ET ALORS, JE FAIS CE QUE JE VEUX, NA ! :boude : Oui il reste encore des chapitres, stresse pas, on ira au-delà des 30, voir même des 40 héhé ! Alors tu as reçu ton pull de Law pour ton anniversaire ? ^^

A plus ^^ Plein de kiss w

Emma DeLa Luna : Hello ! Yep j'ai pris un nom français au final ! Contente de savoir que cette réplique de Ban t'a plu, j'ai aimé l'écrire XD Oui désolée pour l'attente, maintenant j'ai la trame, ça va mieux ! :D

Gros bisous et à la prochaine miss ! :D

L1109 : Salut ! Je vous l'avais dit que Law remonterait dans votre estime x') C'est vrai que la fin est guimauve mais bon pas le choix TwT Fallait bien sinon c'était mort d'avance D : J'espère te revoir à ce chapitre là !

Bisous bisous et merci d'avoir commenté ! =D

Ruko-Yoru-Blue-Exorcist : OOWI UN DESSIN DE MAY QUI RENAIT DE SES CENDRES CA SERAIT BEAUUU ! /toussote/ hum... ça va ? héhé ! Non non tu peux me piquer cette réplique y a pas de souci, je n'ai aucun droit d'auteur dessus XD ! Merci pour cette avalanche de compliment, j'aime travailler mes personnages et tout le reste, même si du coup l'action passe généralement au second plan ! Oui y aura un lemon mais ce sera pas pour tout de suite malheureusement pour toi ! :D ça m'étonne que tu voyais Ban plus vieux ! Vraiment xD ! OUI JE VAIS CONTINUER COMME CA PROMIS XD ! J'ai adoré ton petit délire en bas de ton commentaire, c'est trop drôle XD On va réussir ces fichues études ! Merci pour ce commentaire dynamique qui reboost, je vais tout déchirer tu verras ! :D

Byyye :3

Nikkouyoku : Hey ! Ah c'est ton chapitre préféré ? Youpi ! /o Je suis pas si désespérante en fait XD J'suis heureuse si ça t'a fait un cadeau de fin d'année miss, joyeuse nouvelle année en retard ! x')

Au revoir ^-^ ! A la prochaine !

: Oh tu t'es inscrite POUR MOI ? MAIS TU ES TROP MIGNONNE TOI DIT DONC ! Ce chapitre a beaucoup plu en fait à ce que je vois, ça me rassure . Heureusement j'ai réussi à respecter Law aha ! Non la fanfic n'est pas finie rassure-toi :D !

Merci /o/ je continuerai comme ça miss, promis ! On se voit bientôt, nee ?

Torima Kenro : Hey ! Pas de souci pour le retard de lecture, j'ai rien à dire vu mon retard de publication XD Oui traffou est un vrai obstiné quand il veut, ce crétin ! :P On le changera jamais halala ! Heureusement il a changé d'avis :P

Thank you so much, ça me réchauffe le cœur 3 ! Je te reverrai en commentaire pour le chapitre 22, hein ? D : x)

Merci d'avoir pris le temps de commenter c'est toujours agréable ! Passe une bonne journée =)

LilyDTrafalgar : OUI ILS SONT ENFIN ENSEMBLE C LA FIN DU MONDE MY GOD ! Oui j'avoue, cette phrase là avec la comparaison de May en serpillère n'était pas très romantique, mais c'est Law, on n'y peut rien héhé ! Merciu je te souhaite également avec trois mois de retard une bonne année XD !

Bye ~

Résumé du chapitre précédent : May est attristée par le choix de Law : celui-ci veut que leur relation reste celle d'un subordonné à capitaine. Elle, Shachi et Penguin passent de bons moments avec Shad, Walter et Ban. Ils sortent ensuite dehors pour que May puisse s'acheter de nouveaux vêtements, une fois cela fait, ils se font repérer par les marines. May, qui était dans une mauvaise posture, arrive à se battre et proclame officiellement le fait qu'elle vient d'un autre monde. Ils arrivent finalement à s'échapper, et pour fêter la montée en puissance et d'assurance de la jeune fille, les garçons décident de faire la fête, résultat : May est saoule. Law finit par aller la chercher et l'emmène dans sa chambre pour qu'elle se repose. Le lendemain elle se réveille dans un sale état. Law et elle ont enfin une conversation et s'avoue finalement leurs sentiments. Le chapitre se termine donc sur le commencement d'une toute nouvelle relation entre les deux protagonistes.

Comme ma bêta lectrice WhiteMerry est très occupée en ce moment, Memento-Savage l'a remplacée pour corriger ce chapitre 22 ! Remercier là car sans elle vous auriez plein de fautes haha ! Un grand merci à toi Savage !

Ce chapitre sera cute et « sombre » à la fois, j'espère que vous l'apprécierez ainsi que la nouvelle OC qui apparaîtra ! J'ai avancé dans la trame, j'en suis au chapitre 37, donc je sais ou je vais désormais ! :D

Je vous souhaite une bonne lecture, on se voit à la fin du chapitre ! .-

Disclaimer : L'univers de One Pieceappartient àEiichirô Oda !

oO_O_Oo

Une heure du matin. Le voile étoilé qui décorait le ciel scintillant, indiquait que la nuit était tombée depuis déjà plusieurs heures. La ville était endormie, plongée dans un doux silence timidement brisé par le souffle du vent qui caressait les vagues de la mer. Tout avait l'air si calme, si tranquille. Rien ne semblait capable de briser cette atmosphère apaisante qui enveloppait les habitants d'un sentiment de sécurité.

Pourtant, dans une salle à l'abri des regards curieux, deux personnes étaient encore éveillées. L'une avait un genou à terre, les épaules affaissées, et semblait attendre des ordres de la part de son interlocuteur. Celui-ci était, contrairement à l'autre, assit sur un fauteuil et dégageait une aura de domination et d'assurance, la jambe droite par-dessus l'autre. Il portait des chaussures à talons hauts, et était vêtu d'un pantalon orange qui s'arrêtait en dessous des genoux, ainsi que d'une veste blanche entrouverte aux motifs exotiques qui dévoilait son torse musclé. Ses cheveux étaient blonds, courts, et ses yeux se cachaient derrière une paire de lunettes de soleil dont les verres violets avaient la forme de têtes de flamants roses inversées. Ses oreilles étaient percées par des boucles d'oreilles jaunes en forme d'anneau. Son trait physique le plus évident et qui le caractérisait, était le grand manteau à plumes roses qu'il avait sur les épaules, lui donnant une apparence robuste. Sa main soutenait sa tête lourde de pensées, tandis que l'autre tenait la page d'un journal.

Après quelques secondes de silence, l'homme jeta le journal en face de la personne qui se tenait devant lui.

— Je veux que tu l'espionnes. Trouve des informations sur elle, et ne revient pas avant d'avoir découvert des choses intéressantes, ordonna-t-il d'un ton éloquent.

Son vis-à-vis baissa les yeux en direction de la photo sur laquelle on pouvait apercevoir une jeune fille aux cheveux épais et aux yeux d'un bleu brillant d'une détermination infaillible. Elle se tenait debout, une dague à la main, et était encerclée par des marines. Juste au dessus de l'image, il était écrit en grandes lettres : « la vérité, enfin dévoilée ! May, le célèbre pirate qui est sous le commandement de Trafalgar Law, affirme venir d'un autre monde ! ».

— Je ferais tout ce que vous voudrez, maître. Vos désirs sont les miens.

La personne s'inclina ensuite avec reconnaissance, et après avoir souhaité une bonne nuit à celui qu'elle considérait comme son sauveur, elle disparut de son champ de vision à l'aide d'une rapidité déconcertante, sa silhouette s'effaçant derrière les ténèbres du crépuscule.

[…]

Le soleil éclairait la mer de ses rayons, et le ciel était dégagé de tout nuage. Une jeune fille de dix sept ans marchait en direction de la cuisine d'un air rêveur, dans le but d'y déguster une succulente brioche au nutella. Ses yeux bleus fixaient obstinément le plafond, sa bouche était légèrement ouverte, et elle semblait prête à s'écrouler d'une minute à l'autre. Une chose était sûre : elle était complètement ailleurs. A tel point qu'elle dû faire plusieurs fois le tour du sous-marin pour retrouver la cuisine, passant juste devant de nombreuses fois sans s'en rendre compte. Une fois arrivée à destination après s'être prise quelques murs, la lycéenne fouilla vaguement dans les placards à la recherche du paquet de brioches, mais comme sa concentration était à son minimum, elle prit le pot de cornichons sans remarquer sa propre bêtise. Elle ouvrit le couvercle, et plongea sa main tremblante dans le pot, avant d'en ressortir un cornichon bien vert, de le recouvrir de nutella et de l'avaler tout cru. Un être humain normal aurait recraché le cornichon et aurait juré contre la terre entière, mais May était tout sauf une personne normale, elle resta donc indifférente au goût horrible qui envahissait sa bouche, et continua même de manger sans se préoccuper de quoi que ce soit. Dans son esprit, une seule personne comptait, et celle-ci possédait un prénom de trois lettres : Law. Elle répétait son prénom sans cesse dans sa tête comme une mélodie enchantée, il n'y avait plus que lui qui existait, le reste, elle s'en moquait.

Ce fut dans cet état que Shachi la trouva, environ un quart d'heure plus tard, et ce n'était pas jolie à voir. Bien sûr le brun l'avait toujours trouvée un peu étrange, mais là, elle avait carrément l'air d'être dans un autre monde (sans mauvais jeu de mot). Non seulement elle mangeait des cornichons (ce qui était déjà bizarre, selon lui), mais en plus de cela une aura inhabituelle l'entourait. Elle dégageait une euphorie dont il avait déjà eu le noble privilège d'être témoin, lorsqu'elle avait été saoule.

Ah, quel beau moment ça avait été. Il s'en souviendrait toute sa vie. Pourquoi n'avait-il pas pensé à prendre une photo de ce moment mémorable ? Il avait raté là une bonne occasion de la taquiner un peu.

