Hey ! Je suis de retour :D ! ça faisait longtemps !
J'ai eu du mal à trouver le temps d'écrire car c'est la dernière ligne droite ! Les profs nous donnent pas mal de leçons et d'oraux, et je termine les cours le 9 juin, mais je passe le BAC vers le 23 juin donc voila, je suis assez occupée ! Mais je ne vous oublie pas ~
Et j'en ai MARRE de la SNCF ! Depuis DES SEMAINES j'ai des grèves en permanence ! Y a trois jours j'ai terminé les cours à 15h et quelque, et j'ai du attendre à la gare jusqu'à 17h50 ! C'est inadmissible et ça commence vraiment à m'énerver. J'arrive en retard presque tous les matins et je rentrer encore plus tard parce que plein de trains sont supprimés ! Et en plus du coup les gens sont encore plus nombreux à prendre le même train donc c'est encore plus désagréable ! Enfin bref, j'avais besoin de gueuler un peu :D
Le voyage au Japon était MAGIQUE ! Bon, je vous avoue que les douze heures de vol on été affreusement longues, déjà que je n'avais jamais pris l'avion, il a en plus fallu que ce soit un très long vol ! J'ai même regardé Titanic, tellement je m'ennuyais ! Je n'ai pas trop aimé, on suffoque avec tous les gens qu'il y a autour, on finit par avoir mal aux jambes à force de ne pas marcher, l'avion fait un bruit pas possible et il est impossible de dormir ! Heureusement qu'on ne prend pas l'avion tous les jours XD Quand je suis arrivée au Japon, c'était juste magique ! Nous sommes arrivés chez nos amis les japonais dans l'après midi. On est allé dans leur lycée (qui comporte neuf étage et un ascenseur, juste pour préciser hein) et nous avons rencontré nos correspondants. J'étais très intimidée de voir tous ces japonais nous fixer et tout haha. J'ai donc rencontré Miho, qui a été très gentille avec moi durant tout le séjour. On a fait connaissance, heureusement je parle assez bien japonais, je n'ai pas trop eu besoin d'utiliser l'anglais. Nous étions tous épuisés par les heures de vol, sa mère est venu nous chercher au lycée, dès le départ elle a été adorable. Elle m'a fait une petite tapette sur la tête et m'a dit que j'étais mignonne (je suis assez petite) et qu'elle était ravie de me rencontrer. On est allé faire quelques courses puis nous sommes rentrées. La ville de Yokohama est très confinée. Les maisons sont serrées entre elles et petites. Sérieusement leur code de la route c'est le bordel, même pour moi qui a le permis, je comprenais rien à comment ça fonctionnait, pour eux c'est celui qui s'insère qui a la priorité mdr ! Ils conduisent à gauche et ceux qui sont assit derrière ne sont pas obligés d'avoir une ceinture de sécurité O-o !
Bref, on est rentré dans la maison, j'ai enlevé mes chaussures et j'ai rencontré la sœur de Miho, Hina, ainsi que le chien nommé Hoiipu. Ma chambre était recouverte de tatami et était petite, heureusement je n'ai pas eu de futon, j'ai dormi sur un vrai lit, car les futons sont très inconfortables je trouve ! Durant le séjour on a visité beaucoup de temples, on a vu pas mal de villes aussi et on a fait du shopping… nous sommes arrivés le vendredi donc le samedi on était tranquille ! On est allés dans un restaurant avec des amis françaises et japonaises, j'ai fait des rencontres ! Il était difficile pour moi de manger avec des baguettes, ce n'était pas facile et j'ai dû même demander une fourchette w
Nous sommes allés ensuite à un concert de violon, il y avait des musiques de Harry Potter nya ! Et c'est trop drôle la façon dont il prononce « hermione », ils disent « Hèrmaïoni » ! On a fait des photos avec les machines qui permettent de modifier les photos à volonté en inscrivant des messages, des mots, ect… ! C'est trop drôle et ça ne coute pas très cher. Je suis allée à Shibuya, Tokyo, Kyoto… Shibuya est très grand, les bâtiments sont gigantesques et il y a énormément de foules. Tokyo est très beau, j'y suis allée durant une nuit lors de la fête des cerisiers, il y avait des lanternes accrochées un peu partout en ville, et à Kyoto, c'était plus traditionnel (un vieux japonais m'a d'ailleurs baisé la main et m'a enlacé ensuite, il a fait pareil avec d'autres de mes amies, comme si on était des déesses pour lui haha !).
Les rues sont très propres, on n'a pas le droit de rentrer dans la maison avec des chaussures, on dit « itadakimasu » avant de manger et on remercie également pour le repas une fois celui-ci terminé, on ne rentre pas dans les cabines d'essayages avec ses chaussures. A la maison, je discutais un peu et regarder des disney en japonais (ça faisait bizarre haha). La nourriture japonaise était spéciale… j'ai eu du mal à m'y faire, sincèrement. Les sushi, onigiri, tempura et ramen sont très bons, mais il y a d'autres choses à part ça qui sont vraiment étranges pour nous les français. Comment dire… ce n'est pas forcément le goût mais la texture en elle-même qui peut déranger. Donc voila, déjà que le décalage horaire était de sept heures, j'ai eu non seulement du mal à dormir les premiers jours mais en plus de cela je n'avais presque jamais faim.
Je me suis acheté un uniforme sans les chaussures, ça m'a couté environ 12.000 yens en tout. Le pull est jaune, le ruban et la jupe sont rouges, des chaussettes entre le noir et le bleu foncé et une chemise blanche, je ressemble avec à Hiyorin du manga Hiyokoi haha ! Les cerisiers étaient en fleurs mais c'était le déclin, ce qui est dommage. Leur lycée est vraiment classe, on a vu des japonais durant leur cours de tir à l'arc ou encore sur leur terrain de basket (situé dans l'école). Ils ont un grand nombre de club ! On a essayé des Yukata, on a fait de la calligraphie, les marches sont numérotées (Hey ! On se retrouve à la marche 365 ? Te trompe pas hein ! — haha) et ils ont un self dans lequel ils commandent ce qu'ils veulent. On a assisté à très peu de cours, il y avait un prof d'origine française qui enseignait dans cette école, c'était impressionnant de le voir passer du français au japonais en un clin d'œil !
Les lycéens m'appelaient « Shuushuu », car une de mes amies me nomme Chouchou et comme mon prénom est difficile pour eux à prononcer bah ils ont choisi d'utiliser ce surnom lol. A part ça, y avait énormément de beaux garçons ! Toutes les cinq minutes ont croisait des garçons très beaux, c'était le rêve ! Là-bas, on utilise le terme « ikkemen » pour désigner un beau garçon, alors avec mes potes on se marrait à l'utiliser h24 ! Mais depuis que je suis retournée en France, je ne l'ai pas utilisée une seule fois… en tout cas maintenant c'est clair : JE KIFF LES ASIATIQUES !
Je ne vais pas développer plus car il y a encore énormément de choses à dire et je ne peux pas vraiment étaler ma vie ici haha. Alors si jamais vous voulez en savoir plus sur le Japon et mon voyage, ou si vous avez des questions : ENVOYEZ MOI UN MP !
Nous avons atteint les 38.000 vues ! MERCI ! On se rapproche également des 300 commentaires et des 100 personnes qui ont mise l'histoire en favoris ! Un grand merci de me suivre et d'être patient ! ^_^ Je vous remercie également pour vos commentaires, vous continuez d'être franc sur la façon dont avance l'histoire et ça m'encourage et m'aide à m'améliorer ! Je tiens à préciser que vous pouvez laisser des review même sans avoir de compte, donc n'hésitez pas ^^ !
Réponse aux commentaires :
LilyDTrafalgar : Merci d'être patiente, ça m'aide beaucoup ! Bonne chance à toi également pour les cours miss =)
Traff Lamy : Merci d'être aussi compréhensive, ça me rassure. Ne t'inquiète pas je n'ai pas l'intention d'abandonner, je publie plus rarement qu'avant mais je continue tout de même de publier ! Je suis heureuse d'être à l'origine de ta nouvelle envie de commencer à écrire une fic, je te conseille vivement de le faire ! Ecrire est un moyen de s'occuper, de penser à autres choses qu'à ses problèmes et à rêver, tout simplement. C'est gratuit, ça ne fait pas de mal, et ça fait plaisir aux autres et à soi même, alors si tu veux essayer, n'hésite pas tu as mon soutien !
En effet la OC va foutre un peu le bordel, enfin tu verras bien MOUAHAHAHA ! Hm… oui on peut dire en quelque sorte que Shachi a eu le coup de foudre pour elle ! Cette fille lui plaît, haha ! Comment j'ai trouvé mon pseudo ? Ohlala je sais plus ! Je me souviens qu'à ce moment là je jouais à Wakfu Les Gardiens sous le nom de Noutamele, puis j'ai voulu jouer à Transformice et j'ai réfléchi à ce que j'aimais, j'ai tout de suite pensé à Wakfu, puis Wakfu à donner Wakfina, tout simplement ! =)
Et je suis désolée de t'avoir inquiété pour le tremblement de terre ! Je ne pouvais pas juste publier un petit message dans lequel je disais que j'allais bien:/ pardon et merci de t'avoir inquiété, ça m'a vraiment touché ! =)
Merci beaucoup pour ton commentaire !
Ic'ilver : Ah on est dans la même galère ! Courage tu vas réussir, on sera tous content une fois tout ça terminé ! Chiant les TPE, n'est-ce pas ? Oh tu as pas eu ton pull ? C TRIST ! Dur les arnaques… elle s'est pas fait remboursée ?:/ HAN VIVE LES FERRERO ROCHER
Ah tu aimes la nouvelle recrue ? Tant mieux je suis contente ^o^ Ah bah pour Shachi tu verras bien, c'est vrai qu'elle a l'air méchante, mais comme je suis une fille sympa, je vais l'adoucir petit à petit, ou du moins je vais essayer 8D ! Merci ! Alors ce conseil de classe comment c'était ? Tu as eu une bonne moyenne ? :3
Les fictions de niils : Hey ! Oui cette OC est inquiétante en effet, elle est très mystérieuse ^^ Hm… il est vrai qu'elle va devenir « gentille », oui elle a une histoire pas très cool derrière elle mais c'est pas non plus une tragédie, je veux pas non plus la faire trop cliché, enfin j'essaye en tout cas… pour ce qui est de si elle va espionner l'équipage puis s'enfuir, tu verras bien ! D
Merci pour tes encouragements c'est trop cute ! ^o^ Bonne chance à toi aussi pour tes histoires et tout le reste :D
Flo : Hey ! Bonjour à toi nouvelle lectrice ! Merci d'aimer mon travail et d'apprécier l'histoire ! Oui je suis désolée que la parution soit aussi longue, mais bon, c'est toujours mieux que rien ^^ Owi elle va compliquer la vie des Heart la vilaine Tsukiyo ! Merci pour ton commentaire c'est gentil d'être passé =) Voila la suite miss, bonne lecture !