— Salut ! salua-t-il joyeusement avec un signe de la main.

Il ne reçut aucune réponse. Il ouvrit alors la bouche pour faire signe de sa présence une seconde fois, lorsqu'elle chantonna d'une voix aigu et extrêmement niaise, le regard toujours collé au plafond.

— Eh, Shachi. Demande-moi si quelque chose de spécial m'est arrivée ~

— Hein ? lâcha-t-il sous l'incompréhension, penchant la tête sur le côté. Il haussa finalement un sourcil et s'exécuta : il t'est arrivé quelque chose en particulier… ?

D'une lenteur digne d'une scène tirée d'un film, la concernée se tourna enfin en direction de son ami, qui ne put s'empêcher de la trouver inquiétante.

— C'est un S.E.C.R.E.T ~ ! répondit-elle doucement, les yeux en formes de cœur, ce qui agaça son interlocuteur qui sentit ses lèvres s'étirer péniblement en un rictus déplaisant.

— Ok… chuchota-t-il, ne comprenant rien à la situation.

— Maintenant, dis : « Allez, dis-moi ce qu'il t'arrive, s'il te plaît », exigea-t-elle à nouveau.

D'accord. Elle avait réellement un problème.

— Dis-moi ce qu'il t'arrive, s'il te plaît… ? l'interrogea-t-il tout de même, en reprenant son sourire habituel.

La jeune fille se détourna de lui, et, son énième cornichon en main, elle affirma en se dandinant étrangement de gauche à droite :

— Je ne te le dirai pas ~ !

Cette simple phrase le refroidit à nouveau et il plissa les yeux. Elle avait vraiment un drôle de comportement ce matin, devait-il avertir le capitaine ? Une lanterne s'alluma dans son esprit au mot « capitaine », et si… ?

— T'as l'air bien heureuse…, constata-t-il avec une lueur de malice dans les yeux. Il ne se serait pas passé un truc avec le capitaine ?

Il sût qu'il avait raison à la seconde même où elle se figea après avoir entendu ses mots, alors que son visage se colorait peu à peu d'un rouge vermeille qui la rendait adorable à croquer.

— Pas du tout ! nia-t-elle en secouant la tête de droite à gauche avec tant de vivacité qu'elle se trahissait toute seule. Je ne vois pas de quoi tu parles…, ajouta-t-elle d'un ton plus bas qui n'était guère convaincant.

— Vilaine menteuse, reprocha-t-il avec amusement en lui faisant une pichenette, arrachant à la jeune fille un gémissement de douleur. Ça se voit gros comme ta poitrine qu'il s'est passé un truc avec lui !

La remarque lui fit froncer les sourcils, et elle se réveilla pour de bon.

— T'en as pas marre de dire des trucs aussi osés ? grogna-t-elle en le tapant faiblement à l'épaule. Et après tu t'étonnes de ne pas avoir de petite amie ! poursuivit-elle d'un ton qui laissait entendre son exaspération, les yeux levés au ciel.

— Ne changez pas de sujet, jeune fille, vous ne m'aurez pas ! s'écria-t-il, tirant ses joues rouges dans tous les sens pour l'embêter. Allez, je veux tout savoir !

— D'accord, d'accord…, bougonna-t-elle.

Après qu'il ait enfin arrêté de lui tirer les joues, la jeune fille balaya les alentours du regard, s'approcha de son ami et lui avoua tout à l'oreille sur le ton de la confidence.

— ça y est, vous êtes ensemble ?! hurla-t-il en faisant un bon ahurissant.

— Chut ! Ne parle pas si fort… ! reprocha-t-elle aussitôt, contrariée.

— Mais c'est super ! J'arrive pas à y croire ! s'enthousiasma-t-il en frottant sa tête à l'aide de son poing dans un geste affectif. Tu nous cachais bien ton petit jeu, hein !

— Arrête, ça fait mal… ! arriva-t-elle à prononcer entre deux éclats de rire.

Il se décida finalement à la lâcher, mais garda encore et toujours son sourire heureux collé au visage.

— Franchement ça me fait plaisir, je n'en pouvais plus de vous voir dans cet état ! commenta-t-il.

— Merci, je suppose…, s'amusa-t-elle.

Quelques minutes plus tard, ce fut au tour de Penguin de rentrer dans la cuisine. A peine avait-il mis un pied à l'intérieur que Shachi lui sauta dessus pour lui annoncer la bonne nouvelle, sous l'air exaspéré de May qui ne voulait pas que tout l'équipage soit au courant. Connaissant la discrétion de ses deux là, elle savait qu'elle devait désormais s'inquiéter. Après quelques félicitations moins enjouées que ceux de Shachi, ils abordèrent un autre sujet de conversation avec un bonheur sans faille, à croire qu'ils étaient plus heureux qu'elle de sa nouvelle relation avec Law ! En tout cas, les voir ainsi l'attendrissait beaucoup, ils étaient tellement adorables ces deux là. Décidément, elle les adorait !

A seulement une vingtaine de mètres de là, Law marchait — rampait en direction de la cuisine avec un air endormi. Il avait du mal à rester éveillé, il n'était pas très matinal, autant dire qu'il avait donc besoin d'une bonne tasse de café et que c'était pour cette raison qu'il se dirigeait en ce moment même vers la cuisine. Les rires qui en provenaient lui firent un hausser sourcil. A cette heure-ci, il y avait déjà du grabuge ? Il reconnut très facilement la voix de Penguin et Shachi, ainsi que celle de May, qui résonnait en boucle dans son esprit.

Lorsqu'il entra dans la pièce, la conversation se tut et l'atmosphère changea du tout au tout, ce qu'il remarqua aussitôt. Ses hommes avaient un sourire étrange sur le visage, si étrange qu'il ne put s'empêcher de plisser les yeux avec dangerosité. Il voulut ouvrir la bouche pour leur ordonner de lui dire ce qui n'allait pas, mais Shachi et Penguin leur expliquèrent qu'ils allaient retourner à leur travail (à une heure aussi matinale ? Trafalgar avait bien compris que ce n'était qu'un prétexte pour sortir) C'est donc en se murmurant des choses à l'oreille avec un sourire narquois et en fixant leur capitaine qu'ils quittèrent la pièce, tout en essayant de réprimer difficilement leur envie de rire, histoire de ne pas se faire tuer par Law. Celui-ci se retint de lâcher un soupir d'exaspération et reporta son attention sur May, qui, sans raison particulière, commença à faire du café avec une énorme énergie, lui tournant le dos, soudainement intimidée. Le regard menaçant de Law s'adoucit, et d'un pas feutré il diminua la distance qui le séparait de May et l'attrapa par la taille, posant sa propre tête sur celle de la jeune fille d'un air fatigué.

Le cœur de May se figea, alors qu'elle entendait Law bailler.

— Tu fais du café ? demanda-t-il d'un ton nonchalant.

La jeune fille lâcha un « oui » timide, et regretta la chaleur de Law près de la sienne aussitôt qu'il la quitta pour se diriger vers l'armoire et prendre une tasse de café d'un geste lent qui trahissait sa fatigue. Une fois le café prêt, il attrapa la machine et remplit sa tasse, avant de s'asseoir à la table, tandis que May se préparait un chocolat chaud. Une fois cela fait, elle prit place elle aussi à la table, juste en face de Law, ses lèvres s'étirant en un sourire gêné. Elle baissa les yeux face à l'intensité de son regard, dans lequel on pouvait apercevoir une pointe d'amusement et de malice. L'embarras était si grand qu'elle commença même à touiller son chocolat, ses dents allant mordiller sa lèvre inférieure comme elle avait l'habitude de le faire. Law trouvait le spectacle fort comique, il savait qu'elle n'aimait pas être observée de la sorte, surtout après le tournant qu'avait eu leur relation. Mais cela la rendait justement encore plus adorable.

Il eut soudainement très envie de la taquiner :

— Tu as l'air gênée, miss, déclara-t-il d'un ton railleur.

La concernée sursauta imperceptiblement et leva enfin les yeux vers lui, avant de les baisser à nouveau et de prendre une gorgée de chocolat chaud pour cacher son trouble, qui augmenta considérablement lorsque le rire moqueur de Law parvint jusqu'à ses oreilles, qui étaient aussi rouges que son visage.

— N-Ne te moque pas ! reprocha-t-elle d'un air boudeur Je n'y peux rien. C'était la première fois que…

Elle se tut alors, ne finissant pas sa phrase. Law haussa un sourcil, intrigué. Les mains de la jeune fille se resserrèrent autour de sa tasse, et sa bouche s'ouvrit difficilement pour prononcer le fond de sa pensée :

— Hier, ce que tu as dit… personne ne me l'avait dit, avant…

Le Capitaine des Heart se figea, et il constata que l'embarras de May était contagieux, car il se sentit presque gêné à son tour en se rappelant des mots qu'il avait employé envers elle, cette fois-là :

J'ai besoin de toi, ne t'éloigne plus

Tu me rends fou, May

— ça m'a fait plaisir…, avoua-t-elle avec un grand sourire qui s'élargissait au fil des secondes.

Ce sourire était trop rayonnant pour Law, qui détourna les yeux avec une indifférence feinte.

— Et bien profites-en, car c'était la première et dernière fois que je te disais ça, rétorqua-t-il, la mine renfrognée.

Sa réaction quelque peu enfantine fit rire la lycéenne. Finalement, ils se ressemblaient beaucoup. Law n'avait jusqu'à maintenant jamais eu de relation sérieuse, il était évidemment moins troublé qu'elle, mais l'était tout de même. Il ignorait comment agir face aux gens qui lui témoignaient une réelle affection, peut-être parce que pendant des années il avait consacré sa vie à sa vengeance, tout en essayant de ne pas s'attacher à ceux qui l'entouraient pour ne pas perdre son objectif de vue.

— Mais j'étais sérieux, affirma-t-il en la fixant à nouveau.