Kaena33830 : voici la suite ! Bonne lecture ^^
La : Oh j'en ai très bien profité de mon voyage au Japon t'inquiète pas pour ça, c'était génial ! =) A bientôt et bonne chance ! :D
L1109 : Salut ! Voici la suite, désolée de t'avoir fait attendre ! Merci de ta compréhension =)
Emma Dela Luna : On est tous pris par le travail malheureusement ! J'espère que tu arrives tout de même à trouver le temps d'écrire ne serait-ce qu'un petit peu ^^ Courage, les cours sont bientôt terminés ! Bye D
Heavenly0 : En effet mes études sont bien plus importantes XD ! Merci beaucoup, j'espère que tu vas « kiffer » ce chapitre ! ^-^
Memento-Savage : tu sais déjà ce que je pense de toi, je te remercie énormément pour ton soutien et la passion que tu accordes à mon histoire ! Tu prends de ton temps pour corriger mes chapitres et ça me fait énormément plaisir. Ton commentaire était fort encourageant et m'a redonné courage quand j'en avais besoin, alors un grand et sincère merci à toi =)
Clemtrafalgar : Hey ! Oui on aime les disputes entre Penguin et Shachi ! XD J'espère que tu aimeras toujours ce nouveau personnage durant ce chapitre 23, bonne lecture ! :D
Torima Kenro : Heyyy ! Owii ça va être compliqué maintenant avec Tsukiyo haha ! Elle va foutre le bordel, enfin tu verras XD
Ruko-Yoru : Coucou ! OH TU AS DESSINE MAY ? ENVOIIIIIE O PAS GRAVE SI ELLE RESSEMBLE PAS, ENVOIE XD ! ça me ferait énormément plaisir si tu voulais me la dessiner, bien sûr je ne te force pas ! Mais ça serait super ! w Tu me diras quand tu les auras poster ? =) Okay, alors tu aimes tsukiyo et tu l'aimes pas en même temps ? TU SERAIS PAS UN PEU BIZARRE TOI ? XD
Shouplle : Bonjour à toi ! Merci d'avoir lu ma fanfiction, ça fait toujours plaisir de voir de nouvelles têtes ! Je suis contente si tu me dis que j'ai évolué dans ma façon d'écrire, car le premier chapitre a été publié en août 2014, donc ça fait un petit moment ! Je comprends que Law soit à la limite de l'OOC, j'ai du mal à faire ressortir son caractère, et comme dans OP y a pas de romance, c'est difficile d'imaginer ses répliques avec May et sa façon d'agir quand il est épris de quelqu'un. Tiens, je crois que tu es la première personne à me dire que tu n'aimes pas May, c'est amusant ^^ Oui je vois ce que tu veux dire, et je comprends parfaitement :3 Merci de ta franchise, je sais que mon histoire n'a pas que des qualités, mais j'espère que ses défauts n'ont pas trop entaché ta lecture =) Je suis tout de même contente si tu l'as apprécié et si tu as retrouvé ta motivation, tant mieux ^^ !
Merci beaucoup pour ce commentaire constructif et à la prochaine !
XxxCrazyinlovexxX : BONJOUUUUR ~
Bienvenue ô lectrice fantôme qui s'est décidé à me montrer son visage ! :D Attends, tu connais quelqu'un qui ressemble à Law dans la vraie vie toi ? PRESENTE LE MWA ! XD En fait tu es liée à May mdrr ! Je ne sais pas si j'arriverais à garder la personnalité de Law tout au long de l'histoire, mais je te promets de faire de mon mieux ! Oui tu m'as fait sourire, et ton commentaire m'a fait très plaisir, alors ne regrette surtout pas d'avoir commenté pour la première fois car tous les commentaires peu importe ce qu'ils contiennent me font très plaisir =)
Je t'embrasse et à la prochaine ! ^^
Arya Cahill : Salut ! Bah j'ai super mal aux yeux là à force d'écrire et d'être sctochée à l'ordi mais ça va, et toi ? =) T'excuse pas pour les review, tu me suis depuis déjà un bon moment, c'est déjà un beau cadeau :D Et bien écoute je ne connais pas l'emploi du temps de mon amie donc je ne peux pas te le donner, désolée XD Bon et ben tant mieux, tu as l'air d'avoir eu un bon noël ! =)
Aww ta passion pour mon histoire me fait rougir, t'es trop cute w Merci d'avoir la patience de m'attendre T_T je sais que je suis looongue XD Eh oui je vous l'avais dit que Law se rattraperait ! Maintenant on a plus qu'à espérer qu'il va arrêter de faire des conneries avec May XD ! A moins que ce soit May qui va commencer à faire des bêtises ? A voir… xD Oui en effet c'est très dur pour elle de ne pas pouvoir parler à ses parents et d'ignorer ce qui se trame dans son monde à elle. Elle essaye de ne pas trop y penser, mais ça la touche énormément évidemment ^^
Ah j'adore utiliser Shad et les autres pour les scènes hilarantes, je les adore XD J'suis contente si tu les apprécie également x) Non Law et May ne dorment pas ensemble, pas encore, perverse va ! :P Je suis contente si tu ne le trouves pas OOC car pour d'autres il l'est, enfin, on a pas tous la même vision de ce personnage, donc c'est normal ! Et il est complexe de trouver ses répliques, donc bon, on fait avec haha. En effet, s'allier à Doflamingo est pas forcément une super bonne idée, mais bon tu découvriras plus tard pourquoi elle est sous son commandement (mais chut, y a des lecteurs qui ont peut être pas compris que c'était lui son maître ! XD) En effet, elle plaît beaucoup à Shachi, pour ce qui est de si elle va le manipuler ou non pour avoir des infos… tu verras 8D
Pour ce qui est de l'aura violette, tu en apprendras un tout petit plus dans ce chapitre, mais cela va rester entouré de mystère durant encore un grand nombre de chapitres, car je ne compte pas trop développer cela pour le moment )
Oui oui ça a été pour les séismes, j'ai rien senti du tout MDR J'étais à 1000KM de là où ça s'est passé =)
Merci de ton commentaire fort encourageant, tu me donnes du courage et de la force, continue de me soutenir avec tant d'énergie ! :D
A la prochaine miss ! =)
Les personnages appartiennent à Eiichiro Oda et ce chapitre n'est pas encore corrigé, veuillez donc m'excuser s'il reste des fautes ! Ma correctrice ne peut pas le corriger pour le moment et je ne veux pas vous faire attendre plus longtemps, donc voila ~
J'aime bien ce chapitre, j'espère qu'il vous plaira tout autant !
Je vous souhaite une bonne lecture !
Résumé du chapitre précédent : Shachi et tous les autres apprennent finalement la grande nouvelle : May et Law sont enfin ensemble. Durant leur conversation, May reçoit un SMS de la part de sa mère, celle-ci dit qu'elle s'inquiète et veut savoir où elle est, ce qui plonge May dans une grande tristesse, alors que Law est frappé par la réalité : un jour ou l'autre, la lycéenne voudra s'en aller. May à cause de la chaleur ressent le besoin de sortir et va faire un tour sur l'île qu'ils accostent, mais Law lui donne un avertissement : elle doit se méfier des civils, car ils voudront sûrement s'en prendre à elle. En se baladant, la jeune fille se rend compte de la misère qui règne en ville et, pour échapper à un enfant affamé, décide d'entrer dans un café. Finalement, la serveuse ainsi que tous ceux qui étaient à l'intérieur s'en prennent à elle en la menaçant avec des armes. Sa prime permettrait de réduire la misère qui règne dans la ville, mais May refuse, car elle ne doit surtout pas mourir. Tout cela dégénère, un homme finit par lui tirer dessus, et alors qu'elle pensait que sa dernière heure était arrivée, elle voit la balle à terre et se rend compte qu'elle est encore vivante. Un civil parle d'une certaine « aura violette » qui aurait émané d'elle, et profitant de la stupéfaction générale, elle s'enfuie dans la ville, mais les civils la pourchassent et elle se retrouve en danger. Une jeune femme du nom de Tsukiyo l'aide en tuant une bonne partie d'entre eux, ce qui déplaît à May qui voulait éviter le plus de mort possible. Un combat s'engage entre les deux jeunes femmes qui ne s'entendent pas du tout. Finalement, May perd le combat et la mystérieuse Tsukiyo la ramène à son navire. Elle y rencontre Trafalgar Law, qui après lui avoir donné la mission de récupérer des documents dans une base marine, la recrute dans son équipage. Les Pirates du Heart compte une nouvelle recrue : Tsukiyo, qui semble être bien mystérieuse.
Deux yeux azurés papillonnèrent dans l'obscurité de la nuit. May laissa ses lèvres s'étirer en un rictus face à la douleur qui l'envahissait. Sa tête lui faisait affreusement mal, comme si quelqu'un s'était amusé à taper dessus à l'aide d'un marteau piqueur. Elle lâcha un faible juron et observa les alentours. Elle grimaça en reconnaissant les murs tristement blancs de l'infirmerie, et ne put s'empêcher de sursauter en croisant deux orbes cendrées qui la fixaient avec une indifférence froide, dans lesquelles elle pouvait néanmoins apercevoir une pointe d'inquiétude impossible à réprimer.
Law était assit tout près d'elle sur un tabouret, et la sondait du regard, les bras croisés et une jambe par-dessus l'autre. Elle se mit en position assise.
— Comment tu te sens ? demanda-t-il d'un ton neutre.
— Pas très bien, avoua-t-elle avec une grimace digne de celle d'un film d'horreur. J'ai mal à la tête…
— Tes blessures ne sont pas sévères, mais tu dois quand même te ménager, expliqua-t-il en bon médecin qu'il était.
Il se leva de son tabouret et alla fouiller dans quelques tiroirs avec sa nonchalance habituelle, avant de sortir une boite de médicament et un verre, faisant pâlir la jeune fille qui savait déjà ce qui l'attendait. Elle observa avec un air de chien battu le Chirurgien de la Mort extraire de la boite un comprimé et remplir le verre avec de l'eau du robinet, puis, comme elle s'y attendait, il lâcha un comprimé dans l'eau et tendit le verre dans sa direction avec un petit sourire narquois et fort agaçant qui lui soufflait silencieusement : « tu détestes les médicaments, hein ? ».
Quel sadique.
Ses doigts capturèrent le verre, alors que ses yeux en analysaient le contenu avec dégoût. Elle essaya le tout pour le tout et, en guise de dernier recours, fit son regard le plus larmoyant pour ainsi amadouer son vis-à-vis.
Mais Trafalgar Law était malheureusement quelqu'un de très difficile à amadouer.
— Bois, ordonna-t-il avec autorité. A moins que tu ne préfères que j'utilise la force ? ajouta-t-il ensuite avec sadisme.
— Aww…, murmura-t-elle en guise de plainte, ses lèvres se retroussant en une moue que Law ne put s'empêcher de trouver adorable. Si la médecine était sa plus grande passion, taquiner la jeune fille occupait facilement la deuxième place.
Celle-ci rassembla son courage, et avala le verre d'un seul trait. Law savoura avec une délectation sans fin les divers changements d'expressions sur son visage, qui passèrent de l'étonnement au dégoût le plus extrême. Après maintes plaintes prononcées, elle fronça les sourcils un instant, avant de lâcher :
— Qu'est-ce qu'il s'est passé, au fait ?
Le jeune homme sourit face à la curiosité de la lycéenne, qui le regardait désormais avec de grands yeux intrigués.
— On a fait une fête et tu as fini par t'évanouir à cause de l'alcool. Je ne te savais pas si dévergondée, d'ailleurs…, sourit-il.
Les yeux bleus de May s'écarquillèrent. Elle n'avait souvenir de rien ! Avait-elle réellement dit des choses qu'elle aurait regrettées… ? Face à sa soudaine inquiétude, Law ne résista pas eut un léger rire. Un rire sincère qui sonna merveilleusement bien aux oreilles de May, qui en oublia tout le reste.
— Tu crois vraiment à tout ce qu'on te dit, railla-t-il en se calmant doucement et en s'ébouriffant les cheveux, soulevant faiblement son bonnet sous le geste. Si je t'avais dit que tu t'étais pris une porte, tu m'aurais cru ? poursuivit-il.
Mais il ne reçut aucune réponse. Et lorsqu'il reporta son attention sur elle, il s'arrêta face aux deux yeux qui le sondaient avec étonnement.
— … Tu devrais rire plus souvent, conseilla-t-elle chaleureusement avec un sourire.
Il fut pris au dépourvu et perdit son propre sourire, mais se reprit bien vite et réafficha à nouveau l'air fourbe qui le caractérisait tant. May se retint de rire. Il ne le montrait pas, mais elle savait que ça l'avait touché, même un petit peu. Le fil de ses pensées s'interrompit par une pichenette qui la fit gémir de douleur.
— Hé ! lâcha-t-elle.
— Cela t'apprendra à dire n'importe quoi, se justifia-t-il avec nonchalance.
Elle croisa les bras afin de montrer qu'elle boudait, mais face à Law, elle ne pouvait jamais faire la tête très longtemps. Alors, après avoir posé le verre sur la table de chevet, la jeune fille reprit son sérieux, les yeux remplis de questions.
— Alors, tu peux éclairer ma lanterne ?
Il hocha la tête, avant de commencer le récit des récents évènements : il lui avoua tout d'abord qu'elle avait dormi durant un jour, puis il énonça l'arrivée brusque de Tsukiyo sur le navire, sa mission qui avait été de voler des documents dans la base marine, ainsi que son recrutement. Au fil du récit, il vit des changements d'expression sur le visage de May : une grande surprise ainsi qu'une grande incompréhension, puis une colère grandissante qui s'effaça rapidement pour laisser place à un simple agacement.
Une minute pesante passa, durant laquelle elle réfléchit. Finalement, sa bouche s'ouvrit et dévoila ses pensées :
— Je refuse.
Law haussa un sourcil pour lui indiquer qu'elle devait être plus précise pour qu'il puisse comprendre où elle voulait en venir.
— Je refuse que cette personne fasse partie de notre équipage, précisa-t-elle fermement. Cela sonnait presque comme un ordre pour le jeune homme.
— Tu n'es pas vraiment en position de demander quelque chose, je suis le capitaine je te rappelle, contrecarra-t-il, amusé de la réaction presque puérile de la lycéenne. Et elle n'est pas mauvaise, elle pourrait nous être utile.
— Elle t'a raconté notre rencontre ?
Law reprit place sur le tabouret, fixant le hublot d'un air pensif.
— En quelque sorte. Elle m'a dit qu'elle passait par là et qu'elle t'a aidé car tu étais dans une mauvaise passe, mais je sais qu'elle a omis des détails, expliqua-t-il. Tu m'avais d'ailleurs dit que tu ferais attention, ajouta-t-il en l'observant avec un regard lourd de reproches.
Les mains de May se crispèrent sur le drap, alors que la scène qu'elle avait vécue dans le café repassa en boucle dans sa tête. Elle pouvait encore sentir la terreur qui l'avait submergée face à la mort, elle avait vraiment cru qu'elle allait y passer cette fois là. Comment s'en était-elle sortit, déjà ? Ah oui… c'est vrai… elle avait ouvert les yeux, et elle avait vu la balle qui était par terre, ainsi que l'air éberlué de tous les habitants. L'un d'eux avait parlé d'une aura violette… qu'est-ce que cela signifiait ? Elle lança une œillade emplie d'appréhension en direction de Law. Devait-elle lui en parler ? Non, peut-être pas maintenant, elle devait attendre de savoir ce que tout cela signifiait.
Il fallait qu'elle lui dise tout au sujet de Tsukiyo, pour qu'il change d'avis et lui ordonne de quitter l'équipage. May ne pouvait tout simplement pas supporter la présence de la jeune femme et se refusait à la voir une deuxième fois. La première avait déjà été violente, elle ne voulait pas avoir à se sentir menacée à nouveau.
Alors, elle lui raconta à son tour son récit : l'attaque au café, sa fuite (en utilisant quelques petits mensonges par-ci par-là, hésitante à l'idée de lui parler de ce qu'il s'était réellement passé), sa rencontre avec Tsukiyo, leur combat et, avec une certaine amertume, sa propre défaite. Le chirurgien l'écouta attentivement, les bras croisés contre son torse.
— Je ne l'aime pas, avoua-t-elle avec tracas. Non, c'est pire que ça. Je la déteste, rectifia-t-elle aussitôt avec un rictus de dégoût, émotion que Law n'avait vu que très peu de fois chez elle. Quand je l'ai vu, elle semblait si froide, si détachée face à la mort… c'est perturbant. Je sais que dans ce monde, il est primordial de savoir se défendre, voir même de tuer, mais là… je ne comprends pas. C'est inhumain. Moi, je ne m'habituerai jamais à pointer mon arme sur quelqu'un, même si je t'avoue que face à elle, j'ai eu moins d'hésitation.
Les deux choses que retint Trafalgar dans la longue tirade de la jeune fille fut son animosité envers Tsukiyo, et le fait qu'elle avait, comme toutes les autres fois, utilisé les termes « ce monde ». Termes qui le dérangeait, car ils indiquaient qu'elle restait malgré tout le temps qu'elle avait passé dans leur monde une étrangère, et que même si elle prétendait y être très attachée, elle n'en restait pas moins une sorte d'inconnue venue d'ailleurs. Cela le gênait, sans pour autant qu'il en accorde plus d'attention que cela. Depuis la conversation qu'il avait eue avec elle sur son portable et le réseau, il ne voulait pas trop y réfléchir et émettre des hypothèses. Il se refusait à imaginer qu'elle repartirait un jour, même si au fond de lui, il savait que cela finirait par arriver. Un soupçon d'anxiété mêlé à de la tendresse naquit dans sa poitrine tandis qu'il admirait ses deux immenses prunelles azurées pleines de vitalité. Combien de temps encore pourrait-il les admirer et s'y retrouver au cœur comme dans une tempête qui dévastait tout sur son passage ?
Ne pas savoir était agaçant.
Remarquant qu'elle attendait une réponse de sa part et qu'il s'était inconsciemment perdu dans ses pensées, il retrouva ses esprits.
— On est constamment entouré par la mort, alors au bout d'un moment, on finit par arrêter de se demander pourquoi on tue et ce que cela implique moralement. Et la vie de pirate n'est pas tout noir, il y a eu des moments agréables depuis ton arrivée ici, non ? La preuve, tu es dans le meilleur équipage dont tu aurais pu rêver.
— ça va les chevilles ? demanda-t-elle après avoir levé les yeux au ciel.
Elle médita sur ses paroles, et se remémora les souvenirs qu'elle avait créés depuis le début de ce qu'elle considérait toujours être un rêve éveillé. Il était vrai que lorsqu'elle fermait les yeux, elle visualisait beaucoup de choses agréables. Le paysage était beau et chaleureux. Finalement, il n'y avait eu que très peu de moments douloureux, même s'ils avaient été intenses. La plupart des jours vécus sur ce navire avaient été doux, calmes et bercés par l'envie inconsciente de la liberté et le désir de découvrir d'autres horizons. Oui, même si la mort assombrissait quelque peu le paysage, celui-ci n'en restait pas moins agréable à voir.
— Tu as raison, sourit-elle. Mais tu as vraiment besoin de ses capacités ? renchérit-elle sur un ton moins joyeux. On pourrait se passer d'elle. Et puis franchement, je ne lui fais pas confiance.
— Toi ? Ne pas faire confiance à quelqu'un ? Voila qui est nouveau, ricana-t-il sous son bonnet nordique.
— Depuis le début de… cette aventure, je crois que je n'ai pas vraiment d'autre choix que de me montrer méfiante, répondit-elle en haussant les épaules. Surtout depuis cette attaque avec les civils.
Elle se retint de rougir, en pensant secrètement qu'elle avait failli dire « notre aventure » au lieu de « cette aventure », ce qui changeait tout dans un sens.
— Je t'avais prévenu pourtant, fit remarquer son vis-à-vis, hautain, sans remarquer son trouble.
Elle bredouilla un « désolée d'être une pauvre fille fragile, hein » qui souffla silencieusement à Law que son orgueil fut blessé.
— Je comprends que cela te dérange, mais tu devras t'y faire. Elle n'est pas indispensable, mais ses compétences sont intéressantes.
May se contenta de ramener le drap un peu plus contre elle et de marmonner dans sa barbe inexistante en guise de réponse, ce qui fit sourire Law. Il tenait tant à ce petit bout de femme aux airs enfantins.
— Si l'on peut appeler ça une femme, elle n'a que dix sept ans après tout, pensa-t-il, sarcastique.
A nouveau, il se posa la question : combien de temps lui restait-il à ses côtés ?
Soudainement, May vit dans les yeux cendrés et songeurs que quelque chose le contrariait. C'est alors qu'une main tatouée s'avança vers elle et balaya sa frange d'un geste semblable à une caresse, ce qui traduisait l'affection qu'il avait pour elle. Le rythme de son cœur s'accéléra brusquement, et elle regretta la chaleur du jeune homme à la seconde même où il recula. Son visage était neutre, mais ses yeux et ses actions parvenaient toujours à transcrire ce qu'il ressentait et la transcendait de tout son être. A cet instant, elle aurait pu retomber amoureuse de lui une seconde fois. Sa voix, ses mains, ses regards, ses sourires, tout, elle voulait tout.
— Repose-toi maintenant, c'est un ordre, exigea-t-il fermement.
Elle hocha la tête et, satisfait, il pivota sur ses talons dans le but de sortir de la pièce. C'est alors qu'un bruit de pas se fit entendre derrière lui. Exaspéré par le comportement de la jeune fille qui devait éviter de bouger, il se retourna avec un froncement de sourcil appuyé et ouvrit la bouche dans le but de faire part de son mécontentement.
— Je t'ai dit de…
Il ne put terminer sa phrase, car une paire de lèvres vint rencontrer les siennes dans un chaste baiser qui le surprit, tant il ne s'y attendait pas. Elle se décolla alors à lui, laissant derrière elle le goût de quelque chose d'inachevé et de trop éphémère. Les yeux empreint d'un étonnement vif, il contempla le visage de May qui souriait à pleine dents, fière d'avoir réussi à le surprendre.
— Trafalgar Law serait-il troublé ? railla-t-elle, amusée.
Il était difficile de surprendre Law, et vu la tête qu'il avait fait durant une demi seconde, elle avait réussi. Sa vie était désormais complète !