La déclaration la pris au dépourvu et elle hocha la tête pour lui indiquer qu'elle avait compris. Comment pouvait-elle ne pas le croire de toute façon, alors qu'il y avait cette lueur de sincérité dans ses prunelles ? C'était comme s'il avait lu dans ses pensées et voulait lui faire bien comprendre que depuis la veille il ne jouait plus, et était réellement prêt à essayer quelque chose avec elle, balayant toutes les hésitations qui inondaient son cœur depuis. Il n'y avait plus de doute possible : elle pouvait placer sa confiance en lui, et n'avait plus à nourrir cette peur d'être manipulée à nouveau. Elle avait conscience désormais qu'il ne la considérait pas comme un objet et tenait à elle. Ce sentiment de ne plus avoir à s'inquiéter, de ne plus avoir à se morfondre ou craindre l'avenir quant à sa relation avec Law, était plus qu'agréable. Le bonheur la saisissait enfin, après toutes ces journées de tourments à tourner autour du même problème.

Elle lança une œillade au jeune homme qui avait désormais le journal entre ses mains, avant de boire la dernière gorgée de chocolat qu'il lui restait et de sourire joyeusement, tout en pensant qu'elle avait vraiment eu de la chance d'atterrir dans ce monde et de rencontrer quelqu'un comme Law.

— Regarde, tu es le centre du monde aujourd'hui, affirma-t-il en lui montrant la première page du journal.

Ses yeux analysèrent rapidement la page. Une photo d'elle avait été placée en grand format, en lien avec la fois où elle avait déclaré être une Heart Pirate et venir d'un autre monde. Il y avait d'écrit juste au dessus : « la vérité, enfin dévoilé ! May, le célèbre pirate qui est sous le commandement de Trafalgar Law, affirme venir d'un autre monde ! ». La lycéenne aux cheveux épais soupira, n'appréciant guère que l'on voit sa tête partout. Au moins, il avait corrigé son prénom. La dernière fois, il avait mis un « i » à la place du « y » !

— Avec ça, les marines vont redoubler d'efforts pour me capturer, s'exaspéra-t-elle, retenant un deuxième soupir.

— Pas seulement les marines, énonça mystérieusement Law, une main sous le menton en guise d'accoudoir.

— Qu'est-ce que tu veux dire par là ? l'interrogea-t-elle, les sourcils froncés.

— Il me semble évident que même les civils vont te pourchasser, maintenant, expliqua-t-il sérieusement, semblant réfléchir à la situation.

Ce constat l'attrista. May refusait de faire du mal aux civils, c'était selon elle immoral. Même dans une situation critique, elle ne pointerait jamais son arme sur un habitant, que ce soit une personne âgée, un adolescent ou un enfant, elle ne le ferait jamais. Dû moins, elle l'espérait fortement. Elle avait déjà eu du mal à dépasser son traumatisme lié au premier marine qu'elle avait tué, alors tuer un enfant… non, si jamais cela arrivait, elle serait à jamais dégoûté d'elle-même. Pour elle, il n'y avait rien de plus inhumain que de tuer des innocents. Law l'avait-il déjà fait ? Rien que le fait de se poser la question lui noua la gorge.

Plongée dans ses pensées, elle ne remarqua pas l'intensité avec laquelle Law l'analysait, comme s'il voulait lire dans son esprit.

— Tu es en train de te demander si j'ai déjà tué des civils.

Ce n'était pas une question, mais une affirmation. La perspicacité de Law l'étonnerait toujours, elle ne pouvait vraiment rien lui cacher. Elle hocha tristement la tête. Le jeune homme se leva, faisant racler la chaise sur le sol dans un bruit désagréable pour les oreilles, puis il captura de ses doigts la tasse de café et se dirigea vers l'évier pour la nettoyer.

— Il m'est arrivé plusieurs fois de tuer des innocents, avoua-t-il d'un ton qui se voulut neutre, dénué d'émotion, après avoir activé l'eau chaude du robinet. Par contre, je me suis promis de ne jamais m'attaquer à des enfants, mais détrompe-toi : je ne fais pas dans la charité pour autant, reprit-il en sachant qu'elle allait ouvrir la bouche pour dire quelque chose. J'ai vu au cours de mon voyage de nombreux enfants qui avaient été victime d'expériences secrètes, mais pour autant je n'ai jamais rien fait pour les aider.

C'était une façon de faire qui contrastait avec celle de Luffy. Ce dernier ne pouvait s'empêcher d'aider n'importe quelle personne en détresse, peu importe sa destination ou ses origines, le Chapeau de Paille aimait tout simplement aider son prochain, même si cela l'obligeait à faire un grand détour. Law, contrairement à Luffy, voulait juste éviter de s'embarquer dans des histoires qui lui feraient perdre du temps, même si cela pouvait sembler cruel au premier regard.

— On ne peut pas sauver tout le monde, malheureusement, répondit-elle comme si c'était une évidence. J'ai fini par en avoir conscience.

— Tu comprends mieux maintenant pourquoi j'ai refusé que l'on garde l'enfant que tu avais trouvé dans la rue.

— Oui, affirma-t-elle en se levant à son tour pour nettoyer sa propre tasse. Ça ne t'a jamais énervé, tant d'injustice dans ce monde ? De voir autant d'enfants orphelins et de villes détruites ?

La main droite de Law qui séchait sa tasse se figea soudainement, et son regard, qui se caractérisait par une mer d'acier sans fin, s'assombrit également. Cette réaction ne passa pas inaperçu à la jeune fille, qui ne fit aucun commentaire, prétendant ne s'être rendue compte de rien. Mais quand elle l'observait, cela lui sautait aux yeux : il se ressassait des souvenirs douloureux, des souvenirs qui étaient inconnus à May. Elle ignorait tout du passé de Law, de son enfance jusqu'à la manière dont il avait gravé les échelons un par un pour former l'équipage qu'il avait aujourd'hui, ce qui l'attristait d'ailleurs.

Les minutes s'écoulèrent et May n'eut, au final, aucune réponse à l'une de ses questions de la part du Chirurgien.

C'est alors qu'une vibration auquel elle ne s'attendait pas chatouilla sa jambe droite. Incrédule, elle plongea sa main dans la poche de son jean et en sortit son portable allumé.

— Ce n'est pas possible…, souffla-t-elle.

S'extirpant de sa torpeur, Law se posta à côté d'elle et scruta l'écran, intrigué. C'est alors que brusquement, elle appuya sur l'écran pour visualiser ses messages, cliqua sur la personne qu'elle avait surnommée « Maman » et lut le message qu'elle venait de recevoir à une vitesse fulgurante, son visage reflétant une inquiétude mêlée à l'incompréhension la plus totale. Le capitaine se donna alors la permission de lire ce qu'il y avait d'écrit :

« Je t'en supplie ma chérie, répond-moi, on est très inquiet. Où es-tu ? Appelle-moi dès que tu peux… »

La lycéenne commença à taper sur les lettres du clavier d'une vitesse si grande que Law comprit qu'elle était paniquée. Elle avait écrit : « Je vais bien, ne te fait pas de souci pour moi », mais lorsqu'elle essaya d'envoyer son SMS, il était trop tard. Le réseau avait disparu, encore une fois. Un soupir de frustration s'échappa des lèvres de la jeune fille, et elle éteignit son portable, avant de le ranger dans sa poche et de poser ses deux mains sur la table avec résignation, les épaules affaissées.

— La dernière fois que c'est arrivé, j'étais avec Penguin en train de lui parler de mon monde…, murmura-t-elle, la voix tremblante. J'ai l'impression que cela remonte à tellement longtemps…

Inquiet, Law s'avança vers elle, et posa deux doigts sous le menton de celle qu'il aimait, remontant son visage devenu si pâle. Son cœur se serra à la vue des larmes qui perlaient au coin de ses yeux, et qu'elle essayait vainement de réprimer. May s'arracha doucement à sa prise et, d'un revers de main, essuya les larmes, ne voulant surtout pas flancher devant lui. Elle fit le tour de la table, et, distraitement, observa le ciel à travers le hublot, les bras repliés contre sa poitrine et l'air songeur.

— Tu sais déjà qu'avec mon portable je peux communiquer, Law, commença-t-elle. Mais dans votre monde, il m'est impossible de le faire, car il n'y a pas de réseau, ou dû moins, le votre n'est pas compatible avec mon portable. Ce qui signifie que depuis mon arrivé ici, je n'ai jamais pu expliquer à mes parents ma disparition, ni prendre de leurs nouvelles, expliqua-t-elle difficilement.

Il ne fut pas surprit, cela était logique que son portable ne marche pas. Il l'avait deviné depuis longtemps, néanmoins, il était étonné de ses derniers mots. Depuis l'arrivée de May, il n'avait jamais réellement songé au fait qu'elle n'avait pas vu sa famille depuis tout ce temps, elle souriait la plupart du temps et s'était intégrée à l'équipage, il avait donc finit par en conclure qu'elle s'était habituée à sa nouvelle vie, même si durant un moment il avait songé que sa véritable place était ailleurs, dans son monde d'origine. Sa famille devait terriblement lui manquer, d'autant plus qu'elle ne savait toujours pas comment rentrer chez elle.

— Par contre, il y a pas mal de temps, quand je discutais avec Penguin, il s'est produit la même chose qu'à l'instant : du réseau est apparu et mon portable à vibrer car j'avais reçu un message. Cette fois-là aussi c'était un message de ma mère qui… me disait qu'elle était inquiète car elle ne me trouvait nulle part. Malheureusement, comme il y a quelques secondes, le réseau avait disparu avant même que je ne puisse répondre…

Elle prit une grande inspiration, et continua :

— J'ignore donc si mes parents me cherchent en ce moment, combien de temps il s'est écoulé dans mon monde par rapport à ici, la raison pour laquelle le réseau apparaît avant de disparaître aussitôt, et enfin, j'ignore si je pourrais rentrer chez moi un jour, acheva-t-elle, au bord des larmes.