Néanmoins, l'inquiétude naquit en elle lorsqu'elle remarqua le fin sourire sadique qui s'étirait sur le visage de Law. Elle détestait ce sourire là ! Elle n'ignorait pas qu'il n'aimait pas être en proie à des moqueries ! D'ailleurs, face à son expression, elle sentit brutalement que c'était maintenant elle, la proie. Il y avait une lueur dans son regard qui dansait, comme une flamme impossible à éteindre.
— Tu veux jouer ? Très bien, susurra-t-il de sa voix grave, tout en se léchant les lèvres.
Apeurée par le revirement de situation, May commença à courir en direction de son lit, et surtout du drap qui pourrait peut-être lui servir de protection, mais Law l'attrapa par la taille avant qu'elle ne s'échappe et la plaqua contre le matelas, la surplombant de toute sa hauteur et la contemplant avec une pointe de désir et de dangerosité qui l'alarmait et l'électrisait à la fois. Avant même qu'elle n'ait pu dire quoi que ce soit, une main froide se faufila sous son débardeur dans le but de découvrir la parcelle de sa peau pâle qui contrastait tant avec la sienne, mate, et ses dents vinrent mordiller le lobe de son oreille, ce qui fit gémir la jeune fille qui n'arrivait déjà plus à réfléchir. Ses pensées s'entremêlaient dans son esprit face à cette « attaque surprise » et les seules choses qu'elle arrivait à prononcer était des gémissements à la fois de gêne et de stupéfaction.
C'est alors qu'une émotion désagréable la frappa : la peur.
Ce contact lui était familier, elle l'avait déjà ressenti. La dernière fois, c'était…
Elle se figea.
Law le sentit aussitôt et se stoppa dans ses gestes, reculant son visage de quelques centimètres afin de voir celui de May et de comprendre ce qui lui arrivait. Elle frissonna. Tout se mélangeait. Elle ressentait de la crainte et de la confusion. La dernière fois que Law avait eu ce contact là avec elle, c'était la fois où il avait été violent envers elle et l'avait embrassée de force en prétendant qu'elle lui appartenait, peu de temps après avoir essayé de le rendre jaloux en jouant à un jeu avec Shachi.
Ses dents allèrent mordiller sa lèvre inférieure dans un geste traduisant sa soudaine culpabilité. Pourquoi avait-elle ces flash dans sa tête, alors que la situation n'était pas du tout la même ? Law n'était pas violent, il la taquinait juste, alors pourquoi calquait-elle cette situation-ci sur la précédente ? Avait-elle était marquée à ce point ?
Percevant l'angoisse soudaine dans laquelle se noyait la lycéenne, Law décida d'agir :
— Qu'est-ce que tu as ?
Voyant qu'elle ne réagissait pas, il soupira et se retira, lui laissant de l'espace pour respirer. May, de son côté, faisait de son mieux pour ne pas pleurer. Sa gorge était nouée et elle était saisit par une violente émotion. Elle inspira et expira grandement, de sorte à réussir à se calmer. Elle ne se sentit mieux que deux minutes plus tard. Law l'observait avec un air inquisiteur.
— Pardon… ça va mieux maintenant, s'excusa-t-elle en se redressant.
— Je peux savoir ce qu'il t'a pris ?
Elle baissa les yeux, frappée par la honte.
— Quand tu fais ça… ça me rappelle… l'autre fois, expliqua-t-elle difficilement, tremblante.
Le jeune homme haussa un sourcil. « L'autre fois » ? Qu'est-ce que cela voulait dire ? C'est alors que la lumière se fit dans son esprit, et il comprit. Inconsciemment, il serra les poings face à la culpabilité qui l'envahit tel un ras de marré, à tel point que ses ongles s'enfoncèrent dans sa peau.
Il avait fait de son mieux pour effacer cette image de son esprit : lui, en train d'user de la violence sur elle, poussé par une frustration sans limite et une jalousie qui dévoraient tout sur son passage. Maintenant qu'elle l'énonçait clairement, cela lui revenait comme un boomerang et lui faisait l'effet d'une énorme claque. Il comprenait sa réaction, il n'avait vraiment pas été tendre ce jour-là, n'importe qui serait en quelque sorte « traumatisé ». Et pourtant, au fond de lui, il ne pouvait s'empêcher égoïstement de lui en vouloir, car sa réaction prouvait qu'elle ne lui faisait pas totalement confiance… peut-être même qu'elle pensait qu'il pouvait lui faire du mal encore aujourd'hui.
— May, l'interpella-t-il.
L'intéressée releva les yeux, avant de les détourner avec une appréhension naissante. Non, elle devait lui faire confiance, elle pouvait lui faire confiance… elle voulait lui faire confiance. A cette pensée, elle plongea à nouveau dans les les yeux aciers qui la cherchait.
— Plus jamais je te ne ferai de mal. Ce jour-là, je n'étais pas moi-même.
Une sorte de dégoût s'empara de May. A cause d'elle, de ses craintes, Law devait se justifier. Ce n'était pas juste. Il fut déçu de son silence, et se décida à tirer les choses au clair. Il s'avança vers elle et attrapa le visage aux traits féminins qui lui faisait face, tout en plantant son regard dans le sien avec une détermination et une sévérité sans faille.
— Tu as confiance en moi ?
Les yeux de May s'écarquillèrent face à la question. Elle n'eut pas besoin de réfléchir, la réponse était oui, pourtant…
— Oui, je te fais confiance, enfin, je… chuchota-t-elle, la voix enrouée.
Seulement, était-ce vraiment si facile de faire pleinement confiance à quelqu'un ? N'était-ce pas un cadeau à deux facettes ? Un cadeau empoisonné ? Faire pleinement confiance à lui ne finirait-il pas par devenir une punition qui la détruirait encore plus ?
— je…, souffla-t-elle.
Elle se tut, abattue, les épaules affaissées.
Les yeux de Law se plissèrent. Le doute était encore dans l'esprit de la jeune fille, embrouillant tous ses sens. Elle ne lui faisait pas encore totalement confiance. Cette remarque empli son cœur d'amertume.
— Je vois, se contenta-t-il de dire d'un ton neutre.
Il lâcha avec une certaine aigreur le visage de May, qui lui lança une œillade inquiète, effrayée à l'idée de l'avoir blessé. Même si Law n'était pas quelqu'un de sentimental, elle savait qu'il était humain et que ses mots avaient le pouvoir de le blesser malgré sa froideur. Mais que pouvait-elle dire ? La vérité était là : elle ne lui donnait pas toute sa confiance, il l'avait compris. Un coup elle était certaine qu'elle pouvait compter sur lui, puis peu de temps après elle n'était plus sûr de rien ! Parce que malgré elle, elle devenait un peu plus méfiante chaque jour, avec toute cette histoire d'autre monde, de gouvernement, de prime… elle se sentait constamment menacée. Elle observa donc avec une mélancolie non dissimulée le jeune homme pivoter sur ses talons et se diriger vers la sortie. Elle n'essaya même pas de le retenir, à cet instant, c'était inutile.
Juste avant de s'en aller, Law tourna une dernière fois la tête vers elle, et déclara :
— Tu dois me faire confiance.
Cela sonnait presque comme un ordre.
Il referma alors la porte derrière lui, certain cette fois que rien ne le retiendrait.
[…]
— Putain ! J'ai faim ! C'est quoi cette équipage de merde ? Vous attendez la tombée de la nuit pour passer à table ou quoi ?! s'écria une voix tout près de la cuisine.
Telles furent les paroles ô combien chaleureuses de Tsukiyo le lendemain matin, aux alentours de onze heures. C'était son deuxième jour dans l'équipage des Heart Pirates, et elle avait déjà réussi à se faire remarquer par ses « camarades », qui avaient un avis assez mitigé sur elle. La plupart des hommes du navire n'osait pas trop l'approcher tant ses réactions étaient imprévisibles. Elle pouvait passer de la froideur la plus calme et inquiétante à une rage intense en l'espace de quelques secondes. C'était une personne très instable, il valait mieux ne pas l'approcher, telle était la pensée commune d'un grand nombre de personnes.
Les trois personnes qui étaient présentes dans la cuisine lors sa déclaration tournèrent la tête vers elle avec stupéfaction. Il y avait Penguin qui était en train de fouiller dans le frigo à la recherche de quelque chose à se mettre sous la dent, Shachi qui se servait un verre d'eau avec un air rêveur et Noa avachit à la table avec une bonne bouteille d'alcool. Pas intimidée pour un sou, Tsukiyo soupira lourdement et marcha d'un pas brusque vers le frigo, avant de bousculer volontairement Penguin et de sonder l'intérieur du frigo du regard avec une irritation plus que perceptible.
— Hé ! s'écria le jeune homme, les sourcils froncés. Tu pourrais t'excuser, au moins.
Il avait bel et bien prononcé sa phrase, mais pour la jeune femme, ce fut comme s'il n'avait rien dit : elle l'ignora royalement, et les yeux de Penguin se chargèrent de colère.
— Tu pourrais répondre, ajouta-t-il.
Tsukiyo leva les yeux au ciel en constatant que la nourriture qu'il y avait dans le frigo ne lui convenait pas. Elle ferma brutalement la porte et allait s'éloigner lorsque Penguin posa une main sur son épaule pour l'arrêter.
— Hé, je te parle ! s'écria-t-il, énervé.
Une alarme retentit dans la tête de la jeune femme, qui s'écarta vivement avec une vitesse hallucinante, le fusillant de ses yeux à peine visible à cause de la capuche qu'elle mettait toujours pour cacher le plus possible son visage.
— Ne me touche pas, ordonna-t-elle très lentement, comme pour appuyer ses propos, le coin de ses lèvres se relevant en un rictus qui montrait qu'il la répugnait, comme si les contacts avec les autres êtres humains la révulsaient.
Les sourcils du concerné se froncèrent encore plus. Heureusement qu'il était très patient et calme, sinon il y aurait déjà eu une bagarre depuis longtemps. Voyant qu'il avait compris, elle balaya la pièce du regard, espérant trouver quelque chose de potable à manger, mais elle ne trouva rien. Son œil doré tomba alors sur la bouteille d'alcool à moitié vide de Noa, et en moins de temps qu'il n'en fallut pour dire « One Piece », elle le lui subtilisa, lui arrachant un grognement. Outré, l'homme à la tête rasée tourna ses petits yeux menaçants vers elle.
— Rend moi cette bouteille, t'es trop petite pour boire ça, exigea-t-il dangereusement.
Tsukiyo retint un sourire moqueur. Elle avait vingt ans, elle était assez grande pour faire ce qu'elle voulait, elle supportait très bien l'alcool. Quand on commence à en boire des litres dès l'âge de seize ans, forcément, ça aide. Sous le regard éberlué des deux autres, elle tira une chaise et prit place, avant de dédaigneusement poser ses pieds sur la table et de commencer à boire sans retenu. Les yeux de Noa se plissèrent : elle jouait avec le feu, en le provoquant ainsi. L'homme était non seulement très colérique de nature, mais en plus de cela susceptible. Un bruit de chaise raclant le sol se fit entendre. Noa venait de se lever. A pas lent, il s'approcha d'elle et aplatit rudement sa main contre la table afin d'attirer son attention.