La dernière phrase le statufia sur place. Rentrer chez elle… Law y avait déjà songé, lorsqu'elle avait tué pour la première fois un marine, mais maintenant, cette perspective ne l'enchantait guère. Il voulait la garder auprès d'elle le plus longtemps possible, toute sa vie s'il en avait le pouvoir… mais elle ? Le désirait-elle seulement ?

— Je vais être honnête avec toi : je ne pense pas rester éternellement ici, déclara-t-elle comme si elle avait lu dans ses pensées. Bien sûr je me sens bien ici, avec toi et tous les autres, mais ma famille me manque aussi, et la vie que je menais avant également. Tu peux le comprendre, n'est-ce pas ? conclut-elle dans un chuchotement à peine audible.

Cela lui fit un choc, sincèrement. Cette histoire d'autre monde lui avait semblé tellement loin désormais, qu'il n'avait jamais vraiment songé qu'elle voudrait partir un jour. Pourtant, il le comprenait. Lui qui avait perdu sa propre famille, la comprenait mieux que n'importe qui. La réaction de May était parfaitement normale.

Celle-ci inspira fortement à nouveau, comme si elle était en manque d'air. Sa gorge était si serrée qu'elle n'était même plus sûre d'avoir la capacité à parler. Elle n'avait rien laissé paraître, mais depuis quelque temps, elle pensait de plus en plus à sa famille, à ce qu'il se passait dans son monde d'origine. Elle essayait la plupart du temps de taire ses inquiétudes, de les étouffer afin de pouvoir pleinement profiter du temps qu'elle passait dans celui-ci, mais c'était si difficile…

Remarquant qu'elle n'était pas loin de craquer, il la rejoignit à pas feutré puis, doucement, il l'attira à elle dans une étreinte qu'il espérait réconfortante.

— Cela signifie que tu veux rentrer chez toi ? quémanda-t-il, le cœur serré par l'appréhension.

Elle sentit à travers cette étreinte sa soudaine inquiétude, et éprouva l'irrésistible besoin de le rassurer.

— Non, je veux rester à tes côtés, pendant encore longtemps si possible, avoua-t-elle en plantant ses yeux azurés dans les siens avec tendresse, ce qui apaisa considérablement Law. Je t'ai dit une chose égoïste, pardonne-moi. On vient à peine de commencer à construire quelque chose ensemble, et je te parle déjà de départ…, souffla-t-elle ensuite mélancoliquement.

— Tu as le droit d'être égoïste de temps en temps, surtout toi, dit-il pour ne pas qu'elle culpabilise. Si je t'ai repoussé au départ, c'était aussi parce que je savais qu'un jour ou l'autre, tu voudrais retourner dans ton monde d'origine. J'ai conscience qu'un jour, tu rentreras chez toi, et ce jour-là, je l'accepterai.

Être si proche de lui l'électrisait et envahissait son corps de sensations indescriptibles qu'elle désirait ressentir encore et encore. Ce n'était pas que de l'amour, mais aussi une éternelle reconnaissance qu'elle lui vouait, car même s'il l'avait faite souffrir de nombreuses fois, il l'avait également aidée à devenir plus forte et à trouver sa propre place.

— De toute façon on ignore pour le moment comment me ramener chez moi, et je n'en éprouve pas l'envie. Ma famille me manque, c'est vrai, mais je veux continuer cette aventure avec toi, je sens qu'il me reste des choses à accomplir ici. Merci de m'avoir écoutée en tout cas.

Comme pour la remercier de ces belles paroles réconfortantes, le jeune homme posa ses lèvres sur son front en guise de remerciement. Cela l'aurait peut-être fait rire, mais au vue de la situation et de l'atmosphère qui régnait, May se contenta d'apprécier le contact. Puis il essuya les larmes qui apparaissaient à nouveau au coin de ses yeux d'un revers de main.

S'il y avait bien une chose qu'il détestait, c'était quand May versait des larmes.

Celle-ci priait au fond d'elle, priait pour que cette complicité nouvelle qui régnait entre eux ne fasse que s'accroître au fil des prochains jours qui s'annonçaient beaux, tout comme elle priait pour que cet amour sincère qu'elle lui portait ne cesse jamais de s'éteindre, comme une flamme à deux facettes, capable de brûler et de réchauffer en même temps, illuminant tous les ténèbres qui s'étendaient autour d'elle.

[…]

Dix jours s'écoulèrent, durant lesquelles le sous-marin jaune navigua sous la mer en toute tranquillité. Tout semblait si calme et apaisant. Depuis que Law et May étaient officiellement ensemble (ce que Penguin et Shachi n'avaient pas pu s'empêcher de crier dans le navire entier, histoire que tout le monde soit au courant), l'atmosphère était plus légère, dénuée de la tension qui s'était installée suite aux récents événements. Tout le monde était de bonne humeur et les journées défilaient rapidement.

Law se comportait comme il le faisait d'habitude avec May : il la taquinait régulièrement, lui accordait parfois beaucoup d'attention avant de l'ignorer superbement la minute qui suivait, sauf qu'il lui arrivait aussi, contrairement à avant, de la frôler légèrement en passant juste à côté d'elle ou encore de lui lancer des regards qui témoignaient de son affection. A l'extérieur, il restait donc à peu près le même. Il n'était pas du genre à dire ses sentiments à voix haute et préférait les exprimer par des gestes, May l'avait rapidement compris, mais ça ne la dérangeait aucunement. Elle-même n'était pas toujours très douée pour dire à voix haute ce qu'elle ressentait, alors ça lui convenait parfaitement.

C'était étrange, car May ne connaissait rien de Law, ou dû moins très peu de choses, et pourtant, cela ne l'empêchait pas d'aimer chacune des facettes de sa personnalité. Néanmoins, depuis qu'ils avaient décidé de retourner au fond de l'eau, quelque chose la dérangeait :

Il faisait trop chaud.

C'est pour cette raison que Penguin et Shachi la retrouvèrent un après-midi avachie contre le mur d'un des nombreux couloirs en train d'essayer de se faire de l'air avec sa petite main, tandis que Bepo, lui, était complètement à terre, la fourrure en sueur.

— J'en peux plus…, se plaignit la lycéenne, qui mourrait d'envie de manger une bonne glace.

— Tu as raison, il fait trop chaud…, se plaignit à son tour l'ours blanc, qui avait encore plus chaud qu'elle.

A cet instant, Bepo était moins mignon qu'à l'accoutumé.

— Fermez-là, vous deux ! s'écria Penguin avec vivacité, appuyé contre le mur. Vous me donnez encore plus chaud, à force de vous plaindre !

— Faut dire aussi que Bepo a une fourrure très épaisse, ce n'est pas surprenant, rit Shachi, amusé de la scène.

— Je déteste quand on est sous la mer dans un endroit aussi étroit…, répondit difficilement l'ours. Surtout avec ces deux là qui se plaignent tout le temps, ajouta-t-il sur un ton de reproche.

— Tu es le seul qui se plaint ! s'exclamèrent les deux concernés, outrés.

May, de son côté, n'avait même plus la force de parler.

— Je n'en peux plus… j'ai vraiment pas le choix…, déclara Bepo.

C'est alors qu'il se leva et attrapa les deux hommes, les serrant fortement contre lui pour les empêcher de s'échapper.

— Je vais vous faire partager ma douleur !

Il commença alors à frotter sa fourrure toute dégoûtante contre le visage des deux autres qui s'en passerait bien, sous l'air amusé de la lycéenne qui était bien heureuse de ne pas être à leur place.

— Qu'est-ce que tu fous ?! cria Shachi avec une grimace.

— S'il vous plaît laissez-moi respirer l'air frais, juste un petit moment ! quémanda l'animal en continuant de son petit manège.

— D'accord, d'accord, mais arrête de te frotter à nous de cette façon, ça me dégoûte ! céda Penguin qui essayait de s'échapper à tout prix.

— On va remonter, mais lâche-nous !

Bepo les lâcha finalement, satisfait. Les deux autres coururent en direction de la salle des machines et les firent remonter à la surface avec exaspération. L'ours blanc se hâta d'ouvrir la porte menant à l'extérieur et d'inspirer un grand coup, appréciant le souffle du vent qui fouettait sa douce fourrure. Derrière lui, May se retenait de rire. Bepo était vraiment amusant.

— Profites-en, parce qu'après on retourne sous l'eau ! conseilla-t-elle.

— Pas besoin, il y a une île à l'horizon, commenta Penguin qui sortait lui aussi.

— Super ! Dès que je peux, je vais m'acheter une glace ! s'écria May en levant les bras en l'air.

— Chanceuse, tu n'as pas de travail, toi, reprocha Penguin d'un air boudeur. Par contre tu ferais mieux de demander l'autorisation au capitaine.

May hocha la tête et fit demi-tour, courant en direction de la chambre de Law. Elle toqua et entra, renfermant la porte derrière elle. Le jeune homme lisait encore un livre sur la médecine. Dès fois, elle se demandait vraiment comment il faisait pour apprécier ce domaine. Certes, c'était intéressant de savoir comment soigner des gens, mais le nom des organes de l'être humain, ou encore le matériel utilisé… tout ça n'avait vraiment rien de poétique et de mignon.

— On va pouvoir accoster sur une île, prévint-elle. Est-ce que je peux me faire une petite ballade ?

Law enleva ses lunettes et pivota sur sa chaise, réfléchissant.

— Tu ne t'attireras pas des ennuies ?

— Je ne promets rien, mais je peux essayer, répondit-elle, peu convaincue elle-même.

— Je suppose que je n'ai pas le choix de toute façon, expliqua-t-il d'un air moqueur. Méfie-toi tout de même des civils, on ne sait jamais comment ils peuvent réagir, depuis ce qui a été publié dans le journal.

— Merci ! Je vais faire attention, promis ! remercia-t-elle énergiquement, toute contente.

Elle venait de poser sa main sur la poignée pour sortir, mais la voix sarcastique de Law résonna à nouveau :

— Et mon bisou ?

May tourna la tête et remarqua que Law arborait désormais un sourire espiègle. La jeune fille leva les yeux au ciel face à son attitude enfantine et se pencha vers lui dans le but d'accéder à sa demande. Mais à la plus grande surprise de Law, elle dériva des lèvres de celui-ci au dernier moment et colla les siennes sur sa joue, en guise de revanche. Rapidement, elle s'éloigna et lui tira la langue avec un air enfantin.

— ça t'apprendra à te moquer de moi, monsieur le Chirurgien Psychopathe ! s'écria-t-elle avant de disparaître de sa vue.

Law eut un fin sourire, avant de retourner à son bouquin.

[…]

La lycéenne aux cheveux épais ne put s'empêcher de lâcher une exclamation de joie lorsque ses pieds touchèrent la terre ferme. Enfin ! Après dix jours à rester sous l'eau, elle regagnait la terre ! Sans plus attendre, elle commença à déambuler dans la ville d'un pas lent, profitant de la brise qui chatouillait sa peau, observant les nuages blancs qui défilaient lentement d'un air paisible. Le paysage était tout simplement beau et la rendait nostalgique : depuis quelque temps, elle n'avait plus eu l'occasion de se promener ainsi dans la ville, avec tous les événements récents. Le faire à nouveau lui permettait de laisser son esprit divaguer et laisser son côté rêveur prendre le dessus sur tout le reste. Elle ferma alors les yeux et s'imagina une scène banale mais idéale pour elle, elle s'imagina être entourée de jeunes filles de son âge, souriantes, marchant à ses côtés et riant aux éclats, parlant de tout et de rien, partageant leurs pensées les plus spontanées, ainsi que celles qui étaient un peu plus secrètes. Mais lorsqu'elle ouvrit les yeux, cette image utopique s'effaça aussi brutalement que la réalité, et elle sentit une vague de mélancolie transpercer son cœur.

Certes, elle avait Nami, mais elle ne la voyait pas souvent. La présence d'une amie fille au quotidien lui manquait. Il y avait des sujets qu'elle ne pouvait pas aborder avec Shachi et les autres, parce qu'ils étaient des hommes. Ne voulant pas se laisser abattre par une quelconque tristesse, elle secoua la tête et esquissa un geste pour reprendre sa marche, lorsqu'une petite main agrippa son haut. May baissa les yeux, et toisa de ses yeux bleus la petite fille égratignée qui la fixait avec une innocence mêlée à un petit quelque chose qui lui serra le cœur sans qu'elle ne puisse l'en empêcher. La petite avait des cheveux noirs, courts, ainsi que des yeux verts brillant. Cette dernière tendit ses deux mains, et demanda avec un sourire :

— Excusez-moi madame, est-ce que vous avez à manger ?

La lycéenne fronça les sourcils et observa les alentours. C'est alors qu'elle remarqua ce qu'elle n'avait justement pas vu depuis qu'elle était sur l'île : des enfants par dizaines étaient à terre, égratignée, les vêtements déchirés, les yeux vides. Les adultes aussi, semblaient profondément fatigués, attristés, prêt à s'effondrer au moindre souffle. Que se passait-il dans cette ville ?

La jeune fille reposa ses yeux sur l'enfant qui quémandait toujours à manger, et soudainement, les mots de Law résonnèrent dans son esprit :

Tu comprends mieux maintenant pourquoi j'ai refusé que l'on garde l'enfant que tu avais trouvé dans la rue.

Elle hésita soudainement à aller acheter quelque chose pour la petite. En agissant ainsi, les autres enfants risqueraient de courir vers elle pour demander de la nourriture, et elle ne pouvait pas aider tout le monde, malheureusement.

Alors, contrairement à ce qu'elle aurait fait d'habitude, elle ravala l'empathie qui la submergeait, caressa d'un geste affectueux les cheveux de la petite, puis la devança sans lui donner quoi que ce soit. Elle entendit des pas rapides derrière elle, signe que l'enfant lui courrait après. May se mordilla la lèvre inférieure et se mit à courir elle aussi pour disparaître de son champ de vision, se réfugiant dans un café au coin de la rue. Se retournant, elle vérifia qu'elle n'était plus poursuivie, puis, soupirant, elle alla prendre place au comptoir et commanda une glace à la vanille pour se réconforter, sans remarquer les regards étranges qui se posèrent sur sa silhouette.

Une fois sa commande arrivée, elle se dépêcha de la déguster, impatiente. Cela lui permit d'oublier la scène qui venait de se dérouler. En tout cas, il faisait une de ses chaleurs ! Dire qu'elle avait encore son écharpe autour de son cou ! Elle aurait dû la laisser au sous-marin, tiens.

Une fois sa glace terminée, May se leva et se dirigea vers la serveuse.

— Combien je vous dois pour la glace ? demanda-t-elle.

La serveuse eut un sourire inquiétant qu'elle ne vit pas, prononça la somme que May lui donna. Celle-ci allait se retourner pour sortir, lorsqu'elle entendit la serveuse prononcer :

— Je crains que ce ne soit pas suffisant, mademoiselle.

La lycéenne fronça les sourcils face au pistolet qui apparut devant elle, à seulement deux mètres de son visage. Elle constata alors avec stupéfaction que tous les civils qui jusqu'à maintenant agissaient normalement s'étaient levés eux aussi avec un air meurtrier. La majorité était des femmes, qui étaient elles aussi armées d'un pistolet ou d'une dague. L'ébahissement s'empara de la lycéenne aux cheveux épais : des civils l'attaquaient, c'était tout simplement impensable pour elle ! Pourquoi ? A quoi ça leur servirait de la capturer ? Tout s'emmêlait dans sa tête. La crainte était là elle aussi, mais pour une raison qui lui était inconnue, elle se sentait en sécurité, comme si inconsciemment son corps lui murmurait qu'elle ne pouvait pas mourir et qu'elle était protégée.

— Il faut nous pardonner, nous ne faisons pas ça de gaieté de cœur, annonça la serveuse avec réticence, le visage soudainement déformé par la culpabilité.

Malgré la dangerosité de la situation, May esquissa un geste, mais la jeune femme lui ordonna aussitôt de ne pas bouger. C'est alors qu'elle remarqua que la main de la serveuse tremblait, elle tremblait autant que celle de May lorsqu'elle s'était retrouvée devant le premier marine qu'elle avait tué. Cela signifiait bel et bien quelque chose : cette femme n'était pas une criminelle, c'était peut-être même la première fois qu'elle pointait une arme vers quelqu'un, et May constata ensuite que le symptôme était présent chez tous ceux qui l'entouraient. Ils étaient tous effrayés à l'idée d'appuyer sur la gâchette.

La serveuse tourna alors la tête vers une petite fille qui devait avoir environ dix ans, et qui lui ressemblait trait pour trait.

— Miné, appelle la base marine la plus proche, lui ordonna la jeune femme d'un ton dur, et dis leur que nous avons capturé May. Dépêche-toi !

L'interpellée hocha la tête se hâta de sortir sans plus attendre.

— Je me demande ce qu'a ressentit votre fille, en vous voyant pointer cette arme sur moi, lança calmement May.

Des murmures se firent entendre autour d'elle, et la serveuse eut un mouvement de recul face aux mots qui venaient d'être prononcés.

— On a conscience que nous ne donnons pas une bonne image de nous même ! s'écria une civile, les sourcils froncés.

— Mais nous n'avons pas le choix, nous avons besoin d'argent, dit une autre femme, mélancolique. J'ai un fils qui est malade à la maison et qui doit avoir des soins d'urgence, mais il n'y a plus aucun médecin dans cette ville, ils sont tous partis.

— La ville est pauvre, les habitants sont en train de mourir à petit feu, expliqua la serveuse à son tour, les larmes aux yeux. Nous n'avons pas d'autres solutions. Seul votre sacrifice peut nous sauver !

May écoutait d'une oreille attentive les plaintes et le désespoir qui hantaient ce lieu. Elle comprenait parfaitement que pour sortir de la pauvreté ces habitants étaient prêts à tout, et il était logique qu'ils s'attaquent plus à elle qu'à un autre pirate. Avec sa petite prime à elle, les gens devaient se dire qu'elle était une proie facile.

Pourtant, elle ne voulait pas mourir, même pour une cause aussi noble que celle-ci. Elle avait le devoir de ne pas se faire capturer pour éviter le plus de risques possibles pour son propre monde. Il était hors de question pour elle de perdre maintenant ! Alors qu'elle venait à peine d'accéder au bonheur d'un amour réciproque, elle se refusait à baisser les armes !

Mais que faire ? Ses ennemis n'étaient pas des marines, mais des civils ! Et elle s'interdisait de faire du mal à un humain inoffensif ! Un sacré dilemme se présentait à elle : être capturée, ou se défendre au risque de s'en vouloir encore une fois ?

Avec un peu de chance, elle pourrait réussir à les dissuader. Ils n'étaient pas habituer à tuer, ses mots arriveraient peut-être à les convaincre.

— J'aimerai vraiment pouvoir vous aidez, déclara-t-elle avec assurance. Mais je refuse de me faire capturer. Si je me fais capturer, le gouvernement mondial aura la possibilité d'envahir mon monde et d'y faire régner la terreur, poursuivit-elle en essayant d'être convaincante.

— Alors c'est bel et bien vrai, le journal ne raconte pas de bêtises, un autre monde existe réellement…, murmura un civil.

— Ne la crois pas, ce sont des conneries ! s'exclama un homme avec vivacité.

— C'est la pure vérité, je ne vous mens pas, rétorqua froidement May, agacée.

Ça l'aurait bien arrangé au départ que personne ne soit au courant de son secret, mais maintenant elle était connue dans le monde entier, alors autant utiliser cette information pour la tourner en sa faveur. Elle n'était pas très intelligente mais n'était pas non plus stupide.

— Et si c'était vrai, pourquoi le gouvernement ferait une telle chose ? Ça n'a aucun sens ! Jamais ça ne leur viendrait à l'esprit ! Le gouvernement a de bonnes intentions !