— J'aime pas qu'on se foute de moi gueule La Balafré, alors arrête et rend moi cette bouteille, si tu ne veux pas finir à l'infirmerie, menaça-t-il sèchement.
Ladite gamine s'arrêta de boire en entendant le mot « Balafré » qui faisait référence à la cicatrice située sous son œil gauche. Elle posa avec tout autant de brutalité la bouteille sur la table, les yeux fermés. Sa voix s'ouvrit pour laisser passer des mots hautains :
— Ta gueule le chauve, si t'as envie de jouer le rôle du vilain dans la cour de récré adresse-toi à quelqu'un de ton niveau, un gamin de cinq ans, par exemple.
Cette fois-ci hors de ses gongs, l'homme allait l'attraper par le col de sa cape, mais l'épée qui frôla sa joue le dissuada aussitôt et il se figea. Cette femme était impressionnante, il devait l'avouer, sa rapidité dépassait celle de beaucoup d'hommes, et égalait au moins celle de May, alors que cette capacité était pourtant l'une de ses plus grandes qualités en tant que pirate. Méprisante, elle le fixait avec un calme légendaire.
— Dégage, prononça-t-elle.
La tension était plus que palpable. Penguin et Shachi osaient à peine respirer, mais contrairement à son ami, Shachi n'avait pas peur d'elle. Au contraire, il la trouvait éblouissante.
— Laisse tomber Noa, fit remarquer Penguin d'un ton ferme, voulant à tout prix éviter une engueulade.
Un frisson parcourut son échine quand les yeux noirs croisèrent les siens.
— Tss, marmonna le concerné avant de s'écarter et de quitter la pièce.
Il s'engouffra dans l'un des longs couloirs du navire, et regagna sa chambre.
— Je préfère encore l'autre gamine à cette snobinarde là, pensa-t-il avec irritation, les mains dans les poches.
Noa ne l'appréciait vraiment pas. Quand il l'avait vu pour la première fois lors d'une réunion qui présentait la jeune femme, un espoir était né en lui, l'espoir qu'elle soit meilleure que May, aussi bien d'un point de vue moral que physique, car il trouvait la plus jeune bien trop faible, en plus elle leur avait apporté bien des soucis, alors franchement, s'il avait pu la jeter par-dessus bord, ça aurait été parfait. Il avait donc les premières secondes de la réunion été satisfait de voir une nouvelle recrue, mais la réalité lui avait rapidement mis une claque : elle était encore pique que la gamine aux cheveux épais ! Celle aux cheveux flamboyants était trop complexe pour lui : pour commencer, elle était sauvage et vulgaire. Quand le capitaine lui avait dit qu'il fallait aller à tel endroit pour manger avec les autres de l'équipage, elle avait répliqué qu'elle préférait être seule, au lieu d'être entourée de « déchets » ! Elle avait toujours cette étincelle de mépris dans les yeux ainsi qu'une conduite teintée d'arrogance et de dégoût envers les personnes qui étaient près d'elle, comme si elle considérait l'espèce humaine comme la pire chose qui soit. La jeune femme ne parlait que très peu, ce qui pouvait s'avérer ennuyant pour certains et agréable pour d'autres, mais s'il y a bien une chose qui était sûre, c'était que quand elle parlait, ce n'était pas pour dire quelque chose de gentil ! Ses remarques étaient froides, parfois sarcastiques, ironiques, tout en passant du calme absolu à une violence bien dissimulée derrière sa glaciale apparence.
Tout ça pour dire qu'il ne l'aimait pas du tout, et que si elle continuait ainsi, il allait régler cela avec elle par la force. Mais il serait dangereux d'aller en terrain inconnu, il ne connaissait rien d'elle après tout.
Un soupir passa le barrage de ses lèvres pincées.
Les prochains jours allaient être étranges.
Du côté de Tsukiyo, celle-ci venait tout juste de terminer la bouteille d'alcool désormais vide. N'importe qui serait en train de chanter à tue tête après avoir bu autant, mais pas elle. Elle se sentait parfaitement bien, ce que Shachi trouva fort impressionnant. Penguin était retourné à la salle des machines, ne supportant déjà plus la présence de la jeune femme. Le brun à lunettes, par contre, ne voulait absolument pas partir, elle lui laissait une impression étrange, un sentiment qu'il n'avait jusqu'à maintenant jamais connu. Elle attisait sa curiosité par sa façon de se comporter. La première chose qu'il avait remarqué chez elle était le fait que ses yeux étaient comme les siens, de couleurs différentes : du doré et de l'argenté. Il trouvait ces couleurs si belles, elles lui allaient si bien et mettaient un peu de joie dans son apparence si terne et fade. Si seulement elle ne gardait pas cette capuche avec elle, il pourrait ainsi voir sa magnifique chevelure de feu qui selon lui caractérisait la passion, l'ardeur, mais aussi le danger et l'interdiction. Des adjectifs si incompatibles et si complets à la fois, comme le Yin et le Yang…
Néanmoins, une question le taraudait : pourquoi avait-elle de tels yeux ? Etait-ce naturel, ou avait-elle subie des expériences elle aussi... ?
Même si ce n'était pas le cas, comment faisait-elle pour ne pas mettre de lunettes ? Elle gardait sa capuche, certes, mais on pouvait quand même voir ses yeux, alors comment faisait-elle pour avoir le courage de les montrer ? Il ne pensait pas par là qu'elle devrait le faire car il les trouvait magnifiques comparé aux siens, mais tout le monde ne pensait pas comme lui. Alors comment pouvait-elle faire face aux regards des autres, à les fixer droit dans les yeux sans aucune peur ni honte, à accepter sa différence ? Pour lui, le temps avait eu beau passer, il savait que sans ses lunettes, il ferait des crises d'angoisses.
— Arrête de me regarder comme ça, c'est chiant, fit remarquer la jeune femme avec irritation, remarquant qu'il la fixait.
Désabusé par le comportement de la jeune femme, le brun détourna les yeux et balbutia pitoyablement :
— P-pardon. Je ne voulais pas t'offenser.
Depuis son arrivée, il se sentait bizarre. D'habitude, quand il voyait une jolie fille, il avait les yeux en cœurs et ne pouvait s'empêcher de faire milles et un compliment à son sujet, mais cette-fois ci, c'était différent. L'une des femmes les plus belles qu'il ait jamais vue fut Boa Hancock. Celle-ci était belle, forte et courageuse, mais contrastait fortement avec celle qu'il avait en face d'elle. Elle état jolie à sa manière, du peu qu'il l'ait observé, et elle dégageait quelque chose de spécial qui l'intimidait.
— Pourquoi tu as des lunettes de ce genre ? demanda-t-elle abruptement.
La question le prit de court, tant elle était soudaine. Personne n'avait jamais vraiment osé le lui demander avec un si grand manque de délicatesse ! Inconsciemment, il toucha celles-ci du bout des doigts, devenant soudainement très anxieux, ce que Tsukiyo remarqua. Elle finit par se lever d'un air désintéressé, attirant l'attention de Shachi qui tourna son visage dans sa direction. Elle avait les yeux fermés et les mains dans les poches, l'air ennuyé.
— Laisse tomber, je m'en fous, en fait, déclara-t-elle avec lassitude, avant de sortir de la pièce sous le regard ébahit du jeune homme.
La sonnerie retentit alors, informant que l'heure du repas était arrivée. Tous les membres de l'équipage se rassemblèrent alors dans les couloirs et se hâtèrent de marcher en direction du réfectoire en souriant et en discutant joyeusement, sous l'air indifférent de la jeune femme qui n'avait pas envie de se mêler à ces déchets. Comment allait-elle faire pour se procurer de la nourriture ? Elle refusait d'aller dans ce réfectoire et de manger aux côtés de ces minables. Seulement, le capitaine sadique et psychopathe avait décidé que soit elle mangeait avec eux, soit elle se débrouillait pour trouver de la nourriture, et comme elle n'était pas douée à la pêche et qu'il n'y avait rien de potable pour elle dans le frigo, elle n'avait pas vraiment le choix. De mauvaise humeur, elle suivit le petit groupe en marchant loin derrière eux. Certains la remarquèrent en tournant la tête et commencèrent à chuchoter sur son sujet, augmentant son irritation. Elle leur envoya un regard de tueur et ils détournèrent aussitôt les yeux, voulant à tout prix éviter de se frotter à elle.
Elle entra dans le réfectoire et constata que celui-ci était très grand. A l'intérieur, elle pouvait voir de grandes tables en bois qui semblaient interminables allant d'un bout de la pièce à l'autre. Entre elles, des allées pour se déplacer, éclairées par la lumière traversant les hublots. Elle pouvait aussi voir une estrade au fond de la pièce. Alors que tous s'installaient vers des endroits illuminés, Tsukiyo, elle, marcha en direction d'une des tables situées dans un coin sombre où elle pourrait manger en paix. Elle s'adossa contre la chaise et plaça ses deux mains derrière la tête, avant d'aplatir ses pieds sur la table avec désinvolture, fixant un point devant elle avec mépris, sous l'air circonspect des autres membres qui ne pouvaient s'empêcher de lui lancer des œillades dans lesquelles elle identifiait de la curiosité ou de l'agacement. Elle croisa d'ailleurs les yeux noirs de Noa, qui la fixait sans flancher, comme pour dire : « Tu ne me fais pas peur, espèce de gamine », lui faisant hausser un sourcil moqueur avant de reporter son attention ailleurs, énervant Noa qui détestait être ignoré au passage. Cet homme ne l'effrayait nullement.
Quelques minutes plus tard après cet affrontement indirect, Ban arriva joyeusement et tous s'exclamèrent de joie face à son arrivée. Ban était sympa, et plutôt apprécié dans l'équipage. En même temps, qui pouvait détester quelqu'un qui faisait de la bonne cuisine ? C'était tout simplement impossible.
— Il s'appelle Ban, commenta une voix tout près de la jeune femme.
Celle-ci sursauta imperceptiblement et se rassit normalement en ôtant ses pieds de la table, ce qui vexa le jeune homme car son sursaut signifiait qu'elle ne l'avait même pas remarqué.
Impossible. Elle n'avait même pas senti ce garçon qui était à seulement quelques mètres d'elle. Comment avait-il fait ? Il semblait être aussi effacé qu'elle. Méfiante, elle l'analysa : il avait des cheveux noirs, long et lisses qui lui arrivait jusqu'aux épaules. Sa peau était, comme la sienne, assez pâle, et ses yeux étaient d'un noir d'encre, aussi profond que les ténèbres dans lesquelles elle errait depuis des années. Enfin, elle vit la fine cicatrice qui descendait de haut en bas au niveau de sa joue droite, et cela lui rappela aussitôt la sienne et la fit frissonner.
Bordel, elle ne pouvait pas être tranquille deux minutes ?
Face à son mutisme, le jeune homme questionna d'un ton posé :
— Comment t'es tu faite cette cicatrice ?
Les sourcils de Tsukiyo se froncèrent encore plus qu'à l'habitude, et elle envoya un regard glacial au jeune homme qui fixait un point invisible devant lui avec un détachement déstabilisant, comme s'il était concerné par la conversation, et en même temps ailleurs. La femme aux cheveux flamboyant n'aimait pas ça.