— De bonnes intentions, vraiment ? répéta sèchement May, prenant sur elle pour étouffer la colère qui se propageait dans tout son être.

Elle laissa quelques secondes s'écouler, avant de reprendre d'un ton plus doux :

— Alors pourquoi cette ville croule-t-elle sous la pauvreté ? Pourquoi le gouvernement ne bouge pas le petit doigt pour vous aidez ?

Le silence tomba alors, telle une sentence. Certains voulurent répliquer le contraire de ses dires, mais refermèrent la bouche aussitôt, confus, tandis que d'autres s'étaient tus. L'ambiance se fit alors plus lourde, et May pu lire sur le visage de la plupart des civils de l'incertitude, mais l'homme qui avait parlé tout à l'heure se ne laissa pas démonter :

— Ne vous laissez pas embobiner, elle dit ça pour qu'on baisse notre garde !

Les mots eurent l'effet attendu : tout ceux qui doutait se reprirent et pointèrent à nouveau leurs armes dans sa direction.

May grinça des dents. Et merde. Alors elle allait vraiment se faire capturer ici ? Son cœur battait si fort contre sa poitrine. Non, elle ne pouvait pas abandonner maintenant ! Elle devait tenter le tout pour le tout, quitte à se prendre une balle quelque part.

Elle inspira profondément, puis, avec la rapidité qui la caractérisait, elle attrapa le pistolet de la serveuse et frappa celle-ci avec pour l'assommer, avant de sauter sur l'une des tables et de frapper les civils les plus proches d'elle afin de s'assurer le plus de chance possible. Malheureusement, une des femmes parvint à s'approcher d'elle et l'envoya valser de l'autre côté de la pièce avec une violence inouïe. May gémit de douleur lorsque son dos et sa tête rencontrèrent violemment le mur de la pièce.

— Je refuse de te laisser t'enfuir pirate, même si cela signifie que je dois prendre le risque de te tuer ! cria l'homme avec détermination, prêt à tirer.

— Fait pas ça ! hurla un autre en lui attrapant le bras. Le gouvernement la veut vivante !

Mais il était trop tard, le doigt avait appuyé sur la détente, et May ferma les yeux, tout en hurlant intérieurement sa détresse face à la mort qui allait l'accueillir.

[…]

Une ombre surgit dans la ville, silencieusement, profitant de l'agitation qui régnait tout autour du café pour se diriger vers celui-ci sans se faire repérer. Elle priait pour que sa cible soit encore en vie, suite au coup de feu qui avait retentit il y a peu. Arrivée à destination, l'ombre sourit.

— Je t'ai enfin trouvée.

[…]

Il n'y avait plus rien, que le néant. Tout était noir, silencieux, trop silencieux. Était-elle morte ? Avait-elle réellement perdue face à des civils, alors qu'elle avait dit à Law que tout irait bien ? Sa vie s'était achevée ?

Le cœur battant la chamade, May ouvrit les yeux difficilement, et constata qu'elle était encore en vie, et dans le même état qu'il y a quelques secondes. Elle remarqua que tous l'observait avec un air ahuri, et c'est avec ébahissement que la jeune fille constata que la balle qui était censé la toucher était à terre, à environ un mètre d'elle. Elle lança un regard perdue à l'homme qui avait tiré précédemment. Celui-ci tomba en arrière, tremblant, la fixant avec incompréhension.

— Qu'est-ce que c'était que cette aura violette ? questionna-t-il à l'égard de May. Qu'est-ce que tu as fais ?

May s'écroula elle aussi sous l'incompréhension. Une aura violette ? Quelle aura violette ? C'était elle qui avait empêché sa propre mort ? Impossible. Comment aurait-elle pu ? Elle avait juste fermé les yeux et prier très fort, qu'est-ce qui s'était passé ? Elle-même ne comprenait rien à la situation. Néanmoins, elle ne devait pas en faire une priorité et s'échapper au plus vite. Elle profita donc de la stupeur générale pour sauter sur les tables et sortir par une fenêtre grande ouverte. Les habitants qui étaient dehors et attendaient depuis plusieurs minutes déjà, la repérèrent aussitôt et se lancèrent à sa poursuite. May jura et s'en alla dans la direction opposée. Sa vue était floue et ses pensées s'entremêlaient dans sa tête. Pendant plus d'une dizaine de minutes, elle courut dans la ville, les civils à ses trousses. Elle essayait de réfléchir à un moyen de s'échapper, mais elle n'y arrivait pas, à cause de l'incompréhension qui la tenaillait. Pourquoi la balle ne l'avait pas touchée ? En était-elle la raison ? Avait-elle inconsciemment déclenché quelque chose ? Elle qui semblait si faible au premier regard, possédait-elle un pouvoir qui lui avait été jusque là inconnu ? Tout cela se mélangeait dans sa tête et l'empêchait de raisonner convenablement, ce qui était assez dérangeant au vue de la situation.

Pendant ce temps-là, l'ombre inquiétante continuait d'observer May du regard.

La jeune fille commençait à fatiguer, le stress qui l'avait envahie au fil des secondes dans le café l'avait grandement affaiblie, elle ignorait combien de temps encore elle tiendrait, et elle se refusait à sortir son pistolet pour tous les tuer ou même les blesser. Elle se retrouva donc au bout de vingt minutes encerclée par une vingtaine de civils armés prêt à la capturer, guidés par l'espoir qu'elle représentait pour les extirper du désespoir qui les hantait chaque jour. Ses yeux balayèrent l'ensemble des habitants avec la froideur dont elle faisait toujours preuve en cas de danger.

Elle songeait à quel moyen elle pourrait utiliser pour s'échapper, lorsqu'en un éclair, dix civils s'écroulèrent après avoir lâché un hurlement de douleur, leur corps baignant dans leur propre sang. La jeune fille lâcha un hoquet de surprise et s'avança d'un pas, hébétée. Elle observa d'un œil aiguisé les alentours, essayant de comprendre qui était l'auteur de tout cela. Pendant ce temps, les autres civils s'étaient prudemment écartés. Certains s'enfuyaient en hurlant, tandis que d'autres restaient muets et figés face à la scène. C'est alors que dans le chaos, résonna une voix glaciale :

— Besoin d'aide, gamine ?

May leva les yeux, et aperçut sur un bâtiment une ombre, mais la seconde d'après, celle-ci se trouva juste devant elle, la surprenant au passage. L'ombre se révélait être la silhouette d'une jeune femme, dont la majeure partie du visage était cachée par une cape noire qui voletait derrière elle au gré du vent. Intimidée par la prestance qui émanait d'elle, la lycéenne recula, puis, faisant le lien avec elle et la mort des civils quelques secondes auparavant, elle demanda d'un ton dans lequel on pouvait entendre son amertume :

— C'est toi qui les as tués ?

— Bonjour à toi aussi, ironisa l'inconnue avec un sourire moqueur.

Cette remarque déplut fortement à May, qui serra les poings sous la colère. Néanmoins, elle fit de son mieux pour se calmer et ne pas s'emporter. Qui était cette jeune femme ? Que lui voulait-elle ? Dire qu'elle avait tué ces civils sans une once de culpabilité… ! Cela suffisait à la mettre dans une rage folle !

— Je te pose à nouveau la question : est-ce toi qui les as tués ? l'interrogea-t-elle avec plus de froideur.

— Mais c'est qu'elle est perspicace, en plus ! rit ouvertement l'autre d'un ton polaire et transcendant. T'aurais préféré te faire capturer, peut-être ?

La remarque augmenta la rage de la lycéenne, qui mourrait d'envie de lui mettre une bonne claque.

— Ce n'est pas la question ! Ils n'avaient rien fait de mal ! hurla-t-elle finalement, commençant déjà à perdre patience.

— Ils ne voulaient pas ton bien. Et de toute façon ils étaient pauvres, ils allaient finir par mourir, rétorqua simplement son vis-à-vis, comme si c'était une évidence.

— Mais ils restent des civils, rétorqua May. Les marines, d'accord, mais les civils, je refuse d'en tuer !

— Alors non seulement tu es pitoyable, mais en plus de ça tu es suicidaire au point de ne pas te défendre face à eux même dans une situation critique, fit-elle simplement remarquer.

Les mains de May tremblèrent de colère. Cette femme… pour qui se prenait-elle, à la fin ?

— Je ne te permets pas. Tu viens et tu me fais la leçon… Tu peux toujours partir, je ne te retiendrai pas, déclara-t-elle froidement. Je me débrouillai avant que tu n'arrives.

— Tu étais encerclée, tu appelles ça te débrouiller ? Ferme là plutôt et laisse-moi m'occuper d'eux.

— Mais je ne t'ai pas demandé ton aide ! Pourquoi tu fais ça, d'abord ?

— Je m'ennuie, j'ai envie de m'amuser un peu.

La remarque eut sur May le même effet qu'une douche froide. S'amuser ? Alors pour elle, tuer des gens était divertissant ? Mais comment pouvait-on accorder aussi peu de valeur à la vie humaine ? Comment pouvait-on s'amuser en tuant des gens ? Elle ne comprenait vraiment pas, c'était contre ses propres principes !

— T'amuser… ? souffla-t-elle avec ébahissement, avant de reprendre avec plus d'énergie : tuer des gens n'est pas un jeu !

— Tu commences à me casser les oreilles, riposta l'autre en levant les yeux au ciel avec dédain. Je fais ce que je veux, soupira la jeune femme ensuite, commençant à être agacée.

— Non justement, tu n'as pas le droit de tuer ces gens juste pour le plaisir !

L'inconnue ferma calmement les yeux avec une indifférence glaçante, impassible à la remarque de la lycéenne. Plus les secondes défilaient, plus elle commençait déjà à détester la plus jeune. Cette façon de penser, cette façon de parler, ses mimiques… tout l'énervait déjà chez elle et lui donnait l'irrésistible envie de la faire taire définitivement.

— C'est bon ? Tu as terminé ta leçon de moral ? l'interrogea-t-elle froidement, plantant son œil doré dans celui azuré de May, l'autre caché par la capuche.

Désarçonnée, celle aux cheveux épais serra les dents un instant, avant de reprendre toute sa contenance :

— Tu sais quoi ? Va te faire voir, je n'ai pas besoin de toi !

La dernière phrase agaça fortement la jeune femme, qui soupira ouvertement et fixa longuement son interlocutrice, faisant fléchir celle-ci face au regard plus que meurtrier qui la sondait. A la vitesse de la foudre qui s'abat sur la terre, l'inconnue courut en direction de May et lui asséna un coup de pied au niveau du ventre, la faisant tomber à même le sol poussiéreux. La lycéenne se releva aussitôt malgré la douleur et pointa son pistolet vers elle, prête à se battre contre elle, ce qui fit hausser un sourcil amusé à celle qui était face à elle. Elle ne semblait nullement effrayée. Elle avait même l'air remplie d'assurance et de confiance en elle. La lycéenne ne voyait pas entièrement son visage et ne pouvait donc pas vraiment dire ce que celui-ci reflétait, mais chaque geste de l'inconnue dégageait du mépris ainsi qu'un certain détachement, comme si elle savait qu'elle contrôlait la situation.

— Tu penses sérieusement faire le poids contre moi, gamine ?

— Peu importe si je suis plus faible que toi…, prononça May d'un ton assez bas. Tu as tué des civils, et ça, je ne te le pardonnerais pas !

Sans plus de cérémonie, la lycéenne fonça à son tour vers son ennemie qui l'attendait stoïquement. Une fois devant elle, May attrapa sa dague et amorça un geste pour blesser la jeune femme, mais celle-ci la contra à l'aide d'une épée qui était cachée sous sa longue cape. L'épée était entièrement noire et était faite d'un acier inoxydable, tandis que la garde et la poignée étaient en métal, recouverte de simili noir. Elle lui faisait drôlement penser à celle de Kirito, de Sword Art Online. Les deux lames s'entrechoquèrent en même temps que leur regard et leurs idéaux, et c'est ainsi qu'une série de coups commença, durant laquelle aucune des deux n'eut l'avantage. C'est alors que May dirigea sa dague vers la capuche de la jeune femme qui se baissa instinctivement. La capuche s'abaissa elle aussi et laissa apparaître au grand jour ses longs cheveux d'un rouge flamboyant qui voletaient en cascade dans son dos, ainsi qu'un œil gauche qui n'était pas doré comme le droit, mais argenté, sous lequel l'on pouvait apercevoir en frémissant une cicatrice qui s'arrêtait au niveau de sa joue. Sa peau était pâle, si pale… bien plus que la sienne, elle ressemblait à un cadavre. Cela la déstabilisa un instant, et son ennemie en profita pour contre attaquer, heureusement May réussi à esquiver le coup en reculant vivement, avant de frapper à nouveau. Alors que l'épée et la dague grondaient d'une colère sourde, l'inconnue décida de prendre la parole :

— Pourquoi tiens-tu tant que ça à éviter la mort d'un autre ? Qu'est-ce qui te pousse à penser qu'il ne faut pas tuer des civils, même si ta vie est en danger ?

Les mots avaient été lâchés sur le ton de l'impassibilité.

— « Pourquoi ? » hein…, murmura la plus jeune. Je ne le sais pas moi-même. Je n'aime pas tuer les gens, c'est tout. Et toi ? Pourquoi tu fais le contraire ?

— ça ne te regarde pas, trancha-t-elle froidement.

Les sourcils de May se froncèrent encore plus, et, la tête pleine de pensées, elle ne vit pas la poignée de l'épée se diriger vers elle et l'assommer. Perdant connaissance, elle s'écroula à terre.

— Tu es vraiment lente… même quand tu chutes, commenta la plus vieille en rangeant son épée.

Elle observa les alentours et remarqua que les civils s'étaient enfuis et que des marines arrivaient au loin. Soupirant, elle rabattit sa capuche sur sa tête et attrapa le corps de May, avant de la placer sur son épaule comme un sac à patate.

— Et si on allait rendre visite à ton capitaine ?

[…]

Sur le pont du sous-marin jaune, Law se détendait tranquillement contre Bepo qui dormait à même le sol, un livre entre les mains. Il profitait du beau temps pour se laisser un peu aller. A force de rester enfermer dans le sombre sous-marin ou dans sa propre chambre, à remuer le passé et penser au futur, il finissait par se fatiguer. Sentir la brise du vent et la chaleur des rayons du soleil le réchauffer était agréable et lui changeait un peu les idées. Le fait de ne plus se torturer l'esprit sur le sujet de sa relation avec May lui permettait également d'alléger le poids qui pesait sur ses épaules.

Il tiqua. Quelqu'un s'approchait du navire à grande vitesse.

Les sourcils légèrement froncés, il se releva et mis la main sur Kikoku, prêt à le dégainer pour se battre. Ses yeux gris sondèrent les alentours, et remarquèrent alors une ombre qui courrait en direction du navire. Il retint un grognement lorsqu'il constata que c'était bel et bien une May inconsciente qu'elle portait sans précaution sur ses épaules. L'ombre sauta et atterrit sur le bateau, tout près de lui, mais assez loin pour assurer sa survie. Law put identifier l'ombre comme étant une jeune femme à la cape noire. Celle-ci jeta attrapa le corps de May et la jeta en direction du sol sans aucun scrupule, heureusement pour elle, Law la réceptionna avant qu'elle ne percute le sol, et ses deux orbes cendrés incendièrent la silhouette qui était en face de lui, debout sur la rambarde, la cape voletant tout autour d'elle.

— Belle réception, rit froidement la jeune femme.

Les sourcils de Law se froncèrent encore plus, alors qu'il déposait May à terre, à côté de Bepo qui dormait toujours.

— Elle est juste inconsciente. Des civils s'en sont pris à elle alors j'ai dû l'assommer et m'enfuir, commença-t-elle avec un grand détachement. Je vais aller droit au but : je veux rejoindre ton équipage, reprit-elle avec une détermination sans faille.

Law eut un sourire, à la fois moqueur et inquiétant, alors que ses yeux transperçaient la jeune femme.

— Le moindre que l'on puisse dire c'est que tu ne manques pas de cran, dit-il franchement sans perdre son sourire, les mains dans les poches, la toisant hautainement comme pour lui rappeler sa véritable place. Mais permet moi de te demander quelque chose, miss : qu'est-ce que j'y gagnerai ?

En un éclair, la jeune femme sauta de la rambarde et attrapa le bonnet du Chirurgien à la mauvaise réputation avant de s'éloigner tout aussi vite de quelques bons mètres, surprenant Law qui avait vu ses déplacements mais n'avait pas eu le temps d'agir tant elle était rapide. Il se retourna et la vit, un sourire insolent collé aux lèvres, alors qu'elle tournoyait à l'aide de sa main le bonnet nordique. Elle avait abaissée volontairement sa capuche, dévoilant son visage.

Le capitaine eut un sourire. Elle était douée. Il l'observa en détail : ses cheveux étaient d'un rouge flamboyants, comparables à des flammes qui dévastaient tout sur leur passage. Son œil droit était d'un doré intense et perçant, tandis que l'autre était teinté d'une belle couleur argenté semblable à la couleur des nuages mais en plus intense. Une fine cicatrice descendait droitement jusqu'à sa joue, et plus bas, il vit autour de son cou un collier en forme de lune croissante dorée. Elle était habillée de sa fameuse cape noire qui entourait sa silhouette, mais qui laissait tout de même entrevoir la tunique grisâtre en décolleté qui s'arrêtait juste en dessous des fesses. Elle portait également un short en jean ainsi que des bottines noires à talons.

— Je ne suis pas mauvaise en ce qui concerne l'infiltration, répondit-elle aussitôt, sûre d'elle. Je peux m'introduire dans n'importe quelle base marine et y voler des documents sans me faire repérer.

D'un ton bas, Law utilisa son « Room » et récupéra sans plus attendre, étonnant au passage la jeune femme qui ne s'y attendait pas mais ne laissa tout de même rien paraître de son émotion.

— Et pour quelle raison voudrais-tu me rejoindre ? l'interrogea-t-il après avoir remis son bonnet, gardant son calme.

— Je veux parcourir la mer en quête d'aventure, expliqua-t-elle simplement, aucunement impressionnée par l'aura de puissance qui se dégageait de son interlocuteur.

Il l'analysa du regard durant quelques secondes, cherchant les véritables pensées qui se cachait aux tréfonds de son âme. Malheureusement pour lui, ses prunelles cendrées ne virent rien, à cause de la capacité de la jeune femme à habilement cacher ce qu'elle ressentait.

Sa bouche s'ouvrit pour laisser passer quelques mots, mais il fut coupé par la voix de Shachi qui arrivait en courant, accompagné de Penguin.

— Capitaine ! Qu'est-ce qui se passe ?

Sans plus attendre, les deux jeunes hommes se mirent en position de combat après avoir remarqué l'état dans lequel était May et avoir conclu que cette étrange personne était la fautive de cela, mais Law les arrêtèrent d'un seul regard.

— Très bien, déclara-t-il avec sa nonchalance habituelle. Je vais te mettre à l'épreuve.

— Demande-moi ce que tu veux, et je le ferai, riposta-t-elle froidement.

— Infiltre la base marine de cette île et rapporte-moi un document, celui que tu veux, ordonna-t-il. Bien évidemment tu peux abandonner tout de suite, si tu ne t'en sens pas capable, rit-t-il ensuite d'un air narquois.

— Si cela te fait si plaisir…, ironisa-t-elle à son tour d'un ton glacial. A tout à l'heure, dans ce cas.

Et sans un mot, elle disparut tout aussi rapidement qu'elle était venue. Penguin se hâta d'accourir vers May et de la prendre dans ses bras, tandis que Shachi s'était approché de la rambarde et fixait vaguement la direction par laquelle la jeune femme était partie.

— Qu'est-ce qu'on fait, Capitaine ? demanda Penguin, un sourcil haussé.