Encore une fois, elle garda ses lèvres fermées, pour bien lui indiquer qu'elle n'en avait rien à faire de lui et ne répondrait pas à ses questions. Pendant ce temps-là, Ban donnait les plats avec une grande joie de vivre et distribuait des sourires ravis.
— Ce n'est pas une cicatrice de combat, n'est-ce pas ?
— Non, cette cicatrice, elle est…pensa-t-elle.
Tsukiyo se figea alors, et se retrouva soudainement plongée dans des souvenirs lointains, dans lesquelles elle entendit des voix familières :
« C'est de ta faute, si tu ne l'avais pas éduquée ainsi, on en serait pas là !
— Ma faute ? Ta faute, oui ! Tu es aussi responsable que moi, je te rappelle ! C'est aussi ta fille, que je sache ! »
Puis sa propre voix résonna, cette voix était plus aigue que celle qu'elle avait aujourd'hui, elle était semblable à la voix d'une enfant. Elle était également rouée, tremblante :
« Papa… maman… arrêtez… c'est ma faute… c'est parce que je ne suis qu'un brouillon que vous vous disputez… »
Un silence s'imposa, telle une sentence, puis, elle lâcha quelques mots dans une supplique étouffante :
« Je n'en peux plus… »
— Alors Shad ? On est en train d'essayer ses talents de séducteur ? fit remarquer une voix masculine.
La jeune femme retrouva brutalement ses esprits et posa son regard troublé sur celui qui venait d'apparaître, celui qui se nommait Ban. Il observait le dénommé Shad avec un sourire amusé. Celui-ci, indifférent, se contenta de hausser un sourcil et de rétorquer :
— T'inquiète pas pour ça, je te laisse l'honneur de jouer ton rôle d'homme à femmes, comme d'habitude.
— Je ne suis pas un homme à femmes, réprimanda Ban. Combien de fois devrais-je te le dire ?
— Oh, veuillez m'excuser, monsieur le poète, ironisa-t-il.
— Et en plus, il en rajoute ! se plaignit l'autre en levant les yeux au ciel. Peu importe. Tu dois être Tsukiyo, n'est-ce pas ? ajouta-t-il en se tournant vers l'intéressée, lui tendant une belle rose rouge. Ravi de te rencontrer, je suis Ban, le cuisiner de cette équipage de brutes et le seul homme qui possède un tant soi peu de manières sur ce navire.
Tsukiyo ne réagit même pas, totalement dans ses pensées. Comment ce Shad avait-il réussi à lui faire ressasser ces souvenirs qu'elle désirait à tout prix oublier ? Il cachait bien son jeu, elle devrait le surveiller de près. Maintenant, elle était encore plus de mauvaise humeur, et en plus de cela, l'autre idiot se pointait avec un sourire stupide et lui tendait désormais une… rose.
Quelle horreur.
— J'en veux pas, refusa-t-elle brutalement avec une grande franchise.
— Pardon ? lâcha-t-il, stupéfait.
Il n'avait pas l'habitude qu'on lui refuse ses fleurs. Toutes les femmes à qui il en avait offert les avaient toujours gentiment acceptées.
—J'ai dis que j'en voulais pas, de ta rose.
— J'insiste, c'est un cadeau.
Enervée, la jeune femme aux cheveux flamboyants le fusilla du regard et écarta la rose d'un geste violent. Celle-ci s'échappa de la main du cuisinier et alla s'écraser contre le sol.
— Tu me saoules ! Je t'ai dit que j'en voulais pas, alors fous moi la paix ! s'exclama-t-elle, la mâchoire serrée.
Le silence tomba dans la salle, et Ban ne put cacher sa stupéfaction face à la brutalité dont elle faisait preuve. Ne supportant plus tous ces gens, Tsukiyo se leva et commença à s'éloigner en direction de la sortie, avant de s'arrêter devant la rose et de commencer à l'écraser violemment avec son pied sous l'air choqué de Ban qui n'en revenait pas. Une fois la rose totalement exterminée, elle reprit sa marche et attrapa une pomme qui était dans une des corbeilles posées sur la table.
— Excuse-toi.
La concernée qui était tout près de la porte tourna la tête, et toisa les yeux cyans qui la fixait avec une froideur sans limite. La tension régnait, tous retenait leur souffle.
— Excuse-toi sur ce que tu viens de faire, répéta Ban, les mains dans les poches. Tout de suite.
— Je n'ai pas d'ordre à recevoir de toi, prononça-t-elle d'un ton tout aussi glacial.
Il plissa les yeux, l'incendiant du regard. Un combat visuel s'engagea, mais se termina rapidement par une victoire de la jeune femme. Ban avait baissé les yeux, et s'avançait désormais vers la fleur écrasée dont les pétales étaient éparpillés tout autour. Il s'abaissa et attrapa les pétales qu'il ramassa une par une, les rangeant méticuleusement dans la poche de sa combinaison. Silencieusement, Tsukiyo l'observa faire d'un air étrange et avec une grande attention, puis, en ayant assez de cette situation, elle déclara :
— Tu es pitoyable.
Sans attendre une quelconque réponse, elle enclencha la poignée et sortit de la pièce, claquant la porte dans un bruit assourdissant et ne laissant derrière elle qu'un silence glacial.
Elle regagna sa chambre et se posta devant la baie vitrée. Elle serra durement les poings.
— Je déteste les fleurs, souffla-t-elle haineusement.
Elle sortit une petite boite de sa cape, la posa sur le bureau et en sortit une plume rose qu'elle contempla durant un moment. Rien qu'en tenant cette plume dans ses mains, elle retrouva son calme.
C'était, avec son collier, l'un de ses plus grands trésors.
Elle rangea la boite et marcha d'un pas lent jusqu'à la salle de bain, enleva la capuche qui cachait une partie de son visage et contempla ce reflet dans le miroir qu'était le sien. Elle frôla du bout des doigts la cicatrice qui faisait écho à un jour qui avait marqué sa vie, et retint un soupir.
On toqua à sa porte. Tsukiyo grogna et alla ouvrir après avoir replacée la capuche sur sa tête. Elle tomba nez à nez avec Trafalgar et dû se retenir de lever les yeux au ciel. Il ne manquait plus que lui.
— J'ai des questions à te poser, se contenta-t-il d'expliquer avant d'entrer dans la pièce, ce qui déplut fortement à Tsukiyo qui n'appréciait guère que l'on rentre dans son espace vital.
Et un « s'il te plaît », ça lu écorcherait la bouche ? Mais elle ne pouvait pas ordonner à ce psychopathe de partir, et même si elle le faisait, il refuserait de s'exécuter.
Elle le vit tirer la chaise qui était devant son bureau et y prendre place, avant de sortir un carnet de la poche de son pantalon moucheté qu'elle observa un instant ainsi que son bonnet nordique. C'était possible d'avoir des goûts aussi bizarre ?
Il lui lança un regard, signe qu'il attendait qu'elle prenne place en face de lui pour commencer l'interrogatoire. Elle savait qu'il finirait par lui poser des questions, elle n'avait donné jusqu'à maintenant que son prénom, alors forcément, ça ne devait pas assez satisfaire sa curiosité. Mais elle devait essayer de ne pas trop en dévoiler, de un parce qu'il ne devait pas découvrir ce pourquoi elle était là, et de deux parce que de toute façon, elle n'aimait pas du tout parler de sa vie privée.
Elle prit finalement place en face de lui, les bras croisés dans une attitude fermée.
Sans plus attendre, Law commença :
— Alors miss, tu m'as dit il y a quelques jours que tu as décidé de partir en mer en quête d'aventure, tu dois donc savoir te battre. Quelle arme utilises-tu ?
— Je combats à l'épée, monsieur le Chirurgien, répondit-elle en grommelant, déjà agacée par cette interrogatoire.
— Du corps à corps ? Ça peut être intéressant. On verra ça plus tard.
La pauvre victime tiqua. Comment ça « on verra ça plus tard » ? Est-ce que cela signifiait qu'il voulait se battre contre elle ? Il ne pouvait pas se contenter de savoir qu'elle utilisait une épée ? Putain, ce Chirurgien à la con n'allait jamais la laisser tranquille.
— Tu as de la famille ?
Aïe, la question qui fâche. Un tourbillon de sentiments négatifs s'empara d'elle au mot « famille ». D'un geste machinal, elle rabaissa un peu plus la capuche sur son visage, afin de ne rien montrer de ses sentiments. Law le remarqua, et comprit que c'était un point sensible.
— Ce ne sont pas tes affaires, ça ne te regarde pas, riposta-t-elle sèchement.
Il n'y avait pas besoin d'être perspicace pour comprendre que ses mots n'avaient pas plu au jeune homme, vu la lueur malveillante qui s'était allumée dans son regard. Soudainement il se leva et s'avança vers elle d'un air menaçant, avant de poser ses deux mains sur les accoudoirs de la chaise sur laquelle était assise la jeune femme. Son visage s'approcha du sien dangereusement.
— Ne me parle pas sur ce ton, prononça-t-il lentement comme pour appuyer ses propos. Tu ne dois pas ignorer qui je suis et à quel point je peux être dangereux, miss. Tant que tu es dans mon sous-marin, j'ai ta vie entre mes mains et j'ai le droit de choisir si tu peux rester en vie ou non. Tu es peut-être forte, mais tu ne m'arrives pas à la cheville, alors je ne te le dirai qu'une seule fois… fait attention.
Après sa longue tirade, Law retourna s'asseoir, l'air de rien, laissant derrière lui une Tsukiyo qui essayait de faire taire l'inquiétude qui montait en elle. Putain, ce mec était vraiment flippant, et bipolaire en plus de ça. Elle allait devoir mesurer ses paroles, elle ne devait surtout pas mourir maintenant. Tant que sa mission n'était pas complète, elle devait rester en vie coute que coute, pour son maître.
— Maintenant que les choses sont claires, continuons, annonça-t-il avec nonchalance. D'où viens-tu ?
— East Blue.
— Quelle île ? demanda-t-il, les yeux rivés sur son carnet.
— Tu ne la connaitrais pas, elle est très récente, mentit-elle.
Trafalgar se retint à nouveau de s'énerver face à l'audace de ses réponses.
— Tu sais miss, tu ne pourras pas me mentir éternellement, expliqua-t-il avec un air entendu.
— Je ne te cache rien, je n'aime pas raconter ma vie, c'est tout.
Un sourire narquois naquit sur le visage de Law.
— Tu mens, insista-t-il sur le ton de l'évidence. Sinon, tu ne rabaisserais pas ta capuche toutes les deux minutes pour cacher ton trouble.
Elle détourna le regard, têtue. Perspicace. Comprenant qu'il n'obtiendrait rien d'elle aujourd'hui, il rangea son carnet et se leva, la fixant avec une exaspération certaine. Il rangea la chaise et se posta devant la porte, lançant un dernier regard à la jeune fille qui l'évitait en faisant semblant de contempler le mur.
— Tu sais miss, je finis toujours par réussir à percer les gens ainsi que tous leurs secrets. Ceux que tu caches, je les découvrirai aussi, sois en certaine.