— Emmène-là à l'infirmerie, exigea-t-il avec indifférence, comme si l'état de la lycéenne ne l'inquiétait guère.

Le plus jeune hocha la tête et s'empressa de rentrer dans le sous-marin en soupirant. Drôle de situation, quand même.

— Qui était cette personne Capitaine ? quémanda curieusement Shachi à son tour, observant toujours l'horizon qui s'étendait devant lui.

Ledit Capitaine resta silencieux, perdu dans ses pensées. Il eut finalement un sourire satisfait et, d'un pas las, il rentra à son tour dans le sous marin jaune, laissant celui aux cheveux bruns sans réponse.

La suite promettait d'être intéressante.

[…]

Merde.

Oui, c'était exactement le mot qui caractérisait au mieux sa situation. Elle était là, agenouillée devant une cuvette de toilettes, une brosse à chiotte dans la main droite. Heureusement que la personne qu'elle chérissait le plus au monde ne pouvait pas la voir à cet instant, sinon, elle aurait été damnée de honte. La jeune femme laissa échapper un juron et reprit sa tâche avec un peu plus de vivacité qu'auparavant, histoire d'en terminer le plus vite possible avec cette infiltration.

Lorsqu'elle eut terminée sa corvée, elle laissa un soupir agacé passer la barrière de ses dents, enfonça un peu plus la casquette blanche sur laquelle était écrit « marine ». Elle retourna à la salle dans laquelle on déposait le matériel nécessaire à l'entretien des pièces du bâtiment, se faufilant le plus silencieusement possible, tel un chat errant dans l'ombre de la nuit. Elle avait facilement réussit à s'infiltrer dans cette base marine. Il lui avait suffit de demander « gentiment » un uniforme à l'un des marines qui traînaient tout près de la base, et qui le lui avait généreusement prêté, évidemment.

Il fallait dire aussi que la jeune femme aux cheveux flamboyant savait être très convaincante, surtout avec une épée en main. Elle s'était faite remarquée dans un couloir par un autre marine qui lui avait ordonné de nettoyer la salle de bain, avant de s'éloigner juste après. A ce moment-là, elle avait dû se retenir de ne pas gracieusement, en jeune femme qu'elle était, lever son majeure afin d'offrir un beau doigt d'honneur à ce sale marine de pacotille qui aurait facilement fini empalée telle une merguez sur sa belle épée. Elle s'était exécutée pour ne pas attirer de soupçons. Maintenant que c'était fait, elle pouvait retourner à sa véritable mission : voler des documents.

Ses yeux analysèrent la pièce en détail et remarquèrent un conduit d'aération. Elle s'infiltra à l'intérieur à l'aide de sa souplesse, et commença à ramper à même le sol, avant d'arriver à l'autre bout qui menait à l'un des bureaux des supérieurs. Elle eut un sourire suffisant : il était si facile de berner ces idiots.

Tout en faisant le moins de bruit possible, elle retira la grille et descendit à l'aide de ses mains en veillant à ce que l'homme qui lisait ses documents ne la remarque pas. Ses pieds touchèrent le sol avec la même délicatesse qu'une plume, et tout aussi discrètement elle se planqua derrière un rideau, laissant seulement dépasser son œil argenté pour observer la scène. L'homme ne bougeait pas d'un poil, il restait pertinemment assit sur sa chaise, et il n'avait pas l'air de vouloir bouger un peu. Sa main droite alla fouiller dans l'une des poches intérieures de sa cape et en retira une pierre, qu'elle lança à l'autre bout de la pièce. Le bruit qu'elle produisit attira l'attention de l'homme qui fronça les sourcils et se leva vivement et de regarder autour de lui. Ne remarquant rien d'étrange, il décida de sortir pour vérifier que ce bruit ne provenait pas de marines qui faisaient n'importe quoi.

L'infiltrée se hâta de sortir de sa cachette et se dirigea vers le bureau d'un pas feutré. Ses mains pâles capturèrent les derniers documents d'une pile gigantesque et elle les dissimula sous sa cape avant de retourner dans le conduit d'aération. En procédant ainsi, ce supérieur ne remarquera pas que des documents avaient été volés. C'était des formulaires d'inscriptions pour jeunes recrues, un homme de son rang n'en avait sûrement rien à faire et elle était même certaine que ça le barbait plus qu'autre chose.

Alors, sa mission maintenant terminée avec succès, la jeune femme reprit le chemin en sens inverse et se dirigea vers un certain sous marin jaune, sans se faire remarquer cette fois.

[…]

Trafalgar Law vit avec un mélange de satisfaction et de curiosité la pile de documents atterrit lourdement sur le sol, juste devant lui, dans un bruit sourd.

— Tu as besoin d'une autre preuve, ou cela te suffit, Monsieur Le Chirurgien ? demanda-t-elle avec une arrogance ainsi qu'une fierté non dissimulée dans sa voix.

— Je dois admettre que c'est impressionnant, pour une gamine, commenta-t-il avec un sourire, Bepo, Shachi et Penguin à ses côtés, May étant toujours à l'infirmerie.

— Alors ? quémanda-t-elle avec impatience. Je suis acceptée, non ?

Penguin s'avança d'un pas, ressentant le besoin de protester face à son impertinence.

— Ne prend pas la grosse tête, ce n'est pas parce que tu as réussi le test que tu dois en être fière. En plus, on ne sait rien de toi, lâcha-t-il avec assurance, les bras croisés contre son torse. Capitaine, je ne pense pas que ce soit une bonne idée de l'avoir parmi nous. T'es pas d'accord avec moi, vieux ? poursuivit-il ensuite à l'égard de Shachi.

Celui-ci resta muet, comme subjuguée par la jeune femme. Depuis qu'il l'avait vu, il avait l'air complètement ailleurs. Penguin agita alors sa main devant son visage, mais son ami n'eut aucune réaction.

— Réveille-toi, crétin ! s'écria-t-il finalement en lui donnant une claque au niveau de la tête, le réveillant pour de bon.

Le brun gémit de douleur et se massa la tête, agacé.

— Pourquoi t'as fait ça, abruti ? Ça fait mal bordel, grogna-t-il, soudainement de mauvaise humeur.

Il eut comme seul retour un sourire grandissant et moqueur, qui lui donna l'irrésistible envie de l'insulter à nouveau en lui tirant la langue, ce qu'il fit sans aucune honte.

— Gamin.

— Bouffon, renchérit Penguin.

— Sale gosse immature ! continua Shachi.

— Espèce de…

Law fut intérieurement exaspéré par la dispute, alors que la jeune femme restait de marbre, comme si la scène ne lui faisait aucun effet. Il décida finalement d'intervenir face au manque d'intelligence de ses deux subordonnés :

— Fermez-là vous deux, ordonna-t-il d'un ton strict, ce qui arrêta brusquement les deux plus jeunes qui ne voulaient pas finir en charpie. C'est moi le capitaine, je décide donc qui peut rejoindre l'équipage ou non et vous n'avez pas à donner votre avis à ce sujet, compris ? sermonna-t-il ensuite.

— Compris, bafouillèrent les deux idiots, embarrassés.

Néanmoins ça ne les empêchèrent pas de se donner discrètement des coups de coudes ainsi que des regards meurtriers en guise de vengeance. Law se retint de soupirer et se tourna vers l'encapuchonnée.

— Ton nom, exigea-t-il.

— Je suis obligée de répondre ? marmonna-t-elle.

Le regard glacial lui intimait que oui, elle devait répondre.

— Tss…, siffla-t-elle entre ses dents. Je m'appelle Tsukiyo. Satisfait ?

— Très, se moqua ouvertement le Chirurgien avec une lueur railleuse dans ses orbes grises.

Désirant se retrouver seule au plus vite, la jeune femme esquissa un geste pour s'en aller, mais la main qui se tendit vers elle la coupa dans son initiative. Elle toisa la main de Law d'un étrange regard écœuré, comme si cette main la dégoûtait et qu'elle ne voulait pas la toucher.

— Je te souhaite la bienvenue dans l'équipage des Hearts, miss, prononça solennellement le Capitaine, qui avait fait disparaître le sourire inquiétant qui le caractérisait si bien.

On pouvait cependant voir dans les yeux du tristement célèbre Chirurgien de la Mort qu'il lui vouait une certaine méfiance qui démontrait que derrière son attitude, il ne plaçait pas une grande confiance en elle. Il avait compris dès le départ que cette personne cachait quelque chose d'intrigant, il était doué pour sentir ses choses là.

Il fut cependant saisit par l'ébahissement lorsque la jeune femme ignora sa main et le devança avec une indifférence qui frôlait le mépris, puis, ignorant les autres qui la regardait la bouche grande ouverte, elle franchit la lourde porte et disparut dans le couloir, se fondant dans les ténèbres qui la caractérisait.

L'équipage des Heart Pirates accueillait désormais une nouvelle recrue qui semblait d'être plus mystérieuse : Tsukiyo, traduit plus communément par « la nuit éclairée par la lune ».

oO_O_Oo

Chapitre terminé ! L'avez-vous apprécié ? Quelles sont vos impressions ? Aimez-vous la nouvelle OC ? Y a intérêt que oui haha !

Comme d'habitude, n'hésitez pas à me poser des questions si vous en avez, lisez, aimez, commentez ! Je vous attends avec plaisir et espère sincèrement que ce chapitre aura été à la hauteur de votre attente ! N'hésitez pas à regarder mon profil pour voir ou j'en suis rendue dans le chapitre suivant, cela vous permet de savoir si j'ai beaucoup écrit ou non et donc si l'attente sera encore longue ! ^^

Sur ce, je vous dis à la prochaine ! ~

Wakfina

PS : Le chapitre 23 avance bien, mais il est difficile d'écrire en ce moment avec les examens. Je finis les cours le 9 juin et je passe les oraux et tout le tralala vers le 23 juin, donc voila j'essaye de m'organiser ! Mais ça avance ! J'ai écris 2000 mots supplémentaires ce soir ~ !