Il ouvrit la porte et allait partir, mais Tsukiyo l'interpella :
— Attends.
Satisfait, Law se tourna vers elle, pensant qu'elle allait enfin en dévoiler un peu plus sur elle.
— Moi aussi, j'ai une question, fit remarquer la jeune femme aux cheveux vifs.
Les sourcils de Law se froncèrent.
— Je t'écoute, répliqua-t-il, une main tenant son nodachi placée contre son épaule.
Elle savait que c'était dangereux d'aborder le sujet car elle prenait le risque de s'emporter, mais tant pis, elle acceptait ce risque.
— Pourquoi tu as accepté cette gamine sur ton navire ? l'interrogea-t-elle soudainement d'un ton glacial. Je parle de May, bien sûr.
Le jeune homme se figea, étonné de la soudaine question. Il planta ses yeux gris dans ceux de la jeune femme qui semblait réellement intriguée. En la toisant ainsi du regard, il lui ordonnait silencieusement de s'expliquer, ce qu'elle fit avec désinvolture et mépris, tandis qu'un fin sourire moqueur grandissait sur son visage :
— Tout ce qu'elle sait faire c'est rire comme une idiote, je ne comprends pas : à quoi peut-elle te servir ?
Law serra les poings sous les mots qui venaient d'être prononcés, ses yeux s'assombrirent et la colère commença peu à peu à l'envahir face aux propos de son interlocuteur, mais il ne montra face à son interlocutrice qu'une indifférence froide, et malgré la lueur qui brillait dans les yeux de Law, la nouvelle recrue se décida tout de même à continuer sur sa lancée :
— ça ne t'énerve pas, toi et tes petits camarades, d'avoir une fille aussi… stupide à tes côtés ?
Car oui, pour Tsukiyo, May était stupide. Aller dans un café alors qu'on est recherchée par le monde tout entier, c'est de la bêtise humaine.
Un rire léger et froid s'échappa de ses lèvres, puis elle reprit :
— C'est presque amusant, la façon dont elle se comporte. On dirait qu'elle a toujours eu la belle vie, et franchement, quand je l'ai vu il y a quelques jours, j'ai eu du mal à croire que c'était elle, May !
Law continua de l'écouter avec attention, et comprit mieux la raison pour laquelle la lycéenne détestait tant cette jeune femme. Celle-ci était désagréable et remplie de préjugés pour couronner le tout. C'était une histoire entre elles, il n'avait pas à intervenir dans leur confrontation, c'était à la jeune fille de se débrouiller pour régler ça. Pourtant… face aux mots qu'elle utilisait, Trafalgar mourrait d'envie de lui donner une bonne leçon.
— Lors de notre combat, elle était si niaise avec ses idéaux stupides ! Je ne comprends pas comment on peut supporter une fille aussi bête, en plus, elle est…
Ne supportant pas plus ce flot de paroles qui n'avait pour but que de rabaisser May, le Chirurgien prononça « room », faisant apparaître une sphère bleutée autour de lui, puis il dégaina Kikoku et lança quelques coups dans le vide, découpant la jeune femme en plusieurs morceaux voletant dans l'air. Celle-ci, stupéfaite, s'exclama :
— Putain, mais c'est quoi ce bordel ?!
D'un calme déstabilisant, Law expliqua avec un sourire sadique :
— « Ce bordel », comme tu dis miss, c'est mon pouvoir.
— Espèce de barbare, rend moi mon corps ! exigea-t-elle violemment.
En effet, elle n'aimait pas vraiment voir des morceaux de son corps voleter autour d'elle, elle se sentait bizarre.
— Pas avant que tu ne te décides à avoir un meilleur comportement, rétorqua-t-il posément mais avec fermeté. Tu t'adresses à moi comme avec n'importe qui alors que je suis ton supérieur, et en plus de cela, tu oses remettre en cause le recrutement d'un membre de mon équipage.
— Je fais ce que je veux, tu n'as pas à me dicter ma conduite ! s'exclama-t-elle, têtue.
Pour elle, il était hors de question qu'elle se mette à genoux devant ce psychopathe !
— Dois-je te rappeler que je suis ton capitaine ? rappela-t-il. Tu es un membre de cet équipage qu'est le mien, tu me dois le respect. Si tu ne veux pas que je t'arrache le cœur et l'utilise pour des expérimentations, tu as intérêt à vite changer, mademoiselle. Enfin, tu peux très bien refuser, après tout, je serai curieux de faire quelques expériences sur ton corps, ça pourrait être fort amusant, poursuivit-il avec sadisme.
— Changer mon comportement à propos de cette idiote ? Rêve ! Elle n'en vaut même pas la peine !
— Je t'interdis de la juger de cette manière, menaça-t-il d'une voix inquiétante. Cette fille, que tu trouves si bête, s'est retrouvée obligé de tuer des marines pour se défendre, alors qu'elle n'avait jamais touché à un pistolet avant. Elle qui était si pure et innocente, a les mains désormais tâchés de sang, parce que dans ce monde, c'est la loi du plus fort qui l'emporte.
Tout cela, elle s'en fichait. D'accord, cela montrait que la jeune fille n'avait peut-être pas une vie aussi facile qu'elle le pensait, mais cela n'empêchait pas qu'elle était bien trop niaise à son goût.
— Et alors ? Nous avons tous été ainsi, aucun de nous n'est né assassin, nous sommes tous passé par là, fit remarquer Tsukiyo.
— Et bien justement, ce qui vous différencie, est que elle, elle aime la vie et lui accorde de l'importance, ce n'est pas une machine à tuer. S'il y a bien une personne qui est humaine dans ce monde, c'est bien elle.
Face à ses arguments, Tsukiyo s'emporta :
— Arrête, elle n'a rien à foutre dans ton équipage ! Elle est rapide, je l'admets, mais elle est pitoyable au combat ! On est tous des machines à tuer, tu ne vas pas me faire croire le contraire ? Y a que elle qui est différente des autres avec sa vision rose de notre monde ! Elle est peut-être sous ton commandement, mais pour moi, ce n'est pas un pirate !
Law se vit soudainement à travers elle. Ces mots qu'elle utilisait avaient été les siens, lors de sa conversation avec Shachi juste après l'incident qui avait traumatisé la lycéenne. Oui, ces mots avaient presque été identiques aux siens… mais maintenant, il n'avait plus la même vision des choses. Alors, il utilisa les mots que son ami avait employés cette fois-là…:
— Un pirate n'est pas obligatoirement une machine à tuer, c'est quelqu'un qui est à la recherche de la liberté, contredit-il, sûr de lui. Cela ne semble d'ailleurs pas être ton cas miss, car tu sembles enchaînée à quelque chose de sombre que tu veux absolument cacher et qui entrave ta liberté.
— N'est-ce pas également ton cas, Trafalgar Law ? répliqua-t-elle avec un sourire plus que moqueur. Tu me fais la morale, mais je sais que je ne suis pas la seule à avoir des secrets, tu en as toi aussi. Tes mains sont autant tâchées de sang que les miennes et ta liberté n'est pas aussi grande que tu le penses.
Sa colère se décupla dans tout son être : elle parlait comme si elle était au courant de son désir de vengeance, de sa raison de vivre : venger son bienfaiteur de Doflamingo. Mais comment cela serait-il possible ? Elle ne le connaissait tout de même pas… Non, c'était impossible. Pourtant, elle parlait comme si elle savait des choses que même ses hommes ignoraient, hormis Shachi et Bepo.
Confus, il cessa d'utiliser son fruit du démon et lui redonna son apparence normale, ce qu'elle apprécia grandement. Néanmoins, en voyant l'air meurtrier qu'il lui envoyait à cet instant, elle décida de rester immobile et de se taire, considérant qu'elle était allée bien trop loin et avait dépassé les limites. L'atmosphère était lourde et électrique. Finalement, Law rangea Kikoku.
— J'ignore ce que tu sais de moi, mais sache une chose : si jamais tu fais du mal à un seul membre de l'équipage, je te tuerai sans hésitation. Ne pense surtout pas que tu m'es indispensable.
Le regard qu'il lui lança était digne de celui d'un assassin, ce qui la glaça de tout son être. Il était très sérieux. Il tourna sur ses talons et s'en alla, la laissant une bonne fois pour toute dans sa solitude. Soulagée que ce mauvais moment soit terminé, elle soupira, alors que le visage de Law s'affichait encore dans sa tête, envahissant son esprit.
Cet homme était vraiment effrayant, on avait l'impression qu'il pouvait vous tuer d'un moment à l'autre, et il avait défendu cette idiote avec tant d'ardeur… serait-il… ? Non, ce serait impossible ! Un homme comme lui ne pourrait jamais s'intéresser à cette gamine ! Pourtant, il n'était pas dans les habitudes de Trafalgar Law d'utiliser son pouvoir dans ce genre de situation. Le fait qu'elle ait dit du mal de May avait dû l'énerver plus qu'elle ne l'avait imaginé.
Tout s'embrouillait dans sa tête. Fatiguée, elle ferma la porte à double tour et alla dormir. Sa mission commençait cette nuit, elle devait se reposer pour ne pas faire n'importe quoi. Alors elle ferma les yeux et s'endormit.
Pendant ce temps, May déambulait dans un des couloirs du sous-marin jaune d'un air pensif. Elle avait bien réfléchi et désirait avoir une conversation avec Law, c'était pour cette raison qu'elle se dirigeait en ce moment même vers la chambre du capitaine. Elle était prête à lui donner sa confiance, à essayer, sinon ils n'avanceraient jamais. Mais tout ça était si nouveau pour elle, elle n'avait jamais eu une telle relation avec quelqu'un auparavant.
Arrivée devant la porte, elle toqua trois fois et attendit une réponse, mais rien ne vint.
— Law… ? l'appela-t-elle après avoir ouvert la porte.
Il n'était pas là, mais alors où était-il ? Peut-être sur le pont, elle devrait y faire un tour. Elle entra tout de même, en vérifiant que personne n'était aux alentours et observa la pièce d'un regard amusé, se remémorant des souvenirs qui étaient liés à cette pièce : la révélation sur le fait qu'elle venait d'un autre monde, la course poursuite avec le dessin, lorsqu'elle était confuse à propos de sa relation avec lui, le jour où il… elle secoua la tête face à la brutalité des images qui s'imposaient à elle. Elle ne devait surtout pas associer ça à cette pièce, où elle ne pourrait jamais avancer. Il le lui avait dit : il n'avait pas été lui-même ce jour-là, elle devait le croire. Ses yeux azurés se posèrent sur un cadre photo qui se trônait fièrement sur un coin du bureau, illuminé par un faisceau de lumière doré qui s'infiltrait par le hublot. Comme happée par cet objet, elle s'avança inconsciemment vers celui-ci et le contempla sous toutes les coutures. On pouvait voir sur cette photo un homme de très grande taille vêtu d'un immense manteau à plumes noires. Ses yeux étaient cachés derrière des lunettes de soleil et ses cheveux blonds étaient dissimulés sous un bonnet mauve dont les extrémités s'achevaient par deux cœurs. Il était habillé d'une chemise rose parsemée de cœur, et l'extrémité de ses lèvres était prolongée par du rouge à lèvres allant jusqu'à ses joues. Pour rajouter un peu d'excentricité, un tatouage en forme d'étoile était dessiné sous son œil droit.
Qui pouvait bien être cet homme ? Elle ne l'avait jamais vu dans l'univers de One Piece, elle en était certaine. En tout cas, ce devait être quelqu'un d'important pour Law puisqu'il y avait cette photo dans sa propre chambre, dû moins, c'était ce qui semblait le plus logique. Soudainement, elle eut presque envie d'être à la place de cet homme, être celle sur qui il poserait son visage tous les matins en se réveillant ou après une dure journée de piraterie. Mais en même temps, elle était soulagée de savoir que Law comptait une personne précieuse dans sa vie, il n'avait donc pas toujours été seul comme elle se l'imaginait. Elle se posait tant de questions sur son passé, elle hésitait toujours à aborder le sujet avec lui car elle pensait qu'il n'avait pas assez confiance en elle pour lui révéler ce que les autres ignoraient. Cela la décevait un peu, mais elle s'y faisait. Elle se figea. Confiance… Déception… alors c'était cela que Law avait dû ressentir face à sa réaction de tout à l'heure… elle comprenait mieux à présent. Tous les deux étaient effrayé à l'idée d'accorder une pleine confiance à l'autre malgré la complicité, et d'en recevoir assez.
Pensive, elle attrapa du bout de ses doigts le cadre posé sur le bureau. Sa respiration se coupa. Le désespoir, la culpabilité, le désir d'une vengeance sans faille… toutes ces émotions négatives s'insinuaient violemment en elle comme un poison venimeux. Bouleversée, elle lâcha l'objet s'en sans rendre compte et tomba à terre, essoufflée. Tremblante, elle sentit sa gorge se nouer et les larmes lui montèrent aux yeux. Que venait-il de se passer ? Ces émotions avaient été si réelles, et en même temps, c'était comme si elles n'avaient pas été spontanées, ni siennes… Merde, elle était sur le point de craquer et de pleurer.
— R-respire, respire…, chuchota-t-elle d'une voix rouée.
Elle arriva finalement à se calmer, mais une certaine angoisse continuait de lui saisir les tripes. Le cadre attira à nouveau son attention. Ouf, il n'était pas abimé. Elle se leva et l'analysa une deuxième fois, puis, avec un peu plus de prudence le ramassa avec une hésitation naissante. Au moment même où ses doigts touchèrent la photo, les émotions qui l'avaient assailli revinrent aussitôt comme auparavant, affolant son cœur. Elle se hâta aussitôt de le reposer sur le bureau, avant de faire quelques pas en arrière et d'observer ses mains avec confusion. Ses yeux s'écarquillèrent. Ses mains étaient entourées d'une aura violette qui bougeait, comme si c'était une sorte de flux traversant son corps. Elle eut à peine le temps de le considérer davantage, l'aura venait tout juste de disparaître.
— Qu'est-ce qui m'arrive… ? souffla-t-elle.
Elle ignorait si cela avait un rapport avec l'aura violette dont avait parlé les civils, mais en tout cas…
C'était effrayant.
Elle se laissa glisser contre la porte, jusqu'à tomber à terre, l'air vague. Elle baissa à nouveau ses yeux en direction de ses mains moites, et ferma les yeux.
Quelque chose était en train de changer en elle, elle le sentait.
Et ça la terrorisait.
[…]
Une ombre filait dans l'obscurité de la nuit. Dans le sous marin jaune régnait le plus grand des silences. Tout le monde dormait, hormis May qu'elle n'avait toujours pas vue depuis leur combat et qui était sur le pont en train d'observer le ciel, et Trafalgar Law, à en juger par le faisceau de lumière qui passait à travers la porte. Tout était calme, tout était noir, c'était le meilleur moment, elle était dans son domaine, dans le paysage qui lui ressemblait le mieux. Une porte s'ouvrit doucement, puis Tsukiyo s'infiltra dans la chambre de May, plongée dans le noir. Ses yeux s'habituèrent vite à l'obscurité, et sans plus attendre, elle commença à observer la pièce avec attention, essayant de trouver la moindre information susceptible de l'intéresser. Elle alla dans la salle de bain, souleva le tapis, ouvrit les tiroirs, retourna dans la chambre et défit le lit, regarda sous le bureau. Elle fouillait partout, telle une voleuse professionnelle. Avec finesse et discrétion. C'est alors qu'elle chercha dans le tiroir du bureau, et tomba sur ce qu'elle cherchait. Bingo. Le journal était en dessous de quelques livres de littérature. Un sourire moqueur naquit sur le visage pâle de la jeune femme. Quelle piètre cachette. Cette gamine n'était décidemment pas douée pour jouer à cache-cache.
Satisfaite, elle l'ouvrit sans plus attendre et fit rouler les pages de ses doigts. Il y avait plusieurs dizaines de pages manuscrites, écrites à l'encre bleue, d'une écriture fine mais irrégulière. Certaines pages étaient tâchées de larmes, d'autres contenaient beaucoup de ratures, de points d'exclamation, d'interrogation, de suspension… On pouvait également voir quelques dessins par-ci par-là, des dessins qui semblèrent bien pitoyables aux yeux de Tsukiyo. Elle remarqua qu'il n'y avait pas de date sur aucune des pages. Aucun jour de la semaine, aucun chiffre, aucun mois, ni aucune année. Curieux. La gamine serait-elle amnésique ou un truc du genre ?
N'oubliant pas que le temps continuait de défiler, elle se hâta de retourner à la toute première page et laissa là ses interrogations. Sans plus attendre, elle commença à lire.
Cher journal,
Je n'arrive pas à y croire… c'est complètement fou… je suis dans le monde de One Piece ! Tu te rends compte ? C'est… tout simplement impossible… ! Je dois rêver, hein ? Il n'existe pas d'univers parallèle au notre, c'est une blague ? Comment ? Pourquoi ? Je pensais pourtant que la magie n'existait pas… je dois rêver ! Je comprends rien ! Je me souviens juste avoir été aspirée dans un drôle de portail, et juste après j'ai rencontré Luffy et les autres… ça me faisait vraiment bizarre de parler avec eux. Je me sentais à la fois puissante, car je les connaissais déjà de loin, et en même temps si intimidée… Et j'ai rencontré Trafalgar Law… ce pirate sans cœur et cruel ! Dès la première seconde où je l'ai vu il m'a fait peur ! Comment dire… il n'est pas foncièrement mauvais, mais il dégage quelque chose de dangereux qui m'effraye ! Mais qu'est-ce que je dois faire ? J'ai été obligée de leur mentir et de dire que je venais de North Blue… je n'aime pas ça et j'ignore combien de temps je vais pouvoir leur raconter des mensonges. Et s'il découvrait que je venais d'un autre monde, quelles conséquences ça pourrait avoir ? Comment vont papa et maman ? Ont-ils remarqué ma disparition ? Tout ça m'angoisse ! En plus, lui et Luffy m'ont demandé de rejoindre leur équipage… qui dois-je choisir ? Le gentil et amusant Luffy, ou le cruel et froid Trafalgar ? J'avoue que vu comme ça, le choix est vite fait… mais j'hésite ! Cet homme m'intrigue beaucoup… mais qu'est-ce que je raconte ? On s'en moque de ça ! Je suis dans un autre monde ! Un autre monde, enfin ! Je… ce n'est pas possible… Je… je vais m'arrêter là, j'ai trop de choses qui se bousculent dans ma tête, je ne me sens pas bien, je suis épuisée… je dois être devenue folle… ou… non, je dois arrêter d'écrire, et ne plus essayer de réfléchir à cette situation indescriptible…
Je te dis bonne nuit mon cher journal, j'espère qu'au moins ici, je trouverai ma place, peu importe quel équipage je choisis…
Tsukiyo reposa le journal, les sourcils froncés. Elle entendit soudainement un bruit résonner dans le couloir. La gamine allait sûrement se coucher. Elle se dépêcha de ranger le journal à l'endroit où il devait être sans plus tardé et de remettre la chambre dans l'état qu'elle l'avait trouvé en entrant. Elle s'engouffra alors dans le couloir et rentra dans sa chambre avant de fermer la porte à double tour, réfléchissant aux informations qu'elle venait d'intégrer.
Elle était déjà au courant qu'elle venait d'un autre monde, ça avait fait le tour des journaux et tout le monde ne parlait que de ça, mais la façon dont elle était arrivée, ça personne ne le savait. Un portail… étrange, ça existait, ça ? Il fallait qu'elle le note. Elle attrapa son propre cahier et nota l'information à l'intérieur. Le fait qu'aucune date ne soit inscrite attisait également sa curiosité. Et si cela signifiait que la notion du temps n'était pas la même dans le monde dont elle venait ? Cela semblait fou, mais c'était une hypothèse qui tenait la route, alors elle l'écrivit elle aussi, avant de rajouter une autre information qu'elle trouvait importante, et que personne d'autre à part elle ne connaissait désormais : le nom de famille de May, qu'elle avait vu en guise de signature en bas de la page de son journal, avec son prénom.
Une fois sa tâche terminé, l'espionne enleva ses chaussures et s'installa négligemment sur son lit, attrapant le collier en forme de lune entre ses doigts, le faisant danser sous sa main avec un air songeur.
« Comment vont papa et maman ? »
Cette phrase passait en boucle dans sa tête. « Papa » et « maman »… voila des mots qu'elle avait effacés de son vocabulaire, qu'elle avait rayés pour oublier la vie qu'elle menait, avant d'avoir rencontré son maître.
« Prend ce collier, comme ça, on sera toujours ensemble, même si je suis loin de toi, d'accord grande sœur ? »
Ce collier, elle l'aimait et le détestait en même temps. Elle secoua la tête. Non, elle ne devait pas penser à tout ça, c'était inutile, cela remuait juste le couteau dans la plaie.
Elle décida d'aller s'asseoir sur le rebord, près de la baie vitrée qui permettait d'observer le ciel étoilé qui illuminait les vagues.
— La lune brille beaucoup, souffla-t-elle, la tête posée contre la baie.
Mais comme tous les autres jours, la nuit, elle, était d'un noir profond.
« J'espère qu'au moins, ici, je trouverai ma place. »
La jeune femme plissa les yeux, et serra fortement son collier contre elle.
Finalement, elles se ressemblaient peut-être plus qu'elle ne le croyait…
— Prépare-toi, May Heather. Nous verrons bien vite qui de nous deux triomphera de ce combat : la lumière qui semble t'entourer, ou les ténèbres dans lesquelles je vis perpétuellement ? Il me tarde de le savoir…
Chapitre terminé ! J'espère que vous l'avez apprécié. Vous en savez désormais un tout petit peu plus sur la nouvelle OC, quelles sont vos impressions sur elle et sur le reste du chapitre ? N'hésitez pas à commenter ! Le chapitre suivant n'est pas encore commencée et je risque d'être assez occupée avec le BAC de français et de sciences, alors désolée mais vous devrez sûrement patienter un moment, encore une fois ! ^^
Merci de me lire, de me soutenir et de faire part de vos impressions à chaque chapitre ! J'aime toujours autant écrire cette histoire et je ne compte pas m'arrêter là !
A la prochaine ~ !
Wakfina
